S.S.^/fO
REVUE
KT MAGASIN
DE ZOOLOGIE
PURE ET APPLIQUÉE.
RECUEIL MENSUEL
DESTINÉ A FACILITER AUX SAVANTS DE TOUS LES PAYS LES MOYENS DE PUBLIER
LEURS OBSERVATIONS DE ZOOLOGIE PURE ET APPLIQUÉE A L'INDUSTRIE ET
A L'AGRICULTURE, LEURS TRAVAUX DE PALÉONTOLOGIE, D'ANATOMIE
ET DE PHYSIOLOGIE COMPARÉES, ET A LES TENIR AU COURANT
DES NOUVELLES DÉCOUVERTES ET DES PROGRÈS
DE LA SCIENCE ,
M. F.-E. GUÉIUN-MÉNEVILLE,
Membre de la Légion-d'Honneur,- de la Société nationale et centrale d'Agriculture;
des Académies royales des Sciences de Madrid et de Turin; de l'Académie royale
d'Agriculture de Turin ; de la Société impériale des naturalistes de Moscou et
d'un grand nombre d'autres Sociétés nationales et étrangères Secrétaire
du Conseil de la Société Impériale zoologique d'Acclimatat on.
2e série. — t. VIII. - 1856
PARIS ^
AU BUREAU DE LA REVUE ET MAGASIN DE ZOOLOGIE
RUE DUS DEAUX-ARTS, 4.
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DIX-NEUVIÈME ANNÉE — JANVIER 1856.
I. TRAVAUX INEDITS
Notice sur le Mouflon à manchettes, ou Mouflon
d'Afrique; par M. Henri Aucapitaine.
Le Mouflon d'Afrique (Ovis tragelaphus, Cuv., Règne
animal, édit. Deterville, t. ï, p. 277. — Pennant, n°
xii. — Shaw, pi. cch, 5. — Schreb., cclxxxviii p . ) « à
poil roussâtre, doux, avec une longue crinière pendante
sous le cou et une autre à chaque poignet; la queue,
courte, paraît être une espèce distincte. Elle habite les
contrées rocailleuses de toute la Barbarie, et M. Geof-
froy l'a observé en Egypte. »
En effet, c'est l'espèce figurée par Etienne Geoffroy
Saint-Hilaire, dans le grand ouvrage sur l'Egypte, sous
le nom à'Ovis ornata (Mammifères, pi. 7, fig. 2), que
Cuvier et Desmarest ont réunie avec le Mouton barbu
(Bearbedscheep) de Pennant. Cette espèce est fort répan-
due dans le sud de l'Algérie, où elle est connue des in-
digènes sous le nom à'el Arouiy el Feichstal (1). On la
chasse dans le Djebel-Amour, dans les montagnes saha-
riennes, du côté de Bouçada, et dans les régions du
sud, au pays des ïouareicks, et dans l'Ouad-Souf. Dans
ce dernier pays, la viande de l'Aroui constitue une bran-
che de commerce. Les gens du Souf portent à Gh'dâmés
la viande du Mouflon, qui y est fort recherchée, et qu'ils
(1) Ce n'est que par abus que l'on prononce et écrit souvent
YAroui, qui est la réunion de l'article el au substantif. Les plus
célèbres orientalistes, Fregtas, dans son grand Dictionnaire, Go-
lius et plusieurs autres, écrivent Aroui.
4 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE (Janvier 1856.)
se procurent dans les environs de Bie-Djedid; il en est
de même du Begaeur el Ouahche (1).
Le docteur Shaw, consulté encore avec tant de fruit
par ceux qui s'occupent de l'Algérie, a donné une bonne
description d'el Aroui el Feichtall que voici (2) : «La
Feischtall ou Lerwee est une espèce de Chèvre si peu-
reuse que, lorsqu'on la poursuit, elle se jette de frayeur
sur les rochers et dans les précipices. Elle est à peu
près de la grosseur d'une génisse d'un an ; seulement
elle a le corps plus rond, avec une touffe de poils de la
longueur de cinq pouces sur les genoux, et une autre
dans la nuque, de près d'un pied de long. Sa couleur
est la même que celle du Besker el Wach, et ses cornes
cannelées et courbées en arrière comme celles des Chè-
vres; mais elles ont plus d'un pied de longueur, et ne
sont séparées sur le front que par un peu de poil, comme
celles des Moutons. Il paraît, par la taille, par la figure
et par plusieurs autres circonstances, que la Feischtall
est le Tragelaphus des anciens. Il est vrai que Pline dit
qu'on ne le trouvait que sur les bords du Phase (3). »
Ajoutons quelques détails à ceux de Shaw. En gé-
néral, la taille de l'Aroui surpasse de beaucoup celle
du plus gros Bélier, dont il a deux fois le volume et la
hauteur. Le poil varie du fauve roussâtre au brun roux,
quelquefois foncé et court, comme celui de la Gazelle.
Le dessous du corps et les parties internes des mem-
bres sont de nuance plus claire; des poils de 18 à 25
centimètres couvrent les parties antérieures du corps
et des membres, disposition à laquelle cet animal doit
(1) Le Begueur el Ouahche des Arabes est l'Antilope bubalis(Bo$
africanus de Belon). On ne le voit jamais dans le nord de l'Algérie
que comme objet de curiosité, et il y est fort rare. J'ai récemment
eu occasion d'en observer deux à Blidah, au parc des étalons.
(2) Shaw, Voyage dans plusieurs provinces de la Barbarie et du
Levant, trad. irancui«e. t. I, chap. 2, p. 515 et suiv. — La Hâve.
(5) Pline, lib. VIII, ch. 55.
TRAVAUX INÉDITS. 5
sou nom de Mouflon à manchettes. Lu queue est courte
(de 18 à 20 centimètres); elle se termine, comme celle
des Gazelles, par un pinceau de poils. J'ai vu un Mou-
flon dont la queue avait au moins 7>() centimètres. Les
morues sont volumineuses, très-rapprochées à leur base,
qu'un peu de poil sépare; seulement elles sont recour-
bées, divergentes, dirigées en dehors, et s'écartant
insensiblement et beaucoup moins rapidement que
<îhcz les Moutons ordinaires. Leur longueur n'ex-
cède pas 50 centimètres; elles son! légèrement ridées.
Ils vivent par troupe, au milieu des rochers escarpés,
où ils se font remarquer par leurs bonds vraiment ex-
traordinaires. Eminemment sociables, il n'est pas rare
de voir des Mouflons vivre en société avec les Gazelles,
dont ils ont toute l'agilité, avec une force beaucoup plus
grande. Cet animal pourrait offrir des ressources à l'ac-
climatation, car son caractère est d'une extrême dou-
ceur lorsqu'il est captif. M. le docteur Lacger raconte
avoir vu à Bordj-Bou-Ariridj, dans la Medjana, un Aroui
qui, à l'état de liberté, rentrait chaque soir au fort après
s'être repu. Graëberg di Henso, qui a observé l'Aroui,
dit que cet animal est l'Antilope larvia de Linné et de
Pallas, le Kob de Buffon, rapprochement que n'admet
pas ce dernier auteur.
Buffon parle avec beaucoup de détails du Mouton à
large queue; mais nous ne trouvons aucun renseigne-
ment sur l'espèce qui nous occupe, car les détails qu'il
donne sur l'Adimain, ou la grande Brebis du Sénégal
et des Indes, sont trop vagues pour y rapporter le Mou-
flon à manchettes (1). Cet illustre naturaliste a réuni,
avec raison, les différentes espèces de Brebis, entre
autres YArgali de Gmelin, qui est un Mouflon du Le-
vant, et probablement la même espèce que le Trayela-
phus de Belon. On est parvenu déjà, à plusieurs reprises,
(1) Buffon, édit. Pourrai, t. III, p. il 6 et 419.
C rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)
à domestiquer le Mouflon à manchettes. Ils reprodui-
sent en Europe. M. le docteur Pucheran, en rendant
compte à la Société zoologique d'Acclimatation des ten-
tatives faites à la Ménagerie d'observations créée par
M. le prince Demidoff à San Donato, près Florence,
dit que le Mouflon à manchettes y a produit deux jeunes
en 1855, et deux en 1854. A la fin de Tannée 1854.
M. le général Daumas annonçait à la Société zoologi-
que d'Acclimatation qu'il venait de demander au colonel
d Argens de procurer à la Société des Mouflons à man-
chettes, afin que ce magnifique animal puisse devenir
l'objet d'études suivies, et, s'il y a lieu, d'un essai d'ac-
climatation en France (1). Espérons que l'on parvien-
dra à doter les régions montagneuses de ce Mammifère,
qui pourrait constituer un alimentaire de premier ordre.
M. le docteur Guyon, qui, dans son voyage aux Libans,
observa l'Aroui et donna quelques détails sur cet ani-
mal, se demande quel est le Mammifère que Ju vénal
distingue en ces termes :
' . Et Getulis orix? (Satira XII.)
Selon Pline, YOryx était une sorte de Chèvre qui
n'avait qu'une corne, et dont le poil, au lieu d'être di-
rigé d'avant en arrière, l'était au contraire d'arrière en
avant. Nous avons tout lieu de supposer que, comme le
fait observer Cuvier, c'est l'Antilope gazella de Linné,
ou Antilope leucoryx, Lichtenstein(Mém. Acad. de Ber-
lin, 1824, pi. 1). L'Antilope oryx de Pallas, ou Pasan
de Buffon (Suppl. VI, pi. XVII) a de longues cornes
droites, et ne vit guère que dans l'Afrique australe,
tandis que l'Antilope leucoryx représenté sur les monu-
ments figurés de la Nubie et de l'Egypte habite l'Afri-
que septentrionale, depuis la Nubie, le Sennaar, jus-
qu'au Sénégal; mais, comme beaucoup d'autres ani-
maux, il a probablement disparu des régions littorales.
(1) Bulletin Soc. Zool. d'Acclimatation, 1854, p. 3'24.
TRAVAUX INÉDITS 7
AMÉNITÉS MALACOLOGIQUES
par M. J.-R. Bourguignat.
§ xxx
Description des Succinea ^Egyptiaca et Raymondi, suivie
du recensement des Ambrettes du continent Afri-
cain.
Dans les contrées septentrionales du continent Afri-
cain, le genre Succinea offre bien peu de représentants.
Deux espèces seulement ont jusqu'à ce jour été indi-
quées par les auteurs : une en Algérie et une autre en
Egypte.
La première de ces espèces, que notre savant ami
M*. Arthur Morelet (1) a signalée aux environs d'Alger
et de Tlemcen, est notre Ambrette européenne, la Suc-
cinea putris. Nous ne parlerons point de cette coquille,
que tous les conchyliologues connaissent.
Quant à la seconde, spéciale à l'Egypte, elle est en-
core imparfaitement décrite. L. Pfeiffer, dans sa mono-
graphie des Hélices (c2), en a simplement donné une
description d'une ligne, qu'il a empruntée àEhrenberg.
— Pour combler cette lacune, nous croyons utile de
fournir ici une description nouvelle de cette coquille, à
la suite de laquelle nous joindrons celle d'une autre
Ambrette, spéciale à l'Algérie, et découverte par le doc-
teur Raymond.
Succinea ^Egyptiaca.
Succinea amphibia, Audouin, iniSavigny, Descript. de
l'Egypte, Moll., pi. % f. 24.
(I) Cat. Moll. terr. fluv. d'Algérie, in : Journ. de Conch., t. IV,
p. 593. 1853.
(2)Tom. II, p. 518.4848.
8 rev. et mac. de zoologie. (Janvier 1856.)
Succinea iEgyptiaca, Ehrenberg, Symb. phys. , Moll.
1831. '
— L. Pfeiffer, Mon. Hel. viv., t. Il,
p. 518. 1848.
Testa : parvula, oblonga, pellucida, fragili, leviter flavicante, ac
lineis curvis laxe striata; spïra obtusa; anfractibus 3, sutura sat
profunda separatis ; ullimo longitudinis 2/3 œquante; apertura
ampla, ovali; peristoraate simplice, acuto; marginibus callo junctis;
columella arcuata, basin attingente.
Coquille petite, oblongue, fragile, d'une couleur pâle
jaunâtre, laissant apercevoir à travers le test les organes
de l'animal, et sillonnée transversalement de stries ar-
quées assez distantes les unes des autres, et d'une façon
un peu irrégulière. La spire est obtuse, ses trois tours,
séparés par une suture assez marquée, sont un peu con-
vexes ; le dernier égale les deux tiers de la longueur
totale. L'ouverture est grande et de forme ovale, et elle
possède un péristome simple, tranchant, dont les extré-
mités se trouvent réunies par une callosité assez forte,
qui recouvre toute La eolumelle ; celle-ci est arquée, et
descend jusqu'à la base de l'ouverture.
Longueur, 8 millim. — Diamètre, 3 millim. et demi.
— Hauteur de l'ouverture, 5 millim.
Cette gracieuse coquille se rencontre le matin, par un
temps un peu bumide, sur des plantes de trèfle, dans
les environs deDamiette.
L'animal de cette Succinée est assez grand; il ne peut
se renfermer dans sa coquille, il est d'une couleur bleu-
verdâtre. Ses deux grands tentatules, amincis vers leur
milieu, se renflent à leur sommet, où se trouvent des
yeux noirs et brillants. Ses deux petits tentacules sont
d'une faible taille.
Succinea Ravmondi.
Testa : ovato-conoidea, fragili, diaphana, irregulariter transver-
sequc ruguloso-striata, luleola; spira elongata; apice acuta; an-
fractibus 4 \jï ad 5 convcxis, sutura profunda separatis; apertura
TRAVAUX INEDITS. \l
ovato-oblonga, parum obliqua; pcristomate simplice; columella ar-
cuala, ad basin aperlursc non attingente.
Coquille ovale-conoïde , transparente, fragile, d'une
couleur jaunâtre, et offrant une surface sillonnée de
fortes stries transverses et irrégulières. Spire allongée,
à sommet aigu ; ses tours de spire, ordinairement au
nombre de 5, sont convexes et profondément séparés
par la suture. Son ouverture est ovale-allongée, un peu
oblique, àpéristome simple et tranchant, et la columelle,
qui est fortement arquée, n'atteint point la base de l'ou-
verture.
Longueur, 14 millim. — Diamètre, 7 millim. — Hau-
teur de l'ouverture, 7 à 8 millim.
Cette espèce a été recueillie dans les environs de
Constantine, en Algérie, par notre savant ami le doc-
teur Raymond, auquel nous nous empressons de la
dédier.
Maintenant, pour compléter, dans nos Aménités , l'his-
toire des Succinées du continent Africain, nous allons
donner une simple diagnose de chacune des Ambrettes
décrites jusqu'à présent.
Ces espèces sont au nombre de dix, et peuvent être
classées, au point de vue géographique, en deux sé-
ries (1) :
1° En Ambrettes des contrées les plus méridionales,
c'est-à-dire celles qui habitent la terre de Natal et le Cap
de Bonne-Espérance.
2° En Ambrettes de la côte occidentale, c'est-à-dire
celles qui vivent depuis le Maroc jusqu'au pays des Hot-
tentots (2).
Les espèces que nous comprenons dans la première
série géographique sont les suivantes :
(1) Ces Succinées peuvent également, au poinl de vue zoologique,
être classées dans les deux groupes Tapada et Helisùjti.
(2) Les espèces qui habitent les îles voisines du continent sont
comprises dans cette série.
10 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.;
1° SUGCINEA STRIA TA.
Succinca striata, Krauss. Die Sudaf. Moll., p. 73, tab.
ÏV, f. 16. 1848.
— L. Pfeiffer, Monog. Hel.viv.; suppl.,
p. 11. 1853.
Testa : ovata. fragili, diaphana, ventricosa, luteovirescente, ru-
guloso-striata ; spira brevi, obtusa; anfractibus 5 convexis, sutura
sat impressa separatis; ullirao ventricoso, lougitudinis 3/4 œquante;
apertura rotundato-ovali; columella arcuata, basin aperturœ non at-
tingente.
Long., 8 millim. — Diam., 4 miilim. — Long. ap.f
6 millim.
Cette espèce a été recueillie par M. J.-A. Wahlberg
sur les bords du fleuve Limpopo.
2° SUCCINEA EXARATA.
Succinea exarata, Krauss, Die Sudaf. Moll., p. 74, tab.
IV, f. 15. 1848.
— L. Pfeiffer, Monogr. Hel. viv., t. II r
p. 518. 1848.
Testa: oblongo-subfusiformi, tenuissima, pellucida, ruguloso-
striata, stramineo-hyalina; spira conica, acuta; anfractibus A rapide
accrescentibus, convexiusculis; ultimo paulo ventrosiore, basi atte-
nuato, medio sulcis duobus parallelis exarato; apertura oblongo-
ovali, superne angulata; peristomate simplice, margine dextro le-
viter, columellari vix arcuato.
Longueur, 10 millim. — Diamètre, 5 millim. —
Long, ap., 6 millim. et demi. — Lat. ap., 3 millim. et
demi.
Habite sur les plantes aquatiques qui bordent les
étangs et les marais du pays de Natal.
3° SUCCIINEA PATENT1SSIMA.
Succinea patentissima, Menke, Diagn. neuer. Hel. in:
Zeitschr. fur Malak., p. 52,
1853.
TRAVAUX INEDITS. Il
Testa : depresso-oblonga,tenuissima, pellucida, rugoso-striatula,
juirum nitida, pallide corneo-flavescente; spira minima, papillata;
nnfractibns2 1/2; ullimo deorsum sensim dilatato; aperlura obliqua,
acuminato-ovali; peristomate tenuissimo, recto: margine basali le-
viter arcuato; columella callosa, subtorta, leviter arcuata.
Longueur, 10 millim. — Diamètre, 6 millim. —
Ap. long., 8 millim. et demi.
Habite dans les environs de Port-Natal.
4° Succinea Delalandii.
Hélix (cochlohydra) elongata, var. Y. Férussac. Hist. des
Moll., tab. II, A, f. 2.
Succinea Delalandii, L. Pfeiffer, Besch. neur Landsch-
necken,in: Zeitsch. fùrMalak..
p. 28.1851.
— L. Pfeiffer, Mon. Hel. viv.,Suppl.,
p. 11.1853.
Testa : ovato-elongata, solidiuscula, striata et impresso-punctata,
pellucida, succinea; spira elongalo-conica; apice acuta; anfractibus
3 1/2 perconvexis; ultimo 3/5 longitudinis subrequante; columella
leviter arcuata, subcallosa; apertura obliqua, regulariter ovali; pe-
ristomate simplice, recto, marginibus callo tenui junctis.
Long., 9 millim. — Diam., 5 millim. — Long, ap.,
5 millim. Ij2. — Lat. ap. ,3 millim.
Habite le Cap de Bonne-Espérance, sur les bords des
marais salés, non loin de Baszaarms-Kraal.
5° SUCCINEA AfRICANA.
Succinea amphibia, var. Africana, Krauss, Sudaf. Moll..
p. 73. 1848.
J.-A. Wahlberg a recueilli, sur les rives du fleuve
Limpopo, une Ambrette que Krauss rapporte à notre
Succinea putris d'Europe. Selon lui, il n'a pu trouver,
entre cette espèce et ses échantillons africains , la
moindre différence; et, malgré cela, ce savant natura-
liste dit, quelques lignes plus loin, que ses individus
africains présentaient une ouverture moins étroite vers
12 kev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)
le haut, et que leur dernier tour de spire était moins
convexe.
Pour nous, qui ne croyons point à la présence de la
véritable Suce, putris dans le pays des Hottentots, nous
élevons cette variété de Krauss au rang d'espèce, en
l'inscrivant sous l'appellation de Suce. Africana.
Long., 18 millim. — Diam., lOmillim.
La seconde série des Ambrettes africaines se compose
également de cinq espèces, qui sont :
1° SUCCINEA CONCISA.
Succinea concisa, Arth. Morelet, in : Rcv. zool., p. 351.
1848.
— L. Pfeiffer, Mon. Hel. viv., suppl.,
p. 11. 1855.
Testa : ovato-conica, tenui, pellucida, confertim ruguloso-striata,
cereo-albida; spira breviuscula, subpapillata; anfractibus 2 1/2; pe-
nultimo perconvexo; ultimo attenuato; longitudinis 2/5 œquante;'
sutura profunda, submarginata; apertura vix obliqua, ovali; peristo-
mate simplice, tenui, margine dextro et basali regulariter arcuatis;
columella tenui, superne subcallosa, recedente, basin apertura non
altingente.
Long., 5 millim, — Diam., 3 millim. — Long, ap., 3
millim. — Lat. ajk, 1 millim.
Se rencontre en Guinée, sur les les bords du fleuve
Gabon.
2° SUCCINEA SPURCA.
Succinea spurca, Gould, in : Proceed. Bost, Soc, t. III,
p. 193. 1850.
— L. Pfeiffer, Mon. Hel. viv., suppl.,
p. i± 1855.
Testa :parva, fragili, virescenle ; striis Iaxis, scabris, lulum cu-
mulantibus; anfractibus 5 ventricosis; sutura profunda separatis;
ullimo 2/5 longitudinis toquante; apertura rotundato-ovata; colu-
inella aeuta, valde arcuata.
Long., 7 millim. — Diam., 12 millim.
TRAVAUX INEDITS. 13
Habite la Libéric, où elle a été trouvée par le docteur
Perkins.
3* SUCCINEA UEL1COIDEA.
Succinea belicoidea, Gonld, in : Proceed. Bost. Soc ,
t. III, p. 193. 1850.
— L. Pfeiffer, Mon. Hel. viv., sup-
pl., p. 12. 1853.
Testa: parva, late umbilicata, tenui, straminea, supra oblique
lirata, infra levigata; spira depressa; anfraclibus 5 1/2 rotundatis;
ultime- subangulato; apertura lunala, alta.
Long., 6 millim. — Diam., 12 millim.
Se rencontre sur les côtes occidentales de l'Afrique.
4° Succinea Sanct^-Helen^e.
HelisigaSanctœ-Helense, Lesson, Voy. Coq., p, 31 G, tab.
15, f. 1. 1830.
Succinea Sancta -Helense, L. Pfeiffer, Symb. Hist. Hel.,
t. II, p. 152. 1842.
— L. Pfeiffer, Mon. Hel. viv., t. H,
p. 518, 1848.
Testa: glaberrima.anipla, ovata, unispirata, fusco-rubella,fragil-
lima. (Less.)
Long., 6 millim. — Diam., 14 millim.
Habite l'île de Sainte-Hélène.
5° Succinea pïctà.
Succinea picta, L. Pfeiffer, in : Proceed. zool. Soc,
p. 133. 1849.
Succinea imperialis, Benson, in : Ann. and Mag. 1851.
Mart., p. 262. (Texte L. Pfeif-
fer.)
Succinea picta, L. Pfeiffer, Mon. Hel. viv., suppl., p.
15. 1853.
Testa semi-ovata, tenuissima, longitudinaliter strialula et irre-
gulariter plicata, pellucida, nitidissima, rubenti-fulva, roseo-al-
bido-strigala; spira minima,papillata;anfractibus 2 1/2. sutura levi
14 net et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)
separatis; ultimo inflato, antice lineis impressis spiralibus notato;
columella superne subcallosa, recedente, leviter nrcuata; apertura
ampla, parum obliqua, angulato-ovali, intus rubenti-fulva; perislo-
mate simplice ad insertionem subinllexo.
Long., 17 millim. — Diam., 11 millim. — Long,
ap., lo millim.
Habite l'île de Sainte-Hélène, à Diana-Peak.
§XXXI
De la Succinea Baudonii. (Drouët).
Nous croyons utile de placer ici la description d'une
Ambrette française, qui, bien que déjà décrite avec
beaucoup de soin par notre savant ami Henri Drouët,
de Troye (1), n'a point encore été figurée.
Testa : parvula, obeso-obtusa, solida, lœvi vel sub lente vix stria-
tula, albidulo-luteola; apice obtusa; anfractibus 3 convexis; sutura
profunda separatis; ultimo 2/3 longitudinis aequante; apertura obli-
qua, ovato-rotundata, supra angulata, infra exacte rotundata; mar-
ginibus callo tenui junctis.
Coquille obtuse, comme ramassée sur elle-même^ à
test solide, lisse ou à peine strié, d'une teinte jaunâtre
peu foncée. Sommet obtus. Trois tours de spire trés-
convexes, séparés par une suture profonde. — Ouver-
ture oblique, presque ronde, avec des bords toujours
réunis par une faible callosité. Golumelle ne descendant
que jusqu'au milieu de l'ouverture.
Hauteur, 5 millim. — Diam., 3 millim,
Cette Ambrette. l'une des mieux caractérisée de notre
pays, babite sur les bords des fossés, dans les prairies
d'Houdainville, d'Angy, etc., du département de l'Oise.
Il paraît qu'elle aurait encore été recueillie dans les
Vosges par M. Puton.
(1) Énum. des Moll. terr. et fluv. viv. France contin., etc., p. 40.
1855. (Extr. des Mém. de la Soc. roy. de Liège, t. X, 1855.)
Tl'.AVAUX INEDITS. 15
§ XXXII
Note relative à la Succinea elegans de Risso.
Dans le premier fascicule (juillet, 1847) de son ou-
vrage sur les Mollusques de la France (1), M. l'abbé
Du pu y a rapporté à tort a la Succinea longiscata (More-
let) (2) du Portugal, une espèce d'AmbreUe des envi-
rons de Grasse, en Provence.
Notre savant ami Henri Drouët (3), dans son recense-
ment des Mollusques français, a parfaitement reconnu
Terreur du naturaliste d'Auch; aussi a-t-il, avec raison,
restitué à l'espèce nommée longiscata le nom de Cor-
sica que lui avait imposé Schùttleworth en 1843 (4).
Maintenant, nous croyons utile de dire que le nom
de Corsica est encore un nom à éliminer de la nomen-
clature scientifique. En voici les motifs :
L'on trouve, dans l'ouvrage de Risso, sur les coquilles
des environs de Nice (5) (publié en 1820), les descrip-
tions de deux Ambrettes, sous les noms de Mayor et
iYElegans.
La première de ces espèces est la Succinea (Hélix)
putris, de Linnseus (6), et doit, par conséquent, être
placée parmi les synonymes de ce Mollusque.
La seconde, nommée Elegans, n'est autre chose que
la Succinea Corsica de Schùttleworth.
Risso a parfaitement saisi tous les caractères distinc-
tifs du test de cette Ambrette ; il a même donné sur son
animal les précieux documents que voici :
Corps d'un noir mêlé de gris; tête subrugueuse,
(1) Page 75, tab. I, f. H.
(2) Moll. du Portug., p. 51, tab. V, f. 1. 1845.
(3) Énum. des Moll. terr. et fluv. viv. de la France cont., p. 40.
1855. (Extr. des Mém. de la Soc. roy, de Liège, t. X. 1855.)
(4) Moll. Cors., p. 5. (Mitthril. d. Bern. nat. Ges., p. 15. 1843.)
(5) Page 59.
(6) Syst. nat. (Ed. X), p. 774. 1758.
10 rev. et mac. de zoologie. (Janvier 1856.)
jaunâtre, tachée de noir; manteau lisse; pied d'un gris
jaunâtre, finement pointillé de noir.
La Succinea elegans habite, d'après Risso, sur les
plantes des fossés, aux environs de Nice. C'est de cette
môme localité que mon ami Henri Drouët a reçu sa
Suce, corsica. — M. l'abbé Dupuy la cite des environs
de Grasse. Enfin, d'après l'honorable M. Moquin-Tan-
don (1), cette espèce a été recueillie àBastia, parM.Blau-
ner; à Fango, par M. Romagnoli; à Ajaccio, par Re-
quien.
§ XXX11I
Hélix Brondeli
Testa : anguste umbilicata, depressa, fragillima, diaphana, fusco-
vineali, ad umbilicum albida, utriuque eleganter coslulata, crenu-
lato-carinata. Apice obtusissimo, levi; anfraclibus 5 1/2 convexis,
sutura bene separatis, regulariterque crescentibus; ultimo superne
subtumido, subtus convexo; carina fere in medio; apertura rotun-
dalo-lunari; peristomate acuto, non labiato; pauluhim ad columel-
lam deflexo.
Coquille faiblement ombiliquée, déprimée, d'une ex-
trême fragilité, transparente, d'une couleur d'un brun
vineux, excepté vers l'ombilic, où le test est blanchâtre.
Surface entière coslulée avec beaucoup d'élégance, sauf
le sommet, qui est lisse. Tours despire au nombre de
cinq et demi, séparés par une suture bien prononcée,
et s'accroissant régulièrement. Dernier tour de spire
offrant, presque vers son milieu, une carène crénelée,
qui rend sa partie supérieure un peu moins convexe
que sa partie inférieure. Ouverture échancrée, arron-
die. Péristome aigu, non bordé, et seulement un peu
réfléchi à la columelle.
Hauteur, 7 millim. — Diamètre, 11 millim.
Cette Hélice a été recueillie dans les environs de
(1) Ilist. nat. des Moll. de France, t. II, p. 61. 1855.
TRAVAUX INÉDITS. 17
Mostaghanem, en Algérie, par M. Brondel, auquel nous
la dédions.
L'Hélix Brondeli appartient au groupe des Hélix ru-
(josa (H. Garyottœ de Philippi), Chemnitz, Spratti,
L. Pfeiffer, Crenimaryo, Krynicki, etc.
C'est surtout avec cette dernière espèce que notre
coquille peut offrir des ressemblances. Mais on l'en
séparera aisément : à ses tours de spire, plus nom-
breux; à son test, plus fragile; à sa couleur, mais sur-
tout à son péristome simple, qui n'est point bordé,
ainsi qu'à sa carène, qui est presque médiane.
§ XXXIV
GlANDlNA BltONDELl.
Testa : ftisiformi-cylindracea, aciculari, hyalina, fragillima, al-
bido-cornea, lœvissima; apice attenuato, obtuso; anfractibus 6 pla-
nulalis, sutura impressa separatis; ultimo 2/5 longitudinis œquaute;
apertura angusta, lanceolata, ad basin rotundata; coluraella arcuata,
callosa, angusle abrupteque ad basin truncata, ac, in parte supe-
riori milamellata; peristomate simplice; marginibus callo junctis.
Coquille fusiforme , cylindracée, très-fragile, bril-
lante, transparente, d'une couleur cornée pâle, et ne
laissant pas apercqvoir à la loupe la moindre strie. Ses
six tours de spire, séparés par une suture bien mar-
quée, sont à peine convexes ; le dernier égale les deux
cinquièmes de la longueur totale. L'ouverture est rétré-
cie, pyriforme. Le péristome est simple, et ses bords
sont réunis par une callosité saillante, qui rend la co-
lumelle très-épaisse, Celle-ci, qui est arquée, possède a
sa partie supérieure un renflement assez considérable, et
se trouve fortement et brusquement tronquée à sa base.
Longueur, 4 millim. — Diamètre, à peine 1 millim.
Cette gracieuse petite coquille a été découverte par
M. Brondel, qui la communiqua à M. Roland du Roquau,
de Carcassonne. Ce savant la classa dans sa collection
sous le nom de Brondeli, que nous adoptons. Dernière-
2« série, t. vin. Année 1856. 2
18 hev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)
ment, M. Brondel l'envoya, avec d'autres espèces d'Al-
gérie, au docteur Raymond, qui voulut bien nous la
confier pour la faire représenter dans nos Aménités.
La Glandina Brondeli habite sous les pierres, dans les
environs de Mostaghanem, en Algérie.
Cette espèce offre de grandes ressemblances avec la
Glandina (Buccinum) acicula, de Mùller (Verm. Hist. II,
p. 150. 1774); mais on la distinguera toujours de cette
dernière : à sa taille plus petite ; à sa suture plus pro-
noncée; à sa callosité columellaire plus forte; et sur-
tout à sa petite dent, qui orne la partie supérieure de
sa columelle.
§ XXXV
LlMNAE KUBIGENA.
Testa : perforata, ventricoso-globosa, nitida, diaphana, cornea,
elegantissime striata; apice obtuso; anfraclibus À convexis, prope
suturam profundam submarginatis; ultimo 2/3 longitudinisœquante;
apertura semi oblonga; peristomate acuto, simplice; collumella recta,
ad perfora lionem dellexa.
Coquille perforée, ventrue, globuleuse, brillante,
transparente, cornée et très-élégamment striée. Som-
met obtus, à quatre tours de spire convexes, séparés
par une suture profonde et submarginée; dernier tour
de spire égalant les deux tiers de la longueur totale, et
supérieurement subanguleux. Ouverture échancrée,
oblongue. Péristome simple, aigu. Collumelle droite,
réfléchie sur la perforation, qui est assez grande. Bords
marginaux réunis par une faible callosité.
Hauteur, 9 millim. — Diamètre, 7 millim.
Cette espèce a été recueillie par le professeur Bel-
lardi, de Turin, dans les Alpes, au Mont-Viso.
§ XXXVI
PHYSA FlSCflERfANA.
Tesla : subturrito-elongata, tcnuissima, cornea, diaphana; spira
TRAVAUX INÉDITS. 19
exserta; apice parum acuta; anfractibus 5 convexis, Uevibus, ac su-
tura submarginata profonde separatis; ultimo 1/2 longitudinis ac-
quanle; apertura oblique oblonga, ad marginem collumellarem sub-
reflexa, ita ut fissura umbilicaris appareal; columella recta.
Coquille allongée, très-fragile, transparente, d'une
couleur cornée; cinq tours de spire convexes, séparés
par une suture profonde; le dernier tour égale la moitié
de la longueur totale.
Ouverture oblongue, oblique par rapport à l'axe, et
se réfléchissant un peu sur la columelle, qui est droite.
Longueur, 8 millim. — Diamètre, 4 millim.
Nous ne connaissons point la localité exacte de cette
espèce, qui provient de l'Abyssinie.
La Physa Fischeriana, que nous dédions à notre ami
M. Paul Fischer, ne peut être rapprochée que des Physa
Wahlbergi (1), scalaria (2) et Schmidtii (o).
On distinguera notre espèce :
1° Du Wahlbergi, à sa taille plus petite, à ses tours de
spire tous lisses et non carénés, à son ouverture plus
oblongue, moins arrondie à sa base, etc., etc.;
2° Du scalaris, à ses cinq tours de spire lisses, à son
ouverture plus rétrécie, plus oblique, etc.;
3° Du Schmidtii, à son sommet moins aigu et non cos-
tulé, à ses tours de spire plus nombreux et non striés, à
son ouverture plus oblongue, etc.
§ xxxvu
BlTHlNIA GaILLARDOTII.
Testa : minima, vix sub lente perforato-rimata, ovato-ventricosa,
(1) Physa Wahlbergi, Krauss, Moll. Sud-Afrik., p. 84, pi. V, f. 13.
1848.
(2) Physa scalaris, Dunker, in: Zeitsch. fûrMalak.; p. 164. 1845,
et : Dunker, Ind. Moll. Guineam, p. 8, tab. II, f. 5 et G. 1853. Ou-
vrage où celte espèce se trouve figurée et décrite sous le nom de
Bulinus scalaris.
(3) Bulinus Schmidtii, Dunker, Ind. Moll. Guineam, p. 0, tab. II,
f. 7 et 8. 1855.
20 uev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)
diaphana, sub lente \ïx tenuiterstriatula, fusca; apice oblusiusculo,
sœpe eroso vel truncato; anfractibus 5 perconvexis (prœsertim pe-
nultimo), sutura maxime impressa separatis; apertura angulato-ro-
tundata; peristomate simplice, acuto; columella arcuata, paululum
albido incrassata; marginibus callo junclis.
Coquille petite, à peine perforée, ventrue, transpa-
rente, de couleur brunâtre, et striée avec une si grande
délicatesse, que c'est à peine si l'on aperçoit les stries
au foyer d'un microscope. Sommet un peu obtus, sou-
vent érosé ou tronqué. Cinq tours très-convexes, sépa-
rés par une suture très-profonde; l'avant-dernier tour
est surtout très-ventru. Ouverture arrondie, anguleuse
au sommet. Péristome simple et aigu. Golumelle ar-
quée, recouverte d'une callosité blanchâtre qui, en se
prolongeant jusqu'à l'insertion du labre externe, réunit
les bords marginaux.
Longueur, 2 millim. — Diamètre, 1 millim.
Cette espèce, que nous dédions à M. le docteur Gail-
lardot, a été recueillie par ce naturaliste dans les eaux
des environs de Sayda, en Syrie.
§ XXXVIII
BlTHINlA LONGISCATA.
Testa : ovato-lurrita, diaphana, fusco-cornea, vix sub lente stria-
tula; apice acuta; anfractibus 6 convexis, regulariter crescentibus
ac sutura profunde separatis; apertura angulato-rotundata; peristo-
mate acuto, paululum incrassato; columella in perforationem in-
sconspicuam detlexa; marginibus tenui callo junctis.
Coquille oblongue, turriculée, transparente, d'un
brun corné et à peine striée. Sommet aigu. Six tours
de spire convexes, nettement séparés les uns des autres
et s'accroissant avec une grande régularité. Ouverture
arrondie, anguleuse à son sommet. Péristome aigu,
malgré cela un peu épaissi. Columelle réfléchie sur la
perforation, qui est à peine visible. Bords marginaux
réunis par une légère callosité.
TRAVAUX INÉDITS. 21
Longueur. 4 millim. — Diamètre, 1 millim. 5(4.
Habite les environs de Sayda, en Syrie. (Gaillardot.)
§ XXXIX
UlTHINIA MoQUUilANA.
' Testa : perforata, venlricosa, fragillima, diaphana, cornea, lœvi;
spira obtusiuscula; anfractibus 5 convexis, sutura profunde separa-
lis; ultimo pnesertim maxime ac venlricoso; apertura angulalo-ro-
tundala; peristomate simplice, paululum incrassalo; columella pau-
lulum reflexa; marginibus callo junctis.
Coquille très-petite, perforée, ventrue, très-fragile,
transparente, lisse et cornée. Spire un peu obtuse. Cinq
tours de spire convexes, nettement séparés par la su-
ture. Le dernier tour est très-grand et très-ventru. Ou-
verture anguleuse au sommet, arrondie. Péristome sim-
ple et un peu épaissi. Columelle réfléchie sur une per-
foration assez grande. Bords marginaux réunis par une
callosité.
Longueur, 1 millim. 1(2. — Diamètre, 1 millim 1{4.
Habite les environs de Sayda, en Syrie. (Gaillardot.)
IVote sur l'origine marine des espèces du genre Dreis-
sena, Mollusque lamcllibranche de la famille des
Mytilacées, par M. Marcel de Serres. (Voir 1855,
p. 574.)
Le genre Dreissena offre plusieurs autres particulari-
tés d'autant plus remarquables, que peu de Mollusques
les partagent. L'une des espèces qui en fait partie est à
Ja fois marine et des eaux douces; elle est pourvue d'un
bysus assez fort. D'après l'ensemble des faits que nous
venons de rappeler, il est difficile de ne pas considérer
les espèces de ce genre comme marines. Toutefois, en
passant successivement dans les fleuves et les rivières,
elles sont devenues peu à peu des Mollusques d'eau
douce autant que marins.
2'2 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)
Il ne nous reste plus maintenant qu'à nous assurer
comment ces animaux, placés d'abord dans la mer Cas-
pienne, la mer Noire et la Baltique, ont pu s'étendre
dans presque toute l'Europe, pénétrer ensuite en Afri-
que, et parvenir enfin jusqu'au Nouveau Monde.
La mer Caspienne communique avec la Baltique au
moyen du Yolga et d'un canal qui se termine à la ri-
vière de la Sias. Cette rivière va se perdre dans le lac
Ladoga, qui communique avec la Baltique au moyen
de la Neva, et par cela même avec la plupart des eaux
courantes et stagnantes de la Russie.
Le Danube, dont la source est dans la forêt Noire
(grand-duché de Bade), et l'embouchure dans la mer
Noire, par son cours assez long et par le grand nombre
de ses affluents, fournit de nombreux moyens de déve-
loppement aux animaux qui vivent dans ses eaux. Ceux
dont l'organisation s'est le mieux prêtée à toutes sortes
de changements dans leurs conditions d'existence ont
dû s'étendre dans une infinité de directions, et peupler
ainsi de leurs tribus presque les trois quarts de ^Eu-
rope.
De même, les espèces qui vivent dans la Baltique ont
pu se répandre sans obstacles dans toute l'Allemagne,
la Hollande, l'Angleterre et la France. De la Baltique,
elles ont pénétré dans l'Océan, et, une fois parvenues,
dans son sein, elles ont pu se- propager dans toutes les
parties du monde. Aussi, avec leur constitution, qui
leur permet de vivre tout aussi bien dans les eaux dou-
ces que dans les eaux salées, il n'y aurait rien d'éton-
nant que les Dreisseîia se trouvassent bientôt dans les
fleuves de la Nouvelle-Hollande. Véritables cosmopo-
lites, les espèces de ce genre sont probablement desti-
nées à suivre nos vaisseaux dans leurs navigations loin-
taines et à parcourir avec eux le monde entier, en sup-
posant qu'ils ne puissent pas se passer de leur secours
et de leur appui. Une autre circonstance semble prou-
TRAVAUX IMÏDITS. 23
ver que les espèces de ce genre ont été originairement
marines; elles ont, en effet, existé dans l'ancien monde,
et leurs débris, aperçus dans les terrains tertiaires de
la Transylvanie, de la Moravie et des environs de Vienne,
ont été, à ce qu'il paraît, constamment rencontrés dans
les formations marines de cette époque. Cette position
dans ces dépôts n'aurait pas une grande importance,
s'il était démontré que ces Mollusques, ainsi que ceux
qui les accompagnaient, avaient été entraînés dans le
bassin des anciennes mers par les eaux courantes; mais,
comme rien n'annonce que ces espèces y aient été trans-
portées, cette circonstance concourt à démontrer que
les Dreissena provenant des temps géologiques ont vécu
dans le sein des mers. Une pareille conclusion s'accorde
parfaitement avec ce que nous avons présumé de l'ori-,
gine marine des Dreissena des temps actuels, presque
aussi répandues dans les eaux douces que dans les eaux
salées.
Du reste, les êtres qui habitent le sein des mers ir-
radient plutôt vers les eaux douces ou courantes qui
s'y perdent que ceux des fleuves ou des rivières des-
cendent dans les eaux salées pour y vivre et s'y per-
pétuer.
Nous connaissons du moins un assez grand nombre
de Poissons qui de la mer remontent dans les rivières,
souvent en grandes troupes, annonçant, par leur appa-
rition, la venue du printemps. Ces habitudes sont par-
ticulières à la grande Lamproie (Petromizon maximus),
aux Esturgeons (Accipenser slurio, L.), aux Eperlans
(Salmo eperlanus), aux Saumons (Salmo salar), et
même aux Anguilles {Murxna angitilla). On pourrait
presque en dire autant des Plies (Pleuroneces limanda),
si ces Poissons s'éloignaient à de plus grandes dis-
tances de l'embouchure des fleuves dans lesquels ils
s'engagent souvent.
Ces mœurs ne sont pas seulement propres aux Pois-
24 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)
sons, elles rappellent celles de plusieurs Mammifères
marins, tels que les Dauphins, qui remontent les riviè-
res à de fort grandes distances de leur embouchure.
Ainsi Ylnia bolivensis de d'Orbigny, que Ton rencontre
dans toutes les rivières de Mojos de Chiquitos, en Bo-
livie, se trouve également dans tous les affluents supé-
rieurs de l'Amazone, et parfois à plus de sept cents
lieues de la mer. 11 en est de même du Delplrimis fluvia-
tilis (Deville et Gervais), du Nouveau Monde, et qui est
plus rapproché du Dauphin ordinaire que le Delphinus
groffrensis ou Irria bolivensis; il en diffère cependant
par une plus petite taille et un bec un peu plus grêle (1).
'Quoique ces deux espèces n'aient pas, jusqu'à pré-
sent, été aperçues dans les mers de l'Amérique, cir-
constance qui s'explique facilement, il nous paraît ex-
trêmement probable qu'elles en proviennent, tout aussi
bien que les différentes espèces du genre Dreissena, sur
lesquelles nous venons de porter l'attention. Nous le
supposons avec d'autant plus de raison que cette habi-
tude de quitter le bassin des mers, pour remonter ({ans
les fleuves qui s'y rendent, est assez familière aux Dau-
phins. On se rappelle encore qu'il y a une vingtaine
d'années le Dauphin ordinaire (Delphinus delphis) re-
monta la Seine jusqu'à Paris, et étonna les habitants du
quartier du Jardin des Plantes par sa grande vélocité
dans des eaux qui ne pouvaient guère lui convenir.
D'autres animaux abandonnent, au contraire, les eaux
douces, s'élancent dans le bassin des mers, et parvien-
nent parfois à de très-grandes distances de leurs bords.
(l)*Nous supposons, contrairement à ces naturalistes, que les
Dauphins de l'Amérique ont été originairement des espèces ma-
rines. Si elles se trouvent maintenant dans les eaux douces, à de
grandes distances des mers, elles n'y sont parvenues que peu à
peu et après des temps dont nous ne pouvons apprécier la durée.
Voyez les Nouvelles Annales du Muséum d'histoire naturelle de
Paris, t. II, p. 28. Paris, 1854.
TRAVAUX INEDITS. 20
A In vérité, ils n'y sont que d'une manière passagère et
momentanée : on les voit rentrer bientôt dans les eaux
courantes, qui sont leur élément habituel. M. de Ilum-
boldt, dans ses voyages en Amérique, a aperçu souvent
les Crocodiles nager fort loin des côtes; mais il ne les
a jamais vus y séjourner longtemps. En effet, les es-
pèces qui abandonnent les eaux douces pour aller dans
le sein des mers y demeurent fort peu; elles semblent
nous dire, par là, qu'elles se trouvent dans un élément
qui convient peu à leur condition d'existence.
Les Mammifères marins et les Crocodiles, en passant
des eaux marines dans les eaux douces, et de celles-ci
dans les eaux salées, ne changent réellement pas de
milieu ; celui dans lequel ils respirent reste toujours le
même. Il en est tout autrement des Invertébrés aquati-
ques, qui respirent au moyen de l'air en dissolution
dans l'eau : aussi les Phoques, Mammifères essentielle-
ment marins, s'accommodent très-facilement des eaux
douces, et les jongleurs en profitent pour montrer ces
amphibies dans les foires, où ils font remarquer cette
particularité (1).
Les mœurs des espèces que nous venons de signaler
confirment la loi générale que nous avons énoncée, et
qui nous fait supposer que les Dreissena sont plutôt des
Mollusques marins que des eaux douces, quoique main-
tenant ils vivent aussi bien dans le sein des mers que
dans les eaux courantes ou stagnantes.
(1) De pareilles habitudes ne paraissent pas avoir été le partage
des animaux marins de l'ancien monde; du moins on ne rencontre
jamais de leurs débris dans les terrains tertiaires axenthalassiques,
quoique les restes des espèces des deux stations soient assez fré-
quents en formation thalassuiue.
26 kev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)
Note sur la Muscardine et sur les procédés à l'aide des-
quels la veuve Montsarrat parvient à assainir les ma-
gnaneries et à préserver les Vers à soie de cette
désastreuse maladie, par M. F. E. Guérin-Méne ville.
(Lue à la Société impériale d'Agriculture, dans sa
séance du 9 janvier 1856.)
Ce serait peut-être ici le lieu de présenter un aperçu
chronologique des études qui ont été faites, depuis long-
temps, sur la terrible maladie des Vers à soie qui a reçu
le nom de muscardine; mais ce travail, qui m'entraî-
nerait trop loin, a été déjà fait plusieurs fois, et se
trouve en grande partie dans les Mémoires que j'ai pu-
bliés sur cette grande question. Mes études sur ce fléau
des magnaneries datent déjà de plus de dix ans. A leur
début, je partageais l'opinion de ceux qui pensent que
le cryptogame (Botrytis Bassiana) est la cause unique de
la maladie, et je cherchais, comme eux, quelque sub-
stance susceptible de détruire ses malencontreuses se-
mences. Depuis ce temps, de nombreuses observations,
faites dans la grande pratique, m'ont prouvé que les
propagules de cette production, conservées dans l'ate-
lier, n'étaient pas la cause première de l'apparition de
la maladie. Des faits positifs, observés plusieurs fois par
moi et par beaucoup d'autres praticiens, m'ont démon-
tré que cette maladie s'était souvent développée dans
des appartements qui n'avaient jamais servi à l'éducation
des Vers à soie, et même dans des contrées où cette édu-
cation est une exception, comme les environs de Paris.
Par contre, j'ai vu souvent, dans les pays producteurs
de la soie, des magnaneries, infectées de la muscardine
depuis plusieurs années, donner d'excellentes récoltes,
tout à fait exemptes de la maladie, sans qu'on y ait fait
de fumigations, après avoir été réparées et avoir reçu
quelques fenêtres et lucarnes, quelques cheminées, ou
même sans que l'on ait rien changé à la disposition du
TRAVAUX IMÎDITS. 27
local, mais parce que le propriétaire avait pris un nou-
veau et meilleur conducteur pour son éducation.
Si je voulais citer les nombreux faits qui ont contri-
bué à former ma conviction sur ce sujet, je serais en-
traîné hors des limites d'une simple note. Je me bornerai
donc à dire aujourd'hui que des études de plus de dix
ans m'ont conduit successivement à modifier mes con-
victions, ce dont je m'honore, car je crois que l'homme
de science doit toujours suivre les enseignements que
lui donnent les faits, et savoir faire consciencieusement
le sacrifice de ses théories quand il lui est démontré
qu'elles ne sont pas ratifiées par ceux-ci. Ayant adopté
cette méthode, je suis arrivé à admettre aujourd'hui :
1° Que la muscardine est simplement l'une des mala-
dies qui attaquent les Vers à soie quand ils sont élevés
dans de mauvaises conditions, par des mains inhabiles
et sous l'empire de la routine ; qu'elle n'est pas plus
contagieuse que les autres maladies, dont les ravages
dans les magnaneries sont aussi considérables, et que le
Botrytis n'en est que le symptôme ultime ou la termi-
naison.
2° Que, cependant, lorsque des fragments ou des pro-
pagules de cette production sont inoculés chez des Vers
à soie placés dans des conditions peu hygiéniques, mais
qui ne seraient pourtant pas assez mauvaises pour leur
donner la maladie, elles peuvent agir comme un ferment
et déterminer alors l'invasion du mal sur des sujets
auxquels il ne restait qu'à peine assez de forces vitales
pour résister aux influences produites par les mauvaises
conditions dans lesquelles ils étaient placés.
Il résulte donc, suivant moi, de ce qui précède que
le seul remède efficace jusqu'ici contre celte terrible
maladie consiste dans l'application des grandes lois de
l'hygiène; que lorsqu'un éducateur élèvera des Vers à
soie provenant de graines bien faites, bien conservées et
bien incubées, dans un local disposé convenablement
28 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)
pour que l'aération soit complète et sans brusques tran-
sitions et courants de températures; lorsqu'il ne les en-
tassera pas trop dans un espace insuffisant ; lorsqu'il les
tiendra dans un étatde propreté constant, en multipliant
les délitements, surtout aux époques si critiques des
mues; lorsqu'il veillera enfin avec intelligence au choix
et à la préparation de leur nourriture, il évitera, non-
sculemenl les atteintes de la muscardine, mais encore
toutes les autres maladies qui déciment trop souvent nos
magnaneries.
Il en résulte encore que dans certaines circonstances,
où l'effet des mauvaises conditions dans lesquelles se
trouve une éducation n'est pas assez intense pour que
les Vers à soie ne puissent y résister, l'invasion de la
muscardine peut être déterminée par la présence dans
l'atelier des propagules du Botrytis tombant sur ces Vers
presque malades, et préparés ainsi à admettre ce fer-
ment, qui aurait été repoussé et serait demeuré inactif
sur d'autres Vers moins prédisposés à la maladie.
Il est donc bon et utile de chercher à détruire ces
propagules du Botrytis, si elles peuvent, dans certains
cas, déterminer l'invasion de la muscardine, et les fu-
migations d'acide sulfureux, employées de tout temps,
les lavages au sulfate de cuivre, ceux à l'acide sulfuri-
que étendu d'eau, proposés par M. Raybaud-Lange, et
jusqu'à l'emploi du feu, cité par M. de Gasparin, qui Ta
vu appliquer dans une pièce voûtée et construite en
pierre, me paraissent avantageux. Mais le remède véri-
table, qui est en même temps l'un des meilleurs procé-
dés pour arriver à l'amélioration des races, c'est, en
définitive, l'application faite avec discernement des lois
de l'hygiène ; c'est, je ne saurais trop le répéter, une
bonne graine bien conservée et ensuite bien incubée,
une bonne aération des ateliers, une grande propreté
et une nourriture choisie et donnée dans des conditions
convenables.
TRAVAUX INÉDITS. g$
Toul cela forme le fonds des prescriptions que donne
la veuve Montsarrat dons son imprimé intitulé : Remède
infaillible contre la îiialadie de la muscardine des Vers à
soie. Tout cela est excellent, et je ne suis nullement
étonné des bons résultais qu'elle a obtenus et qui sont
constatés par un grand nombre de certificats. Il est évi-
dent que sa fumigation, qui a pour base l'acide sulfu-
reux, reconnu efficace pour brûler les sporules du Bo-
tnjtis, détruit déjà cette cause secondaire de maladie.
Mais, ce qui lui fait surtout obtenir des succès plus
certains, c'est qu'elle recommande, en même temps,
des soins hygiéniques qui suffiraient seuls pour préve-
nir les maladies; c'est qu'elle veille à ce que cette partie
essentielle de ses prescriptions soit exécutée, ce qui est
toujours plus difficile à obtenir de certains éducateurs
que les fumigations et même les autres pratiques indi-
quées par l'empirisme et l'ignorance. Je le vois tous
les ans dans le Midi, quand je recommande aux paysans,
à des propriétaires plus avancés, môme, de tenir leurs
Vers à soie plus proprement, de mieux aérer leurs ate-
liers, etc. Je suis à peine écouté, on trouve cela trop
simple; on me demande un remède, et non des con-
seils. Si je voulais m'abaisser à les tromper, je suis cer-
tain que je leur vendrais très-facilement quelques fla-
cons d'eau ou de poudre avec ce titre de Remède contre
la muscardine. Je ne parviens à leur faire un peu obser-
ver les règles de l'hygiène qu'en commençant par pra-
tiquer dans leurs ateliers une fumigation préalable,
dont on pourrait très-souvent se passer, et en leur
déclarant qu'elle ne produira son effet que combinée
avec les moyens hygiéniques. De cette manière, la pra-
tique accessoire fait accepter et passer la principale, et
c'est ainsi que j'ai obtenu, dans les Basses-Alpes, avec
l'aide de M. E. Robert, des résultats favorables qui se
sont étendus de proche en proche, en donnant aux édu-
cateurs, et à leur insu, des habitudes de propreté et
30 rev. et mag. de zoologie. {Janvier 1856.)
d'aération dans leurs magnaneries, qui ont notablement
diminué parmi eux le nombre des insuccès, en contri-
buant efficacement aussi à l'amélioration des races. J'ai
reconnu encore, par ces résultats, obtenus malheureu-
sement sur une échelle trop restreinte, que, ainsi que
je l'ai dit dans la Patrie, à la fin de mon second article
sur les soies de l'exposition universelle (12 novembre
et 5 décembre 1855), le meilleur remède contre les
maladies des Vers à soie et la terrible muscardine serait
d'en trouver un contre l'ignorance et la routine de beau-
coup d'éducateurs.
J'ai toujours désiré d'être mis à même de faire
d'une manière plus étendue cette utile propagande, qui
aurait pour résultat, dans un avenir prochain, un ac-
croissement notable de notre production en soie. J'au-
rais voulu arriver, dans nos départements essentielle-
ment producteurs de la soie, et en propageant une
fumigation simple qui détruit les sporules de Botrytis,
aux résultats que j'ai obtenus dans les Basses-Alpes, et
surtout aux environs de Sainte-Tulle, grâce à l'appui si
désintéressé de M. Eugène Robert. Il ne suffisait pas de
publier la recette de la fumigation, car on l'aurait em-
ployée seule et sans les pratiques hygiéniques, et l'on
n'aurait pas obtenu le résultat cherché, ce qui m'aurait
gravement compromis. Il fallait que je fusse mis à même
de propager aussi, et sous la protection de cette fumi-
gation, les méthodes rationnelles, seules efficaces dans
tous les cas.
J'ai montré un véritable dévouement à la séricicul-
ture, en demandant, à cet effet, un appui qui n'a pu
m'être accordé, et j'ai dû enfin, depuis plusieurs années
et dans l'intérêt de ma dignité, arrêter mes sollicita-
tions et me borner à faire le bien par mes seules forces-,
et par conséquent dans un rayon trop restreint, quand
je pouvais me rendre utile sur une grande échelle. Au-
jourd'hui, en voyant ce qui arrive à la veuve Montsar-
travaux ixr.nrrs. 31
rat, j'ai lieu de m'applaudir de n'avoir point cédé aux
personnes, certainement bienveillantes, qui me conseil-
laient de faire une affaire de tout cela, de prendre un
brevet d'invention pour vendre une méthode rationnelle
d'éducation des Vers ta soie, sous le couvert de ma
fumigation, dont la recette est depuis cinq ans dans un
paquet cacheté, déposé à l'Académie des Sciences le
25 mai 1850.
La veuve Montsarrat a eu ce courage. Excitée par
une récompense que la Société d'Agriculture lui avait
accordée en 1855, sur la demande de mon confrère,
M. Robinet, que j'avais fortement appuyé alors . cette
femme, qui est une habile magnanière, a abandonné
ses travaux et ses affaires pour aller propager sa mé-
thode dans plusieurs départements. Elle a essayé de la
vendre, ce qui ne lui a pas réussi, et elle n'a recueilli
que la gêne et un grand nombre de certificats de pro-
priétaires chez qui elle a appliqué et surveillé sa mé-
thode, le plus souvent gratuitement, dans l'espoir de
se faire connaître et de retirer enfin un fruit plus po-
sitif de sa persévérance.
Aujourd'hui, arrivée au terme de ses ressources,
épuisée par des sacrifices faits dans l'espoir d'obtenir
un prix fondé par la Société d'Agriculture, et qui ne
pourra pas plus être gagné, je le crains bien, que celui
qui a été institué pour récompenser l'auteur d'un remède
contre le choléra, et surtout contre ïôklium, cette esti-
mable femme, soutenue par cet espoir décevant, a fait
un effort suprême pour venir à Paris avec ses nombreux
certificats. Si elle n'a pas gagné le prix, puisqu'elle n'a
réellement pas trouvé une chose qui me paraît impos-
sible, un remède contre la mascardine, on doit recon-
naître qu'elle s'est rendue utile à l'industrie de la soie,
en propageant, parmi les petits éducateurs de plusieurs
départements, à l'occasion de sa fumigation, qui peut
rendre des services dans certains cas, de bonnes mé-
32 uev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)
thodes d'éducation qui ont eu souvent des résultats
favorables. Aussi je crois que si cette zélée magna-
nière était mise en position de continuer la propagande
qu'elle a persévéré à faire avec ses seules ressources,
depuis trois ans, l'industrie de la soie en retirerait des
avantages réels. En aidant, à cet effet, une intelligente
ouvrière qui, tout en se trompant dans sa spéculation,
a cependant rendu un service, on montrerait aux nom-
breux petits cultivateurs qui se livrent à la belle indus-
trie de la soie dans nos plus humbles villages, à cette
production des cocons qui est l'obole du paysan, qu'on
a la volonté de venir à leur aide en favorisant le progrès
chez eux, même quand il leur vient d'en bas, quand il
leur est apporté par d'honnêtes et laborieux travailleurs
que j'ai appris à connaître et à estimer.
II. SOCIETES SAVANTES.
Académie des Sciences de Paris.
Séance du 7 Janvier 1856. — L'Académie procède à
la nomination d'un vice-président. La majorité absolue
des suffrages se porte sur M. I. Geoffroy Saint-Hilaire ,
qui est proclamé. Il prendra la présidence en 1857.
— M. Valenciennes lit une Note sur les œufs à plusieurs
jaunes contenus dans la même coque.
Les œufs renfermant deux jaunes sont très-rares, et
ceux à trois jaunes le sont encore plus. M. Valenciennes
s'en est procuré un, et il le fait passer sous les yeux de
l'Académie. Après quelques considérations sur les œufs
de Poules à deux ou trois jaunes, l'auteur dit qu'il a ob-
servé cette duplicité de jaunes dans les œufs de divers
autres Oiseaux et de plusieurs Mollusques.
A la suite de la communication faite par M Becquerel
d'un nouveau procédé de gravure dit hélioplastie, par
M. Poitevin, le même académicien communique des
épreuves sur pierre obtenues par M. Poitevin, d'après
SOCIÉTÉS SAVA.YIKS. 55
des photographies faites par M. Louis Rousseau, qui a
déjà montré plusieurs fois à l'Académie avec quelle per-
sévérance il cherche à appliquer la photographie à l'his-
toire naturelle. L'une de ces deux planches représente
le Dohb d'Algérie, espèce de Fouetle-queuc voisin de
YUromastix sjnnipes, si ce n'est le même; l'autre est la
reproduction du grand et beau Stylaster, rapporté de
Bourbon, dès 1803, par Péron, et que Lamarck a fait
connaître sous le nom de Oculina flabeïïiformis.
Séance du\4t Janvier. — Rien sur la zoologie.
Séance du 21 Janvier. — M. Texier lit une Note sur
les Moutons de Caramanie, envoyés à la Société impériale
d'Acclimatation par M. le maréchal Vaillant.
Le nom de Caramanli, donné à ces Moutons, indique
qu'ils sont originaires de la Caramanie. Cette province
centrale de l'Asie mineure occupe le territoire de toute
l'ancienne Cappadoce; elle se distingue par un carac-
tère complet de déboisement : ce ne sont, du nord au
sud, que de vastes steppes parcourues en tous sens par
les tribus de Turcomans nomades qui conduisent d'in-
nombrables troupeaux.
Les Moulons de cette contrée sont remarquables par
une particularité qu'on n'observe pas en Europe. Leur
queue forme une énorme masse de graisse qui pèse jus-
qu'à cinq ou six kilogrammes. Cette race de Moutons
existe dans ce pays de temps immémorial, car elle est
citée par Hérodote, livre III, 113.
La laine de ces Moutons est assez grossière; elle ne
sert que pour la fabrication des tapis et des gros vête-
ments. Les bergers donnent à leurs Moutons une grande
quantité de sel.
La Société régionale d'Acclimatation pour la zone du
nord-est de la France adresse plusieurs exemplaires
d'un opuscule sur les noms à imposer aux animaux
nouveaux acclimatés ou supposés acclimatables.
Séance du 28 Janvier. — Séance publique.
2e série, t. vin. Année 1856 5
34 REV. ET MAC DE ZOOLOGIE. (Janvier 1856.)
III. MÉLANGES ET NOUVELLES.
Sur l'animal de la Pourpre des anciens.
Sommaire. — MM. le docteur Sacc et de Saulcy. — Question résolue de-
puis 1835. — Pourpre améthyste et pourpre tyrienne. — Liqueur pur-
purique. — Ses qualités physiques et chimiques. — Oxyde cyanique et
oxyde purpurique. — Différences des produits fournis par le Murex
trunculus et le M. brandaris. — Le docteur Bizio. — Les recueils scienti-
fiques. — La pourpre romaine restituée à l'industrie. — Description
anatomique. — Analyse microscopique. — Vitruve. — Transmutation
manifeste à l'observation. — Procédés des teinturiers romains révélés
par Pline. — Tibulle. — Expérience fortuite^ — Qualités physiques des
couleurs purpurines signalées par Amati. — Épisode d'industrie scienti-
fique.
A monsieur le rédacteur en chef de la Revue de Zoologie.
Paris, 8 janvier 1855.
Monsieur,
Je lis dans la Revue de Zoologie (n° 11, novembre
4855) l'analyse de deux travaux sur la Pourpre des an-
ciens : l'un de M. le docteur Sacc, intitulé : Esquisse de
r histoire de la Pourpre ; l'autre de M. Ernest de Saulcy,
ayant pour titre : Note. à propos de la Pourpre.
La conclusion du travail de M. le docteur Sacc est
que la pourpre des anciens doit être un produit analo-
gue ou identique à celui qu'on obtient avec l'alloxane,
qui est une solution d'acide urique dans de l'acide ni-
trique (2 d'acide urique et 8 d'acide nitrique produisent
1 d'alloxane).
Quant à M. de Saulcy, il raconte qu'étant en rade de
Saint-Pierre, à la Martinique, en 1836, il prenait sur les
roches couvertes par la lame la Pourpre bicostale. « Dès
que ces Mollusques étaient dans ma main, dit-il, ils
suintaient un liquide épais, onctueux et opalin, ce qui
me le fit mettre dans les poches de mon caleçon de
bain, qui peu a peu se colora en pourpre magnifique,
identique à celle de la murexide (pourprate d'ammo-
niaque de Prout); cette belle couleur s'effaça bientôt
MÉLANGES ET NOUVELLES. 35
sous l'influence simultanée de l'eau salée et d'une tem-
pérature élevée, en passant au brun, que rien ne put
enlever.
« Les anciens tiraient la pourpre de la Purpura he-
masîoma, que Pline appelle Buccinum, et surtout du
Murex brandaris, que Pline nomme Purpura, et dont
on a retrouvé de grands amas de coquilles près des
maisons des teinturiers qu'on a découvertes tant à Athè-
nes qu'à Pompeï. »
La question relative à l'animal qui fournissait aux
anciens cette couleur si précieuse est complètement ré-
solue depuis l'année 1835. Cette découverte (car c'en
est une en présence des incertitudes de la science à ce
propos) est consignée in extenso dans la collection des
Annales des Sciences du royaume Lombard -Vénitien, et
notamment dans les tomes III, V, VI et XL
C'est au Murex trunculus qu'il faut rapporter la pour-
pre améthyste de Pline, et c'est la M. Brandaris qui
fournit la pourpre tyrienne du même auteur. Tous les
autres coquillages auxquels on en a assigné la produc-
tion, tels que la Janthine, YArca, les Buccins, etc., mé-
ritent la réprobation dont Pline les a frappés quand il a
dit : Buccinum per se damnatur quoniam fucum remittit.
La liqueur purpurigène est incolore dans l'animal :
exposée à l'air et à la lumière, elle passe par toutes les
nuances du vert pour se fixer à la couleur pourpre, fon-
cée ou améthyste, quand elle provient du trunculus:
claire, rutilante (tyrienne), quand c'est le Brandaris qui
la fournit.
Les effets produits sur cette liqueur par la lumière
sont dus aux rayons lumineux, et pas du tout aux rayons
calorifiques ; l'oxygène de l'air se combine avec elle et
en fait un véritable oxyde. Cet oxyde résiste aux réactifs
les plus énergiques, aux alcalis caustiques, comme aux
acides les plus forts : il n'est point altéré par les solu-
tions concentrées de soude ou de potasse en ébullition,
36 rev. et mac de zoologie. {Janvier 1856.)
ni par les acides sulfurique, hydrochlorique, acéti-
que, etc. Il n'y a que l'acide nitrique qui la détruise,
comme il détruit les substances organiques.
La liqueur du Murex trunculus, desséchée et dissoute
dans l'alcool, se sépare en deux radicaux : 1° une sub-
stance azurée, oxyde cyanique, très-analogue au bleu
d'indigo; 2° une substance d'un rouge ardent, oxyde pur-
purïque, lequel, par sa nature et ses propriétés, ne dif-
fère en rien de la matière cristalline obtenue par Ber-
zelius en chauffant, dans le vide le rouge d'indigo.
La liqueur du Murex Brandaris ne donne qu'un seul
principe, un seul radical, Y oxyde tyrien (tyrien parce
que c'est bien à celle-là que s'appliquent tout ce que les
auteurs anciens, Aristote, Yitruve et Pline, ont dit de
la pourpre de Tyr, regardée comme la plus précieuse
à cause de son éclat).
Ainsi, il y a entre la pourpre fournie par les deux
coquilles deux différences capitales : 1° le M. trunculus
donne la pourpre foncée, améthyste ; le M. Brandaris
donne la pourpre tyrienne ; 2° dans le M. trunculus, il y
a deux radicaux ; dans le M. Brandaris., il n'y en a
qu'un.
Voilà des résultats scientifiques précis qui, comme je
l'ai dit en commençant, remontent à l'année 1855. Ils
sont dus à un savant vénitien, aussi modeste qu'ingé-
nieux et habile, au docteur Bizio, qui, toute sa vie,
a montré plus de zèle pour l'exactitude de ses décou-
vertes que d'ardeur pour recueillir les fruits de gloire
qu'elles doivent mériter à son nom (1).
(1) Le docteur Bartolommeo Bizio esî un chimiste des plus dis-
tingués : son travail sur Y Affinité moléculaire des corps a démon-
tré en lui un esprit philosophique éminent et tout à fait digne d'un
législateur de la science. Comme écrivain, il est un de ces savants
rares qui trouvent le moyen de rendre leurs idées avec clarté; non
pas en les mettant, comme on le dit vulgairement, à la portée des
intelligences diverses, mais en élevant, au contraire, l'intelligence
de ses lecteurs et de ses auditeurs à la hauteur de ses conceptions.
MÉLANGES ET NOUVELLES. 57
On se demande comment il est possible que des tra-
vaux si précis, si complets sur une pareille question,
soient restés si longtemps et si complètement ignorés,
quoique publiés dans le premier journal scientifique de
l'Italie septentrionale. Il faut donc croire que les re-
cueils scientifiques ne sont pas un moyen suffisant de
communication entre les savants des divers pays (1),
Outre ses Additions au spectacle de la nature et ses Mémoires sur
la pourpre des anciens, la science lui doit plusieurs Mémoires très-
remarquables sur la couleur verte des Huîtres, sur les carbonates
de soude et de potasse (Voyez vol. I et II délie Memorie delV imp.
regio Istitulo veneto di Scienze, Lettere ed Arti, et tome XX1H
délie Mémoire délia Società italiana délie Scienze résidente in Mo-
dem.)
(1) Ce regret est exprimé par le docteur Bizio dans le préambule
de ses Recherches sur la coloration des Huîtres, et il en demande
la raison aux trois causes suivantes : Sia, dit-il, per la condizione
délia lingua nostra poco o nulla intesa dagli stranieri; sia perché
al di fuoripoco si distendonoi giornali italiani; sia fmalmente
ehe forse siani venuti presso gli stranieri nella sfavoreuole opi-
nione di contribuire si poco al verace progresso délia scienza, che
non metta il conto di leggerci.
Quant à la première cause, l'ignorance de la langue italienne,
peu de savants l'admettront, attendu que tous se llattent d'avoir
appris la langue latine, et partant de savoir également l'italien, ce
qui pourrait bien être une erreur. La seconde est probable; mais
la troisième est de la pure et très-naïve modestie : le docteur Bizio
ne se doute pas des efforts que font bien des savants, même des plus
illustres, pour faire parler d'eux et de leurs moindres œuvres. La
renommée! la renommée! c'est la déesse que tous invoquent. Si la
renommée ne parle pas pendant la vie, ils se figurent que la gloire
leur fera défaut après la mort.
Quoi qu'il en soit, il y a quiuze ans les savants italiens avaient
imaginé un moyen de se mettre en rapport, en se réunissant tous
les ans pendant quelques jours dans une des nombreuses capitales
de la Péninsule, pour conférer de science, échanger et discuter
des idées, constater et consacrer des progrès. Il y eut ainsi neuf
réunions ou congrès véritablement encyclopédiques. Le dernier se
tint à Venise, au mois de septembre 1847 : j'eus l'honneur d'y as-
sister et d'y faire deux lectures; l'Académie des Sciences de Paris
y était représentée par M. Balard. Le dixième congrès devait se tenir
58 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.;
peut-être aussi tous les hommes d'étude ne sout-ils pas
également attentifs à rechercher les précédents des
questions qu'ils se prennent à examiner pour la pre-
mière fois.
Les travaux de M. Bizio sur la pourpre sont ce qu'il
y a de plus complet au point de vue chimique. En sup-
posant que l'industrie s'en fût emparée quand ils ont
été mis au jour, il y a longtemps que la pourpre ro-
maine serait restituée et que cette couleur magnifique
fournirait au luxe un nouvel et très-riche aliment. Les
Murex, en effet, sont très-abondants dans l'Adriatique
ainsi que sur les côtes de la Méditerranée, et rien n'em-
pêcherait qu'on les parquât comme les Huîtres et qu'on
soignât leur reproduction sur nos côtes s'il y avait né-
cessité.
La poche de la liqueur des Murex est située à la par-
tie supérieure du corps de l'animal, entre les organes
de la tête et le foie. Dans un individu que j'avais
rapporté de Venise, conservé dans l'alcool, et que
j'ai examiné avec le docteur Gruby, elle avait deux
centimètres de longueur; son orifice terminal, un cen-
timètre et demi. Cette poche forme un cul-de-sac ; elle
est composée de quatre couches : 1° à l'intérieur, une
couche d'épithélium disposé par plaques allongées ;
2° une couche fibrillaire composant la membrane mu-
queuse; 3° une couche fibrillaire entrecroisée évidem-
ment musculaire; 4° enfin, tout à fait à l'extérieur, une
à Sienne, en l'année 4848; mais déjà, à Venise, on pressentait,
pour l'année suivante, des motifs de réunion moins pacifiques. En
consultant le registre des admissions, on avait même fini par com-
prendre que tous ceux qui s'étaient rendus à ce congrès de Venise
n'avaient pas eu pour objet de conférer de science. Les événements
qui ont suivi ne permettront pas de longtemps aux savants italiens
de retrouver de semblables occasions de se réunir. C'est un mal-
heur pour la science, dont les progrès sont en raison directe de la
facilité des communications que peuvent avoir entre eux ceux qui
la cultivent.
MÉLANGES ET NOUVELLES. 30
couche séreuse faisant partie de l'enveloppe générale
de l'animal dans l'intérieur de la coquille.
Dans cette poche sont disposés : 1° à droite, les arcs
branchiaux, dont les lames forment des feuilles élar-
gies en éventail; 2° vers la partie convexe de ces arcs
branchiaux, un organe floconneux visible à la loupe,
composé de cellules hexagones symétriques remplies de
mucosité. Cet organe floconneux est allongé; il est
placé sur la paroi supérieure de la poche, selon Taxe
longitudinal : sa longueur est de 6 à 8 millimètres; sa
largeur, de 2 millimètres environ. La mucosité sécré-
tée par cet organe contient des cellules d'épithélium,
des globules, de la matière colorante ou pigment, et
une substance homogène incolore. Examiné au micros-
cope, le liquide extrait de la poche de l'animal, après
quinze jours de séjour de celui-ci dans l'alcool, se pré-
sentait sous les apparences suivantes : une masse trans-
parente granulée, composée de petits flocons [blanchâ-
tres détachés de la poche même, entremêlés de pigment
pourpre d'une forme anguleuse et irrégulière.
J'avais en même temps rapporté du liquide extrait
des poches des Murex encore vivants, et je l'avais mêlé
avec du miel pour le conserver, selon les indications
de Vitruve. Nous l'examinâmes aussi au microscope :
c'était une substance amorphe, transparente, dans la-
quelle nageaient des cellules ovales, rondes, ayant une
enveloppe transparente et parsemée de petits molécules
blanchâtres. Outre ces cellules, il y avait de plus des
globules anguleux, blanchâtres. Ce sont ces cellules et
ces globules qui, sous l'influence de la lumière, chan-
gent de couleur et s'arrêtent au pourpre en passant par
les diverses nuances de vert. On voit cette transmuta-
tion, sous le microscope, se produisant d'une manière
insensible, absolument comme on voit se produire les
cristaux d'une dissolution saline soumis au même mode
d'observation.
40 rev. èt mag. de zoologie. [Janvier 1856.)
En présence de faits aussi précis que ceux qui sont
fournis par le savant vénitien, concernant les deux Mu-
rex, auxquels on doit joindre, d'après Bizio lui-même,
le Bnccinum lapilhis ; en présence des résultats anato-
miques et microscopiques observés par le docteur Gruby
et par moi, il n'est pas besoin de recourir au labora-
toire pour obtenir la véritable pourpre.
Il ne reste plus qu'à déterminer avec précision le
moyen de l'appliquer à l'industrie. Sous ce rapport,
Pline est très-explicite; il fait connaître en détail les
procédés des teinturiers de son temps, et Ton n'aurait,
pour ainsi dire, qu'à les imiter, pour obtenir les mêmes
résultats qu'eux, c'est-à-dire une couleur splendide et
douée de cette morbidezza tant célébrée qui faisait dire
à Tibulle :
Mollia caris
Vellera det succis bis madefacta tyros.
Le fait est que rien n'est plus séduisant et plus du-
rable que la vraie pourpre.
Je me rappelle qu'en 1845, à Venise, M. Bizio, ré-
pétant en ma présence, pour me rendre témoin- des
résultats, ses expériences sur la liqueur des Murex, je
répandis sur une chaussette de laine un peu de cette
liqueur sans précaution ni préparation aucune. La cou-
leur dura autant que la chaussette, et les blanchissages
répétés auxquels celle-ci fut soumise ne l'altérèrent
nullement : la couleur conserva jusqu'à la fin le même
brillant, le même éclat, et surtout ces reflets changeants
qui sont le caractère distinctif de la véritable pourpre.
1 colori purpurei non erano soltanto cangianti e varii, ma
altresi coruscanti e ardenti quanto i colori delV iride ce-
leste, délie armi brunite, délie plume dei colombi, dei
pavoni, délia fiamma ardente, délie splendide gemme, délie
stelle, e dello stesso fulgidissimo sole; le quale imagini
sono tutte acconce a manifestarci la vive%za ammirabile
dei colori purpurei. (Amati, cité par Bizio.)
MÉLANGES ET NOUVELLES. 41
Je viens de réparer, au profit d'un savant italien, un
oubli tout à fait involontaire de la science française.
Qu'il me soit permis de dire un mot d'une question qui
me concerne, et vis-à-vis de laquelle je me trouve dans
un cas analogue.
En 1835, je fis des études microscopiques et des ex-
périences nombreuses sur la constitution physique du
lait. Je démontrai qu'en le privant des cinq sixièmes de
l'eau qu'il contient on pouvait le conserver longtemps
et le transporter au loin ; que, pour le reproduire avec
toutes ses qualités, il suffisait de lui restituer l'eau qu'on
lui avait enlevée. Je présentai un Mémoire et du lait
ainsi préparé à l'Académie des Sciences, qui nomma
deux commissaires, MM. Darcet et Turpin, lesquels
moururent sans avoir fait leur rapport. Un ancien phar-
macien, M.Gallais, m'avait demandé l'autorisation d'ap-
pliquer mes idées à une exploitation en grand : des
expériences furent faites. M. Bouchardat, pharmacien
en chef de l'Hôtel-Dieu, demanda que la lactoline (c'est
le nom que j'avais donné au produit) entrât dans le ser-
vice alimentaire des hôpitaux (Annales d'hygiène, juillet
1857, page 64). Enfin, M. Orfila consacrait mon pro-
cédé dans son Traité de chimie. Dans l'intervalle, M. Gal-
lais mourait, et de grands intérêts m'avaient appelé
dans l'empire d'Autriche. Je devais croire néanmoins
que le mérite de la découverte relative à la conserva-
tion du lait par Tévaporation était acquis à mes travaux.
Pas du tout : en 1849 (j'étais absent depuis douze
ans), M. P. Moigno vante dans la Presse un procédé de
conservation du lait par M. Martin de Lignac; MM. Du-
perrey, Balard et Payen font à l'Académie des Sciences
un rapport approbatif sur ce procédé de M. Martin de
Lignac. Enfin, dans le journal la Presse du samedi soir,
5 janvier dernier, M. Louis Figuier vante, comme une
des merveilles de l'exposition universelle, et comme
ayant sans doute été l'objet d'une récompense, le même
42 i'.ev. et mag. de zoologie. {Janvier 1856.)
procédé du même M. Martin de Lignac; et la descrip-
tion qu'il en donne, savez-vous où elle se trouve in ex-
tenso, presque en termes identiques, et à quelle date?
Dans le Dictionnaire d'histoire naturelle publié sous
votre direction, monsieur le rédacteur, à l'article nour-
riture, tome VI, page 12o, colonne 2; Paris, 1838, im-
primerie de Cosson.
De pareils accidents scientifiques arrivant en France,
et à un Français, me semblent bien propres à consoler
les étrangers des oublis momentanés qu'on peut faire
d'eux dans les aréopages scientifiques ou dans les co-
mités d'industriels.
Je vous prie, monsieur le rédacteur, d'agréer l'ex-
pression de mes sentiments les plus distingués.
G. Grimaud de G aux.
Désirant éviter, autant que possible, des polémiques
ayant un caractère plus ou moins personnel, j'aurais
voulu refuser à M. Brisout de Barneville l'insertion de
la réponse qu'il a faite à M. H. Lucas dans le numéro de
septembre dernier; mais, comme l'attaque avait été
publiée, j'ai dû admettre la défense, en annonçant à
M. Brisout que cette note serait la dernière que j'ad-
mettrais.
M. Lucas a cru devoir faire de nouvelles observations
que j'ai d'abord refusé d'insérer. Cependant, comme il
s'agit, dans ce nouveau travail, d'un fait scientifique, et
que M. H. Lucas a bien voulu s'en rapporter à mon juge-
ment, en déposant chez moi, pour que je puisse les exa-
miner, les Insectes qui font l'objet de la discussion,
j'ai pu m'assurer que les individus de YEremiaphila
barbara, que M. Brisout regarde comme adultes, ne
sont réellement que des larves plus ou moins avancées
dont les organes générateurs sont encore emmaillotés,
MELANGES ET NOUVELLES. 45
et par conséquent impropres à l'acte de la reproduction.
Cet examen, fait sur tous les individus qui ont servi aux
travaux des deux adversaires, m'a convaincu de la jus-
tesse des vues de M. H. Lucas; les raisonnements à l'aide
desquels il les appuie me semblent donc très-justes,
comme on pourra le voir par les extraits de son travail
que je vais donner, atin d'en finir avec cette discus-
sion.
Ne s'arrêtant pas à la persistance avec laquelle M. Bri-
sout continue d'établir des espèces avec des nymphes,
mais même avec de simples larves d'espèces déjà con-
nues, et sans répondre de nouveau à toutes les opinions
émises par cet entomologiste, puisqu'il les a réfutées
dans cette Revue (n° de janvier 1855) (1), M. H. Lucas ne
s'occupe que de ce qui a rapport au développement des
pièces annexées aux organes sexuels comparées, chez
des espèces, à l'état de larve, de nymphe et d'insecte par-
fait; car tel est le point principal de la dissidence, et
c'est précisément ce que M. Brisout a encore passé sous
(1) Cependant, il y a un passage que l'on ne peut passer sous
silence, et qui démontre combien est grande la légèreté avec la-
quelle cet entomophile fortifie son opinion; ce passage le voici :
« Parmi les Erémiaphiles qu'il décrit, dit M. Brisout en parlant de
M. Lefebvre, en a-t-il observé une seule espèce qui eût passé suc-
cessivement de l'état qu'il considère comme nymphe à celui qu'il
regarde comme parfait {non, pas une)?» Eh bien, M. Brisout se
trompe étrangement, en avançant une semblable assertion, car il y
en a une : qu'il se donne la peine de consulter la notice de M. H. Lu-
cas sur YEremiaphila denticollis, mais surtout* le Handbuch der
Entomologie de M. Burmeister, il verra que YEremiaphila Typhon
décrite par M. Lefebvre comme étant seulement à l'état de larve ou
de nymphe a été étudiée par cet entomologiste allemand, qui a pu
observer les divers changements de peau par lesquels cette Eremia-
phila (E. Ehrenbergii, Burm.) passe avant d'arriver à l'état parfait;
il verra aussi ce que M. Burmeister pense du genre Heleronytarsus
de M. Lefebvre, et qui n'est, suivant le même entomologiste alle-
mand, qu'une larve YEremiaphila (Eremiaphila Lefebvrsei, Burm.).
44 rev. et mag. de zoologie. {Janvier 1850.)
silence. D'après M. L. Dufour, les Orthoptères ne sont
point susceptibles d'une érection complète du pénis par le
coït. La nature a remédié à ce cas d'impuissance en es-
cortant la verge de pièces dures, cornées, mobiles et le
plus souvent préhensives; ces pièces sont désignées sous
le nom d'armure de la verge; elles sont destinées à ac-
crocher, à fixer les parties sexuelles de la femelle, et à
faciliter l'introduction du pénis dans le vagin.
Voilà quel est l'état normal et quelles sont, après leur
développement, les fonctions de ces pièces, considérées
chez des Orthoptères à l'état parfait, comme cela se voit
manifestement chez les Eremiaphila ayant subi leur der-
nier changement de peau, par exemple, comme dans
les Eremiaphila Audouinii, Cerisyi, Zettersdettii, Luxor,
Bovxï, Lefebvrœi, Ehrenbergii et denticollis.
Si l'on cherche, ditM. H. Lucas, à comparer ces pièces
annexées aux organes sexuels ainsi développées à celles
présentées par YEremiaphila barbara, on voit que ces
pièces, indispensables pour l'acte de la reproduction
dans cette future espèce, sont seulement rudimentaires,
atrophiées pour ainsi dire, qu'elles ne sont pas libres et
par conséquent iuaptes à accrocher, à fixer les organes
sexuels de la femelle, et impuissantes aussi à faciliter
l'introduction du pénis dans le vagin.
Dans une note lue à la Société Entomologiquc de
France, M. H. Lucas a démontré combien était grand
l'avantage que l'on pouvait tirer des pièces annexées
aux organes sexuels chez les Orthoptères, et à l'aide
desquelles il est possible de connaître l'état adulte ou
non adulte de ces curieux insectes.
En août 1855, M. H. Lucas a inséré dans notre Revue
une lettre dans laquelle il a fait connaître le mâle de YE-
remiaphila denticollis, et où il décrit les pièces annexées
aux organes sexuels de cette espèce; il y décrit aussi
les mêmes organes observés sur une larve, et il fait voir
MÉLANGES ET NOUVELLES. 45
toute la différence qui existe entre cet appareil sexuel
et celui d'un individu à l'état parfait.
M. H. Lucas avait lieu d'espérer que ces deux notes,
tout à fait propres à élucider la question, auraient con-
duit M. Brisout à étudier comparativement les organes
sexuels chez des Eremiaphila à l'état de larve, de nym-
phe et d'insecte parfait; mais il voit que cet entomo-
phile n'a pas jugé à propos de faire cette étude : il a
mieux aimé nier et passer sous silence les travaux faits
par ses devanciers. Cette manière de trancher la diffi-
culté est facile; mais M. H. Lucas fait observer que nier
sans appuyer ses dénégations de faits sérieux ce n'est pas
prouver. Cet oubli volontaire est fâcheux, car, si M. Bri-
sout avait consi Ité ces divers travaux, ses recherches
consciencieusement faites lui auraient évité d'émettre
une opinion qui est en même temps contraire aux lois
de l'anatomie et de la physiologie, et que M. H. Lucas ne
peut désigner que sous le triple nom d'hérésie anato-
mico-physiologico-zoologique.
En effet, puisque les pièces annexées aux organes
sexuels, dans Y Eremiaphila barbara, sontrudimentaires,
M. H. Lucas demande à M. Brisout comment il comprend
l'accouplement de cette espèce, comment il explique le
jeu des pièces auxiliaires qui accompagnent l'organe
mâle, et par quel moyen le pénis peut pénétrer dans
l'organe femelle, puisque les pièces qui aident cet or-
gane à accomplir la copulation sont atrophiées, soudées
entre elles? Quant à M. H. Lucas, il avoue qu'il ne s'ex-
plique pas cet accouplement, à moins que Y Eremiaphila
barbara ne fasse exception aux lois anatomiques et phy-
siologiques établies jusqu'à présent. Cependant M. H.
Lucas ne le croit pas; aussi persiste-t-il à dire que
Y Eremiaphila barbara (1), dont les organes sexuels ne
(1) Une nouvelle étude de Y Eremiaphila barbara de M. Bri-
46 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856.)
sont pas assez développés pour accomplir l'acte si im-
portant delà reproduction, n'est qu'une larve, et doit
être par conséquent rayée du catalogue des espèces.
M. Brisout semble être sensible au reproche que M. H.
Lucas lui a adressé au sujet de son ex Locusta lineata,
et, pour se consoler et atténuer en même temps l'er-
reur grave d'avoir établi une espèce sur un Orthoptère
seulement arrivé à l'état de nymphe; il dit : « Mais, si
je me suis trompé au point de vue spécifique, il n'en a
pas été de même quant au genre auquel j'ai rapporté
cet Orthoptère, contrairement à ce que dit M. H. Lucas;
car, d'accord avec d'autres entomologistes (M. Brisout ne
cite pas lesquels), je ne considère depuis longtemps les
Conocephalus que comme constituant une simple division
du genre LocMsfa.» En vérité, il faut avouer, dit M. H.Lu-
cas, que M. Brisout n'est pas heureux dans sa manière
de concilier les choses; car où est Terreur? ce n'est pas
d'avoir rapporté une espèce à un genre auquel elle n'ap-
partient pas, cela peut arriver à beaucoup d'entomolo-
gistes, mais, ce qui est plus inconcevable, c'est d'avoir
créé volontairement une espèce sur un Orthoptère seu-
lement arrivé à l'état de nymphe, et d'avoir ainsi com-
pliqué la synonymie, qui deviendra inextricable et un
véritable chaos, si M. Brisout persiste à travailler d'a-
près la même manière de voir.
M. H. Lucas termine cette lettre en disant que le
genre Conocephalus a été établi par Thunberg et adopté
par Latreillc, Audinet-Serville, Burmeister, enfin par
les maîtres de la science. A l'exemple de ces savants,
de l'avis desquels M.H.Lucas se range, il croit que cette
sont, faite comparativement avec YEi'emiaphila denticollis, que
M. II. Lucas a fait connaître dans cette Revue (août, 1855, p. 395),
a conduit cet entomologiste à regarder la première comme n'é-
tant peut-être que l'état de larve prête à se changer en nymphe de
la seconde.
MÉ&AJffiEa et noiyklles. .47
coupe générique doit être conservée dans le domaine de
la science (1), cl qu'il doit en être de même pour le
genre Acinipe de M. le docteur Rambur, quoique ce
genre soit rapporté par M. Brisout à celui des Acri-
dium. (G. M.)
Dîagnoses d'espèces nouvelles qui seront décrites
et figurées prochainement.
Cardium Loroisii, Huppé. — Testa subtrapezia, turgida, tenui,
longitudinatiter obsolète sulcata; luteo-aurantiaca; umbonibus tu-
midis, incurvis lxvibus violascentibus, lunula anoque striis minu-
tissimh eoncentricis vix impressis, ano corda to elato pallido tribus
sulcis majorihus cincto; rima crenulata intùs alba. — L. 62; 1. 65;
épaiss. 55 mill. — llab ?
Pyrula Penardi, Monlrouzier. — Testa ventricosa, fleoidea, am-
pullacea, tenui, basi slriata, transversim scabriuscula, squnlide
alba, subumbilicata; anfractibus turgidis; spira exsertiuscula; cauda
brevi; columella excavata, rellexa, foliata. Canali subrostrato, an-
terius reflexo; apertura ovalo-oblonga, intus alba, basi rosea. —
L. 60; 1. 43 mill. — llab. Nouvelle-Calédonie.
Lucanus pentaphyllus, Reiche. — Elongatus, convexiusculus,
fusco-piceus; elytris, mandibulisque fusco-castaneis. Caputnitidu-
lum; carina frontali parum perspicua, oecipitali parum elevata;
mandibulis capite sesqui longioribus, rotundatim curvalis; gracili-
bus, apice furcatis, medio unidentatis, denticulisque 4-6 anté mé-
dium 1-2 pone médium tuberculiformibus, obtusis, haud quadrato
truncatis instructis; antennarum capitulo in utroque sexu penta-
phyllo. Thorax nitidulus, transversus, subquadratus, angulo late-
rali rotundato. Scutellum, elytra, pectus, abdomen, pedesque ut
in Luc. Cervo. — Hab. Gallia meridionali circà Telonem et Portum
veneris.
Prionas Lefebvrei, de Marseul. — Nigro brunneus, nitidulus,
capite sat grosse punctatus, antennis apice rufescentibus, protho-
race transverso, antice latiore basi marginato, utrinque subsinualo,
lateribus acute bispinoso, supra lœvigato pace punctulato; elytris
(1) Elle a été conservée aussi par M. II. Fischer, dans un travail
très-consciencieusement fait, ayant pour titre : Orthoptcra euro-
pœa, p. 245(1855).
48 rev. et mag. de zoologie. (Janvier 1856,)
convexis, strigosulis angulo suturali spinoso, margine inilexo fer-
rugineo. — L. 35; èlytr. 23; 1. 9 mill. — Hab. la Syrie.
Prionobius cedri, deMarseul. — Elongatus, parum convexus,
brunneus ; fronte varioloso punctato, inter oculos longitrorsum sul-
cato: prothorace brevi transverso, basi apiceque marginato, supra
grosse et inœqualiter punctato, in metlio spatio lœvigato, lateribus
intlexis arcualim dilatatis spinosis; scutello marginato, basi punc-
tato; elytris rugosis apice obtusis, obsolète 4costalis; pedibus com-
pressis, inermibus, tarsis snbtus canaliculatis. — L. 58; élytr. 50;
1. 15. — Hab. la Syrie.
Xenodorum Bonvoidoiri, de Marseul. — Nigrum, ilavo-hirtum,
apice nigro brunneis; capiteprothoracequerugoso punctatis, hoc 5,
tuberculis lœvibus (2, 3); elytris testaceis, vitta média transversa,
apiceque nigris, undique at parte testacea minus dense punctatis.
— L. 14; élytr. 9; 1. 5 mill. — Trouvé à Paris, et provenant pro-
bablement des bois exotiques de l'exposition universelle.
Doreadion Amorti, de Marseul. — Niger, nitidus, pube grisea
vestitus, supra parce punctatus; fronte sulcata; pronoto utrinque
obtuse denlato; elytris tenuiter costatis oblongo ovalibus, apice sin-
gulatimrotundatis; tibiis apice bispinosis, intermediis extus obtuse
dentatis, fulvo-hirtis. — L. 13; 1. 4 1/2. — Hab. l'Espagne.
Triammatus Saundersii, Chevrolat. — Alatus, cinereus. Elytris
nigro-fïavoque variegatis, bnsi tuberculatis. Capite thorace pecto-
reque infrà in lateribus albidis; antennis basi cinereis, articulis
tribus nodosis apice elongatis nigris. — L. 32; 1. 11 mill. — Hab.
Bornéo.
TABLE DES MATIERES.
H. Aucapitaine. — Notice sur le Mouflon à manchettes. 5
J.-R. Bourguignat. — Aménités malacologiques. 7
Marcel de Serres. — Note sur le genre Dreissena. 21
GuIrin-Méneville. — Note sur la Muscardine. 2f>
Académie des Sciences de Paris. 52
Mélanges et nouvelles. 54
PARIS. — TïP. SIMON RAÇ0\ KT Ce, RUE D'ERFCJRTH, 1.
DIX-NEUVIÈME ANNÉE. — FÉVRIER 1856.
I. TRAVAUX INÉDITS.
Esquisse sur la Mammalogie du continent africain ; par
M. le docteur Pucheran. (Voir 1855, p. 209, 257, 303,
449, 498 et 545.)
Ce n'est point, en effet, sur le continent africain seule-
ment qu'existent des bassins, des zones zoologiques carac-
térisés par la présence de types spéciaux : l'Europe en
possède de semblables, aussi bien que le continent amé-
ricain ; et de là, l'idée, qui a germé dans l'esprit de certains
observateurs qui, poussant à leurs dernières limites ces
divisions zoologiques, ont cru pouvoir admettre l'exis-
tence d'autant de centres de création. L'admission de ces
divers centres a été incontestablement basée sur la pré-
sence des espèces, par conséquent sur la dernière synthèse,
en laquelle se résout la méthode appliquée aux êtres
organisés. Les genres, les tribus, les familles et, à plus
forte raison, les ordres offrent une limitation trop peu
restreinte pour qu'on ait pu, dans cette circonstance,
appuyer de telles idées sur leur distribution géographique.
C'est ainsi, par exemple, que Desmoulins, comparant
l'Hippopotame du Sénégal à celui du cap de Bonne -
Espérance, se croit en droit d'émettre l'opinion que le
Sénégal et le cap de Bonne-Espérance forment chacun,
de leur côté, un centre particulier de création. Plus
récemment, M. Hombron a donné plus d'extension à cette
idée, qui ne peut évidemment soutenir l'examen lorsqu'on
considère soit d'ensemble, soit en détail les faits sur les-
quels elle s'appuie.
2* tBRiB. t. vin. Aimée 1856. 4
50 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)
Examinons d'abord, en premier lieu, le point de
départ d'une semblable conclusion. Il est, évidemment,
totalement insuffisant, car il se borne à un type très-réduit,
susceptible de ne donner qu'une faible idée des modi-
fications organiques. Nous avons vu plus haut combien
les notions que fournit une base semblable sont vrai-
ment artificielles, et l'inconvénient que nous avons alors
signalé se reproduit ici; car elle multiplie les faunes
spéciales, à mesure que les faits deviennent plus nombreux.
En partant de cette base, nous pourrions, avec autant
de chance de vérité, faire, en suivant les indications
données par M. Brandt, un centre de création de la
Sibérie orientale. En nous appuyant sur les observations
ornithologiques de M. de Lafresnaye sur les Antilles,
nous pourrions considérer chacune des îles de cet
archipel comme un centre de création, puisque chacune
a ses espèces propres (1). Nous en pouvons dire autant
des Philippines, des Mariannes, de chacune des îles de la
Polynésie. Or il nous semble impossible de donner
l'expression du vrai en suivant une telle voie ; tout- prin-
cipe qui, au lieu de grouper les faits, entraîne à leur
division, nous paraît ne pas être autre chose qu'une
cause d'erreur, lorsqu'il est appliqué.
Aussi ne pensons-nous pas que l'on puisse considérer
comme constituant de véritables centres de création les
zones zoologiques qui, dans une partie soit de l'ancien,
soit du nouveau continent, sont caractérisées par une
faune spéciale. Nous avons dit, plus haut, combien la base
d'énonciation d'une telle opinion est restreinte ; serait-
elle même plus étendue, elle n'aurait pas une valeur de
vérité plus absolue. Car il existe des genres plus ou moins
cosmopolites; la même observation est applicable aux
familles et aux tribus. Il arrive, dès lors, que non-seule-
(1) Les observations de M. Schlégel (loc. cit., p. 226) sur les Mam-
mifères des possessions néerlandaises méritent aussi d'être citées sous
ce point de vue.
à
TRAVAUX INÉDITS. 51
ment il existe des types parallèles entre deux faunes très-
différentes, mais quelquefois des types de transition. Que
ceux-ci existent entre des localités qui ne sont pas géogra-
phiquement très- séparées, il n'y a là rien qui soit de nature
à étonner le moins du monde, car il n'est aucun zoolo-
giste qui ne sache que la faune d'un pays est déterminée
d'une manière presque nécessaire par sa position géogra-
phique. Mais, dans certaines circonstances, restreintes,
il faut l'avouer, mais ne devant point cependant être re-
léguées dans l'oubli, des faits de nature semblable se
manifestent entre des faunes, parfaitement dissemblables
sous d'autres points de vue. Il en est ainsi parmi les
Marsupiaux, du genre Didelphe, dont la distribution
géographique sur le continent américain est douée
d'une si grande extension, et qui lie entre elles la faune du
nouveau monde et celle de l'Australasie.
Par ce mode d'observation, parles conclusions qui s'en
déduisent, nous ne divisons plus les faits, nous les grou-
pons, nous en formons un faisceau plus compacte. En
agissant ainsi, nous pensons être plus dans le vrai, et
nous conformer mieux au but de toute généralisation,
de toute fondation de lois et de principes. En ne déviant
point de cette voie, il nous est facile d'établir, sous le
point de vue des faunes, que tout l'ancien monde, dans
ses trois continents et dans les îles qui les avoisinent , ne
forme véritablement qu'un seul et même centre dont les
divers types se particularisent, soit spécifiquement, soit
génériquement, dans telle partie plutôt que dans telle
autre. Entre l'Europe, l'Asie et l'Afrique, il y a, sous le
point de vue de leurs animaux, un lien d'union très-
intime, et qui ne permet pas de les séparer. Dès lors,
dans ^certaines circonstances, il est possible, soit avec les
types seuls de ces régions, soit à l'aide de ceux de
l'archipel Indien, de constituer des séries qui expriment,
depuis le terme le plus élevé jusques au plus dégradé,
toutes les modifications d'une même forme animale. Le
32 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)
fait, ainsi que nous l'avons indiqué plus haut, est surtout
saillant pour les Singes catarrhinins . Il est tout aussi
facile à démontrer pour les races humaines; depuis le
Pelage, jusques au nègre, l'ancien monde présente les
modifications successives du développement anthropo-
logique.
A la partie austro-asiatique de l'ancien monde, nous
pensons que l'on doit rallier, comme en étant une dépen-
dance, les îles de l'archipel Indien, et les Moluques d'une
part, le Japon d'autre part. La première de ces régions
a, par ses Mammifères, des rapports encore plus intimes
avec la presqu'île de Malacca, qu'avec les régions indiennes
situées en deçà du Gange. Quant au Japon, nous conjec-
turons que la Chine doit renfermer, en grand nombre, les
espèces que l'on regarde présentement comme lui
appartenant en propre. Dans les îles d'Amboine, Banda,
Timor, commence , par la présence des Couscous ,
pour s'étendre à travers la Nouvelle-Guinée, commence,
disons-nous, la faune mammalogique plus spécialement
propre à la Nouvelle-Hollande. A la ïasmanie, enfin, se
trouve borné dans son habitat le Thylacine cynocéphale,
de sorte que toute cette zone australasienne se trouve
renfermer, dans un plus grand état d'extension et de dé-
veloppement, des formes mammalogiques, fort restreintes
dans les pays septentrionaux dont nous avons, plus haut,
donné les noms.
La Nouvelle-Hollande et Madagascar sont les deux
seules parties de l'ancien continent particularisant plus
nettement leurs Mammifères. Mais, dans l'une comme dans
l'autre de ces contrées, nous ne voyons pas autre chose
qu'un développement plus complet et plus étendu d'une
forme animale, restreinte et arrêtée dans son évolution
en d'autres lieux. Car, dans l'Inde et à Java, aussi bien
qu'en Afrique, nous constatons la présence de Lémuriens.
Ce fait n'est pas plus insolite que celui du grand nombre
des Campagnols et des Loirs en Europe, que celui du grand
TRAVAUX INÉDITS. 53
nombre des Antilopes sur le continent africain. Toutes les
fois que des espèces d'un genre assez riche sous ce point de
vue se trouvent plus spécialement bornées à une zone et à
une région, il est parfaitement concevable que les formes
et l'organisation y présentent des modifications plus
nombreuses et plus variées. Aussi nous semble-t-il juste
et vrai de considérer tout l'ancien monde comme ne
formant qu'une seule contrée mammalogique, qu'un
centre unique de création. Dans tout ce centre, les dif-
férences de formes deviennent de plus en plus saillantes
à mesure que Ton s'avance vers le sud, et ce que BufFon
a dit des animaux des parties méridionales de l'ancien
continent comparés à ceux du nouveau, nous pouvons le
dire des régions les plus australes du premier: les espèces
communes y sont inconnues. •
Le fait inverse se manifeste dans les régions boréales :
les mêmes types ont de la tendance à y vivre et à y pro-
pager. L'uniformité spécifique s'étend alors jusques à la
partie septentrionale du nouveau continent. Depuis
Buffon, renonciation de ce principe en constitue une
véritable démonstration. Mais, quoique des Mammifères
d'espèce semblable ne soient pas répandus sur toute
l'Amérique du Nord , nous pouvons regarder cette der-
nière région comme constituant une dépendance de la
faune européenne. Ainsi, les espèces des genres Ursus ,
Mustela, Putorîus, Luira, Canis, Felis, Arvicola, Castor,
Mus, Spermophiclus , Arctomys, Sorex, Cervus, Ovissy
trouvent, en maintes circonstances, dans la partie située
à l'est des montagnes rocheuses, si semblables à celles
de notre Europe, que leur distinction a besoin d'être ap-
puyée sur des détails souvent minutieux. Sous ce point
de vue, dans le sens de la longitude, les États-Unis se
trouvent donc, par rapport à l'Europe, dans la même si-
tuation que la partie africaine du bassin méditerranéen.
La similitude se continue par la constatation de ce fait que,
de même que, dans le nord de l'Afrique, des espèces et des
54 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)
genres africains se trouvent mêlés avec des espèces et des
genres européens, de même, dans le nord de l'Amérique,
en même temps que ces derniers,» existent des genres et
des espèces exclusivement américains. Quant aux con-
trées situées à l'ouest des montagnes rocheuses, nous
avons si souvent, dans le cours de ce travail, cité le mé-
moire de M. Brandt sur l'analogie existant entre leurs
animaux et ceux de la partie de la Sibérie située à l'est
du Jenissée, qu'il nous semble inutile d'insister à ce sujet.
Ajoutons seulement que certaines espèces de l'extrémité
la plus boréale ont plus de tendance à se répandre sur le
versant occidental des montagnes rocheuses que sur leur
versant oriental : le voisinage du grand Océan con-
tribue, sans nul doute, dans cette circonstance, à abaisser
la température. On peut facilement constater l'existence
d'un fait analogue dans l'Amérique méridionale, pour le
versant situé à l'ouest des Andes , dans lequel se répan-
dent, plus aisément que dans le versant oriental, les es-
pèces originaires de zones plus septentrionales.
Dans cette partie du nouveau continent, les Mammi-
fères présentent des formes plus spécialisées , plus diffé-
rentes de celles de leurs congénères de l'Amérique du
Nord. Ces particularités se manifestent déjà dès les
Primates , et dès les Primates , nous constatons déjà
ces symptômes de dégradation que nous présentent
les Didelphes et les Edentés. Le continent australasien
seul nous offre un phénomène semblable, particulier,
par cela même, aux zones les plus australes des deux
mondes. Mais, même dans les Singes, nous voyons des
types ayant, sous le point de vue de leurs formes
générales, leurs analogues dans l'ancien continent.
C'est un point de contact, un rapport, impossible à né-
gliger et à mettre dans l'ombre, dans la thèse unitaire
que nous soutenons. Les mêmes faits de parallélisme
s'observent dans d'autres ordres, quelquefois même dans
les espèces. D'autres fois, les genres et les espèces se trou-
TRAVAUX INEDITS. 55
vent naturellement intercalés avec des types propres à
l'ancien monde, à la mammalogie duquel ils fournissent,
par cela même, les termes exigés pour la classification en
série continue. L'Amérique du Sud se lie donc à l'ancien
monde et par tous ces types et par ceux qui, exclusive-
ment américains, se trouvent, dans l'Amérique du Nord,
mêlés à des types européens.
Ce sont tous ces faits, considérés soit isolément , soit
d'ensemble, qui nous ont porté à émettre une opinion
bien différente de] celles soutenues par les hommes de
notre époque les plus éminents en zoologie. Bien loin de
multiplier les centres de création , les faunes mammalogi-
ques, ou même de les réduire à trois, l'ancien continent,
la partie méridionale du nouveau et l'Australasie, nous
pensons qu'il n'y a qu'un centre unique de formation
zoologique d'où les espèces se sont répandues sur la sur-
face du globe que nous habitons. Les familles et les
tribus, à genres cosmopolites ou à peu près, nous sem-
blent attester ce mode de propagation. Ce qui nous
semble le prouver encore, c'est que dans les familles et
tribus composées de genres appartenant à deux des faunes
que nous avons citées plus haut , sinon aux trois, tous ces
genres ne sont point isolés comme on aurait pu le croire
d'après la thèse opposée à celle que nous soutenons. Dans
l'une et l'autre théorie, au reste, les mêmes difficultés
subsistent lorsqu'il s'agit d'expliquer l'habitat sinon spé-
cial, au moins plus spécial de certains types dans certaines
régions, aussi bien que l'influence de cet habitat sur les
dégradations des formes animales. Mais l'un et l'autre
problème dépendent de l'élucidation de la grande question
relative à l'influence des agents physiques sur l'organisa-
tion, et, ainsi que le savent tous les physiologistes, c'est
à l'avenir seulement qu'il est réservé de dissiper les té-
nèbres si obscures qui sur ce sujet nous environnent en-
core de toutes parts.
56 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)
Catalogue des perroquets de la collection du prince
Masséna d'Essling, duc de Rivoli, et observations sur
quelques espèces nouvelles ou peu connues de Psrr-
tacidés; par M. Charles de Souancé.
Nje voulant, dans cet opuscule, considérer cet ordre d'Oiseaux
que sous le point de vue spécifique, nous laisserons de côté toute
idée de classification générale, nous bornant à suivre celle adoptée
par S. A. le prince Ch. Bonaparte dans son Conspectus psiltacorum
(Rev. zool., 1854). Nous chercherons à exprimer clairement les obser-
vations que nous avons pu faire en comparant les espèces entre elles,
à bien déterminer les caractères distinctifs des oiseaux nouveaux ou
peu connus, heureux si nous pouvons contribuer, par quelques nou-
veaux faits, aux progrès de l'Ornithologie.
1. Anodorhynchus hyacinthinus (Lath.). Brésil.
2. Macrocercus (cyanopsùta) GLAUcus,Vieill. Paraguay.
3. Macrocercus (cyanopsitta) Spixii, (Wagl.). Brésil.
Mal caractérisées, les trois espèces d'Aras à plumage en-
tièrement bleu ont été souvent confondues. Cependant la
taille, la couleur de la robe, la grosseur du bec et surtout
la forme de la nudité faciale, suffisent parfaitement pour
prévenir le retour de pareilles erreurs. Wagler le premier
a établi, d'une manière tranchée, leurs caractères distinc-
tifs, et les figures de l'ouvrage de M. Bourjot sont d'une
exactitude qui ne laisse rien à désirer.
Chez l'Ara hyacinthe, la peau nue de la face est peu
développée autour de l'œil, et forme, à la base de la man-
dibule inférieure , une bande également large dans toute
son étendue. Le plumage est d'un bleu pur très-intense,
le bec énorme. L. T. 93 cent.
La peau nue à la base de la mandibule inférieure couvre,
chez l'Ara glauque, un espace beaucoup moins grand que
chez l'Ara hyacinthe ; très-étroite sous le menton, elle
s'élargit subitement près de la commissure en forme de
triangle ; la nudité de l'orbite est aussi plus étendue, sur-
TRAVAUX INÉDITS. 57
tout en arrière. Le plumage bleu glauque a des reflets
noirâtres sous la gorge. L. T. 72 cent.
On voit dans le Musée de Paris un individu qui diffère
de l'oiseau décrit -par Azara par sa coloration , pres-
que semblable à celle de l'Ara hyacinthe ; mais , par la
nudité faciale, la taille et la grosseur du bec, nous croyons
devoir le rapporter à l'Ara glauque. C'est probablement
un individu dans cet état de plumage qui a servi de type
à Lear dans ses Illustrations of Psittacidœ.
L'Ara de Spix s'éloigne beaucoup des deux espèces pré-
cédentes par sa taille plus petite et par la disposition de
la nudité de la face, qui est beaucoup plus étendue, et con-
formée comme chez l'Ara tricolor. Son plumage est bleu
glauque, cendré sur les joues. L. T. 65 cent.
4. Macrocercus (ararauna) ararauna (Linn.).
5. Macrocercus (aracanga) aracanga (Gmel.).
6. Macrocercus [aracanga) macao (Linn.).
7. Macrocercus (aracanga) tricolor (Bechst.).
8. Macrocercus (aracanga) ambiguus (Bechst.). Le grand
Ara militaire, le Vaill.
Le petit Ara militaire existe-t-il?
9. Macrocercus (aracanga) rubrigenys (Lafr.). Les lo-
rums et l'orbite sont seuls dénudés, les joues sont emplu-
mées comme chez le Psittacara nobilis.
10. Rhynchopsitta pachyrhyncha (Sw.). Mexique.
11. Sittace maracana (Vieill.); Psittacus Illigeri,
Kuhl. Brésil, Bolivie.
12. Sittace severa (Linn.), Ara castaneifrons, Lafr. Un
individu de la collection Masséna est remarquable par
l'absence de la bande frontale brune : il ressemble à l'Oi-
seau figuré par le Vaillant (Perr. I, pi. 9). Brésil.
13. Sittace Primoli (Bp., Comp. rend. Acad. se,
Paris, 1853, II, 807) ; Ara auritorques, Mass. et de S. Rev.
zoo). 1854, 71; Sittace chrysotorques, Cabanis, Cat. du
Musée de Berlin, 1854. Bolivie.
14. Sittace makawuanna (Gmel.).
58 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)
15. Psittacara nobilis (Linn.). Brésil. Mandibule su-
périeure blanche, mandibule inférieure noire; L. T.
35 cent.; aile 20 cent. L'orbite et les lorums sont
presque nus ; on n'y voit que quelques poils noirs clair-
semés.
16. Psittacara Hahni, nobis. Plumage entièrement
d'un beau vert-pré ; sinciput bleu glauque ; épaules et
une partie des couvertures inférieures de l'aile rouge
écarlate ; rémiges et rectrices en dessous vert glacé de jaune ;
bec et pieds noirs ; L. T. 30 cent.; aile 18 cent. Colombie.
Cet oiseau, fort semblable au précédent, n'en diffère
que par la couleur du bec et par une taille un peu
plus petite. Hahn, dans ses Oiseaux d'Asie, d'Afrique et
d'Amérique, en donne une figure sous le nom de Psittacus
nobilis (13e livr., pi. 2).
17. Psittacara acuticaudata (Vieill.); le Maracana à
tête bleue, Âzara, n° 278; Psittacus acuticaudatus, Vieill.
N. Dict. d'h. n. xxv, 369; Blue crowned maccaw , Lath.
Gen. hist. n, 113; Conurus acuticaudatus , Desmurs, Icon.
Orn. pi. 31. Vert; front et dessus de la tête bleu glauque;
rectrices rouge de sang à la base des barbes internes ;
les rémiges et les rectrices en dessous d'un vert glacé de
jaune ; mandibule supérieure blanche,mandibule inférieure
noire. L. T. 37 cent.; aile 20 cent. Paraguay, Bolivie. Par
la coloration de la face et de la mandibule inférieure, il
est facile de distinguer cet oiseau de son congénère du
Brésil qui avait été réuni avec lui.
18. Psittacara hoemorrhoa (Spix) , Sittace acuticau-
data, Wagl. Abh. akad. Munchen, 1832, 662, 732; Psit-
tacara cœruleofrontatusy Bourj. Perr. pi. 17; Psittacus
acuticaudatus, Hahn, Orn. atl. pi. 60. Vert; front bleu
glauque ; la base des barbes internes des rectrices rouge
sanguin ; bec entièrement blanc jaunâtre ; ipieds blanc
sale. L. T. 37 cent.; aile 19 cent. Brésil. Quelques indi-
vidus plus jeunes ont le dessus de la tête d'un vert glau-
que, tirant plutôt sur le gris que sur le bleu.
TRAVAUX INÉDITS. 59
19. Psittacara icterotis, Mass. et de S. Rev. zool.
1854. Nouvelle-Grenade.
20. Psittacara guy anensis (Briss.). Les plus petites des
couvertures inférieures de l'aile sont d'un rouge écarlate,
les plus grandes jaune d'or ; les rémiges et les rectrices en
dessous jaune brunâtre. L. T. 37 cent.; aile 18 cent.
Brésil, Guyane.
21. Psittacara chloroptera, nob. Vert-pré ; les plus
petites des couvertures inférieures de l'aile rouge écar-
late ; les plus grandes ainsi que le dessous des rémiges et
des rectrices vert-olive ; bec blanc; L. T. 34 cent.; aile
17 cent. Saint-Domingue.
22. Psittacara euops (Wagl.), Evopsitta evops, Bp.
L. T. 28 cent.; aile 14 cent. Coloration semblable à celle
du précédent , n'en différant que par une taille beaucoup
plus petite. Habitat inconnu.
Répandu dans une grande partie de l'Amérique tropi-
cale, le Psittacara guyanensis nous offre, suivant son ha-
bitat, des différences constantes de taille et de coloration.
Dans la collection Masséna, nous venons d'en étudier trois
variétés ; une quatrième , des Antilles , se trouve à Paris
dans les collections du Muséum : elle y a été rapportée
par Maugé , probablement de Porto-Rico , où ce natura-
liste a résidé pendant longtemps.
Psittacara Maugei, nob. Un peu plus grand que la
P. guyanensis, s'en distinguant par la couleur des couver-
tures inférieures de l'aile, grandes et petites, qui sont
toutes d'un beau rouge écarlate.
23. Psittacara Wagleri (Gr.); Conurus erythrochlorus,
Hartl. Rev. zool. 1849, 274. Le sinciput rouge , les cou-
vertures inférieures de l'aile vertes. Colombie.
24. Psittacara mitrata (Tschud.). Plus grand, le sin?
ciput et la région périophthalmique rouge écarlate ; cou-
vertures inférieures de l'aile vertes.
25. Psittacara erythrogenys, Less. Écho du monde
savant 1844, 486; Less. Descr. de mamra. et d'ois. 1850,
60 rev. et MAG. de zoologie. (Février 1856.)
188; Conurus rubrilarvatus, Mass. et de S. Rev. zool.
1854, 71. La tête entière, les épaules et les couvertures
inférieures de l'aile rouge écarlate. Guayaquil.
26. Cyanolyseos patagonus (Vieill.), Chili.
27. Enicognathus leptorhynchus (King.) ; Arara ery
throfrons, Less. Rev. zool. 1842, 135 ; Stylorhynchus ery-
throfrons, Less. Écho du monde savant, 1842, 211.
28. Nandayus melanocephalus (Vieill.).
29. Heliopsitta guarouba (Ruff.).
30. Conurus jendaya (Lin.); Trichoglossus (Psittacus)
cruentus, Less. Descr. de mamm. et d'ois. 1850, 186. Chez
le jeune [Psittacus auricapillus, Licht.) le front est d'un
rouge orangé très-vif; en vieillissant, les tons rouges dis-
paraissent et la tête devient d'un beau jaune d'or. Très-
voisin du Conurus solstitialis, il est impossible de les
confondre même dans leur jeunesse, les couvertures infé-
rieures de l'aile, orangées chez le C. jendaya, étant jaune
jonquille chez le C. solstitialis. Rrésil.
31. Conurus solstitialis (Linn.). Rrésil.
32. Conurus carolinensis (Catesby).
33. Conurus pertinax (Linn.). Rrésil.
34. Conurus ^eruginosus (Lin.); the brown throated
parrakeet, Edw. R. pi. 177; Psittacus œruginosus, Linn. î,
142; Psittaca martinica, Rriss. Orn. iv, 356; la perruche
à gorge brune, Ruff. 356; Psittacus plumbeus, Gmel. i,
326; la femelle de la perruche à front jaune, le Vaill.
Perr. i, pi. 35; Conurus chrysogenys, Mass. et de S. Rev.
zool. 1854, 72. Nous croyons devoir rapporter à l'oiseau
adulte, dont nous avons donné la description en 1854, le
Psittacus œruginosus , auct. que M. Gray avait regardé
comme un des synonymes du Ps. cactorum. Un individu de
la collection du prince d'Essling se rapporte parfaitement
aux descriptions d'Edwards et de Rrisson. Par ses joues
vertes, le Ps. cactorum s'éloigne totalement de cette
espèce.
35. Conurus chrysophrys , Sw. Vert gai ; front et
TRAVAUX INÉDITS. M
sommet de la tête bleu glauque ; une ligne suborbitale
jaune d'or se dirige vers la région auriculaire ; les lorums,
les joues et la poitrine brun terreux ; l'abdomen jaune
d'ocre orangé ; les rémiges ont les barbes externes vertes
à la base, l'extrémité et les barbes internes noirâtres,
mais la partie centrale près de la baguette est d'un bleu
glauque ; les rectrices vert doré en dessous ; bec couleur
de corne. L. T. 27 cent.; aile 14 cent. Colombie. — Cet
oiseau a beaucoup de rapports avec les Conurus œruginosus
et cactorurriy mais il diffère du premier par le jaune d'ocre
orangé de son abdomen, et du second par ses joues brunes
et la ligne jaune suborbitale.
36. Conurus cactorum (Pr. Max.), aratinga flaviventer,
Spix, Av. Bras, i, 33, pi. 18. Dessus de la tête vert glau-
que ; tout le corps en dessus et les joues vert gai ; les ré-
miges et l'extrémité des rectrices bleues ; la gorge et la
poitrine brun terreux; abdomen jaune orangé; bec blanc.
L. T. 25 cent.; aile 14 cent. Brésil.
37. Conurus nanus (Vig.). La figure de Lear est fort
exacte. Latham, dans son Synopsis, a mentionné cet oiseau
comme une variété du Brown throatedparrakeet. Jamaïque.
38. Conurus Weddellii (Deville). Bolivie.
39. Eupsittula Petzii (Leiblein),Hahn,Orn. atl. pi. 64;
Âratinya eburnirostrum, Less. Rev. zool. 1842,210. Mexi-
que.
40. Eupsittula aurea (Liiin.). Brésil.
41. Aratinga cruentata (Pr. Max.). Brésil.
42. Microsittace smaragdina (Gmel.). Patagonie.
43. Microsittace versicolor (Gmel.). Guyane. Espèce
bien caractérisée par son front bleu, sa tête d'un noir fu-
ligineux , ses épaules écarlate brillant et par les plumes
écaillées de la gorge. Quelques individus qui sont in-
diqués comme de la même localité ont les plumes écail-
lées de la gorge bordées de jaune orangé. [Psittacus
squammosusy Lath.). Mais nous ne trouvons pas ce chan-
gement de coloration assez important pour faire une es-
62 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)
pèce séparée des individus qui en sont ornés, quoique
nous en ayons vu deux beaux exemplaires, l'un dans la
collection Masséna, l'autre au Musée de Paris.
44. Microsittace Luciani (Deville). Pérou. Dessus de
la tête et derrière du cou noir fuligineux; un demi-collier
nuchal et quelques plumes du front bleu glauque ; joues
et tour des yeux rouge brun ; région auriculaire gris rous-
sâtre ; les plumes de la gorge, noires au centre, sont bor-
dées de blanchâtre ; celles de la poitrine, vertes, terminées
de jaune terne ; le bas du dos , la queue , en dessus et en
dessous, ainsi qu'une large tache abdominale rouge brun ;
rémiges bleu glauque ; tout le reste du plumage est d'un
vert gai; bec et pieds noirs. — M. Deville, un des natu-
ralistes attachés à l'expédition de M. de Castelnau, que
l'amour de la science a entraîné dans un second et fatal
voyage, a donné dans la Revue zoologique (1851) une
description incomplète de cet oiseau, et sans M. Pucheran,
qui a eu l'obligeance de nous montrer dans les collections
du Muséum le type de l'espèce, il nous eût été impossible
de le reconnaître. Nous avons donc pensé qu'il ne serait
pas inutile d'en donner une nouvelle description. Nous
ferons observer que cette espèce est fort voisine de la Mi-
crosittace versicolor, dont elle ne diffère que par l'absence
de rouge aux épaules.
45. Microsittace leucotis (Licht). Brésil.
46. Microsittace lepida (111. Wagl.). Brésil. Dessus de
la tête brun fuligineux ; les plumes du cou de la même cou
leur, mais bordées de grisâtre; les joues et un étroit bandeau
frontal vert glauque ; un demi-collier nuchal bleuâtre ; le
dos, les ailes et le croupion vert-pré ; l'aile bâtarde et les
rémiges d'un beau bleu ; les couvertures inférieures de
l'aile rouge écarlate ; les plumes de l'abdomen vert foncé
et terminées de bleu glauque ; la queue rouge foncé ;
L. T. 24 cent.; aile 13 cent.
47. Microsittace vitt at a (Shaw), Brésil. Bandeau frontal
rouge pourpre ; dessus de la tête et couvertures inférieures
TRAVAUX INÉDITS. 63
de l'aile d'un beau vert; queue en dessus vert jaunâtre,
en dessous rouge brun. Dans les individus très-adultes, la
queue est quelquefois terminée en dessus de rouge brun
48. Microsittace Devillei (Mass. et de S.). Bolivie.
Bien caractérisée par les couvertures inférieures de l'aile,
qui sont rouge écarlate.
49. Microsittace Molin^e (Mass. et de S.), Conurus
pyrrhurusf Reich.? Quoique très-semblable aux deux pré-
cédents, il s'en distingue par sa queue rouge en dessus
aussi bien qu'en dessous. Chez les individus très-adultes,
les couvertures inférieures de la queue sont bleu glauque.
Bolivie, Chili.
50. Microsittace calliptera (Mass. et de S.J.Colombie.
51. Myiopsitta murina (Gmel.). L. T. 32 cent.; aile
15 cent. République Argentine.
52. Myiopsitta calita (Jard. et Selby). Paraguay. Cette
race occidentale est fort semblable à la M. murina qui ne
se trouve peut-être que dans la partie Est de l'Amérique
australe , mais elle est d'une taille un peu plus petite.
L. T. 28 cent.; aile 14 cent. Malgré cette légère différence
de taille , nous ne nous sommes décidé qu'avec hésitation
à la classer comme espèce dans ce catalogue. — Nous
avons pu étudier au Musée de Paris une troisième race
originaire de la Banda orientale. Elle est de la taille
de la M. calita, mais elle nous présente quelques modi-
fications dans la coloration de son plumage. Ce peut-être
la Myiopsitta murînoides, Temm., citée par le prince Ch.
Bonaparte dans son Conspectus psittacorum. Le front est
d'un blanc presque pur; la poitrine, d'un gris tendre uni-
forme, n'est pas rayée de plus clair comme chez les deux
autres races dont nous venons de parler ; enfin l'abdomen
est d'un jaune plus décidé, bien qu'il y ait toujours une
légère teinte verte.
53. Myiopsitta canicollis (Wagl.). Bolivie.
54. Myiopsitta aurifrons (Less.). Pérou.
Ici vient se placer une espèce nouvelle, Myiopsitta
64 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)
Orbygnesiay Bp., entièrement verte comme la M. aurifrons,
femelle , mais plus grande. Bolivie.
55. TlRICA BRASILIENSIS (BrîSS.).
56. ïirica xanthoptera ( Spix ) . Brésil et Bolivie. Les
individus de la Bolivie sont un peu plus grands que ceux
du Brésil.
57. Tirica virescens (Gmel.).
58. Psittovius Tovi (Gmel.) ; Caica chrysopogon, Less.
Rev. zool. 1842, 210. Brésil, Colombie. Couvertures supé-
rieures de l' aile brunes,couvertures inférieures jaune citron ;
la tache du menton jaune orangé. Quelques individus de la
Colombie sont remarquables par la petitesse de leur bec.
Est-ce une variété constante de localité ?
59. Psittovius tuipara (Marcgr.). Brésil, Guyane. Une
bande frontale (chez les individus très -adultes), dessous
du menton et un miroir sur l'aile, jaune orangé; cou-
vertures inférieures de l'aile vertes ; chez les jeunes, la
tache du menton est brune, ou d'un orangé sale, et la
bande du front n'est pas visible.
( La suite prochainement . ) '
Neuvième lettre sur l'Ornithologie de la France méri-
dionale; par le docteur J. B. Jaubert.
Pyrrhula. — Ce genre, enrichi par Pol. Roux de deux
oiseaux (P. enucleator et P. githaginea) dont la présence
chez nous, quelque accidentelle qu'on puisse la croire,
me paraît encore très-problématique , est représenté par
trois Bouvreuils , de formes et de mœurs distinctes, que
je ne vois cependant aucun avantage à séparer ; ce sont :
P. europœa, P. erythrina , P. serinus ; ce dernier surtout
ne me paraît pas plus déplacé à côté de P. europœa que
ne l'est en réalité X erythrina, qui, sous une robe et sous un
nom d'emprunt, passa longtemps pour un Gros-bec ; le cas
d'hybridation rapporté par Vieillot dévoile, au reste,
TRAVAUX INEDITS. 65
toutes les affinités du Cini et du Bouvreuil, malgré la dif-
férence de leur taille.
P. vulgaris. — Quoique l'apparition de cet oiseau ne
soit pas régulière en Provence , il en est peu qui soient
mieux connus de nos chasseurs ; c'est sans doute à la ri-
chesse de son manteau qu'il doit cette distinction, ainsi
que son joli nom local de Bellet. C'est en novembre qu'il
arrive ; quelques individus restent sédentaires chez nous
tant que durent les grands froids, mais , aux premières
espérances de beaux jours , ils ont déjà disparu. Nous fe-
rons seulement remarquer, en passant, que l'apparition
de cet oiseau pendant les grands froids de l'hiver ne coïn-
cide pas avec les années des grandes émigrations, ce* qui
laisserait supposer avec raison que ces quelques individus
descendent de quelque point élevé des environs , d'où les
chasse la neige. Le Bouvreuil, est en effet, sédentaire dans
nos Alpes, et se reproduit non loin de Barcelon nette;
mais M. Caire, à qui nous devons ces renseignements,
s'obstine à voir dans cet oiseau le P. coccinea de quelques
auteurs. Sans me prononcer sur la question de savoir s'il
est opportun de considérer comme espèce ce qui pourrait
tout au plus passer pour une race, j'avouerai qu'il m'a été
impossible , malgré tous mes efforts , de constater une
taille supérieure chez les sujets provenant de nos Alpes.
Tous les efforts de M. Gerbe lui-même (Rev. zool., 1853,
p. 550), pour trouver un caractère spécifique chez cette
prétendue race, n'ont pu m'ébranler; car je ne saurais
accorder plus de confiance à une taille qui n'est pas con-
stamment plus forte qu'à l'existence de cette tache blanche
sur le bord interne des pennes latérales, caractère qui
distingue simplement les vieux , comme chez le Pinson et
le Chardonneret. Quelle valeur accorder encore aux migra-
tions partielles? Combien d'espèces n'avons-nous pas chez
lesquelles les vieux et jeunes voyagent isolément ? Et cette
différence d'âge n'explique-t-elle pas, chez les uns et chez
les autres, des allures différentes?
2» sérib. t. vm. Année 1856. *
6*6 rev. et mag. de zoologie. [Février 1856.)
Pyrrhula erythrina. — J'ai été le premier à établir, par
des faits nombreux , l'identité de la Chlorospiza incerta et
de la P. erythrina. J'ai démontré, en effet, que cette Chlo-
rospiza, que M. Degland avait déjà ramenée au genre
Bouvreuil, n'était, dans son plumage de mâle adulte , tel
que nous le connaissons, qu'un état particulier, obtenu
en captivité, de la P. erythrina; que, d'un autre côté, la
femelle et le jeune de cette espèce ne différaient absolu-
ment en rien des Chlorospiza incerta , femelles et jeunes
qui visitent tous les ans le midi de la France.
Lorsqu'en 1853 je publiai, dans la Revue zoologique,
t. V^ p. 109, l'ensemble des observations qui m'avaient
conduit à ce rapprochement , je faisais appel à l'observa-
tion future pour confirmer ou détruire mon assertion.
L'identité que j'établissais dès cette époque n'a pas tardé
à être reconnue d'abord par M. Degland, ensuite par
M. Ch. Bonaparte, et par tous les ornithologistes qui ont
voulu y regarder.
Ainsi donc, voilà bien une espèce de moins, n'en dé-
plaise à quelques-uns de mes amis... Quant aux diverses
livrées de l'oiseau, nous savions parfaitement que ce
n'était pas seulement en captivité que la teinte jaune se
produisait, puisque la rencontre d'une coloration inter-
médiaire chez un sujet de ma collection , tué dans les en-
virons de Marseille, fut précisément une des raisons que
j'apportai à l'appui de mon opinion.
AMÉN [TES M AL ÀCOLOGIQUES ;
par M. J. R. Bourguignat.
§XL.
BlTHINIA PUTONIANA.
Testa minima, ventricosa, sat solida, laevi, rubelia; aufraclibus
4 coaveus, sutura impressa separatis ; penultimo ventricoso ; aper-
TRAVAUX INÉDITS. 67
tura rotundata, obliqua ; columella arcuata ; peristomate acuto, iatus
albido-incrassato ; marginibus valido callo junctis.
Coquille petite, ventrue, assez solide, lisse, et d'une
couleur rougeàtre. Quatre tours de spire convexes, séparés
par une suture bien marquée. Avant-dernier tour très-
ventru. Ouverture oblique, arrondie, présentant, malgré
tout, un petit angle à son sommet; columelle arquée.
Péristome aigu, intérieurement bordé d'un bourrelet
blanc ; bords marginaux réunis par une forte callosité.
H., 2 millim. —D., 1 1/2 millim.
Cette espèce, que nous dédions au savant M. Puton de
Remiremont , habite les eaux des environs de Sayda , en
Syrie, où elle a été découverte par le docteur (ïaillardot.
§XLI.
Glandina Vescoi.
Testa oblonga, lœvigata, solidula, Iucida, subdiaphaua, corneo-
lutesceoti ; anfractibus 6 planiusculis; supremis regulariter crescen-
tibus; penultimo maxime accrescentibus ; ultimo longitudinis
2/5œquante; sutura corneo-pallidiore, superficiali-duplicata ; aper-
lura oblonga; columella recta, intus calloso-contorta, ad basin attin-
geute, peristomate acuto, simplice; marginedextroantrorsumarcuato ;
margioibus callo junctis.
Coquille oblongue, lisse, assez solide, brillante, un peu
transparente, et d'une couleur jaune cornée. Six tours de
spire peu convexes, dont les quatre premiers s'accroissent
régulièrement; l'avant-dernier tour prend subitement un
grand développement. Suture superficielle, d'une teinte
plus pâle, et entourée inférieurement d'une seconde ligne
imitant une rainure suturale. Ouverture très-oblongue ;
columelle droite intérieurement calleuse et contournée ;
péristome simple et aigu ; bord droit arqué en avant ,
bords marginaux réunis par une callosité.
H., 9 millim. — D., 4 millim.
Cette espèce habite l'île de Malte, où elle a été recueillie
par le docteur Eugène Vesco, auquel nous la dédions.
68 rkv. et mag. de zoologie. (Février 1856.)
§ XLII.
Des Acéphales fluviatiles de l'empire ottoman.
Sous ce titre, nous allons réunir tous les documents que
nous connaissons sur les Bivalves qui habitent le vaste
empire ottoman. Nous indiquerons les localités précises
où chacune d'elles a été recueillie jusqu'à ce jour, en ren-
voyant , pour les espèces déjà publiées , aux descriptions
des auteurs.
Les Bivalves fluviatiles de l'empire turc appartiennent
aux six genres : Pisidium, Sphœrium, Cyrena, Anodonta,
Unio et Dreissena.
PISIDIUM.
PlSIDIUM CASERTANUM.
Cardium Casertanum, Poli, Test. ut. Siciliae, etc., t. I,
p. 65, tab. xvi, fig. 1. 1791.
Pisidium Casertanum, Bour guignât, Cat. rais. Moll. d'Or.,
p. 80. 1853.
Nous connaissons cette espèce de l'île de Crète (Raulin);
de Barrada, M erdj-el-Akhdar, près de Damas (Gaillardot) ;
enfin de Roussou-Kesséré, entre Eidos et Andrinople (Ray-
mond).
SPHŒRIUM.
SpHjERIUM lacustre.
ïellina lacustris, Muller, Verm. Hist., II, p. 204, n° 388.
1774.
Sphœrium lacustre, Bourguignat, Amén. malac, in : Rev.
et mag. de zool., ... p. 345. 1853.
M. le docteur Raymond a rencontré en Bulgarie, à
Roussou-Kesséré, entre Eidos et Andrinople, des échan-
tillons parfaitement typiques de cette espèce.
Il existe à Karabounar-Keui , entre Eidos et Andrino-
ple, une Sphérie de la taille de la Rivicola, ornée de cou-
TRAVAUX INÉDITS. 69
leurs plus brillantes et à test plus épais. Cette espèce,
sans doute nouvelle, a été, malheureusement, égarée par
le Dr Raymond pendant son retour en France ; aussi n'in-
diquons-nous cette coquille qu'à titre de simple renseigner
ment.
CYRENA.
Cyrena fluminalis.
Tellina fluminalis, Mûller, Verm. Hist., II, p. 205, n° 390.
1774.
Tellina fluviatilis, Millier, Verm. Hist., II, p. 205, n° 392.
1774.
Cyrena fluminalis, Bourguignat, Cat. rais. Moll., p. 79.
1853.
Habite, en Syrie, le lac de Tibériade, le Jourdain, les
environs de Tyr, de Jaffa (de Saulcy) ; les eaux de l'ancien
Léonthes, dans la vallée de Bka, entre le Liban et l'Anti-
liban (Mousson).
Cyrena crassula.
Cyrena crassula, Mousson, Coq. terr. fluv. rapp. Or., etc.,
p. 54, fig. 12. 1854.
Habite les environs de Jaffa (Mousson, Roth).
ANODONTA.
Anodonta cygnea.
Mytilus cygneus, Linnœus, Syst. nat. (12e éd.), p. 1158,
n° 257. 1767.
Anodonta cygnea, Drapamaud, Hist. Moll., p. 134, n° 2,
tab. xi, fig. 6; et tab. xn, fig. 1.
1805.
Fossile aux environs de Jassy (Drouët) .
Anodonta cellensis.
Anodonta cellensis, C. Pfeiffer, Naturg. Deutsch. Land-
und sussw. Moll. (fasc. 1"), p. 110,
70 rev. et mag. de zoologie. [Février 1856.)
tab. vi , fig. 1 , 1821 ; et (fasc. 2e)
tab. vi, fig. 1-6. 1825.
Se rencontre dans les cours d'eau de la Croatie turque
et du Monténégro (Drouët).
Anodonta oblonga.
Anodonta oblonga, Millet, Desc, in : Mém. Soc. agric.
d'Angers, tom. I, p. 242, tab. xii,
fig. 1. 1833.
Var. An. spreta , Ziégler, in Sched. ( Mon. H.,
Drouët).
Cette variété a été recueillie, par le Dr Raymond, à Ka-
rabounar-Keui, en Bulgarie, entre Eidos et Andrinople.
Anodonta anatina.
Mytilus anatinus, Linnœus, Syst. nat. (12e éd.), p. 1158.
1767.
Anodonta anatina, Lamarck, An. S. V., t. VI, lr* partie,
p. 85, n° 2. 1819.
Dans le lac, près de Varna (Raymond).
Anodonta piscinalis.
Anodonta piscinalis, Nilson , Moll. Suec, p. 116, n* 3.
1822.
Cette espèce, qui est très-répandue dans l'empire turc ,
offre de nombreuses variétés ; ainsi :
1° Varietas A. — Pallida et glabra.
Habite le Monténégro (Mon., Drouët).
2° Varietas B. — Minor et sulcata.
Habite le Monténégro (Drouët), dans le lac à Varna
(Raymond).
3° Varietas C. — Major, subrotundata.
Habite la Croatie turque (Drouët).
4° Varietas D. — Forma mbnormalis.
Habite le Monténégro (Drouët) et Karabounar-Keui, en
Bulgarie, entre Eidos et Andrinople (Raymond).
TRAVAUX INÉDITS. 71
Anodonta fiscata.
Anodonta fuscata, Ziégler, in Sched. et Mus. Vindob.
(Mon. H., Drouët).
Habite le Monténégro (Drouët).
Anodonta rostrata.
Anodonta rostrata, Kokeil, in Rossmassler, Iconogr., IV,
p. 25, tab. xx , f. 284 , 1836 ; et XI,
p. 12, tab. liv, f'. 737. 1842.
Habite le Monténégro (Drouët), Karabounar-Keui, en
Bulgarie (Raymond). ,
UNIO.
f. Margaritana.
Unio Opperti.
Testa valde inaequilaterali , supra arcuata, infra fere recta , anùce
rotundata, postice maxime dilatata ac subattenuato-oblonga ; com-
planata, crassissima, opaca, solida, concentrice striatula, fuscocor-
nea; umbonibus subprominulis, anteriori parte dejectis, decortica-
tis; natibus acutis; dentibus : cardinali crasso, trigonali, alto ;
Jaterali nullo.
Coquille très-inéquilatérale ; bord cardinal arqué ; bord
palléal presque rectiligne ; partie antérieure arrondie ;
partie postérieure dilatée , oblongue ; valve épaisse , opa-
que, solide, sillonnée de stries concentriques irrégulières
dues à l'accroissement, et recouverte d'un épidémie épais
d'une couleur fauve cornée. Sommets peu saillants, rejetés
à la partie antérieure; nates aiguës. Charnière excessive-
ment forte, très-épaisse, offrant simplement une dent car-
dinale très-élevée, épaisse et de forme trigonale.
Intérieur de la valve irisé d'une nacre d'une teinte
orangée, présentant, à la lumière, les couleurs les plus
jolies et les plus variées. Ligament épais et saillant.
L., 120 miltim. — H., 80 millim. m Ép., 40 millim.
Cette magnifique espèce a été recueillie, par M. Jules
72 rev. et mag. de zoologie. {Février 1856.)
Oppert , sur les rives de l'Euphrate, où elle se trouve en
excessive abondance après les inondations.
Malheureusement, M. J. Oppert n'ayant rapporté qu'une
seule valve (la gauche) de cette intéressante mulette, nous
avons été forcé de représenter, dans nos planches, l'inté-
rieur de la valve gauche à la place de celui de la valve
droite.
Unio Euphraticus.
Unio Euphraticus, Bourguignat , Test, nov., p. 28, 1852;
et Cat. rais. Moll., p. 75, pi. îv, f. 1-
3. 1853.
Habite les cours d'eau des environs de Bagdad (Olivier).
Unio Saulcyi.
Unio Saulcyi, Bourguignat, Test, nov., p. 27, 1852; et
Cat. rais. Moll., p. 74, pi. ni, f. 1-3.
1853.
Habite les ruisseaux des environs de Jaffa, en Syrie (de
Saulcy).
Unio Tripolitanus.
Unio Tripolitanus, Bourguignat , Test, nov., p. 28. 1852;
et Cat. rais. Moll., p. 75, pi. iv,
f. 10-12. 1853.
Habite les environs de Tripoli, en Syrie (Olivier).
Unio Michonii.
Unio Michonii, Bourguignat, Test, nov., p. 27, 1852 ; et
Cat. rais. Moll..., p. 74, pi. m, f. 10-
12. 1853.
Habite les ruisseaux des environs de Jaffa, en Syrie (de
Saulcy).
Tt. Mysca.
Unio Hueti.
Unio Hueti, Bourguignat, Amén. nialac, in : Rev. et
Mag. zool., p. 332, pi. vm, f. 1-4. 1855.
TRAVAUX INÉDITS. 73
Habite le haut Euphrate, dans le pachalik d'Erzeroum,
en Arménie (Huet du Pavillon).
Unio Tigridis.
Unio Tigris, Férussac, MSS.
Unio Tigridis, B our guignât , Test, nov., p. 30, 1852; et
Cat. rais. Moll., p. 77, pi. iv, f. 7-9.
1853.
Habite les cours d'eau des environs de Bagdad (Olivier) .
Unio Bagdadensis.
Unio Bagdensis, Férussac, MSS.
Unio Bagdadensis, Bourguignat, Test, nov., p. 30, 1852;
et Cat. rais. Moll., p. 78, pi. iv, f. 4-
6. 1853.
Habite les environs de Bagdad (Olivier).
Unio Delesserti.
Unio Delesserti, Bourguignat , Test, nov., p. 29, 1852; et
Cat. rais. Moll., p. 77, pi. ni , f. 7-9,
1853.
Habite les environs de Jaffa, en Syrie (de Saulcy).
M. Both (Spicileg. Moll. orient., in : Malak. Blatter,
p. 57, 1855) indique également cette espèce de la rivière
Awadsch, près de cette même ville.
Unio rata vus.
Unio batavus, Nilsson, Moll. Suec..., p. 112, n° 8. 1822.
Habite dans le lac près de Varna (Raymond).
Unio Bruguierianus.
Unio orientalis, Férussac, MSS; et Bourguignat, Test.
nov., p. 29. 1852. '
Unio Bruguierianus, Bourguignat, Cat. rais. Moll., p. 78,
pi. h, f. 54-58.1853.
Habite le Simoïs (Olivier), les cours d'eau des environs
de Smyrne (de Saulcy), enfin Brousse (Parreyss); seule-
74 rev. et mac DE zoologie. (Février 1856.)
ment les échantillons de cette dernière localité constituent
une variété à forme un peu plus rétrécie dans le sens de
la hauteur.
Unio Vescoi.
Testa inaequilaterali, ovato-elongata, supra subarcuata, infra recta,
antice posticeque rotundata, parum ventricosa, concentrice striatula ;
epidermide fusco-luteolo , postice vk viridi radiatulo; umborjibus
prominulis, recurvis, margine anteriori approximatis ; àc3 oblique
striis rugoso-bivirgatis, posticeque in angulo acuto junctis, ornatis ;
dentibus : cardinali compresso, truncato, productoque ; laterali alto
ac elongato.
Coquille inéquilatérale, ovale-allongée; bord cardinal
arqué; bord palléal rectiligne; parties antérieure et pos-
térieure arrondies ; épiderme d'un brun jaunâtre, radié
postérieurement de zones verdâtres.
Sommets aigus, recourbés, fortement sillonnés de la
manière la plus gracieuse par une dizaine de stries tuber-
culeuses obliques, dont cinq seulement se réunissent à
angle aigu avec d'autres stries postérieures plus petites et
plus délicates.
Charnière composée d'une dent cardinale comprimée ,
forte, tronquée au sommet, et d'une dent latérale très-
saillante et très-allongée.
L., 46 millim. — H., 26 millim. — Ép., 17 millim.
Cette curieuse espèce, que nous sommes heureux de
dédier à M. Eugène Vesco, chirurgien-major de la marine
impériale, a été recueillie par ce naturaliste dans le Si-
mois.
Nous venons de recevoir de notre savant ami Henri
Drouët, de Troyes , plusieurs échantillons de cette même
Mulette, sous l'appellation d'Unio Turcicus (Parreyss, in
Litt), de la provenance de Brousse, en Anatolie. Mais,
comme cette dénomination est simplement manuscrite,
elle ne peut avoir aucune valeur scientifique. Aussi nous
n'indiquons ce nouveau nom qu'à titre de renseigne-
ment.
TRAVAUX INÉDITS. 7. H
L'Unio Vescot offre de nombreuses ressemblances avec
notre Unio Bruguierianus , également recueilli dans le
Simoïs. Mais cette dernière espèce se distinguera tou-
jours de la Mulette de Vesco, à ses sommets entièrement
lisses, qui ne présentent jamais ces sillons si gracieux et
si symétriques qui caractérisent cette nouvelle coquille.
Unio Schwerzenbachh, Parreyss, in Litt.
Testa inaequilaterali, ovata, supra subarcuata, infra recta, antice
posticeque rotundata, parum ventricosa, concentrice striatula , epi-
dermide corneo-luteolo; umbonibus prominulis, recurvis, margine
anteriori approximatis; ac, oblique striis rugosis ornatis; dcntibus :
rardinali compresso, rotundato, productoque ; laterali alto ac elon-
gato.
Coquille inéquilatérale, ovale; bord cardinal un peu
arqué ; bord palléal rectiligne ; parties antérieure et pos-
térieure arrondies; épiderme d'un jaune corné ; stries con-
centriques délicates. Sommets aigus, recourbés, fortement
sillonnés de stries tuberculeuses qui partent de la partie
antérieure des crochets et viennent se terminer brusque-
ment sur l'arête dorsale postérieure des sommets. Dent
cardinale comprimée, saillante, à sommet arrondi; dent
latérale forte et très-allongée.
L., 35 à 40 millim. — H., 20 millim. — Ép., 13 millim.
Cette coquille habite les cours d'eau des environs de
Brousse, en Anatolie.
Cette Mulette , qui offre de grands rapports avec notre
Unio Vescoi, se distinguera facilement de cette dernière à
ses sommets qui ne possèdent point ces deux systèmes de
stries tuberculeuses se réunissant à angle aigu , mais sim-
plement des stries antérieures qui viennent brusquement se
terminer sur l'arête postérieure dorsale.
Unio Moquinianus.
Unio Moquinianus, Dupuy , Essai moll. Gers, p. 80,
f. 1-3. 1843.
76 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)
Cette espèce, que MM. Villa et Parreyss ont répandue
dans les collections sous le nom de Destructilis, se ren-
contre dans les ruisseaux du Monténégro.
Unio decipiens.
Unio decipiens, Ziégler, in Mus. Vindob. et Parreyss in
Litt. (Mon. H. Drouèt).
Habite le fleuve Czermovitza, dans le Monténégro.
Unio decurvatus.
Unio decurvatus, Rossmassler, lconogr. II, p. 22, f. 131,
1835 ; et V et VI, p. 21, f. 339. 1837.
Habite le Monténégro (Drouët).
Unio Prusii.
Testa elongata, supra subrecta, infra subsinuata, antice rotundata,
postice subattenuato-rotundata j concentrice striata; postice plicato-
subundulata; umbonibus recurvis, obtusis, admarginem anteriorem
maxime approximatis ; dentibus : cardinali crasso, alto, truncato; la-
terali elongato.
Coquille allongée ; bord cardinal presque droit ; bord
palléal un peu sinueux; antérieurement arrondie, posté-
rieurement subattenuée; test sillonné de stries concentri-
ques et orné à sa partie postérieure de larges plis peu
sensibles qui lui donnent une apparence un peu ondulée.
Sommets recourbés, obtus, peu saillants, rejetés à sa
partie antérieure. Charnière composée d'une dent cardi-
nale très-épaisse, très-forte, presque carrée, et d'une la-
melle latérale allongée et de faible taille.
L., 65 millim. — H., 32 millim. — Ép., 22 millim.
Cette espèce, que nous dédions à M. Prus, vice-consul
français à Rhodes, a été recueillie à l'état fossile dans les
terrains modernes de cette île.
Unio pictorum.
Mya pictorum, Linnœus, Syst. nat., p. 671, nô 19, 1760.
TRAVAUX INÉDITS. 77
Unio pictorum (pars), Draparnaud, Tabl. moll., p. 106.
1801.
Habite dans le lac de Varna, à Serai -Karakeui entre
Eidos et Audrinople, enfin à Tchourlou (L. Raymond).
La variété de cette Mulette, connue sous le nom d'Unio
elongatulus de Mûhlferldt (C. Pfeiffer, naturg. 2e fasc,
p. 35, taf. VIII, f. 5-6. 1825), a été recueillie à Andri-
nople dans la Maritza, ainsi que dans le Baba-es-Kissi, en
Roumélie, par notre ami le docteur L. Raymond. Cette
variété se trouve parfaitement typique dans ces deux lo-
calités.
Unio terminams.
Unio terminalis, Bourguignat, Test, nov., p. 31, 1852;
et Cat. rais, moll., p. 76, pi. III,
f. 4-6. 1853.
Habite le lac de Tibériade (De Saulcy).
Unio littoralis.
Unio littoralis, Draparnaud, Tabl. moll., p. 107, 1801;
et Hist. moll. de France, p. 133, tab.X,
f. 20. 1805.
Habite la Toudja, près d'Andrinople (L. Raymond).
M. Prus a encore recueilli, dans l'île de Rhodes, à
l'état fossile, de nombreux échantillons d'une variété de
cette Mulette, que M. Jules Bonhomme, en 1840, a élevée
à tort au rang d'espèce, sous le nom d'Unio Barraudii
(Not. sur les moll. biv. de Rodez, in Mém. soc. se. de
l'Aveyron, tom. II, p. 430. 1840).
DREISSENA.
Dreissetya fluviatilis.
Mytilus (polymorphus) fluviatilis, Pallas, Voy. en Rus-
sie, etc.. Append ,
78 rev. kt mag. de zoologie. (Février 1856.)
p. 211, 1771; et
P allas [ même ou-
vrage, traduction en
français, édit. in-4),
tom.I,p.740, n°91,
1788; et (même ou-
vrage, édit. in-8) ,
vol. VIII, p. 210,
n° 523. 1794.
Dreissena polymorpha, Van Beneden, Mém. sur le Dreis-
sena. In Bul. acad. de Bruxelles,
tom. I, p. 105. 1834.
Espèce très-répandue dans le Danube, et dans le lac
d'Aumales, près de Varna.
Si l'on examine maintenant au point de vue de leur
répartition géographique, les mollusques que nous venons
de citer, Ton verra :
1° Que le vaste empire ottoman possède deux faunes
spéciales de bivalves : la faune asiatique et la faune eu-
ropéenne ;
2° Que sur les 32 coquilles de ce catalogue , deux seu-
lement font exception à cette division , puisqu'elles se re-
trouvent également dans la Turquie d'Europe et dans la
Turquie d'Asie ;
3° Que si les genres Anodonta, Sphœrium, Dreissena
semblent spéciaux à notre continent, le genre Cyrena pa
raît l'être à la Turquie d'Asie ;
4° Enfin, que le genre Unio possède, dans la faune
asiatique, sur ses quinze représentants, cinq espèces du
groupe des Margaritanes. Fait important à constater.
En résumé, si, d'après ce que nous venons d'énoncer,
nous distribuons les bivalves turques en deux séries géo-
graphiques, nous obtenons le tableau suivant ;
TRAVAUX INÉDITS.
79
TURQUIE D KUROPK.
Pisidiura Casertanum.
Sphaerium lacustre.
Anodonta cygnea.
— cellensis.
— oblonga.
— anatioa.
— piscinalis.
— fuscata.
— rostrata.
Unio batavus.
— Mosquinianus.
— decipiens.
— decurvatus.
— pictorum.
— littoralis.
Dreissena fluviatilis.
I URQl'lh D ASIK.
Pisidium Casertanum.
Cyreua fluminalis.
— crassula.
Unio Opperti.
— Euphraticus.
— Saulcyi.
— Tripolitanus.
— Michonii.
— Hueti.
— Tigridis.
— Bagdadensis.
— Delesserti.
— Bruguierianus.
— Vescoi.
— Schwerzenbachii.
— Prusii.
— terminalis.
— littoralis.
§ XLIII.
Note relative à l'histoire du Dreissena fluviatilis.
C'est en 1769 que P. S. Pallas, à peine âgé de 28 ans,
découvrit, dans le Volga et la mer Caspienne, une quantité
considérable de petites coquilles , qu'il rangea plus tard
dans le genre MytUus. Bien qu'encore peu versé dans
l'étude des sciences naturelles, le fait d'un mollusque ha-
bitant indifféremment les eaux douces ou les eaux salées
lui parut un point si important, que malgré les ressem-
blances qu'il crut reconnaître entre ces petites moules de
provenances si distinctes , il n'hésita pas à les séparer en
deux variétés. A chacune de ces variétés il attribua un
nom différent et une diagnose spéciale*, et classa le
tout, comme cela se pratiquait assez communément à cette
époque, sous l'appellation triviale de Polymorphus.
Voici, du reste, les descriptions de Pallas :
« Mytilus polymorphus, marinus, ad summum mole nuclei pruni,
marino eduli oblongior; valvulae praesertim versus nates magis cari-
ait;*, latere incunibente planiusculw atque eicolores, superiore vero
80 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)
parte circulis gryseo-fuscis, undulisve variae ; nates acutissimœ, sub-
deflexae. — Fluviatilis, saepe quadruplo major, subfuscus, latior;
valvulis exacte semiovatis, argute carinatis, latere incumbente plano-
excavatis : natibus acutis, deorsum inflexis, cavum commune testa;
versus nates obsolète quinqueloculare, dissepimentis brevissimis. »
Il résulte de cette diagnose :
1° Que Pallas a voulu distinguer, d'une manière nette et
précise, l'espèce de la mer Caspienne de celle du Volga,
puisqu'à la première il lui attribue le nom de marinus, et
à la seconde celle de fluviatilis;
2° Que le vocable polymorphus , qui suit le nom géné-
rique Mytilus, est un mot trivial , qui n'a de valeur
qu'autant que les deux espèces marinus et fluviatilis se
trouvent réunies ;
3° Que si l'on sépare le marinus du fluviatilis [comme
cela doit être (1)] , le vocable polymorphus ne peut s'ap-
pliquer ni à l'espèce de la mer Caspienne ni à celle du
Volga ; bref, que ce mot doit être retranché pour toujours
de la nomenclature scientifique ;
4° Que si , au pis aller, l'on ne veut point éliminer le
vocable polymorphus , cette appellation ne peut être ap-
pliquée au fluviatilis , mais bien au marinus , comme es-
pèce ayant antériorité de description sur celle de fluvia-
tilis, comme l'on peut s'en convaincre par la citation que
nous venons d'emprunter à Pallas.
Nouvelle espèce du genre Lucanus par M. L. Reiche.
L'étude des insectes du groupe des Lucanides, Coléop-
tères de la famille des Pectinicornes, est hérissée de telles
difficultés par les modifications extraordinaires de leurs
organes, que l'observation d'un grand nombre d'indi-
vidus de chaque espèce peut seule apporter quelque lu-
mière sur les véritables caractères spécifiques. Cette
(1) L'espèce de la mer Caspienne décrite par Pallas est un véri-
table Mytile, très-voisin du Mytilus minimus de Poli. (Test. ut. Sici-
liœ, t. I, p. 73. 1791.)
TRAVAUX INÉDITS. 81
condition indispensable est à peu près obtenue, à Paris,
par les richesses en espèces et en individus que renfer-
ment les collections diverses, et en particulier celles de
M. le marquis de la Fertéet de M. le comte de M
Dans ces deux magnifiques musées, la famille des Pecti-
nicornes est représentée par un nombre d'espèces qui
n'est pas au-dessous de 150 pour M. de la Ferté et de 190
pour M. de M , et la plupart de ces espèces par un
nombre considérable d'individus offrant toutes les modi-
fications connues de taille et d'organes.
La division générique de cette famille, qui, jusqu'à
présent, repose sur les travaux .de MM. Hope et Bur-
meister, est à remanier complètement et un grand nom-
bre d'espèces est à décrire. M. de M et M. le capitaine
Parry, de Londres, s'occupent ensemble de ce travail,
qu'ils ont l'intention de rendre aussi complet que pos-
sible en figurant les sexes de toutes les espèces avec les
modifications observées de leurs organes ; mais ce travail
n'est malheureusement pas près de paraître, et le nom-
bre des espèces nouvelles s'accroît si rapidement, qu'il
sera bientôt en majorité dans les collections. Il n'est donc
pas sans intérêt de décrire aujourd'hui quelques-unes de
ces formes nouvelles, et c'est à ce titre que j'adresse à la
Revue et magasin de zoologie la description d'une es-
pèce française confondue, jusqu'à ce jour, avec le Luca-
nus Cervus de Linné. J'ai déjà signalé cette espèce dans
les Annales de la Société entomologique (1853, p. 71)
sous le nom de Luc. pentaphyllus. Depuis cette époque,
de nouveaux exemplaires mâles et femelles ayant passé sous
mes yeux , je puis déclarer l'espèce bien fondée par une
réunion de caractères suffisamment tranchés.
Lucanus pentaphyllus, Reiche, Ann. soc. ent., 1853,
p. 71.
Mas. : Longit. mandib. excl., 28-46 millim. (12 1/2-
20 1/2 lin.) ; latit. mandib. excl., 12-19 millim. (5 1/2-
8 1/2 lin.)-— Fœm. : Longit. mandib. excl., 32-39 millim.
2e série, t. vui. Année 1856. 6
82 wev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)
(14-17 1/2 lin.); latit. mandib. excl., 15-17 1/4 millim.
(6 3/4-7 lin.).
Elongatus, convexiusculus, fusco-piceus ; elytris mandibulisque
fusco-castaneis. Caput nitidulum; carina frontali parum perspicua,
occipitali parum elevata ; mandibulis capite sesquilongioribus , ro-
tundatim curvatis, gracilibus, apice fuscatis medio unidentatis, den-
ticulisque 4-6 ante médium, l-2pone médium tuberculiformibus,
obtusis, haud quadrato trunffatis instructis ; antennarum capitulo in
utroque sexu pentaphyllo. Thorax nitidulus , transversus, subqua-
dratus, angulo laterali rolundato. Scutellum, elytra, pectus, abdo-
men, pedesque ut in Luc. Cervo. Hab. Gallia meridionali circa Telo-
nem et portum Veneris.
D'après la diagnose ci-dessus, le mâle de cette espèce,
à l'état de développement complet, diffère du L. Cervus
par sa forme plus allongée, sa convexité plus faible, le
brillant de la tête et du corselet, la moindre saillie des
carènes frontale et occipitale, la gracilité et la courbure
plus arrondie des mandibules et la forme tuberculée
obtuse et non carrée de leurs dentelures, les cinq articles
flabellés du capitule des antennes et la forme plus carrée
du corselet. La femelle diffère par sa forme plus allongée
et le capitule pentaphylle de son antenne.
Les plus grands individus mâles, connus, atteignent à
la taille des plus grands Luc. Cervus de la variété Capra,
Linné,c' est-à-dire 46 millimètres, et j'en ai souslesyeux neuf
exemplaires présentant toutes les décroissances jusqu'à la
taille de ii8 millimètres. A mesure que la taille décroît,
l'épistome, de conique et aigu qu'il est à l'état normal, se
raccourcit, s'arrondit, etfinitpar devenir transversal à bord
presque droit; les mandibules, d'abord d'une longueur
égale à celle de la tête et du corselet réunis, finissent par
atteindre à peine celle de la tête seule ; la dent inférieure
de leur fourche apicale s'oblitère peu à peu, mais sans
jamais disparaître entièrement, non plus que la dent mé-
diane ; les dentelures intermédiaires diminuent en nom-
bre et en saillie, et finissent par s'effacer complètement,
mais elles conservent jusqu'au dernier moment leur for-
TRAVAUX INÉDITS. 83
me arrondie à l'extrémité, tandis qu'elles restent toujours
à troncature carrée dans le L. Cervus, et je puis ajouter
dans toutes les espèces hexaphylles.
Des modifications presque exactement semblables se
remarquent dans les mandibules décroissantes et dans
répistonne du Luc. Cervus. Les mandibules, dans les
deux espèces, conservent dans leur décroissance la même
courbure; plus épaisses, un peu anguleuses et décrivant
presque un demi-hexagone dans le L. Cervusy elles sont
plus grêles et en arc de cercle presque parfait dans le
L. pentaphyllus.
Ces .détails comparatifs, utiles pour la distinction des
deux espèces, sont devenus indispensables depuis la des-
cription d'une espèce nouvelle par MM. Mulsant et
Godart, Luc. Fabiani, Ann. de la Soc. Linnéenne de
Lyon, 1855, p. 250. Cette description me paraît avoir été
faite sur un mélange d'individus au moindre degré de
développement des Luc. Cervus et Luc. pentaphyllus.
Les principaux caractères signalés par les savants ento-
mologistes lyonnais : êpistome transverse, mandibules courtes,
non fourchues, bidentées intérieurement, sans dentelures, etc.,
ne sont que des dégénérescences des deux espèces, et il
est probable que les individus qu'ils signalent à antenne
tétraphylle sont des L. Cervus, et que ceux à antenne
pentaphylle sont des L. pentaphyllus. Cette prétendue es-
pèce, fondée sur l'observation d'organes dégénérés, doit
donc disparaître de la nomenclature.
J'ai cru devoir conserver à mon espèce le nom sous
lequel je l'avais désignée autrefois, parce que ce nom si-
gnale un caractère constant jusqu'à présent. Je ne pré-
tends pas qu'on ne puisse trouver des individus tétra-
phylles ; mais en trouvàt-on , cette exception ne vaudrait
pas contre la règle.
Des exemplaires du Luc. Cervus à antennes penta-
phylles, ou bien pentaphylle d'un côté et tétraphylle de
l'autre, ont passé sous mes yeux en assez grand nombre;
84 rev. et mâg. de zoologie. [Février 1856.)
ils proviennent, presque tous, du midi de la France (1) et
appartiennent au commencement de dégénérescence dont
Linné avait fait son Luc. Capra. Ces monstruosités anten-
naires n'empêchent pas le Luc. Cervus d'être caractérisé
normalement par la division en quatre feuillets du capi-
tule des antennes.
Huit exemplaires mâles du Luc. pentaphyllus et quatre
femelles me sont connus; deux mâles et une femelle
dans ma collection, provenant de Port-Vendre; trois
mâles et deux femelles dans la collection de M. de M...,
trouvés par M. de Cerisy et par M. Guérin-Méneville
en 1853 à Montrieux, près de Toulon ; deux mâles dans
la collection de M. de la Ferté, indiqués du midi de la
France; un mâle dans la collection de M. Boieldieu,
indiqué de Nyons (Drôme), et une femelle dans celle
de M. Guérin-Méneville, venant de Montrieux.
Coléoptères nouveaux; par M. A. Chevrolat.
Galba fum: bris. Inœqualis, nigra, ruge et dense punctata ; capite
profonde canaliculato ; thorace globoso, inaequali, tuberculis duo-
decim transversim rugosis longitudine sulcato ; elytris quatuor ma-
culis atro-holosericeis , duabus oblique flexuosis ante médium et
duabus transversalibus ante apicem , in sutura acuminatis. — L.,
14 1/2; 1., 6mill.
D'un noir mat, inégale et couverte de points très-serrés
etruguleux. Tête arrondie, très-profondément canaliculée
en avant et offrant quatre côtes ou carènes obliques ; sillon
prolongé jusqu'au front; yeux rougeâtres. Corselet globu-
leux, inégal, muni d'une douzaine de tubercules oblongs
et ridés en travers : six sont presque réunis entre eux sur
la région dorsale (mais les deux postérieurs sont les plus
élevés) et trois sont disposés triangulairement sur chaque
côté (deux en dedans et un en dehors). Le bord antérieur
(1) J'en possède cependant un bel individu provenant de la collec-
tion de Kirby, où il était noté comme trouvé dans le parc de Rich-
mond , en Angleterre.
TRAVAUX INEDITS. 8.S
est droit, et le bord postérieur bicintré et tronqué au
milieu. Écusson arrondi. Élytres inégales, marquées de
neuf stries profondes et de plusieurs dépressions à la base,
d'une au-dessous de l'épaule et d'une autre flexueuse sur
le côté, vers le milieu. Chaque étui ofFre deux taches d'un
noir velouté ; la première est obsolète et oblique avant le
milieu, et la seconde transversale et située avant l'extré-
mité. Suture acuminée. Tarses grêles, noirs, à lamelles
jaunâtres.
Elle est propre à l'île de Bornéo.
Galba albiventris. Fusca, obscura; capite (carinato) antice, tho-
race (postice bituberculato) iii medio et lateribus, corporeque iufra
albidis, sericeis; elytris (basi sulcatis, apice conjunctim acuminatis)
maculis duabus obsoletis murino-llavidis ultra médium sitis; anteunis
flabellatis, nigris ; pedibus cinereo-sericeis , tarsis pallidis. — L.,
17; 1., 6 1/2mill.
D'un fauve verdâtre en dessus, d'un blanc argenté en
dessous. Tête large, arrondie, fortement carénée au mi-
lieu; chaperon large, coupé droit, noir; palpes orangés;
antennes noires, offrant 10 articles rameux; yeux petits,
arrondis, rougeàtres; un sillon est situé au-dessous pour
loger le premier article des antennes. Corselet gibbeux ,
large , coupé droit et en cintre en avant , fortement bi-
sinué et tronqué en arrière, muni, sur sa partie dorsale et
postérieure, de deux tubercules, lesquels sont transversa-
lement déprimés en dehors ; marge (largement) et le milieu
( étroitement ) blanchâtres ; sillon longitudinal entier.
Écusson grand, en carré long, arrondi en arrière. Élytres
un peu moins larges que le corselet, rebordées et arron-
dies sur la base , avancées et arrondies sur la marge au-
dessous de l'épaule, rétrécies au delà et subparallèles,
quoiqu'un peu atténuées sur les deux tiers postérieurs,
acuminées au sommet de la suture. Le dedans de la base
est déprimé, et présente 3 à 4 sillons et côtes raccourcis •
leur surface est cotonneuse et d'un fauve obscur qui, vers
les deux tiers postérieurs externes, se convertit, de chaque
86 rev. et mag. de ZOOLOGIE. (Février 1856.)
côté, en une tache obsolète d'un jaune soyeux; l'extré-
mité est légèrement dénudée et noire pour le fond, et
offre quatre stries ponctuées réunies par deux. Corps, en
dessous, d'un blanc soyeux argenté. Pattes cendrées et
également soyeuses. Tarses grêles, ferrugineux; premier
et dernier articles minces et longs ; les trois intermédiaires
sont munis, en dessous, de longues lamelles étroites.
Cette rare espèce, qui est originaire de l'île de Java,
m'a été gracieusement offerte par M. le docteur Horsfield,
directeur du cabinet zoologique de la compagnie des
Indes orientales de Londres.
Galba sericata. Albo-flavo-brunneoque sericea; capite (carinato);
thorace (tuberculis sex obscuris) scutello , elytris basi (flavo-aureis
cum macula laterali et transversali fusca aute médium) eorporeque
infra albido-sericeis ; antennis nigris ; pedibus cinereis, tarsis rufis.
— L., 121/2; 1., 4 mi 11. 1/2.
Voisine de la Galba marmorata, Guérin-Méneville. D'un
blanc soyeux argenté. Tête arrondie, fortement carénée;
palpes orangés; antennes noires; yeux d'un brun rougeâ-
tre. Corselet convexe, sinueusementéehancré en arrière sur
la tête, bicintré et tronqué au milieu sur la base, muni de
six tubercules obscurs dont les deux premiers émettent un
trait rectangulaire longitudinal et transversal en dessous,
les deux médiaux sont gibbeux et déprimés extérieure-
ment, et enfin les deux au-dessus de l'écusson sont allongés
et également déprimés sur leurs bords en dehors ; en outre
il existe une petite saillie sur le côté postérieur en regard
de l'épaule ; sillon dorsal entier. Écusson grand , arrondi
en arrière. Élytres un peu plus étroites que le corselet,
arrondies sur la base (transversalement déprimées et pré-
sentant 5 stries longitudinales), avancées et arrondies sur
la marge antérieure, sinueuses et acuminées chacune sur
la suture ; l'ensemble de leur surface est d'un jaune soyeux
doré ; une tache latérale transverse d'un brun châtain est
située avant le milieu ; le sommet externe est noir pour le
fond , et reproduit quatre stries ponctuées réunies entre
TRAVAUX INÉDITS. 87
plies par deux. Pattes grises, soyeuses. Tarses pâles.
Elle provient de l'île de Bornéo.
ï.eproderà umbriata. Fusca , mandibulis oculisque nigris; tho-
race transversim tristriato, acute spinoso; scutello transverso, rotun-
dato; elytris thorace latioribus, et sesquitriplo longioribus , in hu-
mero rectangulis et modice luberculatis , ad apicem anguste rotun-
datis singulo coleoptero cum maculis duabus holosericeo-brunneis
transversim positis, fere triangularibus intusque flavo marginatis. —
L., ;il;l., llmill.
Voisine de la Lep. pleuricosta de Guérin-Méneville.
Fauve. Tête coupée droit en avant , un peu relevée à sa
partie inférieure, inégale, ponctuée, longitudinalement
sillonnée; mandibules larges, d'un noir brillant; yeux
d'un noir terne; antennes de la longueur du corps chez la
femelle. Corselet droit en avant, un peu bisinué à la base,
avec le sommet externe avancé, muni de trois sillons
transverses dont l'antérieur est profond et biarqué, le se-
cond sinueux et le troisième beaucoup plus faible ; disque
offrant une impression orbiculaire, et émettant, de chaque
côté, un trait arqué et relevé. Épine latérale robuste,
aiguë, noire à l'extrémité. Écusson arrondi, transverse.
Élytres trois fois et demie aussi longues que le corselet ,
avancées rectangulairement sur l'épaule (laquelle est
marquée en dessus de petits tubercules), étroitement ar-
rondies et subanguleuses près de l'extrémité de la suture ;
sur chacune deux grandes taches d'un brun velouté, trans-
verses, presque triangulaires, appuyées à la marge et
bordées intérieurement de jaune ; entre ces deux taches ,
on voit quelques gouttelettes jaunâtres. Pygidium conique
et largement tronqué. Jambes intermédiaires munies,
aux deux tiers externes, d'un éperon échancré à sa base,
et qui est frangé de soies jaunâtres jusqu'à l'extrémité.
Femelle.
Elle est originaire de l'île de Bornéo.
Lkprodkra trimaculata. Fusca, oculis nigricautibus; capite pa-
rum puuclato, sat profonde sulcato; thorace iuaequali, plicato, acute
puuctato, sulcis duobus flexuosis transversim positis in lateribus va-
88 rev. et mag. de zoologie. (Février 1856.)
lidc spinoso; scutello fere rotundato ; elytris rubricantibus, punctu-
latis thorace latioribus, basi sinuatis, in humero rectangulis et mi-
nute tuberculatis, usque ad apicem modice attenuatis et in extremitate
obtuse rotundatis, tribus maculis holoscriceis nigro-brunneis : una
communi, subcordiformi infra scutellum, duabusque margiualibus ;
anteriora minuta posteriora trigona et magna. — L., 25; 1., 5 mill.
— -Leprodera 3-maculata. Dejean, Cat., 3e éd., p. 368.
Fauve. Tête allongée, coupée droit en avant, quelques
points près des yeux et sur le sommet; sillon longitudinal
assez profond ; antennes guère plus longues que le corps.
Corselet aussi haut que large, fortement crevassé et ridé,
avec des points assez profonds; bord antérieur coupé
droit, bord postérieur largement cintré sur l'écusson,
avec l'angle droit et rentrant ; il offre deux sillons transver-
ses, profonds et flexueux, et dont l'antérieur rentre sur le
dedans, et est brièvement coupé droit sur le milieu du
disque. Écusson arrondi. Élytres d'un fauve rougeâtre,
si nuées sur la base, avancées rectangulairement sur l'é-
paule (quelques tubercules en dessus) , elles vont en se ré-
trécissant insensiblement jusqu'au sommet de la marge ,
et l'extrémité est brièvement arrondie, leur surface est
finement ponctuée ; chaque étui présente trois taches d'un
brun soyeux noirâtre : une commune subcordiforme au-
dessous de l'écusson et deux marginales ; celle antérieure
est petite , tandis que celle au-dessous est grande , trian-
gulaire et située au delà du milieu. Jambes médianes mu-
nies extérieurement, au delà des deux tiers de la lon-
gueur, d'une dent échancrée couverte de poils noirs.
Le comte Dejean avait reçu cette espèce de M. Leconte
père comme étant originaire de l'île de Java. Elle fait ac-
tuellement partie de ma collection.
Dorcadion bithyniense. Nigrum, eapite nitido, inaequali, vage punc-
tato, ad oculos albo-marginato; labro clypeoque angulosim emargi-
natis; antenuis nigris (primo articulo rubro); thorace sat crebre et
minute punctato, acute spinoso; elytris versus médium ampliatis,
basi attenuatis, holosericeis, cum margine, sutura, linea média, antice
interrupta, punctoque infra basiu albissimis; pedibus rufis, tarsis
SOCIÉTÉS SAVANTES. 89
obscuris; corpore iufra lanugine leucophaea iudulo.— L., 1 1 ; 1. amp].,
5 mill.
Cette espèce ressemble, pour la forme et les couleurs,
au D. scabricolle, de Daim. D'un noir profond et luisant
sur la tête et le corselet , et d'un noir velouté sur les ély-
tres. Antennes noires, avec le premier article rougeâtre.
Cuisses et jambes rougeâtres. Tarses obscurs ; les trois
premiers articles des quatre pattes antérieures dilatés et
subtriangulaires. Chaperon et lèvre fortement échancrés
et anguleusement sur la dernière. Tête inégale, chagrinée
pour le fond, vaguement et finement ponctuée ; sillon lon-
gitudinal étroit. Corselet transverse assez densément et
profondément ponctué vers les côtés. Épine latérale courte,
aiguë. Écusson noir, petit, déprimé. Élytres élargies vers
le milieu, atténuées à la base, un peu moins à l'extrémité :
celle-ci est régulièrement arrondie; marge, suture, ligne
numérale interrompue au-dessous de l'épaule et une petite
tache basale, toutes d'un blanc de lait. Corps, en dessous,
couvert d'un duvet blanchâtre. — La femelle m'est in-
connue.
Je dois ce bel insecte à la générosité de M. Ch. Ott , de
Strasbourg. Il est originaire des environs de Brousse, ville
célèbre par la résidence de l'émir Abd-el-Kader et aussi
par les récents tremblements de terre, qui ont complète-
ment anéanti cette cité.
II. SOCIETES SAVANTES.
Académie des sciences de Paris.
Séance du 4 février 1856. — M. Serres lit une Note
sur les Touariks. Le savant académicien ayant reçu de
M. (iuyon des renseignements intéressants sur ces habi-
tants du Sahara, en conclut que les Touariks sont un ra-
meau de la race caucasique qui s'avance, à l'est de l'Afri-
que , jusqu'aux confins de l'Egypte. Ils se croient les
habitants les plus anciens de la terre; leur langage n'est
90 rev. et mag. de zoologie (Février 1856.)
pas arabe, et ils affirment qu'il est le plus ancien dans le
monde.
M. Millet présente une Note sur le rempoissonnemcnt des
cours d'eau.
Dans cette note, qui résume les principaux résultats
que l'auteur a obtenus dans la gare de Choisy-le-Roi par
l'emploi de moyens réellement pratiques destinés à as-
surer l'empoissonnement des cours d'eau , il établit que
pendant ces trois dernières années , à partir du mois
d'avril 1852 , des frayères artificielles ont été organisées
et placées sous la surveillance des employés de la gare.
Tous ces appareils ont produit des quantités considérables
de jeunes poissons qui peuplent aujourd'hui la gare, et
qui, au fur et à mesure de leur développement , se répan-
dent, dans les cantons limitrophes, sur tout le cours de
la Seine. Ces résultats ont produit une heureuse impres-
sion sur les riverains pour la propagation et la conserva-
tion du poisson, et sur les nombreux visiteurs qui ont
suivi les expériences de M. Millet, et n'ont pas tardé à en
appliquer les principes sur divers points de la France et
de l'étranger.
Pour ne laisser subsister aucun doute dans l'esprit des
riverains, même des plus incrédules, M. Millet a eu l'idée
de faire éclore, dans la gare, des œufs de Poisson rouge
ou Cyprin doré de la Chine. Dès le printemps de 1855,
cette jolie espèce était abondamment répandue dans la
gare et dans la Seine à plusieurs kilomètres de distance.
Antérieurement à cette importation , l'inspecteur de la na-
vigation et les habitants du pays n'avaient pas vu ou péché
un seul Poisson rouge.
L'importance des résultats obtenus fixera, dit M. Millet
en terminant , j'ose l'espérer, la bienveillante attention de
l'Académie, et pourra peut-être donner une nouvelle
preuve à l'appui de l'opinion que j'ai émise, à savoir que
la pisciculture pratique était facile et peu coûteuse sur les
cours d'eau , et que leur empoissonnement pouvait être
SOCIÉTÉS SAVANTES. 91
opéré sans avoir recours à des établissements spéciaux.
MM. Bourguignon et Delafond adressent un travail sur
un nouvel acarus du cheval pouvant transmettre la gale de
re solipède à l'homme.
« Jusqu'à ce jour, il était permis de révoquer en doute
les cas de transmission de la gale du cheval à l'homme,
attendu que le parasite connu de la gale du cheval ne
pouvait vivre sur l'espèce humaine, et que les auteurs qui
se sont prononcés pour l'affirmative n'ont jamais démontré
scientifiquement que la maladie transmise fût réellement
due à la présence d'un acare provenant du cheval. En
partant des données fournies par l'entomologie , on était
fondé à refuser aux parasites connus propres aux herbi-
vores, et au cheval en particulier, la faculté de transmettre
la gale. L'observation vient de nous permettre de re-
monter des effets aux causes et de tout expliquer.
« Le cheval peut avoir deux espèces de gale : une pre-
mière, due à la présence du parasite acarien propre aux
herbivores et connu depuis longtemps , qui ne saurait
tracer des sillons, vivre sur la peau de l'homme et lui
transmettre la contagion ; une seconde, due à la présence
d'un acare identique à celui des carnivores, pouvant
tracer des sillons, transmettre la psore, et dont personne
na soupçonné l'existence jusqu'à ce jour. Cette maladie
transmissible est aussi différente dans l'ensemble de ses
symptômes de celle qui ne peut se communiquer, que les
parasites qui en sont la cause première diffèrent entre
eux. »
M. Wanner présente , comme supplément à sa précé-
dente Note sur l'organe pulmonaire considéré comme pre-
mier impubeur du sang, les résultats de deux expériences
qu'il considère comme des preuves à l'appui de la théorie
exposée dans cette Note.
« Dans la première expérience, faite sur un mouton, on
a introduit de l'air condensé dans les deux médiastins de
manière à neutraliser les mouvements de la poitrine , et
92 rev. et mag. de zoologie. {Février 1856.)
l'on a ainsi déterminé en dix minutes la cessation com-
plète des battements du cœur.
« Dans la seconde expérience, du sang de bœuf tiré
instantanément de l'animal, et reçu, afin d'éviter sa coa-
gulation , dans un vase maintenu à une température de
37 degrés centigrades, a été soumis à l'action du gaz
acide carbonique, au moyen d'un tube de verre recourbé
dont un bout était adapté à la vessie contenant le gaz , et
l'autre à un bouchon de liège percé et avec lequel était
bouchée la bouteille contenant le sang ; le liquide sanguin
est devenu de couleur rouge-brun et a présenté une semi-
coagulation.
« Je conclus du fait de la première expérience, com-
parée à la possibilité où l'on est de faire circuler, par une
respiration artificielle, dans le corps d'un animal mort
tout récemment le sang aussi longtemps qu'il conserve sa
liquidité, que si le cœur était le premier impulseur du
mouvement circulatoire, ses battements devraient se pro-
longer bien au delà du temps marqué dans mon expé-
rience, car MM. Williams et Hope ont fait durer, comme
on le sait, une circulation artificielle une heure vingt
minutes après le décès constaté , et auraient pu la faire
durer plus longtemps encore.
« La conséquence de la seconde expérience ne me
semble pas moins favorable à la thèse que je soutiens,
puisqu'elle semble indiquer que la mort est déterminée ,
dans l'asphyxie , par la coagulation du sang et l'impossi-
bilité de la circulation par suite de cette coagulation. »
Séance du 11 février. — M. Élie de Beaumont donne
lecture d'extraits d'une lettre de M. Albert Gaudry con-
tenant l'exposé des résultats des recherches paléontologi-
ques qu'il a faites à Pikermi (Attique). M. Gaudry annonce
qu'il va envoyer cinquante à soixante caisses d'ossements
fossiles provenant de ses explorations.
Séance du 18 février. — M. [s. Geoffroy Saint-Hilaire ,
en présentant à l'Académie, au nom de M. Bekker, de
SOCIÉTÉS SAVANTES. 93
Darmstadt, un Mémoire, écrit en allemand, sur l'ongle de
la queue du Lion, donne une idée de ce travail, qui a pour
sujet une question, sinon importante, du moins très-cu-
rieuse.
« On s'est beaucoup occupé, dans ces dernières an-
nées, de X ongle ou, comme on l'a appelé, de Y aiguillon
que le Lion porte à l'extrémité de la queue. Cette particu-
larité de son organisation, longtemps ignorée par les mo-
dernes, était bien connue des anciens. On la trouve net-
tement indiquée par Didyme d'Alexandrie, qui vivait sous
Auguste; et, selon plusieurs auteurs, Homère lui-même
l'aurait connue, ce qui, du reste, serait peu étonnant,
puisqu'il existait encore des Lions en Grèce au temps
d'Homère.
« Le Mémoire de M. Bekker est à la fois un travail
d'érudition et d'observation sur ce sujet. On y trouve ci-
tés, chacun dans leur langage, et traduits en allemand,
les passages des poètes et des commentateurs qui parais-
sent avoir fait allusion à l'existence de l'ongle caudal du
Lion, ou qui l'ont mentionné , depuis Homère jusqu'aux
modernes. M. Bekker a également résumé , en y ajoutant
les siennes, les observations des naturalistes, particulière-
ment de Blumenbach.
« Dans un appendice , M. Bekker montre que l'exis-
tence de l'ongle caudal est loin d'être un caractère propre
au Lion. On le retrouve , parmi les Kangurous notam-
ment , chez le Macropus unguifer, qui l'a très-développé,
et chez le M. frœnatus, faits signalés depuis plus de quinze
ans par M. Gould. Il existe aussi, selon M. Bekker, chez
plusieurs Singes et chez quelques Mammifères, parmi les-
quels l'Aurochs.
« L'auteur a figuré l'ongle caudal du Lion , celui du
Macropus frœnatus et celui du Semnopithecus melalophos.
« Le même Membre fait hommage, au nom de M. P. de
Tchihatchef, d'un Mémoire sur la Chèvre d'Angora, ses
habitudes et son habitat en Orient, et d'une figure gravée
94 rev, et mag. de zoologie. (Février 1856.)
d'un magnifique individu dé cette espèce , que l'auteur
s'est procuré dans l'Asie Mineure, et dont il a enrichi le
musée impérial de Saint-Pétersbourg.
« Le Mémoire de M. de Tchihatchef a été rédigé en vue
de fournir à la Société impériale d'acclimatation les moyens
de choisir, pour ses troupeaux de Chèvres d'Angora , les
localités les plus favorables. C'est d'après les indications
de M. de Tchihatchef que deux de ces troupeaux ont été
placés dans le Cantal. »
M. Marcel de Serres présente quelques remarques con-
cernant un nouveau genre d'Annélide tubicolé perforant
qu'il désigne sous le nom de Stoa. Il caractérise ce genre
par la phrase suivante :
« Tube testacé, contourné en spirale orbiculaire et irré-
gulière ; d'une forme discoïde renflée et convexe ; dernier
tour détaché des premiers et se prolongeant parfois en un
tube droit ; ouverture ovalaire , terminée par un opercule
calcaire conique et surchargé. »
Séance du 25 février. — M. Élie de Beaumont lit un ex-
trait d'une lettre de M. Ch. T. Jackson sur l'action du
chloroforme sur le sang.
III. ANALYSES D'OUVRAGES NOUVEAUX.
Bulletins de la Société impériale des naturalistes de
Moscou, t. XXVI (1853).
Nous avons donné une idée des excellents travaux de
zoologie publiés par cette savante Société pendant les an-
nées 1850, 51 et 52 (Revue zool., 1855, p. 440); voici la
table des mémoires contenus dans le volume de l'année
1853, que nous recevons à l'instant :
DasypodœRossicœ in districtu Romen gubernii poltavici captae ; par
J. Behr, avec 1 pi., I, p. 69.
Quelques mots sur le climat et la faune de KamieniecPodolski,
par Balke, I, p. 410.
ANALYSES l)'OUVRAGES NOUVEAUX. 95
Sur un nouveau genre de ver aquatique se rapprochant de 1 Au-
guillula, par M. Czernay, I, p. 205.
Sur la mammalogie et l'ornithologie de la Russie , par Eversmann
(avec 1 pi.), H, 487.
Révision des escargots (hélices) russes, énumérés par J. A. Kry-
nicki, p. 08.
Notice sur l'histoire de la migration des oiseaux en Russie , p. 166.
Sur les Poissons fossiles du grès ferrifère de Koursk , par Kiprija-
noff(avec2pl.), p. 286.
Notice sur les dents fossiles d'un nouveau genre de Poissons, par
M. Romanowsky, p. 405.
Supplément à la faune des Coléoptères des colonies russes dans
l'Amérique septentrionale, par Mannerheim, p. 95.
Notice sur la qualité vésicatoire de quelques Coléoptères, etc., par
Alex. Becker, de Sarepta, p. 452.
Clymenarum et gonialilum natura notœque primariap, par Sand-
berger, p. 299.
Notice sur trois Papillons nocturnes de Java , par Zeller, II, p. 502.
Observations sur quelques nouvelles espèces d'insectes, par Nie.
Popoff, I, p. 101.
Essai sur les Cyclopides de Saint-Pétersbourg , par M. Sab. Fischer
(avec 2 pi.), I, p. 74.
Cette année 1853 a été désastreuse pour la Société , car
elle a perdu son fondateur, le célèbre Fischer de Wald-
heim , et l'un de ses membres les plus distingués, Tyzen-
hauz.
Une séance extraordinaire a été tenue le 20 octobre
pour entendre les discours qui ont été prononcés sur Fis-
cher de Waldheim par le président Nasimoff, par M. Rouil-
lier, par M. Masloff, par M. Pascault et par M. Liaskovsky.
Ces orateurs ont rappelé à la Société la belle vie et les
nombreux travaux du savant qu'elle vient de perdre.
Il a été décidé à l'unanimité qu'un monument serait
élevé à la mémoire de Fischer de Waldheim. Une sous-
cription a été ouverte à cet effet parmi tous les amis de
l'histoire naturelle.
Dans le même numéro, la Société a publié une notice
sur la vie et les ouvrages du comte Constantin Tyzenhauz.
Nous publierons ce travail, avec le portrait du savant dont
96 rev. etmag. de zoologie. (Février 185G.)
les zoologistes déplorent la mort, dans un de nos pro-
chains numéros.
IV. MÉLANGES ET NOUVELLES.
M. le docteur Pucheran nous prie d'insérer les dia-
gnoses suivantes :
1° Cercopiihecus Erxlcbenii, Dallbet, Puch. — Subparvus, cati
domestici raagnitudinis : olivaceo, fulvo, ferrugineo, griseo nigroque
variegatus; subtus et artuum lateribus internis luteus fundo albido ;
caudx parte basali infra olivaceo et nigro varia; vittis capitis tribus,
intermedia cristam efficiente, regione lumbo sacrali, caudae parte
supera et toto apice, artubusque anticis externe nigris; manibus
omnibus facie qe fuscis, ore carneo.
De l'Afrique occidentale (?). — Espèce décrite d'après
une jeune femelle qui a vécu à la ménagerie du musée de
Paris.
2° Cynocephalus Doguera, Puch. et Sch. — Major : brunneo-oli-
vaceus ; manibus anticis nigro irroratis.
Habite l'Abyssinie.
TABLE DES MATIERES.
Pages.
Pucheran. — Mammalogie du continent africain. 49
De Souancé. — Catalogue des Perroquets. 56
Jaubert. — Neuvième Lettre sur l'Ornithologie. 64
Bourguignat. — Aménités malacologiques. 66
Reiche. — Nouvelle espèce de Lucanus. 80
Cbevrolat. — Coléoptères nouveaux. 84
Académie des sciences. 89
Analyses. 94
Mélanges et nouvelles. 96
PARIS. — IMJ». DE Mm" Ve BOUCHARD-HUZARD , RUE DE L'ÉPERON, 5.
DIX-NEUVIÈME ANNÉE. — MARS 1856.
I. TRAVAUX INEDITS.
Dixième lettre sur l'Ornithologie de la France méridio-
nale; par le docteur J. B. Jaubert.
Pterocles. — P. alchata. Je n'ai rien à ajouter à l'his-
toire de cette espèce, type aux allures excentriques dont
la répartition géographique paraît concorder avec l'exis-
tence d'un sol aride et désert, sinon que ses mœurs sau-
vages et peu sociables la rendent tous les jours plus rare
en Crau. Les facilités de communication d'une part, la
création d'un jardin zoologique de l'autre, semblent con-
courir puissamment à la destruction de ces oiseaux, dont
la tête est aujourd'hui mise à prix. Il en sera de ceux-ci
comme de tant d'autres espèces que le voisinage de
l'homme expulse peu à peu de leurs domaines naturels.
Je crois peu aux migrations des Gangas, comme fait
normal... La présence accidentelle de quelque individu
égaré dans le voisinage d'un centre d'élection me paraît
seule possible. L'espèce est répandue en Espagne, où elle
se montre dans des conditions analogues à celles de la Crau;
elle est commune en Asie et en Afrique, mais ne s'est ja-
mais montrée en Sicile.
Le P. arcnarius, très-répandu en Asie, l'est également
en Algérie ; mais si les assertions, qui font de cet oiseau
une espèce européenne, ne reposent pas sur des faits plus
certains que ceux avancés par Temminck , on peut , dès
aujourd'hui, considérer sa naturalisation comme forte-
2e série, t. vin. Année 1856. 7
98 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Uars 1856.)
ment compromise Personne n'admettra, d'ailleurs,
que ce Ganga puisse habiter les Pyrénées; quant à être
commun sur le marché de Madrid, c'est une erreur qu'il
est bon de relever en passant! Le Ganga cata lui-
même est rare aux environs de cette ville.
Tetrao — Une autre espèce qui se perd en France
est le T. urogallus, dont on voit encore quelques indivi-
dus dans les Pyrénées. Si l'espèce, en disparaissant, y était
au moins remplacé par le T. médius!!! Mais non! celui-ci
est évidemment un oiseau du nord que le ciel réserve à
des estomacs moscovites, puisqu'on le dit commun, de-
puis quelques années, sur le marché de St.-Pétersbourg(l).
(1) Si c'est à un hybride que nous avons affaire, pourquoi le croise-
ment entre les deux espèces types ne s'opère-t-il pas aussi chez nous,
où Tune des deux est incontestablement fort rare , condition qui me
parait toujours très -favorable à la production des hybrides?... Cette
question restera longtemps, sans doute, sans réponse. On trouve ce-
pendant à ce sujet, dans le journal de Cabanis (1854, 2e cahier,
p. 129), quelques raisons assez curieuses, mais complètement contra-
dictoires, que donne Gloger pour expliquer le phénomène. Le T. mé-
dius, nous dit l'auteur, a pour père T. urogallus et pour mère T. te-
trix; la raison en est qu'à l'époque des amours, à la suite des luttes
acharnées que se livrent entre eux les mâles du T. urogallus, les
plus faibles, se trouvant expulsés par les vainqueurs, vont se réfugier
chez l'espèce voisine, où leur grande taille leur permet encore de ré-
gner en maîtres; c'est là qu'usant du droit du plus fort, despotes à
leur tour, on les voit s'emparer des plus belles femelles Mais l'au-
teur, oubliant sans doute cette petite Odyssée, nous dit plus loin que
ces relations illicites se comprennent , car elles ont lieu entre deux
espèces dont le mâle, chez l'une, toujours plus grand (T. tetrix),
s'accouple avec la femelle de l'autre (T. urogallus), qui, plus petite
aussi, se rapproche du mâle par sa taille... Que conclure de ces con-
tradictions?... C'est que l'espèce, quelque dures que soient les con-
ditions que lui impose la nécessité, cherche sans cesse à obéir à l'in-
stinct que lui inspire la nature.
Naumann décrit un autre hybride entre le Tétras Birkan et le
T. des saules (Naumann's Vogel, Bd., VI, s. 333, 337), dont il donne
une bonne figure sous le nom de Bastard vom Birkhahn und der
Moorschnechenne... C'est un beau mâle, à queue légèrement four-
TRAVAUX INÉDITS. 99
Les T. telrix et Lagopus alpinm sont encore assez com-
muns dans le haut du département des Basses-Alpes; ce
dernier descend quelquefois, en hiver, jusque dans le Var.
M. l'abbé Caire a fait connaître dernièrement, dans un
des précédents numéros de la Revue zoologique, une inté-
ressante livrée d'automne, qui n'est, par le fait, qu'une li-
vrée de transition, dont la raison physiologique est dans
le soin que met la Providence à donner à chaque animal
une robe en harmonie avec le milieu qu'il habite.
Bona-sia. — La Gelinotte ne se montre jamais sur le
marché de Marseille; la seule conclusion à en tirer, c'est
qu'elle est moins notre voisine que le Birkan et le Ptar-
migan, qui abondent dans nos Alpes. Bouteille nous dit,
au reste, que l'espèce a notablement diminué dans les
montagnes du Dauphiné ; elle est encore commune dans
les Cévennes et sur quelques points des Pyrénées.
Perdix. — Si nous consentons à signaler la Perdrix
garnira comme se montrant quelquefois en Provence, di-
sons tout de suite que ce n'est que d'une manière acci-
dentelle. Je n'en connais, pour mon compte, qu'une seule
capture faite, il y a environ cinq ans, à quelques lieues de
Marseille. Pol. Roux avait représenté cet oiseau, mais sans
aucune explication, ce qui laisse cependant supposer
qu'il l'avait rencontré. Nous savons que, à diverses épo-
ques, des essais d'acclimatation furent tentés par quelques
grands propriétaires de la Crau et de la Camargue, mais
sans aucune espèce de succès; ne serait-ce pas au dépla-
cement ou à la dispersion de quelques-uns de ces oiseaux
que nous pourrions attribuer nos captures?... Il n'est pas
rare aujourd'hui de rencontrer la Gambra sur nos mar-
chés, car les bateaux à vapeur qui font le service d'Afrique
nous en apportent, en hiver, un assez grand nombre;
mais ces sujets, entassés pendant plusieurs jours de traver
chue, tapiré de blanc et de noir, d'où vient que cet hybride ncst pas
aussi fréquent que le précédent?...
100 rev. et mag. de zoologie. {Mars 1856!)
sée, sont toujours reconnaissables à leur peu de fraîcheur.
La Perdrix rouge, que l'on considère généralement
comme sédentaire, exécute cependant, chez nous, des mi-
grations partielles bien connues de tous nos chasseurs. En
hiver, et principalement à l'époque des grands froids, ap-
paraissent, en effet, des bandes de Perdrix rouges, sur des
points où l'on ne rencontrait plus naguère que quelques
rares débris de ces compagnies sédentaires que l'on pour-
suivait depuis l'automne. Ces oiseaux, peut-être, chassés
des montagnes par le froid ou la neige, viennent chez nous
chercher leur nourriture et concourent, au printemps, à
repeupler nos coteaux.
La Bartavelle, au contraire, semble ne jamais quitter les
régions montagneuses; elle paraît, d'après les auteurs,
très-répandue dans tout le midi de l'Europe ; mais, est-ce
bien notre Bartavelle que l'on rencontre en Grèce et dans
les villes de l'Archipel?...
La Perdix Labatiei de Bouteille, cette voisine avec la-
quelle il ne m'a pas encore été donné de faire connais-
sance, habiterait aussi l'Italie, d'après Ch. Bonaparte. La
ville de Grenoble, où l'on s'attendrait naturellement à
trouver toute l'histoire de cet oiseau, n'en présente qu'une
misérable dépouille, peu faite, il faut en convenir, pour
satisfaire la curiosité d'un naturaliste en tournée. Quoi
qu'il en soit, est-ce un hxjbride, est-ce une espèce?... Voici
toujours la même question, c'est-à-dire le même doute !
Convenons, cependant, que, si nous admettons ici Y espèce,
nous n'aurons pas de raisons pour ne pas en faire autant à
l'endroit des Tetrao médius, des Perdix montana, de ma
Fuligula, de ma Fringilla, de tous ceux, en un mot, qui se
trouvent dans les mêmes conditions L'hésitation, bien
légitime en pareil cas, touche à des questions dont la so-
lution se fera peut-être longtemps attendre. Espérons, ce-
pendant, que M. Bouteille, qui seul pourrait nous éclairer,
ne mettra pas douze ans encore à tenir la promesse que
nous fit son livre.
TRAVAUX INÉDITS. 101
La Perdrix grise, à petite taille (P. damascena, Lath.),
est un oiseau de passage, assez rare chez nous ; mais la
Perdrix grise ordinaire, qui est aussi de passage , y est, au
contraire, assez commune. Quant à la P. monlana , je ne
la connais pas dans le midi de la France.
Turnix. — Le Turnix africanus, dont j'ai signalé quel-
ques captures dans le midi de la France, y avait été, sans
doute, rencontré parPol. Roux, qui nous donne (Orn. mé-
rid., pi. 263 bis, T. andalusicus) unebonne figure du jeune,
ce qui laisserait supposer l'existence de quelque couvée ac-
complie dans nos contrées. Je ferai seulement remarquer
que j'ai vu cet oiseau tué en livrée d'adulte; j'ignore seule-
ment à quelle époque de l'année M. L. Benoît nous signale
l'espèce sous ses deux noms, Andalusica et Gibraltarica,
comme sédentaire en Sicile. Cet oiseau nous vient évidem-
ment de l'Algérie, où il paraît être fort commun. Quelques
individus, observés vivants, nous ont montré en captivité
toutes les allures de la Caille, avec un naturel doux et ti-
mide ; leur cri seulement est tout particulier, c'est un son
lugubre et profond que l'oiseau fait entendre par inter-
valle ; il gonfle alors son cou, ramène sa tête entre les
épaules et laisse entendre, à la manière des ventriloques,
une note voilée que l'oreille semble percevoir dans le loin-
tain.— Le jardin zoologique de Marseille possède en ce
moment quelques Turnix vivants, originaires de la côte
orientale d'Afrique ; ils sont en tout semblables à ceux de
notre Algérie, mais d'un bon tiers plus petits; leurs teintes
m'ont paru généralement plus pâles.
Porphyrio. — Presque tous les Talèves que j'ai vus dans
les ménageries ou dans nos jardins appartenaient à l'es-
pèce à dos vert [P. smaragnotus, Temm.). D'où vient cette
particularité, alors que le P. veterum, notre voisin de Si-
cile et d'Algérie, serait bien plus facile à amener?... L'un
et l'autre, au reste, ont été tués dans les environs de Mar-
seille, avec cette différence que les premiers étaient évi-
demment des oiseaux de basse-cour ou de volière, tandis
102 rev. et mag. de zoologie. (Mars 1856)
que la Poule sultane, nom bien connu en Camargue, est
un de ces oiseaux dont nos plus vieux chasseurs comptent
les rares captures. J'ai signalé cet oiseau dans Y Ornitholo-
gie du Var ; Pol. Roux, Bouteille et Crespon en parlent
aussi, ce qui est loin de prouver que l'espèce soit com-
mune.
Fulica. — La Fulica cristata, que nous rencontrons
quelquefois sur notre marché, où les Foulques ordinaires
ne viennent jamais en grand nombre, est sans doute plus
commune que nous ne le supposons parmi ces formidables
bandes qui couvrent, en hiver, la plupart de nos étangs ;
elle se trouve dans presque toutes les collections; M. de
Montvallon en possède cinq ou six individus recueillis, à
diverses époques, sur les étangs de Berre et de Mari-
gnane.
Parra jtacana et Ardea atricollis, tués à quelques
lieues de Draguignan, seront longtemps encore deux énig-
mes pour nous. Il faut avoir vu la fraîcheur irréprochable
de ces deux oiseaux, chassés à quelques années d'inter-
valle, dans les marais qui bordent la mer, pour ne pas se
laisser aller complètement à l'idée que l'on a été la dupe
de quelque évasion... Le Jacana, blessé à l'aile, fut ap-
porté vivant à M. Jouffret, qui le conserva toute une jour-
née, et l'oiseau mourut sans avoir voulu prendre aucune
nourriture. Tout commentaire est, au reste, superflu.
Ons. — L'Outarde canepetière (O. tetrax), si commune
dans le nord de l'Afrique, ne nous visite qu'accidentelle-
ment; je pourrais cependant en compter plusieurs cap-
tures, mais constamment en automne, tandis que la grande
outarde (O. tarda), qui, d'ailleurs, ne se montre plus chez
nous que de loin en loin, apparaît toujours à l'époque des
plus grands froids. — Une bande d'Outardes canepetières
aurait été vue en octobre 1855, sur les hauteurs qui bor-
dent la Durance, à quelques lieues en dessous de Ma-
nosque, sans qu'il ait été possible de les tirer. — Une par-
ticularité anatomique que je n'ai vue signalée nulle part
TRAVAUX INÉDITS. 103
est celle que présente le mâle à l'époque des amours : les
organes de la voix, ou plutôt le cou en entier est entouré
d'une épaisse couche de tissu cellulaire d'une consistance
aqueuse, qui donne à cette partie de l'animal un volume
quelquefois énorme ; cet état de turgescence paraît ne du-
rer que fort peu de temps et précède une mue partielle qui
commence par les parures du cou.
Rien au sujet de YHoubara que je ne connais dans au-
cune collection, comme tuée dans le midi de la France.
On m'a cependant affirmé qu'un jeune, ou en livrée d'hi-
ver, avait été pris vivant dans les environs de Nice ;
M. Verany pourrait nous renseigner à ce sujet.
Chettusia gregaria. — J'ai dit, en 1851, tout ce que je
savais sur cet oiseau, dont je me réserve de donner bien-
tôt et la description et la figure. Bouteille le signale dans
son Ornithologie du Dauphiné.
Cursorius isabellinus. — Ce joli petit oiseau nous vi-
site quelquefois en automne et toujours en livrée incom-
plète. Une particularité à noter, c'est que les quelques in-
dividus tués dans le midi de la France l'ont presque tous
été sur des points élevés ou dans les montagnes. Aux envi-
rons de Marseille, c'est sur les rochers de Notre-Dame-de-
la-Garde qu'ont été pris les deux ou trois sujets que nous
possédons, et dans les environs de Montpellier ce fut au
milieu d'une liasse de Turdus torquatus que M. Lunel
rencontra le sien.
Phalaropus. — P. Roux, Bouteille et Crespon ont déjà
signalé, comme accidentelle, la présence, chez nous, des
Ph. fulicarius et hyperboreus. Vers la fin de l'hiver 1844
ou 1845, je trouvai sur notre marché un bel individu du
Fulicarius, en livrée de jeune. A quelques jours de là, je
rencontrai chez le même marchand de gibier quatre ou
cinqPh. hyperboreus, en livrée d'hiveraussi, ettousen très-
mauvais état. Ne connaissant pas alors tout le prix d'une
pareille capture, je me contentai de prendre le moins mau-
vais, dont je tirai un assez médiocre parti; depuis lors, je
lOfc REV. et mag. de zoologie. (Mars 1856.)
n'ai plus vu ni l'un ni l'autre de ces deux oiseaux.
Gallinago. — Je ne connais de ce genre que les trois
espèces : G. major, G. scolopacinus et G. gallinula. Un
mot seulement au sujet de la G. Brehmi. Ni la taille plus
forte, ni la longueur du bec, ni la coloration des pennes
de la queue ne sont des caractères constants aux yeux
mêmes des autorités qui ont établi cette espèce ; quant au
nombre et à la disposition des rectrices, je n'y vois, hélas -?
rien de plus! Quelque soin que j'aie mis à étudier les bé-
cassines qui m'ont passé sous les yeux, j'avoue qu'il m'a
été impossible de saisir un caractère réellement capable
de distinguer cette espèce. Que signifie cette dernière
penne faisant saillie sur le bord de la queue de manière à
rompre la monotonie de la ligne courbe? L'oiseau aura
seize rectrices, si elle existe; il n'en aura que quatorze, si
celle-ci manque; et elle manque, au reste, assez souvent
d'un seul côté. Est-elle un apanage de l'oiseau adulte?
Cette supposition me paraîtrait assez rationnelle, mais il est
bien évident que, si cette plume lui fait défaut, la queue
se trouvera arrondie. Or j'ai trouvé des bécassines avec
seize plumes à la queue et une saillie insignifiante ; d'autres,
n'en ayant que quatorze, présentaient, au contraire, une
saillie très-prononcée des deux rectrices externes ; enfin
j'en ai rencontré (Scol. peregrina et Scol. Delamotii) qui
n'en avaient que douze. La seule conclusion que je me sois
permise était que j'avais affaire à divers âges et à divers
états de mue. Un vol plus droit et l'absence, en partant,
de ce petit cri bien connu auraient pour moi plus de va-
leur, si les indications données par nos chasseurs de Ca-
margue, qui sont aussi bons juges en pareille matière, ne
m'avaient appris que ces variations dans le vol et le cri de
ces oiseaux tenaient simplement à des conditions atmos-
phériques. Ces conditions, il est vrai, ne m'ont pas paru
bien nettement arrêtées dans l'esprit de ces braves gens
peu habitués aux déductions logiques ; mais tant est-il
que ce fait d'observation pratique, qui demande d'à-
TRAVAUX INÉDITS. 105
bord à être confirmé, m'a mis en profonde considéra-
tion
Description de quelques espèces d'AMMOMTES nouvelles
des terrains jurassiques et crétacés; par M. Alcide
d'ORBIGNY.
Depuis la publication de notre Paléontologie française
relative aux céphalopodes des terrains jurassiques et cré-
tacés, nous avons déjà, en 1850, indiqué un nombre
assez considérable d'ammonites nouvelles, dans notre
Prodrome de paléontologie slratigraphique. Nous croyions,
alors, avoir épuisé le nombre des espèces de ce grand
genpe, mais les recherches que nous n'avons cessé de
faire, sur tous les points de la France, nous ont prouvé
que le dernier mot est loin d'être dit sur les richesses
paléontologiques de notre belle patrie. C'est en attendant
les suppléments de notre Paléontologie française, où toutes
ces espèces seront figurées , que nous indiquons aujour-
d'hui, seulement pour prendre date, les vingt-sept ammo-
nites qui suivent.
Espèce de l'étage sinémurien ou lias inférieur.
1 . A. Duryancs. — Testa compressa ; anfractibus compressis, late-
ribus convexiusculis transversim 47-costatis; costis rectis, angustatis,
elevatis, simplicibus, externe eVanesceutibus; dorso rotundato, laevi-
gato; apertura compressa.
Cette espèce, voisine de VA. tortilis, s'en distingue par
ses côtes droites, par ses tours plus larges et croissant
bien plus rapidement. De Torcenay (Haute-Marne) , re-
cueilli par M. Babeau et par nous. Rare. Notre collection.
Kspèce de l'étage toarcien ou lias supérieur.
2. A. Morei. — Testa compressa; anfractibus compressis, lateribus
convexiusculis, transversim 39-costatis; costis acutis, flexuosis, an-
106 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Mars 1856.)
gustatis, simplicibus ornatis; externe iucrassatis; non interruptis
dorso subangulato; apertura ovali, compressa.
Cette espèce se distingue de toutes les autres de l'étage
par ses côtes simples flexueuses, épaissies sur le dos.
Elle a été découverte par M. Emile de More, à Serverette,
près de Mende (Lozère), dans l'étage toarcien.
Espèces de l'étage bajocien ou de l'oolithe inférieure.
3. A. Arcus. — Testa compressa; anfractibus rotundato-depressis,
augustatis lateribus; costis 24 externe in medio incrassatis, tubercu-
latis, externe quadrifuscatis in dorso rectis; apertura circulari.
Cette espèce est voisine de Y À. Humphriesianus, mais
elle n'a pas de changements de formes déterminés par
l'âge, et est toujours à tours très-étroits. Nous l'avons re-
cueillie près de la Motte-Saint-Heray (Deux-Sèvres) / De
notre collection.
4. A. Arinds. — Testa compressa; anfractibus angustatis, subqua-
dratis, lateribus transversis 3i-costatis ; costis acutis, rectis, simpli-
cibus, externe tuberculatis in dorsum bifurcatis, interruptis ; apertura
subquadrangulari.
Cette espèce rappelle un peu Y A. interruptus, mais ses
tours sont infiniment plus étroits, et les tubercules plus
près du dos. Nous l'avons rencontrée à la Motte-Saint-
Heray (Deux-Sèvres). De notre collection.
5. A. Arge. — Testa compressa; anfractibus angustatis compres-
siusculis, lateribus 48-costatis; costis angustatis obliqais, externe
bifurcatis in dorsum interruptis ; apertura compressa.
Cette espèce rappelle Y A. Martinsii ; cependant elle
s'en distingue par ses tours étroits et ses côtes non tri-
furquées, quelquefois simples. Nous l'avons recueillie aux
environs de la Crèche (Deux-Sèvres). De notre collection.
6. A. Arion. — Testa compressa; anfractibus angustatis, quadran-
gularis, depressis, lateribus 31-costatis; costis rectis , obtusis ex-
terne tuberculatis, in dorsum bifurcatis contiuuis ; dorso complanato ;
apertura depressa, quadraugulari
TRAVAUX INÉDITS. 107
Celle espèce rappelle un peu le dos de VA. Germaini,
mais elle est bien plus épaisse; son dos est plus large et
les côtes du dos en zigzags réguliers. Des environs de
Bayeux dans la couche d'oolithe ferrugineuse, où elle est
très- rare. De notre collection.
Espèce de l'étage bathonien ou grande oolithe.
7. A. Asius. — Testa compressa; anfractibus dilatatis depressis ,
lœvigatis, ultimo anfractu externe oblique costulato ; dorso rotundato,
lœvigato; apertura oblonga compressa.
Cette espèce, que nous avons figurée pi. 152, fig. 4, et
que nous avons rapportée à tort à VA. hertîcus, est bien
une espèce spéciale à l'étage bathonien de Ranville (Cal-
vados), où nous l'avons recueillie. De notre collection.
espèce de l'étage callovien ou oxfordien supérieur.
8. A. Aurelius. — Testa compressa; anfractibus angustatis, com-
pressis, quadraogularis, lœvigatis, externe tuberculis obliquis orna-
tis; dorso complanato ; apertura compressa oblonga, autice truncata.
Cette espèce se rapproche un peu de VA. bipartilus,
mais elle n'en a ni la carène dorsale ni les côtes en faux .
Des environs de Châtillon-sur-Seine (Côte-d'Or). Notre
collection.
Espèces de l'étage oxfordien.
9. A, Bathls. — Testa compressa; anfractibus angustatis, rotun-
dato-quadratis, transversim 30 costatis; costis elevatis, redis, externe
iucrassato-tuberculatis; dorso in medio lajvigato subsulcato; aper-
tura quadraugulari.
Cette espèce ne se rapproche d'aucune autre de l'étage
oxfordien. De la Grimaudière (Vienne), de Niort (Deux-
Sèvres), dlgnol (Cher). De notre collection.
10. A. Bianor. — Testa compressa; anfractibus angustatis rotuu-
datis, transversim costulatis, sulcis excavatis 3 limbatis; apertura
compressa ovali.
Cette espèce est très-remarquable par ses trois sillons
108 REV. ET MAC DE ZOOLOGIE. (Mars 1856.)
transverses bordés d'un bourrelet saillant de chaque côté.
Nous l'avons recueillie à Ignol (Cher), où elle est très-rare.
Notre collection.
lt. A. Brutus. — Testa compressa; anfractibus corapressis, dila-
tatis, laevigatis, interne exteraeque tuberculis ornatis; dorso rotuu-
dato ; apertura ovali.
Cette espèce avec la forme des ammonites, à dos rond ,
a des tubercules petits et serrés sur les côtés. Aux envi-
rons du Braussel (Var), recueillie par M. Toucas. Notre
collection.
12. A. Camillus. — Testa compressa; anfractibus latis, compressis,
laevigatis; dorso rotundato , tuberculato , tuberculis numerosis ap-
proximatis, ornato ; apertura ovali.
Cette espèce, assez voisine de VA. Huerici, s'en dis-
tingue par les petits tubercules du dos. Des environs de
Niort (Deux-Sèvres). Notre collection.
Espèce de l'étage kimmeridgien.
13. A. Cephus. — Testa compressa; anfractibus latis, compressis,
ltevigatis , dorso subangulato ; apertura compressa , sagittata , antice
subacuminata.
Cette espèce est voisine de VA. Cimodoce, mais les tours
sont plus enveloppants, et les lobes accessoires sont plus
nombreux aux cloisons. De l'étage kimmeridgien du
Havre (Seine-Inférieure). Collections paléontologiques du
Muséum.
Espèces de l'étage urgonien ou néocomien supérieur.
14. A. Bargesii. — Testa compressa ; anfractibus dilatatis, leevi-
gatis ; umbilico angustato , infundibuliformi ; apertura ovali , com-
pressa ; septis complicatis.
Cette espèce rappelle, par son ombilic étroit, VA. Ro-
nyanus, mais elle est lisse et ses lobes sont tout à fait dis-
parates. De l'étage urgonien des environs de Roquefort
(Var), découverte par M. l'abbé Barges.
TRAVAUX INÉDITS. 109
Espèce de l'étage albien ou gault
15. A. Morissei.— Testa compressa; anfractibus latis, compressis,
lateribus compressis, intus 12 tuberculis compressis, ornatis, externe
costis 42 flexuosis in dorso crenatis, contimiis; dorso angulato cre-
nulato; umbilico augustato; apertura compressa, oblooga, antice an-
gulosa.
Cette espèce, très-remarquable, a les côtes de Y A. dena-
rius, mais avec le dos crénelé et anguleux. Du Havre
(Seine-Inférieure). De notre collection.
Espèces de l'étage cénomanien.
16. A. Popelinianus. — Testa compressa; anfractibus compressis,
latis, transversim costulatis , umbilico magno ; apertura compressa
ovali.
Cette espèce rappelle la forme de Y À. Lewesiensis, mais
elle en diffère par les côtes nombreuses de ses tours. Des
environs de Neuvy-sur-Loire (Nièvre), où elle a été re-
cueillie par M. Popelin.
17. A. Combksii. — Testa discoidea, globulosa ; anfractibus de-
pressis, inflatis, latis, intus 6 tuberculatis, externe 19-costatis; costis
latis depressis in dorso tuberculatis; dorso lato, bituberculato, in
medio depresso; umbilico augustato; apertura transversa semilu-
nari.
Cette espèce rappelle les ornements de Y À. Flcuriunsis,
mais elle est infiniment plus renflée et a l'ombilic bien
plus étroit. Nous l'avons recueillie aux environs de Fumel
(Lot-et-Garonne) ; M. l'abbé Barges Ta aussi rencontrée
dans la commune de Roquefort (Var). De notre collection.
18. A. Ciiloris. — Testa discoidea, inflata, angustate umbilicata ;
anfractibus compressis, convexis, transversim 12-costatis; costis de-
pressis, rectis simplicibus ornatis ; dorso subangulato ; apertura lata,
antice aDgulata.
Cette charmante espèce, par ses tours embrassants, ses
côtes simples et le manque de tubercules, se distingue
nettement de toutes les autres. Elle a été recueillie en 1852,
110 rev. et mag. de zoolooie. (Mars 1856.)
sur le territoire de la commune de Roquefort (Var), par
M. l'abbé Barges. De notre collection.
19. A. Clio. — Testa compressa; aufractibus complanatis, latis,
laevigatis; dorso truncato tricostato; umbilico angustato; apertura
compressa, antice truncata.
Cette espèce a laforme de VA. Largillienianus, cependant
ses tours sont lisses, son dos plus large et pourvu de trois
carènes très-prononcées. Nous l'avons recueillie sur les
bords du Lot, près de Fumel (Lot-et-Garonne), où elle
est rare. De notre collection.
20. A. Curius. — Testa discoidea , clypeiformi ; aufractibus latis,
compressis, laevigatis; dorso acuto, cultrato ; umbilico angustato;
apertura compressa, sagittata.
La forme comprimée de cette espèce, la rapproche de
VA. clypei forints, mais elle est plus comprimée et bien
plus tranchante sur la région dorsale. Du port des Bar-
ques (Charente-Inférieure). De notre collection.
Espèces de l'étage turonien.
21. A. Clito. — Testa compressa; aufractibus latis, laevigatis, con-
vexiusculis; dorso bicarinato, in medio depresso; apertura elougata,
compressa, antice truncata; umbilico angustato.
Espèce distincte de toutes les autres par son ombilic
étroit et son dos bicarénré. De la Roche-Posay (Vienne),
recueillie par nous. De notre collection.
22. A. Clitus. — Testa compressa late umbilicata ; anfractibus de-
pressis, transversim 12~undato costatis, costls latis complanatis ;
flexuosis, externe incrassatis ; dorso lato, complanato, lateribus ca-
rinato ; apertura compressa, antice truncata.
Cette espèce est voisine de la précédente, mais en dif-
fère par son large ombilic et son dos bien plus large.
De Poncé (Sarthe). De notre collection.
23. A. Circe. — Testa incrassata, late umbilicata; anfractibus in-
flatis, latis, larvigatis interne 8-tuberculis depressis ornatis; dorso
convexo, subcomplanato ; apertura depressa, lata, antice truncata.
Cette espèce est certainement le jeune Age de ces grosses
TRAVAUX INÉDITS. 111
ammonites de près d'un mètre de diamètre, qui diffèrent
des A. Lewesiensis et Peramplus, par leurs tours ronds
renflés. De Poncé (Sarthe), et de Beaumont (Vienne). De
notre collection.
24. A. Canthus. — Testa depressa, late umbilicata ; anfractibus,
lateribus complanatis, laevigatis, dorso carinato, tuberculosis serie-
bus, ornato; apertura quadrangulari, antice triangulata.
De Mont-Richard (Loir-et-Cher), notre collection. Elle
est, par sa forme, voisine de VA Papalis, mais s'en distin-
gue par le manque de côtes et de tubercules saillants
latéraux.
25. A. Cryseis. — Testa compressa, late umbilicata; anfractibus
depressis, inflatis, lateribus costis inaequalibus, rectis, interne incras-
satis ornatis; dorso lato convexo, laevigato; apertura depressa, semi-
lunari.
Voisine de VA. Circe , celle-ci a ses tours infiniment plus
étroits et les ornements très-différents. De Poncé (Sarthe).
Espèces de l'étage sénonien ou craie blanche.
26. A. Donis. — Testa circulari compressa clypeiformi; anfractibus
latis, eompressis, subcomplanatis; transversim undato-costatis ; costis
depressis, rectis alternatis, externe inerassatis, tuberculis eompressis
oruatis; dorso tricarinato, acuto, umbilico angustato; apertura com-
pressa, sagittata antice triangulata.
Cette espèce, par son ensemble, rappelle TA. varions,
mais en diffère par les côtes non tuberculeuses sur les
côtés, et son ombilic infiniment plus étroit. Sommet des
coteaux des environs de Fumel (Lot-et-Garonne), et à
Meyrols (Dordogne). De notre collection.
27. A. Dirce. — Testa compressa, late umbilicata; anfractibus
complanatis, augustatis, transversim costatis; costis angustatis ex-
terne bifurcatis arcuatis; dorso depresso carinato; apertura oblonga
compressa, antice truncata.
Espèce voisine de Y A. Bourgeoisianas, mais infiniment
plus comprimée et sans tubercules latéraux et au dos. De
Villedieu ^Sarthe). De notre collection.
112 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. [Mars 1856.)
Description de dix coléoptères; par M. James Thomson.
Ma collection de coléoptères a été presque entièrement
formée par le démembrement des anciennes grandes col-
lections de Paris. La plupart d'entre elles lui ont payé un
tribut, soit en familles, soit en groupes partiels, de sorte
que je suis parvenu à réunir en une seule collection plu-
sieurs musées d'insectes, qui pouvaient, chacun, prétendre
au premier rang dans la hiérarchie entomologique. Il ré-
sulte de cet état de choses que je possède un nombre
d'espèces très-considérable (1) , et que parmi ces espèces
il y a une foule de types nouveaux portant, le plus souvent,
des noms sans valeur. Je me propose, aujourd'hui, défaire
connaître quelques-uns de ces insectes, choisis au hasard
dans les volumes de ma bibliothèque de coléoptères. C'est
le commencement d'un petit travail auquel devraient se
livrer tous les amateurs d'insectes qui possèdent une
grande et intéressante collection.
1. Distipsidera Mniszechii. Nouvelle Calédonie. PI. 5,
f. 1. — L'individu que je possède est, je crois, le seul
qui existe dans les collections (2). Il est d'une couleur
brunâtre en dessus, avec huit taches blanches latérales sur
les élytres et d'un vert brillant en dessous. J'ai l'honneur
de dédier cette espèce à M. le comte de Mniszech.
Tête bronzée, ponctuée, front protubérant; chaperon
bordé. Labre très-grand, dentelé, uni, d'un jaune sale.
Mandibules noires. Palpes d'un jaune testacé; antennes
(1) Mes Carabiques ont absorbé quatre collections et comptent près
de 5,000 espèces. J'ai environ 1,400 espèces de Buprestes sorties de
trois collections ; Dejean n'en possédait pas 500. J'ai plus de 300 es-
pèces de Clérites. J'ai acquis sk collections d'Hispides pour m'en
former une de 400 espèces. La plupart des autres familles sont sur
le même pied et renferment un nombre de doubles très-considérable.
(2) M. Guérin-Méneville vient de recevoir un second individu qui,
avec deux autres espèces , forme un genre nouveau qu'il va publier
incessamment.
TRAVAUX INÉDITS. 113
noires. Corselet bronzé, ponctué, renflé au milieu des
bords latéraux qui portent chacun une petite épine. Scu-
tellum bronzé. Élytres dépassant de beaucoup le corselet,
brunes, couvertes, dans leur partie antérieure, d'une sorte
de végétation bronzée, formée par de gros points enfon-
cés. La suture est bordée. On observe sur chaque élytre
deux carènes longitudinales et trois bandes latérales, dont
une numérale, l'autre médiane, et la troisième postérieure.
La première enveloppe l'épaule, la seconde se détache du
côté, la troisième n'est plus qu'un gros point rond. Des-
sous du corps uni, d'un beau vert métallique. Les pattes
antérieures ont les cuisses noires. Les autres pattes sont
d'un testacé roussâtre. Tarses noirs. — L.,20; 1., 6 mill.
Genre erymanthus, Klug., in coll. Dejean (1). Espèces
publiées jusqu'à ce jour : 1. Gemmatus, Spin. Cap. —
2. Horridus, West. Cap. — 3. Variolatus, de Brème. Sénég.
J'en fais connaître aujourd'hui deux espèces nouvelles :
le premier est l'insecte le plus curieux et le plus extraor-
dinaire de la famille des Clérites; le second mérite égale-
ment de fixer l'attention.
2. Érymanlhus Belzebuth. Sénégambie. — PI. 5, f. 2.
Corps légèrement garni de poils.
Tête testacée, avec une bosselure noire ponctuée entre
les yeux; chaperon testacé. Labre brunâtre. Mandibules
noires et arquées. Palpes testacés. Antennes de même
couleur, les trois derniers articles gris. Corselet d'un tes-
tacé roussâtre, bosselé, plus long que large, avec une fos-
sette profonde, noire au milieu, entourée de dix petites
taches noires, deux et trois de chaque côté. Scutellum
grand, d'un brun foncé, presque noir. Élytres décrivant
une ellipse, qui atteint son maximum de largeur vers les
trois quarts de leur longueur. Le disque est luisant et
d'un testacé roussâtre, couvert de points enfoncés et de
(1) Voir la description de ce genre dans la Monographie des Clé-
rites par le marquis de Spiuola , vol. XI, p. 55.
2e skrik. t. vui. Année 1856. 8
114 rev. et mag. de zoologie. [Mars 1856.)
tubercules, dont quatre supérieurs surmontés d'une petite
touffe de poils blonds et deux inférieurs suturaux sans
poils. Les élytres offrent deux petites taches noires humé-
raies, deux grandes taches noires transversales, placées
au-dessus des six principaux tubercules, et deux petites
touffes suturales de poils noirs à la base. Poitrine de la
même couleur que le scutellum, finement ponctuée. Seg-
ments abdominaux entiers, moins le dernier, qui est échan-
cré; ils sont recouverts d'une forte pubescence rousse
qui leur donne l'apparence d'une brosse. Jambes rous-
ràtres, avec une tache noire au milieu de la cuisse. Les
cuisses des jambes antérieures renflées. Tarses de même
couleur. — L., 20 ; 1., de 4 à 6 mill.
Cet insecte semble être voisin, pour la forme, de YEry-
manthushorridus. VE. gemmatus se rapproche davantage
de ma seconde espèce.
3. Erymanthus vesuvioides. Grand bassam. — PL 5, f.
3,4.
Corps légèrement garni de poils.
Tète noire avec des taches testacées, finement ponctuée,
avec une bosselure noire, qui s'étend depuis les yeux jus-
qu'à la base du corselet. Chaperon et labre fauves. Man-
dibules noires. Palpes d'un jaune clair. Antennes testa-
cées, aux extrémités brunâtres. Corselet d'un testacé
roussâtre dans sa partie antérieure, noirâtre dans sa par-
tie postérieure , légèrement ponctué , avec une fossette
profonde, noire au milieu du disque, et deux points noirs
dans les angles antérieurs. Scutellum petit, brun. Élytres
décrivant une ellipse plus parfaite que dans Y Erymanthus
Belzebuth ; elle atteint son maximum de largeur sur les
trois quarts de la longueur des premières, qui sont lui-
santes et testacées jusqu'à la naissance de l'ellipse, et en-
suite noires jusqu'à leur extrémité. La partie anté-ellip-
tique est couverte de points, de stries, et de petits tuber-
cules. Elle offre deux bosselures brunes à la base des ély-
tres dans les angles huméraux, et deux renflements tuber-
TRAVAUX INÉDITS. 115
culeux d'un jaune clair, couronnés d'une petite touffe de
poils blanchâtres située à l'extrémité de la partie testacée.
La partie elliptique et noirâtre des élytres présente une
surface carbonisée, sur laquelle s'élèvent une foule de bos-
selures noires et trois tubercules principaux sur chaque
élytre. Ces tubercules sont aussi couronnés d'une petite
touffe de poils blanchâtres; on dirait les cratères d'un
volcan. Dessous du corps et poitrine entièrement noirs et
glabres, garnis de quelques poils. On observe quelques
petites taches fauves sur les côtés des segments abdomi-
naux. Cuisses des jambes antérieures renflées, d'un jaune
testacé. Pattes intermédiaires de même couleur. Pattes
postérieures un peu plus longues que les autres et de la
même couleur que l'abdomen Tarses bruns. — L., 15;
1., de4à6mill.
Variation A (fig. 4). La partie elliptique des élytres est
de la couleur générale, avec quelques traces de noir vers
l'extrémité rappelant la coloration de l'espèce typique.
Les jambes postérieures sont tachetées de jaune.
4. Psiloptera président. Panama. — PI. 6, fig. 1. D'un
vert brillant en dessus et d'un pourpre en dessous. M. de
Mniszech en possède un exemplaire de petite taille.
Tête d'un vert brillant, fortement granulée et creusée
sur le front. Labre verdâtre, finement pointillé. Mandi-
bules noires et lisses. Antennes (mutilées) ; leur base est
d'un rouge cuivreux. Corselet vert, très-granuleux, avec
deux points enfoncés aux angles postérieurs et un point
enfoncé au milieu de la base. Scutellum vert et presque
nul. Élytres dépassant le corselet, fortement striées et
ponctuées; ces stries sont traversées par une multitude de
taches assez lisses et jaunâtres; les élytres sont légèrement
dentées. Segments abdominaux d'un pourpre tendre au
milieu, et pubescents sur les côtés. Pattes de même cou-
leur, pontuées. Tarses mutilés; le premier article est vert,
les autres paraissent être pourpres. — L., 32 ; 1., 13 mil!.
5. Conognatha navarchis. Tasmanie. — PI. 6, fig. 2.
116 rev. et mag. de zoologie. (Mars 1856.)
Il forme probablement un nouveau genre. En dessus, d'un
violet brunâtre avec deux bandes transversales sur les ély-
tres; en dessous, d'un violet brunâtre.
Tête cuivreuse. Front caréné. Labre d'un jaune pâle.
Mandibules noires. Palpes verts. Antennes bleues. Corse-
let cuivreux, tçès-ponctué, presque aussi large que la base
des élytres. Pas de scutellum. Élytres d'un violet brunâ-
tre, ponctuées, couvertes de stries longitudinales fort sail-
lantes à la base, avec deux bandes jaunes transversales
dont la dernière n'atteint point la suture, échancrées,
biépineuses ; les épines de la suture sont les plus grandes.
Segments abdominaux d'un violet rougeâtre, finement
ponctués. Pattes de même couleur; les antérieures ont un
reflet vert intérieurement. Tarses bruns. — L., 16;l.,7mill.
6. Stigmodera capucina. Nouvelle Hollande, Morton
Bay. — PL 6, fig. 3.
D'un jaune fauve tacheté de noir en dessus , bleu foncé
en dessous. J'en connais un second individu dans la col-
lection de M. le comte de Mniszech ; il est pareil au mien.
Tête d'un jaune fauve avec une tache noire sur le front.
Labre brun. Mandibules et palpes noirs. Antennes d'un
bleu verdâtre, très-fortes. Corselet et poitrine d'un jaune
fauve, rond, ponctué, traversé par un sillon longitudinal
noir, ayant un point noir à chaque angle antérieur, et un
second point noir plus petit, au-dessous de chaque angle
postérieur. Élytres d'un jaune fauve jusqu'aux trois quarts
de leur longueur, où commence une tache noire qui re-
monte en diminuant jusque vers le milieu de la suture, et
se prolonge jusqu'à l'extrémité, qui est échancrée. Chaque
élytre présente trois carènes longitudinales. Segments
abdominaux finement ponctués et d'un bleu foncé. Les
pattes antérieures ont la plus grande partie des cuisses
d'un jaune fauve; tibia, pattes intermédiaires et posté-
rieures d'un bleu foncé. Tarses obscurs. — L., 19; 1.,
6 1/2mill.
7. Capnodis Saroltœ. Cap de Bonne-Espérance. — PI. 6,
TRAVAUX INÉDITS. 1 17
fig. 4. — J'ai vu un second individu de cette espèce dans
la collection de M. le comte de Mniszech. M. Dupont
l'avait appelé C. Argus, mais ce nom n'a pas été publié.
Tête brunâtre. Front recouvert d'une petite végétation
noire. Organes de la bouche noirs. Antennes noires. Cor-
selet plus large au milieu que le corps, d'un brun métal-
lique, excavé au milieu, possédant deux tubercules brillants
qui bordent cette excavation. Élytres d'un brun métal-
lique, couvertes d'élévations brillantes qui imitent des
yeux. Dessous du corps d'un brun métallique. Les seg-
ments abdominaux sont fortement ponctués. Pattes et
tarses de même couleur ; les pattes sont fortement ponc-
tuées. — L.,24; 1., 9 1/2 mill.
8. Promecotheca Trilbyi. Chine. — PI. 5, fig. 5. — Tête
d'un vert métallique. Labre et mandibules noirs. Palpes
d'un jaune paille. Antennes de dix articles, les premiers
noirs et lisses, les derniers d'un noir mat. Corselet plus
long et plus cylindrique que celui de la Promecotheca
scorpio , d'un vert métallique , très-lisse , bordé posté-
rieurement. Scutellum d'un vert métallique. Élytres plus
larges que le corselet, d'un rouge sale, couvertes de gros
points enfoncés. Dessous du corps d'un vert métallique.
Pattes de même couleur. Tarses noirs et forts. — L., 12 ;
1., 4 mill.
Promecotheca scorpio. Iles Philippines. — PI. 5, fig. 6.
— Tête d'un bleu verdâtre. Organes de la bouche d'un
noir brillant. Antennes de dix articles, les premiers noirs
et lisses, les derniers d'un noir mat. Corselet court, d'un
bleu verdâtre, très-lisse, bordé postérieurement. Scutel-
lum de même couleur. Élytres beaucoup plus larges que
le corselet, d'un brun clair, striées, et fortement ponc-
tuées. Dessous du corps d'un bleu verdâtre. Pattes de
même couleur. Tarses très-forts et noirs. — L., 14 ; L, 5 mill.
Àlurnus cupido. Région de l'Amazone. — PI. 6, fig. 5.
— Tête et organes de la bouche noirs. Antennes noires et
glabres, couvertes de petits poils très-fins. Corselet noir,
118 rev. et mag. de zoologie. (Mars 1856.)
glabre, finement ponctué, beaucoup plus large aux an-
gles postérieurs. Élytres d'un jaune clair, comme celle de
YAlurnus d'Orlrignyi. Les deux taches des élytres sont
noires et rondes. Une bande noire enveloppe les côtes la-
térales depuis l'extrémité des élytres jusqu'au tiers de
leur longueur. Segments abdominaux glabres, d'un jaune
de paille. Pattes noires, finement ponctuées. Tarses noirs
en dessus et d'un jaune fauve en dessous. — L., 20; 1.,
7 1/2 mill.
Description d'une espèce nouvelle du genre Omtis , Fa-
bricius, suivie d'un Catalogue synoptique des espèces
dé ce genre qui se trouvent en Europe et sur les bords
des bassins méditerranéens, de la Méditerranée, de
l'Euxin et de la mer Caspienne; par M. L. Reiche.
Onitis Osiridis. Onit. furcifero, Rossi, affinis. In mare, supra ni-
gro-piceus haud nitidus : caput transversum, margine subreflexum,
rugoso tuberculatum ; epistorao late nec profonde emarginato,.a la-
tere rotundato; fronte mediocarina brevissima, transYersa, instructo
cirinaque altéra, continua, inedio parum elevata a vertice separato ;
lobis ocularibus carina obliqua utrinque antice Iimitatis. Thorax
transversus, capite plus duplo latior, latitudine quinta parte brevior,
antice late nec profunde emarginatus; augulis obtusis; postice ro-
tundatus, marginatus, margine crenulatus ; disco asperato-punctato,
a latere dilatatim rotundato, utrinque, in dilatatione, faveola im-
presso, medio linea sublœvigata ornato, basi medio bifoveolato. Scu-
tellum acutum, sublaevigatum. Elytra thorace angustiora, deplanata,
geminato-striata ; striis sparse subpunctatis ; interstitiis asperato-
subpunctatis, quinto et septimo costatim elevatis, nono cariuato.
Pygidium paulo couvexum , subrugosum. Infra nitidus. Prothorax ,
postice, medio lobatus; lobo quadrato, utrinque tuberculatim angu-
lato, medio bifasciculato. Sternum laevigatum, medio carinula fissa,
brevi, instructum postice medio grosse tuberculatum. Abdomen sub-
punctatum. Pedes anteriores elongati ; femoribus integris, haud
èmarginatis, spina acuta, perpendiculari, apicali. Alteraque subtus,
subbasali, armatis; tibiis linearibus subrectis, intus denticulatis,
extus quadridentatis. Pedes intermedii posticique ut in On. furcifero.
lu fœmina. Carina occipitali, medio, in tuberculo acuto elevata.
TRAVAUX INKDITS. 119
Thorax brevior, longitudine fere duplo latior. Infra prothorax postice
haud lobatus. Sternum haud tuberculatum. Pedes anteriores brèves,
incrassati. — L., 16 (7 lia.); I. (thor.), 8 (3 1/2 lin.) mill.
Cette espèce prendra place, dans la nomenclature, à la
suite des On. Mœris , Pallas , et Furcifer, Rossi , dont elle
diffère, au premier coup d'œil, par sa taille plus petite, sa
forme plus allongée et l'épine terminale implantée à angle
droit à l'extrémité de la cuisse. Elle appartient à ma dou-
zième division des espèces de ce genre , caractérisée par
le bord postérieur du corselet arrondi et non anguleux au
milieu, et par le développement du bord postérieur de cet
organe en dessous.
La confusion qui existe dans la synonymie des espèces
du genre Onitis , confusion que reconnaît le savant auteur
du Gênera des Coléoptères (M. Lacordaire, t. III, p. 105),
m'a porté à donner ici le catalogue synonymico-chrono-
logique de toutes les espèces décrites d'Europe et des bords
de la Méditerranée, de l'Euxin et de la mer Caspienne,
que ma collection possède toutes, et que j'ai pu étudier
dans tous les ouvrages qui en ont traité.
Les quatorze espèces qui en font partie se divisent na-
turellement en deux sections, dont la première se lie au
genre Bubas et la seconde au genre Oniticellus .
Section A. Corselet anguleux au milieu de son bord
postérieur.
a. Corps renflé.
1. O. Olivieri (1), llliger, Mag., 11, 197 (1803). — Gall.
merid., Hispania, Algiria.
Sphynx, Oliv., Ent., 1, 3, 135 (1789).
2. O. Damœtas (2), Steven, Mém. de la Soc. I. de Mos-
(1) Un individu de cette espèce au moindre degré de développe-
ment, et trouvé en Espagne, portait, dans la collection Dejean et dans
son Catalogue, p. 159, le nom d'O. Damon.
(2) Germar et M. Brullé paraissent n'avoir pas eu connaissance du
travail de Steven dans les Mémoires de Moscou.
120 rev. et mag. de zoologie. (Mars 1856.)
cou, 1, 163 (1806). — Rossia merid., Graecia,
Syria.
■f Damœtas, Germar, Sp. nat., 108 (1824).
* Steveni, Brullé, Exp. de Morée, 111, 170 (1832).
3. O. Ezechias, Reiche, Ann. de la Soc. ent. (1856). —
Syria, .Egyptus.
4. O.Âm, Oliv., Ent., 1, 235 (1789). — Gall. merid.,
Italie.
Vandelli, Fabr., Syst. eleut., 1, 28 (1801).
5. O.Numida, Castelnau, Hist. nat. d. Ins., 11, 90
(1840).
Strigatus (Dej.) , Érichson in Wagner Reise , 170
(1841), Algiria.
6. O. humerosus (1), Pallas, Iter in Ross, mer., appen-
dix, 462 (1773). — Ross, merid., Syria, Algiria.
Menalcas, Pallas, Icônes, 1, 4 (1782).
<? Chevrolatii, Lucas, Exp. se. de l'Alger., Zool.,
IIe part., 253 (1846).
b. Corps déprimé.
7. O. Inuusy Fabr., Spec. Ins., 1, 15 (1781). — Graecia,
Syria, JEgyptus, Algiria.
8. O. unguiculatus, Oliv., Ent., 1,3, 1^7 (1789). —
iEgyptus.
Section B. Corselet arrondi postérieurement, corps
déprimé.
9. O. irroratus (2), Rossi, Faun. Etr., 1, 7 (1790). —
Etruria, Sicilia, Sardinia, Algiria.
( I ) Quoique Pallas ait lui-même changé ce nom d' Humerosus en
celui de Menalcas, j'ai cru devoir le rétablir pour obéir à la loi d'an-
tériorité.
(2) Cette espèce est facile à reconnaître aux points enfoncés non tu-
berculeux de ses élytres et à ses cuisses postérieures dilatées, apla-
ties et à bord supérieur tranchant dans le mâle.
TRAVAUX INÉDITS. 121
10. 0. ungaricm (1), Herbst, Col., 11, 230 (1789).
Ctinias, Fab., Ent. syst., 1, 19 (1792).
ÀmyntaSy Steven, Mém. de Moscou, 1, 165 (1806).
Melibœus , Mulst., Hist. nat. des Lamellic., 88
(1842). — Hungaria, Rossia mer., Syria, Gra-
cia, («allia merid., Hispania.
11. O. Pamphylus (Dej.), Menetriés, Cat. des Ins. de
Lehman, 41 (1848), Rossia mer. — Turcomania.
12. O. Mœris, Pallas, Icon., 1, 3 (1782). —Ad lit. or.
mar. Caspic, stepp. Kirguis.
? Sophax (2), Fischer, Bull. Moscou (1830).
13. O. furcifer, Rossi , Mant. Ins., 11, 7 (1794). — Etru-
ria, Sicilia, Algiria.
14. O. Osiridis, Reiche, Rev. et Mag. de Zool., 1856. —
iEgyptus, Arabia.
Mémoire sur les gale-insectes de l'Olivier, du Citronnier,
de l'Oranger, du Laurier-Rose, et sur les maladies qu'ils
y occasionnent dans la province de Nice et dans le dé-
partement du Var, par le docteur J. B. Rorineau-Des-
voidy.
Je savais que, les Oliviers et les Citronniers delà France
méridionale sont, depuis un certain nombre d'années, in-
festés de maladies que les efforts de l'intelligence humaine
n'ont encore pu ni surmonter ni même arrêter. Je réso-
lus donc d'étudier par moi-même ces fléaux. Mon but était
d'en rechercher l'origine, d'en constater les causes et les
ravages; je voulais demander à l'histoire de ces maladies
(1) Facile à distinguer de Ylrroratus aux points tuberculeux de
set élytres et aux cuisses postérieures simples dans le mâle. — J'ai
dû restituer à cette espèce le nom de Herbst , que Fabricius avait cru
devoir changer sans motif apparent.
(2) Cette synonymie est douteuse, la description de Fischer, qui
n'est composée que de deux lignes de texte, étant tout à fait insuffi-
sante.
122 rev. et mag. de zoologie. (Mars 1856.)
déjà naturalisées dans ces provinces l'histoire probable
des maladies nouvelles ou prétendues nouvelles qui af-
fligent en ce moment nos départements du centre et du
nord.
Je me rendis donc à l'extrémité alpine la plus méridio-
nale , je franchis même la frontière, et je séjournai deux
mois à Nice, où, soit par l'inspection quotidienne des lieux,
soit par un entretien fréquent avec les hommes les plus
capables de la contrée, j'ai pu amasser une longue suite
de matériaux qui m'ont mis à même de rédiger ce mé-
moire.
Ce travail a pour objet l'étude des insectes qui pro-
duisent la maladie que les Italiens ont nommée morfée
(morfed), et qu'en France Turpin a désignée sous l'appel-
lation de fumagine (fumago).
Cette maladie mérite notre plus sérieuse attention, tant
sous le rapport de son origine que sous celui de ses ra-
vages. Elle attaque aujourd'hui les divers arbres que la
faveur du climat permit à l'homme d'implanter dans ces
heureuses contrées. Cette arboriculture, si précieuse pour
ses produits, n'est pas seulement menacée, son existence
est fortement compromise. A l'heure qu'il est, plusieurs
espèces disparaissent ou tendent à disparaître de dessus
le sol de la France. On ignore où ce fléau s'arrêtera que
déjà d'autres fléaux encore plus redoutables viennent de
s'ajouter à ceux déjà connus. Jamais occasion ne fut plus
pressante pour le naturaliste et pour le cultivateur; jamais
plus beau et plus vaste champ d'étude ne fut ouvert à leurs
investigations.
Un homme parti de Paris pour se rendre à Nice ren-
contre les Oliviers aux environs d'Avignon. Ces nains
parmi leurs frères n'excitent pas grandement son atten-
tion ; il sait qu'il est à l'extrême limite d'une culture nou-
velle pour ses yeux; il pardonne volontiers aux habitants
de cette partie de la Provence de ne lui montrer que des
buissons rabougris au lieu des beaux arbres qu'il avait
TRAVAUX INÉDITS. 123
rêvés, ou dont il avait lu la description dans les auteurs.
A mesure qu'il avance, les Oliviers aussi se développent
davantage. A Marseille, il commence à espérer que ces
arbustes deviendront des arbres. A Toulon, à Hyères, il
les voit prendre encore plus d'accroissement ; enfin, à
Cannes, à Antibes, il les trouve sous forme de futaies qui,
à Nice et à Menton, atteindront à l'apogée de leur éléva-
tion et de leur grosseur.
Eh bien, que ce voyageur suive avec attention la colo-
ration de ces Oliviers, il les verra d'abord d'un vert terne,
qui deviendra plus brun à mesure qu'il s'avancera ; il finit
par les trouver noirâtres et presque entièrement noirs,
surtout aux endroits qui leur assurent la plus luxuriante
végétation. A Nice, à Menton, il rencontrera de vastes
espaces frappés d'une malédiction qui a recouvert le
tronc, les branches, les feuilles, les fruits d'un affreux
crêpe noir, annonce d'une immense et lugubre désola-
tion. Notre voyageur a parcouru les diverses contrées où
la morfée règne avec ses divers degrés d'intensité. Bien-
tôt son œil quittera ces Oliviers, frappés d'une si hideuse
lèpre; il cherchera à se reposer sur le feuillage si vert et
si frais du Citronnier et de l'Oranger; il demandera une
agréable compensation aux fleurs embaumées et aux fruits
d'or qui embellissent ce dernier coin du jardin des Hes-
pérides. Déplorable illusion ! Ces Orangers et ces Citron-
niers, d'un effet encore plus dégoûtant que l'arbre qui
produit l'Olive, lui feront prendre en horreur ces locali-
tés, qu'il s'empressera de quitter, en plaignant les malheu-
reux colons que le sort attache et fixe à une terre pesti-
férée. A Villa-Franca, le délicieux hameau de Beaulieu
devrait échanger son nom contre un nom plus conforme
à son infortune actuelle. C'est là et à Menton que la mor-
fée trône en souveraine. Je n'oublierai jamais cette vallée
si fertile, si bien cultivée, où depuis quatorze ans le fléau
souille toute la végétation qui l'environne, imprègne le sol
et jusqu'à la roche delà teinte funèbre de ses sucs, et im-
124 rev. et MAG. de zoologie. (Mars 1856.)
pose à tout une uniformité de deuil qui à la fois attriste la
vue et assombrit la pensée.
Cette horreur n'a pas toujours existé ; elle ne daterait
presque que de nos jours, si l'on peut s'en rapporter aux
récits qui nous ont été transmis.
Le mot morfée (morfea) vient d'un mot italien qui
exprime une affection psorique accompagnée de vésicules
cutanées. C'est que dès l'origine on avait signalé le corps
ou l'enveloppe extérieure du kermès fixé aux tiges ma-
lades. On regarda d'abord ces dépouilles d'animaux
comme les produits de la maladie, erreur qui ne devait
être rectifiée que plus tard.
Il paraît certain que les anciens auteurs n'ont fait au-
cune mention de cette maladie. Loquez, dans sa préface,
a écrit : « Il n'y a pas longtemps que la morfée est con-
« nue; on la croit originaire de Rome, où elle se déve-
« loppe d'une manière extraordinaire (1). Ses ravages ne
« sont pas moins surprenants dans le royaume de Naples.
« De Naples et de Rome, elle s'est propagée dans l'Italie.
« En peu de temps, les beaux jardins de San Remo, Bor-
« dighiera et Vintimille ont été cruellement défigurés. En
« plusieurs lieux, la morfée a fait tant de ravages, qu'on a
« arraché les Citronniers pour y planter des Oliviers.
« Il n'y a pas encore un siècle qu'elle s'est manifestée
« dans les superbes jardins de Menton et de Monaco.
« Après la révolution de France, on la voit pour la
« première fois dans les jardins de Nice. Elle a mainte-
ce nant dépassé son territoire.
« A Hyères , elle ne se manifeste que le long des murs
« des jardins, comme il arrive dans tous les pays où elle
« commence à se montrer. Jusqu'ici on la regarde d'un
« œil d'indifférence, mais on apprendra bientôt à la re-
« douter. »
(1) Quelques écrivains ont voulu que ce fût à la suite de la pre-
mière tentative pour détruire les marais Pontins. — Quelle fut cette
époque ?
TRAVAUX INÉDITS. 125
Si mes recherches n'ont pu me procurer d'autres ren-
seignements sur l'origine vraie de cette maladie, nous
avons du moins l'époque de son invasion dans la contrée
ligurienne.
D'après le récit de Loquez, cette invasion, parvenue à
San Remo, vint bientôt accabler Menton, d'où elle passa
à Nice, à Hyères. Loquez prédit les plus grands malheurs
à cette dernière ville , qui semblait alors jouer avec un
ennemi dont les paisibles débuts n'offraient rien d'alar-
mant.
En effet, cette maladie, comme honteuse d'elle-même,
cache et abrite parfois ses premiers commencements der-
rière l'épaisseur des murailles ; on dirait qu'elle fuit le
grand jour et qu'elle redoute la lumière du soleil. C'est
d'abord une petite couche ou croûte noire, qui tapisse in-
sensiblement les branches, les tiges et les feuilles. Le cul-
tivateur, qui n'aperçoit dans sa marche que des progrès
lents, s'habitue à sa présence, il la regarde d'abord comme
une fille de l'air, il la fait naître des molles vapeurs du
matin ou des brouillards de la saison ; l'hiver enlèvera
sans doute cette nouvelle arrivée, mais la morfée est in-
stallée.
Dans quelques endroits, on l'a vue rester à l'état d'en-
fance, comme si elle eût craint d'effrayer trop vite, ou
comme si elle avait besoin de ce laps de temps pour gran-
dir et prendre des forces. A la fin de chaque année, les
tiges, les feuilles et même les fruits des Citronniers mani-
festaient l'empreinte de plus en plus repoussante de sa
présence. On brossait alors les Citrons, on les mettait
dans le commerce, on éprouvait quelque déficit sur la
quantité vCet état de choses était encore tolérable pour le
producteur, qui s'en reposait sur le temps pour un remède
infaillible.
Mais la morfée n'avait pas toujours cette discrétion et
cette patience. On l'a vue plus d'une fois se jeter à l'im-
proviste sur le jardin le plus verdoyant, le plus riche, et
126 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. [Mars 1856.)
qui faisait le plus d'honneur à son propriétaire. En quel-
ques semaines, tous les trésors de la plus splendide végé-
tation étaient remplacés par des objets de dégoût et d'hor-
reur; un vilain masque ou plutôt un habillement noir dé-
figurait tous les arbres, tuait les jeunes fruits, salissait et
corrompait les plus avancés. C'est que la morfée, alimen-
tée par des conditions favorables, venait de prendre les
plus prompts accroissements, et de se montrer dans toute
la gloire de son hideux cortège. A la vue de la marche
toujours plus accablante des fléaux, il ne reste plus an
propriétaire qu'à courber la tête avec résignation ; car le
mal est sans remède, et le désastre sera complet. Combien
de temps la maladie sévira-t-elle ? nul ne le sait. Les ha-
bitants de Beaulieu attendent depuis quatorze ans une ré-
mission à leur ruine.
Les écrivains de ces contrées n'ont pas d'expressions
trop énergiques ni de couleurs trop fortes pour nous re-
présenter ces tristes scènes. Il faut bien admettre que la
maladie reconnaît une origine moderne, car les auteurs
de l'anquité ni ceux du moyen âge n'eussent pas man-
qué de nous en transmettre le tableau affligeant. Loquez,
dans un traité spécial publié à Nice en 1806, s'élève à une
hauteur de langage et à une indignation de récit que les
malheurs de sa patrie font aisément comprendre. Mais
Loquez n'était pas versé dans les sciences naturelles, et
pourtant il ambitionnait cette gloire ; il écrivit comme si
aucun observateur ne l'avait précédé; il afFecta de pren-
dre ses travaux pour le point de départ de la science. Ses
longues descriptions et ses efforts de style n'ajoutèrent
rien à ce que Geoffroy , Réaumur et Linné avaient déjà
publié sur la cochenille dit serres. Son défaut de connais-
sances entomologiques le rendit coupable d'une grande
bévue. Il prit nominativement le Coccus Adonidum de
Linné pour le Kermès Hesperidum de ce grand natura-
liste. Les auteurs postérieurs à Loquez n'ont pas manqué
de l'imiter et de le copier. De là une confusion d'autant
TRAVAUX INÉDITS. 127
plus déplorable, que le Citronnier et l'Oranger ont chacun
leur gallinsecte propre; confusion que la simple lec-
ture du texte de Geoffroy et de Linné eût aisément re-
poussée.
Mais Loquez me paraît le premier avoir abordé fran-
chement la question de la moisissure (c'est son expres-
sion) qui envahit les Orangers et leur donne un aspect
si sombre. Avant lui, on avait déjà signalé cette teinte
noire qui envahit les arbres verts cultivés dans les serres
du midi. Réaumur en avait même indiqué l'origine. Ber-
nard l'avait reconnue sur les Oliviers du Var. Son histoire
n'en restait pas moins à faire.
Laissons parler Loquez (préface) :
« Quand on a bien examiné les insectes, on n'a pas vu
« tout ce qu'il y a d'important dans la morfée. Une cou-
ce che noirâtre, peu épaisse, qui tapisse l'épiderme des
« Orangers, captive et fixe l'attention de l'observateur.
« Aucun naturaliste n'en avait jamais parlé ; on la regar-
« dait comme un mystère impénétrable ; on lui attribuait
« une origine fabuleuse et tout à fait ridicule. Il me fallut
« beaucoup de temps avant d'arracher le secret à la na-
« ture.
« Enfin le jour heureux arriva, où je pus me convaincre
« que la couche noirâtre n'était pas une exsudation coa-
« guléede l'arbre, comme on le prétendait, un effet natu-
« rel de la rosée l'influence d'un air malfaisant; mais elle
« offrit à mes regards émerveillés une infinité de plantes
« microscopiques. Une seule feuille d'Oranger contient
« une forêt de cent mille de ces végétaux sans fléchir sous
« le poids, et les nourrit pendant quelque temps sans être
« épuisée.
« Ces plantes sont des moisissures ; on leur conservera
« ce nom dans le cours de cet ouvrage en les définissant
« mucor minimus niger (préf. jx). »
Loquez assignait deux causes à cette terrible maladie
des Orangers :
128 rev. et mag. de zoologie. (Mars 1856.)
1° La présence et la trop grande multiplication de la
Cochenille;
2° L'existence d'une moisissure à qui il impose un nom
provisoire.
Loquez traite fort au long de ces deux maladies ou de
ces deux causes de maladies.
(La suite prochainement.)
II. SOCIÉTÉS SAVANTES.
Académie des sciences de Paris.
Séance du 3 mars 1856. — M. Moquin- Tandon fait hom-
mage du premier volume de son ouvrage intitulé : Histoire
naturelle des Mollusques terrestres et fluviatiles de France.
En offrant ce volume, le savant académicien s'exprime
ainsi :
« Cet ouvrage a été commencé en 1835, à l'époque où
j'étais chargé de la zoologie et de l'anatomie comparée à
la faculté des sciences de Toulouse. Interrompu en 1837,
repris en 1845, il a été terminé en 1854 ; diverses circon-
stances en avaient retardé l'impression.
« Ce premier volume est accompagné de vingt-sept
planches gravées et divisé en trois livraisons. Il traite
principalement de l'anatomie et de la physiologie des
Mollusques. J'ai disséqué à peu près tous les genres ; j'ai
même choisi plusieurs types par groupe dans les genres
importants. J'ai répété et varié mes dissections, quand
elles ont eu pour objet des espèces très-petites ou des or-
ganes très-obscurs. Les Mollusques sont des animaux plus
ou moins mous, ainsi que leur nom l'indique, parfois
même demi-gélatineux, dont l'anatomie demande beau-
coup de précautions et d'habitude, surtout lorsqu'on dé-
sire étudier des espèces presque microscopiques, brunes
ou noirâtres comme le Pupa megacheilost grisâtres ou
transparentes comme X Hélix pulchella. J'ai dû souvent
SOCIÉTÉS SAVANTES. 129
employer une bonne loupe montée, même le microscope,
et les procédés les plus délicats de la zootomie. Je suis
parvenu ainsi jusqu'à isoler, dessiner et décrire les organes
digestifs, nerveux et reproducteurs du Carychium mini-
mum. On sait que ce petit animal , dans sa plus grande
extension, présente à peine trois quarts de millimètre de
longueur.
ce J'ai donné une attention particulière à YAncylus flu-
viatilis, gastéropode très-difficile à disséquer, mal connu,
mais fort curieux , qui forme , pour ainsi dire, le passage
entre les Céphalés pulmonés ou terrestres et les Céphalés
branchifères ou aquatiques.
« J'ai fait connaître, il y a quelques années, l'organe de
l'olfaction chez les Gastéropodes. Cet ouvrage renferme
un résumé complet de mes recherches sur cet appareil. Il
contient aussi une détermination exacte et rigoureuse des
éléments reproducteurs, si compliqués, des Mollusques
androgynes, et de nouveaux détails sur les vésicules mul-
tifides ou non multifides des Hélices, sur les mâchoires et
la langue des divers genres, sur leur organe pulmonaire
ou branchial, sur le sang des Planorbes et sur d'autres
points intéressants de l'anatomie ou de la physiologie des
Mollusques céphalés ou acéphales...
« J'ai déjà eu l'honneur d'appeler l'attention de l'Aca-
démie sur l'existence d'une quatrième paire de ganglions
nerveux dans les Acéphales et sur celle des spermatophores
dans les Gastéropodes. On trouvera dans le présent livre
la description et les figures de ces parties.
« Mes essais anatomiques et physiologiques sont accom-
pagnés d'études sur les œufs et sur leur embryogénie, de
recherches sur la coquille et sur sa formation , et de con-
sidérations sur la reproduction artificielle des cornes ou
des lèvres, du mufle ou de la tête tout entière. J'ai traité
aussi des anomalies examinées soit dans l'animal, soit dans
son enveloppe. Enfin j'ai terminé le volume par des ré-
flexions philosophiques sur les divers degrés d'importance
2e série, t. nu. Aimée 1856. 9
130 rev. et mag. de zoologie. (Mars 1856.)
que peuvent offrir les organes essentiels à la taxonomie ,
soit pour la constitution des genres, soit pour leur dispo-
sition naturelle en série linéaire, en séries paralléliques
ou en tableau. »
M. de Tchihatcheff adresse des Considérations sur les
Poissons du Don , du Dnèpre, du Dnestre , du Boug et du
Danube.
Cet intéressant travail présente la faune ichthyologique
des fleuves en question , et il en résulte que le Don pos-
sède 34 espèces, réparties dans 19 genres; le Dnèpre,
51 espèces en 24 genres ; le Boug , 33 espèces en 20 gen-
res ; le Dnestre, 47 espèces en 22 genres ; et le Danube,
44 espèces en 23 genres.
M. Pucheran adresse une Note sur les caractères zoologi-
ques de quelques espèces de Cétacés, résumant les conclu-
sions d'un travail qui va paraître dans cette Revue.
M. Caraguel adresse ses observations sur les Travaux
des Araignées en rapport avec l'état présent ou prochain de
V atmosphère.
L'auteur, qui ne dit pas sur quelle espèce ont porté ses
observations , annonce avoir constaté que « lorsqu'il doit
faire de la pluie et du vent , l'Araignée raccourcit beau-
coup les derniers fils auxquels sa toile est suspendue, et la
laisse dans cet état tant que le temps reste variable. Si
l'insecte allonge ses fils, ajoute M. Caraguel, c'est du beau
temps qu'il annonce, et l'on peut juger de sa durée d'après
le degré de longueur de ces mêmes fils. Si l'Araignée reste
inerte, c'est signe de pluie ; si , au contraire, elle se remet
au travail pendant la pluie, c'est que celle-ci sera de peu
de durée. »
M. Hesse signale une erreur qui s'est glissée dans l'ex-
trait qu'on a donné, au Compte rendu de la séance du
26 novembre, de son Mémoire sur les Ancées.
Il avait dit en parlant de ces Crustacés que la femelle
n'est pas connue ; au lieu du mot femelle on a écrit par
inadvertance famille. Cette faute typographique, qui, d'à-
SOCIÉTÉS SAVANTES. 131
près in texture de la phrase entière, ne pouvait guère in-
duire le lecteur en erreur, sera signalée dans la table du
volume LXI à l'article Errata.
Séance du 10 mars. — Rien sur la zoologie.
Séance du 17 mars. — M. Geoffroy-Sain t-Hilaire donne
lecture du passage suivant d'une lettre qui lui est adressée
de Lisbonne par S. A. le prince Ch. Bonaparte.
« Quoique j'aie admis bien des espèces aux dépens du
Tetrao rufus,L., je n'en ai cependant pas admis assez. En
effet, Perdix grœca, Brisson, est bien, pour la description
et la figure, la Bartavelle du Dauphiné, Perdix saxatilis,
Meyer; mais la vraie Perdix grœca est une espèce dis-
tincte beaucoup plus semblable à la Perdix chukar de
l'Himalaya, et dont probablement Yallaica ne diffère pas.
La principale différence entre la grœca et la chukar à
bande rousse centrale le long du sommet de la tête con-
siste en ce que la première n'a qu'une simple indication
du faisceau de plumes auriculaires, roux pâle dans la
chukar et roux foncé dans la sinaica. De toutes les espèces,
la vraie Bartavelle ou saxatilis seule a du noir entre l'angle
du bec et les narines. En outre, si l'on compare la véritable
grœca à la saxatilis, on lui trouve les moustaches noires
plus prolongées, le bec plus long, quoique bien moins que
dans P. sinaica; la gorge roussâtre (non blanche) et l'es-
pace de la gorge circonscrit par le collier noir moins
étendu et terminé en pointe ; les bandes des flancs sont
plus étroites. »
« M. Duméril, l'un des commissaires désignés pour faire
un rapport sur une Note relative au développement des Pé-
tromyzons, adressée de Haie par M. Max Schultze, et qui
a été insérée en entier dans le n° 7 des Comptes rendus de
cette année, déclare qu'il n'a pas d'autres renseignements
sur cette question délicate d'anatomie, qui ne pourrait
élre bien appréciée que par l'examen des pièces ou des
dessins reproduisant les faits observés. Néanmoins il croit
devoir appeler l'attention de l'Académie sur l'importance
132 rev. et mag. de zoologie. (Mars 1856.)
de ces recherches. Il semblerait en résulter que les œufs
des Lamproies offriraient certains rapports, quant à leur
développement , avec ceux des Batraciens , et des Gre-
nouilles en particulier, par le mode de segmentation de
leur vitellus. Ils sont , en outre, remarquables par leur
chorion ferme et mince, rappelant ce que M. Vogt a
nommé la membrane coquillière. Enfin l'évolution du
système nerveux présente des anomalies indiquées avec
soin par l'auteur, qui paraît avoir apporté une grande
patience et beaucoup de dextérité dans ses observations.
En conséquence, nous proposons à l'Académie de l'en-
gager à les faire connaître d'une façon plus complète. »
S. A. le prince Charles Bonaparte présente une nouvelle
publication de M. Gray et s'exprime ainsi à ce sujet :
<( Avant-hier à Londres, où je me trouvais au retour
d'un petit voyage en Espagne et en Portugal, le principal
zoologiste du musée britannique, M. le docteur Gray, me
chargeait d'une mission que je m'empresse de remplir.
C'est avec joie, Messieurs, que je vous soumets ce nouveau
travail sur les Cheloniens , parce qu'il est un vrai modèle
de ce que devraient être les catalogues des grands musées,
prenant la science à son point d'arrêt, et donnant les
figures des espèces nouvelles, douteuses ou mal représen-
tées. C'est, en un mot, un ouvrage digne de son auteur,
de l'établissement national auquel il préside pour la zoo-
logie, et surtout des administrateurs ou trustées qui le sur-
veillent. Ces hommes d'état éclairés et au-dessus des basses
intrigues et des considérations personnelles savent , avec
un esprit d'ordre et de stricte économie, éviter la parci-
monie, quand il s'agit de faire avancer la science. La
publication de ce beau livre, faite par ordre de ces trus-
tées, en est une preuve nouvelle, et le monde scientifique
leur en doit des remercîments.
« Un des principaux mérites de cet ouvrage est d'avoir
débrouillé les espèces à sternum mobile des Emydiens.
Du fond de son cabinet , M. le docteur Gray a su faire ce
SOCIÉTÉS SAVANTES. 133
que nul n'avait fait avant lui , pas même les naturalistes
américains, qui ont tous les jours sous les yeux des cen-
taines d'exemplaires de ces Kinosternés. Sans doute il ne
serait pas impossible de relever quelques inexactitudes
dans un travail de si longue haleine. Moi-même peut-être
aurais-je de petites réclamations de priorité à faire ; mais
ce qui est important, c'est de mieux pondérer la réunion
à la Clemmys caspica, Wagl., de la jolie sigriz ou vulga-
risy espèce occidentale dont deux petits exemplaires vi-
vants viennent d'être remis par moi au vivarium du mu-
séum. Ces charmants petits animaux doivent nous être
doublement précieux comme présent d'un jeune roi natu-
raliste qui, après s'être si bien instruit lui-même, s'occupe,
nuit et jour, d'un système d'éducation publique. Protes-
tons au moins contre l'injuste réunion des Testudo grœca
et Chersus mauritaniens, en dépit des excellentes diagnoses
qu'a données de ces deux espèces notre savant professeur
Duméril. Ce que je soutiendrai encore de toutes mes forces
en cette occasion , malgré tous les erpétologistes anglais
qui l'appellent Lutremys; malgré, je suis fâché de le dire,
les erpétologistes français, qui la réunissent aux Cistudo,
c'est que YEmys europœa doit rester le type du genre
Emys. Et cela ne fût-ce que pour honorer la mémoire de
notre illustre Brongniart, dont l'important travail sur la
classification des Reptiles a fait faire, dans son temps, un
si grand pas à l'erpétologie. »
La Société impériale zoologique d'acclimatation fait hom-
mage à l'Académie des deux premiers volumes du Recueil
qu'elle publie, et exprime le désir d'obtenir pour sa bi-
bliothèque, ouverte à tous les membres de la Société,
dont le nombre est déjà de plus de mille , un exemplaire
des Comptes rendus.
M. Charles Marlins adresse un travail Sur la tempéra-
ture moyenne des Oiseaux palmipèdes du nord de l'Eu-
rope.
Séance du 24 mars. — M. P. Gervais adresse des Docu-
134 rev. et mag. de zoologie. (Mars 1856.)
ments pour servir à la monographie des Chéiroptères sud-
américains.
a Le mémoire dont j'ai l'honneur d'adresser le résumé
à l'Académie a pour objet principal la description des
nombreuses espèces de chauves-souris que M. Francis de
Castelnau et son compagnon, feu M. Emile Deville, ont
recueillies pendant leur longue expédition dans l'Amé-
rique du Sud. Mon but, en le rédigeant, n'a pas été de
faire une monographie définitive des Chéiroptères qui vi-
vent dans l'Amérique méridionale, mais de préparer des
documents pour cette monographie, en réunissant les
nombreuses observations scientifiques auxquelles pouvait
donner lieu l'étude des matériaux mis à ma disposition.
Outre les chauves-souris rapportées par MM. de Castel-
nau et Deville, j'en ai décrit quelques autres que M. de
Castelnau lui-même a plus récemment trouvées aux envi-
rons de Bahia, ou que M. Westphal a reçues du même lieu.
« Pallas, Et. Geoffroy Saint-Hilaire, Frédéric Cuvier et
de Blainville avaient déjà tiré un excellent parti des ca-
ractères que fournit le système dentaire pour la détermi-
nation spécifique et la classification des Chéiroptères. En
poussant plus loin cette analyse, commencée par Dau-
benton, j'ai pu obtenir plusieurs résultats nouveaux qui
seront à la fois utiles pour l'ostéologie et pour la zoologie
des Chéiroptères. Ces résultats permettront aussi d'arriver
à une notion des chauves-souris fossiles en Amérique plus
parfaite que celle que nous possédons encore.
« J'énumère dans mon mémoire une soixantaine d'es-
pèces vivantes qui appartiennent toutes à la faune de l'A-
mérique méridionale, et je donne, pour la plupart d'entre
elles, des descriptions détaillées ainsi que des figures
odontographiques. Grâce à l'obligeance de M. Isidore
Geoffroy Saint-Hilaire, j'ai pu comparer ces espèces, et
plus particulièrement celles que je crois nouvelles, aux
types en partie décrits par son père ou par lui , que pos-
sède la collection du muséum de Paris.
SOCIÉTÉS SAVANTES. 135
(( Tous les Chéiroptères américains appartiennent aux
deux familles des Phyllostomidés et des Vespertilionidés.
On n'a encore rapporté de ce continent aucune espèce de
la famille des Ptéropodidés ou Roussettes, ni de celle des
Khinolophidés, et il ne paraît pas qu'il y en existe. Les
Phyllostomidés ou les chauves-souris de la famille des
Sténodermes, des Phyllostomes et des Vampyres, sont ex-
clusivement propres à l'Amérique , et nulle part ailleurs
on n'en trouve des espèces. Au contraire, les Vespertilio-
nidés sont des animaux cosmopolites ; toutefois leurs es-
pèces américaines et, dans certains cas, les genres formés
par ces espèces, sont différents de ceux qui vivent sur les
autres continents. Il en est cependant qui rentrent dans
des genres exropéens.
<( Je ne parlerai, dans cette première note, que des
Phyllostomidés.
« Ces chauves-souris , qu'on a aussi nommées Vampy-
ridés, peuvent être partagées en quatre tribus : les Des-
modins, les Sténodermins, les Glossophagins et les Vampy-
rins.
« 1. On ne connaît encore, parmi les Desmodins, que
le seul genre Desmodus , qui est si remarquable par son
système dentaire. Je montre que dans le premier âge il a
deux paires d'incisives supérieures, comme la plupart des
autres Phyllostomidés, et que ces dents sont alors fort dif-
férentes, quant à la forme, de la paire unique qui les rem-
placera.
« 2. Les Sténodermins sont plus nombreux, et l'on en
reconnaît aisément plusieurs genres. Ils rappellent plus
ou moins , par la forme de leurs dents et par la brièveté
de leur membrane interfémorale, le Sténoderme d'Ét.
Geoffroy Saint-Hilaire. C'est à cette tribu qu'appartien-
nent les Phyllostomidés frugivores. Les molaires de quel-
ques-uns d'entre eux ressemblent, par les tubercules
émoussés de leur couronne, à celles de certains singes ou
même des kinkajous , qui ont un régime analogue. Chez
136 rev. et mag. de zoologie. (Mars 1856.)
d'autres, elles ont leur bord externe très-relevé, principa-
lement les antérieures. Leur nombre varie suivant les for-
mules 7, | et {, caractères qui, joints à ceux de la queue
courte ou nulle et de la membrane interfémorale, rendent
facile la distinction des genres de Sténodermins.
« J'ai étudié en nature six de ces genres : les Brachy-
phijlla, J. E. Gray; les Pteroderma, P. Gerv. (établis pour
le Phyllostoma perspicillatum) ; les Artibœus, Leach; les
Derrnanura, P. Gerv. (pour le Stenoderma undatum ,
Blainv.); les Stenoderma, Et. Geoffr., et les Sturnira,
Gray. Ces derniers comprennent les espèces qui ont
les dents les plus émoussées (Phyllostoma lilium, Et.
Geoff., etc.).
« 3. Les Glossophagins, qui répondent au genre Glos-
sophaga d'Ét. Geoffroy, ne m'ont fourni qu'un petit nom-
bre de remarques nouvelles. C'est après avoir exposé leur
classification actuelle que j'ai parlé du Phyllostoma brevi-
caudum, espèce dénommée par le prince de Neuwied.
Cette espèce , dont la synonymie maintenant est fort em-
brouillée, a été quelquefois confondue avec les Glosso-
phages, dont elle se distingue cependant par certains
caractères tirés de la forme du crâne, de la dentition, etc.,
caractères qui la rattachent simultanément aux Sténoder-
mins et aux Vampyrins. Je la regarde comme devant ser-
vir de type à un genre distinct qui pourra prendre le nom
d'Hemiderma.
« 4. La quatrième tribu des Phyllostomidés est celle des
Vampyrins, qui réunit aussi plusieurs genres et particu-
lièrement ceux des Vampyrus, Leach, et des Phyllostoma,
tels qu'ils ont dû être modifiés par suite des derniers pro-
grès de la science. Plusieurs autres divisions, de valeur
également générique, peuvent y être pareillement rappor-
tées : tels sont les Lophostoma, que M. d'Orbigny et moi
avons fait connaître ; les Macrophyllus, genre établi par
M. Gray pour le Phyllostoma macrophyllum du prince de
Neuwied ; et deux autres genres encore , les Tylostoma et
ANALYSES d' OUVRAGES NOUVEAUX. 137
les Schizostoma, caractérisés ici pour la première fois.
« Les Tylostoma comprendront les Phyllostoma bidens,
Spix, et Phyllostoma crenulatum , Et. Geoffr., qui ont
| molaires et seulement * incisives.
« Les Schizostoma ont £ molaires et f incisives. L'es-
pèce sur laquelle j'établis ce genre m'a paru nouvelle ; je
lui donne le nom de Schizostoma minutum.
« 5. J'ai rapproché des Vampyrins, mais sans le ranger
définitivement dans la même tribu , un autre genre nou-
veau que j'appelle Spectrellum. Je l'établis sur une chauve-
souris de Bahia qui m'a été remise par M. Westphal. Sa
formule dentaire est la suivante : | incisives , f canines ,
£ molaires ; sa queue est longue et complète, comme celle
des Macrophylles ; mais ses trois vertèbres intermédiaires
sont beaucoup plus longues et beaucoup plus grêles que
les autres ; ses proportions générales rappellent celles des
Vampyrins. Toutefois cette chauve-souris , qui paraît de-
voir occuper le dernier rang parmi les Phyllostomidés,
manque de la feuille nasale qui caractérise les autres ani-
maux de cette famille; je l'ai décrite sous le nom de
Spectrellum macrurum. »
Séance du 31 mars, — Rien sur la zoologie.
III. ANALYSES D'OUVRAGES NOUVEAUX.
Lettres conchyliologiques, par M. Henri Drouet,
n°5,
à M. Guérin-Méneville.
Au matin de l'année qui s'ouvre, que n'ai-je, mon cher
directeur, quelque heureuse nouvelle à vous apprendre ?
Pourquoi fout-il , hélas ! que je vous mène au bord d'une
tombe récemment fermée! M. Collard-des Gherres,
commissaire impérial, près le deuxième conseil de guerre,
chevalier des ordres de la Légion d'honneur , de Saint-
138 rev. et mag. de zoologie. (Mars 1856.)
Ferdinand d'Espagne et deLéopold de Belgique, vient de
mourir à Brest, le 16 décembre dernier, à l'âge de 64 ans.
Chacun regrettera le savant et consciencieux auteur du
Catalogue des testacés terrestres et fluviatiles des environs
de Brest et de Quimper (Act. Soc. Linn. Bord, iv, 1830).
C'est un des rares opuscules qui peut servir de modèle du
genre, et qui se place de pair à côté des publications con-
temporaines de Millet, de Ch. des Moulins, de Grateloup.
Personnellement, je perds dans M. Collard des Cherres
un aimable correspondant, un conseil éclairé, un ami dé-
voué, et je ne suis pas seul à déplorer cette perte sen-
sible. C'est ainsi que, chaque jour, nos rangs s'éclaircissent
et présentent des vides qui ne se comblent pas.
Voici quelques opuscules nouveaux ou de date assez ré-
cente :
1° Intorno ail' Hélix frigida. Lettera diretta al compila-
tore del Giornale di Malacologia, 4 pages in-8. (Extrait du
Giornaledi Malacologia de Strobel,2e ann., n° 7; 1854.) —
De cette lettre signée Antonio-Villa, il résulte : que l'Hé-
lix frigida, découverte en 1831, par Jan, sur la Grigna
(Lombardie), et qu'on n'avait pas vue depuis, a été re-
trouvée en grande abondance, par le savant conchyliolo-
gue milanais, dans la partie septentrionale de cette mon-
tagne, vers la cime du Moncodin, sur les rochers, au mi-
lieu des neiges ; que c'est une espèce distincte de YHel.
Schmidtii, Ziegl. ; que c'est elle, et non cette dernière, qui
doit figurer dans le Catalogue des mollusques de la L<Jm-
bardie; et enfin, que c'est une espèce à ajouter à la Faune
malacologique de la province de Côme.
2° Notizie intorno al génère Melania, memoria malacolo-
gicadei fratelli Villa. Milano, febbr. 1855; 10 pages in-8.
(Extrait des Actes de l'Acad. phys. mêd. stat. de Milan;
n° 2, févr. 1855.) — Après avoir rappelé que le genre
Melania a été créé par Lamarck en 1822, pour des Hélices
de Linné et des Bulimes de Bruguière , étrangers à l'Eu-
rope, MM. Villa frères supposent que ce furent l'Illyrie,
ANALYSES D'OUVRAGES NOUVEAUX. 139
la Croatie, la Dalmatie et la Servie qui fournirent les pre-
mières espèces européennes ; plus tard, on en découvrit
une dans le nord de l'Italie. Examinant ensuite leur dis-
tribution géographique en Europe, ils constatent que ce
genre est exclu des contrées septentrionales, et qu'il
n'existe ni en France, ni en Allemagne, ni en Espagne,
ni en Sardaigne, ni en Corse. Suivant eux, il n'existerait
pas non plus en Sicile, et les coquilles attribuées aux Mé-
lanies par Philippis , Aradas et Maggiore appartien-
draient, en réalité, à des genres voisins. Le genre Mélanie
paraît donc habiter de préférence l'Europe oriento-méri-
dionale. MM. Villa annoncent qu'ils possèdent actuelle-
ment plus de quatre-vingts espèces de Mélanies proprement
dites, non compris, bien entendu, les espèces apparte-
nant aux genres Melanopsis, Pyrena, Hydrocena, Melara-
pha et Lithoclypus, qu'ils considèrent comme distincts.
A ce sujet, ils émettent un doute au sujet de la Melania
Seguriiy de Belgrade, récemment décrite, par M. Bourgui-
gnat, dans ses Aménités malacoloyiques. Pour eux cette co-
quille n'est rien autre chose que le Lithoclypus nalicoïdes ,
var. maxima. Ils décrivent deux nouvelles espèces : Mela-
nia Turati (hab. la Louisiane) ; M. Osculati (hab. Quito).
Enfin ils mentionnent un travail récent de M. Anthony,
de Cincinnati {Descriptions of new fluviatile shells of the
gênas Melania Lam. from the western States of North-Ame-
rica), paru dans les Annales du lycée d'Histoire natu-
relle de New-York (1854), qui comprend la description
de cinquante espèces de Mélanies des États de l'Amérique
du nord. A ce propos, MM. Villa font remarquer que les
contrées parcourues par M. Anthony leur paraissent ca-
ractérisées par le genre Melania, comme la Dalmatie l'est
par le genre Clausilia. Suit la liste nominale des cin-
quante espèces de M. Anthony. C'est là un beau et bon
mémoire malacologique, dont je vous recommande la lec-
ture; il vous intéressera au plus haut point.
Je ne veux pas vous parier des frères Villa sans vous
140 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Mars 1856.)
rappeler ici deux publications antérieures qui leur font
honneur, savoir :
Dispositio systematica conchyliarum terrestrium et flu-
viatilium quœ adservantur in collectione fratrumA. et J. B.
Villa... Mediolani, 1841 ; in-8 de 64 pages.
Catalogo dei molluschi délia Lombardia, compilato dei
fratelli À. et J.-B. Villa... Milano, 1844; 10 pages in-8,
plus un feuillet supplémentaire (décemb. 1853) d'addi-
tions et de corrections.
Ces deux opuscules sont entre les mains de tous les ma-
lacologistes, et ils seront désireux de posséder les plus ré-
cents dont je viens de vous parler. Ainsi les naturalistes
du nord de l'Italie ne restent point en dehors du mouve-
ment d'études de notre époque, et les noms des Villa, des
Spinelli, des Strobel, des Betta, des Porro, de Cristoforis,
Jan, Stabile, Rezia Amanzio, Brunnati, etc., figurent ho-
norablement à la suite des Olini , des J. Plancus , des
Ginnani, des Gualtieri, des Spallanzani, des Mangili, et
autres noms célèbres. Je reprends mes analyses.
3° Tableau statistique et géographique du nombre d'es-
pèces de mollusques terrestres et fluviatiles observées, soit à
l'état vivant, soit à l'état fossile, dans les différentes régions
et contrées (départements, provinces, bassins, etc.) de la
France continentale et insulaire, pour servir à la Faune ma-
lacologique française , disposé selon l'ordre géographique
par M. le Dr de Grateloup et M. le prof. V. Raulin. Bor-
deaux, févr. 1855 ; une feuille in-plano.
4° Deuxième tableau statistique et géographique du nom-
bre d'espèces de mollusques terrestres et fluviatiles vivants et
fossiles de la France, disposées selon les régions naturelles
(zones zoologiques) et distribuées en familles; par MM. les
docteurs de Grateloup et Victor Raulin. Bordeaux, juin
1855, 1 feuille in-plano.
Les auteurs de ces deux tableaux synoptiques ont eu
pour objet principal de jeter les bases d'une géographie
malacologique de la France, travail que personne encore
ANALYSES D OUVRAGES NOUVEAUX. 141
n'a osé aborder. Nous saurons gré à M. de Grateloup et à
M. Raulin des plans du canevas qu'ils viennent de tracer,
et sur lequel il ne reste plus qu'à remplir les interstices.
Le premier tableau a pour but de faire apprécier les
éléments et les conditions d'existence des mollusques , les
modifications qu'ils subissent de la part des agents exté-
rieurs, celles des expositions orographiques, des altitudes,
de la température, des milieux, de la nourriture, de la vé-
gétation, enfin de l'influence qu'exerce sur eux la compo-
sition minéralogique du sol, toutes choses qu'il faut re-
garder comme de la plus haute importance et d'un intérêt
majeur, surtout dans l'étude des mollusques. Pour cela, ce
tableau est divisé en vingt-cinq colonnes, comprenant les
régions géographiques naturelles de la France ; les dépar-
tements, avec leurs chefs-lieux et les provinces anciennes
dont ils font partie , leur aréa en hectares , leur position
astronomique, les régions orographiques qu'ils compren-
nent et les bassins hydrographiques dont ils font partie ,
leurs formations géologiques, leurs régions climatoriales,
la température moyenne de l'année pour chacun d'eux ,
les zones zoologiques et botaniques auxquelles ils appar-
tiennent , l'indication des faunes spéciales malacologiques
dont ils ont été l'objet , avec les noms des auteurs et la
date de la publication ; enfin le nombre des espèces tant
vivantes que fossiles qui y ont été observées. Une dernière
colonne est consacrée à des réflexions générales indiquant
le but que se sont proposé les auteurs. C'est ainsi que le
département de l'Aube, pour vous fournir un exemple, est
rangé par eux dans la France centrale, et les colonnes affé-
rentes indiquent que son aréa est de 609,000 hectares ;
qu'il est situé par 48° 18' 3" de latitude et 1° 44' 41" de
longitude orientale ; que c'est un pays de plaines avec
110 mètres d'élévation à son chef-lieu ; qu'il appartient au
bassin de la Seine, aux terrains crétacés, jurassiques et
éocènes, et aux climats séquanien et vosgien ; que la tem-
pérature moyenne de l'année y est de 10° 95 ; que, comme
142 HEV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. [MaVS 1856.)
faune et flore, il appartient à la zone parisienne ; enfin on
voit que, en 1851, MM. l\ay et Drouët ont publié une
faune malacologique de l'Aube comprenant, au total,
cent soixante-dix espèces vivantes. 11 en résulte que les
départements qui paraissent être le plus riches en espèces
ou mieux explorés sont ceux du Nord, des Vosges, de la
Vienne, du Rhône, de l'Isère, de l'Aube, de l'Hérault, du
Lot-et-Garonne, de la Gironde, des Landes et du Var.
Le second tableau, complément du premier, présente
la classification de nos mollusques vivants et fossiles, sui-
vant les familles naturelles admises par les zoologistes. Il
est divisé en trente-quatre colonnes, comprenant renon-
ciation des régions naturelles en zones zoologiques, les
départements et les chefs-lieux , les altitudes rninima et
maxima, les températures isochimènes, isothermes et iso-
thères, et enfin le nombre des espèces appartenant à cha-
cune des familles naturelles pour chaque faune spéciale
ou départementale, avec le total de ces espèces. Une der-
nière colonne est consacrée aux observations générales
exposant les vues des auteurs. Exemple : le département
de l'Aube , placé ici (avec plus de justesse) dans la région
du nord et dans la zone parisienne, a, suivant eux , pour
altitude minima 61 mètres, pour altitude maxima 356 mè-
tres; ses températures sont: isochimène, 2° 9; isotherme,
10° 9; isothère, 19° 4; enfin on y a observé 12 Limaciens,
76 Hélicéens, 3 Cyclostomiens, 1 Àuriculéen, 29 Limnéens,
9 Paludinéens, 1 Néritéen, 1 Mytiléen, 24 Naïades, 14 Cy-
cladéens; ensemble, 170 espèces. La comparaison de ces
différents chiffres fait voir que, pour chaque faune en gé-
néral, les familles les plus riches en espèces sont celles des
Hélicéens et des Limnéens ; viennent ensuite les Limaciens
et les Na/iades.
Je suis entré dans quelques détails à propos de ces deux
tableaux, parce que je crois qu'ils feront époque dans
l'histoire de notre malacologie. En effet, ils jettent, comme
je vous le disais, les bases d'une géographie malacologiqm»
ANALYSES D'OUVRAGES NOUVEAUX. 143
de la France; ils en sont comme le point de départ. Ren-
dons grâce aux savants qui nous ont frayé la route et fa-
cilité l'accès. Marchons sur leurs traces en les prenant
pour guide; le premier pas est fait, c'est toujours le plus
difficile.
5° Distribution géographique de la famille des Limaciens ;
par le docteur de Grateloup. Bordeaux, 1855, 30 pages
in-8°. — Dans un court avertissement , l'honorable auteur
annonce qu'il s'est proposé d'exposer quelques généralités
zoologiques et géographiques sur l'ensemble des Lima-
ciens, de faire un recensement général des espèces con-
nues et de les distribuer selon les régions géographiques
naturelles. La famille des Limaciens se compose de treize
genres , savoir : Àrion , Limax , Testacella , Parmacella ,
Limacellus, Vaginulus, Onchidium, Eumalus, Plectropho-
rus, Tebennophorus , Gaeotis, Meghimatium, Veronicellus.
Toutes les espèces aujourd'hui connues sont énumérées
suivant leur distribution géographique dans chaque partie
du monde. Un résumé numérique clôt cette utile et sa-
vante brochure, à laquelle je reprocherai seulement l'abus
des abréviations, l'emploi tantôt du français, tantôt du
latin , enfin et surtout l'usage de noms proposés , qui ne
tendraient rien moins qu'à bouleverser la nomenclature
acquise.
6° Catalogue des Mollusques terrestres et fluviatiles, vi-
vants et fossiles y de la France continentale et insulaire, par
ordre alphabétique; par MM. les docteurs de Grateloup
[pour les espèces vivantes) et V. Raulin [pour les espèces fos-
siles). Bordeaux, 1855, 56 pages in-8°. — Le titre de cet
ouvrage nous indique suffisamment que ce n'est là qu'un
simple catalogue nominal de nos Mollusques vivants et
fossiles, avec l'indication des localités principales. Toutes
les espèces bonnes ou mauvaises, toutes les appellations
régulières ou synonymiques y sont alphabétiquement con-
signées. M. de Grateloup décrit comme espèces nouvelles :
Hélix aquitanica (suivant moi ce n'est que Y H. fusca,
144 rev. et màg. de zoologie. (Mars 1856.)
Mont.), Hélix burdigalensis (pour moi variété de Y H.
variabilis, Drap.), Hélix cestasiensis (encore une variété
de Y H. variabilis). Je remarque, parmi les Anodontes
fossiles, une A. Daubreana, Schimp., du bassin alsacien,
que je n'ai pas mentionnée dans mes Études sur les Ano-
dontes. Ce travail, fruit de longues et patientes recherches,
est le précurseur d'un synopsis méthodique auquel MM. de
Grateloup et Raulin travaillent actuellement , et qu'ils ne
tarderont pas à mettre en lumière.
Mais mon rôle de nouvelliste est épuisé ; c'est pourquoi
je clos cette lettre, et je vous prie, avec mes sentiments
habituels de parfaite estime, d'agréer mes vœux de bonne
année.
IV. MÉLANGES ET NOUVELLES.
M. de Souancé nous adresse la description suivante
d'une nouvelle espèce de Perroquet :
Myiopsitta tigrina. Vert, plus clair en dessous; les plu-
mes du cou, du dos, des flancs terminées par une bande
noire, qui devient beaucoup plus large sur les couver-
tures supérieures de la queue ; les épaules noires ; les rec-
trices médianes noires, les latérales vertes, mais noires au
centre près de la baguette ; bec et pieds de couleur claire.
— L. t., 18 cent. — Venezuela. (Muséum d'histoire na-
turelle de Paris.)
TABLE DES MATIERES.
Pages.
Jaubert. — Dixième Lettre sur l'Ornithologie. 97
D'Orbigny. — Ammonites nouvelles. 105
Thomson. — Description de dix Coléoptères. 112
Reiche. — Nouvelle espèce du G. Onitis. 118
Robineau-Desvoidy. — Gale-Insectes de l'Olivier, etc. 121
Académie des sciences. 128
Analyses. 13?
Mélanges et nouvelles. 14*
PARIS. — IMP. DE M"" Ve BOUCHARD-HUZARD , RUE DE L EPERON, J.
DIX-NEUVIÈME ANNÉE. — AVRIL 1856.
I. TRAVAUX INÉDITS.
Notices mammalogiques, par M. le Dr Pucheran,
Les diverses déterminations auxquelles j'ai été obligé
de me livrer, dans le musée de Paris , depuis que je suis
attaché aux galeries de cet établissement, ont nécessité
de ma part une série de recherches dont les résultats, que
je désire mettre au jour, offriront, je l'espère, pour la
science, un certain degré d'intérêt. Quoique, depuis 1846,
mon attention ait été portée d'une manière suivie sur les
divers types ornithologiques de MM. Cuvier, Vieillot et
Lesson, je n'ai point, cependant, délaissé l'étude des
Mammifères, puisqu'il m'a été quelquefois permis, sous le
point de vue de la synthèse, d'arriver, en ce qui les con-
cerne, à renonciation de quelques principes nouveaux (1).
En outre, j'ai déjà fait connaître en 1855 (2), dans une
note qui traite des Carnassiers et à laquelle j'espère, plus
tard, donner plus de développement, j'ai déjà fait con-
(1) Voyez nos diverses publications et nos communications à l'Aca-
démie des sciences, dont voici les titres :
1. Sur les caractères zoologiques des M armai f ères aquatiques.
Revue et magasin de zoologie, 1851. — 2. Esquisse sur la Mamma-
logie du continent Africain, R^vue et magasin de zoologie, 1853 et
1856. — 3. Sur le caractère faunique de la Nouvelle-Hollande ,
Comptes rendus de l'Académie des sciences, t. XXXIX, p. <>3l. —
4. Sur le caractère faunique de Madagascar, Comptes rendus, etc.,
t. XL, p. 192. — 5. Sur l'Equateur zoologique, Revue et magasin de
zoologie, 1855.
(2) Revue et magasin de zoologie, 1855, p. 392.
2e sÉaiB. t. viu. Année 1856. 10
146 rev. et mag. de zoologie. {Avril 1856.)
naître quelques-unes de mes observations. Le même re-
cueil scientifique contient les diagnoses spécifiques des
Mammifères nouveaux que notre collection nationale a
récemment reçus du Gabon , région du globe encore si
peu connue, et dont chaque tentative d'exploration nous
décèle, en Zoologie, des richesses inattendues. J'ajouterai,
enfin, que je n'ai pas non plus délaissé l'étude des Prima-
tes, ainsi que pourront le constater les Zoologistes en lisant
notre prochaine notice qui leur sera consacrée; mais, en
ce moment, c'est des Cétacés que nous allons nous occuper.
Comme dans nos galeries nous n'avons point, pour les
étudier, les facilités que nous présentent, les Phoques ex-
ceptés, les Mammifères des autres ordres, nous sommes
obligés de ne point différer l'exposition des diverses ob-
servations auxquelles ils ont récemment donné lieu de
notre part.
1. Cétacés.
S'il est déjà fort difficile de bien connaître et de dis-
tinguer, par leurs formes extérieures et par leur mode
de coloration , les divers types de cet ordre qui fréquen-
tent les mers d'Europe , on doit regarder comme étant à
peu près insolubles les questions de cette nature relatives
aux espèces des autres contrées du globe. Il nous a cepen-
dant été possible , dans la détermination que nous avons
faite, il y a quelque temps, des divers individus rapportés
par M. Dussumier, il nous a été possible, disons-nous, de
saisir certains caractères à l'aide desquels les Zoologistes
pourront dorénavant mieux fixer les diagnoses. Pour aider
à ce perfectionnement de la science, nous citerons, indé-
pendamment de nos propres observations, celles initiale-
ment faites par M. Frédéric Cuvier.
La première espèce dont nous ayons à nous occuper est
le Delphinus pluiabcus, Dussumier.
« L'individu adulte, dit M. Frédéric Cuvier (1), avait
(1) Mammifères de la Ménagerie du Muséum, 00- livraison.
TRAVAUX INÉDITS. 147
« 8 pieds de longueur et tous les caractères des Dauphins.
(( Les dents étaient au nombre de trente-six de chaque
« côté de la mâchoire supérieure, et au nombre de tien tê-
te deux de chaque côté de l'inférieure. Tout son corp6
ee avait une teinte uniforme d'un gris plombé , excepté
« l'extrémité et le dessous de la mâchoire inférieure, qui
ce sont blanchâtres.
« La hauteur de son corps, mesuré en avant de la dor-
« sale, est contenue six fois et deux tiers dans la longueur
ce totale ; l'épaisseur est à peine plus grande que la hau-
te teur ; la distance du bout du museau à l'œil fait le
« sixième de la longueur totale ; le front s'élève, sur le
« bec , à la moitié de cette distance , sous un angle d'en-
« viron 45 degrés. L'évent est médiocre, placé sur le crâne
« à l'aplomb de l'œil , dont le diamètre est seulement le
« quinzième de la distance au bout du bec. La dorsale
« commence au tiers du corps; elle est longue, mais peu
ce élevée , car l'angle que forme son bord antérieur avec la
ce ligne du profil du dos n'a pas 33 degrés; le bord pos-
ée térieur est faiblement échancré et se prolonge assez loin
ee sur la queue ; la carène qui existe sur la queue est assez
ee haute.
ee La largeur de la caudale est égale au quart de la Ion-
ee gueur du corps. La hauteur de cette nageoire est, à
ee peu de chose près, la moitié de sa largeur. Les deux
ee lobes sont séparés l'un de l'autre par une fente peu
« profonde, et chacun d'eux est peu échancré.
ee La pectorale, attachée à peu près au quart de la lon-
ee gueur totale, n'en a pas elle-même le septième : son
ee bord postérieur est peu échancré.
te II paraît que les jeunes ont les parties inférieures du
ee corps plus pâles que les supérieures et sont blanchâ-
ee très (1). »
(1) L'adulte et le jeune sont figurés dans la Ménagerie du Muséum,
livraison 57e, septembre 1829. iIS° 1, le jeune; n° 3, l'adulte.)
148 rev. et mag. de zoologie. (Avril 1856.)
Dans son travail de date pins récente (1836) sur l'his-
toire naturelle des Cétacés, M. F. Cuvier ne donne sur ces
types aucun détail nouveau. Rappelant à ce sujet l'opinion
émise par M. Georges Cuvier, et si généralement adoptée
par les modernes, que cette espèce ne diffère pas du Del-
phinus malayanus, de MM. Lesson et Garnot, il ajoute
seulement que leur différence ne consiste fjuère que dans la
carène de la queue, très-marquée chez la première et feu sen-
sible chez la seconde (1).
Exposons maintenant le résultat de nos observations
sur ce Dauphin , représenté , dans le Musée de Paris, par
les mêmes individus décrits par M. Frédéric Cuvier. L'au-
thenticité de ce dernier fait ne peut être mise en doute,
car, de même que ceux qui vont suivre, ces Cétacés ont
été parfaitement reconnus par M. le professeur Geoffroy
Saint-Hilaire, par l'artiste qui a dessiné les figures de
l'ouvrage de M. Frédéric Cuvier et par M. le professeur
Valenciennes, lequel a fourni à M. Frédéric Cuvier, qui
l'avoue lui-même , les descriptions originales que nous
avons dû transcrire.
Or dans notre individu adulte, malgré son état de des-
siccation, se trouvent parfaitement saisissables les carac-
tères indiqués par M. Frédéric Cuvier dans la figure qu'il
a publiée, et dont certains ont été décrits par lui. Ainsi la
nageoire dorsale est peu élevée : ses dimensions, dans le sens
de sa plus grande hauteur, dépassent de très-peu 15 cen-
timètres. Elle est, de même, fort peu échancrée en arrière,
et la carène, qui succède à son bord postérieur, s'étend
jusqu'à 15 centimètres du commencement de la carène
dorsale, si tant est, cependant, qu'il y ait interruption
entre ces deux crêtes cutanées , interruption qui se con-
çoit parfaitement bien dans notre exemplaire desséché,
mais qui, à l'état de vie ou quelques heures après la mort,
est peut-être absente. Cette même nageoire est, au con-
(1) Frédéric Cuvier, Histoire naturelle des Cétacés, p. 152.
TRAVAUX INÉDITS. 149
traire, très-allongée : son bord libre présente 42 centi-
mètres 5 millimètres d'étendue.
La nageoire caudale est très-large, soit d'avant en ar-
rière, soit de droite à gauche. Dans ce dernier sens, son
étendue, mesurée au-dessus du bord libre, atteint près de
55 centimètres; dans le premier sens, depuis le point où
elle se sépare du reste du corps jusqu'à la pointe supé-
rieure de l'échancrure médiane, elle atteint 22 centimè-
tres. Nous ferons observer, en outre, que nos mesures
d'avant en arrière sont prises dans l'endroit le plus con-
tracté. Or, nonobstant cette circonstance défavorable ,
il n'en est pas moins vrai que nous trouvons exacte l'as-
sertion de M. Frédéric Guvier, que la hauteur de cette
nageoire est, à peu de chose près, la moitié de sa lar-
geur.
Les pectorales sont, ainsi que la caudale, fort étalées
et fort larges : l'une d'entre elles, au niveau de l'éperon
de son bord interne, présente, de dehors en dedans, plus
de 16 centimètres d'étendue; son bord externe mesure
près de 35 centimètres.
Voici quelles sont les autres dimensions :
Longueur totale (de l'extrémité de la mâchoire supé-
rieure à l'échancrure médio-caudale , le lien passant sur
le dos) 2m 36e 0m.
i à la dorsale 0 85 5
Distance de l'ex-j à l'évent 0 38 3
trémité de la ma -/à l'œil 0 37 8
choire supérieure] au point de séparation
de la pectorale. . . 0 58 0
[La suite au prochain numéro.)
Onzième lettre sur l'Ornithologie de la France méridio-
nale; par le docteur J. B. Jaubert.
Calidris arenaria. — Le Sanderling nous visite irrégu-
lièrement; nous le tuons cependant en automne et au
150 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Avril 1856.)
printemps, ce qui m'a permis de me le procurer dans ses
diverses livrées... Verdot le rapporta d'Egypte, en livrée
d'hiver, tué dans le port neuf d'Alexandrie le 28 novem-
bre 1840, avec cette simple indication suspendue au bec :
Iris brun; nourriture, petits vers blancs.
Tringa. — Une particularité à signaler, c'est que le
T. maritima, qui paraît être de passage régulier dans nos
départements du Nord , ne se montre pas en Provence.
Pol. Roux l'avait cependant dessiné (Orn. Prov., pi. 284),
mais le texte nous manque... Grespon même, à qui on
pourrait souvent faire le reproche d'avoir un peu trop
suivi ses devanciers, en parle comme d'un oiseau qu'il
rencontre habituellement. Pour mon compte, je déclare
non-seulement n'avoir jamais trouvé cet oiseau, mais en-
core ne l'avoir vu entre les mains d'aucun de nos collec-
teurs.
J'avoue mon ignorance complète des trois espèces
T. cinclus, T. Schinzii et T. Bonapartii... Si je m'étais
borné à l'examen de nos sujets méridionaux , j'aurais pu
croire que nous n'étions visités que par un seul de ces
oiseaux, T. cinclus, par exemple ; mais, ayant eu sous les
yeux les divers types, ou du moins prétendus tels par les
marchands allemands, il ne m'a pas été possible de saisir,
entre tous ces individus, la moindre différence ; aussi
suis-je sans opinion pour le moment !
Limicola. — La L. pygmœa, trouvée depuis quelques
années seulement en Provence , fut signalée d'abord par
Crespon, qui nous donne sur cet intéressant oiseau les
seuls renseignements que je puisse encore transmettre au-
jourd'hui : c'est vers le milieu du mois d'août qu'il nous
arrive, en compagnie du Gocorli ou de la Brunette, dont
il paraît avoir les mœurs. Quoique toujours rare , cet oi-
seau paraît de passage régulier ; on en prend toutes les
années quelques-uns dans les environs de Montpellier, et
leur livrée est celle des jeunes.
Ltmosa. — Le petit nombre de Barges rousses que nous
TRAVAUX INÉDITS. 151
rencontrons ici ne nous a guère permis de nous former
une opinion sur le compte de la Barge de Meyer, dont
l'existence paraît fortement contestée... Cependant, après
avoir passé en revue celles de ma collection et celles que
possède la ville, j'ai été frappé par les différences que pré-
sente un de ces oiseaux tué à Montpellier, sous mes yeux,
en compagnie de deux ou trois autres sujets que nous ne
pûmes atteindre : c'est une livrée d'hiver assez semblable
à la livrée ordinaire, mais s'en distinguant par une teinte
plus claire du cou, avec nombreuses stries allongées ; par
la coloration plus foncée des parties supérieures et l'exis-
tence de larges taches en V sur les flancs et les sous-cau-
dalcs; par une queue brune unicolore en dessus, ne pré-
sentant qu'un peu de blanc vers l'extrémité des rectrices,
dont les deux ou trois plus externes offrent en dessous
quelques traces de taches blanches le long des barbules
internes ; la taille de l'oiseau est plus forte, son bec et ses
tarses plus longs. On sera sans doute frappé de la ressem-
blance de cette description avec celle de Degland [Lim.
Meyeri, femelle, en hiver, t. II, p. 176)... En rejetant
l'hypothèse d'une espèce distincte, ce qui ne me paraît pas
suffisamment prouvé, je serais désireux de savoir de quel
titre qualifier cette livrée... Est-ce un oiseau adulte?...
D'où vient , alors, qu'il ne présente jamais dans sa livrée
d'été ni cette taille , ni les caractères indiqués plus
haut?
J'ai parlé, dans un précédent travail, d'une Barge te-
rerk (Lim. rinerca) tuée près de Montpellier; je reviendrai
bientôt sur ce sujet pour en donner la figure.
NiTy,KNius. — Cette livrée de Barge me rappelle un
Courlis cendré que je me procurai , il a quelques années,
à Hyères. remarquable surtout par sa forte taille. C'était
sans doute un vieux sujet dont le bec seul mesure 0,18m ;
les teintes générales de l'oiseau sont d'un blanc légère-
ment roussàtre, présentant sur le cou et le haut de la poi-
trine des stries brunes tellement fines qu'elles sont à peine
152 rev. et mag. de zoologie. (Avril 1856.)
apparentes, mais qui deviennent plus fortes sur les flancs;
le bas de la poitrine, l'abdomen et les sous-caudales sont
entièrement blancs. C'est le plus bel individu que j'aie
jamais vu ; sa livrée, un peu usée, indique un oiseau vers
la fin de l'été.
Les iV. phœopus et N. tenuirostris nous visitent chaque
année, mais en petit nombre, ainsi que Y Ibis Falcinellus,
que nous rencontrons surtout au printemps.
Egreita. — Les E. alba et E. garzetta sont de passage
à peu près régulier : la première, toujours rare, se montre
seulement en hiver; la seconde, au contraire, plus sou-
vent au printemps, et même en été.
G. Cara, dans son Ornithologie sarde, page 130, donne,
sous le nom d'Ardeaegrettoides, la description d'un oiseau
que j'aurais volontiers attribué au Bubulcus, si l'auteur
n'avait énergiquement protesté contre cette pensée en me
disant que Y Egrettoïde est non-seulement d'une taille plus
forte, mais sa robe est entièrement blanche... L'auteur
compte deux captures de cet oiseau, toutes deux en hiver,
mesurant 25 pouces 7 lignes : « Del bianco puro dapper-
« tuto , non csclusi Ii piumini del dorso , ed il mazzo di
« piume filamentose del basso del colio... » N'ayant pas
vu ces oiseaux, je n'ose me prononcer; ne serait-ce pas
E. nivea, Bp. [A. egretta, Kùppel), que je ne connais pas,
et que l'on dit se montrer quelquefois dans nos îles de la
Méditerranée?...
Catalogue des perroquets de la collection du prince
Masséna d'Essling, duc de Rivoli, et observations sur
quelques espèces nouvelles ou peu connues de Psn-
tacidés; par M. Charles de Souancé. (Voir 1856, p. 56.)
60. Psittovius jugularis (Deville). Bolivie. Tache du
menton jaune orangé, couvertures supérieures et infé-
rieures de l'aile vertes.
61. Brotogeris pyrrhopterus (Lath.) ; Conurus griseo-
TRAVAUX INÉDITS. 153
cephalus, Less. Tr. d'orn. 214; Conurus grise ifrons, Bourj.
Perr. pi. 86. Amérique méridionale.
62. Brotogkkis n i (Gmel.).
63. Evopsitta amazomna (Desmurs). Colombie.
64. Derotypus accipitrinus (Linn.). Brésil.
65. Œnochrus vinaceus (Pr. Max.). Brésil.
66. Chrysotis pulverulenta (Gmel.).
67. Chrysotis lelxocephala (Linn.); Pionus vinacei-
rollisy Lan*.
68. Chrysotis albifrons (Sparrm.), Mexique.
69. Chrysotis ocnROPTERA(Gmel.) ..Psittacus amazonicus
gutture luleo, Briss. Orn. IV, 287; Psittacus barbadensis,
Briss. Orn. IV, 236; the barbadoes parrot , Alb. III ,
pi. 11; Psittacus ochropteras, Gmel. I, 341; le Perroquet
à épaulettes jaunes, mâle, le Vaill. Perr. II, pi. 98 bis ;
Chrysotis œanthoctphalus , S\v. class. of B. 301; Psittacus
xanthops, var. A. Wagl. Abh. ak. munchen, 1832, 583,
715. Front blanc sale ; sommet de la tête, tour des yeux,
joues, épaules et cuisses jaune jonquille.
70. Chrysotis xanthops , Sw. ; Psittacus xanthops ,
Wagl. Abhan. akad. munchen, 1832, 583, 715; l'Amazone
à tète jaune , le Vaill. Perr. II , pi. 86. Le front est du
même jaune que le reste de la tête; les épaules sont
rouges, et quelquefois variées de jaune et de rouge. Il
ne faut pas réunir à cette espèce le P. Xanthops, Spix,
qui est le C. hypochondriaca (Licht.).
71. Chrysotis festiya (Linn.). Brésil.
72. Chrysotis chloronota, nob. D'un vert sale; front
et lorums rouge vif; plumes du sommet de la tête et du
menton terminées de bleu; première rémige noire; l'aile
bâtarde et les barbes internes de rémiges primaires bleu
indigo à leur base; les rémiges secondaires vertes et ter-
minées de bleu ; les rémiges primaires et secondaires,
ainsi que les scapulaires, bordées extérieurement de jau-
nâtre pale; les rectrices, à l'exception des deux médianes,
rouge de sang à la base, la plus externe bleue extérieu-
184 rev. et MACr. M zoologie. (Avril 4856.)
rement; bec noir, piedsbruns. L. T. 37 cent. ; aile 21 cent.
Habitat inconnu. Cet oiseau est fort semblable au C. fes-
tiva; il en diffère cependant par l'absence de rouge sur
le croupion, et par la coloration rouge foncé très-intense
des rectrices à leur base, coloration qui n'existe pas
habituellement chez le C. festiva, ou qui ne s'y montre
qu'à l'état. rudimentaire.
73. Chrysotis aïtreipalliata (Less.) ; Chrysotis flavi-
nuchus, Gould. Acapulco.
74. Chrysotis poecilorhyncha (Shaw), Brésil.
75. Chrysotis ociirocepiiala (Gmel.), Brésil.
76. Chrysotis amazonica (Gmel.), Brésil, Guyane.
77. Chrysotis Pretrei (Temm).
78. Chrysotis Dufresnianus (Kuh) . Front rouge ,
lorums jaunes, joues bleues.
79. Chrysotis autumnalis (Linn.). Front rouge, joues
jaune nuancé de rouge : chez les individus très-adultes, les
joues sont presque entièrement rouges, et il ne reste de
jaune que dans la région suborbitale et auriculaire. .
80. Chrysotis diadema (Spix). Front rouge, ventre
bleu violacé ; occiput vert jaunâtre. Brésil.
81. Chrysotis coccineifrons , nob. Le front, le
sommet de la tête et les lorums rouge écarlate; une bande
sourcilière qui se prolonge derrière l'œil d'un beau bleu;
toutes les parties supérieures vert gai, chaque plume
bordée de noir; en dessous vert jaunâtre également écail-
lé de noir ; la première rémige noire ; les autres, égale-
ment noires à l'extrémité et intérieurement, ont les barbes
externes vertes à la base et bleues dans leur milieu ; les
rémiges secondaires vertes à la base, bleues à l'extrémité
avec une tache médiane rouge ; les rectrices vertes termi-
nées de vert jaunâtre, la plus externe bordée de violet; bec
blanc, pieds bruns. L. T. 35 cent.; aile 22 cent. Colombie?
82. Caica melaxocephala (Linn.), Brésil.
83. Caica leucogaster (111.). M. de Castelnau, dans la
relation de son voyage, dit que cet oiseau se trouve sur
TRAVAUX INÉDITS. 15&
la rive septentrionale du fleuve des Amazones, tandis que
le C. melanoccphalus serait cantonné sur la rive opposée.
8 V. Caica pileata (Gmel.). Brésil.
85. Caica Barra kandi (Kuhl). Pérou.
80. Pionus menstruis (Linn.). Brésil.
87. Pionus purpureus (Gmel.). Guyane.
88. Pionus chalcopterus (Fras.). Bogota.
89. Pionus senilis (Spix). Brésil.
90. Pionus seniloides (Mass. et de S). Colombie.
91. Pionus MaXimiliani (Kuhl). Psittacus Maximiliani,
Kuhl, Consp. 72; Psittacm jlavirostris, Spix, Av. Bras. I4
pi. 31, f. 2 ; Psittacus flavirostris, Pr. Max. Nat. von Bfaz.
IV, 243; Psittacus flavirostris vel Maximiiiani, Bourj.
Perr., pi. 54 ; Psittacus cobaltinus, Mass. et de S. Rev.
zool. 1854, 74. Quelques plumes rouges sur le front, celles
de la tête, des joues, de la poitrine et de l'abdomen vertes,
bordées largement de bleu tendre; les cinq rectrices laté-
rales sont bleues extérieurement et rouges à la base sur
les barbes internes; les rectrices médianes vertes et termi-
nées de bleu ; en dehors, les rectrices, rouges à la base, sont
d'un bleu glauque dans tout le reste de leur longueur ; les
couvertures inférieures de la queue rouge écarlate. L. T.
'lï cent.; aile 18 cent. Brésil.
92. Pionus siy (Azara n° 287), Pionus Maœimiliani,
Wagl. Abhand. ak. munchen, 1832, 603, 710. Vert olive,
chaque plume bordée de noirâtre, finement sur le corps,
très-largement sur la tète ; le front noir bleu; les plumes
du milieu de la poitrine terminées de bleu violet; cou-
vertures inférieures delà queue rouge écarlate; en dessus
les trois rectrices latérales ont leurs barbes externes
bleu foncé, et en dessous à la base une large tache cou-
leur lie de vin. L. T. 33 cent. ; aile 20 cent. Paraguay,
Bolivie.
93. Pionus sordidus (Linn.) ; Pionus corallinus, Bp.
Bev. zool. 1854, 148, 155. Sur le dessus de la tèfe chaque
plume, verte au centre, est bordée <lc bleu sombre; les par-
156 rev. et mag. de zoologie. (Avril 1856.)
ties supérieures du corps vert olive foncé ; la gorge et le
haut de la poitrine d'un bleu céleste; toutes les autres
parties inférieures olive rougeâtre ; les rectrices latérales
en dessus bleues extérieurement, en dessous rouges à la
base ; couvertures inférieures de la queue rouge écarlate ;
bec rouge ; pieds bruns. L. T. 28 cent.; aile 20 cent. Co-
lombie. Un autre individu que nous considérons comme
le jeune (?) nous a présenté quelques différences. Il est,
en dessus et en dessous, d'un vert foncé, sans aucune des
teintes olivâtres de l'oiseau adulte ; le bleu de la gorge est
plus foncé; le bec est d'un rouge plus vif.
94. Graydidascalus viridissimus (Spix). Brésil.
95. Pionopsitta pileata (Scop.). Brésil.
96. ïriclaria cyanogastra (Vieill.). Brésil.
97. Pyrrhulopsis purpuratus (Gmel.).
98. Pyrrhulopsis Hueti (Temm.).
99. Pyrrhulopsis melanopterus (Gmel.).
100. Pyrrhulopsis surdus (111.).
101. Pyrrhulopsis melanotus (Licht.).
102. Psittacula passerina (Linn.). Vert : les grandes
couvertures supérieures, ainsi que les couvertures infé-
rieures de l'aile , le bas du dos et le croupion d'un beau
bleu d'outremer ; bec couleur de corne claire ; pieds noi-
râtres. L. T. 13 cent.; aile 9 cent. Les femelles sont en-
tièrement vertes. Brésil. Var. Un jeune mâle est remar-
quable par une large tache jaune abdominale.
103. Psittacula guyanensis (Sw.); Psittacus capensis,
Lath. Ind. 132; Psittacula guyanensis, Sw. Two cent, and
a quart. 320; Psittacula viridissima, Lafr. Rev. zool.
1848, 172. Les grandes couvertures de l'aile sont d'un
beau bleu turquoise ; les couvertures inférieures de l'aile
bleu indigo; le croupion vert malachite, un peu teinté de
bleu ; le bec et les pieds blanchâtres. Les femelles ont le
front vert jaunâtre. L. T. 14 cent.; aile 9 cent. Para, Oré-
noque, Guyane.
104. Psittacula conspiçillata , Lafr. Plumage vert
TRAVAUX INÉDITS. 157
grisâtre. Cette espèce, par le bleu des ailes et du croupion,
ressemble à la P. passerina, mais elle s'en distingue par
le cercle bleu qui entoure l'œil ; le bec et les pattes blan-
châtres. L. T. 13 cent.; aile 8 cent. Les femelles sont en-
tièrement vertes, mais on ne peut les confondre avec
celles de la P. passtrinà, étant d'une autre teinte, et la co-
lorisation du bec et des pattes étant de même différente.
Colombie.
105. Psittacula coelestis, Less. Écho du M. s. 1844.
Vert lavé de gris; une bande postoculaire bleu de ciel ;,le
croupion et une bande en travers de l'aile bleu indigo ;
bec et pieds blanchâtres. L. T. 13 cent.; aile 8 cent.
Guayaquil.
106. Psittacula cyanopygia, nob. Diffère de la P. pas-
serina par une taille un peu plus grande et par le bleu
des ailes et du croupion, bleu turquoise et non pas bleu
d'outremer; bec et pieds noirâtres. L. T. 15 cent.; aile
9 cent.
107. Paljîornis Alexaindri (Linn.),
108. Pal^eornis torquatus (Briss.). Cette espèce, qui se
trouve dans une grande partie des régions tropicales de
l'ancien continent, nous offre, suivant son habitat, quel-
ques modifications très-peu sensibles que quelques natu-
ralistes ont cependant jugées assez importantes pour en
former des espèces distinctes. L'Inde, le Sénégal etl'Abys-
sinie sont également habités par cet oiseau, et, quoique
nous ayons pu en examiner un grand nombre, nous cher-
chons encore des caractères spécifiques tranchés. Les
perruches de l'Inde sont généralement plus grosses , leur
bec est plus fort et le gris du derrière de la tête est moins
étendu sur la nuque. Celles du Sénégal, plus petites que
les Asiatiques, ont la queue proportionnellement plus
longue, ce qui les fait paraître à peu près de la même
grandeur, quoique plus élancées. Quant aux oiseaux
d'Abyssinie, ils sont caractérisés par la petitesse de leur
bec (Palœomis parvirostris, Bp.).
£5$ rev. et mai;, pv, zoologie. [Avril 1856.)
109. PalvEobms bitorquatus (Kuhl.). Psittaca borbo-
nica torquata, Briss. Orn. iv, 328, pi. 27, f. 1 ; Perruche
à collier de l'île de Bourbon, Buff. pi, enl. 215; Perruche
à double collier, le Vaill. Perr. I , pi. 39 : Psittacus
Alexandrie var. Linn. I, 142; Psittacus bicollarn> Vieill.
Enc. meth. III, 1385; Palœomis Layardi, Blyth, List of
the birds As. soc. 341. Les perruches à collier de l'Inde,
du Sénégal et de l'Abyssinie , comme nous venons de le
voir, sont très-voisines les unes des autres et à peine sé-
parées par quelques légères différences; il n'en est pas de
même de la race confinée aux îles Bourbon et Maurice,
qui, malgré quelques détails communs, peut toujours s'en
distinguer. Sa coloration générale, d'un vert beaucoup
plus franc, n'a pas la teinte jaunâtre qu'on observe chez
les oiseaux d'Asie et d'Afrique ; les rectrices en dessus
sont entièrement vertes , en dessous jaune terne. Enfin la
forme du corps est épaisse et trapue, au lieu d'être élé-
gante et élancée. Les trois individus de la collection Mas-
séna viennent de l'île Maurice.
110. PaLjEORNIS SCH1STICEPS, HodgS.
111. Pal/Eornis cyanocephaeus (Linn.).
112. Paljeornis columboides, Vigors. Front, collier,
couvertures inférieures de l'aile bleu tendre ; scapulaires
et couvertures supérieures de l'aile vert sombre ; poitrine
et abdomen gris perle ; croupion bleu glauque.
(La suite prochainement.)
Observations sur les Oursins perforants de Bretagne ;
par Frédéric Cailliaud, directeur - conservateur du
musée d'histoire naturelle de Nantes, etc., etc.
Les Echinus, en général, ont été, depuis longtemps, un
sujet d'étude approfondie par de nombreux auteurs. M. de
Blainville entre autres en traite longuement (1). En 1835,
(1) Dictionnaire des sciences naturelles, édit. Lévreau , t. XXXVII ,
p. 59; t. LX, p. 178 à 213.
TRAVAUX INEDITS. 159
M. Charles des Moulins a donné sur ce sujet un fort bon
travail. MAL Agassiz et Desor, en compulsant les travaux
connus et les nombreuses collections toujours croissantes,
et en élevant aujourd'hui le nombre de ces Echinides à
seize cents espèces, ont apporté des changements notables
dans les genres par un travail spécial réellement excep-
tionnel.
Aujourd'hui, la découverte de nos Oursins perforants
en Bretagne nous porte à reconnaître de nouveaux faits
auxquels on était ioin de s'attendre, et qui doivent inté-
resser vivement la science au point de vue des usages de
ces animaux.
Localités reconnues.
Dans nos recherches de mollusques sur le plateau du
Four, près le Groisic, en 1850, nous avons trouvé, l'un
après l'autre, cinqEchinus miliaris parfaitement incrustés
dans des trous circulaires de la roche (calcaire dur magné-
sien et quartzeux) ; les ayant retirés, nous avons reconnu
mieux encore ces excavations, que nous avons enlevées
avec soin. Elles étaient parfaitement arrondies et de la
forme de ces Radiaires ; il y en avait de petits, de plus
gros ; chacun était logé dans son trou, proportionné à son
volume. Nous n'avons pas mis en doute que ces Echinm
eussent bien creusé ces excavations ; nous avons publié ce
fait en disant qu'il n'était pas unique , attendu que le Mu-
séum de Paris en possédait un autre exemple (1). Ces
(1) Ce fait, ainsi que nos observations sur les perforants, a été pu-
blié par l'Institut de France aux Comptes rendus de ses séances
(3 juillet 1851); plus tard, dans le même recueil, les 2 octobre 1854 et
19 novembre 1855, MM. Robert et Lory ont cité les Oursins perfo-
rants. M. Valenciennes en a fait autant; il annonce que M. de Quatre-
fage a vu ces Echinides perforauts dans les roches, à Guetary, il fait
même remarquer que le Muséum eu possède depuis plus de viugt
ans, et qu'on les montrait dans les cours même du temps de La-
marck. 11 est bien étrauge, toutefois, que ce savant auteur lui-même
n ait jamais publié ce fait si étrauge dans aucun de ses ouvrages ;
160 rev. et mag. de zooî.ogie. {Avril 1856.)
échantillons ont été dernièrement commentés de diverses
manières : les uns prétendaient démontrer l'impossibilité,
pour ces êtres si faibles et inoffensifs en apparence, de
creuser ainsi les roches; d'autres, et peut-être le plus
petit nombre, pensaient, comme nous, que ces Radiaires
sont de véritables perforants. Nous avions connaissance
que le dernier échantillon donné au Muséum de Paris
provenait des cotes du Finistère. Désireux d'étudier ce
fait, dans un voyage que nous avons fait à Brest au mois
d'août 1855, nous avons exploré une partie de ces côtes
et nous y avons trouvé, sur plusieurs points, nos Echinus
dans les roches, et plus particulièrement dans une riche
localité sur laquelle nous nous arrêterons quelques in-
stants.
A 2 kilomètres à l'est de Douarnenez, sur la rive, au
lieu nommé Grabinek, sur un terrain de transition
moyenne où la falaise, coupée verticalement, présente
une suite de gneiss, micaschiste et de grauwakes, au pied
desquels s'élève de 1 mètre, plus ou moins, un banc de
grès siluriens et ferrugineux dans lequel nous avons
compté vingt-trois excavations de 30 à 50 centimètres de
profondeur environ. Leur grandeur varie beaucoup; il y
en a de toutes les proportions, depuis 3 jusqu'à 16 et
18 mètres de circonférence. Ces cavités proviennent d'an-
ciennes exploitations du grès , lequel est beaucoup em-
ployé dans les arts. Le fond de ces excavations, générale-
ment en surfaces planes, est entièrement rempli d' Echinus
lividus parfaitement logés dans leurs trous ; tous ne sont
MM. Valeuciennes et de Quatrefage n'en fout pas plus mention dans
leurs nombreux écrits. Nous avons donc la priorité, eu ce que nous
avons imprimé que des Echinus perforaient les roches. Il est de fait
que, depuis plus de vingt ans que le Muséum de Paris possède ces cu-
rieux échantillons, on n'avait pas encore cherché à les expliquer.
Nous verrons que MM. Valenciennes et Robert doivent être dans
l'erreur sur les moyens de perforation qu'ils assigueut aujourd'hui à
ces Échinides.
TRAVAUX INÉDITS. 161
séparés les uns des autres que par une simple cloison
ménagée par eux dans le grès, encore ces séparations
sont-elles souvent perforées elles-mêmes par les plus
jeunes individus, qui s'emparent des plus petits espaces,
souvent anguleux, que laisse la réunion des grands trous
d'Oursins entre eux. Là ces petits êtres, gros au plus
comme un petit pois, attaquent la roche, s'y fixent et pros-
pèrent, creusant leur trou auprès de leurs générateurs,
comme le démontrent les riches échantillons, contenant
jusqu'à cinquante individus petits et grands réunis, que
nous en avons rapportés. Grandes ont été notre surprise
et notre admiration, lorsqu'à notre arrivée nous avons vu
deux mille de ces Echinus réunis habitant leur loge au-
près de leurs petits, et tapissant toute l'étendue de ces
excavations de leurs couleurs variées vert ou violet, sous
la transparence d'une nappe d'eau limpide ! Ici encore,
nous disions nous, de nouvelles jouissances sont toujours
réservées à celui qui étudie la nature !
Durant cinq jours consécutifs nous avons visité cette
localité, où nous avons recueilli de magnifiques échan-
tillons.
Sur une si grande quantité de ces Radiaires, serons-
nous assez heureux, nous disions-nous, pour en observer
en mouvement, peut-être même en travail pour creuser
leur demeure? Nous restions l'œil avide et attentif de
toute part, pour épier leur moindre mouvement : rien ne
se faisait reconnaître; ils persistaient tous dans la plus
grande immobilité. Il nous eût fallu beaucoup plus de
temps, et nous avions beaucoup à faire, d'abord pour re-
tirer l'eau des excavations et, munis de ciseaux et de mar-
teaux, pour enlever à la côte et ravir à la mer ces riches
témoignages d'un fait aussi curieux que nouveau. Le
temps de la marée basse était promptement écoulé, et
chaque jour la mer montait toujours trop vite et nous
chassait.
Ce qui ne s'est pas présenté alors peut arriver plus
2' série, t. tiii. Aimée 1856. H
162 rev. et mag. de zoologie. [Avril 1856.)
tard , et nous ne leur avons pas fait nos adieux pour tou-
jours.
Ce banc de grès élevé découvre dans presque toutes les
marées, mais les excavations renfermant les Oursins con-
servent toujours environ de 15 à 40 centimètres d'eau ; la
mer haute les recouvre cependant et en renouvelle l'eau.
Le flux et le reflux , dans les beaux temps , doit peu trou-
bler ces Echinodermes ; mais , dans les tempêtes, le bri-
sant des vagues sur ces écueils démontre assez la néces-
sité où ils sont de se creuser des trous pour s'y fixer et s'y
maintenir contre une mer agitée. Ces Oursins, ainsi ren-
fermés et logés dans leurs trous , doivent attendre là leur
nourriture, que la mer leur apporte, et qui consiste soit
en crustacés, soit en mollusques; on les dit très-carnas-
siers.
Dans nos recherches conchyliologiques sur la mer Rouge
et le Bosphore, en Grèce, sur l'Adriatique et la Méditer-
ranée, nous n'avons jamais observé ce fait, si singulier
chez ces Echinus; nous dirons même qu'aucun de nos
plus grands explorateurs en sciences naturelles n'en avait
jamais fait mention.
Les côtes du Finistère et celles du plateau du Four,
nous disions-nous, seraient-elles seules dotées de ce fait
curieux? Il n'en était pas ainsi, car à notre retour sur nos
eôtes, dans la même commune du Croisic, nous l'avons
constaté une seconde fois et sur un grand nombre d'indi-
vidus, non dans le calcaire ni le grès, mais, ce qui éton-
nera plus encore, dans le granit (1).
L'apparition que nous constatons aujourd'hui de ces
Radiaires tellement multipliés dans les roches est, sans
contredit, plus surprenante encore que le travail des Pho-
lades, car il s'agit de perforer des calcaires et des grès
quartzeux , des granits à grains fins et autres à gros élé-
(1) Notre compatriote M. Lory, géologue et professeur distingué à
Grenoble, nous cooduisit d'abord à l'une de ces localités, non loin de
notre gisem nt de Pholades, que nous visitâmes en môme temps.
TRAVAUX INÉDITS. 163
ments de quartz et de feldspath ; aussi ceux de nos au-
teurs qui s'étaient d'abord refusés à admettre la perfora-
tion mécanique des Pholades seront-ils peut-être, pour la
plupart, plus éloignés encore de la reconnaître dans ces
Echinus. Espérons que, s'il a fallu cent soixante-quatorze
ans pour reconnaître d'une manière évidente et prouver
à tous l'exacte vérité dans le travail des Pholades, il né
faudra pas un aussi long temps pour en finir sur la nou-
velle question qui vient de surgir de ces Radiaires.
L'année dernière, notre bonne fortune nous a favorisés
pour en finir avec les Pholades ; nous nous proposons,
l'été prochain, de chercher à surprendre également ces
Radiaires dans leur perforation. Mais, avant d'arriver là,
nous ferons connaître les faits sur lesquels nous avons
formé notre conviction pour reconnaître, chez ces Échi-
nodermes, un véritable travail de perforation qui ne peut
plus être considéré comme des cas isolés, exceptionnels,
ce que l'on avait cru d'abord ; et plus aujourd'hui nous
étudions ce fait, particulièrement dans ce qui concerne
leurs osselets dentiformes , en rapport avec les pièces os-
seuses de l'armature buccale de ces Oursins, plus nous re-
connaissons qu'ils sont doués de tout le nécessaire pour
creuser les roches. Et cependant les naturalistes qui , de-
puis des siècles, exploitent, en leurs études, les faits de la
nature souvent en ses plus minutieux détails, n'en avaient
encore rien dit, tant il est vrai que non-seulement la vie,
mais encore les siècles sont insuffisants pour approfondir
les faits souvent même les plus simples.
Recherches sur la manière de perforer.
On ne dira certainement pas que ce grès, moins encore
le granit , sont perforés par des sécrétions acidulées éma-
nant de ces Radiaires, comme on l'avait prétendu long-
temps pour les Pholades dans les divers calcaires. Quels
sont donc ici les signes apparents d'un travail méca-
nique?
164 rev. et mag. de zoologie. (Avril 1856.)
Beaucoup de surfaces de ces trous sont assez unies et
quelquefois lisses, surtout lorsqu'elles sont très-anciennes,
mais étant fraîchement exploitées, elles sont rugueuses au
point de nous démontrer qu'elles sont le résultat du choc
d'un outil qui les a ainsi laissées raboteuses, surtout dans
le calcaire. Si l'acide agissait dans cette dernière circon-
stance, les surfaces, au contraire, seraient lisses. Ces pre-
mières observations nous démontrent déjà que, dans ces
diverses natures de roches, ces Échinodermes agissent
mécaniquement, comme le font les Pholades dans tous
les corps où ils se renferment.
Observons ces Oursins dans le grès ferrugineux à grain
fin et dur, surtout lorsqu'il a été retiré de l'eau et exposé
à l'air, mais en faisant remarquer qu'il n'en est plus ainsi
sous une influence continuelle d'immersion par l'eau de
mer : le frottement sur la surface du grès d'un poinçon en
ivoire, comme nous l'avons éprouvé, suffit pour user ou
plutôt désagréger cette roche. Ici plusieurs faits doivent
être développés.
A la vue de ces géodes, profondes jusqu'à 10 centi-
mètres sur 24 de circonférence, plus ou moins lisses dans
leurs surfaces et de la plus grande régularité, on doit re-
chercher quel est le contact que YEchinus a le pouvoir de
mettre en œuvre pour agir contre la roche aussi fortement,
et pour y opérer des surfaces aussi régulières et parfaite-
ment arrondies ; c'est le contact le plus étonnant , celui
d'une multitude de pointes isolées les unes des autres , et
qui de leur sommet, comme des pointes d'épingles,
devraient tout au plus tracer des égratignures sur la
pierre.
Mais ensuite , ces osselets dentiformes , comment agis-
sent-ils? Grattent-ils la roche en ouvrant et fermant leurs
mâchoires?
Quelle est la pose de l'Oursin ? Sans doute la plus gé-
nérale, nous l'avons observé, et la plus avantageuse, c'est
la pose horizontale sur la roche ; mais nous avons vu aussi
TRAVAUX INÉDITS. 165
que les parois verticales qui contournent les excavations
sont souvent tapissées d'Oursins .incrustés dans des trous
comme les premiers. Cette position nous démontre ici que
YEchinus, accolé ainsi à la roche dans ses parties perpen-
diculaires, doit nécessairement s'y attacher. On sait que
les dix bandelettes ou aires ambulacraires de YEchinus,
remplies d'une multitude de petits trous (pi. vu, fig. 1
et 2) donnent passage à autant de tentacules en suçoirs
ou ventouses pédicellées qui , nous le pensons , doivent
être tout d'abord les instruments propres à ces Échino-
dermes en général pour porter au dehors de leur coquille
la substance sécrétante et confectionner leurs baguettes ,
mais ceci est en dehors de notre sujet. A ces tentacules
simples s'en joignent également d'autres terminés en
forme de tenailles (suivant Lamarck) ; tous, au besoin, se
prolongent au delà des baguettes et deviennent le point
d'attache au moyen duquel l'Oursin se fixe sur la pierre,
sur les plantes marines et ailleurs. Nous pensons, surtout
à raison de s*a faible pesanteur, que YEchinus* en happant
la pierre de ses nombreux tentacules en suçoirs , s'en fait
un appui pour manœuvrer ses osselets dentiformes ; il se
fixe donc comme nous l'avons vu accolé sur tous les sens,
même tout à fait suspendu à des parties de roches affec-
tant des voûtes, dans les grandes excavations en grès,
mais dans cette position de suspension ils ne perforent
pas. En marchant avec ses pointes, celles-ci pourraient
encore contribuer à le fixer sur des parties très-rugueuses
des roches ; mais sur les surfaces lisses, comme le sont
plus généralement ces grès, ce sont les tentacules qui doi-
vent agir.
Des Oursins dans le granit.
Maintenant, nous donnerons quelques détails sur le
gisement des Oursins dans le granit de nos côtes de la
Loire-Inférieure. Ils se rencontrent assez élevés sur des
éminences de granit, dans des flaques peu volumineuses,
166 rev. et mag. de zoologie. {Avril 1856.)
profondes de quelques centimètres seulement, mais qui ne
vident jamais et que la mer renouvelle à chaque marée.
Elles occupent de petits espaces assez multipliés cependant,
et dispersés cà et là sur nos côtes où le granit est abon-
dant, et à une élévation convenable. Durant nos recher-
ches successives en octobre dernier, nous en avons trouvé
de nouvelles localités dans les environs de Piriac ; ils sont
bien moins abondants que dans le grès des côtes du Fi-
nistère. On est réellement surpris de les voir ici incrustés
dans des granits dont les éléments en quartz et feldspath
qui doivent être désagrégés sont quelquefois gros comme
des petits pois.
Des instruments employés pour la perforation.
Nous passons maintenant à l'appareil si curieux de ces
Echinus dans lequel nous devons trouver le moteur de
leur travail pour creuser les roches, leur armature buccale,
pourvue de nombreuses pièces osseuses au§si régulières
entre elles que si elles avaient été moulées l'une sur l'au-
tre (1). Cette charpente, dirons-nous, nommée vulgaire-
ment la lanterne d'Àristote (pi. vu, fig. 1), est confection-
née, dans le principe, avec quarante pièces osseuses,
réduites à vingt (plusieurs étant soudées) dans les Echi-
nus miliaris ou lividus qui nous occupent, et forme l'ap-
pareil mandibulaire. Dans cet appareil, les osselets denti-
formes, qui peuvent tout également recevoir la dénomina-
tion de serres, de pics, sont au nombre de cinq et con-
(1) Après avoir laissé tremper dans l'eau l'une de ces mâchoires,
toutes les pièces s'étant séparées les unes des autres et mélangées au
point de ne plus pouvoir reconnaître leur véritable contact primitif,
nous les avons brass es pèle-môle, pour les nettoyer, avec un pinceau;
reprenant ensuite les d'n principales pièces an hasard, l'une après
l'autre, nous les avons réunies, avec du mastic, eu cinq pièces, ajou-
tant à chacune d'elles, da;!S sa coulisse, son osselet dentiforme. Prises
au hasard, toutes les parties se sont ajustées dans la perfection.
TRAVAUX INÉDITS. 167
stituent les uniques instruments de ces petits êtres pour
creuser des excavations si surprenantes dans les roche»
diverses, même dans le granit, où, de nos jours, le génie
de l'homme n'agit qu'avec la force de l'outil acéré. Dans
cet assemblage compliqué pour le système digestif, les
cinq serres sont seules formées d'une pâte d'émail blanc
laiteux particulier beaucoup plus dur que les autres pièces
dans son extrémité qui agit; l'autre extrémité, incorporée
dans les muscles, est tendre et formée (sous l'émail) d'une
substance soyeuse ayant les plus grands rapports avec cer-
tain asbeste. Ces dents sont cylindriques en lignes cour-
bes, suivant la forme conique de l'appareil osseux où elles
sont enchâssées et mobiles, dans des coulisses qui le»
maintiennent hermétiquement incarcérées (pi. vu, fig. 1,
3, 4). Elles sont longues de 2 centimètres et pourvues lon-
gitudinalement de filets de la plus grande finesse qui s'a-
justent dans leur coulisse. Ces cinq pics, qui agissent encore
comme dents masticatoires, et qui plus particulièrement
nous occupent, sont donc les instruments d'exploitation de
YEchinus.
En ouvrant la mâchoire, ces cinq pics dentiformes doi-
vent, avec l'élan voulu, frapper la pierre plutôt que la
gratter, attendu que, dans ce dernier cas, sur le calcaire
et le grès, leurs traces seraient restées apparentes, comme
elles le sont dans les trous de Pholades, tandis qu'au con-
traire nous n'y trouvons que des piqûres. Si la roche
devient plus résistante, l'Échinoderme aurait la ressource,
en fermant les cinq mandibules de sa mâchoire, de réunir
en un faisceau pyramidal ses cinq pics tels qu'on les ob-
serve souvent. Leurs pointes ainsi soutenues mutuelle-
ment, pour n'en former qu'une seule, doivent agir avec
beaucoup plus de force dans les cas difficiles.
Nous avons fait observer que ces pics dentiformes affec-
tent des lignes courbes (pi. \n, fig. 3, 4); ils n'attaquent
donc pas la pierre perpendiculairement, comme le ferait
une barre de mine? Non, en cette circonstance, la nature
168 rev. et mag. de zoologie. (Avril 1856.)
fait mieux : chaque percussion ou impression donnée de ces
pics courbes chasse de côté l'éclat de la roche, si petit qu'il
soit, et le moindre élan donné à ces pointes d'émail doit
ajouter beaucoup de force en attaquant la pierre. Leurs
pointes, déjà livrées au travail , sont formées de trois bi-
seaux qui ne sont plus coupés dans la perfection des au-
tres parties de leurs pièces. On en remarque de plus forts
d'un côté que de l'autre; on juge enfin que ces facettes
ont été faites après coup, et cela est général ; elles doivent
être renouvelées souvent, pour former de nouvelles poin-
tes lorsque les précédentes sont usées (1).
En considérant l'exploitation de ces roches en trous
profonds jusqu'à 10 centimètres sur 24 de circonférence
creusés par cinq dents dont chacune est grosse comme
une forte épingle (2), on est aussi porté à reconnaître que
ces pics dentiformes doivent s'user assez promptement;
et comme ils diminuent de longueur, la nécessité veut
qu'ils soient prolongés (comme les dents chez les animaux
rongeurs), et leur appareil, si bien combiné pour agir à
piquer les roches, démontre assez clairement qu'il doit en
être ainsi. L'Oursin prolonge donc ses pics indéfiniment,
au fur et à mesure qu'ils se raccourcissent soit par l'action
de piquer les pierres, soit ensuite pour leur façonner de
nouvelles aspérités. Ce système, habilement combiné en
ce qu'il place ces pics dans des coulisses (que nous avons
citées) où ils sont justement enchâssés à leur sortie, d'où
l'Oursin fait saillir les pointes plus ou moins longues,
suivant la dureté qu'il doit vaincre , et (nous le répétons)
(1 ) Le troisième biseau est sur la coulisse en dessous.
(2) Nous attribuons ces grands trous à la nature du grès dans des
parties moins dures, mais ils sont assez rares. Leur grandeur est
généralement, pour les Echinus lividus et miliaris adultes, de 3 à
4 centimètres de profondeur sur 12 à 15 de circonférence, et dans
quelques excavations particulières, les Oursins livides n'ont encore
creusé la roche que moitié de cette profondeur. Nous pensons pou-
voir, plus tard, juger de leurs progrès par les remarques que nous y
avons laissées.
TRAVAUX INÉDITS. 169
au fur et à mesure que ces pics s'usent, YEchinus, de ses
assemblages musculaires qui s'y rattachent, les pousse
dans leur coulisse, et, par une nouvelle sécrétion calcaire,
il doit les prolonger indéfiniment, plus ou moins, pour les
maintenir à leur longueur voulue, suivant la diminution
qu'ils éprouvent dans l'action de leur travail.
Comment YEchinus fait-il de nouvelles pointes à ses
pics dentiformes lorsqu'elles sont tout à fait usées?
Nous ne pouvons que supposer ici un procédé très-
plausible cependant. La bouche étant fermée, les cinq
pics se trouvent réunis, et, dans leur état d'usure, ils ne
se touchent plus l'un à l'autre que par leurs angles, qui ,
étant abattus, forment les biseaux et rétablissent les
pointes. Nous faisons observer qu'il leur suffirait donc de
les frotter l'une contre l'autre, dans leurs parties angu-
leuses (les seules restées en contact), avec le résidu quart-
zeux, ce véritable émeri, qu'ils ont désagrégé, et qui se
trouve là en abondance au fond de leurs trous, et alors
leurs pointes seraient rétablies de nouveau en les affû-
tant ainsi l'une contre l'autre. Ce mouvement montrerait
encore la nécessité des dents mobiles dans leur coulisse.
Nous serions porté à admettre ce moyen , attendu encore
que les biseaux, en se frottant, auraient reçu le poli par-
ticulier que l'on y remarque sur tous, et qu'ils ne l'auraient
pas, ce poli, s'il était dû à un acide qui les eût formés en
rongeant les angles.
M. Charles des Moulins, dans son judicieux travail sur
les Échinides, en décrivant l'appareil masticatoire, fait
remarquer que les dents y sont soudées dans les uns, et
qu'elles ne le sont pas dans d'autres. Nous avons reconnu
l'exactitude de ce fait, mais il est sans importance dans
les espèces ; l'appareil est exactement le même dans ces
deux catégories; les pics dentiformes aujourd'hui soudés
ont été mobiles antérieurement ; ils ont joué et ont été
prolongés dans leur coulisse pour creuser les roches
comme les autres. Ici nous devons reconnaître que YEchi-
170 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. [Avril 1856.)
nus, ayant grandement rempli sa tâche , creusé sa de-
meure et atteint un âge avancé, en cet état, ses dents
masticatoires ne devant plus agir comme pics , il devient
inutile à l'Oursin de les garder mobiles dans les coulisses ;
il supprime donc l'usage de ses pics en les soudant à ses
mandibules, pour n'en plus faire usage que comme de dents
masticatoires. Elles sont faiblement soudées. Après les
avoir laissées tremper dans l'eau chaude et en appuyant
fortement l'extrémité sur une table , nous en avons des-
soudé plusieurs et fait mouvoir dans leur coulisse, comme
elles ont «infailliblement dû agir précédemment. Nous
avons même trouvé des pics dentiformes soudés et d'au-
tres qui ne l'étaient pas dans la même espèce de l'Oursin
granuleux de notre Océan (1).
Manière d'opérer.
Nous avons reconnu les instruments des Oursins, mais
comment opèrent-ils? Nous savons aussi qu'ils se fixent
sur les roches au secours de leurs tentacules en suçoirs ;
la coquille y est donc ainsi attachée. Leur mâchoire, nous
le savons, est pourvue de vingt pièces et porte ses pics
dentiformes, lesquels sont enveloppés d'un système ner-
veux (2) qui rattache toute cette armature buccale aux au-
ricules, qui sont au nombre de cinq et bordent l'ouver-
ture intérieure de la coquille (pi. vu, fig. 2); celle-ci,
fixée sur la roche avec les tentacules, devient un puissant
appui que YEchinus met en opposition à cette armature
buccale restée mobile et armée de ses pics. A l'aide de ces
(1) Sur ce stijet, de BlaiûYille, moins exact que M. des Moulins,
n'a vu « et n'admet que des dents qu'il dit être soudées, dans une
« assez grande partie de leur longueur, en dedans de la ligne médiane
« de chaque mâchoire, en sorte que leur mouvement est le même.
« T. XXX VII, p. 65. » — C'est une erreur que nous venons d'expli-
quer.
(2) Ou ne peut plus douter aujourd'hui du système nerveux déjà
reconnu, chez ces animaux, par Van-Bcnden, puis réfuté à tort pour
être considéré comme des tissus fibreux.
TRAVAUX INÉDITS. 171
assemblages vient, comme nous l'avons fait observer plus
haut, un puissant système musculaire qui les entoure et
doit les faire aller et venir par un mouvement de haut en
bas, frappant comme un bélier, aidé du poids de l'arma-
ture (pi. vu, fig. 1) ou appuyant par percussion, cà et là,
les pointes de ses pics sur la roche. L'Oursin, d'abord
sans lâcher prise à la pierre , peut déjà , en comptant sur
l'élasticité de ses tentacules comme points d'attache ,
avancer et reculer sur tous les sens sa coquille , ce qui lui
permet de changer de place le contact de ses coups, de
son bélier qui bat la pierre, puis enfin il se déplace, et
replace plus loin ses tentacules pour changer encore ses
coups, portant son travail plus écarté encore et tout au-
tour de son trou en tournant sur lui-même, marchant
avec ses pointes, où l'usure est apparente.
Il pourrait agir différemment encore, en fixant son ap-
pareil à sa coquille par les auricules que nous y avons
indiqués, pour ne rendre de mobiles que ses pics, qui re-
cevraient seuls l'impulsion motrice en jouant dans leurs
rainures, agissant par percussion, poussés vers la roche et
relevés ensemble ou séparément par leur système muscu-
laire. Le premier moyen, agissant avec le poids et la puis-
sance de tout l'appareil, serait préférable en ce qu'il offre
beaucoup plus de force.
Pour opérer dans le granit , les cinq pics dentiformes ,
réunis en un seul, comme nous l'avons déjà vu, peuvent
gratter autour des grains de quartz et de feldspath , en
attaquant ainsi les parties fines et sableuses qui agglomè-
rent la roche. Ici encore l'Oursin n'use pas, il démolit le
granit; nous supposons même que ce travail doit êîie
moins long dans ces roches granitiques, susceptibles ainsi
de se désagréger, que dans le calcaire , qui doit être plu-
tôt usé : il en est ainsi pour les Pholades avec les gneiss (1).
Oh Ici nous croyons devoir relever une erreur qui nous surprend
de la part d'un professeur, savant académicien, à qui nous avions re-
mis nos échantillons de Pholades pour le Muséum de Paris. En le>
172 rev. et mag. de zoologie. [Avril 1856.)
Nous avons essayé à creuser le grès , avec YEchinus li-
vidus, sur l'un de nos échantillons déjà rempli d'Oursins,
et que nous avions laissé tremper dans l'eau durant quel-
ques jours. D'abord nous avons travaillé en prenant les
baguettes, que nous avions même réunies en un faisceau;
leur appui mutuel devait leur donner plus de force encore
qu'elles n'en ont isolées, comme elles le sont par leur im-
plantation sur la coquille de l'Oursin. Travaillant dans
l'eau, toutes précautions prises, nous ne pouvions que
très-faiblement attaquer la pierre ; les baguettes n'y résis-
tent pas, la nature de leur calcaire est trop tendre ; elles
s'usent avec rapidité.
Nous avons été plus heureux avec l'armature buccale :
fixant ses pièces entre elles avec un mastic , faisant sortir
les pics réunis et de 5 millimètres, piquant le grès, le dé-
sagrégeant, nous y avons fait un trou de 5 millimètres de
profondeur sur 40 de circonférence parfaitement analogue
à ceux de nos Oursins, et cela en une heure de travail.
Nous avions sûrement trop accéléré notre opération, en y
mettant plus de force que n'aurait dû faire YEchinus lui-
même; aussi avions-nous grandement usé les pointes des
pics, mais la roche l'était aussi. Obligés de mastiquer les
pics dans leurs mandibules, nos coups devenaient trop
résistants; dans les Oursins, au contraire, ces pics, en
restant mobiles, ne peuvent pas recevoir un choc au-dessus
de leur force ; en cas de résistance, ils doivent se refouler
clans les muscles qui les font agir, et qui produisent ici
l'effet d'un ressort à boudin.
citant dernièrement dans les Comptes rendus de l'Institut de France,
il disait que nous les avions trouvés dans le granit. Ces Mollusques
n'ont jamais été rencontrés dans cette roche, c'est dans le gneiss sur-
inicacé que nous les avons trouvés.
Les divers points connus épars et envahis par nos Pholades et Our-
sins perforants , sur les côtes entre Piriac et Saint-Nazaire , ne for-
meraient pas, tous réunis, un quart de kilomètre; c'est donc une er-
reur.de dire que ces roches (qui nous seraient restées jusqu'à présent
inconnues} sont perforées sur une étendue de plusieurs kilomètres.
TRAVAUX INÉDITS. 173
Sur l'un de nos échantillons de granit à gros grains im-
bibé d'eau et déjà habité de nos Echinus, avec leur appa-
reil dentaire de cinq pics réunis , nous avons attaqué la
roche en suivant les contours des gros fragments de quartz
et de feldspath qui souvent, en se détachant, en entraî-
naient d'autres, et nous démolissions le granit avec assez
de facilité sans beaucoup altérer les pointes. Ici cette opé-
ration est certainement moins longue que dans le grès, et
dans le grès moins longue que dans le calcaire où nous
connaissons ces animaux. Le feldspath s'altère par l'action
saumàtre de la mer, chaque partie se fendille et s'égrène ;
les grains quartzeux résistant, en saillie, tapissent, pour
la plupart, les trous des Oursins (1).
Considérations générales.
Nous avons observé de très-jeunes Oursins, moins gros
qu'un petit pois, auxquels on pourrait attribuer quinze jours
d'existence ; ils ont déjà creusé leur trou dans le grès avec
les faibles ressources de leur jeune âge. D'autres de la
grosseur d'une noisette arrivent-ils à rencontrer vacants
des trous de leur générateur, ne seraient-ils que de deux
(1) M. Eugène Robert dit qu'il est porté à croire que l'Oursin
creuse sa demeure au moyen de ses pointes mobiles.
M. f alenciennes renferme la perforation de ces Échinides dans son
système général que « des perforants parviennent à faire des érosions
« profondes avec les téguments les plus mous, les moins résistants en
« apparence, usant la roche mécaniquement, par l'action de l'eau de
« la mer et le simple frottement de leur pied charnu ou de leurs ten-
« tacules filiformes, et plus mous encore que la masse charnue des
« mollusques. » Ici donc les tentacules ou ventouses pédicellées de
l'Oursin, gros comme un crin, devraient creuser le granit, le grès, le
calcaire. Enfin, M. Valenciennes n'ayant pas trouvé l'acide dans les
Mollusques perforants, il admet encore que ces animaux n'en ont pas
besoin, et qu'ils creusent les roches, toujours avec son moyen, par
le simple frottement de leur pied avec l'eau de mer. Ainsi seraient
donc perforés les grès, les marbres les plus compactes et certain test
de diverses coquilles plus dur encore; c'est une erreur déjà jugée et
reconnue dans notre travail général sur les perforants.
174 rev. et mag. de zoologie. (Avril 1856.)
ou trois fois leur volume , ne se contentent pas d'habiter
ainsi ces demeures, trop grandes pour y trouver la sécu-
rité voulue à leur jeune âge , quoiqu'il la leur faudra un
peu plus tard, par suite de leur accroissement; ils préfè-
rent agir précipitamment dans ces mêmes trous, en creuser
d'autres plus petits proportionnés à leur volume. Ces faits,
que nous remarquons assez souvent , ajoutent encore à nos
observations comme à nos expériences pour faire recon-
naître assez de promptitude dans ce travail, qui doit s'exé-
cuter, par conséquent, avec facilité.
Nous ne prétendons pas que des trous de 10 centimè-
tres de profondeur ont dû être creusés par le seul individu
que nous y trouvons aujourd'hui ; ces grandes excavations
surtout peuvent être le résultat de plusieurs Echinus qui
se seraient succédé; un grand nombre de générations
sont peut-être déjà venues habiter ces deux mille trous
creusés par Iqs premiers, et nous remarquons que ceux
qui leur succèdent ordinairement ne les approfondissent
pas davantage ; ils ne veulent que s'y loger, et la même
profondeur leur suffit. Tous les trous sont occupés, et leur
nombre est insuffisant pour contenir les Oursins qui se
présentent aux alentours et ne trouvent plus d'espaces à
pouvoir creuser; ceux-ci s'attachent provisoirement sur
les parois des excavations moins garnies d'Oursins, 'et les
parties voûtées où nous avons déjà dit qu'ils se suspendent
en attendant que des trous deviennent vacants par la mort
de quelqu'un des leurs pour s'en emparer.
Sur le grès comme sur le granit , ces nombreuses géodes
de nos Echinus sont généralement enduites d'expansions
calcaires appartenant à un Nullipore (1) qui vient s'asso-
cier aux Oursins. Presque toutes les sommités des cloisons
qui les séparent en sont couvertes , mais au fond de leur
demeure, où se trouve le contact de la bouche de YEchi-
(1) Suivant M. de Blainville, et dont ou fait maintenant des végé-
taux, suivant l'auteur Decaisne.
TRAVAUX INÉDITS. 176
nusy le Nullipore ne prospère pas ; quelquefois cependant,
divers trous sont tapissés entièrement par ces encroûte-
ments calcaires, par des vermilies et des serpules. Dans
ces cas assez rares, nous devons reconnaître que ces trous,
d'abord abandonnés à la mort des Oursins, avaient été
ensuite envahis par ces corps étrangers.
Le silence qui , jusqu'à présent, avait été gardé sur ce
fait si étrange a fait émettre le doute par un savant pro-
fesseur que nos Oursins de Bretagne pourraient bien être
une espèce perforante particulière à celle de la Méditer-
ranée (1). D'après l'examen que nous avons fait de ces
derniers et autres des mers étrangères pour le mécanisme
qui les rend perforants , nous y avons trouvé le même
appareil, les mêmes pics dentiformes, quelquefois usés et
autrefois intacts, tous propres à la perforation, et devant
alors être munis du même système nerveux avec lequel
agissent, sur nos côtes, nos Echinus lividus et miliaris.
Ces Echinides de notre collection, au nombre de quinze,
par nous observés sont les Echinus esculentus, lividus et
melo y de la Méditerranée ; Granularis, de l'Océan ; Fle-
mengii, elegans, neglectus, esculentus, ces derniers de Nor-
vège, et atratus, de l'île Bourbon; Heliocidaris variola-
ris, Âstropyga Desorii, Diadema Savignyi, ceux-ci de la
mer Rouge; Diadema europœum, de Sicile; Echinometra
trigonaria et mamillata, des côtes de l'île Maurice. Nous
ne doutons pas que les quinze espèces ci-dessus ne soient
perforantes, comme les nôtres en Bretagne.
Les armatures buccales de YAstropyga Desorii et du
Diadema Savignyi nous ont offert quelques différences
sur les Echinus proprement dits. Les pics dentiformes des
premiers présentent une profonde rainure en dessous, et
leurs cinq mandibules se terminent chacune intérieure-
ment par deux pointes isolées , ce qui détermine ici deux
pièces de moins que dans les Echinus; elles sont donc,
(1) Ou s'occupe même de lui donuer déjà uu mm.
176 rev. et mag. de zoologie. {Avril 1856.)
dans le principe, construites avec trente pièces en partie
soudées, et réduites à vingt pour fonctionner.
Les armatures buccales des treize autres espèces ci-
dessus citées fonctionnent, comme les précédentes, avec
vingt pièces ; mais nous avons observé que, dans le prin-
cipe, elles sont formées de quarante parties, dont trente,
accouplées ou soudées ensemble , se réduisent à dix : en
plus sont les cinq osselets où s'établissent les articulations
des mandibules, avec les cinq pics dentiformes, ce qui
fait les vingt pièces agissantes et composant la curieuse
charpente buccale de ces animaux.
Nous devons être étonnés sans doute de la grande con-
formité qui existe dans toutes ces parties osseuses. Com-
ment procède YEchinus pour confectionner ce grand
nombre de pièces détachées et simples d'abord en elles-
mêmes? Il les rapproche l'une contre l'autre, laissant un
joint, afin de permettre l'augmentation des parties. Sui-
vant les progrès de l'âge, toutes les pièces ainsi réunies
comme par une soudure se doublent, d'autres se quadru-
plent et deviennent symétriques dans toutes leurs parties,
au point (nous l'avons dit) qu'on les croirait moulées les
unes sur les autres.
Dans les appareils dentaires de plusieurs de ces grandes
espèces, nous avons démoli leurs quarante pièces primi-
tives.
Nous sommes étonnés sans doute du travail de l'appa-
reil buccal de ces animaux ; la coque qui le renferme est
peut-être plus surprenante encore. La figure que nous en
donnons est divisée en trois cent dix plaques de toutes
grandeurs, dont l'ensemble compose sa forme sphérique.
On sait qu'elles sont couvertes de tubercules sur lesquels
sont articulées les baguettes ; ces trois cent dix plaques,
suffisamment soudées pour envelopper l'Échinide et por-
ter ses baguettes, doivent se désunir de nouveau, par
sections, à diverses périodes de la vie de l'animal, afin
que chacune des plaques reçoive, dans sa juste propor-
TRAVAUX INÉDITS. 177
tion, l'accroissement voulu pour arriver à la même forme
sphérique primitive, augmentée suivant les progrès de
l'âge de l'individu. Les baguettes elles-mêmes sont admi-
rablement linéolées dans nos Lividus; dans d'autres, on
les trouve couvertes d'aspérités de la plus grande finesse.
Dans le plus gros des Échinides, l'Oursin Melon de la
Méditerranée, nous avons compté, d'une part, onze cents
plaques, et dans les aires ambulacraires, dont deux trous
représentent chaque plaque, nous trouvons deux mille
cent cinquante pièces, autant qu'il est possible d'être
exact dans cette énumération difficile. Le test de cet
Echinas Melo adulte, d'un diamètre de 16 centimètres, est
donc formé de trois mille deux cent cinquante pièces. Si,
comme on le pense, tous les trous des aires ambulacraires
sont occupés par des filaments charnus, l'animal doit dé-
velopper quatre mille trois cents tentacules. Quel beau
travail ! Nous devons dire que la nature n'a rien -fuit d'aussi
surprenant, en conchyliologie, que ce que nous trouvons
dans la famille des Échinides.
Conclusions.
D'après les faits, les observations et les expériences qui
précèdent (sur lesquels peut-être on contestera encore,
tant ce procédé nouveau paraît être étrange), pour nous
notre conviction est faite. Nous nous dirons encore :
S'il n'était pas dans la nature de ces êtres de creuser des
roches, pourquoi seraient-ils ainsi pourvus et outillés de
poinçons en émail dont les sommités s'usent, puis se re-
nouvellent, se raccourcissent dès lors et doivent, de toute
nécessité, recevoir le prolongement nécessaire pour con-
server leur longueur voulue tant que l'Oursin travaille?
Si cet appareil, si bien combiné pour agir sur la pierre,
n'avait pas ce but, il deviendrait inutile à cette tribu de
véritables Echinus qui en sont pourvus; ils auraient reçu
de simples dents fixes et ordinaires, comme tant d'autres
dans cette immense famille, comptant, comme nous l'avons
2e série, t. vin. Aimée 1856. 12
178 rev. et mag. de zoologie. (Avril 1856.)
dit, en vivants et fossiles, seize cents espèces. Comme
exemple, nous citerons particulièrement le genre Clypéas-
ter, à qui tous les moyens de perforer les roches sont in-
terdits.
Maintenant, nous comme tant d'autres, nous avons ob-
servé, dans différentes mers, des Oursins rejetés cà et là
et retirés de leurs gisements primitifs ; souvent ils se réfu-
gient encore dans des plantes marines, dans des éponges,
des creux et des interstices naturels des rochers; mais
leur nature d'habiter les roches, peut-être aussi l'argile et
lespolypiers, dans des mers étrangères, doit être reconnue
aujourd'hui.
Après l'expérience que nous venons d'acquérir, on
trouvera sans doute, dans toutes les mers, de nombreux
exemples de ces perforants ; nous engageons les explora-
teurs en conchyliologie à en faire la recherche.
Explication de la planche vu.
Fig. 1, première section de la coque de YEchinus. livi-
dus dépourvu de ses baguettes et de son animal , mon-
trant son appareil osseux en place et sortant de sa coque
pour piquer la pierre ; il recouvre trois auricules. Cette
armature buccale montre trois de ses mandibules pour-
vues de leurs pics dentiformes. Les cinq extrémités de ces
mêmes pics se remarquent dans la partie supérieure de
l'appareil, où l'on aperçoit deux des cinq anses ou leviers
articulés à leur extrémité, au centre de l'appareil, lesquels
se rabattent sur les cinq osselets où s'attachent les articu-
lations des cinq mandibules; deux extrémités de ces osse-
lets se reconnaissent à leur apparence bulliforme. A l'in-
térieur de la coque on a indiqué une partie des aires am-
bulacraires et des plaques, lesquelles, ajustées l'une contre
l'autre, forment l'ensemble sphérique de la coque
Fig. 2, seconde section de la même coque, montrant
à l'intérieur deux de ses auricules, ainsi qu'une partie des
aires amhulacraires et des plaques. Dans les parties supé-
TRAVAUX INÉDITS. 1 7!)
rieures de ces deux sections Hg. 1 et 2 formant la coque
de YEchinus, l'ouverture qui se remarque est celle de
l'anus.
Fig. 3, une mandibule (grossie) d'où ressort de sa cou-
lisse une partie de son pic dentiforme; sa pointe est
grandement usée.
Fig. 4, même pic dentiforme retiré de sa coulissé, vu
de profil et montrant sa pointe intacte.
Description de quelques Coléoptères nouveaux de la
faune européenne; par M. Léon Fairmaire.
Pyladus nov. gen. (Scydmœnidae). — Mandibulse ffla-
gnae, falcatœ, graciles; maxillœ obtusae, ciliatae. Palpi
maxillares triarticulati , articulis ultimis duobus connatis
clavam ovatam efficientibus. Palpi labiales , triarticulati ,
graciles, ultimo longiore, acuto, 2° intus bispinoso. Gaput
brève, transversale, oculis minutissimis. Antennae medio
epistomate insertae, 11-articulatae, subclavatae, articulo
1° aliis multo longiore. Prothorax angustus, fere ovatus,
basi truncatus. Elytra connata , oblongo-ovata, apice
acuminato. Femora clavata ; tarsi 5-articulo. -— Genus in
hac familia insigne et primo intuito spurium.
P. Coquereli. — L., 2 mill. — Totus rufo testaceus, ni-
tidus, antennis, palpis pedibusque pallidioribus ; elytris
valde punctato-lineatis; sutura elevata. — Un seul indi-
vidu trouvé, par mon ami C. Coquerel, dans la baie de
Beikos (Bosphore).
Feronia curtula. — L., 15 à 18 mill. — Nigra, nitida,
oblonga, prothorace transverso, basi utrinque profunde
bi-impresso; elytris modice punctato-striatis, punctis mi-
nutis, humeris carinatis. f Elytris opacis, latioribus, striis
vix impressis, interstitiis planis. — Alpes maritimes,
Apennins. (V. Cihiliani.)
Amsotoma dUtin<jutnda. — L., 2 mill. — Ovalis, rufo-
180 REV. ET MAG. DE zoologie. [Avril 1856.)
testacea, nitida, sat convexa, antennarum clava obscura,
prothorace antice leviter angustato, sat dense punctato,
angulis posticis obtusis ; elytris fortiter punctato-sub-
striatis. <? Femoribus posticis compressis, latis, intus ad
apicem recte angulatis, sed non dentatis. — Paris, bois
de Boulogne. (C. Brissout de Barneville.)
Otiorhynchus planidorsis. — L., 12 mill. — Oblongus,
antice attenuatus, niger, sat nitidus; capite punctato,
summolsevi, rostro leviter tricarinato ; prothorace oblongo,
lateribus antice rotundato, parum dense punctato ; elytris
fere ovatis, dorso planatis, apice obtuse acuminatis, te-
nuiter sed dense rugulosis, fere squamosis, tenuiter punc-
tato-lineatis, femoribus clavatis, subtus angulatis. — H.-
Pyrénées. (Pandelle, Delarouzée.)
Mémoire sur les gale-insectes de l'Olivier, du Citronnier,
de l'Oranger, du Laurier-Rose, et sur les maladies qu'ils
y occasionnent dans la province de Nice et dans le dé-
partement du Var, par le docteur J. B. Robineau-Des-
voidy. (Voir 1856, p. 121.)
En ce qui concerne la Cochenille des serres, il décrit
l'œuf, le jeune âge, l'âge adulte, la différence des sexes,
le mode probable d'accouplement. Il n'a que le tort de
ne pas citer les auteurs qui lui ont fourni les matériaux
et les renseignements nécessaires à cette exposition. Son
récit n'est, en effet, que la copie plus ou moins dissimulée
du texte et des observations de Geoffroy sur le même in-
secte. (Geoffroy, t. I, page 512.)
Loquez passe ensuite à l'étude des circonstances qui fa-
vorisent le développement de ces animaux. Il établit que
la cupidité des propriétaires, dans les localités où la con-
stante douceur de la température, l'exposition au midi,
l'excellence et la profusion des engrais, l'humidité sta-
gnante, la fréquence des arrosements, l'encombrement des
TRAVAUX INÉDITS. 181
plantes et des espèces, un feuillage touffu, et surtout l'a-
bri des vents, entretiennent une sève presque continuelle,
est sinon l'origine première, du moins la cause perma-
nente et sans cesse active d'un fléau qui ne connaîtra
peut-être pas de terme. L'homme a voulu doubler et tri-
pler le revenu de son champ ; sur le même sol il a accu-
mulé, entassé et étage les végétaux les plus divers ; il n'a
fait, dans son imprévoyance, que préparer la certitude de
sa ruine. Sous des ombrages frais, et où rien ne trouble
sa tranquillité, la Cochenille naît, croît et pullule promp-
tement en nombre incalculable ; elle retire tous les avan-
tages des soins que l'homme prodigue à ces végétaux,
mais elle n'y répond que par la dévastation. Le Citronnier
doit à la continuité de sa végétation l'insigne faveur d'of-
frir en tout temps des œufs, des enfants, des adultes et
des cocons sur ses feuilles. L'arbre n'a de vie que pour la
prospérité de cet insecte, qu'on trouve le plus souvent sur
la face inférieure des feuilles, où le parenchyme est plus
tendre et où la retraite est plus assurée, soit contre les agi-
tations de l'air, soit contre l'œil des ennemis.
Loquez entre dans les plus grands détails sur les tristes
effets que ces myriades de petits animaux font subir aux
tiges qu'ils couvrent de cicatrices, aux feuilles dont ils
absorbent sans cesse les liquides vitaux , aux fruits qu'ils
vicient dans l'essence de leurs sucs, qu'ils empêchent d'ar-
river à terme, et qu'ils souillent d'une transsudation im-
pure. 11 montre ces délicieux végétaux perdant leur fraî-
cheur et leur énergie par l'énorme extravasion des li-
quides qui ne portent plus aux extrémités la source de la
vie et de la fécondité. A Nice, on donne le nom de mélasse
ou de miellot à cette extravasion et déperdition des sucs
nourriciers.
L'auteur donne ensuite les conseils qu'il estime les plus
sages pour faire disparaître ce fléau, ou du moins pour
en atténuer les ravages. Il veut que les essences di-
verses d'arbres ne soient plus si rapprochées , si ser-
182 rev. et mac. de zoologie. (Avril 1856.)
rées, afin que l'air puisse librement circuler entre les
plantes.
Personne n'a suivi ces excellents conseils de Loquez,
qui leur attribuait peut-être trop d'importance, puisqu'il
les présentait comme infaillibles. Le désastre atteignit al-
ternativement chaque propriétaire.
Loquez arrive enfin à l'histoire de la moisissure, qu'il
prétend avoir suivie dans toutes les phases de son existence .
Selon lui, c'est une petite plante sans feuilles, sans racines,
et qui ne pousse qu'une seule tuje. La racine y serait rem-
placée par une espèce de mamelon auquel l'auteur attribue
un rôle trop considérable.
Chacune de ces moisissures naît isolée, mais leur mul-
tiplication ne tarde pas de les rapprocher. « Ces diverses
« tiges se greffent alors entre elles, s'étendent horizon-
ce talement, et finissent par établir une base commune ne
« formant plus qu'un même tout. La couleur de la plante
« est noire, mais à un microscope elle parait d'un vert
« foncé approchant de celui des fucus.
«... Elle est terminée par un fruit globuleux, semblable
« à la tête d'un champignon. » L'auteur avoue n'avoir ja-
mais pu reconnaître les semences.
Le plus souvent cette petite plante naît à la face supé^
rieure des feuilles, d'où elle envahit les tiges, les branches
et le tronc de l'arbre ; elle les garnit entièrement, les cou-
vre d'un crêpe ou plutôt d'un linceul funèbre; elle s'at-
taque même au fruit, qui devient pour l'œil un sujet de
répulsion.
L'accroissement et le développement de cette moisis-
sure peuvent affecter une marche très-rapide ; malheur
au jardin qui devient l'objet de sa prédilection! Elle ar-
rête la transpiration, elle s'oppose à l'absorption de l'ar-
bre, dont elle attire à elle les sucs nourriciers. Les liquides
intérieurs sont bientôt viciés ; il en résulte un état conti-
nuel de faiblesse et de maladie. Plusieurs branches se
couvrent de curie, de cicatrices gangreneuses, se des-
TRAVAUX INÉDITS. 183
sèchent et périssent, n'ayant plus la force de produire ni
fruits ni feuilles.
Cette morfée peut occuper la surface entière d'un jar-
din sans faire grâce à aucun Citronnier. Bien plus, elle se
jette sur les arbres et les plantes herbacées du voisi-
nage.
Elle reconnaît les mêmes causes d'accroissement et de
multiplication que la Cochenille du Citronnier : elle fleurit
et elle règne sous l'influence des mêmes conditions; aussi
Loquez ne propose-t-il guère que les mêmes remèdes ou
expédients contre ses ravages, remèdes et expédients dont
l'infaillibilité a reçu un si cruel démenti.
Cet auteur admet donc deux causes qui agissent simul-
tanément dans la maladie du Citronnier ; Tune est d'ori-
gine végétale et l'autre d'origine animale. Il les regarde
comme essentiellement distinctes , quoique agissant de
concert et sous l'empire des mêmes influences ; il ne s'in-
quiète pas si l'une de ces causes est génératrice de l'au-
tre. Il a pu , il a dû nécessairement se poser cette ques-
tion, mais affecte à cet égard un silence obstiné que les
écrits de ses prédécesseurs auraient pu l'engager à
rompre.
Je me suis quelque peu étendu sur l'ouvrage de cet ha-
bitant de Nice, parce que le premier il a observé et dé-
crit la moisissure comme une véritable maladie du Citron-
nier, parce qu'il nous a probablement dissimulé une partie
de la vérité au sujet des Gale-Insectes qu'il avait sous les
yeux, et parce qu'il nous fournit les renseignements dési-
rables sur l'apparition de la morfée dans les jardins de
Menton. Il a fort bien constaté que la Cochenille qu'il a
étudiée vit sur toutes les races de la famille des Orangers,
et principalement sur les espèces des genres Citronnier et
Limonier. Il nous donne ainsi un point de départ que
nous ne devons pas négliger, sans toutefois lui attribuer
trop d'importance. 11 n'a rien ajouté à ce (pie Geoffroy et
Linné nous avaient transmis sur le Coccus Adunidum, qui,
18 V rev. et mag. de zoologie. (Avril 1856.)
suivant le premier de ces naturalistes, provenait du Séné-
gal, des Antilles, et était devenu très-commun dans les
serres du Jardin du roi. Linné avait imprimé [Faun,
Suce. y I, n° 1169) Pediculum Adonidum : habitat in Âme-
rica et Africa, non in Europa calidiore. « Le Pou des Ado-
« nides ou des serres : il habite dans l'Amérique, dans
« l'Afrique ; il ne vit pas dans les contrées les plus chaudes
« de l'Europe. » C'était donc un animal étranger rapporté
des pays lointains, et qui s'était acclimaté dans les serres
chaudes de l'Europe. Je n'insisterai pas sur l'erreur qui
fit prendre à Loquez le Coccus Adonidum pour le Kermès
Hesperidum. Il lui eût suffi de lire la phrase brève et tout
à fait caractéristique de Geoffroy pour éviter cette mé-
prise. La Cochenille des serres : Coccus Adonidum; corpore
roseo-farinaceo, alis setisque niveis. Geoff., t. I, p. 512.
D'ailleurs, il ne lui était plus permis de confondre une
Cochenille avec un Kermès.
Je poursuis l'histoire de l'étude de la morfée sur les
arbres de la famille des Orangers.
En 1818, Risso, membre correspondant de l'Institut de
France et compatriote de Loquez , s'exprimait en ces
termes (Histoire des Orangers , t. I , p. 150) : « Le plus
« grand fléau de l'Oranger, et en particulier du Limonier,
« est une espèce de Gale-Insecte que j'ai fait connaître
« dans le temps sous le nom de Dematium monophyllum ,
« qui attaque indifféremment les tiges, les feuilles et les
(c fruits. Cette plante ressemble à une poussière noire
« dont les particules réunies s'étendent horizontalement,
<( et forment une espèce de couche très-mince qui finit
« par couvrir l'arbre entier. De cette croûte on voit s'é-
« lever perpendiculairement un nombre infini de petits
a filets ou tiges de 1/2 millimètre de hauteur, portant
« chacun à son sommet une petite coiffe arrondie, noi-
« ràtre, renfermant une poussièe séminifère. Cette crypto-
ce game , quoique peu adhérente sur les parois de l'Oran-
« ger, s'y multiplie avec une rapidité immense, surtout
TRAVAUX INÉDITS. 185
« dans les jardins où l'ombre et l'humidité favorisent sa
« propagation. »
La moisissure observée et décrite primitivement par
Loquez se trouve ici classée par un homme de science ;
elle porte un nom spécifique.
Du reste, Risso ne fait aucune mention de la coïncidence
du Dematium avec la Cochenille et le Kermès; pour lui, la
morfée semble ne reconnaître d'autre origine qu'elle-même.
En 1833, ïurpin, depuis membre de l'Académie des
sciences, lut un Mémoire sur la nosologie végétale. Ce mé-
moire parut accompagné de figures qui, dans le texte,
donnaient le dessin et l'explication de la morfée ; car elles
représentent « ces crasses noires ou enduits qui ont été
« regardés par des cultivateurs comme une simple mal-
« propreté, et qui sont toujours le résultat ou l'agglomé-
« ration d'un grand nombre d'êtres organisés. Je citerai,
« par exemple, la crasse noire qui recouvre quelquefois
« les jeunes tiges, les feuilles et les fruits des Orangers et
« des Citronniers, dont j'ai fait l'analyse microscopique. »
(T. VI, Mémoires de l'Académie des sciences, section des
savants étrangers, 1835.)
Turpin explique comment cette crasse noire n'est qu'une
immense réunion des membres d'une production confer-
voïde. Dans d'excellentes figures, il représente une quan-
tité innombrable « d'individus filamenteux, tubuleux, ar-
« ticulés ou cloisonnés, rameux, confervoïdes, comme mo-
« niliformes, transparents, verdâtres, traçants, formant,
« en s'enchevôtrant , une sorte de lacis que les botanistes
« ont appelé le thallus ou croûte , mais qu'ils ont eu tort
« d'individualiser, parce qu'en réalité ce thalle est une
« forêt microscopique composée d'un nombre prodigieux
a d'individus distincts.
« Ces tigellules, d'abord très-fines, sont droites et in-
« colores; leurs articles, en se gonflant, les rendent plus
« moniliformes.
« Sur ces tigellules développées, et du sommet latéral do
186 rev. et mag. de zoologie. (Avril 1856.)
(( l'un de ces articles, naissent les petits rameaux de con-
« tinuité ou les appareils reproducteurs, les fruits, c'est-
(( à-dire le péricarpe et les graines qui commencent par
« un globule vasculaire, et qui s'étendent ensuite en un
« tube corniforme légèrement arqué, et terminé en pointe
(( arrondie , strié ou ridé longitudinalement , quelquefois
« rameux, couleur de suie, plus transparent, verdàtre au
« sommet, lequel s'ouvre en petits lobes pour laisser
ce échapper les innombrables corps reproducteurs sphé-
« riques et incolores que ces péricarpes tuberculeux
« contiennent. Ces corps reproducteurs, nés, par exten-
« sion, du tube péricarpien, présentent, sous le micro-
ce scope, un mouvement de grouillement dont j'ignore la
« cause. »
Cette description , faite par un homme qui avait une
grande habitude du microscope, nous place un peu loin
de la petite moisissure de Loquez et du Dematiun mono-
fhyllum de Risso. Turpin , qui ignorait les travaux de ses
prédécesseurs, s'adresse à Persoon pour la classification
de cette substance prétendue nouvelle. Persoon la nomma
fumago, que Turpin traduisit par le mot français fuma-
gine. Il décrivit le F. Citri et le F. Persicœt parce qu'il
les avait étudiés sur ces deux arbres.
A l'exemple de Risso, cet auteur ne reconnut aucun
Gale-Insecte comme auteur présumable de cette maladie,
qu'il paraît croire spéciale; mais le nom proposé par
Turpin exprime mieux la nature de la maladie que celui
de morfée, imposé par les Italiens d'après une donnée
fausse.
N'ayant pas, dans ce mémoire, à m'occuper de la nature
même de ce végétal parasite, j'abandonne aux botanistes
le soin de s'entendre sur sa dénomination et de s'assurer
si c'est une conferve ou un champignon , question que je
pourrai traiter dans d'autres temps.
Le point essentiel, fondamental, consiste maintenant
dans la solution de ce problème :
TRAVAUX INÉDITS. 187
La morfée est-elle une maladie spéciale, primitive?
Si mous consultons le témoignage des auteurs cités, nous
voyons que Loquez place la moisissure sur la même ligne
que la Cochenille de l'Oranger : il les considère l'une et
l'autre comme deux causes distinctes et indépendantes;
avant tout, il se garde de prononcer sur leur antériorité
réciproque.
Risso, à l'article de la morfée de l'Olivier, s'exprime en
termes positifs et qui ne laissent aucun doute sur son
opinion. Il adopte « l'hypothèse émise par de Candolle,
« qui suppose que cette parasite s'introduit sur les arbres
<( par les racines avec la sève, comme j'ai eu occasion de
« m'en convaincre plusieurs fois sur des sujets isolés et
« hors de toute communication avec des arbres infestés
(( de la même maladie. » (Risso, Hist. nat. de l'Europe
mérid., t. II, p. 38.)
A n'en juger que par le texte, Turpin la reconnaissait
également pour une affection primitive.
C'est encore l'opinion d'un grand nombre d'Italiens
instruits et expérimentés. Comment en serait-il autre-
ment? Ces hommes voient chaque jour et à chaque instant
la morfée naître, croître et pulluler sous leurs yeux; ils
la voient se jeter sur les fruits, sur les feuilles, sur les
tiges, sur les branches, sur le tronc, sur le bois découvert,
sur le collet, sur les racines, sur les cicatrices des arbres ;
ils ia voient n'épargnant aucun sujet sur de vastes éten -
dues de territoire; ils ont dû naturellement l'admettre à la
fois et comme cause de la maladie et comme la maladie
elle-même. La narration de Risso qui avait infesté des
portions saines venait grandement en aide à cette théorie,
qui semblait reposer sur des bases solides.
La première fois que j'observai la morfée sur les Oli-
viers et les Citronniers de Villafranca, je ne fus point sur-
pris à son aspect; je la connaissais déjà de vue, les arbres
de Paris me Pavaient révolue depuis longtemps. .Je savais
que les feuilles du Tilleul infestées par le puceron présen-
188 rev. et mag. de zoologie. -[Avril 1856.)
tent souvent ce phénomène, et que la fumagine qui se
développe par plaques successives sur ces feuilles est sem-
blable à celle que j'avais rencontrée, près de nos serres,
sur les feuilles du Citronnier, de l'Oranger. Maintenant il
m'était donné de les voir dans un climat plus chaud.
(La suite au prochain numéro.)
II. SOCIÉTÉS SAVANTES.
Académie des sciences de Paris.
Séance du 7 avril 1856. — M. a" Hombres-Firmas adresse
un travail zoologique et géologique ayant pour titre :
Observations sur le Pecten glaber.
Les conchyliologistes, dit l'auteur, comptent une cen-
taine d'espèces du genre Pecten dans les mers d'Europe.
Il ne s'agit, dans cette notice, que d'une seule espèce, le
Pecten glaber, que je confondrai ici, comme les pêcheurs,
avec le Pecten jacobœus et d'autres peignes bruns, vivant
en grande quantité dans les étangs auprès de Cette. C'est
la conservation de ces coquillages et la localité où je les
ai rencontrés qui me les ont fait remarquer : ils ne sont
point fossiles, mais leurs valves, toutes séparées, sont dis-
séminées dans une terre labourable au quartier du Colom-
bier, au bord du chemin de fer de la Grand'Combe, à
2 kilomètres au nord d'Alais.
M. Pomel adresse des Notes sur la mammalogie de l'Al-
gérie. Il s'étonne que l'histoire mammalogique du nord de
l'Afrique soit si peu connue, et donne les renseignements
qu'il a pu recueillir à ce sujet dans la province d'Oran.
Parmi les espèces qu'il cite, il y en a cinq qu'il semble
regarder comme nouvelles et qu'il décrit ainsi :
« Rongeurs. — Myoxus munbyanus. Pelage d'un brun
un peu ardoisé en dessus, légèrement teint de roux sur
la tête et mêlé de blanc derrière les oreilles ; partie infé-
rieure du corps et pieds blanchâtres ; orbites teints d'une
tache noire qui remonte jusqu'au vertex et s'élargit sous
SOCIETES SAVANTES. 189
l'oreille, devant laquelle elle encadre une petite tache
blanchâtre; queue distique à la moitié terminale, brune
dessus et noircissant vers le bout, qui se termine de blanc.
Le corps a 0m,085; la queue, 0m,075. Se fait un nid d'her-
bes et de bourre de palmier darts les genêts épineux.
« Mus aleœandrinus, Geoff. Pelage d'un brun roux en
dessus, formé de trois sortes de poils : les uns longs,
roides, ciliant tout le dessus du corps et surtout la croupe ;
les autres fins, doux, formant le fond du pelage ; d'autres
enfin de même longueur, plats, forts et piquants; partie
inférieure blanchâtre; oreilles presque nues, brunes;
queue écailleuse avec des anneaux de poils roides. Le corps
mesure 0m,2; la queue, 0«>,2. Il se tient dans les maisons.
« Mus algirus. Pelage d'un gris brunâtre, teint de jaune
ou de roussâtre, mêlé de quelques longs cils noirs ; par-
ties inférieures du corps, face interne des membres et
pieds blanchâtres; parfois une tache rousse à la poitrine;
talon brun ; oreilles presque rondes, courtes, avec une
petite touffe devant le méat; une tache blanchâtre der-
rière l'oreille ; queue grise dessous, brunissante de plus
en plus vers le bout. Le corps mesure 0m,075 ; la queue,
0m,060. Habite des terriers dans les cultures et les brous-
sailles ; quelquefois entre dans les maisons des campagnes.
« Gerbillus Sellysii. Pelage doux, luisant, d'un brun
clair, lavé de fauve, plus foncé sur la tête et la croupe,
plus roux sur les flancs ; parties inférieures d'un blanc pur
remontant un peu sur les flancs, à la face antérieure de
la jambe et extérieure du coude, et paraissant un peu sur
les côtés de la face jusqu'aux vibrisses ; partie inférieure
de la jambe brune; une large tache orbitale très-pâle,
plus marquée devant l'oreille ; queue de la couleur du dos,
ciliée à son tiers postérieur de longs poils bruns qui for-
ment une touffe peu fournie. Habite des terriers au fond
desquels il se l'ait un nid d'herbes sèches et d'où il sort à
certaines heures du jour pour prendre le soleil.
« Lepus mediterraneus. Le lièvre d'Algérie paraît être
190 rev. et mag. de zoologie. (Avril 1856.)
de cette espèce ; je l'ai rencontré sur des hauteurs de plus
de 1,500 mètres.
Séance du 14 avril 1856. — Rien sur la zoologie.
Séance du 21 avril 1856. — M. Eudes Dedong champs
fait hommage à l'Académie d'un opuscule qu'il vient de
publier sous le titre de : « Description d'un nouveau genre
de coquilles bivalves fossiles (Eligmus), provenant de la
grande oolithe du département du Calvados. »
M. A. Raimondi adresse un Mémoire sur le huano des
îles de Chincha et les oiseaux qui le produisent.
M. Raimondi établit que le huano ou guano, dont il y
a des couches de plus de 30 mètres d'épaisseur, ne peut
être considéré comme un coprolithe ou excrément fossile
d'animaux antédiluviens, comme l'ont pensé MM. Girardin
et Ridard, et il conclut des faits qu'il expose dans ce mé-
moire « que le problème de l'origine du huano est ré-
solu: que ce n'est pas un coprolithe, mais bien une ma-
tière dont la formation appartient à l'époque actuelle. »
Quant aux oiseaux qui produisent le huano , voici
1'énumération des espèces qu'il a observées pendant son
séjour sur les îles de Chincha :
JHoms vulgnires.
Pelecanus lhajus (Molina) A Icalraz.
Carbo Gaimardii (Lesson) Palo de mar.
Carbo albigula (Braudt) Cuervo de mar.
Sula variegata (Tschudi) Piquero.
Plolus anhinga (Lin.) Zamargullon chorcado.
Rhyncops nigra (Lin) Arador ou Pico-tijera.
Larus modeslus (Tschudi) Gaviota.
Spheniscus Humboldtii (Meyen) . . Pajaro niîlo.
Puffinuria Garnolii (Lesson). . . . Poloyunco.
Slerna inca (Lesson) Zarcillo.
Toutes ces espèces d'oiseaux ne vivent pas constam-
ment sur les îles de Chincha : quelques-unes viennent seu-
lement à l'époque de la ponte. Parmi les sédentaires, le
Pelecanus thajus , la Sula variegata, le Larus modestus, le
Spheniscus Humboldtii et la Puffinuria Garnotii sont
ANALYSES D' OUVRAGES NOUVEAUX. 191
celles qui abondent davantage. Ces oiseaux se réunissent,
chaque espèce séparément : ainsi, dans 1 île dite du nord,
la partie nord est habitée par les Pclecanus , la partie est
parles Larus, la partie ouest par les Sula et la partie
sud par les Puffinuria.
M. Butin, médecin en chef des Invalides , envoie plu-
sieurs nids d'hirondelle salangane, recueillis il y a cinq ans
dans une grotte des environs de Java, par le voyageur qui
lui en a fait don. M. Hutin a pensé qu'à raison des com-
munications qui ont été faites récemment à l'Académie
touchant la composition de ces nids il pourrait y avoir
quelque intérêt pour la science à faire examiner ceux qu'il
offre aujourd'hui, et qui sont dans un parfait état de con-
servation.
« Les habitants du pays, dit M. Hutin , pensent géné-
ralement que les Salanganes composent ces nids avec du
frai de poisson , et que l'opinion des personnes qui en
regardent la matière comme le produit d'une sécrétion
particulière à ces petits oiseaux est due à ce que l'on voit
des fils de cette substance visqueuse pendre souvent de
leurs becs à l'époque où ils la ramassent pour s'en servir.
Il paraît que chaque nid reçoit habituellement deux œufs
seulement. »
M. Wanner envoie une Note ayant pour titre : « De la
capillarité, théorie de la circulation sanguine, » note qui
fait suite à celle que l'auteur avait présentée dans la
séance du 31 décembre dernier.
III ANALYSES D'OUVRAGES NOUVEAUX.
Bulletins de la Société impériale des naturalistes de
Moscou, t. XXVII, année 1854. (Voir notre n° 2,
p. 94.)
Mémoire sur la famille des Carabiques, 4e partie, par
M. le baron Chaudoir, I, p. 453.
192 rev. et mag. de zoologie. [Avril 1856.)
Liste des Lépidoptères des gouvernements de Kharkov,
Poltava et Ekaterinoslav , par Czernay, 1, p. 212.
Suppléments à la Lépidoptérologie de la Russie et
description de quelques autres insectes, par M. Evers-
mann (avec 1 planche), II, p. 174.
Traité sur quelques Daphnies nouvelles ou peu con-
nues, par M. Seb. Fischer (avec planche), I, p. 423.
Larus columbinus, espèce nouvelle habitant les parages
de la mer Caspienne , par M. Golowatschow (avec 1 plan-
che), I,p. 423.
Loi nouvelle de la génération ascendante, facultative et
contingente des Infusoires, par M. Gros, II, p. 267.
Sur YAspius owsianska de Czernay, par M. Maslowski,
I, p. 442.
Essai sur l'Ornithologie du sud de la Russie, par
M. Radde, H, 131.
Répartition des taches blanches sur les animaux do-
mestiques, par M. Rouillier, II, p. 459.
Notices lépidoptérologiques faites en Sicile par M..Zel-
ler, II, p. 3.
TABLE DES MATIERES.
Payes.
PircHKiuN. — Notices mammalogiques. 145
Jaubert. — Onzième Lettre sur l'Ornithologie. 149
De Souancé. — Catalogue des Perroquets. 152
Cailliaud (Frédéric). — Oursins perforants de Bretagne. 158
Fairmaire (Léon). — Description de Coléoptères nouveaux. 179
Robineau-Desvoidy. — Gale-Insectes de l'Olivier, etc. 180
Académie des sciences. 188
Analyses. 191
PARIS. — IMP. DE Mme Ve BOUCHARD -HCZARD , RUE DE l/ÉPERON , 5.
DIX-NJGUVIÈME ANNÉE. — MAI 1856.
I. TRAVAUX INEDITS.
De la dentition des Cétacés, et de la place qu'occupent
les fanons dans la bouche des Baleines ; par le Dr L. F.
K.mmanuel Rousseau, membre de la Légion d'honneur,
chef des travaux anatomiques au Muséum, sous les pro-
fesseurs G. Cuvier, de Blainvilleet Duvernoy.
Dans notre anatomie comparée du système dentaire,
chez l'homme et chez les principaux animaux, publiée en
1827, non plus que dans le supplément à cet ouvrage,
donné en 1839, nous n'avons parlé de la dentition chez
les Cétacés.
Une circonstance fortuite nous porte à combler cette
lacune.
Notre œuvre, qui n'a point pour objet les questions
zoologiques, traitera presque exclusivement de la denti-
tion des principales espèces de mammifères marins.
Nous serons souvent obligé d'être le copiste des savants
auteurs qui nous ont devancé, et pour lesquels notre vé-
nération est profonde ; nous imiterons, dans la faible me-
sure de nos forces, les nobles efforts qu'ils ont faits pour
rendre saisissable à tous la marche régulière de la na-
ture. Suivant le chemin qui nous est tracé, et nous ap-
puyant sur des faits plutôt que sur des théories parfois
trompeuses, nous nous efforcerons de trouver et de dé-
montrer la vérité.
Georges Cuvier divise les Cétacés en deux familles :
La première se compose des Cétacés herbivores ;
2e sÉRiB. t. vui. Aimée 1856. 13
I
194 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Mai 1856.)
La deuxième, des Cétacés ordinaires connus principa-
lement sous le nom de Souffleurs.
Les herbivores comprennent les Lamantins, les Du-
gongs, les Stellères.
Les Dauphins, les Delphinaptères, les Hypéroodons,
les Narvals, les Cachalots et les Baleines composent la
deuxième famille.
C'est dans cet ordre que nous procéderons.
Les Lamantins (Manatus) .
Les deux ou trois espèces dont ce genre se compose
ne paraissent guère différer entre elles que par leur sys-
tème de dentition, la dimension et la structure de quelques
os de la tête, et par quelques modifications du type com-
mun dans les organes du mouvement.
Ainsi le nombre des dents est bien plus considérable
chez le Lamantin que chez les autres animaux de la même
famille.
Vingt molaires, dix par chaque côté, existent à l'une et
l'autre mâchoire.
Toutes les molaires supérieures sont implantées par
trois racines, absolument comme les grosses molaires de
l'homme ; ces racines sont divergentes et correspondent :
l'une à la partie interne, les deux autres à la partie externe
du bord alvéolaire (voir la pi. vu).
A la mâchoire inférieure, les dents n'ont que deux ra-
cines simples d'abord, s' élargissant pour se bifurquer à
leur extrémité et implantées d'avant en arrière sur une
même ligne.
Les molaires du Lamantin sont constamment à collines
transverses et à racines distinctes de leur couronne qui est
de forme carrée avec collet très-prononcé. Les couron-
nes sont recouvertes d'une épaisse couche d'émail légère-
ment strié de petites lignes comme chez quelques rumi-
nants. Chaque plateau de couronne présente, à sa partie
triturante, un large sillon, dont les parois élevées sont fes-
TRAVAUX INKDITS. 195
tonnées de trois tubercules; dédit autres sillons, bien moins
prononcés (]ue celui du milieu, existent en avant et en
arrière sur chaque dent.
De la première molaire antérieure jusqu'à la plus re-
culée en arrière, il y a augmentation graduelle de dia-
mètre.
Indépendamment de celles qui sont apparentes, deux
ou trois dents, à chaque côté de l'une et l'autre mâchoire,
sont constamment renfermées dans une espèce de tube
osseux qui fait saillie à la partie postérieure des alvéoles
dentaires.
Les molaires du Lamantin pourraient, sauf la première,
qui n'offre aucune similitude avec celle du Tapir, chez
qui elle est bien plus développée et plus grosse, être com-
parées à celles de cet animal.
S'atrophiant par les racines, absolument comme les
dents caduques, ou molaires de lait humaines, les molaires
du Lamantin montrent, à mesure qu'elles s'usent par
l'acte de la mastication, deux lignes bordées d'émail,
lignes qui s'élargissent jusqu'à ce qu'elles arrivent à se
confondre en une surface aussi étendue que la dent elle-
même, qui alors est complètement usée et prête à tomber.
La molaire qui tombe n'est pas remplacée, celle qui
suit deviendra première, et a son tour tombera par usure
sans être remplacée non plus. Il en est de même poul-
ies suivantes, ce qui en fait varier le nombre, et constitue
une dentition successive, dont nous n'avons jamais trouvé
la limite, malgré l'état de vieillesse et le grand nombre de
têtes que nous avons été à même de visiter. A tous les
âges, nous avons toujours trouvé deux et, le plus souvent
trois dents en germe à la partie postérieure de l'extré-
mité de la ligne dentaire.
Les incisives du Lamantin ne sont que rudinientaires,
elles s'absorbent très-promptement, il est rare d'en trou-
ver trace. J'ai cependant rencontré, chez un jeune sujet,
deux petites incisives dans les alvéoles très-peu profonds
196 REV. ET MAG. DE zoologie. (Mai 1856.)
de l'intermaxillaire, et constaté, une autre fois, la pré-
sence de six de ces mêmes dents incisives sous une plaque
cartilagineuse qui recouvre la symphyse de la mâchoire
inférieure ; ces incisives avaient 2 à 3 millimètres de lon-
gueur sur moins d'un millimètre de grosseur.
L'empreinte d'une série d'alvéoles se rencontre con-
stamment sous la plaque cartilagineuse sus-indiquée; les
dents s'y voient rarement.
Les intermaxillaires ne sont pas, chez le Lamantin,
courbés de haut en bas comme chez le Dugong. Les
symphyses des deux mâchoires se soudent de fort bonne
heure.
La structure intime des dents coupées longitudinale-
ment et horizontalement, et vues au microscope, ne dif-
fère pas de celle des dents humaines, la composition chi-
mique en est la même.
Mesures comparatives de la longueur de la tête, chez le La-
mantin, à partir de la partie la plus saillante du condyle
de l'occipital au bout du museau (os incisif.)
Très -jeune sujet de l'Amérique méridio-
nale 20 cent.
Lamantin adulte du même pays. . . 30 cent. 5 mill.
Lamantin très-adulte du Sénégal. . . 31 cent.
Distance de la dent molaire antérieure au bout du museau.
Lamantin très-jeune de l'Amérique mé-
ridionale 7 cent.
Lamantin adulte du même pays. . . 13 cent. 3 mill.
Lamantin très-vieux du Sénégal. . . 10 cent. 7 mill.
Distance de la molaire antérieure à la partie la plus sail-
lante de la symphyse de la mâchoire inférieure.
Très-jeune sujet de l'Amérique méridio-
nale 5 cent. 3 mill.
TRAVAUX INEDITS. 197
Lamantin adulte du môme pays. ... 8 cent. 2 mill.
Lamantin âgé du Sénégal 7 cent. 5 mill.
II va sans dire que ces proportions ne doivent être
considérées que comme approximatives, et peuvent varier
suivant l'âge, le sexe, etc., etc.
Notre intention n'est pas de nous occuper des animaux
antédiluviens, mais il n'est pas inopportun de citer quel-
ques observations recueillies sur une pièce fossile dont le
Muséum est redevable à M. P. Gervais, professeur à la
faculté des sciences de Montpellier.
Ce précieux sujet, qui est un crâne presque complet de
Lamantin fossile, présente, ce qui n'existe pas chez les
Lamantins vivants et adultes, deux grosses incisives co-
niques, terminées par une pointe mousse et émaillée.
Légèrement annelées, ces incisives, qui ont 2 centimè-
tres de grosseur au sortir des alvéoles, se projettent au
dehors sur une longueur de 4 centimètres.
Cinq molaires seulement, en toutsemblables, au dévelop-
pement près, à celles des Lamantins vivants qui les ont
beaucoup moins grosses, existent à chaque côté des mâ-
choires de cette tête fossile.
La distance de la molaire antérieure à la partie de l'o-
rifice de l'alvéole de la dent incisive est de 15 centimètres
4 millimètres.
Georges Cuvier, cet immortel savant, qui à la page
26G et suivantes de son 5e volume (Recherches sur les os-
sements fossiles, édition de 1823) parle du Lamantin, n'en
a possédé que quelques fragments incomplets. De quel
prix n'eussent pas été pour lui, s'il avait été assez heureux
pour les voir réunis de son vivant, tous ces trésors décou-
verts, depuis qu'il n'est plus, par les éminents savants aux-
quels ses impérissables écrits ont inspiré le goût des at-
trayantes recherches de tant d'objets précieux enfouis
dans les profondeurs de la terre.
Grâce à lui, qui en fut le créateur, grâce au gouverne-
ment, qui vient d'en consacrer l'importance par une
198 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE, (Mai 1856.)
chaire spéciale, c haut enseignement de la paléontologie
ne peut que marcher de progrès en progrès, et la lumière
se fera sur des mystères jusqu'ici demeurés impénétrables.
Les Dugongs (Haticore dugong).
Les connexions des os de la face, leur coupe générale
sont à peu près les mêmes dans le Dugong que dans le
Lamantin j et pour changer en Dugong une tête de Laman-
tin il suffirait de renfler et d'allonger les intermaxillaires,
d'y placer les défenses, et de courber vers le bas la sym-
physe de la mâchoire inférieure* pour la conformer à l'in-
flexion de la supérieure.
La mâchoire supérieure est coudée de haut en bas, à
peu près dans son milieu, et forme un angle presque
droit* dont la branche ascendante se place au devant de
la mâchoire inférieure; L'angle de celle-ci lui oppose une
surface aplatie qui descend dans une direction très-peu
oblique, et fait un angle obtus semblable au précédent,
avec le bord alvéolaire des branches. Les deux pièces qui
la forment ne se soudent jamais complètement et restent
séparées par une suture symphysaire.
Lô système dentaire du Dugong est tout particulier.
Quatre incisives superposées, ou deux pour chaque os,
existent à la mâchoire supérieure chez les jeunes sujets.
L'incisive supérieure, dite de lait ou caduque, est co-
nique à ses deux extrémités ; le cône antérieur, recouvert
d'émail, est plus arrondi que l'autre, qui se termine en
pointe assez aiguë. Cette dent, grosse comme une forte
plume de corbeau, a 33 millimètres environ de longueur.
L'incisive permanente, arrivée à son état complet de
développement, mesure 17 centimètres de longueur sur
1 à 3 centimètres d'épaisseur; elle est très -légèrement
cannelée et en tout recouverte d'émail.
La substance éburnée est très-dense, et la dent casse
facilement, si par exemple on la laisse tomber sur un
corps dur.
TRAVAUX INEDITS. 199
Vues sur nue tête entière, les deux incisives affectent,
par leur divergence, une forme triangulaire, l'écartement,
qui n'est que de î) millimètres à la sortie des alvéoles, al-
lant croissant jusqu'à l'extrémité des dents où j'ai mesuré
V5 millimètres pris en dedans.
Les incisives de la mâchoire inférieure sont au nom-
bre de huit, quatre pour chaque côté: elles sont symétri-
quement superposées et renfermées dans des alvéoles très-
peu profonds. Ces dents de forme conique, grosses de
3 à 4 millimètres et longues de 15 à 20 millimètres, ne
prennent jamais plus de développement; elles ne sont pas
ostensibles du vivant de l'animal, s'absorbent prompte-
ment dans le jeune âge, et gisent, sous une plaque carti-
lagineuse qui existe à la face antérieure et tronquée du
maxillaire inférieur.
Les molaires ont, dans le jeune âge, un aspect tubercu-
leux qu'elles perdent bientôt, s'usant rapidement ; elles ne
présentent plus alors qu'un plan uniforme, bordé d'émail
dans tout son contour. Vient ensuite la substance éburnée
qui occupe la plus grande partie de la dent, au centre de
laquelle s'aperçoit une sorte d'osteïde, plus compacte que
l'ivoire, d'une couleur plus foncée, et qui peut se compa-
rer à la fève ou cornet des chevaux hors d'âge.
Toutes les molaires sont à peu près de même grosseur
et de même forme cylindrique, sauf la dernière, qui est
plus grande, plus forte, plus aplatie et de forme didyme
(voir fig. 8).
Elles n'ont jamais qu'une racine ouverte, contenant la
pulpe productrice et ne cessent, en raison de cette non-
oblitération expliquée dans mon système dentaire, de
croître tant qu'elles sont nécessaires à l'animal.
Dans les très-vieux sujets, l'extrémité radiculaire est
tronquée et pleine.
Stellkre {Stellerus}.
Ilytina borealit.
Point de dents implantées, mais une plaque molaire de
200 REV. ET MAC. DE ZOOLOGIE. [Mai 1856.)
chaque côté des mâchoires, attachée non par des racines,
mais par une infinité de vaisseaux et de nerfs (comme les
dents cornées del'Ornithorhynque); surface inégale et creu-
sée de canaux tortueux qui présentent des espèces de
chevrons.
Fréd. Cuvier, dans l'histoire naturelle des Cétacés,
donne, à la page 48, une traduction du mémoire de Stel-
ler; nous la citerons sans retranchement.
« La mastication a lieu autrement que dans tous les au-
« très animaux, non par des dents dont ces animaux sont
a dépourvus, mais par deux os considérables blancs, es-
« pèces de masses dentaires, dont l'une adhère au palais,
(( et l'autre, opposée à la précédente, est attachée à la ma-
te choire inférieure.
« L'insertion même de ces os est insolite et ne peut
« s'exprimer par aucun nom. On ne peut dire que ce soit
« une gomphose, car ces os ne sont pas implantés dans
« les maxillaires, mais ils adhèrent par des pores et des
« papilles nombreuses, correspondant à d'autres papilles
« et à d'autres pores semblables que présentent le palais
« et la mâchoire inférieure. En outre, cet os dentaire se
« fixe, en avant, dans la membrane papillaire de la lèvre
«. supérieure interne, sur les côtés, dans les stries osseuses,
« en arrière, par une double apophyse au palais et au
a maxillaire inférieur, de manière à être solidement af-
« fermi.
« Ces os molaires sont percés, à leur face adhérente, de
« beaucoup de petites ouvertures, comme un réseau ou
« une éponge ; c'est par là que pénètrent les artères et les
« nerfs, comme dans les dents des autres animaux. La
« face libre est lisse, et marquée de beaucoup de sillons
(( tortueux, ondulés, séparés par autant d'éminences, les-
« quelles sont reçues dans les sillons de la dent opposée,
« de manière que, dans la mastication, les fucus sont
« broyés comme par une meule. »
Nous citerons encore textuellement le passage ci-après,
extrait du Bulletin scientifique, publié par l'Académie
TRAVAUX INÉDITS. 201
impériale de Saint-Pétersbourg et rédigé par le secrétaire
perpétuel de cette Académie, à la page 355 du tome Ier
pour 1838. Son auteur, M. Van K. E. V. Raer s'exprime
ainsi :
« Enfin M. l'amiral Wranger, dernier gouverneur de
« nos colonies, après y avoir résidé six ans, et M. Khleb-
« nokor, qui les habita trente ans, m'ont assuré que, d'a-
« près les demandes de mon collègue Brandt et de moi,
<( ils avaient fait tous leurs efforts pour obtenir des ren-
te seignements sur l'animal perdu, sans y réussir.
« Dès à présent, nul doute que l'espèce soit anéantie.
« On voit, par cette esquisse historique, que la Rytina n'a
« subsisté que vingt-sept ans, à dater de l'époque où les
« Européens en firent la connaissance. Steller, par la
« description qu'il en a donnée et qu'on vient de tra-
ce duire en français après un siècle entier, s'est érigé un
« monument d'autant plus durable que personne ne peut
« vérifier ni poursuivre ses observations. C'est lui aussi
« qui, sans le vouloir, a contribué à la destruction de Tes-
te pèce, en excitant l'avidité des aventuriers.
« Il ne reste, pour seule preuve de l'existence de la Ry-
« tina, que la description de ce naturaliste, une figure
« assez défectueuse laissée par Pallas et publiée dans les
<( Icônes ad zoograph., fasc. II, et une plaque dentaire qui
« fait partie de la collection académique. M. Brandt a
« donné une description très-détaillée de cette plaque
« dentaire dans nos mémoires. »
Il résulterait des observations de M. Brandt, qui se
trouvait à portée d'étudier de nouveau les dents du Stellère
conservées dans les collections de l'Académie des sciences
de Saint-Pétersbourg, que ces dents sont entièrement de
nature cornée, qu'elles se composent des fibres, aggluti-
nées les unes aux autres, qui rappellent tout cà fait celles
qui forment les fanons de Baleine, et que ces fibres, vues
au microscope, présentent des tubes, comme le font la plu-
part des poils. Cette nature cornée des dents du Slellère,
202 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Mai 1856.)
qui semblait devoir conduire M. Brandt à les considérer
comme étrangères au système dentaire et analogues aux
poils, ne l'a cependant pas empêché d'adopter l'idée que
chaque maxillaire est garni d'une semblable dent.
N'ayant pas été à même de voir un fragment de Stellère,
j'ai dû me borner à rapporter ce que les différents auteurs
ont dit sur cet animal, qui ne se trouve pas dans nos col-
lections et qui paraît perdu pour la science.
CÉTACÉS PISCIVORES.
LES DAUPHINS.
Se distinguent des précédentes par l'appareil singulier
qui leur a valu le nom commun de Souffleurs.
Les Dauphins constituent, dans l'ordre des Cétacés, un
groupe naturel.
Ils ont des dents aux deux mâchoires, et parfois n'en
ont qu'à l'une ou à l'autre ; toutes affectent la même forme :
elles sont coniques et un peu crochues. Lorsque la série
est nombreuse, les dents antérieures et postérieures sont
plus petites que celles du milieu. Aucunes n'ont de racines
multiples; la pulpe qui remplit la dent par l'ouverture
libre qui existe à sa base ne détermine cependant pas sa
croissance constante, elle finit par s'absorber, et alors un
autre phénomène se produit. Le travail de l'ossification
se continue dans les alvéoles, et comme les dents ne sont
point opposées l'une à l'autre, comme aucune force ne les
maintient à la place qu'elles occupent, elles en sont bien-
tôt chassées et disparaissent tout à fait.
Ainsi s'explique le nombre très-variable de dents que
l'on trouve chez les Dauphins d'une même espèce, et à
plus forte raison chez ceux d'espèces différentes. La forme
seule des têtes de ces animaux a, conséquemment, servi
à établir leurs caractères génériques.
Les Dauphins paraissent ne pouvoir faire usage de leurs
dents que pour saisir et retenir leur proie. La forme et les
TRAVAUX INKDITS. 203
rapports de ces productions organiques s'opposent à ce
qu'elles soient des instruments de mastication, et la priva-
lion de toute glande saiivaire achève de montrer que ces
animaux n'éprouvent point la nécessité de broyer les ali-
ments et de les réduire en pâte avant de les avaler. En
effet, les animaux dont ils se nourrissent ont toujours été
trouvés entiers dans leur estomac lorsque l'action de la
digestion ne les avait point encore altérés.
Les seuls genres Dauphin et Marsouin sont formés de
plusieurs espèces bien connues, aussi sont-ce les seuls
qu'on puisse regarder comme à peu près définitivement
caractérisés, non pas que les caractères génériques soient
identiques chez toutes les espèces. On trouve des Dau-
phins dont le museau est tout d'une venue avec le crâne,
et qui ne présentent pas la dépression du bas du front qui
caractérise le Dauphin commun, par exemple; et chez les
Marsouins la sphéricité de la tête a plusieurs degrés, et il
en est qui ont des dents coniques (fig. 1) tandis que d'au-
tres les ont comprimées (fig. 3). Or il pourrait arriver
que quelque jour ces espèces présentassent, dans ces ca-
ractères ou dans d'autres qui s'y ajouteraient, des motifs
suffisants pour qu'on en formât des groupes distincts. Ce
sont des questions qui, avec bien d'autres, sont réservées
aux solutions de l'avenir.
Dans le Dauphin ordinaire ( Delphinus delphis), les
dents sont arquées, pointues, coniques (fig. 1, tiers de
grandeur), et chaque côté de la mâchoire est armé de
quarante-deux à quarante-sept dents grêles. Ce nombre
paraît varier suivant l'âge ou le sexe.
Dans le Marsouin commun (Delphinus phocœna) il y a,
de chaque côté de la mâchoire intérieure, de vingt-deux
à vingt-sept dents petites et minces; leur couronne tran-
chante, arrondie et aplatie en forme d'incisive (fig. 3,
moitié grandeur).
Elles diffèrent donc beaucoup de celles du véritable
Dauphin qui viennent d'être décrites. Nous devons, sur la
20fc REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Mai 1856.)
composition intime du tissu des dents du Dauphin ordi-
naire, une charmante figure et une très-bonne description
au célèbre anatomiste A. Retzius, professeur, à Stock-
holm.
L'analyse chimique des dents du Dauphin commun
donnée dans l'Odontographie de Richard Owen est la sui-
vante :
Ivoire. Cément.
1* Phosphate de chaux avec une trace de fluate de
chaux 66.37 69.42
2° Carbonate de chaux 1.84 1.79
3° Phosphate de magnésie 1.36 1.47
4° Sels. . .* 0.99 0.93
5° Chondrine 28.62 25.73
6* Graisse 0.82 0.66
100.00 100.00
Dauphin du Gange (Delph. gangeticus).
La tête de ce Dauphin est arrondie et terminée par un
bec très-effilé; ses dents, coniques et pointues, comme
celles de tous les Dauphins, ne se font remarquer que par
le grand élargissement et la forme irrégulière de leurs ra-
cines, dont quelques-unes sont, de plus, fort aplaties sur
les côtés (fig. 2, un peu moins de moitié de grandeur na-
turelle). On compte cent vingt dents quand elles sont au
grand complet, c'est-à-dire trente pour chaque coté des
mâchoires.
Delphinaptères.
Les Delphinaptères diffèrent des Marsouins seulement
en ce qu'ils n'ont pas de nageoire dorsale; la tête est ob-
tuse, le museau court et conique ou terminé en bec al-
longé ; le nombre des dents est très-variable.
Le Delphinaptère Béluga (Delph. Leucas) a trente-quatre
dents, dix-huit supérieures et seize inférieures ; ces dents,
comme toutes les autres, ont la forme de cônes, mais le
TRAVAUX INÉDITS. 205
plus souvent elles sont obtuses, sans doute par l'effet de
l'usure.
Parfois la mâchoire supérieure offre pour l'un de ses
côtés neuf dents épaisses et arrondies, tandis qu'il n'en
existe que six à chaque côté de la mâchoire inférieure.
Les dents supérieures sont petites, émoussées à leur
sommet , éloignées les unes des autres , inégales , et d'au-
tant plus courtes qu'elles sont plus près du museau.
Les inférieures sont un peu moins obtuses et légère-
ment recourbées.
Les dents supérieures tombent d'assez bonne heure , et
voilà pourquoi certains auteurs ont considéré le Béluga
comme un petit Cachalot blanc.
Le Senedctte (Delph. Senedetta), comme le Béluga,
compte à la mâchoire supérieure dix-huit dents aiguës et
seize à la mâchoire inférieure.
Les Hypéroodons.
La tête de l'Hypéroodon sort tout à fait des formes pro-
pres au genre Dauphin et mériterait de faire placer l'ani-
mal dans un genre particulier.
Les maxillaires, pointus en avant, élargis vers la base
du museau, élèvent de chacune de leurs bords latéraux une
grande crête verticale, arrondie dans le haut, descendant
obliquement en avant et plus rapidement en arrière, où
elle retombe à peu près au-dessus de l'apophyse post-or-
bitaire. Plus en arrière encore, ce maxillaire, continuant
de couvrir le frontal, remonte verticalement avec lui et
avec l'occipital, pour former à l'arrière de la tête une crête
occipitale transverse, très-élevée et très-épaisse. En sorte
que sur la tête de cet animal il y a trois de ces grandes
crêtes : la crête occipitale en arrière, et les deux crêtes
maxillaires sur les côtés, qui sont séparées de la première
par une large et profonde échancrure. Elles le sont l'une
de l'autre par toute la largeur de la tète, car elles ne se
rapprochent point au-dessus et ne forment point de voûte
20G KEV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Mai 1856.)
comme dans le Dauphin du Gange, mais simplement des
espèces de murs latéraux.
Les intermaxillaires, placés comme à l'ordinaire, remon-
tent avec les maxillaires jusqu'aux narines, et passent à
côté d'elles, s'élèvent au-dessus, de sorte qu'ils prennent
aussi part à la formation de la crête postérieure élevée sur
l'occiput. Les deux os du nez, fort inégaux, ainsi que les
narines, sont placés à la face antérieure de cette crête oc-
cipitale et s'élèvent jusqu'à son sommet.
Du reste, les connexions des os sont à peu près les
mêmes que dans les Dauphins.
En dessous, le palais est un peu en carène, ce qui pour-
rait indiquer un rapprochement avec les Baleines. Le pa-
lais est garni de petites pointes dures et aiguës de plus de
2 millimètres d'élévation ; ce sont ces pointes ou tuber-
cules qui ont servi au célèbre Lacépède pour caractériser
génériquement cette espèce sous le nom d'Hypéroodon.
Les deux branches qui composent la mâchoire infé-
rieure ont peu d'ouverture, et se réunissent par une très-
grande surface.
Il y a deux trous mentonniers, le canal dentaire est fort
ample; il n'y a qu'un rudiment d'apophyse coronoïde.
Des dents coniques et pointues, au nombre de deux et
peut-être plus, se voient à l'extrémité de la mâchoire
inférieure. Ghemnitz, qui a décrit plusieurs Cétacés, n'a
trouvé qu'une des deux dents de la mâchoire inférieure.
Le Narval (Monodon Monoceros).
Assez semblable, pour la forme et la structure, au Glo-
biceps, au Béluga, le Narval est aux Dauphins à peu près
ce que sont les Dugongs aux Lamantins.
Il en diffère en ce qu'il est privé de mâchelières et ré-
duit à deux défenses dirigées en avant et implantées pa-
rallèlement l'une à l'autre dans des alvéoles particuliers
communs au maxillaire et à l'intermaxillaire.
TRAVAUX INÉDITS. ^ 207
Ces dents, qui servent à l'animal d'arme offensive ou dé-
fensive, étant complètement étrangères aux fonctions dt
la mastication cl de la nutrition, ne doivent sans doute
pas occuper, dans l'ordre de la dépendance des organes,
un rang aussi élevé que les dents des autres mammifères.
Quoi qu'il en soit, ces armes très-puissantes sont des cô-
nes souvent de plus de 2 mètres de long, sillonnés en spi-
rale de droite à gauche.
Il est extrêmement rare de voir les deux dents du Nar-
val se développer à la fois; une seule, ordinairement,
prend toute sa croissance, et la capsule productrice, qui
pénètre jusqu'à son extrémité, est toujours libre à sa base.
L'autre défense reste à l'état rudimentaire, parce que la
capsule, s'oblitérant petit à petit, est détruite bientôt après
la naissance de l'animal ; aussi voit-on cette défense dé-
croître graduellement dans son alvéole, à mesure que la
capsule décroît elle-même, et se terminer en pointe.
L'alvéole qui se ferme à son orifice ne contient plus
alors qu'une baguette dentaire avortée, qui n'est plus con-
tournée en vis, et dont le n° 5 de notre planche donne
au sixième de son développement la figure prise sur un
exemple que j'ai pu me procurer. La torsion et l'ouver-
ture radiculaire de cette dent avortée sont représentées
sous le n° 6 de notre planche.
Il y a des collections qui possèdent des têtes de Narvals
avec les deux défenses entières et d'une longueur de plus
de 2 mètres, mais ces exemples sont très-rares, et le Mu-
séum de Paris, quoique très-riche en ostéologie, n'en a pas
de semblables.
C'est le maxillaire gauche qui est le plus ordinairement
pourvu de la défense, tandis qu'elle avorte au côté droit.
Le tissu de la défense de Narval se rapproche beaucoup
de celui de l'ivoire; il est relativement plus compacte, plus
pesant et susceptible d'un plus beau poli. On y rencontre,
parfois, des osselets dentaires d'une densité plus grande
encore que celle de la dent même.
208 REV. ET MAG. DE zoologie. (Mai 1856.)
La mâchoire inférieure, semblable à celle du Dauphin,
en diffère seulement par l'absence totale de bord alvéo-
laire et, conséquemment, par la privation absolue desdents.
(La suite au prochain numéro.)
Catalogue des perroquets de la collection du prince
Masséna d'Essling, duc de Rivoli, et observations sur
quelques espèces nouvelles ou peu connues de Psit-
tacidés; par M. Charles de Souancé. (Voir 1856, p. 56
et 152.)
113. Palœornis Calthrapœ, Layard, Journ. as. Soc.
Beng. 1849, 800; Palœornis Calthrapœ, Blyth, Journ. as.
soc. Beng. 1850, 234; Palœornis Gironieri, V err. Rev.
zool. 1853, 195; Palœornis Calthrapœ, Layard, Ann. and
mag. nat. hist. 1854, 263. Front et collier vert éme-
raude ; parties inférieures du corps, couvertures supé-
rieures et inférieures de l'aile ainsi [que les scapulaires
d'un vert tendre ; épaules et croupion d'un bleu violet
nuancé de gris , rectrices en dessus bleu violet intense.
Ceylan.
114. Belurus malaccensis (Gmel.); Psittacus barbatu-
latus , Bechst.; Conurus erythrogenys , Less. Tr. d'orn. *
115. Belurus pondicerianus (Gmel.) ; Palœornis bor-
neusy Wagl.; Palœornis melanorhynchus, Wagl.; Palœornis
Derbyanus, Fras. Proc. zool. soc. 1850, 245, pi. 25.
Après de nombreuses hésitations nous avons été amené à
adopter l'opinion émise par M. Blyth, qui pense que sous
trois ou quatre noms différents on a décrit des variétés
d'âge ou de sexe d'une seule et même espèce. Mais nous
n'avons pu partager sa manière de voir sur le B. modestus
et sur le B. barbatus, que nous considérons comme bien
caractérisés. Nous croyons donc faire une chose utile en
donnant ici les autres espèces du groupe avec quelques
synonymes et une courte description.
TRAVAUX JNKDITS. 209
Belurus barratus (Gmel.) ; Palœornis barbatus, Wagl.
Palœornis erylhrogenys, Blyth? Palœornis erythrogenys,
Fras. Proc. zool. soc. 1850, 245, pi. 26? Palœornis Lu-
ciani y Verr. Hev. zool. 1850, pi. 13? D'une taille plus
forte que le B. malaccensis , cet oiseau a les lorums et les
joues rouge foncé ; cette teinte ne s'étend pas sur le der-
rière du cou, qui est rose pourpré ou jaune paille ou blan-
châtre ; la queue n'est bleue que dans sa moitié apicale.
Nous ne le connaissons que par les descriptions et les
figures, et ce n'est qu'avec doute que nous avons rassemblé
tous ces synonymes. M. Blyth, le seul qui indique sa
patrie, dit qu'il habite les îles Nicobar, ce qui explique
parfaitement la rareté de ce perroquet dans nos collec-
tions.
Le Belurus caniceps (Blyth), habite aussi les îles Ni-
cobar; il est d'une beaucoup plus forte taille que le B.
pondiccrianits, avec lequel il paraît avoir une grande res-
semblance.
Le Belurus modestus (Fras. zool. typ.) dontles collection s
du Muséum renferment deux beaux individus rapportés
de Chine (?) par M. de Montigny. Front vert, sommet de
la tète marron, joues couleur de chair; le bec rougeàtre
à la base, noir à l'extrémité, semblerait indiquer un jeune
oiseau. Bemarquons, en passant, la coloration brune du
sommet de la tête, ce qui exclut toute idée de réunion
avec le B. pondicerianus.
110. Tanygnathus macrorhynchus (Linn.). Bec énor-
me, rouge; couvertures supérieures des ailes variées de
noir et de jaune; les plumes du haut du dos bordées de
bleu clair; nuque et épaules bleu turquoise. L. T. 42 cent.;
aile 24 cent. Nouvelle-Guinée.
117. Tanygnatiius marginatus (Gmel.). Bec rouge;
occiput et croupion bleu céleste; couvertures supérieures
des ailes largement bordées de jaune d'or. L.T. 35 cent.;
aile 19 cent. Philippines.
118. Tanygnathus Mulleri (Temm.) . Bec rouge; plu-
2e série, t. vm. Année 185G. 14
210 REV. ET MAC DE zoologie. [Mai 1856.)
mage vert, énieraude sur la tête, jaunâtre entre les épaules
et sur les parties inférieures, plus foncé sur les ailes et la
queue; les plumes des épaules largement bordées de bleu
vif ; les couvertures des ailes finement marginées de vert
jaunâtre ; le croupion bleu tendre ; les rectrices, terminées
de vert jaunâtre, sont jaunes en dessous comme dans
les espèces précédentes. L. T. 38 cent. ; aile 21 cent.
Gélèbes.
119. Tanygnathls sumatranus (Kuffles), Linn. Trans.
XIII, 281 ; Blyth, Journ. as. Soc. Beng. 1850, 235. La tête
est d'un vert nuancé de bleu, principalement sur le front
et les joues; la nuque et la poitrine vert jaunâtre;
l'abdomen de la même couleur, mais avec une légère
teinte bleue ; les plumes des épaules et du haut du dos
vertes, largement bordées de bleu ; les plumes des ailes vert-
pré avec un liséré vert jaunâtre ; le croupion bleu turquoise ;
les rectrices en dessus vert-pré avec l'extrémité jaunâ-
tre, en dessous jaune doré; bec couleur de chair sur le
vivant, blanc sur l'empaillé; pieds bruns. L. T. 36'cent. ;
aile 22 cent. — M. Blyth, dans le Journal de la Société
asiatique du Bengale, dit que la femelle a le bec couleur
de chair, le mâle, au contraire, l'aurait rouge comme dans
les autres espèces ; au reste, il est facile de le distinguer,
car, seul avec le T. rnacrorhynchus, il a les plumes de la
partie supérieure du dos écaillées de bleu.
120. PsirriNus malaccensis (Latk.).
Ici vient se placer le magnifique oiseau appelé par
M. tiray Coracopsis pcrsonata ; l'individu unique, je crois,
qui a servi de type à la description et à la figure des Pro-
ceedings de la Société zoologique de Londres, se trouve
aujourd'hui dans la collection du jardin zoologique d'An-
vers qui l'avait acheté vivant après la mort de lord Derby.
121. Aprosmictus erythropterus (Lath.). Plalycercus
[Psittacus) mclnnoiusy Less. Descr. de mamm. et d'ois.
1850, 184. xUistralie. Il ne faut pas confondre avec la fe-
melle de cette espèce rAprotmidus imlncratm, Wagl.
TRAVAUX INKD1TS. 211
(Quoy et Gaimard, Voy. de l'Uranie, pi. 27), de Timor, qui
s'en distingue seulement par les plumes du dos qui sont
bordées de bleu.
122. Aprosmictus scapulatus (Bechst). Australie.
Depuis que le prince Ch. Bonaparte a publié dans la
Revue zoologique son Conspcctus psittacorum , nous avons
eu connaissance de deux nouvelles espèces décrites par
M. Peale, naturaliste attaché à l'expédition mêricaine qui,
en même temps que celles envoyées par la France et
l'Angleterre sous les ordres de MM. d'Urville et Ross,
découvrait des terres nouvelles au milieu de l'Océan du
pôle sud. Ces deux espèces viennent de l'archipel Viti, et
elles sont remarquables par l'éclat de leur plumage. Ce
sont Y Aprosmictus splendens, Peale, United-States exyl.
Exp.f VIII, 127, pi. 34, f. 1,2, et l' Aprosmictus atrogularis,
Peale, pi. 35.
123. PURI>UREICEPIÎALUS PILEATU5 (VigOrs).
124. Barnardius typicus, Bp. Psittacm Barnadi, auel.
125. Barnardius zonarius (Shaw). Platycercus JSaueri,
Gould.
1 26. Barnardius semuorquatus (Quoy et Gaim.) , Platy-
cercus zonariuSy Gould.
127. Platycercus Pennantii (Lath.).
128. Platycercus adelaidi^e, Gould. Très-voisin du
Platycerque de Pennant, le Platycerque d'Adélaïde s'en
éloigne par les parties rouges de son plumage, qui ont
une nuance jaunâtre et ne sont jamais aussi franchement
colorées. Dans les individus très-adultes, le rouge orangé
qui borde les plumes du dos s'affaiblit tellement, qu'il
devient jaune pâle et que les tons rouges disparaissent
presque totalement. M. Gould, dans son ouvrage sur les
Oiseaux d'Australie, en figure un qui se rapproche beau-
coup du Platycercus jlaveolus, ne conservant de rouge que
sur le milieu de la poitrine et de l'abdomen.
129. Platycercus flaveolus, Gould.
130. Platycercus palliceps, Vig. Var. Le dos est près-
212 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. [Mai 1856.)
que entièrement jaune citron, cinq ou six plumes seule-
ment ayant conservé du noir dans leur centre; les parties
inférieures sont jaune paille, faiblement nuancé de bleu
pâle entre les cuisses et sur les flancs.
131. Platycercus eximius (Shaw).
132. Platycercus icterotis (Temm.).
133. Platycercus caledonicus (Gmel.).
134. Barrabandius rosaceus (Vig.).
135. Barrabandius melanurus (Vig.).
136. GYANORAMPHUsPACiFicus(Forst.); Conurusphaeton,
Desmurs. Rev. zool. 1845, 449; Platycercus phaeton,
Desmurs, Icon. Orn. pi. 16. Vert olivâtre en dessus,
grisâtre en dessous; front noit velouté ; lorums, plumes
auriculaires et croupion rouge brun ; rémiges bleues ; rec-
trices vert glauque en dessus, grises en dessous ; mandi-
bule supérieure plombée; pieds noirs. L. T. 27 cent.;
aile 16 cent. Habitat Taïti.
137. Cyanoramphus Novjs-Zelandle (Sparrm.). Mus.
Caris, pi. 28; Psittacus paci ficus, auct. Vert-pré en dessus
et en dessous ; le front et le sommet de la tête, les plumes
auriculaires et une tache de chaque côté du croupion
rouge écarlate ; les rémiges extérieurement bleu d'outre-
mer ; les ailes en dessous gris noirâtre, traversées par une
bande jaune paille dans leur milieu ; les rectrices vertes
en dessus, gris verdâtre en dessous. L. T. 28 cent. ;
aile 14 cent. Nouvelle-Zélande.
Il faut mentionner ici deux individus qui se trouvent,
l'un, dans la collection Masséna, et l'autre dans le Musée
de Paris ; ils ne diffèrent de l'oiseau de la Nouvelle-Zé-
lande que par une taille moindre et un bec infiniment
plus petit, toute proportion gardée ; la tache rouge des
plumes auriculaires est aussi moins allongée. L. T.
23 cent.; aile 12. cent. Iles Auckland.
Un autre individu du Musée de Paris, indiqué comme
de la Nouvelle-Guinée (?), se sépare du vrai C. Novœ-Ze-
TRAVAUX INÉDITS. 213
landiœ par l'absence de la bande jaune qui traverse en
dessous le milieu de l'aile.
138. Cyanoramphus erythrotis (Wagl.) ; Platycercus
paci ficus, Vig. zool. journ. 1825, pi. suppl. 1 ; Platycercus
paci ficus, Bourj. Perr., pi. 36. Semblable au C. Novœ-Ze~
landiœ, mais d'un vert plus jaunâtre, et les rémiges rous-
satres à leur extrémité, ainsi que le fait voir la figure de
M. Bourjot. L. T. 32 cent. ; aile 16 cent. Iles Macquarie.
139. Gyanoramphus auriceps (Kuhl.). Nouvelle-Zé-
lande.
Ici se termine la liste des espèces de ce petit groupe que
possède la collection Masséna, et le muséum d'histoire na-
turelle de Paris n'en compte pas un plus grand nombre. En
considérant l'habitat du genre Cyanoramphus, nous voyons
que les oiseaux qui le composent vivent dans une grande
partie des archipels froids au sud de la Nouvelle-Zélande.
Ils diffèrent très-peu, mais nous offrent cependant quel-
ques légères modifications dans leur taille ou leur plu-
mage , modifications assez peu sensibles pour qu'on les
ait souvent confondus en une seule et même espèce. Une
dernière observation nous reste à faire sur une des deux
espèces qui manquent aux deux collections que nous
avons pu examiner [C. ulietanus, Lath.; C. unicolor, Vig.).
M. Bourjot, dans son ouvrage, dit, après avoir vu le type
du C. unicolor à Londres, que cet oiseau est d'un vert
cuivreux et qu'un bandeau pourpre foncé s'étend de la
base du bec jusqu'au derrière de l'oreille. Cette descrip-
tion ne concorde nullement en cela avec celle de Vigors ni
avec la figure de Lear. Serait-ce un jeune C. pacificus Y
140. Psephotus mlxticolor (Brown).
141. Psephotus pulcherrimus, Gould.
142. Psephotus hoematonotus , Gould.
143. Psephotus hoematog aster, Gould.
144. Nymphicus nov.«-hollandijE (Gmel.).
145. Euphema pulchella (Shaw). M. Gould, dans son
ouvrage sur les Oiseaux d'Australie, «lit que le mâle et la
â!4 rev. et Mag. de hoologik. [Mai 1856.)
femelle sont entièrement semblables. Mais nous avons pu
nous assurer que la femelle diffère du mâle par l'absence
de la tache rouge des ailes', par le bleu de ta face beau-
coup plus pâle, et par le dessous du corps vert jaunâtre
au lieu d'être jaune (le Vaill., pi. 68).
146. ElJPHEMA CHRYSOSTOMA (Kuhl.).
147. EïJPHEMA ELEGANS, Gould.
148. Euphema chrysogastra (Lath. Ind. 97). Orange
beiliedParroi, Lath., Syn. suppl. i, 62; Euphema aurantia,
Gould. Impossible de méconnaître cet oiseau, qui se dis-
tingue d'une manière si tranchée de ses congénères par
la tache orangée de son abdomen.
149. ElPHEMA PETROPHILA, Gould.
150. Euphema splendida, Gould.
151. Melopsittacus undulatus (Shaw). La perruche
ondulée est certainement un des plus jolis oiseaux d'agré-
ment que nous puissions conserver dans nos volières. Son
plumage est d'une nuance si tendre, son chant, quoique
faible, est si doux, ses mœurs sont si curieuses à étudier,
enfin ce gracieux oiseau se reproduit avec une telle faci-
lité, que probablement, dans un temps peu éloigné, il sera,
comme le serin, l'hôte habituel de nos demeures. Un fait
assez intéressant que l'étude de ces oiseaux nous a fait
connaître, c'est que dans la tribu des Platycercinés les
Perroquets sont doués d'une voix agréable, que quelques-
uns même, comme le Nymphints Novœ-Hollandiœ, s'élè-
vent, par la mélodie de leur chant, au rang le plus dis-
tingué parmi les oiseaux qui charment nos oreilles. La
Perruche de Pennant a un sifflement doux, sorte de chant
d'appel qui, quoique peu varié, ne manque pas d'agré-
ment. En un mot, cette famille semble faire une excep-
tion à la mauvaise réputation des Perroquets comme oi-
seaux tapageurs et à voix discordante.
Le mâle diffère de la femelle par la cire du bec, qui est
bleue chez lui, tandis qu'elle est blanche chez sa com-
pagne ("' est à celle-ci que sont dévolus les travaux néces-
TRAVAUX INÉDITS. 215
sa ires pour creuser un tronc d'arbre, et le rendre propre
à l'aire un asile où elle puisse vaquer aux soins de la ma-
ternité. Seule elle travaille; son mâle, perché sur une
branche voisine, l'encourage en lui sifflant ses plus jolis
airs ; mais, lorsque l'incubation est commencée, il prend
sa part des fatigues, il vient la visiter, l'encourager et lui
donner à manger ; lorsque les petits sont éclos, c'est en-
core lui qui prend le soin de toute la petite famille; on le
voit sans cesse occupé à dégorger de la nourriture dans
le bec de la mère, qui à son tour en fait une distribution
équitable. Cinquante jours après la ponte du premier œuf
a lieu la sortie d'un jeune, et les autres quittent ensuite le
nid à un ou deux jours d'intervalle. Pendant quelque
temps encore le père prend soin des jeunes oiseaux, puis
il les abandonne pour se livrer à l'éducation d'une nou-
velle famille. Les jeunes, au sortir du nid, ne diffèrent
des parents que par l'absence du jaune sur le front,
qui est rayé comme le sommet de la tête. Ces oiseaux
sont d'une très-grande fécondité : j'ai vu une paire faire
quatre pontes consécutives, et élever les petits, dont
le nombre varie de deux à six par couvée. La Perruche
ondulée n'est pas la seule espèce de perroquet qui repro-
duise dans les volières. Depuis quelques années nous
avons vu les Nympkicus Novœ - HoUandiœ , Palœornh
cyanoccphalus , Euphema pulchella , Euphcma eleqins ,
Platycereus eœimius, les Aras et diverses espèces d'Aras
élever leur famille en captivité.
152. Pezopoius formosus (Lath.).
153. PsiTTAcrs HKvniAcus, Linn. Sénégal.
15r. Psittacis Timneh, Fras. Le Vaill. Perr., pi. 102,
du (iabon. Cette espèce nous paraît bien distincte <lu
P. crythacus. Son plumage est partout d'une teinte plus
foncée; ses lectrices, brun chocolat, sont plus aiguës ; enfin
le bec n'est pas entièrement noir, il est, sur son culmen,
couleur de corne claire; sa taille aussi est moindre. Depuis
quelques années cette espèce nous arrive fréquemment
210 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. [Mat 1856.)
vivante; j'en ai conservé pendant trois ou quatre ans sans
Yoir aucun changement dans le plumage.
155. Poeocephalus Levaillantii (Lath.).
156. Poeocephalus magnirostris (Bp.). Comptes rend.
Ac. se. de Paris, 1850, XXX, 137 ; Psittacus pachyrhynchus,
Hartl. Abhand aus dem geb. der nat. Hamb. 1852, 47;
Journ. fur Orn. 1854, 194. Facile à distinguer du précé-
dent par la grosseur de son bec et par la coloration des
plumes de la tête, du cou et du haut de la poitrine, qui
sont d'un gris argentin très-brillant. L'individu très-adulte
de la collection, acheté vivant au Havre, est remarquable
par le rouge vif du sommet de la tête et la teinte vineuse
de ses joues.
157. Poeocephalus Gulielmi (Jard. contr. of orn. 1849,
pi. 28); Hartl. Journ. fur Orn. 1854, 194. Belle espèce
avec le front et les épaules jaune orangé ; le bec noir.
L. T. 28 cent.; aile 20 cent. Congo.
De même que le P. Levaillantii a un analogue à gros
bec dans le P. magnirostrwy de même le P. Gulielmi nous
en a offert un dans une espèce nouvelle du musée de Pa-
ris qui habite le Gabon.
158. Poeocephalus aubryanus, nob. Toutes les plu-
mes du corps, noires au centre, sont bordées de vert, très-
largement sur le ventre, très-finement sur les parties
supérieures; le front, les épaules et les cuisses jaune
orangé; mandibule supérieure blanche; mandibule infé-
rieure noire; pieds noirs. L. T. 36 cent.; aile 22 cent.
Le plumage de cet oiseau est fort semblable à celui du
P. Gulielmi; cependant sa coloration générale est plus
foncée, sa taille est beaucoup plus grande, et son bec
bicolore le distingue de toutes les autres espèces du
genre.
159. Poeocephalus setnegalensis (Briss.).
160. Poeocephalus Meyeri (Rupp.).
161. Poeocephalus Ruppellii (Gr.), Proc, 1848, 125,
pi. v; Strickl., Contr. Orn., 1852, 156; Hartl., Journ. fur
TRAVAUX INEDITS. 217
Orn., 1854, 194. Cette espèce est fort remarquablement
ornée par le bleu d'outre-mer qui revêt le croupion et le
bas-ventre du maie. La figure des Proceedings où l'oiseau
est privé de cette riche parure devrait, ce nous semble,
se rapporter au jeune plutôt qu'à la femelle, qui, comme
chez les autres espèces du groupe , doit très-peu différer
du mâle. Dans la collection Masséna, nous avons deux
oiseaux à dos bleu , dont l'un qui , sans aucun doute , est
un mâle , a la culotte d'un outremer très-intense , tandis
que l'autre, un peu moins fort, est d'un bleu beaucoup
plus pâle. En raisonnant par analogie, ne devrions-nous
pas penser que, dans cette espèce, la femelle est semblable
au mâle, mais moins vivement colorée, comme chez le
P. senegalemis?
162. Cyclopsitta loxia (Cuvier).
163. Agapornis taranta (Stanley).
164. Agapornis pullaria (Lin.).
165. Agapornis roseicollis (Vieill.).
166. Poliopsitta cana (Gmel.).
167. Geoffroyus personatus (Shaw).
L'histoire des Perroquets de ce groupe est fort difficile;
les mâles étant différents des jeunes et des femelles, on
est souvent embarrassé pour les déterminer sûrement;
nous croyons donc devoir passer en revue avec un soin
minutieux les oiseaux qui se trouvent dans le Musée de
Paris.
Au Geoffroyus personatus nous rapportons, sans aucune
espèce de doute, des oiseaux à tête verte, avec les plumes
auriculaires, les joues et les lorums lavés de brun ; mais
nous hésitons beaucoup plus pour le Psittacus fuscica-
pillus, Vieillot, dont on a conservé le type, qui est le
même oiseau dont Kuhl a fait le Psittacus spadiceocepha-
lus. Cet oiseau a les couvertures inférieures de l'aile d'un
bleu un peu moins tendre et la tête brun marron, avec une
tache de cette couleur sur les épaules. Il vient de Java ,
tandis que les autres viennent de Timor et d'Amboine;
218 REV. ET MAG. DE zoologie. (Mai 1856.)
nous nous abstiendrons de formuler une opinion à son
égard jusqu'à ce que de nouvelles observations nous enga-
gent à le réunir ou à le séparer définitivement du G. fer-
sonatus.
Il n'en est pas de même du Perroquet à tête brune figuré
dans l'atlas du Voyage au pôle sud, et dont M. Pucheran
a donné une description si exacte; nous pensons, comme
le prince Ch. Bonaparte, que c'est une espèce distincie,
bien caractérisée par la tache brune du croupion ; nous
lui conserverons donc le nom que cet illustre ornitholo-
giste lui a donné dans ses manuscrits, Geoffroijus Pucke-
rani, Bp. Nouvelle-Guinée, Moluques.
Le Geoffroy us cyanicollis (Muller), dont il existe deux
beaux individus de Célèbes, a le menton et la tête brun
olive, mais celle-ci , sur le sommet , est nuancée de bleu ;
un collier nuchal bleu azur; les couvertures inférieures
de l'aile et les flancs bleus; bec et pieds de couleur som-
bre. Cette description concorde parfaitement avec celle
de S. Muller dans son grand ouvrage sur les possessions
néerlandaises; mais le prince Ch. Bonaparte pense que
ce ne sont que des femelles, le mâle ayant les joues rouges,
ainsi qu'il le dit dans les comptes rendus de l'Académie et
dans son Conspectus.
Le Geoffroijus heteroclitus (Hombr. et Jacq.) des îles Sa-
lomon, à l'état adulte, a la tête jaune paille, mais sa pré-
tendue femelle, dont M. Pucheran a fait son Pionus cya-
niceps, nous paraît être un jeune n'ayant pas encore re-
vêtu la livrée de l'adulte ; quelques plumes sur les joues
qui commencent à se colorer en jaune'nous semblent con-
firmer cette opinion.
168. Psittacodis magnus (Gmel.). Nous ne connaissons
pas les P. intermedius et Westermani, Bp. Ce dernier ne
nous paraît pas différer du Psittacut orientalis , auct. Eus
orientalis, Gr.
169. Eclectis grandis (Gmel.). Bouge pourpre : un
tuilier nuchal, la poitrine, l'abdomen et les couvertures
TRAVAUX INÉDITS. 219
inférieures de l'aile violets; les épaules bleu cobalt; l'ex-
trémité des reetriees jaune d'or; iris jaune; bec noiv. L.
T. 43 cent.; aile 25 cent.
170. Vaaaa rus puniceus (Gmel.). Semblable au précé-
dent, mais plus petit et la queue unicolore. L. T. 37 cent.;
aile 22 cent.
171. Imxkcu s L1NX.EI (Wagl.), Erlectua puniceus, Bp.
Un cercle autour de l'œil , le collier, la poitrine, l'abdomen
et les couvertures inférieures de l'aile bleu d'outremer;
queue unicolore. L. T. 43 cent.; aile 26 cent. L'iris est
jaune comme chez les autres, mais la pupille est crénelée
sur ses bords. Nous avons eu ces trois espèces vivantes ,
et la structure bizarre de l'œil de YE. Linnœi nous avait
frappé tout d'abord. Depuis cette époque, nous avons eu
occasion de vérifier de nouveau ce fait dans les jardins
zoologiques de Bruxelles et d'Anvers.
S 2.
Avant de commencer l'étude du genre Loriculus , nous
allons en donner le tableau, et ensuite nous examinerons
méthodiquement toutes les espèces :
if 1. Vernalis.
Matai ) 2. Indicus.
petU- ' 3. Puniculus.
( 4. Apicalis.
11 . j 5. Philippensis.
( 6. Reguîus.
7. Galgulus.
8. Stigmatus.
9. Bonapartii.
. Habitant le conti-
bec noir!
petit. .
allongé .
172. Loriculus vernalis (Sparm.
nent de l'Inde et ne différant du L. indicus que par l'ab-
M'inc de rouge sur le front.
173. Loriculus indicus (Bris.); the smallest green and
rctl Indian Paroquet, Kdw. pi. (> ; Ptitlactuasiaficuii, Lalh.,
Psttlacus indicus, Kuhl.; Psittacula mmor, WagL; Psiita-
220 rev. et mag. de zoologie. (Mai 1856.)
cula philippensiSyBouY). Perr., pi. 89 (fig. sup.) ; Loriculus
asiaticusy Blyth, Journ. as. Soc. Beng. 1849, 801 ; 1850,
236. Sous les noms de P. indicus , asiaticus et minor plu-
sieurs espèces ont été confondues , faute des descriptions
exactes et détaillées qui étaient nécessaires pour des oi-
seaux aussi voisins et ne différant que par des détails
peu sensibles. Dans la collection du prince d'Essling et
dans le Musée de Paris, nous en avons pu étudier deux
races bien distinctes que nous ne pouvons rapporter avec
certitude à aucune des descriptions précitées : nous allons
en donner la diagnose, et ensuite nons signalerons les dif-
férences par lesquelles ces oiseaux paraissent s'éloigner
de ceux qui ont dû servir de type aux auteurs.
A. Mâle. La tête entière rouge écarlate lavé de jaune
sur la nuque ; les plumes du dos sont vertes avec un peu
de jaune à leur extrémité, ce qui leur donne des reflets
dorés ; les joues et la gorge lavées de bleu ; croupion
rouge; bec rouge; pieds couleur de chair. Femelle. En-
tièrement verte avec le sommet de la tête bleuâtre. L'ha-
bitat de cette espèce est incertain. Ceux de la collection
Masséna sont indiqués par les marchands qui les ont
fournis comme venant des Philippines. Ceux du Muséum
ne nous donnent pas plus de certitude sur leur patrie, car
les uns sont étiquetés comme venant des Philippines et les
autres du continent indien.
174. B. Mâle. Coloration semblable à celle du précédent,
mais d'un vert un peu foncé ; l'extrémité des rectrices est
colorée de bleu indigo. Les femelles sont entièrement
vertes avec le sommet de la tête et la gorge bleuâtres :
l'extrémité des rectrices bleue. Cette espèce vient de l'île
de Mindanao, et nous lui donnerons le nom de Loriculus
apicalis.
Ces oiseaux se distinguent parfaitement du Loriculus
philippensis par leur bec, qui n'est pas allongé outre me-
sure, et par le rouge de la tête, qui n'est pas disposé de
même ; l'extrémité bleue des rectrices de l'oiseau de
TRAVAUX INÉDITS. 221
Mindanao ne permet pas de le réunir avec l'oiseau A.
Maintenant, en étudiant les descriptions des auteurs
cités, nous voyons que l'oiseau d'Edwards n'a pas les joues
ni l'extrémité des rectrices bleues; du reste, le rouge de la
tête est semblablement placé. Gmelin et Latham ont
donné un nom à l'oiseau d'Edwards; Kuhl le premier dit
que la femelle a le sommet de la tête bleu; Wagler ne
nous apprend rien de nouveau ; la figure de l'ouvrage de
M. Bourjot est excellente, mais, comme on ne voit pas les
rectrices et que la description n'en parle pas, il est impos-
sible de savoir quel est l'oiseau qui lui a servi de type.
Enfin M. Blyth nous parle de ces oiseaux dans le Journal
de la Société asiatique, et l'Ornithologiste indien doit être
étudié avec attention , quand il s'agit des oiseaux qui vi-
vent sous ses yeux. Il cite un oiseau de Ceylan qui, comme
l'individu figuré par Edwards, n'a pas de bleu aux joues,
mais a le rouge de la tête placé comme chez nos oiseaux.
Il ajoute encore que cet oiseau de Ceylan diffère de celui
de l'Inde {L. vemalis) par le rouge de la tête, que ce der-
nier ne prend jamais. Enfin il mentionne. le dessin d'un
oiseau de la Chine méridionale qui aurait tout le dessus
de la tête rouge foncé (Loriculus puniculus , Bp.). D'après
tout cela, il nous paraît évident que quatre espèces doi-
vent être formées avec tous ces oiseaux. 1° L. indiens,
Ceylan. Dessus de la tête rouge orangé; joues, gorge, rec-
trices vertes. 2° L. ? habitat? Dessus de la tête rouge
orangé, joues et gorge bleuâtres, rectrices vertes. 3° L.
apicalis, nobis. Mindanao. Dessus de la tête rouge orangé;
joues et gorge bleuâtres, extrémité des rectrices bleu
foncé. 4° L. puniculus, Bp. Chine méridionale. Dessus de
la tête rouge foncé.
175. Loriculus philippensis (Briss.); Psittacula philip-
pènsis, Briss. Orn. IV, 392, pi. 30, f. 1 (excellente des-
cription) ; Perruche mâle des Philippines, Buffon, PI. enl.
520, f. 1 (figure exacte), f. 2 (mauvaise) ; Psittacus phi-
lippensis, Kuhl, Consp. p. 64 ; Psittacula Culacissi, Wagl.;
222 rev. et mag. ue zoologie. {Mai 1856.)
PsiilucuLa rubrifrons, Lear, 111. of Psitt, pi. 41 (b. f. de la
fem.), Pslttacula rubrifrons, Bourj. Perr., pi. 87 ; Psittacula
philippensis, Bourj. Perr., pi. 89 (fig. inf.). Le bec de
forme très-allongée, rouge. Plumage vert-pré en dessus,
jaunâtre en dessous ; le front, une tache sur la poitrine
de forme allongée , ainsi que le croupion rouge écar-
late; sur la nuque une tache jaune safran, les rémiges et
les rectrices bleu glauque en dessous ; pieds couleur de
chair. Chez l'oiseau considéré par les auteurs comme fe-
melle, la tache rouge de la poitrine n'existe plus , les lo-
rums et les joues sont d'un beau bleu. C'est l'oiseau re-
présenté avec tant d'exactitude par Lear sous le nom de
P. rubrifrons. Habite l'île de Luçon.
176. Loriculus regulus, nob. Plumage d'un vert gai;
sinciput rouge écarlate ; vertex jaune d'or ; une tache nu-
chale jaune safran ; sous la gorge, une tache coupée car-
rément, ne se terminant pas en pointe comme chez le
L. philippensis , rouge écarlate; le croupion de la même
couleur ; bec très-allongé, rouge ; pieds couleur de chair.
Habitat inconnu. Ce! oiseau ne se distingue du L. philip-
pensis que par la belle tache jaune d'or du sommet de la
lête et par la forme tout à fait différente du plastron
rouge de la poitrine.
177. Loriculus galgulus (Lin.).
178. Loriculus stigmatus (Mull.). Vert; dos vert doré ;
front, menton et bord de l'aile rouge écarlate; croupion
rouge sombre ; bec noir; les pieds paraissent avoir été
couleur de chair.
Dans les collections du Muséum, on voit trois oiseaux de
l'archipel Solo dont nous n'avons trouvé de description
dans aucun ouvrage. Ces oiseaux ont été rapportés par
les naturalistes du voyage au pôle sud, qui probablement
les ont confondus avec une des espèces du groupe, car
ils les ont complètement négligés. Nous dédions cette es-
pèce au prince Charles Bonaparte.
Loriculus Bonapartei, nob. Vert ; tout le dessus de la
TRAVAUX INÉDITS. • 223
téta rouge écarlato sur le front, passant à l'orangé sur
l'occiput; oroupiou rouge; chez le mâle, une tache rouge
allongée, comme chez le Philippensis, couvre une grande
partie de la poitrine; chez la femelle, ce plastron n'existe
pas , mais elle a les lorums et les joues bleus ; le bec très-
allongé, mais noir. Cet oiseau, ainsi qu'on peut le voir,
a le rouge de la tète disposé comme chez le L. indicus;
par la tache rouge de la poitrine du mâle et la coloration
bleue des lorums et des joues de la femelle, il ressemble
au /.. philippensis, mais il s'éloigne de ces deux espèces
par son bec noir.
§3.
179. Coracopsis niger (Linn.).
180. Coracopsis vasa (Shaw).
181. Nestor hypopolius (Forst.) ; Psittacus australis,
Shaw; Psittacus meridionalis , Gmel.; Nestor Novœ-Ze-
landiœ, Less.
182. Nestor Esslingii, nob. Le Nestor dont nous allons
donner la description est, sans contredit, l'oiseau le plus
remarquable de la collection Masséna. Intermédiaire
entre le N. hypopolius et le JV. productus, ce magnifique
Perroquet réunit, dans son plumage, des détails caracté-
ristiques de ces deux espèces.
Coloration générale semblable à celle du N. hypopolius :
tout le dessus de la tête gris blanchâtre : les plumes auri-
culaires jaune orangé très-vif, les joues rouge orangé ; les
plumes de la poitrine gris cendré, mais largement bor-
dées de brun; une large ceinture d'un blanc jaunâtre
règne sur le milieu du ventre; le bas-ventre, les cuisses et
les couvertures de la queue rouge brun ; bec et pieds de
couleur sombre. L. T. 50 cent.; aile 30 cent. Nouvelle-
Zélande ? Un autre individu , jeune, ressemble tout à fait
au jeune de l'espèce ordinaire, mais il offre quelques plu-
mes blanches sur l'abdomen, ce qui indique clairement
qu'il appartient à cette espèce.
224 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. [Mai 1856.)
En comparant cette espèce avec ses deux congénères
plus anciennement connus , nous voyons qu'il diffère du
N. hypopolius, dont, au reste, il est fort voisin, par la co-
loration plus vive de ses joues et par sa ceinture blanche.
Nous signalerons, dans le N. productus , un fait analogue
à celui que nous avons déjà remarqué dans les Loriculus
philippensis, L. Regulus, L. Bonapartei, c'est-à-dire le
prolongement excessif de la mandibule supérieure, qui
rappelle ce que l'on voit parmi les espèces américaines,
chez V Enicognathus leptorhynchus, et pour les Cacatoès, dans
le genre Licmetis. Ici rien de pareil n'a lieu : le bec est en-
tièrement semblable à celui du N. hypopolius. M. Gould,
dans ses Oiseaux de l'Australie, figure un jeune N. pro-
ductus, qui par sa poitrine grise semblerait avoir quelques
rapports avec cette espèce et qui s'en éloigne beaucoup
cependant par sa tête brune et la forme de son bec.
Nous caractérisons donc les trois espèces de Nestor de
la manière suivante : 1° N. hypopolius. Bec grand et fort ;
dessus de la tête blanc grisâtre ; plumes auriculaires et
joues faiblement nuancées de jaune et de rouge. 2° N. Ess-
lingii. Bec grand et fort ; sommet de la tête blanc grisâ-
tre ; plumes auriculaires et joues très-vivement colorées
de jaune et de rouge orangé; poitrine gris brun, une
large ceinture blanc jaunâtre sur l'abdomen. 3° N. pro-
ductus. Bec très-allongé et grêle; sommet de la tête
brun ; les joues d'un jaune nuancé de rouge ; la gorge, la
poitrine et les couvertures inférieures des ailes jaune
paille. Ile Philips. Le jeune a la poitrine brune.
183. Eolophus roseus (Vieill.).
184. Eolophus Philippinarum (Gmel.). Dans cette es-
pèce, ainsi que chez le Plyctolophus salphureus, dont nous
avons pu observer un assez grand nombre dans nos vo-
lières et dans divers jardins zoologiques, les sexes se dis-
tinguent par la couleur de l'iris , qui est rouge chez les
mâles et noir chez les femelles.
185. Cacatua cristata (Linn.).
TRAVAUX INÉDITS. 225
186. CaCATUA MALACCENSIS (Gmel.).
187. Plyctolophis Leadbeateri (Vig.).
188. Plyctolophus sulphureus (Gmel.).
189. Plyctolophus galeiutus (Lath.).
190. Plyctolophus citrinocristatus, Fras.
191. Licmetis tenuirostris (Kuhl.). L. T. 43 cent.;
aile 28 cent.
192. Licmetis pastinator, Gould. L. T. 50 cent.; aile
32 cent.
193. Callocephalon galeatum (Lath.).
194. Calyptorhynchus funereus (Shaw).
195. Calyptorhynchus Baudinii, Vig.
196. Calyptorhynchus Cookii (Temm.).
197. Calyptorhynchus Banksii (Lath.). L. T. 67 cent.;
aile 45 cent.
198. Calyptorhynchus naso, Gould. M. Gould compte
trois espèces de Calyptorhynques, à coloration semblable,
qui vivent sur le continent australien : le C. Banksii, de la
Nouvelle-Galles du sud, le C. macrorhynchus, de l'Aus-
tralie septentrionale, et le C. naso, de la rivière des Cy-
gnes. Malgré le grand nombre d'individus de Port-Es-
sington que nous avons vus, les caractères qui séparent
cette espèce du C. Banksii nous ont paru si peu distincts,
que nous ne pouvons affirmer son existence comme espèce.
Peut-être les oiseaux que nous avons vus portaient-ils sur
leurs étiquettes de fausses indications de localité, et pour-
rons-nous un de ces jours, voir un C. macrorhynchus bien
caractérisé. Quant à la troisième espèce, le C. naso, il est
assez facile à reconnaître par sa huppe moins allongée
et par sa taille plus petite. L. T. 60 cent.; aile 40 cent.
Son bec est aussi plus fort proportionnellement.
199. Lorius garrulus (Linn.).
200. Lorius domicella (Linn.).
201. Lorius tricolor (Steph.). Couvertures inférieures
de l'aile rouges.
202. Lorius cyanauchen (Mull. et Schl.) ; Lorius su-
2e bûrib. t. nu. Année 1856. 15
226 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Mai 1856.)
pcrbus, Fras. Zool. typ. Semblable au L. tricolor, mais
plus grand , avec les couvertures inférieures de l'aile
bleues.
203. Eos rubra (Gmel.)*
204. Eos ixdica (GmeL).
205. Eos* Bornea (Less.). Psittacus reticulatus, Mull. et
Schl.; Eos cyanostriata, Gr.
206. Chalcopsitta rubiglnosa, Bp.
207. Lathamus discolor (Shaw).
208. ïrichoglossus multicolor (Gmel.).
209. ÏRICHOGLOSS US RUBRH ORQUES, (Vig.).
210. Trichoglossus chlorolepidotus (Kuhl).
211. PsiTTEUTELES VERSICOLOR (Vig.).
212. Glossopsitta pusilla (Shaw).
213. Glossopsitta australis (Lath.).
214. Glossopsitta porphyrocephala (Diet).
215. CORIPHILUS FRINGILLACEUS (Gmel.).
216. Coriphilus GoLPiLii (Homb. et Jacq.).
217. Coriphilus taitianus (Gmel.). Dans le musée de
Paris, il y en a un jeune (Psittacus cyaneus, Sparrm.) qui
•e distingue de l'adulte par la gorge, qui est toute bleue.
218. Strigops habroptilus, Gray.
AMÉNITÉS MALACOLOGIQUES ;
par M. J. R. Bourguignat.
§ XLIV.
Supplément au catalogue des bivalves de l'empire
Ottoman.
Depuis notre dernière publication, en date du mois de
février 1856, nos documents sur les Acéphales de l'empire
Ottoman se sont augmentés de quelques faits nouveaux,
fort intéressants au point de vue malacologique. Ces do-
cuments nous ont été fournis par notre ami Félicien de
TRAVAUX INÉDITS. 227
Saulcy, qui, à peine de retour de son second voyage en
Palestine, | bien voulu nous confier la riche collection
qu'il a recueillie dans ce pays.
Les espèces nouvelles que nous ajoutons à notre catalo-
gue des bivalves ottomans sont au nombre de trois.
Unio Grelloisianus.
Testa parvula, tumida, antice rotundata, postice rostrato-oblonga,
supra pauhilum arcuata, infra recta ; yix striis inerementi concentrée
ornata ; luteolo-fulva ; natibus acutis, recurvis, antice dejectis; om-
bonibus promiucntibus, lamelloso-rugosis; dentibus : cardinali alto,
trigouali ; laterali elongato, productoque.
Coquille de faible taille, renflée, arrondie antérieure-
ment, allongée à sa partie postérieure, un peu arquée à
son bord cardinal, etrectiligne à son bord palléal. Valves
recouvertes d'un épiderme d'un jaune fauve, plus foncé à
ses bords marginaux, et ornées de faibles stries con-
centriques dues à l'accoissemeni; crochets aigus, recour-
bés et rejetés à la partie antérieure ; umbones proémi-
nents, renflés, ornés de rugosités disposées en lamelles
un peu parallèles; charnière composée d'une forte dent
cardinale de forme trigonale, et d'une dent latérale assez
élevée et allongée.
Long., 30 mill. — Haut., 18 mill. — Épaiss., 15 mill.
Cette espèce habite le Jourdain, où elle a été recueillie
par notre ami Félicien de Saulcy, au mois de février der-
nier.
Nous dédions cette mulette au docteur Eugène Grellois,
médecin principal des armées d'Orient, qui s'occupe, en ce
moment, avec tout le zèle qui caractérise un véritable con-
chyliologue, de la recherche des mollusques dans les en-
virons de Constantinople.
Unio ltjnulifer.
Testa tumida prœsertim ad umbones, antice rotundata, jwslie*
elongata, supra recurva, infra recta, yel medio arcuata ; striis iocre-
228 rev. et mag. de zoologie. (Mai 1856.)
menti concentrice ornata, lutcolo-nigrescente. Natibus acutissimis,
antice dejectis, ac recurvis in depressione lunulari profonde incisa ;
umbonibus valde prominentibus, irregulariter tuberculis ac lamel-
loso-rugosis ornatis; dentibus : cardinali crasso, trigonali produc-
toque ; laterali crasso, alto, elongato.
Coquille renflée, surtout à la partie des nates, antérieu-
rement arrondie, postérieurement allongée ; bord cardi-
nal recourbé ; bord palléal rectiligne quoiqu'un peu con-
cave vers son milieu; valves d'un jaune noirâtre, sillon-
nées de stries concentriques dues à l'accroissement du
test.
Nates très-aigus, recourbés sur une dépression lunu-
laire très -profonde; umbones très-proéminents, ornés de
petits tubercules et de rugosités lamelliformes assez peu
symétriques.
Charnière assez forte, composée d'une dent cardinale
épaisse, élevée, trigonale, et d'une lamelle latérale, éga-
lement épaisse, qui se prolonge sur toute la longueur du
corselet.
Long., 50 mill. — Haut., 32 mill. — Épaiss., 23 mill.
Habite le Jourdain. (Félicien de Saulcy.)
Cette mulette se distingue facilement de toutes ses con-
génères par cette dépression antérieure située immédia-
tement au-dessous des nates, qui simule, au dernier point,
la lunule de Vénus.
Unio Jordanicus.
Testa elongata, crassa, tumida, antice rotundata, postice rostrato-
elongata, supra paululum arcuata, infra recta, striis incrementi
concentrice ornata, luteola, vel ad margines luteo-nigrescente ; nati-
bus acutis, recurvis, antice dejectis; umbonibus prominentibus, ir-
regulariter lamelloso-rugosis ornatis ; dentibus : cardinali crasso ,
elato, trigonali, vel ad summum truncato-denticulato ; laterali alto,
crasso, elongato.
Coquille allongée, épaisse, renflée, antérieurement ar-
rondie, postérieurement allongée en forme de bec ; bord
cardinal un peu arqué ; bord palléal rectiligne. Valves
TRAVAUX INÉDITS. 229
sillonnées de stries concentriques dues à l'accroissement
du test. Épidémie jaunâtre, offrant, vers ses bords margi-
naux, une teinte plus foncée d'un jaune noirâtre. Nates
aigus, recourbés et rejetés en avant; umbones proémi-
nents, ornés de fortes lamelles tuberculeuses. Charnière
puissante, composée d'une dent cardinale épaisse, élevée,
de forme trigonale, quelquefois tronquée à son sommet, et
présentant alors de petites denticulations. Lamelle forte et
très-allongée.
Long., 60 mill. — Haut., 35 mill. — Épaiss., 22 mill.
Cette mulette a été recueillie dans le Jourdain, où elle
est très-abondante. (Félicien de Saulcy.)
L'Unio Jordaniens ne peut être confondu qu'avec notre
Unio Tigridis de l'Euphrate. Mais l'on distinguera facile-
ment le Jordaniens de cette dernière espèce à ses valves
beaucoup plus épaisses, à sa charnière plus forte, surtout
à ses umbones ornés de rugosités très-saillantes, caractère
que ne possède point le Tigridis, qui offre des umbones
parfaitement lisses.
§XLV.
Recensement des Physes du continent africain.
Les Physes du continent africain sont au nombre de
vingt-cinq.
Nous allons les passer en revue en donnant la diagnose
de chacune d'elles, en exceptant toutefois celles des Physa
acutat subopaca et eontorta, qui sont connues de tous les
naturalistes, puisque ces coquilles vivent communément
en Europe.
Nous suivrons simplement , dans ce recensement , un
ordre géographique, en présentant d'abord les espè-
ces du nord de l'Afrique, qui ont été recueillies depuis
l'Egypte jusqu'aux Canaries, sur une surface de 200 lieues
de large ; ensuite nous terminerons par celles qui ont été
REV. ET MAC DE ZOOLOGIE. (Mai 1856.)
trouvées depuis le Sénégal jusqu'au cap de Bonne-Espé-
rance.
Les Physes appartenant à la faune méditerranéenne
ou du nord de l'Afrique sont les suivantes :
Physa Saulcyi.
Testa magna, umbilicata, ovata, solida, cornea, irregulariter mal-
Jeato-striata; apice obtuso, elegantissimecostulâto; spirabrevissima,
maxime contorta; anfractibus 4 1/2, sutura profunda sicut canalicu-
lata âeparatis; ultimo maximo, supra iufraque prope aperturam di-
latato; apertura oblonga; margine acuto, simplici et per lamellam
in pariete aperturali dejectam continuo; margine columellari in um-
bilico dejecto.
Coquille de forte taille, ombiliquée, ovale, solide, cor-
née et irrégulièrement striée, tout en présentant çà et là
plusieurs méplats , imitant les traces que laissent sur le
fer battu les coups de marteau. Spire très-courte, très-
contournée, à sommet obtus et très-élégamment costulé.
Quatre tours et demi, profondément séparés par une su-
ture canaliculée. Dernier tour très-grand, dilaté surtout
vers l'ouverture à sa partie inférieure et supérieure. Ou-
verture oblongue ; péristome simple et aigu, dont les bords
sont réunis par une callosité assez forte réfléchie sur l'om-
bilic.
Long., 15 mill. — Diam.> 12 mill. — Haut, de l'ouvert.,
12 mill. — Larg. de l'ouvert., 7 mill.
Cette magnifique espèce, que nous dédions à notre ami
Félicien de Saulcy, a été recueillie par lui, au mois de
janvier 1856, dans un canal voisin d'Alexandrie , en
Egypte.
Physa Hemprichii.
Isidora Hemprichii, Ehrenber<j, Symb. phys. Moll. 1831.
Testa ovata, umbilicata, transverse subtiliter striata, fusca ; an-
fractibus i; apertnra ovata; margine deflexo, hinc apertura angus-
tiore.
TRAVAUX INÉDITS. 231
Long., 9 mill. —Haut, de l'ouvert., 5 mill. — Larg. de
l'ouvert., 2 1/2 mill.
Habite aux environs du Caire à Bulak, et les cours d'eau
qui séparent Rosette d'Alexandrie.
Cette espèce vit sur les plantes lacustres.
Physa Brocchii.
Isidora Brocchii, Ehrenberg, Symb. phys. Moll., 1831.
Physa contorta (pars), Morelet , Cat. Moll. Algérie, in
Journ. de conch., p. 295. 1853.
Testa coutorto-ovata, perforata, fusco-cornea, levi, vel minutis-
sime striatula , apice acuta; spira brevi ; aofractibus 4 ad 4 1/2 ven-
tricosis; apcrtura ovata; columella recta; margine simplice, acuto,
iu columella relleio.
Long., 8 mill. — Diam., 7 mill. — Haut, de l'ouvert.,
G mill. — Larg. de l'ouvert., 3 mill.
Cette Physe est très-commune dans tout le nord de l'A-
frique; nous la connaissons d'Alexandrie, du Caire, etc.,
en Egypte, et d'un grand nombre de ruisseaux de la pro-
vince d'Alger.
PrfYSA CONTORTA.
Physa contorta, Michaud, Desc. coq. vit. in Act. Soc.
Linn. Bordeaux, III, p. 268, nu 10. 1829.
Physa contorta (altéra pars), Morelet, Cat. Moll. Algérie^
in Journ. de conch., p. 295. 1853.
Habite en Egypte dans les cours d'eau des environs d'A-
lexandrie , et en Algérie dans les environs d'Alger et de
Bone.
PlIVSA TRI NC ATA.
Physa truncata, Férussac, mss.
Testa ovalo-vontricosa, rimata, maxime contorta, levi, vel aryutis-
sime obscureque striatula, fuWo-coruea ; spira breviâsima , sieut
232 ItEV. ET MAC. DE ZOOLOGIE. [Mai 1856.)
truncata; anfractibus 4 ventricoso-conve\is, sutura profunda sepa-
ratis ; ultimo maximo, vcntricoso; apertura ovato-oblonga ; margiue
siraplici, acuto, in columella recta deflexo.
Coquille ovale, ventrue, très-contournée, offrant une
fente ombilicale. Test lisse ou à prime strié, d'une cou-
leur fauve cornée. Spire très-courte, comme tronquée, à
sommet obtus. Quatre tours despire très-convexes,- sé-
parés par une suture très-profonde.. Dernier tour ventru
et très-développé. Ouverture ovale-oblongue, à bord sim-
ple aigu, se réfléchissant seulement sur la columelle qui
est droite.
Long., 7 mill. — Diam., 5 mill.. — Haut, de l'ouvert.,
5 mill. — Larg. de l'ouvert., 2 1/2 mill.
Cette espèce, qui se rencontre aux environs de Beyrouth,
en Syrie, a été recueillie en Egypte dans les environs du
Caire, par M. Gory.
Ehrenberg a confondu cette Physe'avec sa Brocchii, et,
depuis lui, tous les auteurs ont imité son exemple.
On distinguera toujours la truncata deda Brocchii, à
sa spire beaucoup plus courte, à ^e's tours plus contour-
nés, plus ventrus, et surtout à sa-suturn qui est très-pro-
fonde, ce qui rend la partie supérieure des tours de spire
comme plate ; en un mot, la suture de la Physa truncata
est à celle de la Brocchii ce que la suture de la Vivipara
vulgaris de Dupuy (1) est à celle (5e la Vivipara fasciata de
Dupuy (2).
Physa Guerinii.
* .*
Physa Guerinii, Millre, Descript: de quelq. coq. nouv,
in Revue zool., p. 68. 1841.
Testa perforata, ovato-oblooga, ventricosa, diaphana, albido-viri-
desoenti, levi ad apicem, paululum rugosa in ultimo aufractu; spira
(1) Nerita vivipara, Mûller, Verra. Hist., II, p. 182, n« 270, 1774.
(2) Nerita fasciata, Miiller, Verra. Hist., II, p. 182, n° 369, 1774.
TRAVAUX INKDITS. 233
breviuscula; apice obtuso; anfractibus 5 convexis; ultimo 3/1 longi-
tudinis aequante ; apertura ovata, obliqua; coluraella flexuosa; labro
tenui, valde arcuato.
Long., 12 millim.
Nous ne connaissons point la localité de cette espèce :
Mitlre l'indique du Levant, sans préciser le pays; nous
croyons qu'elle doit provenir de l'Egypte.
Physa Raymondiana.
Testa ovato-fusiformi, rimata, zonulis luteolis ac albidis transverse
ornata, elegantissime striata ; spira sat elongata, apice obtusiusculo ;
anfractibus 5, sat regulariter cresceutibus, sutura profunda separa-
tis; ultimo paululum dimidiam lougitudiuis superanLe ; apertura
ovato-obloaga, margine simplici, acuto, continuo in columella recta
reflexo.
Coquille ovale-allongée, offrant une fente ombilicale et
ornée, transversalement, de petites zones d'une teinte jau-
nâtre ou blanchâtre, qui s'alternent d'une façon régu-
lière. Test sillonné, de la manière la plus gracieuse, de stries
fines et délicates, dont une, de plus forte taille, vient sy-
métriquement, de distance en distancé, rompre l'unifor-
mité de cette surface. Spire assez allongée, à sommet un
peu obtus ; cinq tours s' accroissant avec assez de régula-
rité et séparés par une suture nette et bien marquée. Der-
nier tour surpassant un peu la moitié de la hauteur totale.
Ouverture ovale -oblongue , à bords simples, aigus et
réunis par une callosité qui se trouve réfléchie sur la co-
lumelle, qui est droite.
Long., 9 mill. — Diam., 5 mill. — Haut, de l'ouvert.,
5 mill. 1/2. — Larg. de l'ouvert., 3 mill.
Cette espèce habite, en Algérie, les eaux des environs
de Bone (Brondel), et d'Alger (Verreaux).
Physa acuta.
Physa acuta, Draparnaud, Hist. Moll., p. 55, pi. m, f. 10-
11. 1805.
234 REV. ET MAC DE zoologie. (Mai 1856.)
Le type est très-rare en Afrique ; nous le connaissons
seulement d'une ou deux localités des environs d'Alger.
Physa subopaca.
Physa subopaca, Lamarck, An. s. vert., tom. VI, 2° part.,
p. 157. 1822.
Cette espèce, que la plupart des auteurs considèrent
comme une simple variété de Yacuta, est très-commune
dans tout le nord de l'Afrique.
Nous la connaissons d'Alexandrie et du Caire, en
Egypte, des environs de Mascara (Morelet), de Bone et de
Mostaghanem (Brondel), en Algérie.
On la rencontre encore dans toutes les îles Canaries, où
elle est très-commune, surtout au milieu des mares voisi-
nes de la Santa-Crux, à Ténériffe (Webb et Berthelot,
Aie. d'Orbigny).
Physa Brondelii.
Testa ovata, imperforata, pelhicida, suceinea, elegantissime ârgu-
tissimeque striata, prœsertim ad suturam ; spira brevissima, apice ob-
tusiusculo; anfractibus 4, sutura canaliculata separatis; apertura
piriformi; columella contorta ac sicut truucata; margine acuto,
simplice, coutinuo ac ad coluraellam adspresso.
Coquille ovale, imperforée, transparente, fragile, d'une
couleur ambrée et très-élégamment ornée de petites stries,
surtout vers la suture. Spire très-courte, à sommet obtus,
quatre tours séparés par une suture canaliculée. Ouver-
ture piriforme , à bords aigus, simples, réunis par une
callosité qui recouvre la columelle. Celle-ci est fortement
contournée, comme tronquée, et n'atteint point la base
de l'ouverture.
Long., 7 mill. — Diam., 5 mill. — Haut, de l'ouvert.,
6 mill. — Larg. de l'ouvert., 3 mill.
Cette nouvelle espèce, que nous dédions à l'infatigable
chercheur M. Brondel, a été recueillie, par lui, aux en-
virons de Bone, en Algérie.
TRAVAUX TNÉDITS. 235
Physa Canariensis.
Physa fontinalis (1), Webb et Berthelot, Syn. Moll., n° 2,
1833.
Physa fontinalis, Alcide d'Orbigny, Moll. Canaries, p. 75,
1839.
Bien que cette espèce soit décrite d'une manière trop
succincte dans les ouvrages que nous venons de citer,
nous croyons, d'après les quelques caractères indiqués par
ces auteurs, que cette Physe doit constituer une espèce
distincte de la fontinalis.
Cette coquille possède un test bien plus épais, et offre
une surface ornée de stries fines et régulières, ce qui n'a
jamais lieu chez la fontinalis, qui a, au contraire, un test
parfaitement lisse.
La Physa Canariensis habite communément dans tous
les cours d'eau des Canaries.
i
Physa Forskalii.
Isidora Forskalii, Ehrenberg, Symb. phys. Moll., 1831.
Testa fusiformi, oblonga, subumbilicata , levissime transverse
gtriata; anfractibus 3 1/2; apertura elongata, angusta, simplici.
Long., 5 mill. — Diam., 2 mill. 1/4. — Haut, de l'ouvert.,
2 mill. 1/4. — Larg. de l'ouvert., 1 mill.
Cette espèce habite les eaux des environs de Damiette,
en Egypte.
Physa 'lamellosa.
Isidora lamellosa, Roth, Spicil. Moll. orient, in Malak.
blatter, p. 49, pi. 2, f. 14-15. 1855.
Testa fusiformi, elougata, rimata, tenui, vitrina, saepius nigro in-
(1) Non Physa (Bulla) fontinalis, Linnœus.
236 REV. ET MAC DE zoologie. [Mai 1856.)
dumento opaca ; spira obtusa ; anfractibus 5 convertis, prope angulum
sutura? unicarinatis, crebris lamellis axi parallelis elegaoter costu-
latis; apertura ovali, ferc intégra, marginibus modo connexis modo
disjunctis, vix incrassatis.
Long., 7 mill. — Diam., 2 mill. 1/2. — Haut, de l'ou-
vert., 3 mill. — Larg. de l'ouvert., 2 mill.
Cette charmante espèce habite le Nil (Roth.). Nous l'a-
vons reçue dernièrement des environs du Caire (Gory).
Les Physes de la faune africaine proprement dite sont
les suivantes :
Physa diaphana.
Physa diaphana, Krauss, die Sudafrick. Moll..., p. 84,
tab. v, f. ii, 1848.
Testa parva, rimata, nitida, diaphana, subhyalina, subtilissime
striata ; spira brevi, conica , apice acutiuscula ; anfractibus 4 1/2
convexiusculis ; ultimo ventricoso, 2/3 longitudinis œquante ; sutura
mediocri; apertura ovata; peristomate simplicc, sublabiato, margi-
nibus callo tenui junctis; columella simplice; margine subreflexo,
perforationem semitegente.
Long., 6 mill. — Diam., 4 mill. — Haut, de l'ouvert.,
4 mill. — Larg. de l'ouvert., 2 1/2 mill.
Habite le pays de Natal, dans la vallée d'Umgani.
Physa tropica.
Physa tropica, Krauss, die Sûdaf. Moll., p. 84, tab. v,
f. 12, 1848.
Testa perforata, ventricoso-ovata, solidiuscula, pellucida, albido-
cornea, striata; spira conica, acutiuscula; anfractibus 5 convexis,
ultimo inflato, 2/3 longitudinis subœquaute ; sutura profunda ; aper-
tura ovata; peristomate simplice, marginibus callo albo distincto
junctis ; columella simplice, albida, rectiuscula ; margine dilatato,
reflexo, umbilicum subtegente.
Long., 16 mill. — Diam., 10 mill. — Haut, de l'ouvert.,
10 mill. — Larg. de l'ouvert., 6 1/2 mill.
Habite le pays de Natal, dans la rivière de Lepenula.
TRAVAUX INÉDITS. 237
M. Ed. Verreaux a recueilli cette même espèce au cap
de Bonne-Espérance, dans la rivière le Slang-Kop.
Phvsa Verre auxii.
Testa auguste perforata, elongato-veutricosa, pellucida, diaphana,
elegantissime striata, pra;scrtim ad suturam, coruea; apice acuto ;
anfractibus 6 couvetis, regulariter crescentibus, sutura profonde
separatis ; ultimo dimidiam longitudinis paululum superante ; aper-
tura oblonga; peristomate siraplice, acuto, recto, solum in columella
recta deflexo; marginibus tenui callo junctis.
Coquille étroitement perforée , allongée, renflée, dia-
phane, d'une couleur cornée, très-élégamment striée^sur-
tout vers la suture. Sommet aigu. Six tours de spire con-
vexes, s' accroissant régulièrement et séparés par une su-
ture profonde. Dernier tour surpassant un peu la moitié
de la hauteur totale. Ouverture oblongue, à péristome
simple, aigu, droit, se réfléchissant seulement sur la co-
lumelle, qui est droite ; bords marginaux réunis par une
faible callosité.
Long., 14 mill. — Diam., 9 mill. — Haut, de l'ouvert.,
9 mill. — Larg. de l'ouvert., 4 mill.
Habite l'Olifante-rivière, et la Kynsna, au cap de Bonne-
Espérance (Ed. Verreaux).
Cette espèce ne peut être confondue qu'avec la Physa
tropica, mais on la séparera de cette coquille, à sa spire
plus allongée, moins obèse, à son sommet aigu, à ses
tours de spire moins ventrus, à son ouverture plus oblon-
gue, etc.
Physa Nataleinsis.
Physa Natalensis, Krauss, die Sùdaf. Moll., p. 84, tab. v,
f. 10, 1848.
Testa subrimata, ovata, teuui, pellucida, nitida, pallide vel flavido-
cornea, striata; spira brevi ; anfractibus 4 celeriter crescentibus,
venlricosis; ultimo inflato , 3/4-5/6 longitudinis arquante; sutura
profunda; aperturaoblongo-ovata; peristomate arcuato ; margiuibus
238 REV. ET MAG, X)E zoologie. {Mai 1856.)
callo teuuissimo junctis; columella rectiuscula, subplicata, margine
reflexo, appresso, perforatiouem subtegeute.
Long., 12 mill. — Diam., 9 mill. — Haut, de l'ouvert.,
10 mill. 1/2. — Larg. de l'ouvert., 5 mill.
Habite les étangs du pays de Natal, et le cap de Bonne-
Espérance (Verreaux).
Physa cyrtonota.
Testa perforata , ventroso-ovata , diaphana , solidiuscula , luteolo-
nigrescentc, elegantissime striata; apice acuto; spira pyramidali,
debili; ultimo anfractu ventrieoso, maximo; anfractibus 5 convexis,
irrcgulariter cresccntibus, sutura profonde separatis; apertura ovato-
rotirndata; peristomate acuto, recto, simplice, solum in columella
recta reflexo ; marginibus callo junctis.
Coquille perforée, ovale, ventrue, diaphane, assez so-
lide, très-élégamment striée, et d'une couleur jaunâtre
tirant sur le noir. Sommet aigu, à spire fusiforme, de fai-
ble taille, en comparaison du dernier tour qui est très-
grand, fortement contourné, très-renflé et comme bossu.
Cinq tours convexes, ne s' accroissant pas régulièrement
et séparés par une suture profonde. Ouverture ovale-ar-
rondie, à péristome simple, aigu, droit, seulement réflé-
chi sur la columelle, qui est droite. Bords marginaux réu-
nis par une callosité assez forte.
Long., 15 mill. — Diam., 11 mill. — Haut, de l'ouvert.,
8 mill. 1/2. — Larg. de l'ouvert., 6 mil.
Habite le cap de Bonne-Espérance, daivs l'Olifante-ri-
vière (Ed. Verreaux).
Physa Senegalensis.
Le Bulin, Adanson, Hist. nat. du Sénégal. Coq., p. 5,
pi. 1, fig. 1. 1757.
Bulinus Senegalensis, 0. Millier (teste, Beck, Ind. Moll.,
p. 118. 1837).
Testa parya, ovato-elongata, imperforata, fragili, nitida, pellucida,
TRAVAUX INÉDITS. 239
fulva ac sœpe ad apcrturam maculis uigris punctata, clegantissime
slriato-costulata; spira sat clongata, apice acuto; anfractibus 4 1/2
veotricosis, ac sutura profunda separatis ; ultirao dimidiain longitu •
dinis aequanle; apertura piriformi ; margine simplici, acuto, non
continuo.
Coquille de faible taille , imperforée , ovale-allongée,
fragile, brillante, transparente, de couleur fauve, et offrant
assez souvent des taches noirâtres vers l'ouverture. Test
sillonné, de la façon la plus élégante, de petites côtes fines
et très-serrées. Spire assez allongée, à sommet aigu. Qua-
tre tours et demi très-renflés et séparés par une suture
très-profonde. Dernier tour égalant la moitié de la hau-
teur totale. Ouverture piriforme à bords simples, aigus
et non continus.
Long., 4 mill. — Diam., 2 mill. — Haut, de l'ouvert.,
2 mill. — Larg. de l'ouvert., 1 mill.
Cette espèce, qui est très-voisine de la Physa lamelllosa
de Roth, a été recueillie au Sénégal par Adanson, dans les
marais et les étangs de Podor, où elle est très-commune.
Physa Schmidtii.
Bulinus Schmidtii, Dunker, Ind. Moll. Guineam..., p. 9,
tab. ii, f. 7-8. 1853.
Testa elongata, nitida, diaphana, pallide cornea; spira exserta,
acuta; anfractibus 4-5 tumidis, teuerrime striatis, sutura profunda
separatis; superioribus costulatis; apertura oblique ovata; colu-
mella subreflexa.
Long., 11 mill. — Diam., 4 mill. 1/2. — Haut, de l'ou-
vert., 6 mill. — Larg. de l'ouvert., 3 mill.
Habite avec la Physa scalaris, dans les marais du Ben-
guela.
Physa scalaris.
Physa scalaris, Dunker, in : zeitschr. fur Malak., p. 164.
1845.
240 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Mai 1856.)
Bulinus scalaris, Dunker, Ind. Moll. Guineam..., p. 8,
tab. ii, f. 5-6. 1853.
Testa subturrito-elongata, teuuissima, pallide corriea, nitida, dia-
phana, subhyalina ; spira exserta ; aofractibus 5 ad G convexis, sub-
tilissime striatis, sutura profunda disjunetis; ultiuio dimidiam lon-
gitudinis paululum majore; apertura oblique ovata ad marginem
eoluraellarem subrefleva, ita ut fissura umbilicaris appareat.
Long., 14 mill. — Diam., 6 mill. — Haut, de l'ouvert.,
7 mill. 1/2. — Larg. de l'ouvert., 3 mill.
Habite dans les lacs du Benguela.
Physa Fischeriana.
Physa Fischeriana, Bourguignat, Aménités malac. in Re-
vue et Mag. de zool., p. 18, pi. 2, f. 1-3 (1), 1856 (et
tirage à part), 146, pi. xi, fig. 1-3. 1856.
Habite l'Abyssinie.
Physa Ludoviciana.
Physa Ludoviciana, i[/ù£re, Descript. dequelq. coq. nouv.,
in Revue de zool., p. 48. 1841.
Testa oblougo-turrita, subperforata, tenuissima, squalide vires-
ccute, longitudinaliter striata; spira exserta, apiceobtuso, quasi
truucato; anfractibus 5 convexis; ultimo longiore; apertura ovato-
oblonga, columella uniplieata, peristomate simplici, acuto, rubro;
margine cincto.
Long., 18 mill.
Habite dans le bassin des sangsues, à l'hôpital de Saint-
Louis, au Sénégal (Mittre).
Physa Wahlbergi.
Physa Wahlbergi, Krauss, die sùdaf. Moll..., p. 84, tab. v,
f. 13. 1848.
(1) Figure très-mauvaise, que cous avons fait recommencer pour
nos tirages à part.
TRAVAUX INÉDITS. 241
Testa rlongato-turrita, lenui, pellucida, pallide cornea, striata;
spira clongata, acuta; anfractibus 7 conveviusculis; superioribus
carinal is, costulato-striatis ; ultimo convcxo, 2/5 longitudinis œquante ;
sutura profunda; apertura oblongo-ovata, fundo alba, peristomate
simplice; columella subarcuata, subplicata; margine brevi, rellexo.
Long., 14 mill. — Diam., 5 mill. — Haut, de l'ouvert.,
5 mill. — Larg. de l'ouvert., 2 mill. 1/2.
Cette espèce a été recueillie dans le fleuve Limpôpo, au
pays de Natal.
Enfin, pour compléter l'histoire des Physes africaines,
nous allons mentionner une espèce pour laquelle Krauss
a crée un genre nouveau sous le nom de Physopsis.
Ce genre, caractérisé par sa colunfielle plissée et tron-
quée à la base, est au genre Physa ce que les Chilina
sont aux Limnaea.
On ne connaît , jusqu'à présent , qu'une seule espèce
de Physopsis, qui est la :
Physopsis Africana.
Physopsis africana, Krauss, die sûdafrik. Moll., p. 85,
tab. v, f. 14. 1848.
Testa ventricoso-ovata, nitida, subpellucida, livida, subtilissime
striata; spira brevi; anfractibus 5 convexiusculis; ultimo ventricoso,
2/3 lougitudinis superante ; sutura mediocri ; apertura oblongo-
ovata ; peristomate simplice.
Long., 13 mill. — Diam., 9 mill. — Haut, de l'ouvert.,
9 mill. — Larg. de l'ouvert., 5 mill.
Habite le port de Natal.
S XLVI.
Descriptions de deux Bithimes nouvelles, suivies du ca-
talogue des Péristomacés des régions oriento-médi-
terranéennes.
Bithima Verre a uxi an a.
Testa rimato-perforata, obeso-ventricosa, solida, elegauter stria-
2e série, t. vin. Aunée 1856. 16
242 REV. ET MAC» DE zoologie. (Mai 1856.)
tula, lutcolo-fuha, vel nigrescente; apice obtuso; anfractibus 4 1/2
convexis, sutura profuude separatis; ultimo dimidiani Iongitudinis
arquante; apertura rotundato-oblonga ; peristomate acuto, simplice,
recto, solum adcolumellam reflcKo; margiuibus callo junctis.
Coquille perforée, obèse, ventrue, solide, élégamment
striée d'une couleur fauve -jaunâtre. Sommet obtus.
Quatre tours et demi convexes, nettement séparés par la
suture. Dernier tour égalant la moitié de la hauteur totale.
Ouverture ovale-arrondie, à péristome simple, droit, seu-
lement réfléchi sur la columelle. Bords marginaux réunis
par une callosité assez forte.
Long., 11 mill. — Diam., 7 mill.
Cette Bithinie habite le Nil , en Egypte ; elle nous a été
communiquée par M. Edouard Verreaux, auquel nous
nous empressons de la dédier.
Cette espèce ne peut être confondue qu'avec la Bithinia
CyclostomoidcSy de Kuster.
On distinguera la Verreauociana de cette dernière co-
quille, à ses tours de spire moins élancés, plus obèses , à
son sommet obtus, à sa perforation ombilicale plus consi-
dérable, à son dernier tour plus ventru, égalant la moitié
de la hauteur totale, à sa spire moins turriculée, etc.
Bithinia Hebraica.
Testa rimata, oblongo-ventricosa, lœvi, luteolo-viridesceute ; apice
obtusissimo; anfractibus 4 convevis, sutura maxime impressa, sepa-
ratis; ultimo ventricosa dimidiam Iongitudinis œquaiite; apertura
piriformi.vix obliqua, peristomate acuto, simplice, recto, non soluto.
Coquille oblongue, ventrue, lisse, d'une teinte jaune-
verdâtre, et offrant une petite fente ombilicale peu sensi-
ble. Sommet très -obtus; quatre tours de spire très-con-
vexes, séparés par une suture fortement marquée. Dernier
tour de spire égalant la moitié de la hauteur totale. Ou-
verture piri forme à peine oblique, à péristome continu,
simple, droit et aigu.
Haut., 4 mill. — Diam., 2 mill.
Habite les eaux des environs de Sayda (Gaillardotj.
%
TRAVAUX INKMTS. 343
Depuis quelque temps le nombre des espèces de la fa-
mille de Péristomacés s'est tellement accru dans les régions
oriento-méditerranéennes, que nous croyons utile de don-
ner ici, comme simple mémento, la liste de toutes ces co-
quilles publiées par les auteurs.
Nous n'indiquerons que les espèces de la partie asiati-
que de l'empire ottoman, en y comprenant celles de l'E-
gypte, qui s'y rattachent sous tous les rapports géographi-
ques et zoologiques.
Les mollusques de la famille des Péristomacés, connus
jusqu'à ce jour, appartiennent aux genres Vivipara (1) et
Bithinia, et sont au nombre de dix-huit.
Voici leurs appellations scientifiques, et la localité
exacte où chacune d'elles a été rencontrée.
V I VIPARA MAMILLATA.
Paludina mamillata, Kiister, Gonch. cab. Palud., p. 9,
taf. 2, f. 1-5. 1852.
Habite le Monténégro et les environs de Se u tari.
Vivipara unicolor.
Cyclostoma unicolor, Olivier>\oy. de l'emp. ott., tom. H,
p. 39, tab. xxxi, f. 9, A. B. 1801.
Paludina unicolor, Deshayes, Encycl. méth. vers., tom. 111,
p: 698, n° 4. 1832.
Se rencontre communément dans toute l'Egypte.
Kiister, dans sa Monographie des Paludines (in Chemn.
(nov. éd.), Conch. cab., p. 21. 1852), rapporte à tort, à
cette espèce, la Paludina semicarinata, de Brard (in Journ.
de phys., f. 4-5. Juin, 1811), qui est une coquille fossile
des environs de Paris, pariaiteflaent distincte de celle-ci.
Bithinia badiella.
Paludina badiella, Parreyss (texte Charpentier), in Kw-
(1) Nous adoptons le pepM Vivipara ù Ja place de celui (4c Pa4udiua,
parce qu'il est antérieur à ce dernier.
244 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Mat 1856.)
ter, Conch. cab. Palud., p. 62, tab. xi, f. 25-28.
1853.
— — Mousson, Coq. terr. et fluv. d'Orient, p. 49. 1854.
Habite les cours d'eau des environs de Beirouth, en
Syrie. Se rencontre également aux environs de Damas et
au Liban, aux alentours du Deïr-el-Kamr. (Bellardi.)
BlTHINIA BULIMOIDES (1).
Cyclostoma Bulimoides, Olivier, Voy. au Levant, tab. xxxi,
f. 6. 1801.
Paludina Bulimoides (2), Deshayes, in Lam. an. s. v.
(2e édit.), tom. VIII, p. 517, n° 9. 1838.
Cyclostoma Gaillardotii, /?owr#*a#wa£, Am. malac. in Rev.
et Mag. de zool., p. 335, pi. vin, f. 5-7 (tirage à
part), p. 104, pi. vu, f. 5-7. 1854.
Cette Bithinie habite le Nil, ainsi que tous les cours
d'eau de l'Egypte et de la Nubie.
L'année dernière, nous fiant à de fausses indications et
n'ayant en notre pouvoir que des échantillons sans .oper-
cules, nous avons commis la faute d'ériger cette même co-
quille en espèce nouvelle, sous le nom de Cyclostoma Gail-
lardotii.
Depuis cette époque, de nouvelles études nous ont tait
reconnaître notre erreur ; nous nous empressons de la rec-
tifier en ce moment.
Cette Bithinie, que nous appelions à tort Cyclost. Gail-
lardotiiy habite les cours d'eau des environs de Sayda, en
Syrie, et doit former une variété plus grande et plus ven-
true du véritable Bulimoides.
BlTHINIA ByzANTHINA.
Paludina Byzanthina, Parreyss, in litt. (texte Charpen-
(1) Non Bithinia Bulimoidea des auteurs français.
(2) Non Paludina Bulimoides de Ziegler, nec Paludina Bulimoidea
de Miehaud.
TRAVAUX INÉDITS. 245
tier), in Kuster, Conch. cab. Pal., p. 61,taf. il,
f. 19-20. 1853.
— — Mousson, Coq. terr. et fluv... d'Orient, p. 27.
1853.
Habite Brousse, en Anatolie , ainsi que les sources de
Bonnhar-Backy, au fond du golfe de Smyrne. (Bellardi.)
BiTHINIA CYCLOSTOMOIDES.
Paludina Bulimoides (1), Ziegler (texte Charpentier).
Paludina Cyclostomoides, Kuster, in Conch. cab. g. Pal.,
p. 32, taf.7,f. 6-10. 1852.
Habite l'Egypte.
BlTHINIA EL ATA.
Paludina elata, Parreyss, in litt. (texte Charpentier), in
Kuster, Conch. cab. Pal., p. 59, taf. Il, f. 11-12.
1853.
Habite les eaux de Mossoul.
BlTHINIA GaILLARDOTII.
Bithinia Gaillardotii, B our guignât, Amèn. Malac, in Rev.
et Mag. de zool., pi. xv, fig. 10-11. 1855, et pag. 19.
1856. ( Tirage à part ), pag. 147, pi. vin, fig. 10-11.
1856.
Habite les environs de Sayda, en Syrie.
Bithinia Goryi.
Paludina decipiens, Férussac , in litt, et in Mus. Par.
Kuster, in Conch.-cab., p. 35, tab. vu, f. 27-29.
1852.
Bithinia decipiens, Roth, Spicil. Moll. Orient, in Malak.
Blatter, p. 51, 1855.
Se rencontre dans le Nil et tous les cours d'eau qui en
dérivent.
(1) Non Paludiua Bulimoides de Deshayes . nec paludina Buli-
moidea de Michaud.
:H6 REV. ET MAG, DE ZOLOGIE. (i/m 1856.)
Nous changeons le nom de cette espèce, parce qu'il
existe déjà une autre coquille toute différente, à laquelle
M. Millet d'Angers a attribué l'appellation de decipiens.
{Millet, in Mag. de zool. pi. 63, f. 2. 1842, et, in Mém.
Soc. agric. d'Angers, p. 123, pi. 1, f. 2. 1844.)
Nous attribuons à l'espèce égyptienne le nom d'un na-
turaliste distingué , M. Gory , en souvenir de l'aimable
complaisance qu'il a mise à nous communiquer ses mol-
lusques d'Egypte.
ËlTHIMA HaWADIERIANA.
Bithinia Hawadieriana, Bourguignat, Cat. rais. Moll.
d'Orient, p. 63, pi. n, f. 46-47. 1853.
Habite le Bahr-el-Houlé, en Syrie.
Bithinia lactea.
Paludina lactea, Parreyss, in litt. in Kiïster, Conch. cab.
Palud., p. 50, taf. 10, fl 5-6. 1853.
Habite les environs de Mossoul.
Bithinia longiscata.
Bithinia longiscata, Bourguignat, Ann. Malac. in Rev. et
Mag. de zool., pi. 15, f! 12-13. 1855, et p. 20. 1856
(tirage à part), pag. 148, pi. 8, fig. 12-13. 1856.
Les environs de Sayda, en Syrie.
Bithinia Moquiniana.
Bithinia Moquiniana, Bourguignat. Amén. Malac. in Rev.
et Mag. de zool., pi. 15, fig. 14-15. 1855, et pag. 21.
1856 (tirage à part), p. 148, pi. 8, fig. 14-15. 1856.
Les environs de Sayda, en Syrie.
BlTHIMA NaTOLICA.
Paludina Natolica, Charpentier, in litt. in Kilster, Conch.
cab., p. 60, taf. n, f. f. 15-16. 1853.
Habite les eaux de Brousse, en Anatolie.
SOCIÉTÉS SAVANTES. 247
BlTHINIA PUTONIANA.
Bithinia Putoniana, Bourguignat. Amén. Malac. in Rev.
et Mag. dezool., p. GG. 183G (tirage à part), p. 149,
])]. 15, fig. 5-6. 1856.
Sayda, en Syrie.
BlTHIMA RUBENS.
Paludina rubens, Mcnke, Syn. Moll..., p. 134. 1830.
Paludina ferruginea, Jan et Crittoforw, Cat., p. 5. 1832.
Paludina rubens Philippi, Enum. Moll. Siciliae, tom. 1,
p. 148, pi. ix, f. 4. 1836.
Bithinia rubens, Bourguignat, Cat. rais. Moll. d'Orient,
p. 62. 1853.
Cette espèce, découverte en Sicile, a été rencontrée de-
puis en Algérie, en Grèce, etc. En Syrie elle habite le
Bahr-el-Houlé, les environs de Baalbeck (deSaulcy), Sayda
(Gailîardot), les environs de Damas (de Saulcy, et Gail-
lardot).
Bithinia Saulcyi.
Bithinia Saulcyi, Bourguignat , Cat. rais. Moll. d'Orient,
p. 63, pi. ii, fig. 43-45. 1853.
Habite les flaques d'eaux des environs de Baalbeck, en
Syrie.
Bithinia Senaariensis.
Paludina Senaariensis, Parreyss, in litt. in Kiister, Conch.
cab., p. 14, taf. 9, f. 10-11. 1852.
Habite le Sennaar, en Afrique, ainsi que la haute
Egypte,
II. SOCIETES SAVANTES.
Académie des sciences de Paris.
Séance du 28 décembre 1856. — S. A. le prince Ch. Bo-
naparte donne lecture d'un travail sur des Jïtpèces non-
2i8 REV. ET MACr. DE zoologie. [Mai 1856.)
velles d'Oiseaux d'Asie et d'Amérique, suivi de Tableaux pa-
ralléliques des Pélagiens ou Gaviœ.
Dans ce travail, le savant prince fait connaître plusieurs
espèces découvertes à Caracas et en Palestine. Ce sont :
Une Tourterelle qui vient enrichir, comme troisième
espèce, le genre Peristera des Zénaidiens.
« Notre jolie Tourterelle ne différant que par la poitrine
de celle dédiée par Temminck à notre grand zoologiste
Geoffroy Saint-Hilaire, nous nous félicitons de pouvoir
l'intituler Peristera wndetoura, SimillimaP. Geoffroy i,
sed pectore purpureo-castanco , en l'honneur de sa veuve,
Mrae Pauline Mondétour, dont les vertus et le noble carac-
tère digne des anciens temps sont à la hauteur de la gloire
scientifique de son mari.
« M. Lefèvre, l'habile taxidermiste, d'après lequel a été
nommée, en Allemagne, la Sida qui porte ce nom, m'a
communiqué, pour en avoir les déterminations, une petite
collection d'animaux recueillis en Palestine par M. le duc
Vallombrosa. Malgré les croisades et les pèlerinages des
chrétiens , la zoologie de la terre sainte ne nous est pas
mieux connue que celle de la Mecque. Je n'en veux d'au-
tre preuve que cette collection. Parmi des Sciurus syriacus,
âesÂmmoperdix Heyi tués dans les jardins mêmes de Damas,
avec des Gavia brunneiceps, des Ceryle rudis, etc., j'ai, à
mon grand étonnement, trouvé plusieurs espèces appar-
tenant à des genres réputés étrangers à ces climats, et
dont trois ou quatre paraissent même nouvelles pour la
science. Ce sont :
« 1. Un Souimanga très-brillant des plaines de Jéricho,
que je nommerai Cynnyris osea, Bp. Viridi-smaragdina ,
in fronte, in pectore, et in uropygio cœrulans ; subtus fuli-
ginosa penicillis utrinque duobus, primo rubro, altero flavo.
« 2. JJn Crateropus ckahjbeus, Bp., des bords du lac de
Tibériade , près de Nazareth : d'un gris pâle d'acier,
sans aucune teinte rousse ou verdâtre comme dans le Cr.
acaciœ et le Cr. squamiceps : blanc roussâtre en dessous,
SOCIÉTÉS SAVANTES. 249
les plumes de la tête écaillées, brunes au milieu, lisérées
de blanchâtre, comme dans ce dernier.
« 3. Un Ixos ou Pycnonotus , différent du véritable ni-
gricans venant d' Afrique , mais peut-être identique avec
le xanthopygios, Ehrenberg, d'Arabie, qu'on lui rapporte
ordinairement comme synonyme. Une petite monographie
de ces Iœodës si semblables serait indispensable pour bien
faire distinguer surtout les espèces qui se représentent ré-
ciproquement en Asie, en Afrique et dans les îles Malai-
sicnnes. La nôtre, commune dans les jardins de Jaffa, où
son chant harmonieux l'a fait croire aussi le Boulboul, est
remarquable par ce qui suit : le noir de sa tête, qui
s'étend sur la gorge, est très-bien défini, quoique peu pro-
longé supérieurement, et tranche avec le gris uniforme de
la nuque, de la poitrine et des flancs, qui ne tend ni au
roux, ni au noirâtre, ni au blanchâtre, comme dans les
espèces voisines. Le sous-queue est d'un beau jaune-serin.
Si, contre notre attente, cet Ixos différait du xanthopy-
gios, que nous ne possédons pas d'Arabie, on pourrait le
nommer Ixos Vallomhrosœ, du nom du noble personnage
auquel la science en serait redevable.
« Ixos cinereus, subtus albo-griseus, crisso jlavissimo :
pileo, genis gulaque nigerrimis, cauda nigricante obsolète
fasciolata, apice grisescente.
« 4. Une Saxicola typique tuée sur la montagne de la
Quarantaine, près Jéricho. Elle est remarquable par son
sous-queue couleur de cannelle.
« Nigra; pileo, lergo latissime, pectore, abdomine, remi-
gibusquc interne albis; crisso cinnamomeo : cauda albu,
apicem versus, in rectricibus mediis a medio, nigris.
« 5. Un petit Saxicolien, également des plaines de Jé-
richo, le plus délicatement formé de tous, à bec qui serait
grêle même parmi les Sylviens, dont il se rapproche con-
sidérablement. Je le publierai comme type du genre Ckr-
gdmii/A, dont fera partie, à cause de ses tarses, Sylvia
lypura, Ehr., sinon Saxicola melanura, ROpp., qui lui
250 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Mai 1856.)
ressemble tant. Dès à présent , je lui donne le nom spé-
cifique d'ÀSTHENiA. Cinerea ; subtus albida : cauda cum
tectricibus super ioribus nigerrimis : rostro a basi gracili, ex
toto nigerrimo.
« Les trois Roitelets si semblables, deux d'Europe, un
de l'Amérique septentrionale, ne sont pas les seuls que
comprenne ce petit genre restreint. Outre le R. made-
rensis que décrit M. Harcourt dans les Proceedings de la
Société zoologique de Londres pour 1854, outre le R. ja-
ponicus, si difficile à distinguer du R. cristatus d'Europe,
il s'en trouve une cinquième espèce dans l'Amérique du
Sud. Et comme si ce fait seul ne renversait pas assez les
idées préconçues sur ce genre, le nouveau Regulus, que
nous nommons, d'après Gould, R. surinamensis, de la
localité où il a été recueilli , ressemble encore plus aux
espèces d'Europe qu'à celles de l'Amérique septentrionale,
dont il n'a pas la queue allongée.
« Cauda brevicula : fronte concolore. Simillimus cristato
Europae, nec satrapae Americae borealis.
« Les monts Himalaya nourrissent aussi une nouvelle
espèce que Gould va nous figurer, dans ses Rirds of Âsia,
sous le nom de Reg. himalayensis .
« Similis cristato, sed major, rostro longiore et crista ci-
trina vix aurantiaca, super ciliis nigris latissimis. »
A la suite de ces documents, le prince a donné une
série de tableaux comparatifs et paralléliques des ordres
des Pélagiens (G avise) et des Ptiloptères. « De leur étude
approfondie résultera une foule de faits nouveaux relatifs
à la classification, à la nomenclature, à la synonymie et
aux divers rapports des espèces. On y verra, par exemple,
combien est peu fondée l'audacieuse assimilation que vou-
drait faire M. Bruch de mon Procellarus neglectus avec
Rlasipus Heermanni! On y verra comme quoi le genre
Thalassites, Sw., qui peut, d'ailleurs, être restreint à une
soûle espèce, comme étendu à tous les grands Sternum à
gros bec courbé, doit plutôt être rapporté au genre Sylo-
SOCIÉTÉS SAVANTES. 251
chelidon qu'à Phœlum, puisque son type est Th. melanotis,
Sw.; on y verra surtout que les Grèbes d'Amérique font
subir un nouvel éehec à la fameuse théorie suivant laquelle
tout être vivant se rapetisse et dégénère en Amérique. En
tout cas, pas plus que le Grèbe joue-gris , ce n'est certes ni
l'Homme ni le Héron. »
M. Magne présente un Mémoire ayant pour titre : De la
description et de l'amélioration des principales races fran-
çaises de l'espèce bovine.
Ce remarquable travail, dont l'auteur n'a donné qu'un
très-court résumé dans les Comptes rendus de l'Académie,
mérite toute l'attention des agriculteurs et des zootech-
nistes, car il est dû à la longue expérience de l'un des
hommes les plus compétents dans ces matières.
M. Duméril donne une idée d'un beau mémoire de son
fils, publié dans les Archives du Muséum, t. VIII, et ayant
pour titre : Description des Reptiles nouveaux ou imparfai-
tement connus du Muséum d'histoire naturelle de Paris, et
remarques sur la classification et les caractères de ces ani-
maux; par M. Auguste Duméril.
« Ce mémoire est consacré à l'examen des trois familles
des Geckos, des Varans et des Iguanes. Ces publications
serviront de Suppléments à V Erpétologie générale, ouvrage
que j'ai achevé de faire paraître avec la collaboration de
mon fils, après l'avoir longtemps préparé avec l'aide de
G. Bibron, si prématurément arrêté dans sa carrière.
« Ce travail contient une analyse, faite avec soin, des
nouveaux systèmes de classification dont l'introduction
dans la science remonte à une époque ultérieure à celle de
la publication des divers volumes de notre Erpétologie
générale.
ce II résulte de la révision des trois familles de Sauriens
étudiés dans ce Mémoire, que le Musée de Paris renferme
actuellement parmi les Geckos, les Varans et les Iguanes,
cinquante-quatre espèces nouvelles et non mentionnées
dans les IIIe et IVe volumes de mon Erpétologie, et dans
252 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. [Mai 1856.)
ce nombre il y en a vingt-cinq que mon fils a fait con-
naître pour la première fois, parce qu'elles n'avaient été
indiquées par aucun zoologiste. Parmi ces dernières, il
s'en trouve quatre qui, n'ayant pu être rapportées à aucun
des genres déjà établis, ont dû prendre rang sous des
noms génériques nouveaux.
« Si à ces cinquante-quatre espèces on en joint vingt-
trois autres peu connues, dont sept jusqu'alors inédites et
comprises parmi les Tortues, les Caméléons et les Croco-
diles, étudiées dans le Mémoire auquel celui-ci fait suite,
il résulte de ce relevé que pour la portion, encore peu
considérable, de la classe des Reptiles passée en revue
dans les deux premiers suppléments, soixante-dix-sept
espèces y sont décrites. En outre, sur les dix-sept plan-
ches qui les accompagnent , on trouve un grand nombre
de figures qui représentent soit les animaux entiers, soit
des détails importants sur les caractères zoologiques les
plus essentiels qu'il était nécessaire de développer. »
M. Paul Gervais adresse une Notice sur trois espèces de
Dauphins qui vivent dans les régions du haut Amazone.
Dans ce travail, M. Gervais annonce la description de
deux espèces nouvelles [Delphinus pallidus et Delphinus
fluviatilis) qui, avec le Delphinus Geoffrensis (Inia boli-
viensisy d'Orb., Delphinus amazonicus, Spix et Martius),
forment trois espèces des fleuves de l'Amérique.
M. Strauss-Durckeim adresse une Note intitulée : Pro-
priétés des solutions aqueuses saturées de zinc pour la con-
servation des substances animales.
« J'ai l'honneur de mettre sous les yeux de l'Académie
une tête de Roussette, poisson de la famille des Squales,
conservée depuis seize ans dans un liquide conservateur
que j'ai fait connaître pour la première fois comme anti-
putride dans mon Traité pratique d'Anatomie compara-
tive publié en 1842. Cette liqueur est composée de 14 par-
ties de sulfate de zinc dissoutes dans 10 parties d'eau (sa-
turée) .
SOCIÉTÉS SAVANTES. 253
« On peut voir par cette préparation que le corps des
animaux vertébrés se conserve si bien dans ce liquide,
que ce poisson présente, en apparence, toutes les qualités
d'un animal frais, et cela jusqu'à son odeur de marée
fraîche. Pour mieux reconnaître la propriété conserva-
trice de cette solution, j'ai laissé pendant les seize années
cette tête de poisson dans un bocal ouvert à l'air libre, en
y remplaçant de trois en trois mois à peu près le liquide
évaporé par de l'eau ordinaire que j'y versais. Je vais
maintenant soumettre cette préparation à la dessiccation
pour la momifier, convaincu. qu'elle se conservera indéfi-
niment dans cet état.
« Je pense que cette communication peut avoir quelque
intérêt pour l'Académie ; cette liqueur pouvant servir,
d'une part, à la momification des corps, en l'injectant
dans les artères. »
Séance du 5 mai 1856. — S. A. le prince Ch. Bonaparte
lit des Observations sur la zoologie géographique de l'Afri-
que, et description d'un nouveau genre et de nouvelles espèces
d'oiseaux.
Après avoir rappelé une communication qu'il a faite à
l'Association britannique tenue à Glascow en 1855, le
prince relève quelques inexactitudes qui se sont glissées
dans le compte rendu de cette séance, puis il fait connaître
une nouvelle forme d'oiseaux intermédiaire aux Turdides,
aux Lanides et aux Muscicapides , auxquels elle appartient
probablement, malgré son aspect robuste et son bec si
peu déprimé.
« Genre Moquinus, Bp. — Rostrum brève, robustum,
rectum, acutum, basi dilatatum; maxilla incurva; mandi-
bula naviculare apice subrecurva : nares magnœ, elongatœ,
perviœ, basi plumulis dense tectœ. Pedes longùsimi, robusti,
scutellati; digiti larso triplo breviores, internus omnium
brevissimus, liberus; ungues falculœ acutissimœ, poslicus
robustior. Alœ longiculœ, amplissimœ, rotundatœ; remigum
prima decimam œquans, secunda longitudine sextam vix
254 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Mat 185G.)
superarts; ter lia , quarta et quinta omnium brevùsimœ.
Cauda brevis, angusta, rectricibus duodecim mollibus,
strictis.
« Nous nommons l'espèce typique, et jusqu'à présent
la seule connue du genre,
« Moquinus tandonus, Bp. — Cinereo-ardesiacus ; pileo,
genis, altSy scutopectorali, roslro, pedibusque nigris; lunula
f'rontali, collare cervicale interrupto, gula, jugulo, linea
mediana secus abdomen, ventre, crisso, macula hinc inde
scapulari, speculo alari, remigum primariarum basi, secun-
dariarum apicibus, caudaquç albis : rectricibus mcdiis ma-
cula piriformi elongata nigra.
« Des côtes d'Afrique.
« Callyrhynchus masescs, Bp. — Majusculus ; cinereo-
virescens ; subtus albidus ; gula pectoreque nigris, maculis
binii jugularibus albis : speculo alari albo : cauda ex toto
cincrea : rostro, subtus prœsertim, albicante. »
Séance du 12 mai 1856. — S. A. le prince Ch. Bonaparte
présente ses Tableaux paralléliques de l'ordre des Galli-
nacés.
Voici comment s'exprime le prince zoologiste avant de
donner ces remarquables tableaux, qui sont la substance
de tout un ouvrage :
« Poursuivant mes études sur les classifications parallé-
liques, j'en suis venu à devoir appliquer aux Précoces,
qui constituent la seconde sous-classe des Oiseaux, ies
mêmes principes à l'aide desquels j'ai divisé les Altkices,
dont est formée la première.
« Je donne ici les tableaux systématiques du neuvième
ordre, de l'ordre entier des Gallinacés, c'est-à-dire celui
de la tribu des Passer igalles, et ceux des trois cohortes
des vrais Gallinacés, dont la dernière est de beaucoup la
plus nombreuse. On sait que cet ordre, que je n'élève dans
sa série qu'au niveau de celui des Pigeons , l'un des der-
niers de ma première sous-classe, n'en commence pas
moins la seconde, dans laquelle il est suivi par l'ordre des
SOCIÉTÉS SAVANTES. 255
Echassiers, qui correspond à celui des //rrw/es, par l'ordre
dos Palmipcrivs, correspondant aux Gacies, et par les lin-
dipennes, qui terminent la classe des Oiseaux, correspon-
dant aux Impennes, les derniers aussi de leur série.
« Par une curieuse coïncidence, que je constate avec
bonheur pour la première fois, il se trouve que tous les
Oiseaux désignés par les chasseurs et les gastronomes sous
le nom de gibier, appartiennent à la seconde sous-classe
des PrjEcocks, qu'Us constituent même en entier, tandis
que la première, celle des Altrices, n'en contient pas un
seul.
« La synonymie de mes tableaux pourra, cette fois,
offrir un intérêt spécial, attendu que M. Pucheran a bien
voulu s'en rapporter à moi pour l'indication des types de
notre Musée qu'il lui restait à faire connaître, comme il
l'a déclaré lorsqu'il a clos sa publication si appréciée en
Allemagne et partout où l'on travaille sérieusement. Je
n'ai accepté cette espèce d'héritage que sous bénéfice d'in-
ventaire, c'est-à-dire que j'ai puisé largement dans ses
notes et me suis éclairé de son expérience.
« Deux des espèces nouvelles énumérées dans mon se-
cond tableau méritent d'être caractérisées dès à présent ;
les autres le seront dans la dernière partie du Conspectus,
dont l'impression se continue à Leyde.
« 1. Pipile argyrotis , Bp. , de Caracas, semblable à
P. marail, mais la face encadrée de blanc mat, plus étendu
et plus brillant sur la région des oreilles.
« 2. Ortalida Montagnii, Bp., de la Nouvelle-Grenade,
semblable, pour la taille et pour la couleur, à Chamœpetes
Goudoti, mais à poitrine d'un gris légèrement olivâtre,
avec les plumes bordées de blanc, comme dans les vraies
Pénélopes : le croupion largement lavé de roux. »
Séance du 19 mai 1856. — M. Rouget présente un Mé-
moire ayant pour titre : Recherches anatomiqnes et physio-
logiques sur les appareils érectiles; appareil de V adaptation
de l'œil chez les oiseaux, les principaux mammifères et
l'homme.
256 REV. ET MAG. DE zoologie. (Mai 1856.)
M. de Quatrefages communique, à cette occasion, des
remarques sur certaines dispositions de l'appareil de la
vision chez les Insectes.
M. le Coat de Saint-Haouen, qui, en novembre 1847,
s'était mis à la disposition de l'Académie pour les recher-
ches scientifiques qu'elle jugerait utile de faire faire dans
le Maroc, annonce l'envoi prochain d'une liste des oiseaux
du nord de l'Afrique qu'il lui sera possible de se procurer
et une collection presque complète d'œufs de ces oiseaux.
Aujourd'hui il envoie un poisson appartenant à l'ordre
des Plectognathes, qu'il s'est procuré à Tanger.
Séance du 26 mai 1856. — M. Duméril informe l'Aca-
démie que le poisson rapporté de Tanger par M. le Coat,
et présenté, dans la séance du 19, à l'Académie, qui l'avait
renvoyé à son examen, est VEphippium maculatum, Bibr.,
espèce fort rare, dont le Muséum ne possède qu'un seul
individu rapporté de Gorée.
M. Ch. de Souancé a fait don au Journal d'une des deux
feuilles de son Mémoire sur les Perroquets.
M. James Thomson a également donné les deux belles
planches 5 et 6 qui accompagnent son Mémoire dans le
n° 3.
TABLE DES MATIERES.
Pages.
E. Rousseau. — Dentition des Cétacés. 193
De Souancé. — Catalogue des Perroquets. 208
BouR(iuiGNAT. — Aménités malacologiques. 226
Académie des sciences. 247
PARIS. — IMP. DE Mmu Ve BOUCUAUD-HUZAKD , RUE DE L,'ÉPER0N, 5.
DIX-NEUVIÈME ANNiE. — JUIN 1856.
I. TRAVAUX IXEDITS.
De la dentition des Cétacés, et de la place qu'occupent
les fanons dans la bouche des Baleines; par le Dr L. F.
Emmanuel Rousseau, membre de la Légion d'honneur,
chef des travaux anatomicjues au Muséum, sous les pro-
fesseurs G. Cuvier, de Blainville et Duvernoy. (Voir
1856, p. 193.)
Le Cachalot (Physeter).
Les Cachalots n'ont de ressemblance avec les Baleines
que par les proportions et le volume ; ils s'éloignent beau-
coup plus des Dauphins que les Narvals par les formes de
la tête, mais ils s'en rapprochent davantage par les dents,
étant, comme eux, pourvus de mâchelières coniques.
La tête des Cachalots présente des formes plus bizarres
encore que celles de la Baleine. Les yeux les plus exercés
à découvrir les rapports ostéologiques ne sont plus ici
que des guides mal assurés. L'ordre des positions est to-
talement interverti, et cette énorme masse, évasée dans
sa partie postérieure, ressemble bien plutôt au siège de
nos anciens cabriolets ou à une sorte de char antique
qu'à la tête d'un Mammifère.
Rien, en effet, ne paraît retracer ici l'image d'une
boîte destinée à renfermer le cerveau ; on cherche en vain
les analogues des orbites ou des os de la face. Où devaient
être placés les yeux? ou est l'analogue du nez? C'est ce
qu'au premier abord il est difficile de déterminer.
2e série, t. rui. Aimée 1856. 17
258 rev. et mag. de zoologie. [Juin 1856.)
Les os maxillaires supérieurs ont leur bord alvéolaire
relevé en forme de coquille. Leur longueur est considé-
rable ; leur diamètre transversal ne diffère point sensible-
ment de celui du frontal lorsqu'ils sont réunis, et présente
un grand contraste avec l'ouverture de la mâchoire infé-
rieure, cause de la grande disproportion qui existe entre
la largeur du mufle et celle de la gueule.
Les os incisifs ont leur extrémité antérieure fort aiguë ;
leur extrémité postérieure est généralement déformée, en
raison de la manière irrégulière dont s'ouvrent les fosses
nasales.
La mâchoire inférieure a deux branches qui la consti-
tuent; elles sont très-écartées entre les condyles, mais se
réunissent déjà vers la cinquième dent. Il en résulte que
la symphyse du menton a une très-large surface et, par
conséquent , plus de solidité que dans aucun autre genre
de Cétacés ; cette symphyse, du reste, ne paraît jamais se
souder.
L'angle que forment, par leur réunion, les deux pièces
qui composent la mâchoire inférieure est très- allongé ,
tandis que dans les Baleines il est obtus et forme l'extré-
mité d'un ovale.
Les alvéoles sont d'autant plus profonds qu'on les exa-
mine plus près du bout du museau : cette disposition est
une suite de la manière dont s'opère l'évolution des dents.
Le eondyle est plat et arrondi ; il termine verticalement
le bout de chaque branche, qui paraît comme tronqué.
L'ouverture du canal dentaire est extrêmement ample ,
surtout à l'endroit de l'insertion des muscles temporaux
et masséters.
La capacité du canal elle-même est énorme.
Il n'y a point de branches montantes.
On ne voit également aucune trace d'apophyse coro-
noïde .
Il est difficile d'élever des doutes sur la présence des
dents aux mâchoires supérieures des Cachalots : ces dents
TRAVAUX INÉDITS. 259
ont été vues et décrites par un naturaliste habile, Othon
Kabricius, et par un observateur intelligent, l'abbé Lecoz.
Andersen parle aussi de ces dents.
Elles sont toutes rudimentaires, cachées dans les gen-
cives, et d'une parfaite inutilité pour l'animal. Les seule*
dents dont il puisse faire usage sont à la mâchoire infé-
rieure, et elles lui servent plus à saisir et à retenir sa proie
qu'à diviser ou à broyer ses aliments.
Ces dents, en effet , sont coniques ou ovoïdes, et, au lieu
de dents opposées à l'autre mâchoire, elles n'y rencon-
trent que des cavités où elles se logent lorsque la bouche
se ferme. C'est dans le jeune âge qu'elles présentent la
forme conique ; alors elles sont un peu courbées en ar-
rière dès leur partie inférieure, et elles sont sans racines,
c'est-à-dire que le bulbe dentaire, logé à leur base, con-
tinue à être actif et à produire la matière dont elles se
composent.
Il est probable que ces dents jeunes sont remplacées par
d'autres qui, vraisemblablement, le sont elles-mêmes à
leur tour, et chaque dent nouvelle paraît prendre de
l'épaisseur et s'éloigner de la forme conique pour re-
vêtir enfin cette forme ovoïde que toutes les vieilles dents
présentent, et qui est toujours accompagnée d'une ra-
cine, parce qu'alors, sans doute, le bulbe dentaire, ne
devant plus produire de dents nouvelles, s'est oblitéré
(voir la fig. 4 de notre planche , au neuvième de gran-
deur).
Bien que se redressant avec l'âge, ces dents conservent
cependant toujours un peu de courbure d'avant en arrière.
Le nombre des dents, chez le Cachalot, n'est pas tou-
jours le même ; il varie, suivant les auteurs, entre vingt-
trois à trente pour chaque côté. G. Cuvier le fixe de vingt
à vingt-deux, à droite comme à gauche.
Le Muséum de Paris possède un squelette de Cachalot
macrocéphale , la seule espèce bien connue , sur lequel
nous avons compté cinquante-quatre dents en tout, vingt-
260 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Juin 1856.)
sept sur chaque maxillaire inférieur. Ces dents, de forme
ovoïde, se recourbent en dedans de la mâchoire ; les cinq
ou six premières et les cinq ou six dernières sont un peu
plus petites que les autres, mais toutes ont la même figure.
La racine, dans l'alvéole, est de la même forme générale
que la couronne de la dent, dont le tissu est compacte, de
la couleur et de la dureté de l'ivoire à l'extérieur, mais
plus gris et plus tendre à l'intérieur. Leur partie moyenne
contient des grains ronds à couches concentriques, et leur
substance osseuse (osselets dentaires, page 257 de mon Syst.
dentaire), appelée ostéo-dentine par M. Richard Owen,
qui l'a représentée à la planche lxxxix de son Odonto-
graphie, est homogène et fort dure.
La même planche d'Owen donne la figure réduite d'une
mâchoire inférieure de Cachalot (Phywter macrocephalus),
une dent de grandeur naturelle coupée en deux dans sa
longueur et montrant le cément , la dendine , l'ostéoden-
tine, une dent de la mâchoire supérieure également
grande comme nature. (Voir Id.)
M. le professeur Eschricht, de Copenhague, a donné
également une planche très-belle sur la structure intime
et microscopique des dents du Cachalot.
(La suite au prochain numéro.)
Description d'une espèce nouvelle de Veuve ; par
MM. Verreaux.
Vidua hypocherina, /. et Ed. Verr., pi. 16.
V. nigra, viridi-splendens : plumis uropygialibus elongatis, seto-
sis, niveis; alis bruaneo-nigris, priniariis rectricibusque albo- margi -
natis; rostre flavido; pedibus bruuneis.
Plumage noir à reflets verts, comme dans Yffypochera
nitens. Une touffe de longues plumes blanches et soyeuses
de chaque côté du croupion. Ailes brun noirâtre, les se-
condaires les plus rapprochées du corps de 5 millimètres
TRAVAUX INÉDITS. 261
seulement plus courtes que les autres; les primaires fine-
ment lisérées de blanc à partir de leur base , le reste de
brun clair ; des franges blanches plus larges sur la ma-
jeure partie des secondaires , les dernières exceptées ,
toutes les couvertures alaires inférieures, ainsi que la
majeure partie des rémiges, en dessous, d'un blanc pur,
l'extrémité grisâtre. Rectrices lisérées, sur toutes les faces,
de blanc pur, et de brun clair sur les latérales, les quatre
médianes exceptées, qui sont d'un noir parfait; elles sont
seules terminées en pointe, comme dans la Vidua princi-
palis. Cuisses mélangées de blanc à leur origine. Bec co-
nique, comme dans cette dernière; long de 7 mill. à
partir de l'angle et de 8 mill. à partir du front, où il en-
taille les plumes de cette partie; de couleur jaunâtre,
avec une teinte brunâtre sur les bords, vers le bout et sur
le milieu de la mandibule inférieure.
Longueur totale de la peau , les quatre rectrices mé-
dianes exceptées 11 cent. » mill.
Ailes longues de 6 5
Queue longue de 4 4
Les quatre rectrices médianes. . . 16 0
Tarses 0 16
De couleur brun clair, ainsi que les doigts et les ongles ;
les latéraux d'égale longueur et le médian le plus long ;
ongles assez longs et peu courbés.
Cette description a été prise sur un sujet mâle adulte et
en plumage de noces parfait.
Déjà depuis plus de trente ans nous avions deviné cette
espèce, qui rappelle, à s'y méprendre, YHypocera nitens,
sauf la conformation du bec, la queue et le blanc indiqué
ci-dessus.
Nos prévisions d'alors étaient donc bien fondées lors-
que nous pensions que ce petit genre devait être mis im-
médiatement à la suite des Veuves, comme l'a fait depuis
le prince Charles Bonaparte dans son Conspectus avium, à
la page 350.
262 rev. et mag. de zoologie. (Juin 1856.)
Seulement nous penserions qu'il serait plus naturel de
voir le genre Astrild le suivre à son tour, car les détails
de mœurs que nous possédons et que nous avons recueillis
nous-même nous donnent le droit de donner ici cette
opinion.
Cette intéressante espèce habite la côte occidentale de
l'Afrique, d'où ont été rapportés les deux seuls sujets que
nous connaissions, lesquels ont été offerts, en 1852, au
Muséum de Paris par M. Guislain, capitaine de vaisseau.
Le second, qui possède un plumage de transition, res-
semblait, quant à la coloration principale , au même âge
que dans YHypochera nitens; même gris roussâtre et blan-
châtre , mais toujours le blanc indiqué ci-dessus, plus les
quatre rectrices médianes allongées, quoique plus courtes
que dans le précédent.
Douzième lettre sur l'Ornithologie de la France méridio-
nale ; par le docteur J. B. Jaubert.
Nycticorax griseus est certainement de tous les Hé-
rons le plus commun dans le midi de la France» au pas-
sage du printemps! M. Degland (Orn. europ., t. II » p. 150)
signale , mais avec un point de doute , comme livrée de
noces, deux Bihoreaux tués près de Dieppe , dans un état
remarquable par la coloration jaune des tarses et de
toutes les parties qui, d'ordinaire, sont blanches chez cet
oiseau adulte. Je puis certifier que cette particularité, qui
se perd après quelques mois de préparation , n'est pas con-
stante chez le Bihoreau au printemps; elle est seulement
plus commune à cette époque. Ayant eu entre les mains
un nombre considérable de ces oiseaux , il m'a été facile
d'observer que les plus gras étaient ceux qui présentaient
les teintes les plus jaunes ; cette coïncidence expliquait
naturellement la chose* et n'y faisait voir qu'un phéno-
mène de nutrition ou d'endosmose, à cette époque de
l'année où règne, chez l'animal, une activité vitale plus
TRAVAUX INÉDITS. 263
grande , une espèce de turgescence donnant à toutes les
fonctions cette force particulière qui prélude à l'acte de
la reproduction... Le tissu cellulaire qui tapisse la peau
de ces oiseaux est, en effet, d'un beau jaune !... La graisse
du Flamant ou des Mouettes est , au contraire , rouge
orangé; aussi voyons-nous les plus belles teintes roses
imbiber au printemps la livrée de ces espèces... Le phé-
nomène est le même dans l'un et l'autre cas, et peut s'ap-
pliquer à bien d'autres encore.
Ciconia. — Tandis que la Cigogne blanche se montre
fréquemment, en automne, dans les localités maréca-
geuses, la C. noire semble se plaire à suivre plutôt les
montagnes boisées... Cette différence de mœurs fait que
nous rencontrons assez souvent la dernière dans le bassin
même de Marseille, tandis que l'autre ne s'y arrête pas;
ce sera, par conséquent, le contraire dans la basse Ca-
margue, où Ion rencontre aussi , mais plus rarement , la
Spatule en livrée d'hiver et le Flamant, qui n'est plus au-
jourd'hui qu'un oiseau de passage, grâce aux poursuites
dont il a été l'objet, dans ces derniers temps, de la part
de quelques naturalistes marchands d'œufs.
Cycnus. — Nous possédons certainement ici les diverses
espèces de Cygnes que l'on observe dans le nord de la
France ; seulement le nombre en est peut-être moins
grand, et les captures infiniment plus rares; c'est ce qui
fait que ces oiseaux sont moins connus chez nous. Tout le
monde sait cependant qu'on en voit de loin en loin sur
nos cours d'eau ou dans les airs, mais ces sujets tombent
rarement entre les mains des zoologistes.
Anser. — Les Oies sont partout, chez nous, des oiseaux
de passage; c'est en Camargue seulement que quelques
espèces vivent sédentaires pendant une partie de l'hiver.
Leur nombre paraît être d'autant plus grand que les froids
ont été plus précoces... Il y a quelques années, en 1852
je crois, un navire chargé de blé vint échouer sur les
bancs de sable qui bordent la mer vers l'embouchure du
2Z' I\ZY 7,1 MA". ??. ZOOLOGIE. (.//.'/.'? 183G.)
Rhône, et la cargaison fut perdue ; les chasseurs du pays
attribuèrent à cet événement le nombre considérable
d'Otes fermières qu'on remarqua cette année-là, et m'affir-
mèrent qu'il en était ainsi toutes les fois qu'un pareil nau-
frage venait assurer à ces animaux une alimentation de
leur goût... Je livre cette histoire pour ce qu'elle vaut!
Un fait à noter, cependant, c'est que, même en Camargue,
où la nature des lieux parait partout la même, une espèce
se trouvera très-abondamment sur un point et ne se mon-
trera pas ailleurs, tandis que d'autres points seront occu-
pés par une autre espèce. Cette remarque ne peut guère
concerner, au reste, qu'Ans cinerœus et Ans. arvensis, les
deux seules qui nous visitent d'une manière régulière.
Ans. albifrons. Sans être rare, vient peu sur nos mar-
chés; elle s'y montre plutôt en livrée de jeune âge, c'est-
à-dire avec absence de taches noires sur les parties infé-
rieures... Ans. leucopsis et A. Brenla figurent dans tous les
travaux ornithologiques du midi de la France, sans qu'au-
cun des auteurs nous ait dit s'il se les était souvent pro-
curés ; je ne les connais, au reste, dans aucune de- nos
collections, pas plus que Chenalopeœ œgyptiaca de P. Roux !
Il est, cependant, incontestable que des oiseaux qui se
montrent en grand nombre quelquefois dans le nord de
la France, doivent aussi se rencontrer chez nous : leur
rareté tient, sans doute, à ce que, par la nature des lieux
qu'ils habitent et la difficulté des communications, ces
oiseaux sont moins chassés en Provence que partout ail-
leurs... Aussi la plupart de ces espèces ne nous sont-elles
connues que par l'intermédiaire des naturalistes du,Nord,
Je dois à l'obligeance de M. de Selys-Longchamps quel-
ques précieuses indications sur la diagnose de nos Oies à
plumage gris. Je demanderai à M. de Selys-Longchamps
la permission de les mettre ici sous les yeux du lecteur, à
qui elles pourront être aussi utiles qu'elles me l'ont été, à
moi, pour marcher à travers les obstacles de la syno-
nymie :
TRAVAUX INÉDITS. 265
« 1° Ans. cinereus (A. Férus) : pieds couleur de chair ;
« tour du bec sans cercle blanc ou avec cercle blanc ru-
er dimentaire ; bec jaune à onglet blanc ; poitrine peu ou
« pas tachée de noir.
« 2° Ans. arvensis, Naum. (Oie sauvage ordinaire) : le
« bec un peu déprimé, orange, et noir aux deux bouts;
« pieds orange. C'est Anser segetum, Temminck, Ch. Bp.
« 3° Ans. segetum, Naum. (nec. auct.) : plus petite; bec
« très-court, noir, avec un cercle orangé. — Rapportée à
« tort à Brachyrhynchos par Ch. Bonaparte ; — elle en dif-
« fère par les pieds orangés comme Arvensis.
« 4° Ans. albifrons, Gmel. — Pieds orange; bec fort,
« corné, à onglet blanc ; front blanc presque jusqu'au ni-
« veau des yeux ; poitrine fortement barrée de noir.
« 5° Ans. minutus, Naum. (Brevirostris, Thien.) : plus
a petite ; bec plus court que chez Albifrons, petit; le jaune
« blanc du front remontant jusqu'au milieu de la tête; le
« reste semblable à la précédente... Sa taille est à peu
« près celle d'un Tadorne.
« Il reste trois énigmes : 1° Ans. inter médius, Naum.,
« Bruch., Bp..., qui différerait d' Albifrons par du noir au
« bec... Je ne la connais pas. 2° Ans. brachyrhynchus,
« Bâillon (Phœnicupus, Barttlett), qui aurait les pieds rouges
« ou roses, et serait, du reste, semblable à Segetum,
« Naum (nec Temminck), d'après un type de M. Ba lion
« que, desséché, je ne puis séparer de cette espèce. 3° Ans.
« pullipes, nobis, race singulière, domestique ici, et que
« je n'ai pas encore vue sauvage : elle diffère fort (ïAlbi-
« frons et minutus par les pieds couleur de chair ; le blanc
« du front, qui fait largement le tour du bec, et absence
« de noir à la poitrine; enfin le cri est tout différent...
« Elle diffère de Cinereus par le front largement blanc et
« la taille moindre, par un bec moins haut... Si c'était
« une race hybride de Cinereus et Albifrons, il y aurait à
« noter qu'elle est féconde!... »
An as. — Crespon nous apprend que le Tadorne se re-
266 REV. ET MAC DE ZOOLOGIE. (Juin 1856.)
produit régulièrement dans notre basse Camargue. . . J'igno-
rais la chose! Mais je savais que l'oiseau, quoique rare,
s'y montrait chaque année. Nous l'avons fréquemment
reçu d'Egypte -et d'Abyssinie, où il paraît être assez com-
mun en hiver.
Querquedula. — Q. cingustirostris , si commune sur
quelques points de l'Algérie, le serait beaucoup moins en
Sardaigne, quoique G. Cara pense qu'elle y soit séden-
taire : il en serait de cet oiseau, dans cette île, comme du
Tadorne chez nous, où quelques couples isolés viennent
se reproduire tous les ans... La Q. angustirostris ne s'est
jamais fait tuer, que je sache, dans le midi de la France.
Fuligula. — Je ne connais qu'une seule capture de la
F. glacialis; c'est un jeune sujet tué par M. Besson dans
les marais d'Hyères pendant l'hiver de 1845... Crespon
paraît croire à des visites plus fréquentes.
F. marila est très-rare sur le marché de Marseille ; je ne
l'y ai vue qu'une fois ou deux... G. Cara la dit, accidentel-
lement de passage, en Sardaigne.
F. rufina est à peu près dans le même cas ; j'en con-
nais cependant cinq ou six captures, mais nous devons
convenir que c'est un oiseau qui passe moins facilement
inaperçu.
F. mollissima est une de ces espèces que l'on ne voit
qu'accidentellement en France, et que tous nos auteurs
signalent... Je ne l'ai jamais rencontrée, pas plus que
F. nigra, qui ne se montre ni en Sardaigne ni en Sicile.
— En revanche, F. fusca apparaît quelquefois sur nos
marchés en hiver.
J'ai encore à signaler une capture de ma F. interniedia,
qui, évidemment, ne demande qu'à être distinguée . . . Cette
fois encore, c'est un beau mâle, d'une taille plus forte,
égalant presque celle du Milouin.
M. Degland nous apprend (Orn. eur., t. II, p. 477) que
M. Bouteille aurait acheté en janvier 1846, sur le marché
de Grenoble, quatre F. mena (Erismatura leucocephala,
TRAVAUX INMTS. 267
Bp.)... Crespon en parle comme d'un oiseau dont il n'est
pas sûr... Cara l'a trouvée en Sardaigne, où il la croit sé-
dentaire... L'espèce n'est plus rare en Espagne, elle est
déjà commune en Sicile. »
Je joins ici un tableau nominatjf, dans lequel j'inscris
chaque espèce au rang que lui impose la fréquence ou la
rareté de ses apparitions dans le Midi. Il est inutile de
dire qu'un pareil cadre n'a rien d'absolu, et que le rang
que j'assigne aujourd'hui à telle espèce pourra, demain, se
trouver interverti par quelque cause fortuite.
1. A
. boschas.
11. A. nyroca.
2.
cristata.
12.
intermedia.
3.
ferina.
13.
fusca.
4.
crecca.
14.
rufina.
5.
Pénélope.
15.
marila.
6.
querquedtila.
16.
tadorna.
7.
acuta.
17.
nigra.
8.
clypeata.
18.
mollissima.
9.
strepera.
19.
leucocephala.
10.
clangula.
20.
glacialis.
Mergus. — Le M. marganser, assez rare en Provence,
s'y montre quelquefois en mars ou avril , tandis que le
M. serrator, très-abondant en hiver sur tous nos étangs, a
déjà disparu à cette époque. — Le M. albellus, que nous
possédons assez souvent jeune, a été trouvé quelquefois,
en hiver, dans sa belle livrée.
Pelecanus. — Il est bien possible, dirai -je comme
M. Crespon, que ce pélican (Pel. onocrotalus) arrive acci-
dentellement dans notre golfe, mais nous ne l'avons vu
que dans les planches de Pol. Roux. M. L. Benoit, beau-
coup mieux placé que nous, nous dit (Orn. sicil., p. 190)
ne l'avoir rencontré que deux fois près de Messine.
(La suite prochainement.)
268 REV. ET MAG. DE zoologie. {Juin 1856.)
AMÉNITÉS MÀLACOLOGIQUES ;
par M. J. R. Bourguignat.
§ XL VII.
Hélix graphicotera.
Testa umbilicata, depresso-globosa, argute confertimque oblique
sculptura, ac elegantissime minutiin decussata, albido-fusca, ac
cingulo-albo, vineo-margiiiato obscure, ornata ; spira convexa, ob-
tusa ; anfractibus 6 1/2 coavexiusculis , regulariter crescentibus ;
umbilico angusto, pervio; apertura lunato-circulari, peristomate
albo-labiato, acuto, vix reflexiusculo ; margine superiore ad insertio-
nem subilo deflexo; margine columellari dilatato, protraeto ; margi-
nibus approximatis.
Coquille ombiliquée, globuleuse-déprimée, sillonnée de
stries obliques, fines et très-serrées, et décussée de la
manière la plus élégante, ce qui la rend rude au toucher.
Test d'un blanc fauve, orné d'une bande blanchâtre, en-
tourée de zones d'un brun vineux. Spire convexe, obtuse.
Six tours et demi un peu convexes et s' accroissant avec
une grande régularité. Ombilic très-étroit, et laissant,
malgré tout, apercevoir le sommet de la spire. Ouverture
échancrée, circulaire, à péristome aigu, intérieurement
bordé de blanc, et à peine réfléchi. Bord supérieur des-
cendant subitement, en se prolongeant sur l' avant-der-
nier tour; bord columellaire dilaté et réfléchi.
Haut., 10 mill. — Diam., 15 mill.
Cette belle espèce a été recueillie par M. Eugène Vesco,
dans l'île de Milo, où elle vit en communauté avec l' Hélix
pelltta de Férussac.
§ XLVIII.
Des Zonites de la section des Crystallines .
Le groupe des Crystallines est, sans contredit, l'un des
moins étudiés du genre Zonites. Plusieurs auteurs, cepen-
TRAVAUX INÉDITS. 269
dant, ont déjà appelé l'attention des naturalistes sur ces
petites coquilles, notamment M. Terver de Lyon (in : Jour-
nal de Conch., p. 178. 1850). Mais les observations de ce
savant sont passées inaperçues, et n'ont point éveillé chez
les conchyliologues le désir d'approfondir un peu ces pe-
tites espèces, si brillantes, si mignonnes, et auxquelles,
avec raison, l'on a donné le nom de Crystallines.
C'est pour réparer cet oubli des travaux de M. Terver,
que nous allons présenter ici le résultat de nos observa-
tions sur les coquilles de cette section, que nous portons
maintenant au nombre de huit espèces, savoir :
1° Le Zonites (Hélix) Hydatinus de Rossmassler,
2° — eudedalœus,
3° — pseudohydatinus,
4° — latebricola,
5° — (Hélix) crystallinus de Millier,
6° — subterraneus,
7° — Botterii,
8° — (Hélix) diaphanus de Stûder.
Zonites hydatinus.
Hélix Diaphana (1), Még. von Miihlferldt (teste Rossmass-
ler).
Helicella Diaphana, Beck, Ind. Moll., p. 7. 1837.
Hélix Hydatina (2), Rossmassler, Iconogr., vin, p. 36,
f. 529. 1838.
Zonites Hydatinus, Bourguignat, Cat. rais. Moll., p. 10.
1853.
Coquille perforée, laissant voir, malgré tout, l'avant-der-
nier tour. — Cinq à six tours de spire légèrement con-
vexes, s'accroissant avec régularité et séparés par une
suture un peu marginée. — Ouverture déprimée, oblique,
lunaire, à péristome simple. Bord supérieur un peu arqué;
bord columellaire à peine réfléchi.
(1) Non Hélix Diaphana, Studer, Lamarck, Krynicki, Lea, Villa.
(2) Non Hélix Hydatina, Dupuy, Terver, etc.
270 rev. et mag. de zoologie. (Juin 1856.)
Habite l'île de Corfou (Ziegler) . — Smyrne , d'après
Koth. (Dissert., p. 15. 1839.)
M. de Saulcy l'a rencontrée aux environs d'Athènes,
ainsi que Roth (Spicil. Moll, in : Malak Blatter, p. 22.
1855).
ZONITES EUDEDALiEUS
Testa angustissirae perfora ta, depressa, subcyaueo-albida, pellu-
cida, vix subiente striatula; anfractibus 6 regulariter crescentibus,
oonvexiusculis, sutura impressa srparatis; ultimo infra subplanu-
lato ; apertura oblique luuari ; peristomate recto , acuto , sirapliee ;
margine collumellari dilatato, ac iu perforatioue reflexo.
Coquille très-étroitement perforée, déprimée, transpa-
rente, brillante, d'une couleur d'un blanc bleuâtre un peu
sale, et laissant apercevoir à peine de faibles stries au
foyer du microscope. Six tours de spire un peu convexes,
s' accroissant avec régularité, et nettement séparés par la
suture. Dernier tour un peu aplati en dessous. Ouverture
oblique, lunaire, à péristome droit, simple et aigu. Bord
columellaire réfléchi, se prolongeant au tour de la perfora-
tion.
Diam., 7 mill. — Haut., 4 mill.
Cette espèce, que nous avions confondue autrefois avec
le véritable Hydatinus, a été rapportée par M. F. de
Saulcy, de Pygalia-Bassa, en Grèce.
Ce Zonite diffère de X Hydatinus par sa perforation
excessivement étroite, par sa suture, et surtout par son
bord columellaire , qui est réfléchi et qui se prolonge en
suivant le contour de la perforation.
ZONITES PSEUDOHVDAT1NUS.
Hélix Hydatina ( 1 ) Philippi, Enum. Moll. Sic, tom. II,
p. 108. 1844.
(1) Non Hélix Hydatina, Rossmassler, Roth, Bourguiguat.
TRAVAUX INÉDITS. 271
Hélix Hydatina, Dupuy, Hist. Moll. France,*p. 240, pi. xi,
hg."5 (janv.). 1849.
Zonites Oystallinus, var. B. Hydatinus, Moquin-Tandon ,
Hist. Moll. France, tom. II, p. 89. 1853.
Malgré l'opinion de M. l'abbé Dupuy, nous n'admettons
point l'espèce qu'il a désignée sous le nom d'Hélix Hyda-
tina, comme identique à XHijdatina de Rossmassler, mais
nous la distinguons sous un nom spécial, celui de Pseudo-
hydatinus.
Pour nous, qui avons eu entre les mains des échantil-
lons du véritable Hydatinus, nous avons reconnu, et voici
déjà près de trois ans de cela (voir Bourguignat, Cat. rais.
Moll. d'Orient, p. 10. 1853), que l'espèce de notre pays
ne pouvait être assimilée à celle décrite par le savant pro-
fesseur de Tharand.
Voici les différences qui existent entre le Pseudohyda-
tinus et Y Hydatinus. Le Pseudohydatinus est toujours beau-
coup plus petit ; il possède des tours de spire moins glo-
buleux, une suture non marginée, une ouverture moins
oblique, plus resserrée, et dont le bord supérieur n'est
point arqué , enfin une perforation ombilicale plus
étroite, etc.
Le Pseudohydatinus se rapproche encore du Crystalli-
nus , mais on le séparera facilement de cette dernière es-
pèce à sa taille plus considérable, à son ouverture plus
oblique, plus oblongue et moins resserrée, à ses tours de
spire s' accroissant avec plus de rapidité, etc.
Cette espèce a été indiquée sous le nom d'Hélix crys-
tallina ou d' Hydatina, dans les localités suivantes :
Environs de Naples (Hélix Hydatina, Philippi, Enum.
Moll. Sic, p. 108. 1844). — Dans les Apennins [Villa,
Disp. System. Conch., p. 17. 1841). — Dans le Portugal
[Terver, in Journ. de Conch., p. 178. 1850), — et Arthur
Morellet (Hélix crystallina, var. major. — De la Serra da Ar-
rabida).Desc. Moll. Port., p. 55. 1845. — Dans les environs
de Fernex (Dumont et MçrtUlçt). — Enfin, en France,
272 rev. et màg. de zoologie. (Juin 1856.)
dans les alluvions de la Garonne, près de Toulouse (Du-
puy, Partiot, Moquin-Tandon). — Au mont Pilât, près de
Lyon [Moquin-Tandon, Hist. Moll. France, tom. II, p. 90.
1855). — Dans les terrains d'alluvions des environs de
Lyon (Terver, in : Journ. deConch., p. 178. 1850). — En-
virons de Montpellier (d'après H. Drouet, Énum. Moll.
terr. et fluv. France cont., p. 42. 1855. Extrait Mém. Soc.
roy. de Liège, tom. X. 1855).
ZONITES LATEBBICOLA.
Testa auguste umbilicata, compressa, albidissima, diaphana, p^l-
lucida, levi, vel sublente argutissime elegaotissimeque striatula;
anfractibus 5 subplanulatis,regulariter crescentibus, sutura impre.sa
separatis; ultimo obsolète obseureque carinato, supra subplanulato,
infra cotivexo, apertura obliqua, oblougo-Iunari; peristomate recto,
acuto, simplice; margiue columellari paululum reflexo.
Coquille étroitement perforée , laissant , cependant ,
apercevoir un peu l'avant-dernier tour , comprimée, très-
blanche, pellucide, transparente, lisse ou paraissant or-
née, vue au foyer d'un microscope, de stries excessivement
fines. Cinq tours de spire presque plans , s' accroissant
régulièrement et séparés par une suture assez bien mar-
quée. Dernier tour de spire offrant une apparence de ca-
rène obsolète, due à la compression de la coquille , de
sorte qu'il est presque plan en dessus et convexe en des-
sous. Ouverture oblique, oblongue, lunaire, fortement
échancrée, à péristome droit, simple et aigu. Bord colu-
mellaire un peu réfléchi.
Haut., 2 mill. 1/4. — Diam., 5 mill.
Cette espèce a été trouvée en compagnie des Cœcilia-
nella tumulorum et subsaxana, dans des urnes lacryma-
toires provenant des tombeaux des anciens habitants de
Mégare, en Grèce (Alb. Gaudry).
Cette coquille ne peut être confondue qu'avec le Zonites
crystalhnus, mais on le distinguera de ce dernier à sa taille
plus grande, à sa forme comprimée, à son dernier tour de
TRAVAUX INÉDITS. 273
spire, offrant une obscure carène, à son ouverture plus
oblique, plus oblongue et moins arrondie, etc.
ZONITES CRYSTALLINUS.
Hélix crystallina (1), Militer, Verra. Hist. n, p. 23, n° 223.
1774.
Hélix pellucida (2), Pennant, Brit. zool. iv, p. 138. 1777.
Hélix eburnea, Hartmann, in : Neue alpina 1, p. 234.
1821.
Hélix cristallina (Helicella), Férussac, Tabl. syst., n° 223.
1822.
Zonites crystallinus, Leach, Brit. Moll., p. 105 (teste Tur-
ton, 1831).
Hélix vitrea (3), Brown, Desc. New. Shells, in : Edinb.
Journ. i, p. 12, pi. 1, f. 12-14. 1827.
Discus crystallinus, Fitzinger, syst. Verzeichn, p. 99.
1833.
Helicella crystallina, Beck, Ind. Moll., p. 7. 1837.
Polita crystallina, Held, in : Isis, p. 916. 1837.
Zonites cristallina, Leach, Moll., p. 105. 1820 (teste Gray,
ïurton, Man., p. 176. 1840.)
Cette espèce, connue de tous les conchyliologues, se
rencontre dans toute l'Europe, ainsi qu'en Algérie (Arth.
Morelet).
Bien que constant dans ses caractères généraux, ce Zo-
nite offre, toutefois, quelques variations importantes, qui,
du reste, ont déjà été constatées par M. Foudras, de Lyon.
(Voyez Terrer, observ. quelques Moll., in : Journ. de
Conch., p. 178. 1850.)
D'après les observations de MM. Foudras et Terver, le
(1) Nou Hélix crystallina, Dillwyn.
(2) Non Heliv pellucida, Adams. — Gould.
(3^ Non Hélix vitrea, Férussac. — Born.
2e série, t. nu. Année 1850. 18
£74 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Juin 1856.)
Zonites crystallinus présenterait ordinairement les trois
variétés suivantes :
1° Coq. à péristome simple et à ombilic étroit ou à peine
visible.
2° Coq. à péristome simple et à ombilic très-ouvert.
3° Coq. à péristome bordé et à ombilic très-ouvert.
Ces deux premières variétés, que nous avons reconnues
nous- même parmi les nombreux échantillons de notre
collection, forment, selon nous, ce qu'on est convenu
d'appeler Zonites crystallinus. Car nous n'avons pu trou-
ver de point de démarcation entre les individus à ombi-
lic très ouvert avec ceux à ombilic très-étroit. En un mot,
l'évasement de l'ombilic ne peut servir, chez cette espèce,
de signe caractéristique constant.
Nous en dirons autant du péristome. Nous avons con-
staté nombre d'échantillons présentant un péristome sim-
ple ou bordé, et cela sur des individus à ombilic très-ou-
vert ou très- étroit.
Nous ferons, du reste , remarquer que Draparnaud lui-
même (Hist. Moll.,p. 118. 1805), dans sa Description du
Zonites (Hélix) crystallinus, dit que cette espèce a un pé-
ristome bordé ou non bordé, et que, même dans les plan-
ches qui accompagnent son ouvrage (pi. vm, fig. 18-20),
l'on trouve, sous l'appellation d'Hélix crystallina, var. B,
la représentation d'un échantillon offrant un péristome
bordé et un ombilic très -ouvert. Caractères fournis par
MM. Fondras et Terver, à leur troisième variété.
Or, sslon nous, d'après nos observations, nous consi-
dérons toutes ces variations comme devant rentrer dans
le type de l'espèce.
Enfin ajoutons que nous n'avons pu trouver , parmi nos
échantillons, qu'une seule variété, que nous croyons de-
voir élever au fang d'espèce, sous le nom de Subterra-
neus , parce que, outre son péristome bordé et son ombi-
lic très-ouvert (caractères de la 3e variété de MM. Fou-
dras et ïerver) , nos individus possèdent une spire à tours
TRAVAUX INÉDITS. 275
f rès-renflés, et une ouverture parfaitement arrondie et non
oblongue-ovalaire.
ZONITES SUBTERRANEUS.
Testa miiiima, latc umbilicata, supra complanata, albida, dia-
phana, crystallina, laevi, vel sublontead suturam elcgantissime Stria-
tula ; aufractibus 5 convexis, profunda sutura separatis; ultimo pau-
lulum majore, rotundato, infra uou compresso; apertura lunari-
rotuudata ; peristoraate acuto, iutus albido-incrassato.
Coquille très-petite, largement ombiliquée, aplatie en
dessus, diaphane, blanchâtre, lisse, ou laissant aperce-
voir, à la loupe, de petites striations très-élégantes vers la
suture. Cinq tours de spire convexes, s' accroissant avec
régularité et profondément séparés les uns des autres par
la suture. Dernier tour ventru, arrondi et non comprimé
inférieurement ; ouverture fortement échancrée, ronde, à
péristome simple, mais intérieurement bordé.
Haut., 1 mill. 1/2. — Diam., 3 mill.
Cette nouvelle espèce provient du département de
l'Aube, où elle vit dans la forêt d'Orient, dans les envi-
rons de Vendeuvre-sur-Barse et de Troyes.
Ce Zonites subterraneus, que nous avions confondu jus-
qu'à présent avec le Crystallinus, diffère de cette dernière
coquille
1° Par son ombilic très-ouvert ;
2° Par son péristome bordé ;
3° Surtout par ses tours de spire renflés , arrondis et non
aplatis inférieurement;
4° Par son ouverture fortement échancrée et parfaitement
ronde\
5° Par sa taille plus petite, sa spire aplatie en dessus,
sa suture plus profonde, etc..
Xomtes Bottkrii.
Hélix Botterii, Parreyss, in Coll. cl. Philippi (teste, L.
276 rev. et mag. de zoologie. (Juin 1856.)
Pfeijfer, Mon. Hel. viv. supplém., t. III, p. 66. 1853).
Cette nouvelle espèce, indiquée par L. Pfeiffer, diffère
duZonites crystallinus par son ombilic plus ouvert.
Ce Zonite habite l'île de Lésine, D'après Roth (Spicil.
Moll. in Malak., Blatter, p. 22. 1855), cette coquille se
rencontrerait également aux environs d'Athènes.
Voici ce que dit, à ce sujet, ce savant auteur : « Obve-
nerunt aliae..., umbilico magno pervio praeditae, quas ad
Helicem crystallinam (Mùll.) collocarem , si non umbilici
amplitudo obstaret. Mentionem facit cl. Pfeifferus varieta-
tis cujusdam paulo apertius umbilicatae, cui Parreyssim
nomen Hel. Botterii imposuit. » Et il ajoute que ces échan-
tillons ont 2 à 2 millimètres 1/3 de diamètre sur 1 milli-
mètre de hauteur ; enfin que la coquille ne possède que
quatre tours et demi de spire , ce qui constituerait une
nouvelle différence avec le Cnjstallinus, qui offre, au con-
traire, cinq à six tours de spire.
Ce Zonites Botterii doit également se distinguer de no-
tre Subterraneus par son ouverture moins arrondie, et par
son péristome simple, aigu et non bordé.
Zonites diaphanus.
Hélix Diaphana (1), Sluder, Kurz. Verzeichn., p. 86. 1829.
Hélix Hyalina (2), (Helicella), Férussac, ïabl. syst., p. 45.
n° 224. 1822.
Vitrea Diaphana, Fitzinger, Syst. Verzeichn., p. 99. 1833.
Helicella Diaphana, Beck, Ind. Moll., p. 7, 1837.
Polita Hyalina, Held, in : Isis, p. 916. 1837.
Zonites Diaphanus, Moquin-Tandon, Hist. Moll. France,
tom. II (4e livr.), p. 90, pi. ix, f. 30 à 32. 1855.
Coquille presque entièrement déprimée en dessus, im-
(1) Non Hélix diaphana, M. V. Muhlferldt, Lamarck, Krynicki ,
Lea, Villa.
(2J Non Hélix Hyalina, le Guillou, Adams.
TRAVAUX INÉDITS. 277
perforée et à peine munie d'une dépression ombilicale à la
place de l'ombilic. Ouverture très -resserrée , demi-ovale
et fortement échancrée par l'avant-dernier tour. Cinq à six
tours de spire, serrés les uns contre les autres et séparés
par une suture superficielle.
Comme on le voit par ces caractères , cette espèce se
distingue du Crystallinus par son manque d'ombilic, par
son ouverture plus rétrécie, par sa suture superficielle, etc.
Ce Zonite est généralement assez rare dans les contrées
qu'il habite On l'a rencontré, jusqu'à ce jour, en Allema-
gne, en Suède, en Suisse, en Italie , en France et en An-
gleterre.
Nous croyons que l'on doit retrancher des synonymies
de ce mollusque celles indiquées par L. Pfeiffer, dans sa
Monographie des Hélices vivantes (tom. 1er, p. 59. 1848),
sous les mots suivants :
Hélix contorta, Held, in : Isis, p. 304. 1837.
— — Krynicki, in : Bull. soc. Moscou, tom. ix, p. 168.
1837.
Et Polita contorta, Held, in : Isis, p. 916. 1837.
Ce mollusque, en effet, désigné sous le nom de Con-
torta , est une espèce du Caucase dont les caractères spé-
cifiques ne peuvent se rapporter à celle-ci.
M. Moquin-Tandon a eu raison d'adopter le vocable
Diaphanus, à la place de celui proposé par Férussac, en
1822, sous l'appellation d'Hyalinus, puisque cette déno-
mination ne se trouve suivie d'aucuns caractères spécifi-
ques, et que c'est Rossmassler seul qui a consacré ce nom
en 1838, en donnant la description de cette espèce.
Or Studer, dès 1829, avait publié la diagnose de cette
même coquille sous le vocable Diaphanus.
MÉiMoiRE sur les gale-insectes de l'Olivier, du Citronnier,
de l'Oranger, du Laurier-Hose, et sur les maladies qu'ils
278 rev. et mag. de zoologie. (Juin 1856.)
y occasionnent dans la province de Nice et dans le dé-
partement du Var, par le docteur J. B. Rorineau-Des-
voidy. (Voir 1856, p. 121, 180.)
La lecture de Geoffroy m'avait initié aux mœurs de la
Cochenille des serres, qui vit principalement sur le Citron-
nier. A Menton, à Beaulieu, les Citronniers sont couverts
des cocons de cet animal. Je déchire le tissu de ces cocons,
il en sort des milliers de petits attendant les rayons du
premier soleil pour commencer leur existence de destruc-
tion. Je retrouve une multitude de ces mêmes petits et
bon nombre de mères sur les feuilles et sur les branches ;
l'ennemi est reconnu. Il ne me reste plus de doute ; le
Citronnier doit sa maladie à la présence continuelle et à
la vie non interrompue de ces Cochenilles sur un arbre
dont la végétation ne se repose presque pas. Sous le ciel
du Midi je retrouve les faits observés dans les serres du
Nord- La fumagine de ïurpin est la véritable morfée de
Loquez et de Risso , seulement elle opère sur des espaces
plus considérables , ainsi que sur des végétaux plus nom-
breux et doués d'une plus grande énergie vitale. Ici la
maladie provient de ces myriades de Cochenilles, dont les
piqûres incessantes privent l'arbre de ses sucs nourriciers,
l'énervent, le rendent presque stérile, le font tomber dans
la langueur et le marasme. Au milieu de ces accidents, la
moisissure de Loquez, la morfée, puisqu'il faut l'appeler
par son nom, survient, amenant de nouveaux désordres et
entretenant les anciens ; elle prend possession entière de
l'arbre et expulse souvent les premiers propriétaires, qui
ne trouvent bientôt plus des sucs suffisants et convenables
à leur appétit. Durant mon séjour dans la province de
Nice, j'ai observé avec soin les frêles et les nouvelles
pousses du Citronnier ; toutes étaient déjà occupées par
de jeunes Cochenilles. Ainsi l'arbre n'éprouve point de
trêve; il est attaqué à chaque effort de végétation.
Maintenant il est facile de concevoir pourquoi la morfée
TRAVAUX INÉDITS. 279
fleurit surtout dans les localités où la Cochenille aime à
pulluler; c'est qu'il faut une sève luxuriante pour l'exces-
sive multiplication de l'insecte; c'est que cette môme sève,
ainsi viciée, fournit encore à la morfée là plus favorable
condition de triomphe.
Pour moi , l'existence de la morféé sur le Citronnier est
due à l'existence antérieure et aux ravages du Cocctjs àdo-
nidum. On peut, chaque jour, vérifier ce fait daris les
serres.
Mais la morfée n'est pas exclusivement propre aux con-
trées méridionales ; nous pouvons la rericontrer sut1 plu-
sieurs végétaux du Nord.
Elle ne reconnaît pas non plus pour origine unique la
piqûre des seuls Gale -Insectes. Tout insecte phytophage
de l'ordre des hémiptères, et principalement le puceron ,
peut la faire éclore, ainsi qu'il est aisé de s'en assurer par
des exemples sans nombre.
Les arbres non plus n'ont pas seuls le privilège d'être
infestés par ce fléau, que j'ai rencontré sur une foule de
plantes herbacées qui toutes avaient été cruellement mal-
traitées par des hôtes antérieurs.
Partout et toujours nous trouvons l'apparition de la
morfée subordonnée à celle d'un insecte. Elle ne se mani-
feste d'abord que sur des végétaux déjà viciés, sur des
tissus déjà en souffrance; elle n'est donc qu'un épiphéno-
mène dans la série des accidents qui accompagnent et
suivent les incalculables piqûres des animaux qui le pré-
cèdent.
L'honorable et excellent M. Roubandi, de Nice, dit
avoir plusieurs fois procuré cette affection à des branches
saines d'Olivier qu'il avait séquestrées et mises en contact
avec l'insecte.
Quant à la rapidité, parfois prodigieuse, de son déve-
loppement, quant à l'intensité de son action, on ne sau-
rait les expliquer que par l'étude des milieux où elles se
font sentir.
280 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. [Juin 1856.)
On ne saurait rien préjuger sur la durée de ce fléau ; on
m'a fait voir des jardins de Citronniers malades depuis
plusieurs années. Parfois la morfée disparaît insensible-
ment, et les Citronniers reviennent peu à peu à la santé ;
d'autres fois elle s'éloigne d'une manière assez brusque,
pour se jeter sur quelque localité plus ou moins éloignée;
mais elle aura laissé partout les traces irrécusables de son
séjour.
Quand elle a comme imprégné toute sa substance et
tous les tissus d'un arbre, on ne peut nier que la morfée
devient une maladie véritable, la maladie principale, et
qui finit par jouer le rôle le plus important. Cet arbre n'a
plus besoin, désormais, de la piqûre des insectes pour
produire des feuilles et des tiges infestées. La morfée suf-
fit. Comme elle n'a point quitté les parties malades depuis
longtemps, et comme elle s'est presque identifiée avec le
végétal , on conçoit aisément que tout produit de la
végétation est condamné à l'avance, et que les nouvelles
tiges et les nouvelles feuilles subiront, dès leur apparition,
le sort de celles qui les précédèrent. Il importe de ne
point perdre de vue cette considération, lorsqu'on veut
apprécier rigoureusement la marche des phénomènes.
La morfée se substitue donc à la cause première de la
maladie; elle survit aux causes qui l'ont produite, et,
dans l'influence de conditions favorables, on la voit attein-
dre au rang et au titre d'affection prédominante; sous ce
rapport, elle est comparable aux affections psoriques qui
affligent le tissu cutané des animaux. C'est pour n'avoir
pas tenu compte de ce rôle nouveau que les auteurs qui
ont écrit sur elle ont été portés à lui attribuer une ori-
gine spéciale, et une souveraine importance que réelle-
ment elle ne possède pas.
Comme je l'ai déjà avancé, la morfée appartient aux
végétaux du nord comme à ceux du midi de la France.
Dans le nord, elle ne jouit que d'une courte existence sur
les feuilles caduques de nos végétaux. Nous n'y reconnais-
TRAVAUX INÉDITS. 281
sons de continuité que sur les arbustes cultivés dans les
serres. Il n'en est pas de même dans le département du
Var et dans la province de Nice, où la température a per-
mis l'acclimatation de plusieurs arbres à feuilles persis-
tantes. Sous l'influence d'une vie presque toujours en ac-
tion, la morfée, une fois installée,. y trouve des aliments
continuels pour sa conservation et sa propagation. Comme
elle peut fournir une carrière de plusieurs années, elle
s'accumule sans cesse sur les arbres, et finit par les cou-
vrir en totalité des vêtements hideux qui la signalent et
l'annoncent au loin.
Quels remèdes employer contre un fléau qui dévaste et
couvre des jardins, des champs, des plaines, des vallées et
des provinces entières? Les efforts de l'homme sont vains
devant cette immensité du mal. A l'exemple des cultiva-
teurs de Nice, ne reste-t-il donc plus qu'à s'écrier : « Le
« ciel le veut! » Un d'entre eux m'apostropha ainsi :
« Monsieur, nos Citronniers et nos Orangers étaient ma-
« lades; la maladie vient d'attaquer nos Vignes et nos
« Pommes de terre; il ne nous reste donc plus qu'à mou-
« rir de faim ! » Plusieurs m'ont répété : « Nous touchons
« aux temps prédits par les Livres saints : Dieu va livrer
« les nations en proie à toutes les espèces de famines ; la
« fin du monde est proche! »
La résignation devient, en effet, le seul refuge du pro-
priétaire et du cultivateur; lorsque la morfée les oppresse,
il ne leur reste plus qu'à arracher leurs arbres, à complé-
ter leur ruine de leurs propres mains, ou à attendre un
avenir incertain et peut-être fort éloigné. A Beaulieu, sur
la paroisse de Villafranca, on ne récolte plus d'Olives de-
puis quatorze ans. Bien plus, et on ne saurait se le dissi-
muler, le fléau, depuis l'époque de son invasion, gagne
en étendue et en intensité. Chaque année, il avance de
quelques pas; chaque année ses coups sont plus sûrs, plus
cruels, et son action plus désastreuse.
Les jardiniers du Nord sont plus heureux. Le mal est
282 REV. ET MAG. DE zoologie. (Juin 1856.)
rarement assez intense pour amener la complète destruc-
tion des arbustes de leurs serres ; de plus, il leur est loi-
sible, vers la fin de l'hiver, de brosser, de racler, d'émon-
der les feuilles et les tiges de leurs Orangers, occupées
par la Cochenille ou par le Kermès. Cette opération, con-
tinuée quelque temps avec persévérance, met bientôt ces
arbres à l'abri de tout péril.
Dans ce récit court et rapide, j'ai exposé l'origine et la
marche de la morfée ; je l'ai surtout étudiée dans ses rap-
ports avec le Coccus Adonidum, ou la cochenille qui vit plus
particulièrement sur les arbres des genres Limonier, Ci-
tronnier, Cédratier et Pimplemousier, soit qu'elle en digère
mieux les sucs, soit parce que leurs écorces sont plus ten-
dres. Menton avec Beaulieu, où ces mêmes arbres sont
cultivés de préférence, est la localité que cet insecte aime
de prédilection. Là est le vrai théâtre de son triomphe.
On le rencontre aussi, mais moins abondant, sur les Ci-
tronniers de Nice et sur ceux d'Hyères.
Ce même insecte a pareillement envahi les Orangers et
même l'Olivier, auxquels il ne paraît pas avoir encore ap-
porté de grands préjudices.
Dans le Nord, il s'est jeté sur la Vigne. Je l'ai rencon-
tré, l'an passé, sur une treille du jardin de*s Plantes, à Pa-
ris. Enfin j'ai vu, à Auxerre, une autre treille où, par sa
trop grande multiplication, il avait occasionné la plupart
des accidents produits par ce qu'on nomme la maladie de
la vigne.
Sur le Kermès hesperidum, Linn.
Coccus Hesperidum, Linri., faun. suec, n° 722.
Geoffroy, tom. I, pag. 515, n°2, le Kermès des Oran-
gers.
Cet insecte, abondant sur la famille des Orangers, n'a
pas manqué d'observateurs dans le siècle dernier. LaHire,
Sedilleau, Réaumur et plusieurs autres en ont donné
TRAVAUX INÉDITS. 283
l'histoire, et l'ont souvent désigné sous le nom de Pou ou
Punaise de V Oranger.
La plupart des écrivains s'accordent à dire que son ex-
cessive multiplication amène de graves désordres sur l'ar-
bre qui en est infesté. A son occasion, Réaumur a signalé,
mais non reconnu la morfée, lorsque, traitant de ces in-
sectes dans le Pêcher, il dit : « Les feuilles et les fruits
« qui sont au-dessous des branches trop peuplées de Gale-
ce Insectes sont quelquefois salis et noirs par l'eau qui,
« après avoir lavé les insectes, tombe sur ces feuilles et
« ces fruits. »
Quant à ce qui concerne l'origine de cette espèce,
Geoffroy se contente d écrire qu'elle habite dans les serres.
Linné la place également parmi les Coccus des serres
chaudes : il la fait vivre sur les arbres verts de serres, tels
que le Citronnier, le Laurier, le Quassia : « Habitat in dr-
a boribus semper virentibut hybernaculis, ut Citri, Lauri,
« Quassiœ. » Dans un autre endroit {System, naturœ), il
est plus explicite, ainsi que nous l'avons déjà exposé :
« Coccus Besperidum : habitat in Americœ, Africœ, non in
« Europœ calidioribus arboribus. » « La Corhentlle des Oran-
« gers habite l'Amérique, l'Afrique; on ne la trouve point
« sur les arbres des contrées les plus chaudes de l'Eu-
« rope. » Il ne lui reconnaissait donc pas une origine eu-
ropéenne.
A Nice et dans la France méridionale, on la rencontre
sur tous les Orangers et souvent sur les Citronniers, les
Lauriers et le Nérium. Etle cause de grands ravages sur les
Orangers, et elle y amène fréquemment la mort du Lau-
rier-Rose.
La morfée accompagne et suit toujours la présence de
cet insecte, moins désastreux que le Coccus Adonidum.
C'est de la morfée, par les piqûres de ces insectes, que
parle Loquez, lorsqu'il écrit que cette maladie commence
à s'introduire dans les jardins de Nice et d'Hyères.
284. rev. et mag. de zoologie. (Juin 1856.)
Sur le Kermès olea, Bern.
Bernard, Recueil de l'Académie de Marseille, 1782.
Olivier, Encyclop. méthodiq.
En 1782, l'Académie de Marseille couronna le Mémoire
de Bernard sur l'Olivier. Bernard fut directeur adjoint
de l'observatoire de la marine de Marseille, et correspon-
dant de l'Académie des sciences de Paris.
Il fit connaître le Kermès de l'Olivier et celui du Figuier.
« J'ai observé, dit-il (page 108), sur toute la côte, de-
« puis Marseille jusqu'à Antibes, des Kermès sur les Oli-
« viers. Dans plusieurs localités, cet insecte était tellement
« multiplié, que beaucoup de particuliers avaient été dans
« le cas de couper les grosses branches de leurs Oliviers
« et avaient entièrement renouvelé leurs arbres. »
Tel est le premier signalement de cet insecte qui, de
nos jours, joue un des rôles les plus considérables dans
les maladies des arbres à feuilles persistantes du midi de
la France et du nord de l'Italie.
Bernard décrit cet insecte, et nous apprend ce qu'une
observation longue et attentive lui a enseigné sur ses
mœurs. Il a constaté que la femelle pouvait pondre jus-
qu'à deux mille œufs.
ce Les Kermès qui naissent sur les arbres qui se dépouil-
le lent de leurs feuilles ont une vie relative à l'état de
« leurs arbres. Mais l'Olivier, étant presque toujours en
« sève, le Kermès, qui lui est particulier, s'y peut renou-
« vêler dans toutes les saisons. On en trouve avec des
« œufs pendant tout l'été... Il m'a paru que le Kermès ne
« nuisait pas autant à la durée de l'Olivier qu'à celle du
« Figuier; mais l'effet est presque toujours le même pour
« le propriétaire : dès qu'il n'a point de fruits, c'est comme
« s'il n'avait pas d'arbres. »
[ta suite prochainement.)
SOCIÉTÉS SAVANTES. 285
II. SOCIÉTÉS SAVANTES.
Académie des sciences de Paris.
Séance du Qjuin 1856. — M. Serres lit une Note sur les
développements primitifs, la formation de l'œuf, la vésicule
ovigène et germinative , la condition primordiale de la du-
plicité monstrueuse. Nous nous bornerons à citer les con-
clusions de cet intéressant travail : « 1° L'œuf pst le pro-
duit de la vésicule ovigène (vésicule de Graaffj ; 2° la
vésicule germinative est la première partie de l'œuf qui se
développe; 3° autour de la vésicule germinative appa-
raissent, en premier lieu, le nuculus prolifère, et en se-
cond lieu le vitellus et la membrane propre ; 4° chez les
vertébrés, l'œuf se détache de la vésicule ovigène, et il se
développe, ainsi que l'embryon, en dehors de l'influence
de cette vésicule ; chez les invertébrés, au contraire, la
vésicule ovigène reste inhérente à l'œuf, et elle prend
part à son développement, ainsi qu'à celui de l'embryon;
5° de la présence ou de l'absence de la vésicule ovigène,
dans la composition de l'œuf des deux embranchements
du règne animal, résultent des différences notables dans
leur embryogénie comparée ; 6° la vésicule germinative
est, chez les vertébrés , l'élément fondamental de l'œuf et
le radical de leur embryon ; le nuculus prolifère et le vi-
tellus sont les satellites de cette vésicule primordiale ;
7° de l'unité ordinaire de la vésicule germinative dans la
vésicule ovigène résultent l'unité du jaune et l'unité de
l'embryon; de la pluralité des vésicules germinatives dans
l'intérieur d'une même vésicule ovigène résulte, à son
tour, la pluralité des cumulus et des vitellus ; il y a tou-
jours autant de vitellus et de cumulus qu'il y a de vési-
cules germinatives ; 8° qu'il y ait une ou plusieurs vési-
cules germinatives dans la même vésicule ovigène, les
développements de l'œuf et de l'embryon s'opèrent tou-
jours de la même manière et d'après les mêmes règles ;
286 rev. et mag. de zoologie. (Juin 1856.)
seulement, dans les cas de pluralité d'ovules dans une vé-
sicule ovigène unique, l'étroitesse du champ des dévelop-
pements fait que les ovules s'associent pour accomplir
leurs évolutions; 9° enfin, dans ces derniers cas encore, la
condition primordiale de l'association des ovules et des
embryons a lieu tantôt par la réunion homaeozygique de
deux vitellus, tantôt par celle des deux allantoïdes, selon
que la réunion s'opère par le plan supérieur au dia-
phragme, ou qu'elle s'effectue par le plan inférieur à cette
cloison. »
M. Duméril fait hommage à l'Académie d'un volume
in -4° de plus de 500 pages ayant pour titre Ichthyologie
analytique. Il saisit cette occasion pour présenter quel-
ques observations générales sur la marche qui lui paraît
la plus convenable à suivre dans l'étude de l'histoire na-
turelle, et donne ensuite un aperçu de son livre , dont le
principal but est de rendre plus faciles la connaissance et
la distinction des poissons, à l'aide de tableaux synopti-
ques qui font parvenir à la détermination des genres.
M. Valencienms fait la description, sous le nom de
Félin Tulliana, d'une nouvelle espèce de Panthère tuée, par
M. Tchihatcheff, à Ninfi, village situé à 8 lieues est de
Sraynie.
Cette espèce, dont la taille égale celle de nos plus
grandes Panthères africaines, a le pelage cendré ou gris
légèrement roussâtre, peu chargé de taches en larges roses
ou cercles mal fermés sur les flancs : sur les épaules et sur
les cuisses, ces taches sont un peu plus petites ; à partir du
poignet ou du tarse, elles deviennent de gros points
noirs que Von retrouve sur la tète et un peu sur le cou.
Les taches ou roses arrondies se continuent sur le dos de
la queue. Celle-ci, très-caractéristique, est plus longue
que le corps entier de l'animal ; le poil fin qui la recouvre
s'allonge de plus en plus à mesure qu'il s'approche de
l'extrémité, de sorte que le dernier tiers de la queue de
cette Panthère est plus gros ou plus touffu que la racine ;
SOCIÉTÉS SAVANTES. 287
c'est précisément le contraire de ce qui existe chez toutes
les autres Panthères indiennes ou africaines. La distance
du bout du nez à sa racine est aussi plus longue. Cet en-
semble de caractères paraît suffisant à M. Valencicnnes
pour faire distinguer cette espèce de toutes ses congé-
nères.
M. E. Gintrao présente une Note sur un monstre enencé-
phalien qui, pour lui, constitue un genre nouveau de
monstruosité auquel il donne le nom de Pleur encéphale.
M. Jobard, de Bruxelles, rappelle, à l'occasion d'une
communication récente de M. Rouget sur Y appareil d'adap-
tation de l'œil des vertébrés , qu'il a lui-même, dans une
note lue à l'Académie le 18 juin 1855, fait pressentir la
nécessité d'appareils servant à produire ce qu'il désignait
sous le nom de la mise au point de l'œil. M. Jobard soup-
çonne que l'œil est muni de divers appareils qui le ren-
dent propre à la vision distincte de loin comme de près;
depuis longtemps même il a émis l'idée que les muscles
moteurs de l'œil pouvaient contribuer à produire cet
effet, n'ayant pas seulement pour fonction de changer la
direction de l'organe, mais agissant aussi de manière à le
modifier dans sa forme.
Séance du 9 juin 1856. — M. Serres lit un Mémoire sur
l'ordre de format on de la vésicule ovigème et de la vésicule
germinative, et sur l'étiologie de la duplicité monstrueuse.
Dans ce nouveau travail, le savant anatomiste développe
plus amplement quelques-unes des propositions qu'il avait
"mises dans la séance précédente et arrive aux mêmes
conclusions.
M. de Quatrefages présente,^ui nom de M. Jacquart, un
Mémoire sur l'appareil circulatoire sanguin chez le serpent
V g thon.
M. Schulize, en faisant hommage à l'Académie de deux
opuscules qu'il a publiés sur les monstres doubles, présente
un petit résumé de l'ensemble <!es recherches qu'il a laites
à ce sujet. L'auteur se prononce pour une opinion analo-
288 rev. et mag. de zoologie. (Juin 1856.)
gue à celle qu'a émise M. Coste dans les séances de mars
et avril 1855, que les monstres doubles « naissent, par une
différenciation primitive et simultanée , dans des œufs
dont le vitellus contient deux vésicules germinatives » ou
deux foyers d'action. Les faits embryologiques dissipent,
pour lui, tous les doutes qui pourraient rester à ce sujet.
Séance du 16 juin 1856. — M. Emm. Rousseau présente
un Mémoire sur la dentition des Cétacés.
Une partie de ce travail est relative à la Baleine franche
et à la position qu'occupent les fanons dans la bouche de
ces Cétacés.
M. Waller adresse une Note relative à Y élude de l'œil
sur le vivant. En produisant Yeaophthalmose artificielle du
globe de l'œil d'un Lapin, d'un Cochon d'Inde ou d'un
Surmulot, ce que l'on obtient en écartant fortement les
paupières, on peut, selon l'auteur, observer les images
des objets lumineux qui se forment sur le fond du globe
oculaire, et examiner, dans les vaisseaux de l'iris, des
corps et des procès ciliaires, et, dans la choroïde, la cir-
culation du sang sous le microscope.
MM. Guérin et Eug. Robert, en adressant un exem-
plaire d'un ouvrage qu'ils ont publié en commun sous le
titre de « Guide de l1 éleveur de vers à soie, » appellent l'at-
tention de l'Académie sur les efforts qu'ils n'ont cessé de
faire dépuis plusieurs années pour répandre parmi les
petits éducateurs les connaissances qui doivent rendre
plus profitable pour eux ce genre d'industrie.
« C'est dans ce but, disent-ils, que nous avons publié
un journal dont le prix fut accessible au moindre paysan,
et la même idée a présidé ^ la fixation du prix du Ther-
momètre-guide des magnaniers , qui deviendra ainsi,
nous l'espérons, un instrument populaire. Ayant remarqué
surtout que les gens des campagnes attachaient peu d'im-
portance à un changement de température de deux ou
trois degrés, parce que dans les thermomètres ordinaires
chaque degré est à peine visible, nous avons imaginé d'en
ANALYSES d' OUVRAGES NOUVEAUX. 289
faire construire un spécialement destiné aux petits édu-
cateurs, et ne marquant que les températures qu'ils ont
besoin de connaître pour conduire sûrement leurs vers à
soie, ce qui a permis d'avoir des degrés de près de 1 cen-
timètre de longueur. Avec ce petit livre et ce thermo-
mètre, tout agriculteur, dans quelque condition qu'il se
trouve, pourra conduire une éducation de vers à soie et
la mener à bien, s'il suit les conseils qui lui sont donnés,
et s'il imite ainsi la pratique simple et facile au moyen de
laquelle nous faisons constamment réussir les éducations
chez les agriculteurs que nous pouvons visiter. »
Séance du 23 juin 1856. — M. Henry Muller adresse
une réclamation de priorité à l'occasion de la communica-
tion de M. Rouget sur l'appareil d'adaptation de l'œil.
Il résulte de cette réclamation que le muscle ciliaire
annulaire, qui se montre au niveau du bord adhérent des
procès ciliaires, en dedans des faisceaux du muscle ciliaire
radié, muscle ciliaire annulaire qui paraît jouer un grand
rôle dans le mécanisme de l'adaptation de l'œil, aurait
été découvert par M. Henry Muller en 1855, et aurait été
communiqué par lui , en novembre dernier, à la Société
physico-médicale de Wurzbourg.
III. ANALYSES D'OUVRAGES NOUVEAUX.
Collection iconographique des Animaux utiles et d'agré-
ment, Mammifères, Oiseaux, Poissons, Insectes, pou-
vant servir d'atlas au Bulletin de la Société impériale
d'acclimatation et à l'ouvrage de M. Isidore Geoffroy
Saint-Hilaire sur l'acclimatation des animaux. Dédiée à
la Société impériale d'acclimatation, par M. Werner,
chevalier de la Légion d'honneur, peintre au Muséum
d'histoire naturelle, ln-fol. Chez l'auteur, rue des Bou-
langers-Saint-Victor, 17.
Le nom de l'auteur de ce bel ouvrage le recommande
2e sérib. t. via. Année 1836. 19
290 rev. et mag. de zoologie. (Juin 1856.)
suffisamment, car il appartient à l'un de nos premiers
peintres de zoologie, dont les ouvrages sont partout con-
nus, estimés et admirés. M. Werner a eu une heureuse
idée en entreprenant de donner aux nombreux membres
de la Société d'acclimatation le portrait des animaux
qu'elle introduit ou qu'elle tente d'introduire dans des
pays où ils peuvent rendre des services. Au moyen de
cette fidèle et élégante représentation , chacun peut se
faire une idée exacte de l'intérêt des tentatives faites dans
divers lieux, et l'on comprendra mieux les notices et mé-
moires qui paraissent dans nos Bulletins.
L'ouvrage de M. Werner sera composé de 40 planches
coloriées et divisé en 10 livraisons du prix de 4 fr. 50 c,
et ce prix est réduit à 3 fr. 50 c. pour les membres de la
Société d'acclimatation. Trois livraisons sont en vente;
elles contiennent la représentation fidèle et élégante de
l'Alpaca, de la Chèvre d'Angora, du Hocco, du Silure
d'Europe, du Yack, du Casoar, de la Perruche ondulée ,
du Ver à soie du Ricin , du grand Kanguroo, du Chin-
chilla, du Colin huppé et du Ver à soie du chêne. (G.-M.)
The Butterflies , etc. — Les Papillons de la Grande-
Bretagne avec leurs transformations, dessinés et décrits
par J. O. Westwood. 1 vol. grand in-8, Londres, 1855.
Notre infatigable ami vient encore de contribuer au
progrès de l'entomologie, qui lui en doit déjà tant, en
publiant, sous la forme la plus séduisante, un de ces ex-
cellents ouvrages auxquels il a, depuis longtemps, accou-
tumé le public. Tout en donnant un délicieux album des
Papillons de l'Angleterre , il a pensé à la partie sérieuse
de son sujet, et l'on retrouve dans ce joli livre, qui est
plus spécialement adressé aux gens du monde , le cachet
du vrai savant à chaque page et sur chaque planche.
Dans une introduction de 36 pages qui est un véritable
modèle, M. Westwood a résumé tout ce que l'on sait sur
ANALYSES d'OIVRACES NOUVEAUX. 291
l'organisation et la physiologie des Lépidoptères, en don-
nant deux planches de ces détails anatomiques qu'il sait
si bien reproduire. Le reste du livre offre la description de
toutes les espèces, des détails précieux sur leurs mœurs à
l'état de larves et d'insectes parfaits, sur les divers pays
qu'elles habitent et sur le tort que leurs larves font à
l'agriculture. Ce qui donne surtout à ce livre un caractère
nouveau et un grand intérêt, c'est que M. Westwood a
toujours représenté, avec chaque Papillon, la chrysalide,
la chenille et la plante sur laquelle elle vit. (G. -M.)
Proceedings, etc. — Procès-verbaux de la Société zoolo-
gique de Londres, années 1853 et 1854.
Nous recevons aujourd'hui seulement ces deux années
des Proceedings, et nous ne savons si elles ont paru en
temps utile. Cependant il est plus que probable qu'elles
ont été en retard de plus d'une année, puisque nous
n'avons pas reçu le volume de 1855. Ce retard dans une
publication de cette importance est une chose fâcheuse et
peut faire naître de graves discussions de priorité, en per-
mettant à des zoologistes de considérer comme nouvelles
et de publier ainsi des espèces décrites depuis plus d'un
an dans ces procès-verbaux, qui ne parviennent au public
savant que longtemps après. Pourquoi la Société zoolo-
gique de Londres ne publierait-elle pas ses procès-ver-
baux mensuellement, comme l'Académie des sciences
publie ses comptes rendus?
Quoi qu'il en soit, les deux volumes que nous avons
sous les yeux sont magnifiques; ils contiennent de nom-
breux documents et de très-belles planches , et il est im-
possible qu'un zoologiste se tienne au courant des nom-
breux et utiles travaux qui se font en Angleterre sans
posséder cet important recueil. (G. -M.)
292 REV. ET MAC DE zoologie. (Juin 1856.)
IV. MÉLANGES ET NOUVELLES.
Résumé de l'allocution du prince Ch. Bonaparte au
Congrès des Ornithologistes, à Cothen.
Considérations sur l'espèce.
L'arbitraire et l'anarchie sont les pires des conditions,
et sont particulièrement insupportables en fait de science.
C'est sous un tel régime, cependant, que se trouve
placé le plus beau domaine de l'histoire naturelle, car
c'est arbitrairement et anarchiquement, on peut le dire
avec assurance, qu'ont été établies la plupart des espèces
modernes, qui, suivant le caprice du fondateur, prennent
indifféremment les noms d'espèce, race ou variété. Cet
état de choses doit cesser.
Ce n'est, à proprement parler, que depuis Linné que la
détermination des espèces vivantes telle que nous la pour-
suivons de nos jours a pris des principes solides. Celle des
différents types des espèces perdues formera pour la. pos-
térité le principal titre de gloire de l'immortel Cuvier.
C'est à la comparaison de ces deux catégories d'espèces,
et pour ainsi dire à la vérification de leur filiation, que
vient de se vouer, en Amérique, un des plus grands zoo-
logistes de notre temps, Agassiz.
Mais , avant tout , qu'est-ce que l'espèce ? ou , pour
parler plus explicitement encore, faut-il admettre la fixité
de l'espèce ou sa variabilité? Telles sont les questions
préalables , et sur lesquelles il est indispensable de s'en-
tendre d'abord clairement. Soutenir absolument l'hypo-
thèse de la fixité n'est rien moins que soutenir une thèse
absurde, et qui l'est tellement que son absurdité saute aux
yeux des hommes les moins versés dans la science ; et,
d'autre part, soutenir sans réserve, sans l'expliquer ni la
circonscrire, celle de la variabilité, ce serait entraîner la
science dans un chaos où nulle méthode ne pourrait plus
pénétrer.
MÉLANGES ET NOUVELLES. 293
Proclamons donc avec un des plus lucides esprits de
notre siècle, avec le professeur Isidore Geoffroy Saint-
Hilaire, que « les caractères des espèces ne sont ni abso-
lument fixes ni surtout indéfiniment variables. Ils sont
fixes pour chaque espèce , tant qu'elle se perpétue au
milieu des mêmes circonstances ; ils se modifient si les
circonstances ambiantes viennent à changer. »
Les circonstances étant permanentes, les espèces le
sont aussi. L'influence conservatrice agit seule avec toute
la plénitude de ses forces.
L'influence modificatrice ne peut lutter contre elle
qu'en faisant changer à l'espèce de monde ambiant.
De là les limites bien étroites des variations observées
chez les animaux sauvages.
De là aussi l'extrême variabilité des animaux domesti-
ques. Les races, pour la plupart géographiques, se recon-
naissent à des modifications qui sont plus ou moins tran-
sitoires, comme les circonstances qui les ont produites, et
qui sont ordinairement l'expansion graduelle, conséquence
de la multiplication des individus, ainsi que les différences
plus ou moins notables d'habitat, de climat, de régime et
même d'habitudes. Mais ces races , quelque tranchées
qu'elles puissent paraître, cessent d'exister avec les cir-
constances qui les ont produites , ou du moins ne subsis-
tent pas longtemps après cette cessation.
Leur existence temporaire ne peut être mieux comparée
qu'à celle des hybrides, qui, bien que féconds, ne se re-
produisent pas régulièrement ou s'éteignent , en retour-
nant à l'une des espèces dont ils proviennent par l'effet
des croisements répétés. Les passages entre les différentes
races et leurs types sont les meilleures preuves que nous
puissions fournir pour abolir les fausses espèces et les re-
léguer parmi les races, dont le vrai zoologiste ne doit
pourtant pas s'occuper avec moins d'ardeur.
Si nos assertions avaient besoin de preuves, les ani-
maux domestiques qui, en redevenant sauvages, revien-
294 REV. ET MAC DE zoologie. (Juin 1856.)
nent au type primitif dont ils s'étaient écartés par des
différences tellement grandes que, dans l'état de nature,
elles seraient génériques, nous en fourniraient de solen-
nelles et d'irrécusables.
Et après ces exemples que nous avons journellement
sous les yeux, et qui sont si éclatants qu'il faudrait être
aveugle pour ne les point voir, qui pourrait douter de la
filiation des espèces qui ont dû évidemment se modifier à
travers les siècles et les cataclysmes de notre globe ? La
fixité absolue, nous le répétons, est absurde, et ce n'est
qu'en élevant l'absurdité à la seconde puissance que les
anthropologistes qui la soutiennent peuvent, dans leur
inconséquence, s'accorder cependant avec nous sur l'unité
d'origine des diverses races humaines ! Opposera-t-on à
notre doctrine palpable de la variabilité limitée celle des
créations successives et celle dite de transition ? Mais les
anciens animaux perdus dont nous voyons de tous côtés
les analogues seraient-ils donc tous morts sans postérité?
Nous le proclamons avec pleine conviction, les Crocodiles,
les Éléphants, les Rhinocéros antédiluviens sont les an-
cêtres de ceux qui se propagent à notre époque, et il serait
impossible à leur postérité de subsister sans les modifica-
tions variées qu'a dû subir l'organisation primitive con-
formément aux circonstances, qui sont devenues, relative-
ment à cette postérité , une seconde nature. Et je dis
modifications variées, parce qu'il est évident que le nom-
bre des espèces tend continuellement à s'accroître, loin de
diminuer.
C'est pourquoi, dans l'ordre actuel des choses, nous trou-
vons excellente la définition de l'espèce donnée par le
professeur Isidore Geoffroy Saint-Hilaire : « L'espèce est
une collection ou une suite d'individus caractérisés par un
ensemble de traits distinctifs dont la transmission est na-
turelle , régulière et indéfinie dans l'ordre actuel des
choses. » Et nous la répétons ici dans l'espoir que, sanc-
tionnée par la haute autorité du Congrès des Ornitholo-
MÉLANGES ET NOUVELLES. 295
gistes allemands, elle pourra, du moins, servir de guide
pour conduire à l'adoption des bonnes espèces d'Oiseaux
et à l'expulsion des mauvaises du catalogue de la science.
COCONS ANDRÉ- JE AN ET BRONSKI.
Dans un compte rendu de la partie séricicole de l'Ex-
position universelle , qui va paraître dans «n beau livre
actuellement sous presse et ayant pour titre , le travail
universel, Revue complète des OEuvres de l'art et de Vin-
dustrie exposées à Paris en 1855, j'ai étudié la question de
la fameuse race de cocons blancs, connue sous le nom de
Race André- Jean et Rronski. Cette question intéressant au
plus haut degré tous les éducateurs de vers à soie , je crois
bien faire en donnant le fragment inédit suivant de ce
compte rendu.
« Depuis longtemps on voit, aux expositions agricoles
et industrielles, de gros cocons blancs et des échantillons
de soies d'un blanc merveilleux, artistement arrangés sur
papier bleu , relevés de manière à faire mieux jouer la lu-
mière, ce que l'on ne peut faire quand on expose sérieu-
sement des flottes de fabriques, comme le font nos grands
fileurs et comme on en voyait, entre autres, à l'Exposition
universelle de 1855, dans la vitrine de M. Jean Menet,
d'Annonay. Ces gros cocons et ces brillantes soies d'un
blanc éclatant figuraient encore à l'Exposition univer-
selle de Paris; seulement il y avait une vitrine présentée
au nom de M. Bronski, comme les années précédentes, et
une autre, sous le nom de M. André-Jean.
« Tous les sériciculteurs savent que, depuis longtemps,
M. Bronski a proposé au gouvernement de lui vendre cette
race avec le secret des procédés à l'aide desquels il dit
l'avoir créée. A diverses reprises, cette question a été exa-
minée par des commissions nommées à cet effet par le mi-
nistre de l'agriculture; mais, comme M. Bronski ne vou-
lait céder sa race qu'après avoir reçu la somme considé-
296 REV. ET MACx. DE ZOLOGIE. (Juin 1856.)
rable qu'ii demandait en échange, rien n'a pu être con-
clu, et le mystère le plus profond a continué de régner sur
cette affaire.
« Plusieurs fois des sériciculteurs et des fileurs d'é-
lite avaient soutenu que nous possédons une race qui
donne des soies aussi blanches, et que si les jolies petites
flottes de grèges exposées par M. Bronski flattent plus l'œil,
paraissent plus blanches, cela ne tient qu'à la manière
dont elles sont filées et surtout exposées. Des choix rigou-
reux de nos plus beaux cocons sinas, élevés à Annonay et à
Bourg-Argental, filés sans que l'on ait étouffé les chrysa-
lides, immédiatement après la terminaison du cocon et
presque dans l'eau froide, ce qui maintenait l'eau très-
propre en l'empêchant de dissoudre la matière colorante
des chrysalides , avaient produit des fils d'un aussi beau
blanc, surtout quand on avait eu soin de donner peu de
croisure aux brins, ce qui leur donne plus de lustre, et de
mettre un peu d'azur dans l'eau.
« Cependant rien ne transpirait du fameux secret, et
beaucoup de personnes, surtout celles qui sont plus ou
moins étrangères à la grande pratique de l'industrie séri-
cicole, croyant que la blancheur est tout dans les qualités
de la soie, demandaient que le secret fût acheté par le
gouvernement et livré au public.
« C'est à la suite d'une rupture entre MM. Bronski et
André-Jean, qui revendiquent chacun la propriété de cette
race, que ce long silence a été rompu. Un jugement du
tribunal de première instance de Bordeaux, du 14 février
1855, ayant établi que « la race de vers à soie connue sous
« le nom de race Bronski est la propriété commune du
« sieur Bronski et des sieur et dame André-Jean , » ces
derniers ont cru pouvoir disposer de leur part de pro-
priété, et ils ont confié le fameux secret à une commission
de la Société d'encouragement. Le rapporteur a certifié
l'excellence du secret en ces termes consignés au Moni-
teur du 2 octobre 1855 : « Nous pouvons dire, sans man-
MÉLANGES ET NOUVELLES. 297
(( quer à la discrétion qui nous est imposée, que le système
« de M. et M»0 André-Jean (pourquoi pas etBronski?)re-
« pose sur une loi naturelle, qu'il satisfait la raison et
« qu'il est en harmonie avec les justes exigences des con-
« naissances positives. »
« Ma curiosité de magnanier avait été éveillée par
tous ces débats, et le 28 juin 1855 , ayant appris que
M. et Mme André-Jean faisaient une éducation de ces vers
à soie à NeuiJly, aux frais de la Société d'encouragement,
je m'y rendis pour essayer de la voir. Après quelques hé-
sitations de M. André-Jean, je fus admis à visiter la ma-
gnanerie, qui me parut parfaitement conduite, bien disposée
et aérée; j'y trouvai de très-beaux vers à soie, convenable-
ment espacés dans un local où l'on aurait pu en élever une
plus grande quantité, ce qui est une excellente condition hy-
giénique, dontje recommande l'emploi, chaqueannée, ànos
élèves, et dont nous nous trouvons si bien, M. E. Robert
et moi, pour la confection de la graine subventionnée
par le gouvernement. Je pus causer assez longtemps avec
M. et Mme André-Jean, que je reconnus très-forts dans la
pratique de l'élève des vers à soie, très-habiles magna-
niers, et je sortis de cette conférence, persuadé, plus que
jamais, qu'ils étaient arrivés à obtenir ces cocons d'une
forme semblable et d'un blanc uniforme en appliquant
aux générations successives de quelque variété de nos fa-
meux sinas de l'Ardèche un système rigoureux de sélec-
tion à toutes les époques de l'éducation, combiné avec
l'observation judicieuse des lois de l'hygiène, dans de pe-
tites éducations recevant, chaque année, des soins bien
entendus et exceptionnels.
« D'après tout ce que m'a dit Mme André-Jean, écrivais-
« je en sortant de cette visite, et à travers les mots de croi-
« sements, etc., je vois que, chaque année, elle éloigne les
« cocons à forme cintrée ressemblant aux races d'Anno-
« nay et sina, et qu'elle ne garde que ceux qui ont la forme
« ovalaire-oblongue de cette variété. Déplus, elle tient ses
298 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Juin 1856.)
« vers clair-semés, sur un seul rang de tables; elle prend
« pour graine les cocons les premiers faits, ceux qui sont le
« plus haut sur les bruyères. En un mot, c'est évidemment
« par de bons soins, par une éducation intelligente qu'elle
« est arrivée à avoir cette bonne et belle race. Elle ne fait
« que de petites éducations d'une once, ce qui est une ga-
« rantie de succès. Peut-être doit-elle la forme de ses co-
« cons à quelque hasard , qui aura permis de choisir cette
« forme dans quelque éducation de sinas d'Annonay ou de
« cocons d'Orient. Ce qu'il y a de curieux, c'est que les
« cocons d'un exposant de Bordeaux ont presque une
« forme semblable et sont de la même grosseur. Y aurait-
« il là une influence prolongée du pays? La localité au-
« rait-elle la faculté de grossir les cocons, comme nous
« l'avons observé à Sainte-Tulle? »
« Depuis cette époque, les choses ont bien marché, et,
comme M. et Mme André-Jean ont pris un brevet d'inven-
tion (1), l'on a pu divulguer les secrets de leur procédé.
Comprenant bien que l'on ne pouvait donner sérieuse-
ment pour un secret , pour quelque chose de nouveau les
bons soins prodigués, chaque année, aux vers à soie d'une
petite éducation; craignant, peut-être avec raison, qu'on
ne leur tienne pas compte de ces bonnes pratiques, si
simples et si connues de tout le monde, s'ils n'y ajoutaient
pas une sorte d'ornement, quelque chose d'inattendu, de
différent de ce qui a été fait et écrit jusqu'ici sur les vers
à soie, ils ont trouvé l'interdiction du mariage entre frères
et sœurs, au moyen de la séparation des sexes opérée par
la pesée des cocons, et ils ont présenté cette pratique
comme étant la pierre angulaire de leur édifice, comme la
base du secret gardé depuis si longtemps, dont on a de-
mandé quelques centaines de mille francs au gouverne-
ment, et qui devient enfin aujourd'hui l'objet d'un brevet
d'invention.
{1} Brevet n° 25,348 au nom du sieur Atxliv, carte n° 4,737.
MÉLANGES ET NOUVELLES. 299
« S'il n'y a que cela, je garantis que M. et Mme André-
Jean auraient très-bien pu s'épargner cette dépense, car
le choix des sexes par la pesée des cocons, qu'ils pres-
crivent comme le moyen principal d'arriver à empêcher
les mariages entre frères et sœurs, est une pratique em-
ployée de tout temps dans quelques petites éducations,
quand on se borne à faire une très-faible quantité de
graine pour des expériences, mais elle est impossible
dans la grande pratique (1). Quant à l'interdiction du
mariage entre frères et sœurs, c'est une chose au moins
inutile, puisqu'il n'est nullement démontré que les enfants
de frères et sœurs, dans les insectes, soient des produits
dégénérés, quand les reproducteurs ont été choisis dans
un bon état de santé et de développement. Dans tous les
cas, fût-il démontré même que cette pratique est avanta-
geuse (2), il serait impossible de l'employer en grande
culture et en opérant sur des quantités un peu considé-
rables, puisqu'elle est subordonnée à cette autre pratique
non moins impossible en grand, la pesée des cocons, pour
distinguer et séparer les sexes de deux familles, afin de ne
marier les mâles de l'une qu'aux femelles de l'autre.
Suivant le brevet (qui porte le n° 25,348, sous le nom
de Jean), le fonds du procédé consiste à empêcher la con-
sanguinité. On fait quatre lots d'une graine quelconque et
on les élève séparément sous les nos 1, 2, 3 et 4. Après
avoir suivi les prescriptions connues de tous les bons
éducateurs, on sépare, par la pesée des cocons, les mâles des
(1) « Quelques éducateurs proposent de faire ce choix par la ba-
lance, etc ; mais, quelque excellent que soit ce procédé, il est si
minutieux, que je n'ai garde de le proposer à ceux qui opèrent eu
grand. » (Méthode Freyssinet, etc., Nimes, 1847, p. 20 et 27.)
(2) Quoiqu'il n'y ait aucun rapport à établir entre les vers à soie
et l'espèce humaiue, on sait que la race juive, par exemple, doit son
homogénéité et la conservatiou de ses caractères typiques à ce que
ses membres se marient entre eux. Les races les plus dégénérées sont
celles qui résultent des mélanges et des croisements.
300 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Juin 1856.)
femelles dans chaque lot, et l'on marie les mâles du n° 1
avec les femelles du n° 2, et ceux du n° 3 avec celles du
n°4.
L'année suivante, on élève encore séparément en quatre
lots les graines provenant des deux familles, on marie de
la même manière, et ce n'est qu'après trois ou quatre
ans que l'on se borne à marier les mâles des nos 1 et 2 avec
les femelles des n08 3 et 4, etc., etc.
Voilà, autant que j'ai pu m'en faire une idée, à la lec-
ture du mémoire annexé au brevet, toute l'économie du
secret. Il faudrait recourir à des légistes, pour connaître
quel peut être le degré de parenté de ces vers à soie, après
ces diverses générations, et pour savoir si l'on arrive ainsi
à empêcher la consanguinité. Après y avoir sérieusement ré-
fléchi, j'avoue queje ne suis pas persuadé queM. etMm0 An-
dré-Jean parviennent ainsi à prévenir tout mariage entre
frère et sœur, et qu'ils ne doivent pas en être bien sûrs
eux-mêmes. Du reste, dans les millions de versa soie d'une
grande éducation de 20 à 30 onces (chaque once de graine
contient environ 35,000 œufs), ce serait pjutôt miracle
que le frère et la sœur pussent se retrouver pour se ma-
rier, et il est certain que cela ne doit arriver que très-ra-
rement dans la pratique ordinaire.
« Du reste, si cette interdiction du mariage des parents
entre eux était réellement la condition de l'amélioration
des races chez les insectes, pourquoi aurions-nous, M. E,
Robert et moi, si bien amélioré la race de Sainte -Tulle
sans y recourir? Si elle a pour résultat de grossir les in-
dividus et leurs cocons, ce qui est aussi grossir le brin, on
doit la repousser, car, pour les vers à soie, grossir les co-
cons n'est pas améliorer, c'est plutôt nuire à la qualité des
soies.
(c En définitive, je soutiens que les autres procédés réel-
lement employés par MM. André -Jean et Bronski sont
excellents, puisqu'ils sont appuyés sur les meilleurs prin-
cipes de l'hygiène des vers à soie et recommandés par
MÉLANGES ET NOUVELLES. 301
tous les éducateurs sérieux, et entre autres MM. Freyssi-
net (1), Robinet, d'Arbalestier , Buisson de Grenoble,
Magretti, Balsamo-Crivelli , Gavazzi, Grassi, Bassi de Mi-
lan, etc., etc., qui ont fait et font encore d'excellentes
graines. Nous les employons, depuis plus de dix ans, pour
l'amélioration des races; nous les enseignons publique-
ment chaque année, M. E. Robert et moi, à Sainte-Tulle,
et je n'hésite pas à les approuver et à dire qu'il est bon et
utile d'encourager ceux qui les mettent en pratique. Si,
comme la veuve Montsarrat l'a tenté pour la muscar-
dine (2), M. et Mme André-Jean ont voulu essayer de faire
adopter des procédés rationnels et connus, en les mettant
sous le couvert d'une prescription dont l'utilité est au
moins douteuse, s il leur a paru nécessaire de tenter de
gagner ainsi les personnes étrangères à la grande pratique,
on ne doit pas moins leur savoir gré d'être venus, une fois
de plus, recommander des procédés de sélection que nous
employons chaque année, qui sont connus de tout le monde
et dont l'adoption générale aurait une grande influence
sur l'avenir de la sériciculture.
« Avec ces cocons blancs, MM. André-Jean et Bronski
(1) Méthode Freyssinet ou V Art d'obtenir les œufs de ver à soie
au plus haut point de perfection et de les faire éclore de la ma-
nière la plus convenable. — Brochure in-8, Nîmes, 1847. « Je pu-
blie ma belle découverte; je vous livre un secret qui , sagement ex-
ploité, augmentera d'un ciuqu ème au moins le produit annuel de vos
récoltes sérigènes. Et je pouvais re gardrr pour ma famille, ce pré-
cieux secret! » C'est de cette manière ridicule que commence
cette brochure, dans laquelle l'auteur divulgue aussi un secret gardé
pendant plusieurs années, et qui consiste également dans 1 emploi de
pratiques basées sur la connaissance de l'hygiène des vers à soie.
(2) La veuve Montsarrat recommande contre la muscardine l'emploi
d'excellents moyens hygiéniques dont les effets sont certains , et elle
y ajoute un secret, une fumigation très-connue et presque toujours
inutile. C'est aussi ce que l'on peut appeler Vornemenl de ses recom-
mandations hygiéniques , qui sont excellentes. (Voir Revue et ma-
gasin de zoologie, 1856, p. 26.)
30*2 REV. ET MACr. DE ZOOLOGIE. {Juin 1856.)
avaient exposé d'énormes cocons jaunes, qu'on m'a assurés
provenir de Beyrouth, et dont on voyait les pareils dans
l'exposition turque. Il n'est pas besoin d'ajouter que l'in-
troduction de cocons aussi gros et d'un fil aussi grossier
serait un très-grand malheur pour notre sériciculture. Tous
les hommes réellement du métier, Français et Italiens, sa-
vent que ces gigantesques cocons ne donnent que des soies
du dernier ordre; les Italiens les appellent même galetone,
terme de mépris pour désigner la plus mauvaise qualité
de cette marchandise. On sait aussi que la mauvaise répu-
tation des soies de Provence n'est due qu'à la grosseur
des cocons récoltés dans cette région, et que nous n'avons
pu parvenir à enlever aux soies de Sainte-Tulle cette fâ-
cheuse réputation qu'en répandant, parmi les cultivateurs
des environs, des races à plus petite cocons.
« Gomme il est certain que ces défauts des gros cocons
sont communs aux jaunes et aux blancs, il faudrait, pour
recommander la grosse race blanche de MM. André- Jean
et Bronski, que l'on eût apprécié sérieusement et prati-
quement les qualités réelles de la soie qu'ils produisent,
ce qui n'a pas été fait que je sache. En effet, la petite édu-
cation réussie à Neuilly peut avoir produit beaucoup d'ef-
fet sur des personnes qui n'ont jamais élevé des vers à soie
en grand ; mais elle ne prouve que l'habileté des éduca-
teurs et n'a pas plus de valeur agricole que celle qui a été
faite, en même temps et dans Paris même (rue royale Saint-
Honoré, n° 79), par M. Lacour, de l'Ardèche (1), laquelle
a été admirablement réussie et a donné aussi beaucoup
de beaux cocons. Ni l'une ni l'autre de ces éducations
ne peut être considérée comme constituant une expérience
sérieuse, et, s'il y a lieu d'être satisfait de ces exhibitions,
(l) M. Lacour n'a pas connu le concours ouvert par la Société d'en-
couragement. Il est probable que sou éducation à Paris lui aurait
douué aussi des droits à une partie du prix de 3,000 fr. qui a été dé-
cerné à M. et Mme André-Jean.
MÉLANGES ET NOUVELLES. 303
c'est de celle qui ^montré au public étonné de la capitale
un superbe échantillon de la belle race française à cocons
jaunes, constituant réellement notre grande production
en soie, plutôt que celle des gros cocons blancs, montrée
à des commissaires et à des curieux surpris, car on sait
que la soie blanche n'entre que pour 6 à 8,000 kilogram-
mes dans notre consommation, quand nous employons
près de trois millions de kilogrammes de soie jaune.
(Guérin-Méneville.)
MM. les officiers de la marine impériale ne laissent
échapper aucune occasion de rendre des services à la
science lorsque leur devoir les conduit dans des pays
encore peu connus, et l'on peut dire que l'agriculture et
l'histoire naturelle pure et appliquée leur doivent de nom-
breuses et intéressantes découvertes.
Dernièrement encore, j'avais l'honneur d'offrir à la
Société impériale d'acclimatation, de la part de M. Victor
Aguillon, enseigne de vaisseau, qui vient de faire une
longue station dans les mers du sud , des échantillons et
des graines de plusieurs végétaux utiles qu'il avait re-
cueillis au Pérou, au Chili et dans les îles de l'Océanie,
graines que la Société s'est empressée de distribuer à ceux
de ses membres qui sont le mieux placés pour essayer
l'introduction des espèces auxquelles elles appartiennent.
Dans une des dernières séances de la Société entomolo-
gique de France, j'ai mis sous les yeux de mes confrères
plusieurs Insectes très-remarquables et entièrement nou-
veaux découverts par M. V. Aguillon à la Nouvelle-Calé-
donie, et l'on a admiré surtout un nouveau genre de
Cicindélètes composé de trois espèces inédites, un magni-
fique Prionien de grande taille formant aussi un genre*
nouveau, et beaucoup d'autres espèces également nou-
velles que je décrirai, dans un prochain numéro, sous les
304 rev. et mag. de zoologie. (Juin 1856.)
noms de Calosome d'Aguillon, Lema subdéprimée, Passale
d'Aguillon, etc., etc.
En marchant ainsi sur les traces des Durville, des
Quoy et Gaymard, des Reynaud et de tant d'autres illus-
tres marins qui ont rendu de si nombreux services à la
science, nos jeunes officiers actuels méritent assurément,
comme leurs aînés, toute la reconnaissance des savants et
du pays, et l'on ne saurait trop les encourager à suivre
cette voie si utile. (G. -M.)
AVIS.
Les n08 8 à 15 inclusivement ont été réservés pour
les planches qui doivent accompagner le Mémoire de
M. Bourguignat ; ces planches ne pouvant paraître toutes
à la fois, nous donnons aujourd'hui la planche 16.
M. Bourguignat fait don au Journal de 6 planches sur
8, qui paraîtront avec son Mémoire.
TABLE DES MATIERES.
Pages.
E. Rousseau, -j- Dentition des Cétacés. 257
Verreaux. — Description d'un nouveau genre de Veuve. 2ii0
Jaubert. — Douzième Lettre sur l'Ornithologie. 262
Bourguignat. — Aménités malacologiques. 268
Robineau-Desvoidy. — Gale-Insectes de l'Olivier, etc. 277
Académie des sciences. 285
Analyses. 289
Mélanges et nouvelles. 292
PARIS. — IMP. DE Mme Ve BOUCHARD -HOZARD , RUE DE i/ÉPERON, 5.
DIX-NEUVIÈME ANNÉE. — JUILLET 1856.
I. TRAVAUX INEDITS.
De la dentition des Cétacés, et de la place qu'occupent
les fanons dans la bouche des Baleines; par le Dr L. F.
Emmanuel Rousseau, membre de la Légion d'honneur,
chef des travaux anatomiques au Muséum, sous les pro-
fesseurs G. Cuvier, de Blainville et Duvernoy. (Voir
1856, p. 193, 257.)
Baleine (Balœna).
Le but principal de notre mémoire étant de déterminer
la position qu'occupent les fanons , nous terminerons nos
observations par la Baleine, négligeant de parler de quel-
ques autres Cétacés encore dont la dentition, intéressante
sans doute, nous entraînerait, si nous entreprenions de la
décrire, hors des limites du cadre que nous nous sommes
tracé.
Les Baleines méritent , sans contredit, le premier rang
dans la classe des Cétacés ; elles égalent les Cachalots pour
la taille et pour la grandeur proportionnelle de la tête ,
quoique celle-ci ne soit pas si renflée en avant. Les Cé-
tacés qu'on réunit sous le nom commun de Baleines se
distinguent de tous les autres en ce qu'ils n'ont point de
dents apparentes, mais bien renfermées dans les maxil-
laires, où elles sont absorbées de très-bonne heure. (Fig. B
de notre planche.)
Le crâne des Baleines en rend l'étude fort embarras-
sante : la charpente osseuse de la tête paraît ici, en effet,
2« biatiB. t. vm. Aimée 185G. 20
306 rev. et mag. de zoologie. (Juillet 1856.)
au premier abord, se refuser à toute analogie; mais, en
examinant les os dans les jeunes sujets et avant l'oblitéra-
tion des sutures, on voit que leur nombre est à peu près
le même que celui qu'on observe dans la tête des mammi-
fères terrestres.
Pierre Camper en a donné de très-bonnes figures dans
ses Observations anatomiques des Cétacés, et G. Cuvier
dans la première partie du tome V de ses Recherches sur
les ossements fossiles ; aussi passerons-nous outre en nous
bornant à la planche que nous donnons, et qui représente
une tête osseuse avec les fanons en place. Nous nous con-
tenterons de dire que les maxillaires supérieurs varient
de forme et de dimension à mesure que les fanons se dé-
veloppent. Ces os remontent de manière à couvrir toute
la partie du frontal qui forme la voûte de l'orbite, mais
eux-mêmes n'entrent pas dans cette cavité.
Les os intermaxillaires forment deux bandes parallèles
qui s'écartent vers l'ouverture des fosses nasales, pour
envelopper les os du nez près de leur jonction au frontal.
Vus de profil, ils paraissent parallèles aux os maxillaires et
forment une portion d'arc qui se prolonge au devant des
fanons.
Les deux pièces qui forment la mâchoire inférieure res-
tent constamment séparées. Vues par dessous , dans leur
position naturelle, elles représentent la plus grande partie
d'une ellipse fort ouverte et qui a communément de 6 à
9 mètres d'étendue. Considérées dans une position hori-
zontale et de profil, elles figurent les cordes de l'arc formé
par la courbure de la mâchoire supérieure.
Elles ont la forme d'un cylindre aplati par le côté inté-
rieur et terminé par un bord aigu ; elles ne présentent
aucune armure. Le bord alvéolaire n'existe point ; l'angle
formé par la réunion des deux branches est obtus et ar-
rondi.
Il n'y a point de branches montant verticalement.
Le canal dentaire est très-ample ; les trous mentonniers,
travaux méniTs. 307
au nombre de cinq et quelquefois de six, sont ouverts
dans le bord supérieur. Le diamètre de ces trous indique
assez le volume considérable des rameaux du nerf maxil-
laire inférieur.
L'apophyse coronoïde a fort peu d'étendue; elle est
très-rapprochée du condyle, au point que l'on peut à peine
concevoir la force énorme que les releveurs doivent em-
ployer pour mouvoir l'extrémité d'un levier aussi long et
aussi lourd.
Le condyle est plat et arrondi.
La découverte des dents non apparentes de la Baleine
est due à Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, l'une des gloires
du Muséum et professeur dans cet établissement national.
Je citerai textuellement ce que cet homme justement cé-
lèbre a publié sur ce sujet dans les Annales du Muséum,
t. X, p. 364, année 1807, sous ce titre :
« Considérations sur les pièces de la tête osseuse des ani-
maux vertébrés, et particulièrement sur celles du crâne des
oiseaux.
« Le n° 29 de la pi. xxvn est la fig. de la mâchoire in-
férieure d'une Autruche nouvellement éclose : je l'ai des-
sinée sous un point de vue physiologique. Cette mâchoire
ressemble beaucoup à celle de la Baleine franche ; j'ai
découvert que les maxillaires inférieurs de celle-ci , qui
forment, dans l'adulte, des os très-solides et sans cellules à
l'intérieur, sont, dans le fœtus, composés de deux lames
inclinées l'une sur l'autre et soudées ensemble par un de
leurs bords : ils rappellent assez bien , en cet état, l'idée
d'une gouttière. J'ai trouvé, de plus, que tout le dedans
de cette sorte de gouttière est , dans le fœtus de Baleine ,
tapissé par des téguments semblables aux gencives des
Mammifères, et que ces téguments sont fournis de vais-
seaux et de nerfs. Je n'aurais pas cité ces faits si je n'avais,
en outre, manifestement observé, dans les gencives, des
germes de dents qui m'ont paru distribués comme les
dents elles-mêmes des Cachalots. (Le fœtus dont j'ai exa-
308 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. {Juillet 1856.)
miné le crâne n'est point celui d'un Cachalot, mais appar-
tient très-certainement à la Baleine franche ; je n'ai point
fait de méprise à cet égard.) On sait cependant que les
Baleines adultes n'ont point de dents : il faut alors que
l'ossification trop rapide des os maxillaires nuise au déve-
loppement de ces germes, et que toute la partie des maxil-
laires, creusée en gouttière, se remplisse avec le temps,
puisqu'il n'y a que ce moyen d'expliquer la disparition
des germes des dents. J'ai rapporté cette observation,
pour donner une nouvelle preuve de la tendance de la
nature à faire reparaître partout les mêmes organes, et
pour faire voir que , si quelques-uns de ceux qui appar-
tiennent à des classes manquent quelquefois dans certaines
espèces, on en doit chercher la cause dans le développe-
ment excessif d'organes contigus ou voisins. Cet aperçu
ne serait-il pas applicable aux oiseaux eux-mêmes, en
tant qu'ils manquent de dents? Ce qu'il y a de vrai à cet
égard, c'est que la mâchoire inférieure d'une jeune Au-
truche est en tout conformée comme celle des fœtus de
Baleine, sauf qu'on n'y voit pas de germes de dents ;'mais
du moins la gouttière qui règne le long de ses branches
se remplit de même par un dépôt de matière osseuse, ce
qui me paraît prouvé , puisqu'on n'aperçoit plus de
trace de ce sillon dans l'os maxillaire d'une Autruche
adulte. »
Après Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, la présence des
germes de dents a été constatée dans la Baleine ; un pro-
fesseur de Copenhague, M. Eschricht, en a compté 102 à
la mâchoire supérieure et 80 dans la mâchoire inférieure
d'un sujet de l'espèce Longimana (voir les Transactions
de la Société royale des sciences naturelles et mathémati-
ques du Danemark, 1845).
DES FANONS.
La formation des fanons est un phénomène extrême-
TRAVAUX INÉDITS. 309
mertt curieux ; elle ressemble, sous certains rapports, à
celle des poils, des cornes, des ergots, etc., etc.
Mais ces parties ont, en outre, un mode d'accroisse-
ment et de destruction également remarquable.
Comme les poils, les fanons sont creux à leur base;
c'est dans ce creux que s'introduit une sorte de bulbe
(fig. C) riche en vaisseaux, analogue à celui des dents,
qui nous paraît avoir pour fonction particulière de pro-
duire les crins qui composent le fanon (voir les divisions
du bulbe à la fig. C).
Si vous coupez de ce bulbe une petite rondelle mince et
que vous la soumettiez au microscope, vous apercevrez
les ouvertures d'une multitude de tubes qui sont autant
de germes de menus filets destinés à s'agglutiner pour
former un faisceau d'une sorte de crin renfermé dans un
même fourreau.
J'ai fait dessiner, fig. D, une fraction desséchée de la
muqueuse bulbifère qui encroûte et tapisse la face infé-
rieure des maxillaires supérieurs.
Des séries d'ouvertures régulièrement placées par lignes
et qui sont autant d'origines de bulbes donneront des
lames aux fanons (fig. E). J'en représente deux en état de
croissance (fig. F), et la réunion en place de la totalité se
voit au dessin donné sous fig. A du squelette de tête re-
présenté sur notre planche.
Une bande de 10 à 12 centimètres de largeur sur 2 à
3 millimètres d'épaisseur borde, pour ainsi dire, toute la
ligne maxillaire à la partie où viennent s'insérer les fanons.
D'un tissu corné, mais beaucoup moins dense que celui
des fanons, cette bande est lisse comme eux à sa partie
externe et feuilletée à sa partie interne.
Ce feuilletage est d'autant plus appréciable que la por-
tion observée aura été plus ou moins longtemps exposée
aux alternatives d'humidité et d'insolation, comme cela
se remarque sur le sabot pourri du cheval et autres sub-
stances cornées soumises à pareil examen.
310 rev. et mag. de zoologie. (Juillet 1856.)
Chaque fanon est espacé de son congénère d'environ
5 millimètres.
Les lignes transversales qu'on remarque sur les fanons
de notre figure A indiquent leur croissance graduelle et
régulière, et le temps qu'ils ont mis à se former sous la
bande dont il a été parlé et qui unit si intimement les
lames qu'on est obligé d'employer la force pour les sé-
parer.
Le chevelu des lames ou planches de fanons occupe la
partie interne de l'antre guttural : au côté opposé, elles
sont à bord simple et lisse.
Les fanons s'usent continuellement et se renouvellent
dans la même proportion, tenant compte, néanmoins,
que cet accroissement suit le développement de croissance
de l'animal.
Le nombre composant les deux séries de lames de fa-
nons, chez une Baleine, peut être évalué à plus de mille ;
elles sont rangées symétriquement les unes à côté des
autres, d'avant en arrière, sur toute l'étendue du maxil-
laire, plus développées, graduellement, depuis la partie
antérieure du museau jusqu'au milieu de la mâchoire, et
décroissant graduellement aussi depuis ce point jusqu'à
l'entrée de l'œsophage, où elles s'imbriquent plus intime-
ment les unes sur les autres.
Ces lames agissent et se couchent au gré de l'animal ,
en façon de jalousie modifiée à son usage.
Il me paraît hors de doute , eu égard à la disposition
physiologique de cet appareil particulier, que, si quelque
lame de fanon venait, par aventure, enjamber par-dessus
la mâchoire inférieure, bien plus large, comme on le sait,
que la supérieure, il y aurait pour l'animal impossibilité
de fermer la bouche, et, si l'obstacle restait perma-
nent, la mort devrait indubitablement s'ensuivre, après
même avoir comprimé les nerfs mentonniers préalable-
ment.
Nous devons à de Lalande, mon regrettable ami , trois
TRAVAUX INEDITS. 311
squelettes de Baleines provenant du cap de Bonne-Espé-
rance et rapportées par lui en 1820.
G. Cuvier les ht monter en 1822 et prit lui-même part
à ce travail ; elles ornent depuis ce temps la riche collec-
tion formée par lui et par mon père sous sa direction.
Comme cela devait être, Cuvier plaça les fanons en dedans
de la mâchoire inférieure; M. de Blainville, son succes-
seur et trop souvent son critique, n'y trouva rien à changer.
Le cabinet possède aussi le squelette d'une Baleine à
bec [Balœna rostrata) provenant d'un échange fait avec le
musée de Berghen (Norwége).
Les fanons n'ont pas été détachés de ce sujet, ils adhè-
rent naturellement aux maxillaires supérieurs ; leurs pro-
portions sont donc véritablement gardées. De l'examen de
cette pièce résulte l'impossibilité absolue que ces fanons
puissent jamais passer au dehors de la mâchoire infé-
rieure.
Il aurait semblé, d'après ces exemples, que le fait était
acquis à la science, et que le nouveau sujet de la même
famille, qu'on a exposé dès juin 1855 à la curiosité pu-
blique, dût être disposé de la même manière. Il n'en a
point été ainsi néanmoins, et j'ai fait de vains efforts pour
que l'on rectifiât une erreur trop grossière pour devoir se
perpétuer dans un établissement aussi haut placé dans
l'estime générale que le Muséum de Paris.
Malgré mes protestations appuyées de la communica-
tion des passages consignés dans les auteurs les plus émi-
nents, et les lettres émanant d'hommes pratiques auxquels
je m'étais adressé pour ne plus conserver aucune espèce
de doute , il ne m'a pas été possible d'obtenir un chan-
gement dont la raison fait une nécessité ; force m'est donc,
à mon grand regret, de recourir à la publicité et de dé-
cliner une solidarité qu'il m'est impossible d'accepter
aujourd'hui après plus de vingt-cinq années d'exercice
dans l'emploi de chef des travaux anatomiques.
(La suite au prochain numéro.)
312 rev. et mag. de zoologie. {Juillet 1856.)
Note historique sur I'Aye-Aye, à l'occasion de la figure
d'un jeune individu (pi. 17).
La Revue et magasin de zoologie, qui a déjà publié, en
septembre 1855, p. 436 et suivantes, la note de M. Lié-
nard, de l'île Maurice, sur cet animal remarquable, qu'il
a possédé vivant pendant assez longtemps, se félicite de
pouvoir, grâce à la bienveillance de ce vénérable savant ,
publier la première figure, d'après le vivant , de l'un des
plus singuliers quadrupèdes qui existent.
Nous pensons que nos lecteurs trouveront ici avec in-
térêt un résumé historique des principales opinions scien-
tifiques successivement émises sur l'Aye-Aye, dont la
place dans la classification n'est pas encore fixée, d'un
accord commun, par les zoologistes. Pour la plupart, c'est
un quadrumane ou primate ; mais pour quelques-uns, c'est
encore, comme pour tous autrefois, un rongeur.
La découverte de l'Aye-Aye a été faite , à Madagascar,
par le célèbre voyageur Sonnerat, qui eut la bonne for-
tune de se procurer, dans la partie occidentale de cette
île, deux individus de cette espèce tenant, dit-il, « du
Maki , de l'Écureuil et du Singe. »
C'est d'après un de ces individus, donné à Buffon par
Sonnerat, et décrit et figuré, en 1789, dans le septième
volume (posthume) des Suppléments de V Histoire naturelle,
que tous les zoologistes ont , jusqu'à ces derniers temps ,
fait l'histoire de l'Aye-Aye; car cet individu, encore au-
jourd'hui conservé dans les galeries du Muséum d'histoire
naturelle, a été, pendant plus d'un demi-siècle, le seul
connu en Europe. Un second, jeune encore, se voit depuis
peu à côté de lui dans les galeries du Muséum, qui l'a
reçu de M. de Lastelle, et ces deux sujets sont encore les
seuls qui existent en Europe.
Buffon ayant, comme il le dit, « examiné de près la
dépouille de l'Aye-Aye, fut conduit à penser que cet animal
tenait à la fois du Tarsier et des Écureuils, mais plus de
TRAVAUX INÉDITS. 313
ces deux genres que des deux autres. » D'après ces indi-
cations do Buffon, le compilateur Gmelin, qui n'avait
jamais vu l'Aye-Aye, le plaça dans le genre Sciurus sous
le nom de Sciurus madagascariensis , très-généralement
adopté par les zoologistes de cette époque. Schreber,
toutefois , crut dès lors devoir placer l'Aye-Aye parmi les
Primates sous le nom de Lemur psilodactylus, et il a ainsi
le premier honneur de la détermination de ces rapports
de l'Aye-Aye avec les Primates, qui ont été depuis si bien
mis en lumière par les zoologistes français.
Cependant il était clair que l'Aye-Aye n'est ni un Écu-
reuil ni un Maki, mais qu'il doit constituer un genre dis-
tinct. C'est Geoffroy Saint- Hilaire qui a le premier, en
1794, établi ce genre dans un mémoire qui a un grand
intérêt historique ; car il est le début dans les sciences de
cet illustre zoologiste. Geoffroy Saint-Hilaire, alors âgé de
vingt-deux ans et déjà professeur au Muséum, voulut, dans
son respect et sa reconnaissance pour son vénérable
maître et collègue Daubenton , lui dédier les prémices de
ses travaux scientifiques, et donna au nouveau genre le
nom de Daubentonia (voy. la Décade philosophique , n° 28).
Ce nom n'a pas prévalu dans la science, car il n'était pas
alors d'usage de tirer les noms de genre des noms d'hommes,
même des noms les plus illustres, et Geoffroy Saint-Hilaire
crut devoir, quelques années plus tard, adopter le nom
générique de Chciromijs, proposé par Cuvier dans les ta-
bleaux de ses Leçons d'anatomie comparée.
Cheiromys madagascariensis est donc le nom générale-
ment admis pour le singulier quadrupède de Sonnerai.
Cuvier, comme Geoffroy Saint-Hilaire, continua à placer,
d'après Gmelin , l'Aye-Aye parmi les Rongeurs, et il en
fut de même de tous les zoologistes jusqu'à Blainville, en
1816, dans un mémoire dont les résultats seulement furent
alors connus, mais que l'auteur a inséré depuis in extenso,
avec des additions, dans le troisième fascicule de son
Ostéographie.
314 REV. ET MAC. DE zoologie. (Juillet 1856.)
Parmi les caractères qui rapprochent l'Aye-Aye des
quadrumanes, il suffit de rappeler la conformation de sa
tête, la disposition des apophyses post-orbitaires du jugal
et du frontal qui se joignent, comme chez les Makis, pour
encadrer l'œil en avant, et surtout la conformation des
extrémités, dont les postérieures ont le pouce opposable et
très-développé. Ce sont là manifestement des caractères
très-prononcés de Primate , mais unis à un véritable sys-
tème dentaire de Rongeur.
Aussi les auteurs qui accordent la prééminence aux ca-
ractères dentaires ont continué à faire de l'Aye-Aye un
Rongeur; au contraire, ceux qui placent au premier rang
les caractères tirés des organes de la vie de relation, par-
ticulièrement de ceux de la locomotion, ont admis l'opi-
nion de Rlainville, et, comme cette seconde base de clas-
sification est aujourd'hui la plus généralement admise,
cette dernière opinion a, par là même, prévalu dans la
science, tellement que nous ne saurions ici énumérer tous
les auteurs qui la partagent. Qu'il nous suffise de men-
tionner Desmarest, qui a adopté les vues de Rlainville
presque au moment même où elles venaient d'être pu-
bliées ; Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, qui, dans ses der-
niers cours au Muséum , leur a donné son assentiment ;
et, parmi les zoologistes actuels, le prince Ch. Ronaparte
et M. Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, qui ont, l'un et
l'autre, considéré l'Aye-Aye comme constituant à lui seul,
dans l'ordre des Primates, une famille distincte, celle des
Cheiromyidœ.
La figure que nous publions, en faisant connaître les
véritables formes de l'Aye-Aye, contribuera, nous l'espé-
rons, à fixer les incertitudes qui peuvent encore exister,
même après ces travaux, sur la classification naturelle de
ce Mammifère. (G.-M.)
TRAVAUX INÉDITS. 315
Notices mammalogiques , par M. le Dr Pucheran.
[Voir 1856, p. 145 (1).]
Notre jeune individu mesure seulement 1 mètre 15 cen-
timètres 1/2 ; mais il présente, malgré cette diminution de
taille, les caractères généraux propres à l'adulte. Ainsi
la nageoire dorsale est peu élevée, mais, en revanche,
fort allongée. Elle se prolonge, en arrière, par une crête
sur la ligne médio-dorsale , et cette crête est séparée par
un certain intervalle de celle qui vient occuper supérieu-
rement la nageoire caudale. Ce dernier appendice est ,
comme chez l'adulte, bien développé, soit d'avant en ar-
rière, soit de droite à gauche. La seule différence qui
existe entre ces deux exemplaires consiste en ceci , que
l'échancrure du bord inférieur est plus saillante et plus
bifide que chez l'adulte, différence déjà fort saisissable
dans les figures données par M. Frédéric Cuvier. Les pec-
torales sont fort étalées aussi. Toutes les dissemblances
entre l'adulte et le jeune se bornent, en définitive, à celle
que nous avons signalée plus haut dans la forme de la
caudale, et à celle que M. Frédéric Cuvier a déjà fait con-
naître relativement au mode de coloration des parties in-
férieures. L'avenir nous apprendra, il faut l'espérer, si
elles sont de nature spécifique.
Les têtes osseuses des deux individus dont il vient d'être
question existent dans les Galeries d'Anatomie com -
parée du Musée de Paris. M. Gray (2) a parlé de l'une et
de l'autre ; mais, puisque l'occasion s'en présente, je crois
(1) On a oublié, à la page 149, deux mesures que nous rétablissons
ici :
Distance du point le plus postérieur du bord libre de la dorsale à
l'échancrure inédio-caudale (directement prise). . . . 1Œ 12<= 0m
Longueur du bec 0m 18e 2B
(2) Voy. d'Erebus et Terror, Mamm., p. 43, et, plus récemment,
Catalogue of Ihe spécimens of the Mammalia in Ihe British Mu-
séum, part. 1, Cetacea, p. 128.
316 rev. et mag. de zoologie. (Juillet 4856.)
nécessaire de les comparer aux crânes du Delphinus del-
phis. Je prends pour terme de comparaison, en ce qui
concerne cette dernière espèce, une tête envoyée de la
Rochelle par M. d'Orbigny père en 1822 , et dont la dé-
termination ne me semble pouvoir donner lieu à aucune
contestation.
Or, en mettant en présence la tête du Delphinus plum-
beus et celle du Delphinus delphis, je trouve la première
plus allongée, et cet allongement est produit par une plus
grande dimension dans ce sens, non-seulement de la partie
rostrale, mais encore de la partie encéphalique. Dans la
moitié antérieure du bec, il existe plus de compression et
d'élévation, ce qui est principalement dû à la disposition
plus verticale des maxillaires. Les intermaxillaires, à ce ni-
veau, sont plus aplatis ; il en résulte que, tandis que, dans
le Delphinus delphis, il existe, en avant, une fente médiane
très-évidente, cette fente n'a une largeur comparable,
dans le Delphinus plumbeus, que tout à fait en avant, dans
un très-petit espace. A la base du bec, au contraire, ces
mêmes intermaxillaires deviennent plus aplatis, tandis
qu'ils sont élevés et voûtés chez le Delphinus delphis. Dans
cette dernière région, par conséquent, l'espace transversal
est moins grand dans l'espèce de nos côtes que dans celle
du Malabar. A ce niveau également, ce dernier nous
présente, d'une manière très-évidente, la fente médiane
que le premier nous a offerte dans un état de largeur com-
parable, à son tiers antérieur : ajoutons enfin que, dans
cette même région, les maxillaires sont presque sur le
même plan que les intermaxillaires , tandis que chez le
D. delphis, ces derniers forment une convexité fort saisis-
sable au-dessus des premiers.
En dessous, dans la région palatine, se manifestent des
différences tout aussi saillantes. Dans le Delphinus plum-
beus, cette région est plus large en arrière, plus pointue
en avant et presque uniformément aplatie à partir des
arrière-narines; elle est dépourvue des enfoncements et
TRAVAUX INÉDITS. 347
de la convexité si caractéristiques du Delphinus delphis.
Sous ce point de vue, le Delphinus plumbeus ressemble donc
au Delphinus dubius; mais, chez ce dernier, la pointe du
bec, en dessous, est plus étalée encore transversalement
que chez le Delphinus delphis , qui , à son tour, se trouve
présenter moins d'étroitesse à ce niveau que le Delphinus
plumbeus. Ajoutons que l'enveloppe osseuse des arrière-
narines est plus développée , soit d'arrière en avant , soit
de droite à gauche, que dans le Delphinus delphis.
La mâchoire inférieure est plus forte chez le Delphinus
plumbeus : sa symphyse est plus allongée et offre, d'avant
en arrière, plus de 1 décimètre d'étendue (1). Les dents,
plus fortes, plus espacées, sont, en haut, au nombre de
36-37; en bas, j'en compte 33 d'un côté, 34 de l'autre (2).
Dans la partie encéphalique , les différences sont tout
aussi tranchées. Ainsi l'espace triangulaire situé en avant
de l'enveloppe osseuse des évents est plus développé, et
tout ce qui se trouve à droite et à gauche des bords os-
seux des narines est plus large, plus étalé, moins concave.
Les os nasaux sont de forme triangulaire et non ellipti-
ques ; la pointe du triangle est en arrière. La ligne formée
par la crête occipitale est plus horizontale, moins arrondie
de droite à gauche ; la fosse temporale est beaucoup plus
large. Toute la partie du crâne étendue du trou occipital
à la crête ainsi nommée est , au contraire , plus voûtée,
plus convexe.
Cette tête osseuse, de la crête occipitale au bout du
maxillaire supérieur, mesure 49 centimètres en longueur
directe, et près de 12 centimètres du trou occipital à la
crête.
(1) M. Gray (Catal., etc., p. 128) donne à cette symphyse 5 pouces
1/2 de longueur.
(2) La formule dentaire est HZjt, suivant M. Frédéric Cuvier
(Ménagerie du Muséum, livraison 60e, et Hist. nat. des Cétacés,
p. 152). M. Cuvier (Règne animal, 2e édit., I, p. 228) dit que cette
espèce est armée partout de trente-sept dents. M. Gray (loco cilalo)
donne les nombres \jZH-
318 rev. et mag. de zoologie. (Juillet 1856.)
Dans notre crâne de jeune, qui ne présente pas 38 cen-
timètres en étendue longitudinale, de l'extrémité supé-
rieure du trou occipital au bout du maxillaire supérieur,
les caractères généraux propres à la tête de l'adulte sont
déjà bien manifestes. Il en est ainsi de l'aplatissement du
museau à sa base, de sa forme effilée à son extrémité, et des
dispositions que nous avons dites être spéciales aux maxil-
laires et aux intermaxillaires , dans ces diverses régions.
La symphyse du maxillaire inférieur est déjà plus éten-
due (1) qu'elle ne l'est chez la tête de Dauphin vulgaire
des côtes de France, que nous avons déjà comparée à la
tête du Dauphin plombé adulte. Dans cet exemplaire, qui
nous présente ses dents encore renfermées dans les gen-
cives, j'en compte, à la mâchoire inférieure, 38-34 , à la
supérieure 37-35 (2). Quoique plus serrées que chez
l'adulte, elles sont déjà conformées de même (3).
Dans la portion crânienne proprement dite, la région
qui borde, à droite et à gauche, les évents est déjà bien
étalée et moins concave que chez le Belphinus delphis ; la
fosse temporale est presque aussi étendue que dans' ce
dernier; enfin, comme chez le Delphinus plumbeus adulte,
la région palatine , sensiblement aplatie , est large en ar-
rière, étroite en avant.
Telles sont les diverses observations qu'il nous a été
donné de faire récemment sur les exemplaires de Delphinus
plumbeus rapportés, il y a déjà plus de vingt-cinq ans, au
Musée de Paris, par M. Dussumier. Mais, quoique certains
des caractères que nous venons de constater de nouveau
eussent été déjà signalés dès cette époque, ce type spéci-
fique n'a pu obtenir droit de domicile dans le Systema
naturœ. Dès 1829, M. Frédéric Cuvier annonçait que
(1) M. Gray {loco cilalo) donne à cette symphyse 2 pouces 1/2 de
long.
(2) M. Gray, loc. cit., ib., en a seulement compté trente-six à la
mâchoire supérieure.
(3) M. Gray, loc. cil , ib., a fait également la même observation.
TRAVAUX INÉDITS. 319
M. Georges Cuvier soupçonnait que cette espèce ne diffé-
rait pas du Delphinus malayanus de MM. Lesson et Garnot.
Dans la deuxième édition du Règne animal, M. Cuvier (1)
a de nouveau émis le môme soupçon. En 183G, dans son
Histoire naturelle des Cétacés (2), M. Frédéric Cuvier,
rappelant cette opinion de son illustre frère , ajoute sim-
plement que la différence entre les deux espèces ne consiste
guère que dans la carène de la queue , très-marquée chez le
Dauphin malais et peu sensible chez le Dauphin plombé. De
nos jours, ce soupçon de M. Cuvier est à peu près devenu
un fait démontré pour les Zoologistes, ainsi qu'on peut
s'en convaincre en consultant les publications récentes de
MM. Schlégel (3) et Gray (4). Nous croyons même que,
sauf M. Kapp (5) et M. Lesson (6), dans un des derniers
écrits sortis de sa plume, tous les Mammalogistes ont, sans
hésitation aucune, admis cette fusion des deux espèces;
quant à nous, elles nous paraissent tout à fait distinctes.
Pour établir ce fait, nous sommes évidemment obligé
de recourir à Ja description initiale donnée par MM. Lesson
et Garnot, car nous ne sachions pas qu'un seul Musée
d'Europe possède une peau de Delphinus malayanus
adulte. M. Schlégel n'a eu, en effet, à sa disposition qu'un
jeune sujet et des têtes osseuses. Or, voici ce que MM. Les-
son et Garnot disent de l'adulte :
« Ce Dauphin avait 5 pieds 11 pouces de longueur to-
« taie, et d'épaisseur, vis-à-vis les nageoires, 15 pouces.
« La hauteur de la dorsale, placée au milieu du corps et
« échancrée au sommet, était de 8 pouces ; la longueur de
(1) Vol. I, p. 288, note 1.
(2) P. 152.
(3) Abhandlungen ans dem Gebiele der Zoologie und Verglei-
chendcn Analomie, Heft 1.
(4) Loc. cil.
(5) Wilhelm Rapp, Die Cetaceen Zoologisch Anatomisch darges-
lellt, p. 32.
\6) Nouveau tableau du règne animal, Mammifères, 18i2.
320 rev. et mag. de zoologie. (Juillet 1856.)
« la pectorale , de 13 pouces. La tête était longue de
« 16 pouces sur 10 de largeur. La nageoire de la queue
« avait 23 pouces ; la largeur de la queue à sa base était
« de 5 pouces. Une forte carène, comme celle de certains
« Scombres, occupait les parties latérales et postérieures du
ce corps. L'évent, en croissant, était placé un peu en ar-
ec rière des yeux, qui étaient très-petits. La tête, grosse et
« arrondie , très-convexe sur le front, qui s'abaisse subi-
te tement , présentait , à la base du museau, une forte rai-
« nure. Celui-ci , mince et allongé, garni de dents nom-
ce breuses, offrait plus de longueur dans la mâchoire infé-
c< rieure. La couleur de ce Dauphin était uniformément
ce cendrée (1). »
Or, en comparant ces dimensions à celles de notre
exemplaire adulte, il devient, de prime abord, tout à fait
évident que le Delphinus malayanus est doué d'une taille
inférieure à celle du Delphinus plumbeus . M. Frédéric Cu-
vier donne, en effet, à ce dernier 8 pieds de longueur.
Nous-même avons mesuré plus de 2 mètres, par consé-
quent plus de 6 pieds. Voici déjà une différence; mais ce
qui sépare encore plus nettement les deux espèces , c'est
l'élévation de la dorsale dans l'espèce des voyageurs de la
Coquille. MM. Lesson et Garnot lui donnent une élévation
de S pouces; or notre exemplaire adulte n'atteint pas ces
dimensions dans cet appendice , quoique étant , cepen-
dant, de taille plus forte. En second lieu, le grand allon-
gement, d'avant en arrière, de cette même nageoire,
n'existe point dans le D. malayanus. Si l'on compare les
deux figures, l'on constate de suite cette double différence,
d'importance majeure, car ce caractère, dépendant de la
forme générale de l'espèce, est moins variable que les indi-
cations fournies par la coloration, et se retrouve chez notre
jeune du musée de Paris. M. Schlégel, qui , à son tour, a
{!) Zoologie de la Coquille, texte, vol. I, p. 184.
TRAVAUX INÉDITS. 321
eu occasion d'examiner un jeune D. malayanus, assure (1)
qu'il s'accorde en tout avec l'individu figuré par M. Les-
son, sauf en ce qui concerne le museau, plus court que chez
l'adulte. Cette assertion de M. Schlégel indique suffisam-
ment que la nageoire dorsale chez le jeune est conformée
comme chez l'adulte. La différence que nous signalons de
ce côté entre D. plumbeus et D. malayanus est donc réelle,
et nous conseillons aux Zoologistes qui pourront se
trouver dans des conditions favorables pour l'étude de ce
dernier type de porter leur attention sur ce caractère,
dans le but de déterminer son degré de constance ou de
variabilité.
Du côté du crâne, voici les observations, de nature en-
core différentielle, qu'il nous a été permis de faire. Nous
ne connaissons point celui du Delphinus malayanus , mais
voici la description qui en est donnée par M. Schlégel (1) :
« Le crâne de cette espèce ressemble , quant à ce qui
« concerne la partie de la tête , à celui du Dauphin vul-
« gaire ; la partie du museau, au contraire, est plus large
« à la racine, plus étroite au milieu, et enfin, dans toute
« sa longueur, effilée suivant une forme plus conique. La
« saillie que forment les palatins est plus large, et ils
« manquent des deux profondes rigoles latérales de la
« face inférieure de la mâchoire supérieure , qui sont si
« caractéristiques du Dauphin vulgaire. La mâchoire infé-
« rieure, enfin, est un peu plus faible, et sa symphyse un
« peu plus longue.
»« Les dents sont un peu plus fortes et ne sont pas aussi
« étroitement rapprochées que chez le Dauphin commun ;
« c'est aussi pour cela que leur nombre est seulement de
ce trente-six à quarante (1). »
(La suite au prochain numéro.)
(1) Schlégel, Abhandlungcn, etc., p. 22. Dans la partie Mamma-
logique du Voyage au pôle sud, nous avons indiqué d'une manière
erronée (p. 41) le uorabre des dents dans le crâne de D. malayanus
2e skrib. t. vin. Année 1856. 21
322 rev. et màg. de zoologie. (Juillet 1856.)
Treizième lettre sur l'Ornithologie de la France méridio-
nale; par le docteur J. B. Jaurert.
Phalacrocorax. — Au sujet de ce genre, M. Crespon
aurait hardiment pu enrichir son livre d'une bonne es-
pèce qui se rencontre non-seulement sur tout notre lit-
toral, mais encore dans nos étangs , celui de Berre par
exemple; je veux parler du Ph. graculus, ou, si l'on aime
mieux, Desmarestii, en tant que celui-ci n'aura pas d'autre
caractère distinctif qu'un bec plus effilé... Mais n'est-ce pas
lui que nous retrouvons sous le nom de C. leucogaster,
Cara (Orn. sarda, 1842, p. 199)?... Voici la description
qu'en donne l'auteur; je prends dans le texte : « Becco
« affilata, sottile, l'apertura longitudinale del medessimo
« e di tre pallici e nove linee, molto più longo délia testa;
« coda lunga; composta di dodici penne; tutte le parti
« superiori, cioè testa, collo a grappone, sono d'un bruno
« leggiermente tinto di verdastro cangiante; le penne
« délie copritrici alare e del dorso sono orlate d'una
« frangia biancastra, e lustra ; remigi d'un nero opaco ;
« coda dello stesso colore, ma bordata, tanto nelle barbe
« esterne che interne , d'un bianco sparco ; tutte le parti
« inferiori d'un bianco puro, eccetto le parti esterne délie
« coscie, che sono sfumate de bruno nerognolo ; la parte
« superiore del becco bruna , l'inferiore gialliccia ; la
« piccola borsa gutturale dello stesso colore ; piedi d'un
« giallo smorto ; tarso e parti inferiori délia ditta nere ;
a iride constantemente bianca. La lunghezza totale cioè
« délia punta del becco sino aU'estremita délia coda ,
« due piedi e quatro pollici. J. Giovani di questa specie
« sono d'un nericcio verdastro nella parte superiore del
figuré par M. Schlégel. Toute notre erreur doit être attribuée à cette
circonstance, que nous avons négligé, avant notre travail, de consulter
l'explication des planches qui est eu tête de cette première livraison
des Mémoires de l'illustre Zoologiste du Musée de Leyde.
TRAVAUX INÉDITS. 323
« corpo, l'inferiore brima macchiata di biancho, l'iride
a bruna. »
L'auteur ajoute, dans une de ses lettres , qu'une autre
particularité qui distingue cet oiseau , c'est qu'il ne pré-
sente aucun indice de cette odeur repoussante que l'on
rencontre chez les autres Cormorans, tant vivants que
morts. Il l'attribue à des différences de mœurs, et à ce
qu'il habite la pleine mer au lieu d'être dans les étangs...
Les chasses aux Colombes que l'on fait aujourd'hui dans
les localités où cet oiseau vivait sédentaire l'auraient éloi-
gné, de sorte qu'il est très-difficile de se le procurer.
Devant les assertions de l'auteur il nous reste peu à
dire ; je ne puis croire cependant à la constance de cette
livrée blanche en dessous, qui, chez les congénères de ce
Cormoran, fut toujours l'apanage des jeunes. Si le fait est
bien observé , comme tout porte à le croire , on pourrait
encore admettre que ce n'est qu'au bout de deux ou trois
ans que l'oiseau prend sa robe d'adulte Nous connais-
sons, au reste, très-bien cet oiseau, dont divers individus
nous ont été apportés des côtes d'Afrique, ou bien avaient
été capturés dans le trajet et en pleine mer. Ce sont là
des questions à étudier encore, car nous savons que ces
Cormorans varient beaucoup, et que le Ph. carbo lui-
même n'en est pas exempt.
Le Ph. pygmœus n'a jamais été rencontré, que je sache,
dans nos parages.
Sula. — Le Fou de Bassan s'égare quelquefois dans la
Méditerranée; P. Roux et Crespon l'ont signalé J'ai
eu le plaisir, il y a quelques années , de voir un de ces
oiseaux dans la rade de Marseille sans avoir pu le
tirer ; c'était un adulte qui , pendant plusieurs heures ,
fut observé parcourant l'espace qui sépare les îles de la
côte. Son vol était rapide, soutenu et presque toujours en
ligne droite ; l'oiseau avait plutôt l'air d'explorer les lieux
que d'y chercher sa nourriture
Sterna. — Les Hirondelles de mer apparaissent, chez
324 rev. et mag. de zoologie. (Juillet 1856.)
nous, au printemps ; on ne rencontre guère, en hiver,
que quelques rares individus de la Pierre-Garin mêlés aux
Mouettes qui fréquentent nos étangs. Les espèces les plus
répandues en avril et mai sont les St. nigra , St. minuta ,
St. hirundo et St. cantiaca , qui nichent communément
en Camargue. Les St. caspia et St. hybrida, beaucoup
plus rares que les précédentes, s'y reproduisent aussi,
mais accidentellement ; enfin les Leucoptera , Paradisea et
Anglica s'y montrent quelquefois de passage.
L'ornithologie du Dauphiné ne signale que deux Ster-
nes, St. nigra et St. hirundo. . . Crespon donne toutes les
espèces signalées plus haut, sauf St. anglica, que je me
suis souvent procurée chez M. Besson, à Hyères... Mais
ce qui aurait lieu de nous étonner, c'est que quatre de nos
espèces manquent en Sicile, ou du moins n'y ont point
été trouvées par M. L. Benoît, ce sont St. caspia, paradi-
sea, hybrida et minuta. Quant à Pol. Boux, dont l'ouvrage
est évidemment inachevé, il ne cite que la Caugeck sous
le nom de St. Boysii.
Une Hirondelle manque évidemment à notre catalogue,
c'est la St. affnis, qui des côtes de l'Algérie, où elle paraît
commune, doit bien s'avancer quelquefois jusque chez
nous ; personne encore ne l'a signalée.
Parmi ces espèces qui fréquentent nos climats, il en est
une dont la description offre, dans le livre de M. De-
gland, quelques lacunes que je suis heureux de pouvoir
combler à l'aide d'indications fournies par quelques peaux
égyptiennes : je veux parler de la Leucoptère (dont la livrée
de printemps seule parait bien connue), charmante petite
espèce qui présente, avec la Nigra, la plus grande ana-
logie.
Les jeunes, en hiver, seraient difficiles à distinguer s'ils
n'étaient reconnaissables à leur bec , toujours plus court
et plus fort que celui de Y Épouvantait : le front , le dessus
de la tête, les côtés du cou et toutes les parties inférieures
sont d'un blanc pur ; l'occiput , le derrière du cou et le
TRAVAUX INÉDITS. 325
haut du dos brun noirâtre, avec la bordure des plumes
blanche; le manteau gris roussâtre; la queue, peu four-
chue, est d'un blanc gris, avec les couvertures supérieures
et inférieures blanches; l'aile, d'un brun cendré, ne pré-
sente pas de blanc.
L'adulte, en hiver, est l'analogue du même âge chez la
Nigra : le dos gris noir ; la queue blanche; le front , le
devant et les côtés du cou blancs ; la région parotique ,
l'occiput et le derrière du cou, comme chez le jeune,
noir pointillé de blanc...; la poitrine et l'abdomen noirs,
avec quelques plumes blanches; les ailes comme au prin-
temps, c'est-à-dire avec le pommeau et le bord libre d'un
blanc pur, qui se fond avec les teintes gris brun des cou-
vertures et des rémiges.
Au printemps , l'oiseau, pour prendre sa livrée noire,
passe, comme l'espèce correspondante, par toutes les
livrées bariolées de blanc et de noir que tout le monde
connaît.
Cette Sterne se montre en petit nombre, dans le midi de
la France, vers la fin d'avril, et s'avance bien avant dans
les terres... Un individu fut tué il y a quelques années,
par M. Doublier, sous les murs de Draguignan, où, depuis
plusieurs heures, elle faisait des évolutions à la manière
des Hirondelles, au milieu d'une prairie sur laquelle elle
paraissait chercher sa nourriture , ce qui confirmerait les
observations de Verdot, qui aurait trouvé» dans leur tube
digestif, des insectes terrestres, tels que Sauterelles et Hy-
ménoptères.
Larus. — Les Mouettes sont assez communes sur nos
eûtes, et se montrent plus particulièrement, dans le voisi-
nage de nos ports, depuis le mois de septembre jusqu'à la
fin d'avril, époque où elles nous quittent pour aller se
reproduire... C'est à peine si, en été, nous apercevons de
loin en loin quelques gros Goélands traversant à tire d'aile
notre rade. C'est le L. argentatus qui niche sur nos petites
îles Deux autres espèces se montrent encore séden-
326 rev. et mag. de zoologie. {Juillet 1856.)
taires en Provence ; ce sont L. ridibundus et L. Lambrus-
chinii, que l'on ne rencontre guère que dans la basse Ca-
margue, et toujours en petit nombre... Crespon signale le
L. argentatus comme plus abondant au printemps qu'en
toute autre saison ; c'est précisément à l'époque où il nous
a déjà quittés pour se rendre en Camargue et sur les lon-
gues plages arides du Languedoc... Aux espèces que cite
cet auteur je joindrai la Melanocephalus , si commune en
hiver dans les environs de Marseille et la dernière qui
nous quitte au printemps ; YAudouinii , qui , abondante
sur toutes les côtes et tous les lacs de l'Algérie, visite
communément la Corse et la Sardaigne, d'où quelques
individus s'avancent quelquefois en hiver jusque chez
nous; et enfin le L. glaucus, dont je connais une seule
capture, près d'Adge.
Les Mouettes observées en Provence viennent, par rang
de rareté 9 s'inscrire dans l'ordre suivant :
Larus ridibundus.
argentatus.
melanocephalus.
tridactylus.
marinus.
canus.
Larus fuscus.
minutus.
Lambruschinii.
Audouinii.
glaucus.
Je ne parlerai pas de L. atricilla, qui, tué en Sicile, en
Italie et jusqu'en Sardaigne, n'a point encore été observé
chez nous. Quant à la Capistratus, ou je ne la connais
pas, ou je dois avouer qu'il m'a été impossible de la dis-
tinguer, comme espèce , de la Ridibundus, ni à l'aide des
sujets provenant d'Egypte et de Tunis, ni avec ceux que
nous rencontrons ici. Parmi ces derniers, je puis montrer,
chez un adulte, un bec tellement petit qu'il laisse bien en
arrière tout ce que j'ai pu voir de plus exigu chez les in-
dividus exotiques! Cet oiseau peut-il constituer une race
locale?... Je ne le pense pas; car, en Egypte, en Algérie
et dans toute la Méditerranée, on trouve tous les passages,
TRAVAUX INKD1TS. .')27
depuis le bec le plus fort jusqu'au plus grêle Notons,
en passant, que cette particularité, commune à presque
toutes les Mouettes, est encore très-sensible chez la Mcla-
noccphalus.
{La suite prochainement.)
AMÉNITÉS M ALACOLOGIQUES ;
par M. J. R. Bourguignat.
§ XLIX.
Des Férussacies algériennes.
Les naturalistes, comme toujours, ont émis sur les
Fcrussacia les opinions les plus diverses. Les uns les
ont classées parmi les Bulimes , les Agathines ou les
(ihmdines (1); les autres les ont distribuées dans ces
mêmes genres, seulement dans des sections particulières ;
d'autres, enfin, ont établi pour elles des genres spéciaux.
En un mot , on a eu sur la classification de ces coquilles
les idées les plus diverses, les Qpinions les plus disparates.
Pour nous, qui ne voulons simplement, dans cet arti-
cle, que faire connaître les Férussacies de l'Algérie, nous
ne discuterons point ces opinions ; mais nous dirons seu-
lement que, d'après les recherches scientifiques auxquelles
nous venons de nous livrer, ces mollusques doivent con-
stituer un genre à part voisin des véritables Agathines et
Caecilianelles ; enfin , que le seul vocable générique à
adopter est celui que Risso créa, en 1826, sous le vocable
Fcrussacia (2).
di Nous -môme, nous avons décrit dernièrement une Fcrussacia
sous l'appellation générique de Glandina.
{2) Uist. nat. Kurop. mérid., t. IV, p. 80, lig. 27. 1826. (Non Fe-
russacia, Lenfroy, 1828; — nec Ferussina, Grateloup, 1S27.)
Risso a encore établi Joe. cit., p. 79 et 81) les genres Cochlicnpa
328 rev. et mag. de zoologie. (Juillet 1856.)
Les Férussacies de l'Algérie ont été encore bien peu
étudiées jusqu'à ce jour ; il n'y a guère que notre savant
ami M. Arthur Morelet qui ait examiné avec soin ce petit
groupe de coquilles.
Quant à nous, si nous pouvons présenter en ce moment
un travail plus complet, c'est grâce à la gracieuse obli-
geance de M. Brondel, qui a bien voulu mettre à notre
disposition les espèces de sa riche collection.
Ferussacia procerula.
Glandina procerula, Morelet, Test. nov. Alger., in Journ.
de conch., p. 357, tab. ix, f. 12. 1851.
Testa fusiformi-elongata, obesa, solidula, laevigata, vel substriata,
nitida, fulva ; spira elongato-conica ; apice obtusiusculo ; anfractibus
7 vix convexiusculis; sutura corneo-pallidiore, superfiriali-duplicata,
separatis; supremis regulariter crescentibus ; quintano paululum
celeriter accrescente ; ultimo dimidiam longitudinis non aequante,
apertura oblouga, peristomate acuto, simplice , recto; columella
recta, contorta, bicallosa, vixtruncata; margine externe- vix arcuato;
marginibus callo junctis.
Coquille obèse, fusiforme, allongée, solide, lisse ou à
peine striée, brillante, d'une couleur fauve. Spire conique,
allongée, à sommet un peu obtus. Sept tours de spire un
peu convexes, séparés par une suture superficielle d'une
teinte plus pâle, et entourée inférieurement d'une seconde
ligne imitant une rainure suturale. Les premiers tours de
spire s'accroissent avec régularité; ce n'est qu'au cin-
et Vedantius. — Le premier a pour type ÏHeliœ subcylindrica de
Linnaeus; le second, la Ferussacia folliculus à l'état non adulte.
Observation. — Le genre Cochlicopa de Risso , quoique antérieur
à celui de Ferussacia , ne peut être adopté, parce qu'il formerait
double emploi avec celui de Cochlicopa de Férussac. Cette appella-
tion générique doit, en effet, remplacer désormais celle de Priamus,
créée par Beck, en 1837, pour des coquilles marines classées à tort
parmi les Agathines.
TRAVAUX INÉDITS. 329
quième tour que la spire commence à prendre plus de
développement; le dernier tour n'égale jamais la moitié
de la hauteur totale. Ouverture oblongue, fortement
échancrée, à péristome simple, droit et aigu. Columelle
droite, à peine tronquée, offrant deux petites inflexions
tuberculeuses dues à sa contorsion. Bord externe à peine
arqué. Bords marginaux réunis par une callosité.
Long., 13 mill. — Diam., 5 mill. — Haut, de l'ouvert.,
6 mill. — Larg. de l'ouvert., 3 mill.
Habite, en Algérie, les environs de la Calle. (Morelet,
Brondel.)
L'honorable M. A. Morelet (Note sur la Gl. procerula, in
Journ. de Conch., p. 274, sept. 1852) dit qu'il a reconnu,
chez la procerula, une petite lamelle aperturale située sur
la convexité de l'avant-dernier tour. Nous avons examiné
avec le plus grand soin toutes nos procerula, et nous de-
vons avouer que nous n'avons rien découvert, si ce n'est
une petite inflexion à peine sensible et qui ne mérite pas
la peine d'être mentionnée. — Le gavant Arthur Morelet
n'aurait-il point confondu, dans son procerula, deux es-
pèces distinctes, c'est-à-dire son procerula et notre eremio-
phila ?
Ferussacia eremiophila.
Testa fusiforrai-eloDgata, solidula, lœvigata, vel substriata, nitide
corneo-lutescente; spira elongato-conica, apice obtusiusculo; anfrac-
tibus 7 convexiusculis, sutura corneo-pallidiore, marginata, separa-
tis, regularitcr crescentibus ; ultirao diniidiam longitudinis non
aequantc ; apertura oblonga, in ruedio ventre penultimi unicallosa ;
pcrislomate recto, acuto, simplice; columella recta vix contorta ac
callosa; margine externo vix arcuato; marginibus callo sat valido
junctis.
Coquille tusiforme, allongée, solide, lisse ou à peine
striée, brillante, d'une couleur cornée jaunâtre. Spire
allongée, conique, à sommet un peu obtus. Sept tours un
peu convexes, s'accroissant régulièrement, et séparés par
une suture marginée d'une teinte cornée plus pâle. Der-
330 rev. et mag. de zoologie. (Juillet 1856.)
nier tour n'égalant jamais la moitié de la hauteur totale.
Ouverture oblongue , à péristome simple , droit , aigu , et
offrant sur la convexité de l'avant- dernier tour une callo-
sité blanchâtre, profondément enfoncée. Columelle droite,
à peine contournée, non tronquée et munie seulement, à
sa partie supérieure, d'une petite inflexion tuberculeuse
due à sa contorsion. Bord externe à peine arqué. Bords
marginaux réunis par une callosité assez forte.
Long., 13 mill. — Diam., 4 mill. — Haut, de l'ouvert.,
5 1/4 mill. — Larg. de l'ouvert., 3 mill.
Cette espèce habite les environs de Constantine, de
Bône, en Algérie. — Assez: rare. (L. Raymond, Brondel.)
La Ferussacia eremiophila ne peut être confondue qu'avec
la procerula de notre savant ami M. Arthur Morelet.
On distinguera Yeremiophila de la procerula à sa spire
plus allongée et moins obèse; à ses tours, qui s'accroissent
régulièrement, ce qui n'a jamais lieu chez la procerula; à
son ouverture, munie d'une forte dent blanchâtre analogue
à celle que l'on remarque chez la tamellifera; à sa colu-
melle très-peu contournée et ne possédant qu'une seule in-
flexion supérieure tuberculeuse, tandis que la procerula en
possède deux, ce qui rend la columelle de cette espèce un
peu tronquée à la base.
Ferussacia lamellifera.
Glandina lamellifera, Morelet, Test. nov. Alger., in Journ.
de Conch., p. 358, pi. ix, f. 13. 1851.
Testa fusiformi-elongata, solidula, laevigata, pellucida, corneo-
lutesceote; spira elongato-couica ; apice acutiusculo; anfractibus
7 convexiusculis, sulura corneo-pallidiore, obscure superficiali-dupli-
cata, separatis ; supremis lente ac regulariter crescentibus, quintano
paululum magis accresceute, ultimo dimidiam longitudinis non
œquante; apertura oblonga, in médit penultimi veutre albido-uni-
callosa ; peristomate recto, acuto, simplice ; coluraella contorta bi-
TRAVAUX INÉDITS. 331
callosa ac ad basim sicut truncata ; margine externo sat arcuato ;
marginibus valido callo junctis.
Coquille fusiforme, allongée, solide, lisse, pellucide,
d'une couleur cornée jaunâtre. Spire allongée, conique, à
sommet un peu aigu. Sept tours à peine convexes, séparés
par une suture superficielle, munie inférieurement d'une
ligne peu visible imitant une rainure suturale. Les pre-
miers tours croissent lentement et avec régularité; ce
n'est qu'au cinquième tour que la spire commence à
prendre plus de développement. Le dernier tour n'égale
jamais la moitié de la hauteur totale. Ouverture oblongue,
offrant, sur la convexité de l'avant-dernier tour, une cal-
losité blanchâtre, saillante et fortement enfoncée. Péri-
stome simple, droit et aigu. Columelle droite, contournée,
offrant deux inflexions tuberculeuses assez fortes , surtout
celle qui est supérieure. Bord externe assez arqué. Bords
marginaux réunis par une callosité assez épaisse.
Long., 13 mill. — Diam., 4 mill. 1/2. — Haut, de l'ou-
vert., 6 mill; — Larg. de l'ouvert., 3 mill.
Habite communément aux environs de Bône (Morelet ,
Brondel), de Constantine (L. Raymond).
Ferussacia sciaphila.
Testa fusiformi, nitidissima, pellucida, levigata, succineo-auran-
tia ; spira conica, attenuata ; apice acuto ; anfractibus 7 planiusculis,
sutura corneo-pallidiore, superh'ciali-duplicala, separatis; supremis
parvulis, lente crescentibus ; quintano sinistre convexo ac subito
mavime accrescente; ultimo dimidiam longitudinis non aequante;
apertura oblonga, in ventre penultimi albido -callosa ; peristomate
acuto, simplice, recto ; columella recta, contorta ac bicallosa , mar-
ginc externo maxime arcuata ; marginibus callo sat valido junctis.
Coquille fusiforme, polie, lisse, transparente, et offrant
une surface ornée d'une teinte orangée des plus brillantes.
Spire atténuée, en forme de cône, à sommet aigu. Tours
au nombre de sept, presque plans, séparés par une su-
ture superficielle entourée d'une seconde rainure suturale
332 REV. ET MAG. DE zoologie. (Juillet 1856.)
inférieure. Les quatre premiers tours sont petits et s'ac-
croissent avec beaucoup de régularité ; mais, au cinquième
tour, la spire prend un tel développement que la suture,
en descendant trop bas , donne à ce tour une apparence
convexe toute particulière. Le dernier tour n'égale jamais
la moitié de la hauteur totale. Ouverture oblongue, of-
frant, sur la convexité de l' avant-dernier tour, une callo-
sité blanchâtre, saillante et fortement enfoncée. Péristome
simple, droit et aigu. Columelle droite, tordue et présen-
tant, pour ce motif, deux petites inflexions tuberculeuses
semblables à celles que l'on remarque sur la columelle du
lamellifera. Bord extrême fortement arqué. Bords margi-
naux réunis par une callosité assez saillante.
Long., 11 mill. — Diam., 4 mill. — Haut, de l'ouvert.,
5 mill. — Larg. de l'ouvert., 2 mill.
Habite les environs de Bône, en Algérie (Brondel).
Cette espèce ne peut être confondue, à cause de son
ouverture, qu'avec la Ferussacia lamellifera; mais on l'en
distinguera facilement à sa taille plus grêle, plus élancée ;
à sa spire atténuée, plus courte ; à son test plus poli , plus
brillant, orné d'une riche teinte orangée, mais surtout à
ses tours de spire, qui n'offrent dans leur développement
aucune régularité ; enfin à son bord externe plus arqué.
Ferussacia ennychia.
Testa gracili, eylindracea, pellucida; diaphana, laevigata, polita,
nitidissime fulvo-luteola ; spira attenuata, conica; apice acuto; an-
fractibus 6 planatis, sutura cornco-pallidiore, superficiali-duplicata,
separatis; supremis minutis, lente ac regulariter crescentibus; tertio
maxime subito accrescente, ac sinistre gibboso ; ultimo dimidiam
longitudinis non «3quante ; apertura ovato-oblonga ; peristomate sim-
plice, acuto, recto; columella recta, vu contorta ac ilexuosa; mar-
gine externo paululum arcuato ; marginibus tcuui callo juuctis.
Coquille grêle, cylindracée, transparente, diaphane,
lisse, polie, d'une couleur fauve jaunâtre très-brillante.
Spire atténuée, conique, à sommet aigu. Six tours plans,
TRAVAUX INÉDITS. 333
séparés par une suture superficielle d'une teinte plus pâle,
'entourée d'une seconde ligne suturale. Premiers tours
petits, s'accroissant avec régularité ; ce n'est qu'à partir
du troisième tour que la spire prend subitement un déve-
loppement excessif, ce qui donne à ce tour une apparence
gibbeuse très-prononcée. Dernier tour n'égalant jamais la
moitié de la hauteur totale. Ouverture ovale, allongée, à
péristome simple, droit et tranchant. Columelle droite,
peu contournée et à peine flexueuse. Bord externe un peu
arqué. Bords marginaux réunis par une faible callosité.
Long., 9 mill. — Diam., 3 mill. — Haut, de l'ouvert.,
4 mill. — Larg. de l'ouvert., 2 mill.
Habite les environs de Bône, en Algérie (Brondel).
La Ferussacia ennychia ne peut être confondue qu'avec
la sciaphila; mais on distinguera cette espèce de cette
dernière à sa taille plus petite, plus grêle, plus cylindri-
que, etc.; à son sommet plus atténué, plus aigu; surtout
à son ouverture plus ovale , qui ne possède aucune denti-
culation ; à sa columelle non flexueuse et à peine con-
tournée, etc.
Ferussacia Vescoi.
Glandina Vescoi, Bourguignat, Amén. malac, in Rev. et
Mag. de zool., p. 67, 1856; et (tirage à part), p. 150,
§ XLI,pl. xv, f. 2-4. 1856.
Cette espèce , que nous venons de décrire au commen-
cement de cette année, a toujours été confondue avec la
folliculus, et cela bien à tort.
La Ferussacia (Hélix) folliculus de Gronovius (Zooph.,
fasc. 3, p. 296, t. XIX, f. 15, 16. 1781) est une espèce qui
habite le nord de l'Espagne et de l'Italie et le midi de la
France; nous ne la connaissons point de Sicile ni d'Algé-
rie, où elle se trouve remplacée par la Vescoi.
M. l'abbé Dupuy (Hist. Moll. France, p. 333, tab. xv,
f. 10, déc. 1850) a donné une fort bonne description et
une figure très exacte de la folliculus. Aussi renvoyons-
334 rev. et mag. de zoologie. (Mille t 1856.)
nous les conchyliologues à l'ouvrage de cet honorable au-
teur pour en connaître les caractères spécifiques.
Quant à notre espèce Vescoi, que nous avons séparée de
cette coquille, on l'en distinguera à son sommet plus ob-
tus; à sa spire s'accroissant d'abord régulièrement, puis
prenant, à partir du troisième tour, un développement
plus grand ; à sa suture superficielle nettement entourée
d'une seconde rainure suturale ; à sa columelle plus forte,
plus tordue, et offrant intérieurement une inflexion tu-
berculeuse plus saillante, etc.
La Ferussacia Vescoi peut encore être rapprochée de
Yennychia; mais on l'en séparera à son sommet obtus, et
non atténué et aigu ; à la spire obèse-allongée et non cylin-
dracée ; à son bord externe plus arqué ; à ses tours plus
convexes , et surtout à sa spire , qui , tout en n'étant pas
régulière, n'offre point le développement insolite de celle
de Yennijchia.
La Ferussacia Vescoi, que nous connaissons de Malte,
de Sicile et d'Italie, habite, en Algérie, les environs d'Al-
ger, de Mostaghanem (Brondel), d'Oran, de Mazagran, de
Tlemcen, de Constantine, etc..
Ferussacia Forresii.
Achatima nitidissima (1), Forbes, in : Jard. ann., t. II,
p. 253, tab. xii, f. 2. 1838.
Glandina nitidissima, Kiister, Conch. cab. (2e édit. ),
G. Gland, pi. xvm, f. 20-21.
Achatina nitidissima, L, Pfeiffer, Mon. Hel. viv., t. II,
p. 284. 1848.
Glandina nitidissima, Morelet, Cat. Moll. Alg., in Journ.
de Conch., p. 292. 1853.
Cette Férussacie doit être une espèce très-rare, car,
(1) Non Achatiua {Bulimus) nitidissima, de Krynicki, in Bull. Soc.
Moscou, t. VI, p. 420, 1833; et de /,. Pfeiffer, Syrab., t. II, p. 134,
1842, qui est une espèce différente.
TRAVAUX INEDITS. 335
sauf Forbes, qui en a fait la découverte, il n'existe pas,
que nous ne sachions, une seule personne qui, depuis, ait
pu la rencontrer. Nous-mème, nous ne l'avons jamais
vue(l).
Kùster, qui a dû la recevoir de Forbes , a donné , dans
la seconde édition de Chemnitz, une représentation assez
mauvaise de cette espèce. Malgré tout, cela est heureux,
car, si nous avions été obligé de nous baser sur la misé-
rable description et sur la pitoyable figure fournies par
l'auteur anglais, nous aurions été assez embarrassé.
Voici, d'après la figure du savant Kûster, les caractères
que l'on peut attribuer à cette coquille :
Testa parvula, cylindracea,pellucida, laevissima, nitidissima, cor-
neo-lutesccnte; apice obtuso; anfractibus 5 convexiusculis, satregu-
lariter cresccntibus, sutura superflciali separatis ; ultimo dimidiara
lougitudinis non œquaute ; apertura oblonga; peristomate acuto,
recto, simplice; columella recta, vix contorta; marginibus callo
junrtis.
Coquille petite, cylindracée, très-lisse, brillante, trans-
parente, polie, d'un jaune corné. Sommet obtus. Cinq
tours de spire un peu convexes, s'accroissant assez régu-
lièrement, séparés par une suture peu sensible ; dernier
tour n'égalant point la moitié de la hauteur. Ouverture
oblongue, à péristome simple, droit et aigu. Columelle
droite, à peine contournée et de faible taille. Bords mar-
ginaux réunis par une callosité.
Long., 8 mill. — piam., 4 mill.
Malgré ces caractères un peu vagues que nous venons
de donner, il est permis, avec eux, de distinguer désor-
mais cette espèce de celles qui lui sont voisines, telles que,
par exemple, la Vescoi et la debilù.
On séparera la Ferussacîa Forbesii de la Vescoi à sa co-
lumelle plus faible, moins contournée; à sa suture, qui
[i) L. Pfeiffcr et Arth. Morelet ne connaissent également pas cette
espèce; ils l'ont citée d'après Forbe#.
336 rev. et mag. de zologie. (Juillet 1856.)
est simple ; à ses tours de spire , qui s'accroissent assez
régulièrement, ce qui n'a jamais lieu chez la Vescoi.
On distinguera la Forbesii de la debilis à son sommet
obtus et non aigu ; à sa suture, qui est simple ; à son der-
nier tour, moins dilaté; à l'accroissement de sa spire, qui
est plus régulière ; à son ouverture, moins oblongue, etc.
Cette Ferussacia, que nous dédions à son inventeur sous
l'appellation de Forbesii , a été trouvée dans les environs
d'Alger.
Nous avons été obligé de changer le nom de nitidissima
imposé à cette coquille, parce que Krynicki, en 1833,
avait déjà attribué cette même dénomination à une espèce
de la Crimée toute différente de celle-ci.
Ferussacia derilis.
Glandina debilis, Morelet, in Journ. de Conch., p. 416,
tab. xii, f. 6 (1). 1852.
Testa parvula, subfusiformi, diaphana, polita, laevi, nitidissime
corneo-fulva ; spira brevi, attenuata; apice acuto; anfractibus 6 con-
vexiusculis, sutura superficiali-duplicata, separatis; ultimo dirai -
diam longitudinis, œquante vel paululum superaote; apertura piri-
formi; peristomate acuto, simplice, recto; columella brevi, vix
contorta, ad basim non attingente , margine externo sat arcuata ;
marginibus tenui callo junctis.
Coquille de faible taille, subfusiforme, diaphane, polie,
lisse , brillante (2) , d'une couleur fauve cornée. Spire
courte, atténuée, à sommet aigu. Six tours de spire un
peu convexes, séparés par une suture superficielle, en-
tourée d'une seconde rainure suturale. Les trois premiers
tours croissent lentement et avec régularité ; ce n'est qu'au
troisième tour que la spire commence à prendre un déve-
loppement plus grand, développement qui devient très-
(1) Fig. pessima.
(2) M. Morelet (loc. sup. cit.) dit que cette espèce a un test duoe
couleur d'un fauve terne.
TRAVAUX INÉDITS. 337
considérable à l' avant-dernier tour; quant au dernier, il
égale ou même surpasse un peu la moitié de la hauteur
totale. Ouverture piriforme, à péristome simple, droit et
aigu. Columelle droite, courte, à peine contournée et
n'atteignant point la base de l'ouverture. Bord externe
assez arqué. Bords marginaux réunis par une faible cal-
losité.
Long., 7 mill. — Diam., 3 mill. — Haut, de l'ouvert.,
3 1/2 à 4 mill. — Larg. de l'ouvert., 2 mill.
Espèce rare. — Habite les environs de Philippeville
(Morelet), les environs d'Hippone (Brondel).
La debilis ne peut être rapprochée que de la Vescoi.
On séparera la debilis de la Vescoi à sa taille plus petite ;
à son sommet aigu et non obtus; à ses tours de spire, qui
s'accroissent avec plus de régularité ; à sa columelle ,
moins forte , moins contournée ; à son dernier tour, plus
dilaté, etc.
Ferussacia scaptoria.
Testa parvula, fragillima, diaphana, polita, laevi, pallide eornea ;
spira brevi; apice acuto; anfractibus 6 vix convexiusculis, sutura
supcrficiali-duplicata separatis; ultimo dimidiam lon^itudinis supe-
rante; apertura elongato-piriformi , peristomate simplice , acuto,
recto; coluniella recta, vix contorta, ad basim aperturœ non attiu-
gente, margine exteruo vix arcuata; marginibus teuuissimo callo
juuctis.
Coquille très-petite, d'une extrême fragilité, diaphane,
lisse , polie , d'une couleur cornée terne. Spire courte , à
sommet aigu. Six tours à peine convexes, séparés par une
suture superficielle, entourée d'une seconde rainure sutu-
rais. Ouverture piriforme, très-allongée, à péristome
simple, aigu, droit, très-fragile. Columelle de faible taille,
à peine contournée et n'atteignant point la base de l'ou-
verture. Bord externe à peine arqué. Bords marginaux
réunis par une callosité à peine visible.
Long., G mill. — Diam., 2 mill. 1/2. — Haut, de l'ouvert.,
3 mill. 1/2. — Larg. de l'ouvert., 2 mill.
2e skrib. t. vhi. Année 1856. 22
338 rev. et mag. de zoologie. (Juillet 1856.)
Gette espèce habite les environs de Constantine (Ray-
mond, Brondel).
La Ferussacia scaptobia ne peut être confondue qu'avec
la debilis.
On distinguera notre scaptobia de la debilis à sa taille
plus petite ; à son test plus fragile, moins brillant ; à sa
spire plus courte , à son ouverture plus allongée , à ses
tours de spire moins convexes, etc.
Ferussacia Terverii.
Achatina folliculus ( pars ) , Michaud , Cat. test. d'Alg.
(Extr. des Mém. Soc. Hist. nat. de Strasbourg, t. Ier),
p. 9. 1830.
— — (variété), Terver, Cat. Moll. du nord de l'Afrique,
p. 31, pi. iv, f. 16-17. 1839.
Les conchyliologues ne sont point d'accord sur l'appel-
lation à attribuer à cette espèce.
Michaud la considère comme une variété singulière de
la folliculus.
Terver (tout en la faisant figurer sous le nom d'Ach ut.
folliculus, variété) dit qu'elle diffère entièrement de cette
coquille, mais qu'elle se rapporte parfaitement à X Acha-
tina vitrea de Webb.
L. Pfeiffer, de son côté (Mon. Hel. viv., t. II, p. 274.
1848), la place avec un point de doute parmi les synony-
mes de la Cœcilianella [Achatina) Hohenwarti , de Hoss-
massler.
Pour nous, nous pensons que cette coquille n'est ni une
folliculus, ni une vitrea, et encore moins une Hohenwarti,
mais bien une espèce distincte.
Testa parvula, cylindracea, nitidissima, diaphana, polita, pallide
cornca; apice obtusiusculo ; anfractibus 6 convexiusculis, sutura sat
impressa separatis; superioribus 4 regulariter crescentibus ; penul-
timo maguo ; ultimo 1/3 longitudinis superante; apertura ovato-piri-
formi, peristomate paululum albidulo-iucrassato, acuto, recto ; colu-
TRAVAUX INKDITS. 339
niella simplicc, non eoutorta; marine exteriore arcuato; marginibus
tenuissimo callo juuctis.
Coquille petite, cylindrique, brillante, diaphane, polie,
d'une couleur d'un jaune peu foncé. Sommet un peu ob-
tus, à spire s'accroissant régulièrement. Six tours un peu
convexes, séparés par une suture nettement prononcée
et non marginée ; l'avant-dernier tour est très-deve-
loppé ; quant au dernier, il surpasse le tiers de la hauteur
totale. Ouverture ovale piriforme, h péristome aigu, droit,
malgré tout un peu épaissi par un faible bourrelet d'une
teinte plus claire. Columelïe non contournée, par consé-
quent n'offrant à la base aucune apparence de troncature.
Bord extérieur arqué. Bords marginaux réunis par une
faible callosité.
Long., 7 mill. — Diam., 2 1/2 mill. — Haut, de l'ou-
vert., 2 mill. 1/2. — Larg. de l'ouvert., 1 mil. 1/4.
Habite les environs d'Alger et d'Oran.
La Ferussacia Terverii ne peut être confondue qu'avec
la Ferussacia vitrea (1).
Mais on distinguera notre espèce de cette dernière à sa
forme plus obèse et moins élancée, à sa bouche moins
arrondie, à ses premiers tours de spire s'accroissant moins
vite et plus régulièrement, à sa couleur cornée et non
d'un blanc vitré, etc.
Ferussacia subcylindrica.
Hélix subcylindrica (2), Linnœus, Syst. nat. (12e édit.),
p. 1248. 1767.
Hélix lubrica, Mùller> Verm. Hist., t. II, p. 104. 1774.
Nous ne donnons point la synonymie de cette espèce ,
(1ï Achatina vitrea, Webb et Berlhelol, Synops., n° 2, 1833, et Bu-
limus vilreus, Aie. iVorbigny, Moll. Canaries, p. 72, pi. n, f. 28,
is:m.
(2) Non Hélix subcylindrica, de Montagu, 1803.
340 REV. ET MAG. DE zoologie. (Juillet 1856.)
si connue de tous les naturalistes européens, car nous ne
pourrions que répéter celle des savants ouvrages de Lud.
Pfeiffer, de Dupuy et de M. Moquin-Tandon.
Quant à la description de cette coquille, nous n'en four-
nirons point également les caractères, puisque ces hono-
rables auteurs l'ont parfaitement décrite. Nous dirons
seulement que nous connaissons cette Férussacie des en-
virons d'Alger et d'Oran, et que les échantillons que nous
avons examinés ne diffèrent de ceux d'Europe que par
une taille un peu plus forte et des tours de spire un peu
plus convexes.
Description de longicornes nouveaux du vieux Calabar,
côte occidentale d'Afrique; par M. A. Chevrolat.
(Suite. —Voir 1855, p. 183, 282, 513.)
44. Pachydissus femorellus obscuro-cinereus, capite ovato, pilis
brevibusaureisanticeposticequeinduto;versusthoracemmiuutissime
tuberculato, sulco longitudinali in fronte valde impresso; palpis,
mandibulis, labio, clypeo primoque articulo antennarum (yalido,
clavato scabro sulcatoque) nigris; oculis subcontiguis, amplis, supra
profonde emarginatis ; antennis corpore vix longioribus, articulis
elongatis 5-10 ad apicem subangulatis ; thorace rotundato, antice
posticeque constricto, transversim grosse plicato pilis aureis dense
vestito sed in parte dorsali nigro (ad latus anterius cum tuberculo
magno), scutello triangulari ; elytris punctulatis ad humerum rec-
taogule subrotundatis , ad apicem oblique truncatis. Spina suturali
acuta. Femoribus cinereo-ferrugineis, longitudine costulatis. —
Long., 17 mill.; lat., 5 mill.
11 est brun et couvert d'une pubescence courte cendrée.
Tête forte, arrondie, très- sillonnée en dessus; yeux très-
saillants, réticulés, noirs, fortement échancrés en dessus et
presque contigus. Palpes, mandibules, lèvre et chaperon
noirs. Antennes à peine plus longues que le corps, à pre-
mier article épais, en massue, ponctué, sillonné et noirâ-
tre, suivants allongés, 5-10 un peu anguleux au sommet.
Corselet arrondi, étranglé en avant et en arrière, couvert
de gros plis courts et transvers et d'un duvet épars doré
t
TRAVAUX INÉDITS. 341
avec le disque noir; près du bord antérieur, sur le côté,
est un gros tubercule, et en arrière un autre plus petit, qui
est éloigné du bord; un sillon longitudinal les relie entre
eux. Écusson triangulaire noirâtre. Elytres planes, paral-
lèles, de la largeur du corselet, tronquées au sommet, avec
chacune deux épines ; celle suturale longue : leur surface
est finement pointillée, ruguleuse, obscure pour le fond,
et d'un cendré légèrement changeant. Pattes moyennes;
cuisses ferrugineuses et faiblement carénées sur le bord in-
férieur. Corps noirâtre , cinq segments abdominaux. Fe-
melle. — De la collection de M. Andrew Murray.
45. Callichroma calcaratum affine Callich. albitarsi, F., attamen
latius et brevius, viridi-laetum nitidiore in margiuibus thoracis su-
turaque; palpis, antennis pedibusque ferrugiueis, femoribus infra
emarginatim calcaratis et abrupte clavatis, posticis elongatis ; capite
punctato, longitudine sulcato ; thorace transversim plicato, angulose
dentato; écutello acutissimo; elytris creberrime rugulosis; corpore
infra viridi, segmentis abdominalibus infra anguste fuscis. — Long.,
25 mill.; lat., 7 1/2 mill.
Voisin du Callichroma albitarse, mais plus court et pro-
portionnellement plus large aux épaules, d'un vert plus
ou moins tendre et brillant, obscur sur la marge des ély~
très et plus éclatant sur la suture, l'écusson et les bords an-
térieur et postérieur du corselet. Antennes et pattes ferru-
gineuses, tarses plus pâles. Tête étroite, brillante, très-net-
tement ponctuée en avant, très-densement au milieu et en
arrière : trois sillons longitudinaux en avant et un autre
transverse entre les yeux. Labre échancré d'un ferrugi-
neux obscur. Mandibules allongées, coniques, vertes et ru-
goeusement ponctuées à la base, noires et lisses vers le
boni, un peu sinueuses sur le bord interne. Yeux noirs. Cor-
selet aussi haut que large, droit et rebordé en avant et en
arrière avec un pli basai situé entre deux sillons transverses,
lé; [èiement convexe el aplati sur le disque et muni de quatre
tubercules obtus. Ce, disque est finement ruguleux et pré-
sente quelques rides transverses ou obliques. Épine latérale
342 uev. et mag. de zoologie. (Juillet 1856.)
forte, obtuse, brillante et vaguement ponctuée. Écusson
très-aigu. Ehjtres d'un vert obscur et velouté, très-dense-
ment et finement ruguleuses, grossièrement ridées et ponc-
tuées au-dessous de Y écusson ; elles sont larges et arron-
dies sur l'épaule, et diminuent insensiblement jusqu'au
sommet de la suture. Corps, en dessous, d'un vert brillant
avec pubescence blanchâtre; bords inférieurs des seg-
ments abdominaux d'un ferrugineux obscur. Femelle. —
De la collection de M. Andrew Murray.
46. Callichroma simulatum praecedenti simillimum , sed differt
statura minore, antennis gracilioribus et femoribus clavatis, sed non
dentatis : viridi prasinum , capite ruge punctato , antice trisulcato ;
thorace vage punctato in dimidia parte postica arcuatim rugato acu-
tiusspinoso; elytris rugulosis, subparallelis ad suturam flavido-
sericeis. — Long., 20 mill.; lat., 5 mill.
Très-voisin du Call. calearatum pour la coloration, mais
plus petit, à antennes plus grêles et à cuisses non dentées,
d'un beau vert végétal tendre. Tête plus fortement ponc-
tuée et d'une manière rugueuse en avant, présentant, trois
sillons longitudinaux et un autre obsolète entre les yeux.
Mandibules plus courtes, coniques, vertes et ponctuées à la
base, et noires vers l'extrémité; la gauche est aiguë et re-
courbée. Palpes, antennes (à premier article un peu ob-
scur) et •pattes ferrugineux. Corselet droit , étranglé , re-
bordé et brillant sur les bords antérieur et postérieur, avec
une petite carène basale, vaguement ponctué et lisse der-
rière la tête ; des rides cintrées couvrent les deux tiers pos-
térieurs, les côtés sont polis, un peu bleuâtres, et l'épine
latérale, quoique assez robuste, est plus aiguë. Écusson
triangulaire, ponctué et doré; il offre au milieu un sillon,
et sur le devant deux petites dépressions. Élytrcs subpa-
rallèles, arrondies sur l'épaule, et un peu plus étroitement
sur l'extrémité, finement ruguleuses et longitudinalemeut
crevassées par place, suture entièrement d'un vert jaunâtre.
Les quatre cuisses antérieures sont brusquement renflées,
et les postérieures longues et en massue. Corps, en dessous,
S0C1KTÉS SAVANT KS. 3V3
d'un voil plus clair cl couverl dune pubesccncc blan-
châtre ; la bordure antérieure et postérieure des seg-
ments abdominaux est très-étroitement noirâtre. Pygidium
subconique, noir et vert seulement à l'extrémité Femelle.
— Collection de M. Andrew Murray.
(La suite jirochainement.)
II. SOCIÉTÉS SAVANTES.
Académie des sciences de Paris.
Séance du 30 juin 1856. — M. Brandt, membre de
l'Académie impériale des sciences de Saint-Pétersbourg et
directeur du musée zoologique de l'Académie, présente
divers Mémoires qu'il a publiés sur des questions d'his-
toire naturelle et en indique le sujet dans les termes sui-
vants :
« C'est avec la permission de M. le président et de
MM. les secrétaires que j'ai l'honneur de présenter à l'Aca-
démie impériale des sciences quelques Mémoires récem-
ment publiés par moi.
« Ces Mémoires se rapportent à trois catégories : les
uns sont réunis sous le titre général de Beitrage; un
autre forme l'Appendix d'un Voyage, et un troisième con-
stitue un ouvrage à part.
« Sous le titre Beitrage zur nahern Kenntniss der Sauge-
thiere Jinïnlands, j'ai publié
« 1° Une description zoologique très - détaillée de la
Mai le zibeline {Mustela zibellina), d'après les exemplaires
du Muséum de Saint-Pétersbourg , accompagnée de trois
planches représentant les différentes variétés de cet animal
tant estimé.
« 2° Un second Mémoire offre une énumération des
Chauves-Souris de la Hussie, sous le rapport de leur dis-
tribution géographique.
« 3° Un troisième Mémoire prouve les différences nom-
344 rev. et mag. de zoologie. {Juillet 1856.)
breuses craniologiques qui existent entre le Castor de l'Eu-
rope et celui de l'Amérique.
« 4° Un quatrième Mémoire traite de la grande varia-
bilité de forme des os du crâne dans le genre Castor, et
augmente le nombre des exemples qui se rapportent à la
variabilité individuelle des crânes des Mammifères.
« 5° Un cinquième Mémoire expose l'histoire de la clas-
sification de l'ordre des Rongeurs, et surtout du genre
Castor chez les différents peuples anciens et modernes.
« 6° Un sixième Mémoire s'occupe de la craniologie, de
la classification et de l'affinité des différents genres de
l'ordre des Rongeurs.
« 7° Le septième Mémoire contient des recherches sur
le nom du Castor et du Castoréum chez plusieurs souches
des peuples Ariens, Sémites, Mongols et Finnois.
« 8° Le huitième Mémoire s'occupe des connaissances
que les Arabes avaient sur le Castor. Audit Mémoire est
ajouté un autre par M. Stanislas Julien , sur la connais-
sance des Loutres chez les Chinois.
« Un Appendix zoologique du Voyage de M. Hofmann
dans l'Ural donne un aperçu de la zoologie géographique
des vertébrés desdites contrées. J'y ai ajouté de nom-
breuses remarques sur la distribution générale des Mam-
mifères en Russie.
« J'espère que l'appendice en question pourra fournir
de nombreux matériaux relativement à la patrie des Mam-
mifères les plus répandus de l'Europe et de l'Asie boréale.
« Un Mémoire sur la distribution géographique du Tigre
royal en contient non-seulement la statistique, ainsi que
ses relations physiques et biologiques et les types géné-
raux des animaux vertébrés qui l'accompagnent, mais il
offre en même temps des recherches très-détaillées sur les
rapports dans lesquels se trouvaient ou se trouvent encore
avec lui les différentes tribus des peuples Ariens, Sémites,
Indiens et Chinois, et prouve en même temps combien le
combat contre ce redoutable ennemi exerça d'influence
SOCIÉTÉS SAVANTES. 345
plus ou moins considérable sur le développement de la
culture.
u En général il résulte de ces recherches que c'est le
Tigre qui, parmi tous les animaux sauvages que nous con-
naissons, possède au plus haut degré la capacité de sup-
porter les changements les plus considérables du climat,
car on le rencontre depuis le ciel ardent de Java jusqu'à
Nertschinsk, où l'on voit souvent geler le mercure.
« Je me permets d'ajouter à ces communications quel-
ques remarques sur un animal qui fut extirpé par les
hommes, et dont quelques restes ne se trouvent qu'au
Muséum de Saint-Pétersbourg.
« Les zoologistes savent que, outre les genres des Du-
gongs et des Manatis, il existait autrefois dans l'océan
Pacifique boréal un autre genre de Cétacés herbivores dé-
pourvus de dents, observés par Steller près de l'île de
Behring (Novi Comm. Petrop., t. II, p. 294), genre dont
les derniers restes furent détruits vers le milieu du
xvme siècle, selon les recherches de M. de Baer [Mémoires
de l'Académie de Saint-Pétersbourg, vie série, Sciences na-
turelles, t. III, p. 58). Mes propres recherches sur le
genre Rhytina [Mémoires de V Académie de Saint-Péters-
bourg, 1846) ont ajouté aux observations de Steller, outre
la connaissance exacte de la lame palatine cornée, la des-
cription d'un fragment du crâne.
« Plus tard, le Muséum de l'Académie de Saint-Péters-
bourg reçut par M. Wosnezerski, l'un des élèves du Labo-
ratoire zoologique, qui a voyagé pendant une dizaine
d'années dans les colonies russes de l'Amérique, un crâne
complet de l'animal en question, dont j'ai l'honneur de
présenter à l'Académie des dessins exacts, ainsi que plu-
sieurs figures de deux vertèbres, d'un atlas et d'une ver-
tèbre du COU.
(( On observe, en général, ce que j'ai déjà remarqué
dans mes Spicilegia sirenologica, que le crâne de la Rhy-
tine ressemble à celui d'un Manati; mais comme la llhy-
346 rev. et mag. de zoologie. [Juillet 1856.)
tine avait , selon Steller, la queue semblable à celle du
Dugong, elle devrait être considérée comme forme édentée
intermédiaire entre les Dugongs et les Manatis. »
M. Rouget, en réponse à la réclamation de M. Miiller,
fait savoir qu'il n'a jamais prétendu s'attribuer la décou-
verte du muscle ciliaire annulaire. Cette découverte,
ajoute-t-il, n'appartient, en effet, ni à M. Mùller ni à moi,
mais bien à Clay Wallace et à Van-Reeken (1836 et 1855).
Séance du 7 juillet 1856. — M. Valenciennes lit un Rap-
port sur un mémoire de M. Dufossé ayant pour titre : De
l'hermaphrodisme chez les animaux vertébrés.
Sous ce titre général , M. Dufossé a donné un travail
particulier sur quelques espèces de poissons du genre
Serranus chez lesquels on avait observé depuis longtemps
l'existence simultanée des ovaires et de la laitance con-
stituant l'hermaphrodisme le mieux caractérisé.
Il ne restait plus qu'à observer si cette laitance conte-
nait des spermatozoïdes, ce qui n'avait pas été fait jus-
qu'ici. M. Dufossé a effectué ces recherches en étudiant
ces poissons sur le vivant, et il a constaté l'existence de
ces spermatozoïdes. Il a été plus loin, car il a obtenu des
fécondations artificielles des œufs de Serrans, soit en agis-
sant sur les œufs de l'individu qui lui fournissait la lai-
tance, soit en prenant les œufs sur un autre individu.
Jusqu'à présent on ne connaissait cet hermaphrodisme
constant que chez le Serranu* scriba; M. Dufossé l'a ob-
servé chez deux autres espèces, les Serranus cabrilla et
hepatus, et il a constaté qu'il n'existe rien de semblable
dans les Serranus anthias, gigas et autres des mêmes lo-
calités.
Séance du 14 juillet 1856. — M. Valenciennes donne lec-
ture de la Description d'une nouvelle espèce de Mouflon (Ovis
anatolica) rapportée de Rulgardagh par M. Tchihatcheff.
Ce Mouflon est intermédiaire entre le Mouflon ordi-
naire (Ovis musimon, Pallas) et le Mouflon à manchettes
(Ovis tragelaphus, Pallas). M. Valenciennes en donne une
SOCIÉTÉS SAVANTES. )U7
longue description comparative, d'où il semble résulter
qu'il y a réellement là une espèce nouvelle.
M. Serres lit un travail remarquable d'embryogénie
comparée ayant pour titre : Parallèle de ï œuf mâle et de
l'd'uf femelle chez les animaux; développement spontané de
l'œuf mâle.
Dans ce beau travail, qu'il serait impossible d'analyser,
le savant physiologiste arrive aux conclusions suivantes :
« Ainsi, comparée à la segmentation de l'œuf des femelles,
celle de l'œuf des mâles ne présente aucune différence bien
notable. L'une est la répétition de l'autre. Dans les deux
œufs, la division première, puis les subdivisions subsé-
quentes nous représentent avec évidence le procédé gé-
néral de la génération par scissure. Cependant, à l'époque
où ces phénomènes similaires se développent, les deux
œufs sont dans des conditions physiologiques bien diffé-
rentes. L'un, l'œuf de la femelle, a été fécondé; il a reçu
du mâle le principe, le souffle de vie qui le met en mou-
vement. L'autre, au contraire, l'œuf du mâle, n'a rien
reçu ; il a puisé en lui-même le principe de vie qui l'a
mis en action. Son mouvement lui appartient en entier :
per se movct, il se meut par lui-même. Si donc la segmen-
tation des deux œufs est le symbole de la génération, nous
sommes forcément conduits par les faits à conclure 1° que
la génération de l'œuf femelle est une génération commu-
niquée, tandis que celle de l'œuf mâle est une génération
spontanée ; 2° que l'œuf mâle est initiateur et l'œuf femelle
initié à la vie. »
M. Giiérin-Méneville dépose sur le bureau une assez
grande quantité des Cochenilles indigènes qu'il a décou-
vertes, il y a plusieurs années, dans le midi de la France,
et un travail intitulé, Sur la Cochenille de la fève et la pos*i-
hililë d'en tirer parti pour la teinture.
(Commissaires, MM. Chevreul et Milne-Kdwards.)
Depuis plusieurs années et pendant l'époque du cours
de sériciculture que nous faisons à Sainte-Tulle, M. B.
348 rev. et mag. de zoologie. {Juillet 1856.)
Robert et moi, j'étudie une Cochenille indigène que j'ai
découverte d'abord sur la fève commune et à laquelle j'ai
donné le nom de Coccus fabœ, et j'ai eu déjà l'honneur
d'entretenir l'Académie des sciences et la Société d'agri-
culture de cette nouvelle matière tinctoriale. Dans un re-
marquable travail lu dans cette enceinte, M. Chevreul , à
qui j'avais remis un petit échantillon de cette Cochenille,
a fait connaître les essais qu'il a pu faire sur sa richesse
en matière colorante , et il est résulté des expériences du
savant académicien que ma Cochenille donne une cou-
leur écarlate rompue et d'un ton particulier, appartenant
à un numéro de son échelle des couleurs qui n'avait été
obtenu jusqu'ici qu'à l'aide de combinaisons artificielles.
Ayant continué mes recherches sur l'histoire naturelle
de cette Cochenille, qui est presque aussi grosse que celle
du nopal, j'ai pu reconnaître qu'elle ne se borne pas à vivre
sur les fèves, mais qu'on la trouve encore sur divers char-
dons et sur quelques autres plantes sauvages et cultivées.
Cette année surtout, elle s'est considérablement multi-
pliée dans un champ de fèves que j'avais fait cultiver à
cet effet, et j'ai pu, aidé de quelques-uns des élèves de la
magnanerie expérimentale de Sainte-Tulle, et notamment
de MM. Camussi, Pagani et Viotti, envoyés par la chambre
royale de commerce de Turin, de M. Tuysuzian, élève
turc, et de M. Mez, élève autrichien, en recueillir une
assez grande quantité pour que l'on puisse faire des essais
sur une plus grande échelle, et déterminer ainsi s'il serait
utile de soumettre cette Cochenille indigène à une culture
profitable, ce qui me semble très facile.
Outre cette récolte faite dans le champ de fèves culti-
vées à cet effet, j'ai découvert, cette année, que la Coche-
nille indigène se développait très-bien sur les jeunes sain-
foins que l'on sème dans les blés. La veille de mon départ
de Sainte-Tulle, il y a quatre jours, j'ai pu en ramasser
une grande quantité dans des champs dont le blé venait
d'être coupé, car à cette époque l'insecte, ayant fini de se
SOCIÉTÉS SAVANTES. 349
développer, cherche un abri pour passer l'hiver et pon-
dre, et j'en ai trouvé des accumulations immenses contre
le tronc des arbres voisins des champs en question.
Je me borne aujourd'hui à ces indications, et j'ai l'hon-
neur de déposer sur le bureau de l'Académie une boîte
contenant ma récolte de cette année. Ces Cochenilles sont
encore vivantes pour la plupart, et l'on pourrait, si
M. Milne-Edwards le jugeait à propos , en faire hiverner
quelques-unes au Muséum d'histoire naturelle pour essayer
de les cultiver, l'année prochaine, sous le climat de Paris.
Quant aux autres, je désirerais que M. Chevreul voulût
bien faire quelques essais sur la meilleure manière de les
étouffer et de les sécher pour les rendre marchandes. S'il
croyait utile de les employer à de nouveaux essais de tein-
ture, il pourrait en résulter des documents précieux pour
faire juger la question d'opportunité de la culture réglée
de ce nouvel insecte industriel.
Depuis le jour de cette présentation, ces Cochenilles
ont été toutes conservées au Laboratoire d'entomologie;
elles se sont vidées de leurs œufs, et .je crois qu'elles ont
ainsi perdu beaucoup de leur valeur tinctoriale.
M. Richard (du Cantal) présente une Note sur la multi-
plication animale en France. L'auteur a divisé ce travail en
quatre parties. « Dans la première il s'occupe des moyens
de multiplier les végétaux cultivés pour obtenir des four-
rages naturels ou artificiels. Leur multiplication a pour
conséquence rigoureuse et inévitable ceux de la produc-
tion animale, parce que les fourrages ne peuvent pas avoir
d'autre destination que celle de nourrir des bestiaux.
« Dans la deuxième partie, l'auteur parle du perfection-
nement des animaux, afin qu'ils puissent bien utiliser les
matières premières qu'ils consomment, donner de meil-
leurs produits et en plus grande quantité possible, sans
plus de dépenses.
(( Dans la troisième partie , il est question des moyens
de conservation des bestiaux considérés comme des usines
350 rev. et mag. de zoologie. (Juillet 1850.)
vivantes pour la transformation des végétaux en produits
animaux. Ces moyens doivent attirer l'attention particu-
lière de l'agriculteur et de l'administration.
« Enfin la quatrième partie est destinée à l'examen des
procédés d'acclimatation et de domestication d'animaux
utiles que la France ne possède point encore, et qui peu-
vent concourir avec fruit à augmenter nos richesses ani-
males. »
M. Dumoulin adresse un travail intitulé, Emploi de la
lumière électrique pour la pêche du Poisson.
Ce travail intéressant, qui m'a été attribué par quelques
journaux et par suite d'une erreur que je ne puis m'expli-
quer, paraît renfermer les bases de pratiques très-utiles
pour la grande pêche.
Séance du 21 juillet 1856. — M. Pelouze lit un travail
Sur la nature du liquide sécrété par la glande abdominale
des insectes du genre Carabe.
Il résulte de ces recherches que le liquide acre que les
Carabes lancent par l'anus quand ils sont inquiétés con-
tient une forte proportion d'acide butyrique. On reconnaît
cet acide 1° à son odeur particulière, caractéristique, qui
rappelle celle du beurre rance ; 2° à ce qu'il rougit forte-
ment le papier et la couleur bleue du tournesol ; 3° à la
propriété qu'il possède, après avoir été neutralisé par les
alcalis et particulièrement par l'eau de baryte, de laisser
un résidu solide qui manifeste sur l'eau un mouvement
gyratoire très-prononcé, caractère que M. Chevreul a le
premier signalé dans les Butyrates; 4° la liqueur sécrétée
par les Carabes donne naissance à un liquide volatil, in-
flammable, dont l'odeur, semblable à celle de l'ananas,
stitue un des principaux caractères de l'éther buty-
rique.
A la suite de cet intéressant travail, le savant académi-
cien signale celui de M. Pfaff, de Mai bourg, sur la matière
sécrétée par les larves de la Chrysomeht populi, dont l'odeur
forte est due à l'hydrure de salicile (acide salicileux) , qui
MÉLANGES ET NOUVELLES. 351
semble provenir de la salicine contenue dans les feuilles
qui leur servent de nourriture.
M. Dumèril fait quelques remarques sur des sécrétions
analogues chez d'autres insectes; il rappelle celles des Bra-
chines, qui produisent de petits jets de vapeur lancés avec
bruit , celles des Chrysomèles du peuplier et du Staphy-
linus olens, et il entre à ce sujet dans des détails du plus
haut intérêt.
M. Brandt donne lecture de Quelques remarques sur la
place que doit occuper le genre Anomalurus dans l'ordre des
Rongeurs, d'où il résulte qu'on peut considérer ce genre
comme une anomalie du genre des Écureuils.
M. Davaine adresse des Recherches expérimentales sur la
vitalité des Anguillules du blé niellé à Vétat de larves et à
l'état adulte. — Le fait principal qui résulte de ces re-
cherches, c'est la dissemblance profonde qui existe chez
l'Anguillule de la nielle entre la vitalité de la larve et celle
de l'adulte. (G.-M.)
III. MÉLANGES ET NOUVELLES.
Diagnoses de six Carabiques découverts, par M. A. Salle,
au Mexique; par M. A. Chevrolat.
1. Iresia Boucardii (Salle). — Alata, rufa, capite prothoraeeque
supra nigris, nitidis; articulis antennarum 2-5 nigris, 6-9 pallidis,
duobus ultimis fuscis primoque rufo, nigro marginato ; scutello
atro ; elytris purpurois, viridi-cyaneo-micantibus, ad médium ob-
scurioribus, transversim rude plicatis, fortiter punctatis, versus
apicem latioribus, breviter truncatis et iu sutura vix spiuosis. —
Long., 10 min.; lat., 4 mill.
M. Auguste Salle a dédié cette nouvelle espèce à
M. Adolphe Boucard, jeune homme plein de zèle pour
l'histoire naturelle , qui l'a accompagné dans son récent
voyage et qui l'a découverte le premier.
2. Cicindela luteolincala. — Alata, magna, supra tomentoso
brunnea, subtus ni^ra lucidula, albo-pubescens ; labro, mandibulis-
que (deutibus exceptis) eburneis; elytris vitta longitudinali obliqua
luuulaque apicali bicuneiformi, sa;pe interrupta, laite llavis.
Variât corpore infra viridi-cyaneo pedibusque rubris marginibus
352 rev. et mag. de zoologie. (Juillet 1856.)
oculorum anguloque posteriore thoracis cupreis punetisque ocellari-
bus nonnullis ad basim et ad marginem elytrorura. — Long., 17 raill.
1/2; lat., 7mill.
Cette belle espèce se rencontre aux environs de Morelia
(Mechoacan).
3. Procephalus maculicomis. — iïneus, nitidus, ore, palpis, an-
tenuis (articulo tertio quartoque apice infuscato) pedibusque piceis,
feraoribus posticis basi curvatis ; elytris punctatis, notula suturali
fasciaque valde flexuosa et intus recurva flavis (prima ante, secunda
post médium), apice oblique truncato, piceo. —Long., 11, 13 mill.;
lat., 3, 4 mill.
4. Agra dimidiata. — Ferruginea ; capite (laevi) thoraceque (punc-
tato) pieeis; elytris novem striis punctatis (punctis contiguis, oblon-
gis traosversalibus), oblique truncatis et singulatim bispinosis. —
Long., 21 mill. 1/2; lat., 6 mill.
5. Agra virgala. — Rubra, elytris flavo-cyaneoque virgatis (sin-
gulo lineis tribus prima secunda média , tertiaque marginali lineo-
lisque duabus flavis, duabusque latis cyanescentibusadextremitatem
trifidis), octo-costatis et sulcatis (sulcis crebre punctatis) ad apicem
quadrispinosis; capite laevi; thorace elongato, pone punctato, trans-
versim plicato, piano, sulco longitudinali, costatisque duabus latera-
libus; scutello ovato, depresso ; trochanteribus posticis atque mar-
ginibus inferioribus segmentorum abdominalium obscuris.
6. Agra fada. — Rufa, elytris punctato striatis smaragdinis ad
suturam et late versus apicem rubris; capite rotuudato, laevi ; tho-
race elongato, antice subattenuato, crebre punctato, lateralibus costis
duabus. — Long., 10 mill.; lat., 4 mill.
Mexique. — De la collection de M. Auguste Salle, qui
ne l'a rencontré qu'une seule fois.
TARLE DES MATIERES.
Pages.
E. Rousseau. — Dentition des Cétacés. 305
Guérin-Méneville. — Notice historique sur l'Aye-Aye. 312
Pucheran. — Notices mamraalogiques. 315
Jaubert. — Treizième Lettre sur l'Ornithologie. 322
Bourguignat. — Aménités malacologiques. 327
Chevrolat. — Description de Longicornes nouveaux. 340
Académie des sciences. 343
Mélanges et nouvelles. 351
PARIS. — IMP. DE Mme Ve BOUCHARD-UUZARD , RUE DE L'ÉPERON , 5.
DIX-NEUVIÈME ANNÉE, — AOUT 1856.
I. TRAVAUX INEDITS.
De la dentition des Cétacés, et de la place qu'occupent
les fanons dans la bouche des Baleines; par le Dr L. F.
Emmanuel Rousseau, membre de la Légion d'honneur,
chef des travaux anatomiques au Muséum, sous les pro-
fesseurs G. Cuvier, de Blainville et Duvernoy. (Voir
1856, p. 193, 257, 305.)
Je cite, dans l'ordre chronologique, les différents au-
teurs qui ont écrit sur la matière , me bornant aux pas-
sages de leurs publications qui viennent à l'appui de ma
manière de voir :
Ânderson, Paris, 1750, t. II, p. 80, Histoire naturelle de
l'Islande, du Groenland et du détroit de Davis.
« La mâchoire d'en haut est garnie, des deux côtés, de
barbes qui s'ajustent obliquement dans celle d'en bas
comme dans un fourreau , et qui embrassent , pour ainsi
dire, la langue des deux côtés. »
Brisson, année 1756, page 384.
« La mâchoire supérieure est garnie, des deux côtés, de
lames de corne qui s'ajustent obliquement dans l'inférieure^
qui, pour cela, est beaucoup plus large. »
Valmont de Botnare, année 1764, Dictionnaire d'histoire
naturelle, à l'article Baleine du Groenland,
« Reproduit textuellement, quant à la position des fa-
nons, ce qui a été dit par Anderson. »
2e siniB. t. vm. Aimée 1856. 23
354 REV. ET MAC DE ZOOLOGIE. (Août 1856.)
Duhamel du Monceau , année 1777, Traité général des
pêches, t. IV, p. 7.
« La courbure des fanons fait qu'ils se couchent facile-
ment les uns sur les autres quand ces poissons (les Baleines)
ferment la gueule, et alors on n'aperçoit point ces fanons,
mais seulement les poils qui sont à leur extrémité. »
L'abbé Bonnaterre, année 1789, Tableau encyclopédique
et méthodique des trois règnes, lre colonne de la lre page
de la Cétologie.
« La mâchoire d'en bas, ovale ou arrondie par devant,
plus large que celle d'en haut, est creusée en gouttière sur
son bord pour recevoir les fanons. »
Et à l' introduction, à la page xxxij, lre colonne :
« Dans la Baleine franche, le bord de la mâchoire infé-
rieure est garni d'une espèce de sillon destiné à recevoir
les barbes des fanons qui pendent autour de la mâchoire
supérieure. »
Lacêpède, Paris, l'an XII (1804), Histoire naturelle des
Cétacés, dédiée à Anne-Caroline Lacêpède, p. 14.
« On assure que , lorsque la Baleine franche ferme en-
tièrement la gueule ou dans quelque autre circonstance,
les fanons peuvent se rapprocher. »
G. Cuvier, Du règne animal, édit. 1817, p. 287; édit.
1829, p. 296.
« Leur mâchoire inférieure, soutenue par deux branches
osseuses arquées en dehors et vers le haut, sans aucune
armure, loge une langue charnue et fort épaisse, et enve-
loppe, quand la bouche se ferme, toute la partie interne
de la mâchoire supérieure et les lames cornées dont elle est
revêtue. »
TRAVAUX INÉDITS. 355.
Pierre Camper, 1820, Ouvrage sur les Cétacés, article des
fanons, p. G3 et 64.
« Cette grande batterie si bien consolidée ne saurait
vaciller, d'autant plus quelle s'appuie, du côté antérieur,
contre la langue, et qu'elle est soutenue au dehors par les
lèvres supérieures et inférieures. »
R. P. Lesson, 1828, Paris, p. 386, Histoire naturelle gé-
nérale et particulière des Mammifères et des Oiseaux
découverts depuis 1788 jusqu'à nos jours.
« Y! extrémité des fanons, qui est effilée en soies plus ou
moins fines, se trouve fixée sur le bord de la mâchoire
inférieure par la langue, qui est immobile en dedans, et
par les téguments de la bouche en dehors. »
Scoresby, p. 402.
« Les fanons sont complètement recouverts par le re-
bord membraneux ou lèvre de la mâchoire inférieure. »
Frédéric Cuvier, 1836, Histoire naturelle des Cétacés,
p. 340, parlant d'un Rorqual échoué, en novembre
1828, près Saint-Cyprien (Pyrénées-Orientales), et dé-
crit par M. Campanyo dans un mémoire.
« La mâchoire inférieure , beaucoup plus large que la
supérieure, permettait à cette dernière de s'y emboîter
« ..... Les deux branches étaient réunies â leurs extré-
mités au moyen d'un cartilage qui avait 50 centimètres de
largeur. »
John Hunter, 1841, t. IV, p. 455, trad. du docteur
G. Richelot.
(( La surface qui résulte de la réunion de toutes les ex-
trémités inférieures des fanons ressemble à la peau d'un
animal qui serait recouverte par des poils très-forts.
Quand la bouche est fermée, la langue se trouve située
356 REV. ET MAC DE ZOLOGIE. (Août 1856.)
immédiatement sous cette surface , qui a une couleur
brune. »
Jfi /. B. G. Guibourt, 1851, t. IV de la 4me édit. de son
Cours d'histoire naturelle professé à l'école de phar-
macie de Paris,
a Cite textuellement, comme H. Cloquet, ce qui a été
dit par G. Cuvier. »
A cette question ainsi posée par moi à des personnes
que je savais en position d'être bien renseignées : Quelle
position les fanons occupent-ils dans la bouche des Baleines,
la bouche de V animal étant fermée; passent-ils par-dessus la
mâchoire inférieure ou se logent-ils en dedans ?
Voici les réponses qui m'ont été adressées
1° Par M. Quevillon.
« Nantes, 27 janvier 1856.
ce J'ai consulté, à Nantes, de vieux navigateurs qui ont
sillonné longtemps les mers du Nord , le détroit de Davis
et la baie de Baffin ; voici ce qui m'a été répondu de
visu :
« Les fanons dont est armée la mâchoire supérieure des
Baleines entrent dans la mâchoire inférieure quand la
bouche veut se fermer.
« Un autre capitaine baleinier que j'ai rencontré ces
jours-ci m'affirmait encore de visu que les fanons entrent
dans la mâchoire inférieure, et se logent ou plutôt se ran-
gent symétriquement, de droite et de gauche, sous la partie
latérale de la langue. »
2° Par M. Eyriès.
« Le Havre , 30 janvier 1856.
« Pour vous faire une réponse bien positive, nous
TRAVAUX INÉDITS. 357
sommes convenus, M. Lennier, directeur de la partie
d'histoire naturelle au musée du Havre, et moi, de réunir
plusieurs capitaines , harponneurs baleiniers , afin de
prendre les avis de chacun, de les faire coïncider, tomber
d'accord sur l'ensemble de chaque demande ; enfin
hier on m'a remis un rapport. M. Lennier n'en ayant pas
gardé copie ni moi non plus faute de temps, vous m'en
enverrez une expédition avec vos observations et celles
de MM. les administrateurs, s'il y en a. »
Rapport dont question ci-dessus (extrait), signé de
M. Lennier.
« Le Havre, 29 janvier 1856.
« Suivant les renseignements les plus positifs des capi-
taines et harponneurs baleiniers, les fanons se logent en
dedans de la mâchoire inférieure, et ils adhèrent, par de
forts cartilages, aux lèvres de la mâchoire supérieure. »
3° M. Obeuf, docteur en médecine.
« Meudon, 31 janvier 1856.
« Les fanons occupent tout le bord inférieur de la mâ-
choire supérieure, excepté son extrémité antérieure. En-
caissés dans un alvéole commun, ils sont chaussés de 20 à
25 centimètres d'un tissu cartilagineux ; ils sont dirigés de
haut en bas, de dehors en dedans, et présentent une
courbe dont la convexité est extérieure. Celle-ci glisse sur
le bord interne de la mâchoire inférieure, arrondi et re-
couvert d'un tissu cartilagineux blanc nacré.
« Je suis certain que , lorsque les mâchoires sont rap-
prochées, les fanons sont logés en dedans. »
4° M. le docteur À. G. Dahlbom, professeur à l'université
de Lund (Suède).
« Paris, 30 janvier 1856.
« Quand la bouche se ferme ou se clôt, la mâchoire in-
358 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Août 185G.)
férieure, comme plus longue et plus largement bâillante
que la supérieure, se rebouche ou se clôt avec sa lèvre au-
tour du bord de la mâchoire supérieure et autour de toutes
les bardes mentionnées [fanons).
« Comme autorité sûre, on peut, dans ce cas, citer
avec fidélité les MM. Eschricht, de Copenhague; Fros-
chel, à Berlin ; Nilsson, à Lunde, en Suède ; Schmidt , à
Iéna, etc., etc. »
À mon tour je puis aussi affirmer de visu] pour l'avoir
bien observé, qu'un Finback whale (Baleine à nageoire
dorsale) amené entier, en chair et bien conservé, a été
montré par des bateleurs , à Paris , derrière le Château
d'Eau, en janvier 1851, et que les fanons de ce Cétacé
étaient logés en dedans de la mâchoire inférieure.
On lit, il est vrai, à la page 303 de l'Encyclopédie d'his-
toire naturelle publiée en 1856 :
« C'est le long de la gencive qui s'étend du bout du
museau jusqu'à l'entrée du gosier que semblent s'atta-
cher les fanons.
« Ces fanons vont se terminer à la mâchoire inférieure,
et très-probablement à l'extérieur de Vos de la mandibule. »
A l'appui de cette citation, on trouve, à la page 302 du
môme volume, la figure d'une tête osseuse de Baleine
franche représentant les fanons placés en dehors de la mâ-
choire inférieure et la dépassant.
Mais cette seule et récente contradiction, justifiant une
erreur de laboratoire et lui donnant en apparence raison
contre tous, est-elle de nature à infirmer l'opinion con-
traire émise depuis plus d\m siècle, et confirmée par de
si nombreux et si authentiques auteurs, qui établissent
péremptoirement que les fanons, la bouche de l'animal
étant fermée, se logent à l'intérieur de la mâchoire infé-
rieure ?
C'est aux véridiques observations de la nature, aux
TRAVAUX INÉDITS. 359
esprits éclairés, que nous laissons le soin de résoudre la
question.
La nature du sujet ne permet pas de sophisme ; le
changement que je poursuis de mes vœux se fera sans nul
doute, et le squelette de Baleine présentement exposé
dans la cour du Cachalot sera, comme ses confrères de la
galerie, comme celui que possède la ville de Brest, monté
normalement avec ses fanons en dedans et non en dehors
de la mâchoire inférieure.
Analyse chimique des fanons extraite du Cours de chimie
générale; par J. Pelouze, membre de l'Institut, etc., et
E. Fremy, professeur de chimie à Vécole polytechni-
que, etc., édition de 1850, page 818.
M. Fauré a trouvé dans les fanons de Baleine :
Mucus animal soluble dans l'eau bouillante et contenant un peu de
gélatine 8,70
Mucus animal dissous par la soude caustique 80,80
Matière grasse 3,70
Chlorures de calcium et de sodium 1,90
Sulfates de soude et de magnésie 1,10
Phosphate de chaux, soufre, oxyde de fer, silice 1,10
Perte 2,70
100,00
Explication des figures considérablement réduites.
A. Tête osseuse de Baleine franche, avec les fanons dans
leur vraie position.
B. Trois dents transitoires de la mâchoire inférieure d'un
fœtus de Baleine franche.
C. Portion de fanon avec son bulbe.
D. Fraction de la muqueuse bulbifère , perforée d'ouver-
tures régulières donnant passage aux bulbes des
fanons.
3C0 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. [Août 1856.)
E. Lames de fanon en voie de formation et leur appareil
bulbifère.
F. Fanons en état de croissance, avec leur chevelu.
1. Dent de Dauphin commun.
2. Dent de Dauphin du Gange , avec sa racine particu-
lière et aplatie.
3. Dent de Marsouin commun montrant sa couronne
aplatie et tranchante.
TRAVAUX INÉDITS. 361
4. Dent de Cachalot non encore fermée à sa partie radi-
culaire.
5. Défense droite avortée de Narval enlevée de l'alvéole.
6. Défense gauche de Narval à l'état parfait.
7. Dent supérieure de Lamantin montrant ses trois ra-
cines.
8. L'une des trois dernières dents du Dugong, à racine
ouverte.
Au moment où se termine l'impression de mon Mé-
moire, je reçois du nord de l'Ecosse, du port de Peter-
head, une lettre, datée du 23 juin 1856, de mon homonyme
et ami M. Louis Rousseau, aide-naturaliste au muséum de
Paris, faisant partie de la commission qui accompagne
S. A. I. le prince Napoléon dans son voyage d'explora-
tion scientifique.
Dès le début, ce voyage porte ses fruits , car M. Louis
Rousseau a été à même de constater, comme l'ont fait
Camper, Hunter, Cuvier, etc., que les fanons occupent la
partie interne et non la partie externe de la mâchoire in-
férieure des Baleines.
Mais laissons parler M. Louis Rousseau lui-même , et
donnons copie de la partie de sa lettre qui a trait à la
question :
« J'ai enfin la solution de la question qui agitait der-
nièrement les hommes illustres qui s'occupent de zoologie.
Lors de mon séjour au Havre, j'ai pris des renseigne-
ments auprès des Baleiniers, et, malgré la certitude où
j'étais, j'ai voulu de nouveau consulter les hommes pra-
tiques qui font cette pêche et qui se trouvent dans le port
de l'Ecosse où je suis. Là, une découverte extrêmement
importante , celle d'une petite Baleine dans l'alcool , est
encore venue vous donner raison. Je suis véritablement
heureux de vous en informer, et tous mes efforts ayant été
couronnés de succès, Schtal [artiste mouleur du Muséum)
362 REV. ET MAC DE ZOOLOGIE. (Août 1856.)
la moule en ce moment. Le Muséum aura certainement
une des choses les plus utiles pour l'histoire des Baleines.
J'ai aussi quelques renseignements utiles pour l'emploi de
ces fanons dans la pêche, etc., etc. »
Un témoignage éminent, celui du célèbre professeur
Brandt, de Saint-Pétersbourg, présentement à Paris, qui
a été à même de voir et de disséquer des Baleines, vient
s'ajouter encore à ceux que j'ai invoqués ; son opinion
sur la position des fanons est de tous points conforme à la
mienne.
Une communication toute récente de lui me fait un
devoir de rectifier ce que j'ai dit du Stellêre à la page 8 de
mon Mémoire ; au lieu d'une plaque molaire, c'est une
lame palatine dont il a constaté la présence aux deux
mâchoires de cet animal. Ces lames, hérissées de papilles
cornées en forme de chevrons brisés , permettaient , par
leur affrontement, que ce Cétacé qui en était muni pût
arracher les fucus et plantes appropriées à sa nourriture.
M. Brandt m'a fait espérer pouvoir enrichir la collection
du Muséum d'un moule en plâtre du curieux et rare ani-
mal réputé perdu aujourd'hui , le Rytina borealis.
ERRATA.
Page 201, lisez Baer au lieu de Raer.
Id. TVrangelle au lieu de Wranger.
Id. Khlebnikow au lieu de Khlebnokor.
Notices mammalogiques , par M. le Dr Pucheran.
(Voir 1856, p. 145, 315.)
Cette simple description de M. Schlégel suffit pour éta-
blir, d'une manière précise, que des différences réelles sé-
parent, du côté de la tête osseuse, le D. malayanus du
D. plumbeus.
C'est d'abord la ressemblance de la partie encéphalique
TRAVAUX INÉDITS. 363
du Delphinus malaijanu* avec le D. delphis : or, s'il en est
ainsi, nulle analogie à établir entre le premier de ces types
et le D. plumbeus, car nous avons exposé plus haut, par de
nombreux détails, combien le Delphinus plumbeus diffère,
dans sa région crânienne proprement dite, du Dauphin de
nos côtes. La mâchoire inférieure est un peu plus faible,
dit M. Schlégel ; chez le D. plumbeus, au contraire, elle
est plus développée. La symphyse est un peu plus longue
(Schlégel, vide supra); il est impossible de comparer ses
dimensions à celles que présente cette même commissure
chez le Delphinus plumbeus, puisque, suivant M. Gray (vide
supra), elle y atteint 5 pouces 1/2 de longueur. M. Schlégel
ne dit malheureusement rien de la forme des maxillaires
et des intermaxillaires dans le Delphinus malayanus; il
nous paraît, cependant, en comparant sa figure au crâne
de notre type, que, chez ce dernier, cet organe est plus
comprimé à son extrême pointe.
D'après tous les détails dans lesquels nous venons d'en-
trer, il nous paraît légitime de conclure que l'assimilation,
comme espèce, du Delphinus plumbeus au Delphinus ma-
layanus est tout à fait inexacte. Pour en douter, il faut ad-
mettre, en premier lieu, que la figure donnée par M. Lesson
n'est point fidèle ; en second lieu, que le crâne figuré par
M. Schlégel appartient à une autre espèce. Or ce sont de
ces assertions dubitatives que nous ne pouvons nous per-
mettre d'énoncer, bien que nous sachions, par des exem-
ples multipliés, que rien ne prête plus à l'erreur, en zoo-
logie, que les synonymies appliquées à des espèces qu'on
n'a point vues. L'examen que nous allons faire des autres
Cétacés que l'on a considérés comme ne différant point du
Delphinus plumbeus v a nous en fournir une nouvelle preuve.
Le premier dont nous ayons à nous occuper est le Del-
phinus capensis de M. Rapp (1).
(1) W. Rapp, Me Cetaceen zool. anal, dargeslelll, p. 31, pi. n,
fig.l.
364 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Août 1856.)
Il est, suivant M. Rapp, de couleur noire, et blanc sur le
ventre. Mâchoire effilée, pointue. Dents coniques, pointues,
de 29 à 30 de chaque côté à la mâchoire inférieure : leur
nombre est de 22 en dessus. Vers la queue s'étend une carène
saillante. La dorsale, concave à son bord supérieur, est située
en arrière de la moitié du corps.
« M. Ludwig, ajoute M. Rapp, a rapporté ce Dauphin
« du cap de Bonne-Espérance, et il se trouve dans le
ce musée royal d'histoire naturelle de Stuttgard. Il est figuré
« dans notre deuxième planche. Sa longueur atteint 6 pieds .
« Il se sépare du D. plumbeus par le nombre de ses dents,
« par la carène élevée du dos, dont nous avons déjà parlé,
« aussi bien que par la position de sa dorsale. Il a beau-
« coup de ressemblance avec le Belphinus malayanus ;
« mais le Belphinus malayanus est très-incomplétement
ce connu et, comme le pense Cuvier, semblable auD. plum-
« beus, etc. »
Nonobstant les différences que M. Rapp a signalées ,
MM. Schlégel (1) et Gray (2) ont cependant assimilé .ce
type au D. malayanus. Disons d'abord que , d'après
MM. Lesson et Garnot, la dorsale est placée au milieu du
corps dans le D, malayanus, ce qui établit déjà une dis-
semblance qui ne peut , ce nous semble, être passée sous
silence. En outre, dans le D. capensis de M. Rapp, le
dessous est blanc, malgré la taille de 6 pieds dont est
doué l'individu qu'il décrit. On ne peut considérer cet
exemplaire comme un jeune, car il est plus grand que
l'individu décrit par MM. Lesson et Garnot, lesquels n'ac-
cusent que 5 pieds 11 pouces de longueur pour le Cétacé
harponné à bord de la Coquille. D'ailleurs M. Schlégel ,
qui a eu occasion d'observer un jeune D. malaijanus ayant
un peu plus de 1 pied 1/2 de longueur, nous annonce (3)
(1) hoc. cit., p. 21.
(2) hoc. cit.
(S) hoc. cit., p. 21.
TRAVAUX INÉDITS. 365
qu'il était d'un gris noir bleuâtre, seulement plus clair en
dessous. Les deux formules dentaires sont également dif-
férentes, le nombre des dents étant de 36 à 40 dans le
D. malayanus. Cette prétendue analogie du D. capensis
(Uapp) et du Delphinus malayanus nous semble de nou-
veau devoir être démontrée.
Quant à son assimilation avec le Delphinus plumbeus,
elle nous paraît tout aussi susceptible de controverse. La
dorsale est bien loin d'être aussi élevée dans le Delphinus
plumbeus, ainsi que nous nous en sommes assuré par la
comparaison des figures; elle est, en outre, plus allongée.
Cette nageoire commence au tiers du corps, dit M. Frédéric
Cuvier ; elle est, au contraire, dans le type de M. Rapp, et
d'après ses propres expressions, située en arrière de la
moitié du corps. Évidemment cette espèce, quelque im-
parfaitement connue qu'elle soit, ne peut, dans l'état
actuel de la Mammalogie, être regardée comme consti-
tuant un synonyme d'aucun des types auxquels nous l'avons
comparée.
La même conclusion nous paraît résulter des observa-
tions que nous avons faites, il y a quelques années (1), sur
le Dauphin à ventre rose de MM. Hombron et Jacquinot,
observations que les études nécessaires pour la rédaction
du présent travail nous ont donné occasion de compléter
et de confirmer. Dès 1853, nous avions émis des doutes
sur l'exactitude de l'assertion de M. Gray (2), qui considère
l'espèce décrite par les navigateurs du Voyage au pôle sud
comme ne différant pas du Dauphin malais. Le mode de
coloration des parties inférieures s'oppose, en effet, à cette
assimilation. Le Delphinus malayanus, dans son jeune âge,
est décrit comme étant d'un gris noir bleuâtre, seulement
plus clair en dessous (3). L'adulte est indiqué comme étant
d'une couleur uniformément cendrée. Or il est bien loin
(1) Tevtc du Voyage au pôle sud, partie mammalogique, p. 39.
(2) Loc. cit.
(3) Schlégel, loc. cit., p. 21.
366 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Août 1856.)
d'être prouvé que, dans cette espèce, les parties inférieu-
res, d'abord d'un gris bleuâtre plus clair en dessous, puis
douées d'une teinte rosée, redeviennent ensuite de couleur
uniformément cendrée. Ce changement de coloration n'a
point, que nous sachions du moins, encore été observé,
et nous croyons, par suite des documents sur la taille de
cette espèce qui nous ont été communiqués, qu'elle est
bien douée, dans ses parties inférieures, de la coloration
de l'adulte. Nous avons, en effet, retrouvé récemment,
dans nos manuscrits, une note de M. Jacquinot qui nous
fut envoyée à l'époque où nous nous disposions à rédiger
le texte du Voyage au pôle sud : cette note contient les di-
mensions d'un individu de cette espèce , et indique une
.longueur totale de lm,53, ou, en faisant la réduction, de
plus de 4 pieds 1/2 (1). MM. Lesson et Garnot donnent à
l'exemplaire qu'ils décrivent une étendue longitudinale de
71 pouces; il n'existe donc, entre ce type et celui dont il est
(1) Voici les autres mesures de cet individu :
Longueur du cen-j à l'extrémité du museau 80 cm'.
trede l'aileron dorsal) au centre de l'aileron caudal 77
Longueur du museau (de la base du front à l'extrémité
de la mâchoire inférieure) 12
de la partie antérieure de l'épaule à
l'œil 14
de l'angle antérieur de l'œil à l'an-
gle postérieur des mâchoires
(commissure des lèvres) 4
de la partie antérieure de l'épaule à
la ligne fictive qui partirait de la
base de l'aileron pour faire le
tourdu corps 21
de la partie antérieure de l'ouver-
ture génitale à une ligne fictive
étendue de la base de l'aileron
dorsal, en arrière, au ventre 8
du bord postérieur de l'ouverture
génitale au bord antérieur de l'ou-
verture anale 3
TRAVAUX INÉDITS.
367
fait mention dans la note de M. Jacquinot, qu'une différence
de 17 pouces. Il nous paraît, dès lors, impossible de penser
qu'il s'agit, ici, d'un jeune individu, et dès lors l'assimila-
tion des deux espèces nous semble inexacte. Ajoutons, en
outre, que, tandis que, suivant M. Schlégel, les mâchoires
du D. malais contiennent seulement de 36 à 40 dents,
MM. Hombron et Jacquinot indiquent, au contraire, les
nombres de 47 dents en haut et 44 en bas.
Nous ne pouvons , pour confirmer encore ces données
différentielles, recourir à la comparaison des têtes os-
Circonférence. . .
Hauteur
leron
de l'ai-
du corps prise en avant de l'aile-
ron, à le toucher 77 cm
prise entre le bord de l'aileron dor-
sal et une ligne transverse qui
passerait par l'aisselle 75
par le centre du renflement qui com-
mence la crète caudale 28
à la naissance de la queue 16
du bord antérieur de la queue ou
d'un de ses ailerons 25
du bord postérieur de la queue. . . 20
par son centre 19
à son bord postérieur 16
à son bord antérieur 37
du centre de l'épaule à son extré-
mité libre 21
à son bord postérieur 20
à son bord antérieur 28
,' à la chute du
du bord libre de lai front
valvule de l'évent) à l'extrémité
l du museau.
Distance ( du bord postérieur de la valvule de
l'évent à l'œil en arrière 12
du renflement qui commence la
crète caudale à la naissance de la
queue 14
de l'ouverture de la gueule 27
Longueur { de l'ouverture de l'œil d'un angle à
l'autre 2
Longueur
pectorale. . .
de la
16
31
1/2
368 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. [Août 1856.)
seuses, privé que nous sommes de celle du D. malayanus;
mais si, partant de cette base ostéologique, nous mettons
en présence le Dauphin à ventre rose et le Delphinus plum-
beus, les différences deviennent, de prime abord, excessi-
vement saisissables. Nous avons déjà dit ailleurs (1) que le
crâne du Delphinus plumbeus était d'un tiers plus allongé : la
plus longue de nos têtes de Dauphin à ventre rose atteint
seulement plus de 41 centimètres, le lien s' appliquant même
sur les parties. L'échancrure médiane du bec en occupe
au moins la moitié : c'est une disposition semblable à celle
qui nous est présentée par le Delphinus delphis. De même
que dans cette dernière espèce, les intermaxillaires sont
convexes et sur un plan supérieur à celui des intermaxil-
laires : il en résulte qu'à l'extrémité rostrale la compres-
sion est moindre que chez le Delphinus plumbeus. La sym-
physe s'y trouve même moins étendue que chez notre
jeune de ce dernier. Les maxillaires supérieurs, en dehors
de la bordure des évents, sont très-aplatis, et, sous ce
point de vue, se rapprochent plus du D. delphis. La por-
tion crânienne, enfin, est fort restreinte, soit qu'on éta-
blisse la comparaison avec notre adulte , soit qu'on l'éta-
blisse avec notre jeune, de sorte qu'il ne nous paraît
pas possible d'admettre que le Dauphin à ventre rose
est un âge moyen ou intermédiaire du Delphinus plum-
beus. Or ce n'est qu'en appréciant de cette façon l'opinion
de M. Gray que l'on peut s'expliquer comment elle a été
émise par ce Zoologiste. Il est probable, au reste, que, si
M. Gray n'avait point été persuadé de l'identité spécifique
des D. plumbeus et D. malayanus, il eût hésité à rappro-
cher de la première espèce le Dauphin à ventre rose. Quant
à nous, qui nous proposons, dans cette partie de notre
travail, d'élucider le mieux possible l'histoire zoologique
des types de Cétacés rapportés à notre collection natio-
nale par M. Dussumier, nous avons dû examiner avec at-
(1) Texte du Voyage au pôle sud, Mammifères et Oiseaux, p. 41.
TRAVAUX INÉDITS. 3fl9
tention les diverses opinions émises sur le Dclphinusplum-
beus par les Zoologistes modernes. Il nous reste, pour ter-
miner cette partie de notre travail , à dire quelques mots
de l'identité possible du Delphinus plumbeus avec le Del-
phinus dubius.
[La suite au prochain numéro.)
Note sur les reptiles du Gabon, par M. le docteur Aug.
Duméril, aide-naturaliste au Muséum d'histoire natu-
relle, profess. agrégé à la fac. de médecine de Paris.
Beaucoup de naturalistes voyageurs ont, à diverses épo-
ques, visité l'Afrique; mais cet immense pays est encore -
trop peu connu, même sur ses côtes, pour qu'il soit pos-
sible, dès à présent, de tirer, des notions que possèdent
les zoologistes sur les animaux qui y vivent, des conclu-
sions générales relatives à la faune africaine considérée
dans son ensemble. Cet embarras est le même, si on limite
cette étude à une seule classe d'animaux, à celle des repti-
les par exemple, dont je veux m'occuper dans cette note (1) .
(1) Je ne dois cependant pas omettre de rappeler les considérations
intéressantes présentées par M. Schlégel sur la zoologie de l'Afrique,
et eu particulier sur la distribution géographique des Reptiles dans
cette vaste contrée (Essai sur la physion. des Serpents, partie gê-
ner., p. 210-220). Ce n'est point ici le lieu d'analyser ni de discuter
ce travail, et je me borne à rappeler qu'on y trouve soulevées d'im-
portantes questions. Telles sont : 1° l'influence exercée sur les animaux
par la nature môme du sol ; 2° les différences offertes par les espèces,
suivant qu'elles habitent soit les plaines arides des plateaux ou les
déserts de sable, soit les régions plus fertiles arrosées par les grands
fleuves qui prennent leur source sur le versant septentrional du
grand plateau central ; 3° enfin la dispersion, dans des lieux souvent
très-distauts, de certaines espèces qui vivent sur les plaines élevées
de la partie méridionale de l'Afrique, et dont la zone d'habitation est,
par cela même, fort étendue.
Cette dernière particularité et plusieurs autres faits relatifs à la
zoologie de l'Afrique, surtout en ce qui concerne les Mammifères,
ont été consignés et longuement développés par M. Pucheran dans un
2e skrie. t. vm. Année 1856. 24
370 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. [Août 1856.)
On doit donc considérer les collections formées dans cette
contrée, uniquement comme une réunion de matériaux
destinés à être mis plus tard en œuvre, avec ceux que des
recherches ultérieures pourront procurer, quand on vou-
dra faire connaître, d'une manière générale, la distribu-
tion des Reptiles dans cette vaste partie du monde. On
possède cependant des renseignements assez nombreux
pour certaines régions. Ainsi, on en trouve beaucoup dans
les publications de la commission scientifique française de
]' Algérie, qui a été bien étudiée aussi par MM. Moritz
Wagner et Eichwald. Il est à peine nécessaire de rappeler
les services rendus à toutes les sciences par la grande ex-
pédition d'Egypte. Des régions encore peu visitées du
haut Nil, notre compatriote, M. d'Arnaud, chargé parle
vice-roi de la direction scientifique d'un voyage à la re-
cherche des sources du Nil Blanc, a rapporté d'intéres-
santes collections. On peut, sans doute, espérer en obte-
nir de semblables par les soins delà nouvelle commission
que le gouvernement égyptien a tout récemment nommée
et qui, sous la direction de M. le comte d'Escayrac de
Lauture, doit chercher les sources de ce grand fleuve. La
côte occidentale de la mer Rouge, et particulièrement
l'Abyssinie,ont été visitées avec fruit par MM. Ehrenberg,
Botta et Rùppell. M. Louis Rousseau, pour ne parler ici
que du continent, a recueilli des animaux sur quelques
points circonscrits de la côte du Zanguebar, et l'on doit à
MM. les professeurs Peters et J. Jos. Bianconi d'impor-
tantes notions sur la faune de Mozambique. Enfin, pour
l'Afrique australe, il suffit de citer les noms de Levaillant,
de Belalande , de MM. Verreaux et de Delegorgue, pour
rappeler les enrichissements que le Musée de Paris a dus
aux pénibles recherches de ces courageux explorateurs
d'un pays dont les animaux étaient jusqu'alors à peine
mémoire très-complet sur ce sujet» et ayant pour titre Esquisse sur
la mammalogie du continent africain {Rev. et Mag. de zool.,
1855 et 1856).
TRAVAUX INÉDITS. 37 !
connus; mais il faut surtout mentionner le magnifique ou-
vrage publié par M. le docteur A. Smith, après un long
séjour dans la colonie du Cap de Bonne-Espérance.
Quant à la côte occidentale, on n'en a reçu pendant
longtemps que les espèces sénégaliennes, et bien des dé-
couvertes y restent à faire. On en a la preuve par tout
l'intérêt que présentent aux zoologistes les animaux trou-
vés dans des localités où des recherches d'histoire na-
turelle ont été nouvellement entreprises. Ainsi, les publi-
cations de M. le doct. Hallowell, membre de l'Académie
de Philadelphie, relatives aux Reptiles recueillis dans la
colonie américaine de Libéria, ont montré combien est ri-
che la faune de cette petite portion du territoire africain.
On peut en dire autant de la contrée voisine de l'équateur,
connue sous le nom de côte du Gabon, et d'où M. Aubry,
aide-commissaire de marine, chargé du service adminis-
tratif, a plusieurs fois adressé au Muséum de très-précieux
matériaux pour l'accroissement de nos cabinets de zoolo-
gie. Il vient de rentrer en France, apportant avec lui d'u-
tiles compléments à ses précédents envois, et, comme il ne
doit plus retourner dans la résidence qu'il vient de quit-
ter, le moment est convenable pour dresser un catalogue
raisonné des Reptiles que l'administration du Muséum a
reçus par les soins de cet habile collecteur.
Ce qui frappe tout d'abord dans l'examen de ces ani-
maux, c'est que l'on y trouve, à côté d'espèces générale-
ment répandues sur le sol africain, telles que le Varan du
Nil et le Serpent à coiffe ou Naja Haje, d'autres espèces
analogues, si ce n'est identiques à celles qui vivent dans
les régions les plus méridionales de ce continent; c'est ce
que j'aurai soin d'indiquer en parlant du Batracien
anoure, nommé Dactylèthrc, et de certains Serpents veni-
meux arboricoles. Il faut, d'ailleurs, noter que, parmi les
différentes faunes locales d'Afrique, la faune de Libéria
est la plus analogue à celle du Gabon.
On trouve, en outre, dans cette collection, d'importants
372 REV. KT MAG. DE ZOOLOGIE. (Août 1856.)
documents pour la solution de certaines questions de géo-
graphie zoologique, sur lesquelles il restait quelques in-
certitudes, et relatives aux Tortues du genre Cinixys,
ainsi qu'au Batracien serpentiforme connu sous le nom
de Cécilie bec étroit (C. rostrata).
Le but que je me propose dans ce travail est de passer
en revue toutes les espèces intéressantes trouvées au Ga-
bon, et de décrire celles qui n'étaient point encore con-
nues. Je renverrai aux écrits de M. le docteur Hallowell
pour celles qui habitent également Libéria.
I. CHÉLONIENS. — M. Aubry a trouvé au Gabon la Ci-
nixys rongée [C. erosa) et en a envoyé plusieurs carapaces,
ainsi qu'un jeune sujet complet conservé dans l'alcool, et
dont la plaque sus-caudale, contrairement à ce qui se
voit chez l'adulte, est double. Des individus qu'il rappor-
tait, à son retour en France, ont péri pendant la traver-
sée. Nous avons été ainsi privés malheureusement de l'oc-
casion qui nous aurait été offerte d'étudier le singulier mé-
canisme par lequel ces Chéloniens, malgré l'absence .de
suture à la région médiane, infléchissent la portion posté-
rieure du disque pour la rapprocher de l'extrémité du
sternum, et pour produire en arrière une occlusion pres-
que complète de leur boîte osseuse. Un individu de cette
même espèce, apporté vivant de Libéria aux États-Unis,
est décrit et figuré par M. Hallowell (Joum. ofthe Acad.
ofnat. sciences, 1839, t. VIII, part, i, p. 161, pi. 8 et 9),
sous le nom de C. denîiculata, d'après Shaw, car ce der-
nier a représenté l'espèce dont il s'agit avec la dénomina-
tion de T. denticulata, parce qu'il croyait, mais à tort,
avoir affaire à la Tortue ainsi nommée par Linné, laquelle
était une jeune Tortue marquetée (tabulata). — La Cinixys
de Home [C. Hotneana Bell) a été acquise par le Musée" de
Paris en 1854, ainsi qu'une carapace de l'espèce précé-
dente, avec d'autres Reptiles originaires du Gabon comme
ces Tortues. Cette C. de Home est décrite et représentée
par M. Berthold {Nova acîa Acad. Cœs. — Leop. nat. car.,
TRAVAUX INÉDITS. 373
i> XXII, 2e part. p. 421, 1850 [1845], pi. 13-15), d'après
un individu pris dans l'Afrique occidentale. — Quant à la
C. de Bell (C. Bellianà) , tout récemment figurée par
M. Gray [€at. of Tort., in-4°, 1855, pi. 2) et décrite p. 13,
elle est indiquée par ce zoologiste comme provenant du
nord et de l'ouest de cette même contrée. Il n'y a donc
plus aucun doute à conserver sur la véritable patrie des
espèces comprises dans ce singulier genre, et l'on peut
supposer que les Cinixys adressées de la colonie de Deme-
rari au Musée de Londres et de la Guadeloupe à celui de
Paris avaient été transportées de la côte d'Afrique dans
la Guyane et dans les Antilles.
Tortues de marais ou Elodites. — Pentonyx du Gabon ,
Pentonyx Gabonensis, A. Dum. Espèce nouvelle.
Carapace d'un brun noirâtre, presque régulièrement ova-
laire, à carène médiane assez saillante, surtout en arrière, à
bords minces et tranchants dans tout son pourtour; plaques du
disque bordées par des stries concentriques, et rugueuses dans le
reste de leur étendue; plastron uniformément noir, à ailes
courtes, aussi prolongé en avant que le limbe, très-long égale-
ment en arrière, où il présente une petite échancrure, et à peine
rétréci au delà des ailes.
Cette espèce a une grande ressemblance avec les P. du
Cap et Gehafie, les seuls connus jusqu'à présent; mais si
les caractères génériques sont les mêmes, les différences
spécifiques sont bien tranchées. En effet, le plastron est ici
plus long et moins étroit dans sa portion postérieure ; ses
ailes sont plus courtes et montent moins obliquement vers
le limbe qui, au niveau de cette jonction avec le sternum,
est à peine rétréci et présente, dans cette région, un bord
tranchant comme partout ailleurs. Les plaques sternales
de la troisième paire se touchent par leur sommet sur la
ligne médiane, contrairement à ce qui s'observe chez le
P. Gehafie. Les écailles du disque bordées de lignes con-
centriques sont couvertes de petits tubercules irrégulier9,
ou de petites lignes saillantes disposées sans ordre , qui
374 KEV. ET MAO. DE ZOOLOGIE. (AoÛl 1856.)
donnent à toute la carapace un aspect rugueux. Chaque
pièce du sternum porte , sur ses bords, des lignes longitu-
dinales coupées par un très-grand nombre de fines stries
transversales ; d'autres stries très-déliées, fort nombreuses
et qui s'éloignent en divergeant du bord interne vers le
bord externe, se voient sur presque toutes ces plaques. —
Cette description suffit pour faire distinguer ce Chélonien
que, d'après sa petite taille, on pourrait peut-être regar-
der comme n'ayant pas encore atteint toute sa croissance;
l'aspect de la carapace et sa solidité comparée à la boîte
déjeunes P. du Cap, dont les dimensions sont les mêmes,
semblent cependant indiquer un animal beaucoup plus
âgé. En supposant que les rugosités du disque puissent
s'effacer à une époque plus avancée de la vie, il reste
comme caractères distinctifs importants toutes les parti-
cularités notables relatives au sternum et au limbe énon-
cées plus haut. — Long, de la carapace, 0m,060 ; larg. au
devant de sa jonction avec le sternum, 0m,047, au delà de
cette jonction 0m,051; long, du sternum, 0m,056; larg. au
devant de sa jonction avec le disque, 0m,033 ; derrière
cette jonct., 0m,030; au devant de son échancrure termi-
nale, 0m,015. — Exemplaire unique : Gabon, M. àubry.
Tortues de fleuves ou Trionyx. — Crypïopode d' Aubry,
Cryptopodus Aubry i, A. Dum. Esp. nouv. (pi. xx).
Carapace ovale, un peu bombée; disque très-grand, à bord
cutané peu développé en avant et en arrière, ne formant au-
cune saillie sur les régions latérales entre les membres, et ne
contenant, dans son épaisseur, aucun os limbaire; plastron
presque entièrement osseux, en raison de V étendue considéra-
ble des sept callosités sternales ; tête longue et étroite.
L'un des caractères les plus remarquables de cette Tor-
tue est l'aspect général du disque résultant de la courbure
et de la longueur des côtes qui, sur les parties latérales,
descendent vers le sternum, dont elles ne sont séparées
que par un très-petit espace. La peau est fortement adhé-
rente aux os et s'incruste, en quelque sorte, dans leurs ver-
TRAVAUX INÉDITS. 375
miculations; elle descend verticalement entre les mem-
bres pour aller rejoindre la deuxième paire des callosités
sternales. Son bord libre, au niveau des régions antérieure
et postérieure, est très-peu étendu (1) et ne contient au-
cune pièce osseuse dans son épaisseur. Cette absence d'os
limbaires ou marginaux rapproche notre espèce de celle
que M. Peters (MSS., 1848, cités par M. Gray, Cal.
Tort., in-4°, p. 64) a prise pour type de son genre
Cyclanosteus ; mais chez cette dernière, C. frenalus, et chez
celle qui est décrite par M. Gray dans ce même Cat. sous
le nom de C. Pctersii, pi. 29, on compte neuf callosités
sternales peu considérables. Or, comme ces callosités sont
fort grandes dans la Trionyx nouvelle que je fais connaî-
tre ici, et surtout comme il n'y en a que sept, particula-
rité qui pourrait peut-être motiver une coupe secondaire
spéciale, elle n'appartient pas à la subdivision proposée
par le professeur de Berlin. Je la laisse donc sans autre
désignation parmi les Cryptopodes, car les différences
dont il s'agit et qui fournissent des caractères spécifiques
très-importants, ne paraissent pas avoir une valeur suffi-
sante pour faire admettre plusieurs genres dans ce groupe
des Tortues fluviales, dont les pieds et le cou peuvent être
rentrés et plus ou moins cachés sous la carapace.
Les pièces sternales paires du Crypt. d'Aubry sont
presque entièrement réunies sur la ligne médiane, et toute
la portion postérieure du plastron est osseuse, en raison
de l'étendue tout exceptionnelle, chez ces Chéloniens, des
quatre dernières plaques. L'os impair, irrégulièrement cir-
(1) On peut en juger d'après ses dimensions comparées à celles du
disque. Ce dernier, mesuré suivant ses faibles courbures, est long
de 0n,33 et large de 0m,31. Le rebord cutané, au-dessus des pattes de
devant, a 0m,022 environ ; au-dessus du cou, au milieu, 0m,065 ; au-
dessus des membres pelviens, sa plus grande expansion est de 0m,050;
en arrière enfin, il ne s'étend pas au delà de 0B,060. Il résulte de ces
mensurations que la carapace, y compris les rebords cutanés collaire
et caudal, a une longueur de 0B,45 à 0m,46.
376 REV. ET MAC. DE ZOOLOGIE. (Août 1856.)
culaire, est, en quelque sorte, contigu, en avant et en ar-
rière, aux pièces osseuses entre lesquelles il est placé. Les
seules régions tégumentairessont celles qui correspondent
aux membres et complètent ce plastron osseux déjà très-
grand, surtout quand on le compare à celui des autres
Cryptopodes; elles forment, particulièrement au niveau
des membres pelviens, des opercules mobiles destinés à
rendre moins imparfaite l'occlusion de la carapace.
La queue très-courte, obtuse et comme tronquée, à ori-
fice du cloaque presque terminal, est protégée, en des-
sus et en dessous, par le bord cutané qu'elle dépasse à
peine. — Les membres sont robustes et les trois ongles,
dont chacun des membres est armé, sont pointus et légè-
rement concaves à leur face inférieure. Les pattes anté-
rieures portent en dessus , dans leur région digitale, six
replis cutanés semi-lunaires à bord libre antérieur, con-
cave, mince et résistant; les trois externes sont les plus
considérables. En arrière, au talon, il n'y a qu'un seul de
ces replis; il est dur et presque corné.
La tête est très-longue, car elle mesure 0m,12 depuis le
bord libre de la lèvre jusqu'à l'extrémité postérieure de
la mâchoire inférieure, où elle n'offre qu'une largeur de
0m,07, qui paraît d'autant moins considérable que les
proéminences labiales sont fort développées et donnent à
la région antérieure du museau une étendue transversale
de 0m,06. Ces proéminences, au nombre de quatre, deux
supérieures et deux inférieures, ont chacune la forme d'un
triangle scalène, dont le plus grand côté est le bord adhé-
rent ; le plus petit est tourné en avant et constitue avec ce-
lui du côté opposé le bord labial antérieur, tandis que le
bord latéral est formé par le troisième côté du triangle.
Les mâchoires sont nues et tranchantes, sans crochet ni
échancrure. — La petite trompe nasale est obliquement
dirigée en haut et en avant. — Les yeux, dont la direction
en haut et l'obliquité sont les mêmes que chez les autres
Tortues Potamites , ne sont séparés du bord libre de la
TRAVAUX INÉDITS. 377
lèvre que par un espace à peine supérieur à l'étendue de
leur diamètre antéro-postérieur. — Le cou n'est pas plus
volumineux que la portion postérieure de la tète; depuis
ce dernier point jusqu'à son origine, il est long de 0m,16,
ce qui donne à la région comprise entre l'extrémité anté-
rieure du museau et le bord limbaire cutané une longueur
de 0m,28.
La couleur générale est un brun marron uniforme, plus
clair en dessous. De petites taches foncées, irrégulières se
voient sur le plastron et sur le cou, dont la région supé-
rieure porte trois grandes raies longitudinales brunes ; il
en part une de l'angle postérieur de chaque œil ; la mé-
diane, moins longue, commence à l'occiput et se prolonge,
comme les précédentes, jusqu'à la base de la région cervi-
cale; deux petites raies de la même nuance et parallèles
entre elles parcourent le dessus de la tête et cessent où
commence la médiane, dont l'origine se voit dans l'inter-
valle qu'elles laissent entre elles en arrière.
Cette espèce, fort recherchée comme fournissant un ali-
ment très-délicat réservé pour les chefs des tribus, se
tient habituellement cachée dans la vase, au fond des
eaux; il en résulte qu'on ne peut se la procurer que diffi-
cilement et rarement.
Outre la ïrionyx que je viens de décrire, le Muséum en
a reçu une autre du Gabon par les soins de M. le docteur
Franquet. Elle est arrivée en même temps que le grand et
précieux singe dit Gorille, qui orne les galeries de zoolo-
gie. Cette Tortue, dont les dimensions l'emportent sur
celles de tous nos autres exemplaires, est le Gymnopode de
l'Egypte (Test, triunguis, Forskal, seu Trionyx Mgyptia-
cus, Geoffroy ).
(La suite au prochain numéro.)
378 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Août 1856.)
AMÉNITÉS MALACOLOGIQUES ;
par M. J. R. Bourguignat.
$L.
Du genre Cecilianella.
Rien de plus gracieux , rien de plus svelte que les formes
et les contours des coquilles que nous comprenons dans
notre genre Cœcilianella. Ces petites espèces possèdent
un test d'une délicatesse, d'une transparence, d'un poli,
d'une fragilité si remarquables , qu'elles forment entre
elles un des groupes les plus naturels et des mieux carac-
térisés.
L'animal lui-même , bien qu'encore peu étudié , vu les
difficultés que tous les conchyliologues ont eues pour se le
procurer, nous a offert de tels signes caractéristiques, que
nous ne pouvons hésiter d'établir un genre spécial que
nous plaçons entre les Ferussacia et les véritables Âchatina.
Voici les caractères que nous avons reconnus au genre
Cœcilianella :
Mollusque aveugle, nocturne, aimant l'humidité, vivant
tous terre, dans les cavernes ou les tombeaux, non carnas-
sier, mais se nourrissant de détritus de végétaux ou de
petits cryptogames.
Animal très-grêle, transparent, totalement incolore,
sauf les organes en grappe et de la glaire, qui sont rou-
geâtres ou d'un jaune noirâtre. Peau rugueuse. Tête
petite , munie de quatre tentacules rétractiles ; les deux
supérieurs peu allongés, cylindriques, très^finement gra-
nuleux, non renflés à leur partie supérieure, ne possédant
point de globe oculaire (1), mais offrant, à la place, une
(1) Férussac (Essai d'une méth. conch., p. 77, 1807) dit qu'il a
observé cet animal avec une forte lentille, et qu'il n'a pu découvrir
aucun indice de points oculaires.
TRAVAUX INÉDITS. 379
petite dépression annulaire lisse (1); les deux tentacules
inférieurs sont très-petits et sont réduits à des boutons à
peine appréciables.
Bouche ayant la forme d'une fente verticale, munie
d'une petite mâchoire cornée, à peine arquée, lisse ou à
stries presque microscopiques.
Ouverture respiratoire grande, arrondie, dextre.
Coquille dextre, toujours transparente, polie, unicolore,
brillante, etc., de forme cylindrique. Ouverture plus ou
moins ovale , simple ou dentée , à péristome toujours
simple , droit et aigu. Columelle toujours tronquée à la
base.
Comme on peut le voir par les caractères que nous ve-
nons d'indiquer, les Cœcilianella diffèrent des Glandina
par leur bouche, munie d'une mâchoire; des Ferussacia
par leur columelle toujours nettement tronquée ; enfin des
Bulimus, Ac/iatina et autres genres par le manque total de
points oculaires.
Les naturalistes ne se sont jamais accordés sur la clas-
sification des Caecilianelles ni sur leur distribution dans la
méthode. Les uns les ont réunies à des espèces de genres
assez disparates, tels que Buccinum, Bulimus, Hélix, Co-
lumna, Glandina, Âcliatina, etc.; les autres les ont ran-
gées dans ces divers genres, seulement dans des sections
particulières; d'autres enfin, mieux inspirés, ont établi
pour elles des appellations génériques toutes spéciales.
Voici, du reste, les opinions des principaux auteurs
depuis Mùller jusqu'à nos jours :
Buccinum (partim), Millier, Verm. Hist., II, p. 150. 1774.
(1) Nilsson (Hist. Moll. Sueciae..., p. 39, 1822). « In hae specie
(acicula) oculi sane nulli deteguntur, nisi alba sunt, uti ipsa tenta-
cula. Hœc enim terminautur superficia convexa, larvissima, nitidis-
sima, annulo subimpresso, cincta, quae superficia, sine dubio, oculo
aliorum molluscorum terrestrium respondet. At verosimile nobis vi-
detur hoc animal , quod sub terra continue- vivit , ubi oculis uti non
potest , oculis plaue carere. »
380 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. [Août 1856.)
Bulimus (partim), Bruguière, Enc. méth. vers, lre part.,
p. 311. 1789.
Hélix (partim), Studer. Faunul. Helvet. in Coxe, ïrav.
Switz., III, p. 431. 1789.
Cecilioide^f ( errore calami, pro Cœcilioides), Férussac,
Teste; Blainville, in Dict. se. nat., t. VII, p. 332.
1817.
Hélix [sous-genre Cochlicopa (partim)], Férussac, Tabl.
syst., p. 55. 1822.
Achatina (partim), Lamarck, An. s. vert., t. VI, 2mo part.,
p. 133. 1822.
Acicula, Risso, Hist. nat. Europ. mérid., t. IV, p. 81.
1826.
Cionella (partim), Jeffrey s, Syst. test, in Trans. Linn.,
t. XVI, 2mepart., p. 347. 1830.
Columna (partim), Jan, Disp. meth. gen., etc., p. 4.
1832.
Styloides (partim), Fitzinger, Syst. verzeichn, p. 105.
1833.
Achatina (sous-genre Acicula), Gray, in Turton's shells
Brit., p. 191. 1840.
Polyphemus (partim), Villa, Conch., p. 20. 1841.
Glandina (deuxième sous-genre, Cionella), Albers, die
Helic, p. 199. 1850.
Glandina (partim), Morelet, Cat. Moll. Alg., in Journ. de
conch., t. IX, p. 291. 1853.
Bulimus (sous-genre Acicula), Moquin- Tandon, Hist. Moll.
France, t. II, p. 309. 1855.
Glandina (sous-genre Acicula), H. et Ârth. Adams, The
gênera of rec. Moll., p. 108. 1855.
Achatina (sous-genre Crecilioides ), L. Pfeiffer, Versuch
ein. anordn. Hel. natùrl. grupp., in Malak. Blatter,
p. 170. 1855.
Férussac est le premier, comme on vient de le voir, qui
ait eu l'heureuse idée d'établir un genre spécial pour ces
TRAVAUX INÉDITS. 381
petites coquilles ; seulement ce savant auteur, en créant sa
dénomination générique de Cœcilwides, a commis la faute
d'adjectiver son appellation, en la terminant par la dési-
nence aides, et de la rendre, par conséquent, inadmis-
sible.
Désirant, malgré tout, faire droit à l'antériorité incon-
testable de cette dénomination, nous en avons conservé le
radical, en le faisant suivre de la terminaison nella.
Ce nouveau vocable que nous créons, qui ne dénature
en rien le sens primitif du mot (1), a le double avantage
d'être conforme aux règles qui régissent la science, et de
rendre substantif une appellation adjectivée par erreur.
Enfin nous devons dire que, si nous n'adoptons point
simplement le radical Cœcilia, ce n'est que dans le but de
distinguer par la désinence nella, d'une manière plus pré-
cise et plus tranchée, ce petit genre de coquille, et pour
enlever désormais cette confusion qui pourrait résulter du
même nom déjà employé depuis longtemps pour désigner
des Reptiles, des Poissons et des Insectes (2).
Les Csecilianelles se trouvent répandues dans toute l'Eu-
rope et le bassin méditerranéen , mais toujours en petite
quantité. 11 est très-rare de les trouver vivantes , vu leur
mode d'habitation ; aussi n'est-ce guère que dans les allu-
vions que l'on a le plus de chance de les rencontrer.
Nous allons, maintenant, donner les descriptions des
espèces que nous avons pu connaître dans ce genre, qui,
nous n'en doutons point, est appelé à prendre une bien
plus grande extension dès que les conchyliologues, avertis
par nous, étudieront ces petites coquilles avec plus de
soin et avec plus de conscience.
(1) Cœcilia dérive de Cœcus, aveugle.
(2) Linnaeus, en effet (Syst. nat.), a créé un genre Cœcilia pour
des Reptiles de la tribu des Batraciens. — Lacépède (Hist. Poiss.,
t. II) a également établi en 1800, pour le Murena caeca (Linn.\, un
genre Cœcilia. — Curtis (British cntomol.) a aussi créé un genre
Cœcilia pour des Insectes de l'ordre des Névroptères. — Etc..
382 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Août 1856.)
CiECILIANELLA HOHENWARTI.
Achatina Hohenwarti, Rossmassler, Iconogr., X, p. 34,
f. 657. 1839.
Achatina Hochenwarthii, Schmidt, Verz., p. 13. 1847.
Achatina Hohenwarti, L. Pfeiffer, Mon. Hel. viv., t. II,
p. 274. 1848.
Glandina Hohenwarti, Albers, Die Helic, p. 199. 1850.
Testa subfusiforrai oblonga, polita, splendida, lutesccnte; spira
turrita ; apice obtusa ; sutura marginata ; anfractibus 6 subplanu-
latis; ultimo spiram vix œquante; columella verticali, intorta, vix
truncatula; apertura angusta, oblongo-acuminata; peristomate sim-
plice, recto, acuto; margine dextro medio subdilalato.
Coquille fusiforme allongée, lisse, brillante, d'une cou-
leur jaunâtre. Spire turriculée à sommet obtus ; six tours
de spire peu convexes, séparés par une suture marginée;
ouverture oblongue acuminée, rétrécie, péristome simple,
aigu. Bord droit convexe, columelle droite, contournée, à
peine tronquée.
Long., 6 mili. 1/2. — Épaiss., 2 mill. 1/2.
Cette espèce habite la Carniole.
La Cœcilianella Hohenwarti se distingue facilement de
Yacicula à sa taille plus bombée, moins élancée, à sa
couleur jaunâtre, à sa columelle droite, contournée, et
surtout à peine tronquée à la base.
La plupart des auteurs ont indiqué cette coquille en
Italie, en France, en Espagne, en Algérie, en Sicile, en
Corse, etc.; mais nous croyons qu'ils ont rapporté à tort à
Y Hohenwarti une variété de Yacicula qui, peut-être même
lorsqu'on pourra l'étudier avec plus d'attention, devra
constituer une nouvelle espèce.
CiECILIANELLA ACICULA.
Buccinum acicula, Millier, Verm. Hist., II, p. 150. 1774.
TRAVAUX INÉDITS. 383
Hélix acicula, Studer, Faunul. HelveL, in Coxe, Trav.
Switz., III, p. 431. 1739.
Buccinum terrestre (pars), Montagu, Test. Brit., p. 248,
pi. vin, f. 3. 1803.
Bulimus acicula, Studer, Kurz. Verzeichn., p. 88. 1820.
Cionella acicula (pars), Jeffrey s, Syst. test., in ïrans. Linn.,
t. XVI, 2e part., p. 347. 1830.
Styloides acicula, Fitzinger, Syst. Verzeichn.. p. 105.
1833.
Acicula acicula, Beck, Ind. Moll., p. 79. 1837.
Achatina acicula, Rossmassler, Iconogr. (IX et X), f. 658.
1839.
Caecilioides acicula, Beck, in Amtl. Ber. vers. Kiel, p. 122.
1846.
Glandina alba? Albert, DieHelic, p. 199. 1850.
Cette espèce est bien , à présent, une de celles dont il
est le plus difficile d'établir la synonymie ; nous venons de
citer les auteurs qui paraissent avoir connu le véritable
type.
Afin qu'il n'existe plus maintenant aucun doute sur
Yaçicula, nous allons en donner une nouvelle description
d'après des échantillons authentiques du nord de l'Alle-
magne.
Testa minuta, elougata, gracili, diaphana, polita, albida; apicc
obtuso; aufractibus 6 vix convexiusculis sutura vix marginata sepa-
ratis ; ultimo 1/3 longitudinis superante ; apertura oblcmga ; peristo-
mate acuto, simplice, recto; margine dextro vix antrorsum arcuato ;
columella vix arcuata ac truncata et ad basim aperturœ fere attin-
gente; marginibus tenui callo juactis.
Coquille petite, allongée, turriculée, grêle, diaphane,
lisse et blanchâtre. Sommet obtus, six tours de spire un
peu convexes, séparés par une suture à peine marginée.
Dernier tour de spire surpassant le tiers de la longueur
totale.
Ouverture oblongue, à péristome simple, aigu et droit;
bord extérieur à peine arqué en avant; columelle peu ar-
384 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Août 1856.)
quée, à peine tronquée et atteignant presque la base de
l'ouverture. Bords marginaux réunis par une faible callo-
sité.
Long., 5 mill. — Diam., 1 mill.
Se rencontre surtout dans la partie nord de l'Allema-
gne. — Très -rare en Angleterre. — Nous la connaissons
en France , où elle est peu commune , des départements
de l'Oise et de l'Aube, ainsi que des environs de Paris.
Cecilianella anglica.
Buccinum terrestre (altéra pars), Montagu, Test. Brit.,
p. 248, pi. vin, f. 3. 1803.
Cionella acicula (altéra pars), Jeffrey s, Syn. test., in Trans,
Linn., t. XVI, 2e part., p. 347. 1830.
Achatina acicula, Lovell Reeve, Conch., syst. g. Achat.,
pi. xx, fig. 3. Juin 1849.
Testa elongata, gracili, diaphana, polita, albida; apice obtuso; ao-
fractibus 6 convexiusculis, sutura profunde separatis; ultimo 1/3
longitudinis aequante; apèrtura oblOago-rotundata; peristomate sim-
plice, acuto, recto ; roargioe dextro vix arcuato ; columella arcuata
ac sat truncata , ad basim aperturœ non attingente ; marginibus
tenui callo junctis.
Coquille allongée, grêle, diaphane, lisse et blanchâtre ;
sommet obtus ; six tours de spire convexes, séparés par
une suture profonde et non marginée. Dernier tour de
spire égalant le tiers de la longueur totale. Ouverture
presque arrondie, malgré tout un peu oblongue, à péri-
stome simple, droit et aigu. Columelle arquée, fortement
tronquée et n'atteignant pas la base de l'ouverture , dont
les bords marginaux sont réunis par une faible callosité.
Long., 8 mill. — Diam., 1 mill. 1/2.
Habite l'Angleterre.
Cette espèce se distingue de X acicula par sa taille pluâ
considérable, ses tours de spire plus convexes, sa suture
plus profonde et non marginée ; surtout par son ouverture
TRAVAUX INÉDITS. 385
plus arrondie et sa columelle fortement tronquée, qui
n'atteint point la base de l'ouverture.
CECILIANELLA LlESVILLEI.
Bulimus acicula, Bruguière, Encycl. méth., vers., Impar-
tie, p. 311. 1789.
Àchatina acicula, Lamarck, An. S. Vert., t. VI, p. 133.
1822.
Cette espèce , qui est très-commune en France , surtout
dans la partie septentrionale de notre pays , est celle qui
(à notre avis) se trouve désignée par tous les auteurs de
faune locale sous le nom d'acicula.
Bruguière est le seul qui en ait donné une bonne des-
cription, et il a parfaitement bien indiqué la callosité tu-
berculeuse qui orne l'ouverture de cette petite coquille (1).
Voici la description de cette nouvelle Caecilianelle, que
nous dédions à notre ami M. de Liesville, d'Alençon.
Testa minuta, turrito-oblonga, gracili, polita, diaphaua, albida;
apice obtuso; anfractibus 6 planiusculis , sutura superficiali-dupli-
cata separatis; ultimo 1/3 longitudinis superante ; apertura piri-
formi-oblonga ; peristomate acuto, simplice, recto; margine dextro
antrorsum vix arcuato; columella recta, vix ad basim apertura$
truncata ; margiuibus tenui callo, in medio penultimi ventre obso-
lète unicalloso, junctis.
Coquille de faible taille, oblongue, turriculée, grêle,
diaphane, lisse et blanchâtre. Sommet obtus, six tours de
spire presque plans, séparés par une suture assez bien
marquée, entourée inférieurement d'une seconde ligne
peu prononcée imitant une rainure suturale. Dernier tour
surpassant le tiers de la longueur totale. Ouverture piri-
forme, à péristome aigu, droit et simple. Bord droit, peu
arqué. Columelle droite, à peine tronquée, et atteignant
(1) « Son ouverture est oblongue et un peu renflée au milieu.
(Brug., Encycl. méthod., p. 311.)
2° skrik. t, vin. Anuée 1856. 25
380 REV. ET MAC. DE ZOOLOGIE. (Août 4856.)
presque la base de l'ouverture. Bords marginaux réunis
par une faible callosité, présentant, sur la convexité de
F avant-dernier tour, une éminence tuberculeuse obsolète.
Long., 4 à 5 mill. — Diam., 1 mill. 1/2.
Cette Caecilianelle est très-répandue en France; nous la
connaissons du département de l'Oise, de l'Aube, de la
Seine, de l'Orne, etc. — Bien que nous ne l'ayons jamais
vue du Midi, nous ne doutons point qu'elle ne doit égale-
ment s'y trouver.
C^CILIANELLA RAPHIDIA.
Testa pyramidato-oblonga, graeili, diaphana, polita, albida ; apice
paululum obtuso; anfractibus 6 convemisculis, sutura duplicata
separatis; ultimo 1/3 longitudinis non attingente; apertura oblongo-
rotundata; peristomate acuto, simplice, recto; margine dextro an-
trorsum sat arcuato; columella paululum arcuata; truncata, vix ad
basim aperturœ attingente ; marginibus tenui callo, in medio penul-
timi ventre unicalloso, junctis.
Coquille oblongue, pyramidale, grêle, diaphane, lisse
et blanchâtre ; sommet un peu obtus, malgré tout, mame-
lonné. Six tours de spire un peu convexes, séparés par
une suture nettement marquée, entourée inférieurement
d'une seconde ligne imitant une rainure suturale. Dernier
tour de spire n'égalant pas le tiers de la hauteur totale.
Ouverture oblongue-arrondie , à péristome simple , droit
et aigu ; bord droit assez arqué en avant ; columelle un
peu arquée, tronquée et atteignant presque la base de
l'ouverture. Bords marginaux réunis par une faible callo-
sité, présentant sur la convexité de l'avant-dernier tour
un petit tubercule assez saillant.
Long., 4 mill. 1/2. — Diam., 1 mill. 1/2.
Habite, en Algérie, les environs de Mostaganem (Bron-
del).
TRAVAUX INÉDITS. 387
Mémoire sur les gale-lnsectes de l'Olivier, du Citronnier,
de l'Oranger, du Laurier-Rose, et sur les maladies qu'ils
y occasionnent dans la province de Nice et dans le dé-
partement du Var, par le docteur J. B. Robineau-Des-
voidy. (Voir 1856, p. 121, 180, 277.)
Plus loin, l'auteur ajoute : « Les Oliviers infestés par
« les Kermès, vus d'un peu loin, paraissent être singuliè-
« rement vigoureux. La sève extravasée, délayant les ex-
« créments des insectes, prend une couleur noire et teint
« de cette manière les feuilles et les branches. On sait
« qu'un Olivier affaibli ne présente que des rameaux jau-
« nés; ici l'affaiblissement est comme masqué. Il faut voir
« de près, sur ces arbres, le peu de longueur des pousses
« et leur maigreur, pour s'assurer du déplorable état au-
« quel ils sont réduits. »
Ainsi Bernard, cet habile et judicieux observateur, a
constaté la morfée sur le littoral français. Il se trompe
sur la cause du noir imprimé aux arbres malades; mais il
écrit que cette affection est due aux piqûres du Kermès.
C'est donc en France que cette affection pathologique de
l'Olivier fut, pour la première fois, attribuée à des insec-
tes. Mais Bernard ne l'a point vue à l'apogée de sa puis-
sance; il ne l'a vue qu'à Hyères, qu'à Cannes, où elle
cause déjà de très-grands désordres. Pour apprécier la
fureur de ce fléau, il faut le voir dans la province de Nice,
où l'extrême fertilité du sol permet aux Oliviers la plus ri-
che végétation, et par conséquent aspire une alimenta-
tion toujours abondante et succulente aux hôtes qu'elle
doit nourrir.
Loquez écrivait en 1806 : « Peu contente de dénaturer
« les jardins et de les rendre stériles, la morfée vient d'en
« franchir les barrières et de se placer aussi sur les Oli-
« viers. Ce nouveau domicile, qu'elle veut choisir, doit
« faire trembler les cultivateurs... Il ne manquerait plus à
<< ce pays, pour être entièrement ruiné, que la propagation
388 REV. ET MAC DE ZOOLOGIE. (Août 1856.)
« d'une telle infection sur ces végétaux précieux, qui font
« son unique ressource. »
Mais Loquez était dans l'erreur sur l'époque de l'appa-
rition de la morfée sur l'Olivier en la province de Nice.
D'après une narration de Fodéré, elle y existait peut-être
depuis un demi-siècle , puisqu'en 1798 le canton de La-
verna venait d'en être infesté pendant trente ans (Fodéré,
Voyage aux Alpes maritimes, 1821, t. II, p. 97 et sui-
vantes). Il est difficile d'avoir un plus mauvais guide que
Loquez.
Fodéré, qui ne semble pas avoir connu le travail de
Loquez, pense aussi que cette morfée est due à des pi-
qûres de Kermès. D'après les renseignements fournis par
les cultivateurs du pays, il ajoute « qu'elle attaque plus
« particulièrement les Oliviers placés dans les terroirs
« gras, humides, exposés aux brouillards, placés dans les
« bas-fonds ou dans les conques des vallées. »
La morfée sur l'Olivier ne serait donc pas d'une ori-
gine aussi récente que plusieurs auteurs le présument.
Mon opinion est qu'elle date de l'introduction même de
l'Olivier, qui fut apporté sur les côtes de la Ligurie avec
ses Kermès, qui, à l'instar d'une foule d'autres insectes,
n'occasionnaient que des dégâts peu appréciables. Mais,
lorsque la culture des arbres à feuilles persistantes eut été
poussée à l'excès, l'Olivier, comme l'Oranger, comme le
Citronnier, fut appelé à nourrir une espèce de Kermès.
Lorsqu'on eut accumulé ces arbres sur des champs privi-
légiés, avec la surabondance des récoltes on obtint aussi
des générations infinies d'animaux qui ne tardèrent pas
à rompre le juste équilibre où ils avaient vécu jusqu'à ce
jour. D'hôtes et de convives peu dangereux dans les vues
primitives de la nature, l'homme s'était fait des légions
d'ennemis qui apportent le ravage, la stérilité, et enfantent
des maladies effroyables encore plus désastreuses qu'eux-
mêmes.
Lorsque j'avance que le Kermès Oleœ a dû être introduit
TRAVAUX INÉDITS. 389
avec l'Olivier même, c'est que j'estime qu'il appartenait
originairement à cet arbre; mais je n'en ai pas la certi-
tude. Je base mon opinion principalement sur le silence
des auteurs , qui ne l'ont jamais signalé dans les serres.
Quoi qu'il en soit, cet animal est aujourd'hui répandu
avec une profusion incroyable. La province de Nice n'a
pas un seul arbre qui n'en soit infesté. Dans plusieurs
localités, il fait reconnaître sa sinistre présence par d'af-
freux ravages. Les Oliviers d'Antibes, de Cannes, d'Hyè-
res sont à peu près dans le même état qu'à l'époque où
Bernard écrivait ; mais le pays de Nice et la principauté
de Monaco, que j'ai visités, offrent, dans leurs vallées les
plus fertiles, un spectacle tout à fait repoussant et l'aspect
de la plus déplorable ruine. Le cœur saigne et l'imagina-
tion se trouble à la vue de pareils désastres.
La tristesse augmente encore à l'idée qu'un pareil état
de choses menace d'être continuel , et qu'il n'aura peut-
être pas d'autre fin que la perte totale de ces arbres , na-
guère si ravissants et si précieux, car le mal fait, chaque
jour, des progrès sensibles. Plus étendu et plus destruc-
teur qu'il y a trente ans, il occupe aujourd'hui tout le pays;
qui sait si une circonstance favorable ne lui permettra
pas de tout détruire, ainsi qu'Hyères vient de l'éprouver
pour ses Orangers?
A l'exception de quelques cantons du Var, la France ,
selon moi, ne court pas risque d'une catastrophe aussi
générale pour ses Oliviers , qui , dans le Languedoc et la
majeure partie de la Provence, ne sont que des nains, des
avortons, des buissons, toujours distants entre eux, bien
aérés, peu touffus et ne laissant que peu de chances soit
à la multiplication des Kermès, soit à l'extension de la
morfée : leur faiblesse est peut-être la condition de leur
salut.
Mais le Kermès Oleœ ne borne pas ses ravages au seul
Olivier. Il s'est jeté sur le Citronnier, sur l'Oranger, dont
il a parfois chassé les habitants naturels; souvent il par-
390 KEV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Août 1856.)
tage la proie avec eux. On peut même rencontrer ces di-
vers hôtes sur la même tige et sur la même feuille, de
sorte que, si ces arbres venaient à perdre leurs ennemis
spéciaux, notre Kermès se chargerait de les remplacer.
Son excessive multiplication le rend encore plus dange-
reux queux , et je le regarde comme l'insecte qui con-
tribue le plus à l'état déplorable des contrées dont je
parle.
Ainsi le Coccus Adonidum , le Kermès Hesperidum et le
Kermès Oleœ, non contents du mal qu'ils font par eux-
mêmes, mettent leurs efforts en commun ; ils s'entendent
pour participer à la même table , comment les végétaux
résisteraient-ils ?
Le Kermès Oleœ s'est pareillement jeté sur le Laurier-
Rose, qu'il défigure bientôt, qu'il couvre de ruine et qu'il
ne tarde pas à faire périr. Bernard l'avait déjà observé
sur le Myrte; aujourd'hui il attaque quantité d'autres
végétaux, ainsi que je l'exposerai plus loin. En peu de
mots, cet insecte joue déjà et est destiné à jouer le rôle le
plus actif et le plus considérable parmi ses congénères.
Sur le Kermès Aonidum, Linn.
Nous devons encore à Linné la description du Kermès
qui vit sur les Laurinées, et qu'il nomme Coccus Aonidum.
Ce naturaliste ne l'a point rencontré dans les serres d'Eu-
rope ; il se contente de dire qu'il habite sur la Cannelle, in
Canellia, que quelques auteurs ont changée contre le mot
Camellia, in Camellia. Il le décrit probablement d'après
des échantillons étudiés sur des branches de Cannelle ar-
rivée des grandes Indes.
Cet insecte, sans doute introduit sur quelque Laurinée,
a fait invasion dans l'Europe méridionale. A Nice, il ha-
bite sur la plupart des Lauriers cultivés. Sa population
est incroyable à Hyères et à Toulon, où il attaque les
végétaux des familles les plus distantes entre elles. Il s'est
installé comme un véritable indigène dans les jardins
TRAVAUX INÉDITS. 301
d'Hyères, où il se jette sur tous les végétaux qui l'envi-
ronnent. Chez M. Denis , il les couvre en totalité, depuis
le Phormium tenax jusqu'au Caroubier, qui est encore in-
tact à Nice.
Comme l'introduction de cet insecte paraît récente,
nous avons lieu de redouter en lui , d'après sa marche ,
un ennemi tout à fait dangereux soit pour les végétaux
de nos contrées méridionales , soit pour ceux cultivés
dans nos serres.
Je termine ici mes observations sur les maladies des
arbres à feuilles persistantes qu'on cultive dans les con-
trées chaudes de la France ; dans un autre travail, je trai-
terai des Kermès du Figuier, de la Vigne , ainsi que des
légions d'Aphidiens et d'Acariens qui affligent et tour-
mentent cette précieuse végétation. J'ai voulu établir que
la morfée, cette hideuse affection des arbres à feuilles
persistantes, n'est qu'un résultat et non une cause. Pour
la produire, il suffit d'isoler une branche saine, et de la
couvrir ensuite de Cochenilles et de Kermès; on ne tarde
pas à la voir se couvrir du cryptogame maudit. Faites
que d'un Laurier-Rose les Kermès passent sur un Mimosa,
sur un Phormium , sur un autre Laurier; faites qu'ils s'y
complaisent, ils auront bientôt engendré la maladie.
J'ai rappelé l'attention du naturaliste sur ces quatre
espèces de Gale-Insectes déjà décrites et dont on con-
naissait les habitudes, et qui, à l'exception du Kermès
Oleœ> n'avaient encore été observées que dans les serres.
Linné, en raison de leur domicile sur les arbres aroma-
tiques et toujours verts des contrées les plus chaudes, leur
imposa les noms glorieux de Coccus Adomdum , de Coccus
Hesperidum et de Coccus Aonidum. Pour lui comme pour
Geoffroy, c'étaient des insectes exotiques rapportés des
pays lointains et torréfiés par le soleil. A l'exemple de
leurs végétaux nourriciers, ces insectes n'entretenaient en
Europe leur existence qu'à l'abri d'habitations vitrées et
sous l'influence d'une chaleur artificielle : mais aujourd'hui
392 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Août 1856.)
ils ont quitté leur prison : sous des climats favorables, ils
ont retrouvé en plein air les arbres de leur première pa-
trie. La nature a sur-le-champ repris ses droits. Le Coccus
Adonidum s'est de nouveau installé sur les Citronniers, le
Kermès Hesperidum sur les Orangers, le Kermès Aonidum
sur les Laurinées, ainsi que, plusieurs siècles auparavant,
le Kermès Olem avait suivi l'Olivier. Des végétaux étran-
gers avaient été transportés sur des plages nouvelles, leurs
insectes les y ont reconquis. Dans leur nouvelle patrie,
plantes et animaux ont trouvé des conditions favorables
à un excessif développement. Les plantes ont répondu
d'abord par de riches produits à la cupidité des cultiva-
teurs; mais les insectes se sont accrus dans la même pro-
portion. Comme aucun obstacle et comme aucun ennemi
sérieux ne s'opposaient à leurs générations pressées, ils
n'ont pas tardé à devenir des causes de maladies, de sté-
rilité, et la mort pour leurs nourriciers.
Ces faits sont positifs et au-dessus de toute contestation.
Leur récit ne pourrait-il nous guider dans nos études sur
ces grandes maladies qui affligent aujourd'hui l'agricul-
ture sur tous les points de l'Europe?
Je donne la liste des végétaux infestés par les Gale-
Insectes dans le jardin de M. Denis, à Hyères, et dans les
serres du jardin botanique de l'hôpital de Saint-Mandriez,
à Toulon, dans la seconde quinzaine d'avril.
Jardin de M. Denis.
Le Kermès Aonidum couvre les tiges et les feuilles du
Phormium tenax ,
Acacia quadrivalvis ,
Mimosa lophanta ,
Les Nériums.
Il les fait souvent périr.
Cet insecte s'est même établi sur un pied de Caroubier
planté dans ce jardin.
SOCIÉTÉS SAVANTES. 393
Le Kermès Hesperidum couvre les Orangers, les Citron-
niers, les Nériums.
Serres du jardin botanique de l'hôpital de Saint-Mandriez ,
à Toulon. [Extrait de mon Journal.)
Le Kermès Aonidum abonde sur le Zamia dentata et sur
le Strelitzia Reginœ.
Le Ficus australis est couvert de YAearus blanc du Ficus
carica.
Le Murraya exotica a la morfée produite par le Kermès
Hesperidum.
Sur le Canna indica prédominent 1° le Kermès Hespe-
ridum , 2° le Coccus Adomdum , 3° le Kermès Aonidum ,
4° YAearus des serres [Acarus calidiorum, Rob.-Desv.).
Le Carolinea princeps est occupé par le Coccus ADONI-
DUM.
Le Bananier est occupé par YAearus des serres et par le
Coccus Adonidum ; sa tige est , en outre , couverte par le
Kermès Aonidum.
Le Coffra indica est occupé par le Coccus Adonidum ,
qui occupe encore le Poivrier, et un Solanum arborescent,
avec grande compagnie de I'Acarus calidiorum.
Le Ficus elastica est occupé par le Kermès Hesperidum.
Le Ficus Binjamim et le Castaneo-Carpus australis ont
la morfée produite par le Kermès Hesperidum.
II. SOCIETES SAVANTES.
Académie des sciences de Paris.
Séance du 28 juillet 1856. — M. le secrétaire perpétuel
signale, parmi les pièces imprimées de la correspondance,
un Mémoire de M. Jœger sur une nouvelle espèce d'Ich-
thyosaure [Y Ichthyosaurus longirostris).
(( Le nom que j'ai donné à cette espèce, dit M. Jaeger,
394 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Août 1856.)
lui a été donné presque en même temps par M. Owen,
d'après un autre spécimen déposé au Muséum britanni-
que, et décrit par feu M. Mantell. J'apprends qu'on en a
également trouvé un en France, et je pense que cette cir-
constance ajoutera quelque intérêt à ma description du
fossile provenant du lias du Wurtemberg. »
M. Larlet adresse une Note sur un grand Singe fossile qui
se rattache au groupe des Singes supérieurs.
« Les restes fossiles du Singe dont il est ici question,
dit M. Lartet, proviennent d'un banc d'argile marneuse
en exploitation au bas du plateau sur lequel est bâtie la
ville de Saint-Gaudens, et à l'entrée de la plaine de Va-
lentine, qui s'étend de là jusqu'aux premiers contre-forts
des Pyrénées. M. Fontan a recueilli, dans le même lieu, des
ossements de Macrothérium, de Rhinocéros, de Diocerus
elegans, etc., qui m'ont paru identiques aux espèces des
mêmes genres antérieurement découvertes à Sansan. Ces
mammifères appartiennent essentiellement à nos terrains
tertiaires moyens (miocènes), car on retrouve aussi leurs
débris dans les {aluns de la Touraine.
« Les morceaux de ce Singe, que M. Fontan m'a chargé
de présenter en son nom à l'Académie, consistent en deux
moitiés d'une mâchoire inférieure tronquées dans leurs
branches montantes, plus un fragment de la face anté-
rieure de cette mâchoire où s'implantaient les incisives.
On a trouvé en même temps un humérus épiphysé à ses
deux extrémités. »
Après avoir comparé avec soin cette portion de mâ-
choire à la dentition des nègres du Gabon, du Chimpanzé,
du Gorille, des Orangs et des Gibbons, l'auteur termine
ainsi : « En résumé, le nouveau Singe fossile vient évi-
demment se placer, avec des caractères supérieurs à cer-
tains points de vue, dans le groupe des Simiens, qui com-
prend déjà le Chimpanzé, YOrang, le Gorille et le petit
Singe fossile de Sansan [Pliopithecus antiquus, Gerv.). Il
diffère de tous ces Singes par quelques détails dentaires
SOCIÉTÉS SAVANTES. 395
et, plus manifestement encore, par le raccourcissement
très-sensible de la face. La réduction des incisives s'al-
liant à un grand développement des molaires indique un
régime essentiellement frugivore. Le peu que l'on connaît,
d'ailleurs, de l'ossature des membres dénote plus d'agilité
que d'énergie musculaire. On serait donc ainsi conduit à
supposer que ce Singe-, de très-grande taille, vivait habi-
tuellement sur les arbres, comme le font les Gibbons de
l'époque actuelle ; aussi proposerai-je de le désigner par
le nom générique de Dryopithecus (de drus, arbre, chêne,
et pithekos, singe). En le dédiant comme espèce au natura-
liste éclairé à qui la paléontologie est redevable de cette
importante acquisition, ce serait le Dryopithecus Fontani.
« On comptera donc en Europe six Singes fossiles : deux
en Angleterre, le Macacus eocenus, Owen, et le Macacus
pliocenus, id.; trois en France, le Pliopithecus antiquus, le
Dryopithecus Fontani et le Semnopithecus monspessulanus,
qui est probablement le même que le Pithecus maritimus
de M. de Christol. Enfin le Singe de Pikermi, en Grèce,
nommé par M. A. Wagner Mezopithecus pentelicus.
M. Gaudry et moi proposons, dans notre mémoire sur les
ossements fossiles de Pikermi, qui sera présenté prochai-
nement à l'Académie, de rattacher ce Singe au groupe des
Semnopithèques, sous le nom de Semnopithecus pentelicus.
M. P. Gerçais adresse une Notice sur les gisements de
l'Anthracotherium magnum, et en fait connaître un nou-
veau découvert par M. Lacaze père. Ce naturaliste, de
Montferrand du Gers, a constaté qu'il y a aussi des restes
d' Àntracothériums proprement dits à Bonrepos , sur la
limite des départements de la Haute-Garonne et du Gers.
Séance du 4 août 1856. — M. Valenciennes lit une Note
sur une nouvelle espèce de Filaire trouvée sous la peau d'un
Guépard. Il pense avec raison et assure que les zoologistes
liront avec intérêt les nouvelles observations qu'il vient
de faire, parce que cette espèce présente plusieurs traits
de conformation analogues à ceux que l'on connaît d'un
396 REV. ET MAC DE ZOOLOGIE. [Août 1856.)
Nématoïde voisin, très-connu sous le nom de Ver de Mé-
dine, et qui habite de même sous la peau des pattes
ou du ventre de ce Mammifère.
Après avoir rappelé ce que l'on sait du Ver de Médine
[Filaria medinensis), le savant professeur raconte comment
a été trouvée la nouvelle espèce, après la mort d'un Gué-
pard originaire du Kordofan ; il ajoute qu'elle lui paraît
différer de la Filaria medinensis, et il propose de la nom-
mer Filaria œthiopica.
MM. Gaudry et Lartet présentent les Résultats des re-
cherches paléontologiques entreprises dans l'Attique sous les
auspices de l'Académie.
Les auteurs rappellent les résultats de leurs recherches
et présentent la description des espèces qu'ils ont déjà pu
dégager de leur gangue. Ces espèces sont les suivantes :
Semnopithecus pentelicus , — Macrotherium pentelicum , —
Thalassictis robusta , — Hystrix primigenius , — Sus ery-
manthius? — Capra? Amalthœa, — Camelopardalis Duver-
noyl et Attica.
« Les Mammifères sont presque les seuls vertébrés dont
nous ayons rencontré des vestiges. Nous avons recueilli
quelques os de Gallinacés. Nulle trace de Reptile ou de
Poisson n'a encore été signalée.
« C'est de la faune de Cucuron (département de Vau-
cluse) que celle de Pikermi se rapproche davantage ; or,
d'après M. Coquand, le dépôt de Cucuron est placé entre
la molasse et les marnes subapennines. Ainsi Pikermi , à
en juger par sa faune, serait d'un âge intermédiaire entre
la période tertiaire moyenne et la période tertiaire supé-
rieure. Dans un prochain Extrait que nous aurons l'hon-
neur de remettre à L'Académie, nous chercherons à prou-
ver que les données géologiques semblent corroborer
cette opinion. Si les Macrothériums, les Dinothériums, les
Mastodons entraînent la supposition de vastes étendues
couvertes de végétaux , les Girafes, les troupes d'Anti-
lopes et d'Hipparions, animaux essentiellement coureurs.
SOCIÉTÉS SAVANTES. 397
nous portent également à imaginer la présence de plaines
immenses là où se trouve aujourd'hui l'étroit espace de
terre que nous nommons la Grèce. Nous étudierons les
bouleversements qui d'abord ont substitué à la mer num-
mulitique le continent sur lequel vécurent tant d'animaux
aujourd'hui fossilisés, et plus tard ont abaissé une partie
de ce continent au-dessous de la surface des eaux. »
M. Dumas présente, au nom de l'auteur, M. André-
Jean, une Note sur les procédés au moyen desquels il par-
vient à améliorer une race de Vers à soie, et met sous les
yeux de l'Académie des cocons provenant d'une même
race avant et après l'amélioration.
M. de Quatrefages insiste sur la détresse croissante des
éleveurs du Midi et pense que des recherches suivies sur
les lieux mêmes peuvent être nécessaires pour reconnaître
à quoi tient un phénomène qui frappe l'industrie des soies
à sa source même.
Séance du 11 août 1856. — M. de Quatrefages donne
lecture d'une lettre qui lui a été adressée par M. Àngli-
viel, de Valleraugue, et dans laquelle ce sériciculteur parle
de la situation lamentable dans laquelle se trouvent les
éducateurs du Midi. Il résulte de cette lettre que M. An-
gliviel a remarqué qu'en général une première graine
de cocons d'origine étrangère donne de la graine bonne ,
mais qu'une nouvelle ponte obtenue avec les produits de
cette dernière graine donne des produits infectés.
Dans notre longue pratique expérimentale à Sainte-
Tulle, nous allons plus loin , car nous avons reconnu que
l'on peut établir, d'une manière presque absolue, que des
cocons provenant d'une graine étrangère excellente, qui a
donné une magnifique éducation, produisent de la graine
qui ne donne qu'un très-mauvais résultat l'année suivante.
Il y a là, évidemment, défaut d'acclimatation, et ce ne
serait qu'en persévérant à subir des produits mauvais,
puis médiocres et successivement meilleurs, que l'on pour-
rait arriver à mettre ces Vers à soie en harmonie avec le
398 HEV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Août 1856.)
nouveau milieu dans lequel on veut les introduire, comme
nous l'avons fait, M. Eugène Robert et moi, pour notre
race acclimatée et améliorée à Sainte-Tulle , en y consa-
crant plus de dix ans de soins assidus et coûteux. Du
reste, nous n'avons cessé de demander des études sé-
rieuses sur ce grave sujet, et nous avons fait plus, nous
nous en sommes occupé avec dévouement, et depuis plus
de dix ans, dans une sorte de haras de Vers à soie fondé et
soutenu par nos seules ressources à Sainte-Tulle. Malheu-
reusement nos recherches n'ont pu être faites dans des
conditions aussi favorables qu'il l'aurait fallu et sur une
échelle convenable, parce que nous avons presque toujours
été abandonné à nos propres forces. Malgré cela et grâce
au zèle non moins grand de notre ami M. Eugène Robert,
de Sainte-Tulle, nous avons pu nous livrer à des études
qui ont eu des résultats pratiques très-satisfaisants, mais
qui ne peuvent se généraliser, faute de moyens d'action.
Nous croyons donc, comme les deux académiciens, qu'il
est urgent que des recherches soient poursuivies ; mais il
faut qu'elles aient lieu principalement dans la grande pra-
tique, dans les pays de grande production, afin que leurs
résultats soient applicables et ne demeurent pas à l'état
de théories.
Nous avons fait connaître nos observations sur la race
dite d' André-Jean et Bronski dans cette Revue, p. 295;
nous ajouterons que notre opinion coïncide avec celle
d'une commission de la Société impériale et centrale
d'agriculture qui a été chargée de suivre, pendant notre
absence, l'éducation faite, cette année, à Neuilly.
MM. Gaudry et Lartet présentent la suite de leurs i?e-
cherches paléontolo gigues entreprises dans l'Attique sous les
auspices de l'Académie. — Cette deuxième partie est con-
sacrée à Y Histoire géologique de la contrée où vécurent les
animaux enfouis à Pihermi.
M. le préfet de l'Aube transmet une lettre de M. H. Drouët,
naturaliste, demeurant à Troyes, qui, près de faire un
SOCIÉTÉS SAVANTES. 399
voyage aux Açores dans un but scientifique, demande à
l'Académie, d'une part, des instructions, et, de l'autre,
une somme d'argent destinée à couvrir les dépenses du
voyage.
D'après une décision déjà ancienne de l'Académie,
toute demande faite dans des circonstances semblables
ne peut être prise en considération qu'autant qu'elle est
appuyée par la section compétente ; en cas d'un avis favo-
rable, elle est ensuite, comme toute question financière ,
soumise à la commission administrative. En conséquence,
l'Académie renvoie à l'examen de la section de zoologie
la lettre de M. Drouèt; on y joindra, comme pièce à
l'appui, la lettre de M. le préfet de l'Aube, où se trouvent
indiqués les noms des diverses personnes qui s'intéressent
à l'expédition projetée.
Séance du 18 août 1856. — M. Claude Bernard lit des
Recherches expérimentales sur la température animale, d'où il
résulte « 1° que l'appareil digestif fait éprouver au fluide
sanguin un réchauffement constant, de telle sorte que dans
cet appareil le sang veineux est plus chaud que le sang
artériel.
« 2° Le sang qui sort de l'appareil digestif par les veines
hépatiques est une source constante de calorification pour
le sang qui va au cœur par la veine cave inférieure. Nous
pouvons même ajouter, dès à présent, que c'est la princi-
pale ; car nulle part dans le système circulatoire le sang
n'est aussi chaud que dans les veines hépatiques, et nos
tableaux d'expériences montrent que chez les animaux les
plus vigoureux cette température peut atteindre 41°,6 cen-
tigrades.
« 3° Parmi les organes qui concourent au réchauffe-
ment du sang dans l'appareil digestif, le foie occupe le
premier rang; d'où il résulte que cet organe doit être
considéré comme un des foyers principaux de la chaleur
animale. »
M. Coste, en présentant l'atlas de son Histoire générale
400 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. [Août 1856.)
et particulière du développement des corps organisés, donne
une sorte d'analyse rapide des principaux résultats de ses
travaux sur cet important sujet.
Le même académicien donne des nouvelles de ses ex-
périences de pisciculture au bois de Boulogne.
M. M. Millier adresse de nouvelles Remarques sur la
réponse de M. Rouget présentée dans la séance du 30 juin
1856.
M. Marcel de Serres adresse une Note sur Z'Echinus livi-
dus de F Océan considéré comme une espèce perforante.
Dans cette note, l'auteur établit que certaines espèces
de Pholades et de Pétricoles sont perforantes dans des
localités et ne le sont pas dans d'autres, et il en conclut
qu'il peut en être de même de YEchinus lividus, qui n'a
jamais été observé dans des cavités pratiquées par lui
dans la Méditerranée.
TABLE DES MATIERES.
Page*.
E. Rousseau. — Dentition des Cétacés. 353
Puciieran. — Notices mammalogiques. 362
Duméril (Au g.). — Note sur les Reptiles du Gabon. 369
Bourguignat. — Aménités malacologiques. 378
Rohineau-Desvoidy. — Gale-Insectes de l'Olivier, etc. 387
Académie des sciences. 393
1MP. DU Mme Ve BOUCUARD-HUZARD , RUE DE l/ÉPERON, 5*
DIX-NEUVIÈME ANNÉE. — SEPTEMBRE 1856.
I. TRAVAUX INEDITS.
Note sur un nouveau genre d'oiseaux de l'ordre des
.Pigeons; par S. A. Monseigneur le prince Charles
Bonaparte (pi. xvm) (1).
« Depuis longtemps je désirais donner un témoignage
public de mon estime et de mon amitié au professeur
Serres, anatomiste, physiologiste et médecin, qui, après
avoir fondé l'enseignement de l'anthropologie au jardin des
Plantes et en avoir inauguré les galeries , siège si digne-
ment dans la première chaire scientifiquesde France, dans
celle des Blainville et des Cuvier.
« Je ne saurais trouver une plus belle occasion que la
dédicace, sous le nom de Serresius galeatus, du grand
Pigeon si éminemment caractérisé que les Kanacs des
Marquises désignent sous le nom d'Upe.
« Une membrane revêtue de plumes squamiformes, très-
dilatée sur la base du bec, à bords papilleux, et qui peut-
être se relève, durant la vie, en guise de caroncule, suffi-
rait seule, avec les tarses emplumés, à distinguer ce beau
genre Carpophagien de tous les autres. La taille de l'es-
pèce, qui, en grandeur, ne le cède que d'un tiers aux
Gourides, empêche aussi qu'on ne puisse la confondre
avec aucun des vrais Pigeons ïreromde ou Columbide.
(t) Nous avons annoncé, dans notre numéro de décembre 1855,
p. 593, que nous donnerions une figure de ce nouveau genre. Grâce
à l'obligeance du prince, nous pouvons la publier aujourd'hui, d'après
un magnifique dessin que S. A. a fait exécuter à cet effet.
2e série, t. vm. Année 1856. 26
402 rev. et mag. de zoologie. (Septembre 1856.)
« Sa grande taille et le singulier organe qu'il porte sur
le bec font que nous n'hésitons pas à lui assigner sa place
dans la série des Carpophagiens avant le genre Globicera ,
de manière à le constituer en chef de file de sa sous-fa-
mille. Malheureusement nous n'en possédons que la tête,
les pattes et une aile ; mais ces débris caractéristiques sont
suffisants à prouver que l'espèce est d'un bon tiers plus
forte que les plus grandes Muscadivom connues. Le bec
mesure 11/2 pouce, et ses doigts sont plus longs que ceux
du grand Goura couronné.
« Sa tête et la partie du cou qui l'avoisine sont d'un
fuligineux violâtre , moins foncé sur les joues , et beau-
coup plus clair sur le front ; les petites plumés serrées et
squamiformes qui revêtent la membrane rostrale sont
blanches; cette membrane en forme de feuille, et que l'on
peut comparer à la visière de certains casques , s'étend
sur les trois quarts du bec, qu'elle déborde de chaque
côté. Le bec est d'un noir mat. Les pieds sont d'un noir
bleuâtre , les tarses robustes et courts ; les doigts latéraux,
parfaitement égaux en longueur, dépassent fort peu le
pouce, très-développé, et n'atteignent qu'à l'ongle du doigt
du milieu : les longues plumes touffues qui recouvrent les
tarses plus bas sur les côtés et postérieurement sur le
devant sont noirâtres. Les ailes et la queue sont d'un vert-
bouteille très-foncé, chaque penne étant d'un noir mat
intérieurement", et entièrement fuligineuse en dessous : la
première rémige égale en longueur la sixième ; la seconde
ne dépasse pas la cinquième ; la troisième et la quatrième
sont les plus longues : toutes se montrent pleines et arron-
dies, quoique peu larges.
« Ce Pigeon, fort bon à manger, semble confiné à la
partie ouest de l'île de Noukahiva, appelée Fenua-taha
par les indigènes, et où les chasseurs ne pénètrent que
rarement. On a assuré à M. Jardin qu'il est plus fréquent
àOtahiti; mais j'ai peine à le croire, ne trouvant, du
reste, pas étonnant qu'un oiseau si remarquable ait un
TRAVAUX INÉDITS. 403
nom dans la langue d'un pays où on l'importerait seule-
ment. Nous avons en vain cherché notre Pigeon parmi les
nouvelles espèces de MM. Peale et Cassin ; la Carpophaga
lepida de ce dernier est, sans aucun doute, comme le
prouve son excellente description, notre Globicera rubri-
cera; mais les indications relatives à la planche et à Y ha-
bitat ne sont pas exactes. »
Quatorzième et dernière lettre sur l'Ornithologie de la
France méridionale; par le docteur J. B. Jaubert.
Lestris. — Le Stercoraire pomarin se montre quelque-
fois en Provence ; je possède deux individus capturés, à
long intervalle, sur notre rade : le premier est un jeune,
pris en hiver; le second, en livrée d'adulte, vint s'abattre
au mois de juin 1851 sur la plage du Prado, où il se laissa
prendre avec la main. Le L. cepphus (L. Richardsonnii de
Temm., Gresp. et Bout.) se montre plus souvent sur nos
côtes, où on l'a tué dans ses diverses livrées... M. de
Montvallon en possède plusieurs exemplaires capturés sur
l'étang de Berre.
On m'a affirmé que le L. catarrhactes [Catarracta sknn,
Brunn) aurait été vu près de Montpellier; non-seulement
je n'ai aucune preuve de la chose , mais encore je puis
supposer qu'on l'aura confondu avec quelque espèce
voisine.
Puffinus. — Les P. cinereus et P. obscurus sont très-
nombreux, au printemps et en été, sur tout notre littoral...
Ces oiseaux se prennent, à cette époque , dans les filets
tendus aux Sardines, et j'ai vu des pêcheurs en rapporter
de pleines corbeilles; ils vivent en mer, toujours loin des
côtes, et ne se reposent que sur les rochers escarpés de
nos petites îles : c'est là que quelques couples déposent
leurs œufs dans les crevasses et les trous de Lapins, en
compagnie du Thahissidrome tempête.
40k rev. et mag. de zoologie. (Septembre 1856.)
Je ferai remarquer, au sujet de la seconde espèce, que
c'est bien le P. obscurus et non le P. Anglorum, comme le
disent les auteurs, que nous rencontrons en Provence
Je ne sais sur quels caractères reposent les espèces ou
races douteuses P. Kuhlii, Boie, et P. Yelkocm ; mais
notre espèce se distingue nettement par des teintes bien
plus claires en dessus et par une taille un peu plus forte
que celle du Manks... Il est, en outre, caractérisé par les
couvertures inférieures de la queue, qui, toutes, sont
blanches, tapirées de brun. Je ne puis donner ici la mesure
exacte de cet oiseau, mais il est bien certain qu'il y a er-
reur chez M. Degland, qui ne donne que 27 centimètres à
l'oiseau à teintes plus claires en dessus (Puff. obscurus),
tandis que l'autre en mesurait 35... Notre oiseau est plus
fort que celui que nous recevons du Nord , c'est donc lui
qui mesure 0m,35 (1).
Thalassidroma. — Le Thalassidrome tempête est dans
le même cas que les deux Puflins de l'article précédent :
c'est un oiseau très-commun chez nous en été, et que per-
sonne ne voit... Il faut, pour le connaître, l'aller dénicher,
dans les rochers qui lui servent d'asile, à l'époque de l'in-
cubation; c'est là qu'on le rencontre par milliers, et cha-
que anfractuosité, chaque trou un peu profond contient
quelquefois plusieurs couples et leurs œufs : ceux-ci sont
ordinairement au nombre de deux. Le Th. de Leach se
montre accidentellement en Provence ; il vient quelquefois
sur notre marché, où l'espèce précédente n'est jamais ap-
portée : cela tient, sans doute, à ce que le Th. de Leach
habite moins la haute mer et qu'il vient se faire tuer sur
nos côtes. Il y a quelques années, un chasseur de Mari-
gnane en abattit plusieurs sur les bords de l'étang de
(1) Je me bornerai à rappeler ici ce que j'ai dit ailleurs d'un Pétrel
damier capturé à Hyères... C'est un oiseau qui est dans les mômes
conditions que les Diomeda exulans et D. chlororliynchos dont parle
TRAVAUX INEDITS. 405
Berre. On m'a signalé le Th. de Wilson comme ayant été
capturé près de Montpellier : quelle que soit la foi que
j'ai en de pareilles assertions, je n'oserais, sans autre
preuve, en prendre sur moi la responsabilité.
Alca. — L'Alca tarda , très-commune en janvier et fé-
vrier, nous quitte en mars, époque à laquelle les vieux
seulement paraissent avoir déjà pris leur robe de prin-
temps.
Uria. — Les Guillemots sont des oiseaux du Nord que
personne encore n'avait signalés dans le midi de la
France... Le 26 février 1853, pour la première fois, j'en
trouvai cinq ou six sur le marché de Marseille; c'était
XUr. Troïle, tué sur l'étang de Berre : deux de ces oiseaux
étaient en livrée complète de noces, un seul en demi-
livrée, et les deux ou trois autres avec leur plumage d'hi-
ver... Un de ceux-ci présentait, sur les côtés de la tête, la
ligne blanche caractéristique de XUr. Ringvia; c'était le
seul !
Mormon. — M. urcticus nous visite en hiver et au prin-
temps. Cet oiseau est toujours rare dans nos parages et s'y
montre isolément ; il est même probable que son passage
est accidentel.
Colymbus. — Nos trois espèces européennes se mon-
trent, en Provence, plus communément sur nos étangs
qu'en pleine mer... Nous ne les voyons guère, au reste,
qu'en hiver. L'Imbrim [C. glacialis) y est infiniment plus
rare que les autres.
Podiceps. — Je trouve dans le livre de M. Degland ,
t. II, p. 505, cette phrase, concernant le P. cornutus :
« Un sujet, provenant d'Islande, que je possède est sensi-
« blement plus fort dans toutes ses parties que ceux tués
« en France. » Cette observation confirme et résume ce
que j'avais à dire moi-même... En admettant les deux
races (je ne puis croire qu'il y ait matière à espèce) cornu-
tus et arcticus, qui se distinguent, en effet, par des diffé-
rences de taille et non de colorationf c'est à la plus petke
406 rev. et mag. de zoologie. (Septembre 1856.)
des deux que nous avons affaire, évidemment , en France.
Nos sujets, jeunes presque tous ou en livrée incomplète,
ne se distinguent de ceux du Nord que par un bec moins
fort , car il est impossible, sur des peaux , de déterminer
la taille exacte des individus. x\dmettons donc deux races,
si l'on veut, et deux noms : Cornutus pour la plus petite,
pour la méridionale, et Arcticus, dénomination certaine-
ment faite pour des sujets du Nord.
Le P. lonrjirostri* est une belle et bonne espèce dont ,
seulement, je ne garantis pas la présence en Sardaigne...
Un peu supérieur en taille au P. cristatus, il a le bec plus
long que le tarse et légèrement recourbé en haut , mesu-
rant de 70 à 76 millimètres, suivant l'âge des individus. —
L'adulte est noir en dessus, blanc en dessous ; tête et der-
rière du cou d'un noir profond et lustré ; joues et gorge
d'un cendré noirâtre, celle-ci terminée, en bas, par une
cravate noire ; devant et côtés du cou , jusqu'à la hauteur
des ailes, d'un roux très-foncé en haut, plus clair en bas;
bec et tarses brun noirâtre : telle est la livrée de noces.
— Le jeune, tel qu'il est décrit, a toutes les parties supé-
rieures brunes, toutes les parties antérieures blanches ;
c'est l'analogue du P. cristatus au même âge ; on remarque
seulement , en haut et sur les parties du cou, les indices
de la coloration rousse assez bien prononcée... Cet oiseau
a beaucoup de rapports avec le P. rubricollw; aussi me
paraît-il évident que cette livrée du jeune, donnée par
Ch. Bonaparte et par Degland, est plutôt une livrée de
transition, tandis que l'oiseau véritablement jeune ne doit
présenter aucune trace de couleur rousse. Les sujets sur
lesquels j'ai pris ces deux descriptions font partie des col-
lections de la ville sous le nom de Grèbe..., tout court,
sans indication de localité!... Leur préparation ne laisse
aucun doute sur une origine exotique.
TRAVAUX INÉDITS. 407
A monsieur le rédacteur en chef de la Revue de Zoologie.
Gréouk, 2 juillet 185G.
Monsieur,
Après avoir si longtemps abusé du bienveillant accueil
que vous avez fait à mes observations ornithologiques, je
vous demanderai la permission d'en profiter encore pour
revenir, aussi brièvement que possible, sur quelques-unes
des questions les plus intéressantes et ajouter quelques
remarques à celles déjà faites.
Deux mots , d'abord , en réponse à deux lettres de
M. Gerbe. Je répéterai à l'auteur, au sujet de la première
(Revt zooL, p. 349, 1854), que je ne puis considérer des
espèces évadées d'un jardin zoologique ou de tout autre
lieu, des espèces dont l'origine est au moins douteuse,
comme plus intéressantes (je maintiens le mot) que cer-
taines autres dont l'apparition , quoique consignée dans
des travaux antérieurs, e6t loin d'avoir été expliquée, dont
la synonymie n'est pas éclaircie, dont la description est à
faire, dont les migrations sont encore un problème, etc.;
mes répugnances à admettre les premières parmi les
oiseaux d'Europe me paraissent légitimes. Plus loin,
M. Gerbe m'attribue, bien gratuitement ce me semble,
l'intention de faire de YAnas formosa un hybride : la
phrase reproduite * et qui ne suit pas immédiatement ce
que j'appellerai volontiers un fiors-d œuvre, ne saurait être
que la conclusion des deux ou trois paragraphes précé-
dents, et n'altère en rien la bonne opinion que je puis
avoir sur le compte de cet oiseau ; en le mettant en qua-
rantaine, je l'ai simplement condamné, comme le prince
Ch. Bonaparte, à faire valoir ses droits de cité
J'ai certainement commis une erreur en prenant les
synonymes d'Aq. rapax pour des noms de Fringilles....,
C'était de la préoccupation, quelque chose de plus si l'on
veut!... mais là n'était pas le point capital, quoique nous
408 kev. et mag. de zoologte. (Septembre 1856.)
eussions un pied dans la question. M. Gerbe paraît tenir
à son Aigle; cependant je ne suis point encore revenu de
mon étonnement, je l'avoue, en le voyant trouver dans
mes preuves, prétendues insuffisantes, une confirmation de
ce qu'il avait dit lui-même. Abstraction faite, bien en-
tendu, d'un errata qui saute aux yeux (1) et qui n'est
qu'un simple lapsus sans importance, je n'avais rien de
plus fort à donner, comme preuve, que la description
prise sur l'oiseau lui-même. Je renverrai donc à l'auteur
l'accusation d'assertion hasardée, en l'invitant à relire sans
préoccupation le passage cité Comment M. Crespon,
en parlant de Y Aigle impérial qu'il a vu chez M. Barthé-
lémy, aurait-il pu avoir sous les yeux un Aigle ravisseur
que ne possédait pas alors notre musée? Comment
M. Crespon, s'il eût eu devant lui un Aigle ravisseur, au-
rait-il vu et décrit des scapulairet blanches? Au reste, cou-
pons court à cette discussion ! M. Crespon, avec une pho-
tographie et une description qu'il m'adresse [In litt.,
26 mars 1855), conclut, avec moi, à l'identité de son sujet
et de celui du cabinet d'Arles. Il eût été difficile à
M. Gerbe, ayant cet oiseau sous les yeux, de le confondre
avec YAq. rapax..., sur lequel je n'ai pas dit mon dernier
mot.
Pourquoi n'avoir pas formulé une condamnation contre
Aq. Barthelemyi , que les uns nient et que les autres réu-
nissent bravement au Chrysaëtos, heureux peut-être de
trouver un caractère spécifique à une espèce à laquelle
personne ne croit?... Quelles sont les raisons qui font
rejeter Aq. Barthelemyi?... Est-ce qxiAq. fulvus est un
Aigle à scapulaires? Et parce que quelques individus en
mue auront perdu, en totalité ou en partie , ces quelques
plumes, devrons-nous n'accorder aucune importance à ce
caractère? Comment expliquer la présence si fréquente
(1) Restituez à Aq. rapax les mots tué à Tunis, et à Aq. heliaca
ceux tué à Arles.
TRAVAUX INÉDITS. ^09
de cet oiseau sur certains points alors qu'on ne le ren-
contre jamais ailleurs?... Une seule objection possible se
présente à l'esprit ; c'est qu'il en serait de l'Aigle royal
comme d'une espèce voisine chez laquelle on a ignoré
jusqu'à ce jour l'existence de scapulaires blanches; je
veux parler de YAq. Bonelli, qui, à tous les âges, présente,
à la naissance de l'aile, un petit bouquet de plumes blan-
ches plus apparentes quand elles tranchent sur la livrée
fauve du jeune , mais très-faciles à trouver aussi chez
l'adulte : cette particularité ayant passé inaperçue chez
celui-ci pourrait avoir été oubliée chez l'autre!... A ceci
je répondrai que le Bonelli est un oiseau connu depuis
peu ; que ce caractère est peu apparent, surtout quand il
existe sur la livrée adulte. Sur quatorze A. Bonelli que j'a.i
sous les yeux, un seul est totalement privé de ces scapu-
laires et un autre ne les possède que d'un seul côté ; le
premier était un oiseau mort en captivité, le second dans
une livrée de transition et en mue : partant, où se trouve
le Bonelli, il se présente avec ce caractère. Nous avons
gardé en volière des Aq. fulvus et des Aq. Barthelemiji ;
les premiers n'ont jamais présenté la moindre plume
blanche à l'épaule, et, si les seconds les ont quelquefois
perdues, ce n'a été que pendant un temps très-court, pen-
dant le temps de la mue. Cette observation, renouvelée
pendant plusieurs années sur un certain nombre de sujets,
jointe aux considérations déjà énumérées, nous parut suf-
fisante pour voir dans cet Aigle une espèce distincte!!!...
Dans une autre lettre [Rev. zool., p. 461, 1855), M. Gerbe
réfute avec plein succès, je le confesse cette fois, les rai-
sons sur lesquelles je m'appuyais pour l'admission d'une
espèce que M. ("aire me signalait depuis longtemps comme
bien différente de la Calamoherpe palustris. Si j'avais à
soutenir ici ma première opinion, et toute mauvaise cause
peut se plaider, je ferais observer à M. Gerbe qu'en par-
lant des auteurs allemands je ne pouvais guère faire allu-
sion à M. Degland ; que ce n'était pas de sa description
410 rev. et mag. de zoologie. (Septembre 1856.)
qu'il s'agissait, mais bien de celle de Temminck, qui don-
nait de cet oiseau une diagnose et des mœurs s' éloignant
de ce que nous en savions ! Je me borne cependant à
m'accuser d'un peu trop de précipitation , d'un peu trop
de confiance, et d'avoir conclu sur des matériaux évidem-
ment insuffisants. M. Caire lui-même, de qui j'étais en droit
d'attendre, après la réfutation de M. Gerbe, les pièces du
procès, a mis à ne pas me les communiquer une lenteur
par trop significative; j'avais, au reste, été édifié par
quelques échantillons venus d'Allemagne, parmi lesquels
il était facile de reconnaître, en livrée d'automne, l'oiseau
que nous ne rencontrons ici qu'au printemps : ces mêmes
conditions se présentent, sous nos yeux, chez quelques
espèces voisines, notamment chez la C. turdoïdes, dont
fourmillent nos marais. Je compte sur l'amitié de l'abbé
Caire pour endosser, en partie, la responsabilité de cette
faute, et sur M. Gerbe pour faire oublier un nom qui n'au-
rait jamais dû être prononcé.
Je vous demande, monsieur le rédacteur, la permission
d'ajouter quelques mots en supplément à ce que j'ai déjà
dit :
— En octobre 1855 fut tué, près de Grenoble, un Faucon
que l'on m'envoya sous le nom de F. peregrinus; c'était
un jeune F. lanarius dont je constate pour la première
fois la présence dans le midi de la France. Cette livrée de
jeune ressemble à la livrée correspondante du Pèlerin :
elle s'en distingue cependant par la disposition des taches
des parties inférieures, qui sont plus larges et moins nom-
breuses, sur un fond plus clair; par l'étroitesse des mous-
taches; par la coloration plus claire du derrière de la tête.
Il me paraît bien difficile de confondre cet oiseau lors-
qu'on a sous les yeux ou dans la mémoire les diverses
livrées du Pèlerin.
— La vue d'un Gypaète vivant que possède le jardin zoo-
logique de Marseille me rappelait , il y a quelques jours ,
à l'esprit une opinion que j'avais entendu émettre sur la
TRAVAUX INÉDITS. 411
coloration roussûtre des plumes de cet oiseau : chacun
sait que, lorsqu'il est adulte ou qu'il porte une livrée usée,
ses plumes du cou, et même de la poitrine, sont d'un roux
quelquefois très-vif; on m'avait dit que cette coloration se
perdait en partie par le lavage , ce qui laissait supposer
qu'elle était due à la couleur de certaines terres ou de
certains rochers sur lesquels se frotte et se roule l'oiseau...
Cette opinion paraît confirmée par l'absence de ces teintes
chez les individus captifs, où le blanc apparaît avec à peu
près toute sa pureté.
N'est-ce pas un fait analogue à celui que nous obser-
vons chez notre Catharte, dont l'instinct est de se vautrer
sur les immondices dont il fait sa nourriture, et qui, ne
pouvant, en cage, satisfaire ce besoin, y prend une livrée
d'un blanc quelquefois très-pur ?
— J'ai sous les yeux le dessin d'un Accipiter nisus com-
muniqué par M. de Sinetty, qui possède cet oiseau : c'est
un jeune mâle dont la tête est ornée d'une véritable huppe
composée de longues plumes blanches maculées de brun
à leur extrémité et disposées comme elles le sont chez
YUpupa epops, se relevant à volonté sous l'impression d'un
sentiment d'effroi ou de courroux. Cette anomalie, con-
statée dernièrement aussi sur une Perdrix rouge tuée dans
les environs de Gréoulx , s'observe rarement chez les es-
pèces sauvages : quoique curieux, ce fait a, sans doute, sa
raison d'être dans les mêmes causes qui amènent cette
particularité chez nos espèces domestiques.
— La peine que j'ai toujours eue à distinguer le Strigi-
ceps cyaneus femelle de la femelle du Striyiceps etnerascens,
jointe à la difficulté de trouver des caractères distinctifs
dans la coloration de ces deux oiseaux, me détermine à
placer ici en parallèle la forme de l'aile comme moyen de
les distinguer :
412 rev. et mag. de zoologie. (Septembre 1856.)
STRIGICEPS CINERASCENS.
STRIGICEPS CYANEUS.
La lre rémige égale les 2/3
de l'aile et égale presque
la 7e;
La 2e un peu plus courte
que la 5e;
La 3e et la 4e les plus lon-
gues.
La lre rémige égale à peu
près la 6e ;
La 2e plus courte que la 3e ;
La 3e la plus longue;
La 4e plus courte que la 3%
moins que la 2e ;
La 5e beaucoup plus courte
que la 2e.
L'aile du premier est donc beaucoup plus arrondie que
celle du second.
— Devons-nous faire de notre Mésange des Alpes une
espèce distincte de la Borealis , comme finit par le croire
M. Bailly, de Genève?... J'aurais bien voulu me faire, à
ce sujet , une opinion ; mais la chose me paraît aujour-
d'hui presque impossible, grâce à l'inondation qui, du
haut de nos Alpes, pénètre fort avant, sans doute, vers les
régions du Nord. Comment ne pas se décourager devant
toutes ces dépouilles venues de si loin , dans lesquelles il
est si facile de reconnaître la main qui les a préparées!...
Le commerce, nous le savons, tire son bien d'où il peut ;
c'est à nous de nous méfier de toutes ces facilités d'échan-
ges, au milieu desquels la probité scientifique la plus ro-
buste peut si facilement faire naufrage!
Une particularité que je n'ai point encore vue signalée
est l'existence, chez cet oiseau , qui vit chez nous sur les
mélèzes et les sapins, d'une couche de résine qui recouvre,
eu hiver, ses tarses et ses doigts... La patte est ainsi enve-
loppée d'une croûte épaisse qui semble la protéger contre
les rigueurs de la saison ; l'oiseau s'en débarrasse en. effet,
ou bien elle tombe d'elle-même, à l'approche du prin-
temps.
— S'il ne m'est rien permis de dire sur les caractères
distinctifs de notre Mésange boréale, en admettant qu'il en
existe, au moins signalerai-je, en passant, quelques diffé-
TRAVAUX INÉDITS. 413
rences chez une espèce voisine, Parus palustris, que nous
n'observons chez nous que de passage. Cet oiseau nous
visite en octobre et d'une manière irrégulière ; il fréquente
les coteaux escarpés recouverts de bois bas : les rares in-
dividus que j'ai pu me procurer m'ont paru sensiblement
plus forts que ceux que j'avais reçus du Nord, plus cen-
drés sur les ailes et la queue, avec les flancs et les sous-
caudales plus blancs... Est-ce simplement une différence
de localité, ou bien faut-il y voir encore une espèce? La
seconde de ces trois propositions est la seule que j'adopte
pour le moment ; la seule qui soit applicable , selon moi ,
à la P. borealis, la seule que j'eusse peut-être dû admettre
à l'endroit de cette Calamoherpe , aussi peu palustris que
notre Nonnette.
— En parlant de YHirundo rufula, j'ai commis une er-
reur que je ne saurais laisser passer. Tout ce que j'ai dit
d'une prétendue livrée de jeune est à détruire... Ma des-
cription, si toutefois elle se rapporte à un jeune, appar-
tient plutôt à la Melanocrissus qu'à tout autre. Quant à la
rufula de Temminck, qui est la seule dont nous ayons à
nous occuper, c'est un oiseau assez mal connu, ressem-
blant beaucoup à la daurica, Linn., dont elle se distingue
cependant par des stries beaucoup plus fines , un collier
plus large et une queue moins longue... Voici, d'ailleurs,
sa description, prise sur le sujet que je possède : dessus
de la tête, dos et ailes noirs ; région entre le bec et l'œil
gris brun; un vestige de sourcils et région des oreilles
fauves, avec quelques stries brunes, le fauve se réunissant à
un collier très-étroit en dessus ; croupion, en dessus, fauve
jaunâtre terminé de blanchâtre , avec les couvertures su-
périeures de la queue noires ; celle-ci très-fourchue, noire,
avec ou sans tache blanche sur la rectrice externe, qui
forme, de chaque côté, un brin plus ou moins long, sui-
vant les individus. Dessous du corps et couvertures in-
férieures des ailes blanc lavé de roussâtre clair, qui
devient plus marqué vers les flancs et surtout à la région
414 rev. et mag. de zoologie. (Septembre 1856.)
de l'anus, où il se fond , sur les côtés, avec les teintes du
croupion ; toutes les plumes du dessous du corps ayant le
rachis marqué d'une strie noirâtre très-fine; couvertures
inférieures de la queue comme celles du ventre, ayant seu-
lement leur moitié terminale noir-acier; bec noirâtre;
pieds cornés ; le pouce et l'ongle médiocres, presque aussi
longs que le tarse : le mâle et la femelle ne diffèrent pas.
Longueur totale. . . . 0,16 1/2 à 0,17
Ailes fermées 0,11 1/2 à 0,12 1/2
Queue 0,10 à 0,12
Tarses 0,14
Pouce 0,06 1/2
Ongle du pouce. . . . 0,06 1/2
M. de Selys-Longchamps, à qui je dois de précieux ren-
seignements sur le groupe des Hirondelles à croupion roux,
me paraît hésiter, et avec raison, à rattacher cette espèce
à la daurica de Sibérie et même à Yalpestris de Pallas
Adoptant le système des races de Schlégel , il aurait un
grand groupe daurica composé des variétés :
A. H. striolata, Schlég. — Java.
B. japponica, Schlég. — Japon.
Q. alpestris, Pallas. — Sibérie.
]). daurica, Linn. — Sibérie.
E. rufula, Temm. — Eur. mérid., Asie, Afrique.
F. melanocrissa, Rupp. — Abyssinie.
G. hyperytra, Layard. — Ceylan.
Nous constaterons ici que les espèces intermédiaires
ont beaucoup d'analogie; quant aux extrêmes, les diffé-
rences qui les caractérisent sont bien tranchées déjà et ne
laissent aucun doute dans l'esprit.
— Au sujet du Turdus Naumanni (Naumann, lab. 68),
je ferai remarquer que l'oiseau représenté fig. 1 est plutôt
un jeune qu'un adulte ; il ressemble , en effet , beaucoup
au sujet capturé dans les environs de Marseille, quoiqu'on
ne distingue pas nettement chez lui les teintes rouge
orangé de la queue et du croupion que présente le nôtre.
TRAVAUX INÉDITS. 415
Quant à la fig. 2 de la même planche représentant un
jeune, je la trouve conforme à la description de ïadudr
des auteurs et le considère comme tel. La planche sui-
vante représente deux âges du Turdus Bechsteinii [T. atri-
(jultuis, Tenim.) : Yadulte m'est inconnu; quant au jeune,
j'ai décrit sous ce nom, et comme se trouvant quelquefois
en Provence, une livrée peu conforme à la fig. 2... Les
couleurs foncées de la poitrine et des ailes données par
Naumann éloigneraient cet oiseau du nôtre, dont les teintes
sont très-pàles. Je ne puis mieux dépeindre nos jeunes
qu'en les comparant à certaines femelles blafardes du
Merle noir chez lesquelles toutes les parties inférieures se-
raient blanchâtres.
— J'ai vu, il y a quelques mois, chez M. Loche , une
Phyllopneusle à qui le nom de cinerea serait parfaitement
applicable, s'il m'était démontré que nous n'avons pas
affaire à quelque espèce exotique, et si je ne commençais
à mettre en doute certaines assertions de notre capitaine-
chasseur, qui prétend aussi l'avoir tuée dans les environs
de Montpellier. Sa taille est celle du Ph. silvicola [P. si-
bilatrix) ; les parties supérieures sont d'un cendré brun
sans aucune teinte verdâtre ; les parties inférieures d'un
blanc assez pur, légèrement ombré vers la poitrine et les
flancs; le sourcil étroit, peu étendu et blanchâtre; les
tarses et le bec bruns , celui-ci un peu comprimé sur les
côtés et plus grêle, quoique aussi long. L'aile mesure
0m,070, la queue 0m,053 : chez la P. sibilatriœ, la première
serait un peu plus longue, celle-ci un peu plus courte ; la
différence dans les rapports des rémiges fait que l'aile de
cet oiseau est plus arrondie, moins pointue, par consé-
quent, que celle de la sibilatriœ. Ses teintes générales le
rapprochent de la Ph. Eversmanni , dont il se distinguera
toujours par une taille bien plus forte.
— UEmberiza rustica , que je décrivais (Rev. zool.,
p. 223, 1833) comme adulte, est une livrée obtenue en
416 rev. et mag. de zoologie. [Septembre 1856.)
volière dont j'avais signalé le fâcheux état de conserva-
tion : au lieu de la ligne blanche qui, d'après les auteurs,
occupe à cet âge le milieu de la tête, je n'avais remarqué,
chez notre sujet, qu'un très-petit espace blanc, à peine
sensible, vers la nuque...; mais, comme l'oiseau était en
mue et qu'une partie du crâne était à nu , j'avais hésité à
consigner le fait , d'autant plus qu'un sujet vivant que
j'avais vu quelques jours auparavant chez M. G., et d'un
peu loin, m'avait paru posséder cette raie blanche... Aussi
avais-je pris un terme moyen, en disant que l'espace blanc
qui occupe le centre de la nuque s'avançait jusque vers le
milieu de la tête! Mais je possède aujourd'hui deux de ces
oiseaux venant du nord de la Russie, évidemment adultes,
identiques à notre type local , sans ligne médiane sur la
tête... C'est à peine si à l'occiput se montre un petit espace
blanc circonscrit par le noir du vertex et le roux de la
région postérieure du cou ; l'un d'eux présente cependant
quelques indices de blanc sur le bord usé de quelques-
unes des plumes médianes... Nous conclurons de ceci
que la livrée de YEmb. rustica mâle, au printemps, pré-
sente cette raie blanche dont parlent les auteurs, comme
nous l'avons observé chez le sujet de M. G., et que, en
avançant dans l'été , ce caractère disparaît par le frotte-
ment des plumes; la livrée complètement usée des deux
types du nord de l'Europe qui n'en présente plus trace
m'indique une époque avancée de l'année, et c'était en
mue d'automne que mourut celui du musée. A cet âge, le
blanc de la gorge qui s'avance sur les côtés du cou ne se
confond pas, comme je l'ai dit, avec le blanc de la raie sour-
cilière ou de la nuque; les deux sourcils sont parfaitement
distincts et isolés. De pareilles erreurs sont faciles quand
on a sous les yeux d'aussi mauvaises préparations ! C'est
ainsi que je relèverai encore une fausse indication au
sujet de la queue : la seconde rectrice latérale présente,
dans ses deux tiers inférieurs, une ligne blanche assez
TRAVAUX INÉDITS. 417
large qui suit le bord interne de la baguette, comme
chez les autres Bruants; la queue, telle que je l'avais in-
diquée, appartient au jeune en automne.
Veuillez agréer, etc.
J. B. Jaubert.
Note sur les reptiles du Gabon, par M. le docteur Aug.
Duméril, aide-naturaliste au Muséum d'histoire natu-
relle, professeur agrégé à la faculté de médecine de
Paris. (Voir 1856, p. 369.)
Crocodiliens. — Les eaux du Gabon nourrissent un
Crocodile remarquable par l'allongement ainsi que par le
peu de largeur du museau, et que Bennet, par ce motif, a
nommé Cr. leptorhynchus, puis M. Gray faux Gavial. Un spé-
cimen venant de cette contrée, acquis en 1854, est tout à fait
identique à un autre sujet, originaire de l'île de Fernando-
Po, et donné au Muséum par la Société zoologique de
Londres. L'un et l'autre ont une taille de lm,50 environ.
Cette espèce paraît être vraiment distincte du Cr. à nuque
cuirassée [C. cataphractus), Cuv. Il existe cependant, sur
ce point, quelques difficultés que j'ai signalées (1er Mém.
sur les Bept. nouv. ou peu connus du Mus. de Paris; Arch.
du Mus., t. VI, p. 252). — Deux jeunes sujets du Croco-
dile vulgaire ont été envoyés par M. Aubry.
Caméléoniens. — Plusieurs de ces singuliers Beptiles,
si nombreux dans l'Afrique australe et à Madagascar, vi-
vent sur la côte occidentale du continent africain et y re-
présentent des espèces particulières. Ce sont les suivan-
tes : Ch. sencgalensis, Cuv.; Ch. tricornis, Gray; Bibroni,
Martin [car. prœced.?)', cristatus, Stutchburry, de l'île de
Fernando-Po ; ces trois derniers manquent à nos collec-
tions ; puis Ch. gracilis, Hallowell, originaire de Libéria et
décrit par ce zoologiste (Proceed. Acad. Pkilad., 1841, 1. 1,
p. 111, et Journ. of the Acad., 1842, t. VIII, part, n, p. 324,
2e sérib. t. vin. Année 1856. 27
418 rev. et mag. de zoologie. (Septembre 1856.)
pi. xviti) : nous l'avons reçu par ses soins ; enfin Ch. di-
lepis , Leach , dont la zone d'habitation paraît assez éten-
due, et qui a été trouvé au Gabon par le zélé correspon-
dant du Muséum.
— Les autres Sauriens qu'il a fait parvenir ne sont pas
nombreux, mais ils offrent tous de l'intérêt , soit au point
de vue de la géographie zoologique, soit à cause de la
rareté des espèces. J'ai déjà parlé du Varan du NU, dont
la présence au Gabon confirme ce fait que l'espèce se
rencontre dans les régions les plus opposées de l'Afrique,
puisque, outre les exemplaires égyptiens, le Muséum a des
individus recueillis au Sénégal, sur différents points de la
côte occidentale et au cap dé Bonne-Espérance. C'est de
ce dernier point que le Chalcidien ptychopleure, nommé
par Wiegmann Gerrhosaurus flavigutaris, aVait été adressé
à diverses reprises, mais nous savons à présent qu'il vit
également dans le Gabon. On y rencontre aussi deux beaux
Scincoidiens trouvés d'abord à Libéria, et que M. Hallo-
well a nommés Euprepes Blûndingii et E. striata [Proceed.
Acad. Philad., t. II, p. 58, 1844, et t. VII, p. 98, 1854).
Les échantillons de ces deux espèces donnés par l'Aca-
démie sont identiques à ceux que M. Aubry nous a en-
voyés.
Les collections de ce dernier renferment un autre Scin-
coïdien serpentiforme que le zoologiste américain a fait
connaître dans ses descriptions des Reptiles de Libéria
{Proceed. Acad. Philad., avril 1852, t. VI, p. 64). Il y est
nommé À confias elegans, mais je dois faire observer que cette
espèce, très -remarquable, n'est pas un véritable Acontias,
et je la considère comme étant le type d'un genre nou-
veau. Si, en effet, on prend pour point de départ de la
classification des Scincoidiens les caractères fournis par
les yeux, ainsi que mon père et Bibron l'ont nettement
formulé dans le t. V de leur Erpét. gêner., p. 532-537, et
dans le tableau synoptique où se trouve résumé leur mode
de classement, il faut tenir conlpte tout d'abord de la dis-
TRAVAUX INÉDITS. 419
position de ces organes. Ainsi, la peau les recouvre-t-elle
de façon à les cacher complètement , de même que chez
les Serpents aveugles , ce sont , en raison de cette analo- .
gie, des Typhlophthalnw, tandis que ce sont des Ophioph-
thalmes si, comme chez la plupart des Ophidiens, l'œil
est placé sous une paupière unique et transparente. 11
convient, enfin, de réserver la dénomination de Sauroph-
thaluic* aux espèces, beaucoup plus nombreuses, dont les
yeux ont généralement deux paupières, mais quelquefois
une seule, l'inférieure, qui est ou transparente ou opaque.
C'est précisément à cette dernière catégorie que les Acon>-
tias appartiennent. Leur paupière unique peut à peine
recouvrir l'œil , dont le volume n'est pas considérable, et
qui se présente sous l'apparence d'une fente horizontale.
Chez l'animal nouveau, il est parfaitement circulaire, pro-
tégé par une écaille transparente et non par une paupière
mobile ; ce Saurien est donc analogue , par cela même ,
aux Ophiophthalmes. Il diffère, d'ailleurs, des Acontia*,
ainsi que M. Hallowell lui-même l'a indiqué, par la lon-
gueur proportionnelle de la queue et par la direction du
sillon postérieur des narines, qui est courbe au lieu d'être
prolongé directement en arrière.
La ressemblance la plus remarquable entre le Scincoïdien
dont il s'agit et l'Acontias consiste dans l'absence com-
plète des membres; mais l'étude attentive des Sauriens
apodes ou à membres mal conformés montre tant de mo-
difications dans le nombre et dans la disposition de ces
organes, qu'on doit considérer les différences qui en ré-
sultent seulement comme des caractères secondaires. Il
importe , au reste > de noter que , parmi les Ophiopthal-
mes, celui qui nous occupe est le seul dont les pattes aient
complètement disparu. Il représente donc un genre nou-
veau dans ce groupe, où sont compris (Erpét. génér., t. V,
p. 806-830) deux genres à quatre membres , Àblépharc et
Gi/miio)>h(h«lni(>, puis trois genres munis seulement d'ap-
pendices pelviens mal conformés remplaçant, d'une façon
420 rev. et mag. de zoologie. (Septembre 1856.)
très-imparfaite, les véritables pattes : Lériste, Hystèrope et
Lialis.
Je propose de nommer et d'exposer la caractéristique
de ce nouveau genre ainsi qu'il suit :
Anélytrops (1), A. Dum. Genre nouveau.
Pas de vestige de paupières; pas de membres; narines laté-
rales percées dans la rostrale, à sillon courbe dont la conca-
vité est dirigée en bas et en avant; palais non denté , à rai-
nure longitudinale; dents coniques; langue en fer de flèche,
squammeuse, faiblement échancrée à sa pointe; écailles lisses;
pas de pores préanaux.
Anélytrops élégant, Anélytrops elegans, A. Dum. [Àcon-
tias elegans, Hallowell), pi. xxii, fig. 1, 1 a, 1 b, 1 c et 1 d.
Je renvoie , pour les détails , à la description donnée
par le savant zoologiste américain et à la figure très-exacte,
accompagnée de détails , que j'ai fait dessiner sur la
pi. xxii ; on y trouvera toutes les particularités relatives
aux plaques de la tête et aux écailles, dont je* compte
vingt-trois rangs longitudinaux, tandis que M. Hallowell
en indique seulement vingt; mais leur disposition, comme
on peut le voir sur les figures 1 a et 1 c, implique néces-
sairement la présence d'un nombre impair. Je trouve , en
outre , deux plaques anales. Je dois, enfin, signaler le
sillon longitudinal du palais non mentionné par ce natu-
raliste, et ce fait que c'est la troisième plaque labiale et
non la deuxième qui monte jusqu'à l'œil. — Le spécimen
dû à M. Aubry est unique.
— En terminant l'énumération des Scincoïdiens rap-
portés en France par cet habile explorateur du Gabon , il
me semble opportun de signaler un autre Saurien de
cette famille également originaire de la côte occidentale
d'Afrique et compris dans une collection de Reptiles du
(1) De ehvlçov, enveloppe, paupière; de îkJ,, œil, et de ci priva-
tif; dénomination destinée, comme celles de Gymnophthalme et
d'Abléphare, à rappeler la nudité de l'œil et l'absence de paupières.
TRAVAUX INÉDITS. 421
Sénégal offerte au Muséum par M. le docteur Guyon. C'est
un Saurophthalme analogue aux Seps, à quatre membres
peu développés, surtout les antérieurs; il offre, dans
la différence du nombre des doigts à l'une et à l'autre
paire de pattes une combinaison particulière , qui ne me
paraît pas avoir été observée jusqu'à ce jour. Le tableau
synoptique inséré dans YErpét. gêner., t. V, en regard de
la p. 537, permet de saisir dans une vue d'ensemble ces
variations nombreuses , mais constantes pour chaque
genre. J'en ai moi-même fait connaître une nouvelle [Cal.
Jlept. Mus. de Paris, p. 185), et qui consiste dans la pré-
sence de trois doigts en avant, tandis que les membres
postérieurs n'ont pas de divisions digitales. J'ai nommé
ce Scincoïdien, recueilli dans la ïasmanie par M. J. Ver-
reaux, Anomalopus Verreauxii.
La disposition qui se remarque dans l'espèce nouvelle
est la suivante : quatre doigts en arrière et deux en avant.
Elle devient le type du genre suivant :
Anisoterme, Anisoterma (1) , A. Dum. Genre nouveau.
Quatre pattes, les antérieures courtes et grêles, terminées
par deux doigts, les postérieures par quatre doigts ; museau
arrondi, à bord mince et tranchant; flancs anguleux à leur
région inférieure.
D'après l'ensemble de ces caractères , on voit que ce
Saurien diffère, comme je viens de l'indiquer, de tous les
autres Scincoïdiens par l'anomalie de ses doigts, mais
aussi qu'il ressemble au Sphenops capistratus, Wagl. Ce
dernier, dont les membres antérieurs sont également peu
développés , porte , il est vrai , cinq doigts en avant et
autant en arrière. Si, cependant, on compare la confor-
(1) De civiroç, inégal, et fcffUl, fin, extrémité, employé par
Hesychius dans le sens de pied ; cette dénomination, comme celles
d'Hétéropc, Hétéromèlc, Hétérodactyle, données à d'autres genres
de la même famille , sert à rappeler les différences notables qui se
remarquent dans la longueur des membres et dans le nombre des
doigts.
422 rev. et mag. de zoologie. (Septembre 1856.)
mation générale du tronc et celle du museau, qui peut
être dit cunéiforme dans l'une et dans l'autre espèce, on
ne peut méconnaître l'analogie.
Anisoterme sphénopsiforjie, Anisoterma sphenopsiforme,
A. Dum. Espèce nouvelle.
Huit raies longitudinales claires, alternant avec d'autres
raies brunes formées par le fond, et qui sont régulièrement
pointillèes de brun noirâtre; régions inférieures blanches.
Plaques nasales très-petites; pas de supéro -nasales;
deux inter-nasales ; une fronto-nasale grande , régulière-
ment hexagone, à bord postérieur concave; frontale de
même dimension, arrondie en avant, très-rétrécie en ar-
rière ; pas de fronto-pariétales ; inter-pariétale très-petite,
triangulaire ; deux grandes pariétales ; pas d'occipitale ;
deux frênaies placées l'une à la suite de l'autre ; une fréno-
orbitaire ; deux post-oculaires ; quatre sus-orbitaires ; six
supéro-labiales ; cinq inféro-labiales ; une mentonnière
arrondie en avant, suivie d'une grande inter-sous- maxil-
laire élargie, qui rejoint, par chacune de ses extrémités, la
première et la deuxième inféro-labiales; vingt-trois séries
longitudinales d'écaillés lisses, imbriquées, semblables,
par leur forme et par leur aspect, à celles du plus
grand nombre des Scincoïdiens. — Paupière inférieure
avec un disque transparent ; ouverture auriculaire petite,
en fente oblique de haut en bas et d'arrière en avant. —
Tous les doigts onguiculés,
La queue, confondue à sa base avec le tronc, est ro-
buste ; elle est reproduite sur tous nos individus ; chez
l'un d'eux, cependant, où elle n'avait été brisée qu'à son
extrémité, on voit qu'elle a une longueur égale environ
aux deux tiers de celle du tronc , qui , mesuré sur le plus
grand individu, a 0m,10 ; la tête de ce dernier porte 0m,012 ;
membres antérieurs, 0m,006; membres postérieurs plus
gros et mieux conformés, 0m,016.
Cette description est faite sur quatre exemplaires en
très-bon état de conservation recueillis au Sénégal.
TRAVAUX INÉDITS. 423
— J'ai fait représenter sur la pi. xxn, fig. 2, la tête de la
Ti/phline de Çuvier, afin de montrer les différences de
l'écaillure sus-céphalique entre cette espèce et celle que
M. Peters a récemment signalée, dans sa description des
Reptiles de Mozambique, sous le nom de lyplUine auran-
tiava, et qui porte, sur cette même planche, le n° 3.
Amphisbéniens. — Genre J^épidosterne. — Ce genre,
établi par Wagler pour une espèce rapportée du Brésil et
qu'il a nommée L. microcephalum, est, maintenant, divisé
en trois sous-genres : 1° Lepidosternon proprement dit (1);
2° MonapeUis, A. Smith; 3° Phractogonus (2), Hallowell.—
Les caractères essentiels du Monopeltis consistent dans la
disposition du revêtement écailleux de la tête, qui ne se
compose que d'une seule plaque , et dans la situation des
narines, ouvertes non dans la rostrale, comme chez les
Lépidosternes, mais dans des plaques contiguës à son
bord inférieur et postérieur. L'espèce unique, M. capemis,
A. Smith (///. of zool. of S. Afr., pi. exvii), est inconnue
au musée de Paris. — Le Phraclogone est caractérisé prin-
cipalement : 1° par cette particularité , que les narines
occupent la même place que chez le Monopeltis; 2° par la
présence de pores préanaux. Il n'y a, d'ailleurs, que
deux plaques sus-céphaliques, comme dans le L. scutiycrc.
L'espèce type , recueillie à Libéria , a été décrite par
M. Hallowell sous le nom de Phr. galeatus (Proceed. Acad.
Philad., 1852, t. VI, p. 62, avec des fig. : tête vue en
dessus et en dessous, plaques sternales et préanales}. Le
musée de Paris a reçu du Gabon, par les soins de M. Aubry,
(1) Tous les vrais Lépidosternes sont originaires de l'Amérique du
sud. A l'espèce type, L. microcephalum, Wagl., mou père et Bibron
en ont ajouté deu\ [Erpét, gcnér., t. Y, p. 507 et 509) : L.phocœna,
qu'ils ont décrit les premiers, et slmphisb. sculigera , Hempriek;
j'en ai moi-même fait connaître deui autres [Cal. des Repl. du Mus.,
p. 140 et 150 1 : L. polystegum et L. ocloslegum.
(2) De (QïctK'h;;, munitus, et ycovcç, angulus ^étymologie donnée
par M. Uallowi'll).
424 rev. et mag. de zoologie. (Septembre 1856.)
trois individus parfaitement semblables entre eux, qui
appartiennent au genre Phractogone, et très-probablement
à l'espèce dont je viens de parler, mais qui nous est connue
seulement par la description et les dessins cités plus haut.
Il ne semble pas, malgré les particularités suivantes,
qji'il y ait entre nos Phr. et ceux de Libéria des diffé-
rences réellement spécifiques. Ainsi, et c'est la dissem-
blance la plus importante, au lieu de
4 4
Dents inter-maxill. : 1 — 1; maxill. : - — ^, je compte,
O — D
comme sur tous les Amphisbéniens dont on a pu étudier
le système dentaire, un nombre impair de dents inter-
maxillaires, dont la médiane est la plus forte et la plus
longue :
3 3
Il y en a 7, et maxill. : ^— -. — Parmi les quatre scu-
telles qui longent le bord de la rostrale, ce sont les ex-
ternes et non les médianes, qui sont percées par les nari-
nes.— Enfin, quoique le nombre et la disposition des pla-
ques du sternum soient semblables (quatre grandes paral-
lèles entre elles, précédées par deux autres plus petites),
il y a de légères différences dans la forme de celles du
milieu, qui sont plus allongées et plus pointues. — On
compte sur le tronc 226 anneaux et 20 à la queue ;
M. Hallowell en indique 214 et 18.
[La suite au prochain numéro.)
AMENITES MALACOLOGIQUES ;
par M. J. R. Bourguignat.
GiECILIANELLA TUMULORUM.
Testa minuta, couico-fusiformi, gracili, diaphaoa, polita, albida ;
apice attenuato-obtuso; aufractibus G plauulatis, sutura superficiali
duplicata, separatis; ultimo 1/3 longitudinis superante ; apertura
TRAVAUX INÉDITS. 425
piriformi-dilatato-oblonga; peristomate acuto, simplice, recto; mar-
gine dextro antrorsum arcuato; columella paululum coutorta ac ar-
cuata, abrupte truncata, et non basim aperturie attingente; margi-
uibus valido callo, in medio peuultimi Yentre obsolète unicalloso,
junctis.
Coquille petite, fusiforme, eonique, grêle, diaphane,
lisse et blanchâtre. Sommet atténué, obtus; six tours de
spire presque aplatis, séparés par une suture superficielle,
entourée inférieurement d'une seconde ligne très-sensible
imitant une rainure suturale. Dernier tour de spire éga-
lant à peine le tiers de la hauteur totale. Ouverture ob-
longue, piriforme, inférieurement dilatée, à péristome
droit, simple et aigu. Bord droit très-arqué en avant.
Columelle arquée , un peu contournée et brusquement
tronquée avant d'atteindre la base de l'ouverture. Bords
marginaux réunis par une forte callosité, qui présente sur
la convexité de lavant-dernier tour une éminence den-
taire assez obsolète.
Haut., 6, 6 1/2 mill. — Diam., 2 mill.
Cette gracieuse espèce a été trouvée par notre ami Al-
bert Gaudry au fond d'antiques urnes lacrymatoires pro-
venant des tombeaux des anciens habitants de Mégare,
en Grèce.
M. Roth {Spicileg. Moll. Or., in Malak. Blatter, p. 39,
1855) dit qu'il a trouvé assez fréquemment, aux environs
d'Athènes, des échantillons de la Glandina acicula [ffuoci-
num), Miiller, atteignant jusqu'à 6 mill. 1/2. — *Nous
sommes assez porté à croire que ces" échantillons, qu'il
rapporte à Yacicula, ne doivent pas, au confraire, être
différents de nos individus de Mégare , qui, comme^eux^
d'Athènes, offrent une taille «de 6 mill. 1/2?
La Cœcilianella tumulorum se rapproche, pîr ses carac-
tères, ides Cœcilianella Liesvillei et Brondelii. •
On distinguera facilement la tumulorum de la Liesvillei
à son test plus pyramidal, à sa taille plus grande,. à sa su-
ture plus tronquée, à ses tours ^e spire plus plans, etc..
426 rev. et mag. de zoologie. (Septembre 1856.)
On séparera enfin la tumulorum de la Brondelii à sa
taille presque double, à sa suture moins marquée, à son
tubercule apertural moins saillant, etc..
C^ECILIANELLA BRONDELII.
Glandina Brondelii, Bour guignât, Amén. Malac., in Rev.
et Mag. de zool., p. 17, pi. i, f. 12-14, 1856; et
(tirage à part), p. 144, § XXXIV, pi. x, f. 12-14.
1856.
Cette espèce, que nous avons décrite au mois de janvier
dernier, paraît assez commune aux environs de Mostaga-
nem, en Algérie.
Nous sommes assez porté à réunir à cette espèce celle
que notre savant ami M. Artur Morelet indique sous le
nom de Glandina acicula , des environs de Madder, près
de Mazagran. (Gat. Moll. terr. et fluv. de l'Algérie, in
Journ. de Conch., p. 291. 1853.)
Forbes (on the land and fresh-wat. Moll. of Algiersand
Bougia, in Ann. and Mag. Nat. Hist., t. II , p. 252 , 1838)
indique également sur les rives du fleuve Harasch, en Al-
gérie, la Glandina acicula. Quid?
•
Cecilianella subsaxana.
Tega.minutiSsima, obeso-fusiformi, gracillima, hyaliaa, polita,
albida; apice obtusissimo, anfractibus 4 1/2-5 subplanulatis, sutura
duplicata separatis ; ultimo dimidiam longitudinis superante ; aper-
tura angusta, eloogata; peristomate acuto, simplice recto; margine
^dexWo medio subdilatato; columella arcuata, unicallosa, ac maxime
abrupteque truucata, non basim aperturae attiogente; margiuibus
callo junctis*
Cocpaille d'une extrême petitesse, obèse, fusiforme, dia-
phane, lisse, brillante, de la plus grande fragilité. Sommet
très obtus; quatre tours et demi à cinq tours peu con-
vexes, séparés par une sature superficielle, entourée d'une
TRAVAUX INEDITS. 427
seconde ligne obsolète imitant une rainure suturale. Der-
nier tour de spire dépassant la moitié de la hauteur totale.
Ouverture rétrécie , très-allongée , à péristome simple ,
droit et aigu. Bord droit un peu dilaté en avant. Columelle
arqué, unidentée, brusquement tronquée et n'atteignant
pas la base de l'ouverture. Bords marginaux réunis par
une callosité assez sensible au foyer d'un microscope.
Haut., 2 mill. 1/2. — Diam., 1 mill.
Cette gracieuse coquille a été rapportée , par notre ami
Albert Gaudry, de Mégare, en Grèce, où il l'a recueillie
dans les urnes lacrymatoires des anciens tombeaux de cette
ville.
CiECILIANELLA NANODEA.
Testa pygmea, obeso-fusiformi, graeillima, polita, albida; apice
obtuso ; anfractibus 5 subplanulatis, sutura perspicue separatis ;
ultimo dimidiani longitudiuis aequaute; apertura angusta, oblongo-
elongata; peristomate recto, acuto, simplicc; margine dextro an-
trorsum vix arcuato ; columella paululum recta, truncata, ad basim
aperturae non attingente ; marginibus tenui callo junctis.
Coquille très-petite, obèse, fusiforme, très-grêle, lisse et
blanchâtre ; sommet obtus. Six tours de spire presque
plans, séparés par une suture nettement prononcée. Der-
nier tour égalant la moitié de la hauteur totale. Ouverture
rétrécie, oblongue, allongée, à péristome droit, simple et
aigu. Bord droit à peine arqué en avant. Columelle presque
rcctilignc, tronquée et n'atteignant point la base de l'ou-
verture. Bords marginaux réunis par une faible callosité.
Long., 2 mill. 1/2. — Diam., 1/3 mill.
Habite les environs de Bône, en Algérie (Brondel).
Cette espèce ne peut être confondue qu'avec notre Cœ-
cilianella subsaxana.
Mais on la distinguera de cette coquille à sa columelle
moins tronquée et ne possédant point de callosité, à sa
suture non marginée, à son bord droit moins arqué en
avant, etc..
428 rev. et mag. de zoologie. (Septembre 1856.)
(Lecilianella aciculoides.
Columna aciculoides, Jan, Mantissa, p. 2. 1832.
Polyphemus aciculoides, Villa, Disp. syst. conch., p. 20.
1841.
Achatina aciculoides, L. Pfeiffer, Mon. Hel. viv., t. II,
p. 274. 1848.
Petite espèce qui semble spéciale à l'Italie et sur laquelle
on a grand besoin de renseignements ; elle est tellement
mal décrite , que la plupart des auteurs italiens ne savent
pas la distinguer, et qu'ils la considèrent, pour ce motif,
tantôt comme une acicula, tantôt comme une Hohen-
warti (1).
Voici les caractères de X aciculoides d'après Jan :
« Testa fusiformi, imperforata, gracili, laevi, nitida, alba; anfrac-
tibus rotundatis; apertura ovata; peristomate simplice. — Long.,
2 lin. 1/2. — Lat., 3/4 lin. »
Cecilianella miliaris.
Columna miliaris, Jan, Mantissa, p. 2. 1832.
Acicula miliaris, Beck, Index Moll., p. 79, n° 2. 1837.
Achatina miliaris, L. Pfeiffer, Mon. Hel. viv., t. II, p. 276,
n° 92. 1848.
Voici encore une de ces espèces tellement mal décrite
que l'on ne peut connaître ses véritables caractères. Malgré
tout, d'après les quelques mots de Jan, l'on voit que son
miliaris diffère de son aciculoides par son dernier tour de
spire, qui est très-ventru, par son ouverture oblongue,
par sa taille plus petite.
Voici les caractères indiqués par Jan :
« Testa fusiformi-ovata, imperforata, laevi, nitida, gracili, albida;
(1) Voir les travaux de Villa, de Betta, Rezia, etc.
TRAVAUX INÉDITS. 429
ultimo anfractu ventricoso; apertura ovali. — Long., 1 lin. 1/2. —
Lat., 1/2 lin. — Ap., 1 lin. longa. — Ap. diam., 1/3 lin. »
Cette espèce habite l'Italie.
L. Pfeiffer dit, dans sa Monographie des Hélices (t. II,
p. 276. 1848), que Beck rapporte cette petite coquille à
YAchatina acicula de Philippi. Nous croyons que c'est là
une erreur, puisque, d'après nous (voir la fin de cette no-
tice), YAchatina acicula de Philippi nous paraît être une
espèce du genre Eulima.
(Lecilianella syriaca.
Glandina aciculoides, var. torta, Mousson, Coq. terr. et
fluv. d'Orient, p. 48. 1854.
Sous ce nom, M. Mousson indique des environs de
Sayda, en Syrie, une petite espèce qu'il distingue de
Yaciculoides par la phrase suivante :
« Apertura basi paulo compressa ; columella incurva, filo tortuoso
terni ina ta. »
Nous n'avons nul doute sur la valeur de cette nouvelle
Cœcilianelle ; seulement nous regrettons de ne pouvoir
donner de plus amples renseignements scientifiques sur
ses caractères. — Il en est de même d'une seconde espèce
des environs de Sayda, en Syrie, que M. Mousson [loc.
cit., p. 48) indique par erreur sous l'appellation de Glan-
dina acicula.
C.ECILIANELLA CYLICHNA,
Achatina cylichna, Lowe, Syn. diagn. sive spec. Moll.
Mader., etc.. (Ann. and Magaz. of Natur. Hist.),
p. 10, n° 44. 1852.
Glandina cylichna, Albers, Malac. Mader., p. 84, pi. xvn,
f. 19-20. 1854.
Testa pusilla, fusiformi, pellucida, eburnea ; spira brcvi, obtusis-
430 rev. et mag. de zoologie. (Septembre 1856.)
sima ; anfractibiis 4 planatis ; ultimo fere 2/3 longitudinis œquaute ;
apertura auguste, acuminato-ovata, plica valida promincute, oblique
ascendente in pariete aperturali, secunda transversa, ineiuata in
medio labri ; columella arcuata, basi abrupte truncata; peristomate
simplicej marginibus callo fîliformi cum lamina ventri confluente,
jtinctis.
Long., 3 mill. — Diam., i mill. — Haut, de l'ouvert.,
1 mill. 1/2.
Cette charmante espèce se trouve fossile dans l'île de
Madère.
Cecilianella nyctelia.
Glandina acicula, Albers, Malac. Mader., p. 59, pi. xv,
f. 17-18. 1854.
Testa fusiformi-cylindracea, acicularij apice attenuata, obtusa,
polita, hyalina; sutura auguste margiuata ; anfractibus 6planis; ul-
timo spira breviore ; columella arcuata, basi abrupte truncata; aper-
tura angusta, lanceolata; peristomate simplice, acuto, recto.
Long., 5 mill. — Diam.> 1 mill. 1/2. — Haut, de l'ou-
vert., 2 mill. — Larg. de l'ouvert., 1 mill.
Habite l'île de Madère , sous les pierres , clans les lieux
exposés aux rayons du soleil. — Se trouve également dans
cette île à l'état fossile.
Cette espèce, que le savant Albers, de Berlin, a rap-
portée à tort à Y acicula , en diffère sous tous les rapports,
comme l'on peut s'en convaincre par la description et par
la figure que nous venons d'emprunter à cet auteur. Aussi
est-ce dans le but de la distinguer de la véritable acicula
que nous lui appliquons l'appellation de nijctelia.
CyECILIANELLA PRODUCTA.
Achatina producta (1), Lowe, Syn. diag. sive spec. Moll.
(1) Non Achatima producta, Reuss, Beschreib. der. foss. ostra-
coden und Moll., etc., in Palaeontog..., t. II, p. 32, n° 4, pi. m ,
f. 15. 1849.
TRAVAUX INÉDITS. 431
Mader. (extr. Ann. and Mag. of Natur. Hist.), p. 2,
n° 48. 1852.
Achatina producta, L. Pfei/fer, Mon. Hel. viv., suppl.,
. t. III, p. 505, n" 142. 1853.
Glandina producta, Albers, Malac. Mader., p. 60. 1854.
Testa cylindraceo-fusiformi, solidula, lœvigata, nitida, diaphane,
pallide cornea ; spira conica, protracta; anfractibus 6planis; ultimo
vix convexiore, dimidiam longitudinis fere œquante ; apertura acu-
minato-ovata ; columella semitorta, distincte oblique tfuncata; peri-
stomate simplicc, intus calloso ; margine supero basi areuatim eruar •
ginato, medio producto, deorsum recto.
Long., 6 mill. — Diam., 2 mill. 1/2. — Haut, de l'ou-
vert., 2 mill. — Larg. de l'ouvert., 1 mill. 1/2.
Habite l'île de Déserter, près de Madère. — Espèce
très-rare qui n'a pas encore été figurée, et que nous ne
connaissons point autrement que par la description que
nous venons de donner.
Cjecilianella Grateloupi.
Bulimus acicula, Grateloup, Mém. coq. foss. Moll. terr. et
fluv. du bassin de l'Adour (extr. Act. Soc. Linn. Bor-
deaux, t. X, 3e livr., janv. 1838), p. 31, n° 1, pi. iv,
f. 23-24. 1838.
Testa turrito-aciculata, nitidissime laevissima; spira elongâta,
apice acuto; anfractibus 7 convexiusculis, sutura impressa separatis;
ultimo anfractu dimidiam longitudinis non aequaute; apertura ob-
longa, peristomate simplice, recto, acuto ; columella recta, ad basmi
truucata; margine externo maxime arcuata.
Long., 6 mill. — Diam., 1 mill. 1/2.
Cette espèce, rapportée à tort à Xaticula par l'honora-
ble M. de Grateloup, a été trouvée à l'état fossile dans les
faluns jaunes sablonneux de Saint-Paul, près de Dax. —
Espèce rare.
432 rev. et mag. de zoologie. (Septembre 1856.)
Avant de terminer, nous croyons convenable, pour l'in-
telligence du genre Cœcilianelta, de faire une petite di-
gression.
Tous les conchyliologues savent qu'il est moralement
impossible de définir ce que Draparnaud a voulu désigner
sous le nom de Cyclas fonlinalis, si ce n'est qu'il a décrit
sous cette appellation triviale toute une série de petites
Pisidies.
Il en est de même de Yacicula des naturalistes.
Les trois quarts des auteurs , pour ne pas dire la tota-
lité, n'ont jamais apporté la moindre attention à ce petit
groupe des Caecilianelles, et ils ont tous confondu, sous la
dénomination d'acicula, une foule de coquilles intéres-
santes peut-être encore inconnues.
Pour prouver ce que nous avançons, que l'on examine
les ouvrages, et l'on verra que pas une diagnose ne se
ressemble, que pas une seule figure n'offre les mêmes
caractères.
Aussi, en présence d'un semblable chaos, que devions-
nous faire, si ce n'est de passer sous silence la plupart des
travaux ?
Malgré tout, nous allons signaler quelques auteurs
principaux sur lesquels nous appelons l'attention des na-
turalistes, afin que, par la suite, quelques studieux con-
chyliologues, avertis par nous, puissent, en déchiffrant
l'énigme de leurs diagnoses , rendre leurs travaux profi-
tables à la science.
Ainsi
1° Draparnaud (Hist. Moll. France, p. 75, t. iv, f. 25-
26. 1805) décrit et représente une espèce singulière qui
semble spéciale au midi de la France et au nord de l'Ita-
lie, et qui ne peut être assimilée à aucune de celles que
nous venons de publier.
La seule coquille qui offre quelque ressemblance avec
elle est une espèce fossile des faluns de Saint-Paul , près
de Dax, que notre honorable ami et correspondant M. le
TRAVAUX INÉDITS. 433
docteur de Grateloup a désignée à tort sous l'appellation
de Bulimus acicula (Grateloup, loc. sup. cit.).
Ce Bulimus acicula de M. le docteur de Grateloup est
cette mêm espèce que nous venons de décrire sous l'ap-
pellation de Grateloupi.
2° Quelle est cette coquille des environs de Riga, en
Russie, que Siemaschko (in Rull. nat. Mosc, t. XX, 1847)
a nommée Achatina minima?
3° A quelle coquille rapporter le Bulimus acicula de
C. Pfeifjer ( Syst. Anord. und Reschreib. Deutsch.
Land. und Wasser-Schnecken , p. 51, taf. 3, f. 8-9.
1821) ?
4° Que doit-on faire du Bulimus acicula de Dubois de
Montpéreux (Conch. fossile des form. du plateau Wolhyni-
Podolien), p. 48, pi. m, f. 49-50. 1831)?
5° Dupuy [Hist. Moll. France, p. 327 (1849), pi. xv,
f. 13 (1850)] a fait représenter, sous le nom à' Achatina
acicula, une espèce à ouverture rétrécie, à spire aiguë, à
columelle plus tronquée, etc. — Nous ne savons que faire
de cette coquille.
6° Quid à l'égard de Y Achatina acuta d'Aleron (Moll.
Pyr. or. in Rull. Soc. philom. Perpignan, t. III, p. 92.
1837)?
7° Quid à l'égard de Y Achatina acicula, var. festuca, de
Porro (Mal. Comasca, p. 52, 1838)?
8° V Acicula eburnea, de Risso (Hist. nat. Europe mé-
rid., t. IV, p. 81. 1826), ne serait-elle point la même
espèce que celle de Draparnaud dont nous venons de
parler?
9° Quid à l'égard de Y Achatina pusilla de Sacchi (Cat.
conch. Neap., p. 16. 1836)?
10° M. Moquin-ïandon (Hist. nat. Moll. France, t. II,
p. 309, pi. xxii, f. 32 à 34. 1855) donne la description et
la représentation d'une espèce sous le nom de Bulimus
acicula, et chez laquelle nous ne pouvons reconnaître les
véritables caractères d'aucune de nos espèces. — Que
2e série, t. vm. Aunée 1806. 28
434 rev. et mag. de zoologie. (Septembre 1856.)
penser également d'une variété plus grande qu'il rapporte
par erreur à YAchatina Hohenwarti de Rossmassler?
Etc..., etc...
Nous n'en finirions point si nous voulions citer tous les
ouvrages qu'il nous a été impossible de comprendre.
Maintenant, nous allons compléter cette note en relevant
quelques fautes grossières de synonymie :
1° L'espèce décrite et figurée par Philippi (Enum. Moll.
Siciliae, t. II, p. 115, 1844; et t. I, atlas, pi. vm, f. 25,
1836) sous l'appellation d'Achatina acicula n'appartient
point au genre Cœcilianella, mais n'est autre chose qu'une
espèce marine du genre Eulima. — Quant à sa seconde
espèce, qu'il appelle Achatina Hohenwarti (t. I, atlas,
pi. vm, f. 26; et t. II, p. 115), ce n'est ni Y Hohenwarti de
Rossmassler ni la véritable acicula.
2° Porro (Mal. Comasca, p. 52, 1838) range à tort dans
la synonymie de son acicula le Buccinum longiusculum
(Adanson), qui n'est point une Cœcilianelle.
3° L'Heliœ octona de Linnaeus ( Syst. nat., p. 12.48,
n° 698), indiquée par la plupart des auteurs comme iden-
tique à Y acicula, est une petite Bithinie de la Suède voisine
de la Bithinia (Cyclostoma) acuta de Draparnaud (Hist.
Moll. France, p. 40, pi. i, f. 23, 1805) et que Nilsson
(Hist. Moll. Sueciae, p. 92, 1822) a appelée Paludina oc-
tona.
4° Le Pegea carnea de Risso ( Hist. nat. Europe mé-
rid., t. IV, p. 88, pi. m, f. 29, 1826), indiqué par
L. Pfeiffer (Mon. Hel. viv., t. II, p. 274, 1848) comme
synonyme de Y Hohenwarti, doit être rejeté, parce que
l'espèce de Risso n'est point une Caecilianelle.
5° Il faut également rejeter comme n'appartenant point
au genre Caecilianella YAchatina folliculus de ïerver (Cat.
Alg., p. 31, pi. iv, f. 16-17, 1839), que L. Pfeiffer (loc.
sup. cit., p. 274) considère à tort comme une variété de
Y Hohenwarti, et à laquelle nous avons attribué l'appellation
de Ferussacia Terverii. (Voir, à ce sujet , notre § XLIX ,
TRAVAUX INÉDITS. 435
dans lequel nous avons décrit toutes les Férussacies d'Al-
gérie.)
Etc..., etc..
Description de quatre Longicornes européens; par
A. Chevrolat.
Callidium Deltili. — Long., 7 mill.; larg., 2 mill. Mâle. —
Sub-parallèle ; presque plane en dessus ; hérissé de poils
longs et peu épais ; grossièrement ponctué sur la tête, le
prothorax et les élytres ; d'un rouge testacé sur les deux
premiers, d'un fauve testacé à peine irisé de bronzé sur les
secondes. Écusson d'un brun noir, concave, imponctué.
Dessous du corps et pieds d'un rouge testacé. Cuisses en
massue.
Fontainebleau. Dédié, à mon ami Deltil, grand amateur
des sciences naturelles et peintre distingué, qui a trouvé
plusieurs exemplaires de cette espèce.
Dorcadion alpinum. — Long., 13 1/2 mill.; larg., 6 mill.
Fem. — Noir. Front revêtu d'un duvet cendré grisâtre. Pro-
thorax moins densément garni d'un duvet semblable ; assez
finement ponctué ; offrant deux dépressions dorsales et une
ligne médiane à peine relevée en carène, prolongée pres-
que jusqu'à sa base ; celle-ci est rebordée. Élytres velou-
tées de noir brun ; ornées chacune de quatre bandes lon-
gitudinales formées de duvet blanc ; la première, suturale,
unie, par la base, à la seconde ; celle-ci prolongée jusqu'au
tiers, avec une trace linéaire jusqu'aux quatre cinquièmes :
la troisième ou humérale unie à la base et par l'extrémité
avec la marginale. Dessous du corps et pieds garnis d'un
duvet cendré. Antennes noirâtres, largement annelées de
cendré à partir du quatrième article.
Cette espèce, notée dans la collection Dejean comme
variété du D. méridionale, a été découverte aux environs
de Digne (Basses- Alpes).
Oberea Mairii. — Long., 13 1/2 mill.; larg., 4 mill Fem.
436 rev. et mag. de zoloogie. (Septembre 1856.)
— Allongée; parallèle, d'un rouge testacé, avec les antennes,
une large bande longitudinale naissant à la base des ély-
tres, passant sur le calus humerai et prolongée jusqu'à
l'extrémité, la majeure partie des jambes et des tarses
noirs. Tête et prothorax grossièrement ponctués. Élytres
presque sérialement ponctuées.
Cette jolie espèce a été découverte, cette année, àMeung,
près Orléans, par M. Maire, botaniste distingué et non
moins zélé entomologiste.
Obereapedemontana. — Long., 13mill.; larg.,2 l/2mill.
Mâle. Noire; palpes, prothorax, écusson, élytres avec une
tache scutellaire trigone émettant un petit trait longitu-
dinal externe ; dessous du corps et pattes d'un jaune rou-
geâtre; milieu de la poitrine et presque la totalité du
dernier segment anal noirs; deuxième et troisième seg-
ments offrant, sur chaque côté, une tache noirâtre obso-
lète. Tête très-serrément ponctuée , sillonnée sur le front.
Élytres très-fortement et sérialement ponctuées jusqu'aux
4/5 de la longueur, obliquement tronquées de la marge à
la suture.
Piémont. Cette intéressante espèce, qui est voisine, mais
plus amincie que YO. pupilla, m'a été donnée, dans le
temps, par feu Cordier.
Description de longicornes nouveaux du vieux Calabar,
côte occidentale d'Afrique; par M. A. Chevrolat.
(Suite. —Voir 1855, p. 183, 282, 513; 1856, p. 340.)
47. Callichroma episcopale planiusculum, nigrum, capite vio-
laceo, antenuis planatis podibusque clavatis nigro-cyaneis ; tibiis
quatuor atiticis tarsisque totis cinereis; thorace viridi, elongato,
transversim rugato, lateribus posticis spinoso ; elytris lata vitta com-
muni et abbreviata viresecnte; corpore iufra viridi, lanugiue alba
induto. — Long., 17 mill.; lat., 6 mill.
Moyen, aplati. Tête d'un beau violet, brusquement tron-
quée et élevée entre les antennes, carrément rebordée en
TRAVAUX INÉDITS. 437
avant et ponctuée, sillon longitudinal étroit. Mandibules,
palpes, lèvre, chaperon, mandibules ei yeux noirs; antennes
anguleuses, aplaties, longitudinalement sillonnées, velues
et d'un noir bleuâtre, premier article en massue, fortement
et rugueusement ponctué, émettant une épine ou crochet
au sommet, deuxième très-petit, troisième fort long, subi-
tement renflé et d'un noir luisant à l'extrémité, quatrième
et cinquième un peu moins longs et terminés en angle.
Corselet allongé d'un vert foncé brillant, couvert de rides
transverses entières, muni de deux petits tubercules en ar-
rière près de la base et d'une petite côte longitudinale ;
épine latérale située au delà du milieu. Écusson triangu-
laire, déprimé, d'un vert foncé noirâtre, marqué d'une
petite strie latérale. Élytres planes aussi larges que le
corselet dans son plus grand développement, arrondies
sur l'épaule (avec une forte dépression) et sur l'extrémité
de l'étui, marquées d'une nervure longitudinale et médiane
non entière et d'une bande suturale large et verte, qui
commence au-dessous de l'écusson et est limitée aux deux
tiers de la longueur. Pattes d'un noir se convertissant en
bleu suivant la position, cuisses brusquement renflées, jam-
bes antérieures et tous les tarses d'un gris argenté. Pre-
mier article des quatre antérieurs longs. — Collection de
M. Andrew Murray.
48. Litopus cinereipes minutissime coriaceus, supra viridi-cya-
neus, infra viridi-splendens; mandibulis, oculis, antennis pedibusque
aterrimis; tarsis posticis cinercis; thorace lateribus angulosim pro-
ducto et supra depresso, antice constricto, postieeque arcte tricostato.
Long., 24 mai.; lat., 11 mill.
Il ressemble infiniment au Cerambyx cœruleus , 01. Il
est finement ruguleux, d'un vert mélangé de bleu en des-
sus et d'un beau vert brillant en dessous. Tête élevée et
longitudinalement sillonnée entre les antennes, rugueuse-
ment ponctuée, verte, bleue sur les côtés, tri-échancrée
antérieurement. Organes buccaux orangés. Palpe labial
noir. Mandibules ponctuées, disposées coniquement, celle
438 rev. et mag. de zoologie. {Septembre 1856.)
de gauche plus saillante, vertes sur la base, noires, lisses
et recourbées au sommet. Labre transverse, faiblement dé-
primé et échancré. Chaperon presque coupé droit. Yeux
noirs évasés en dessus. Antennes d'un noir d'ébène, à troi-
sième article du double plus long que le quatrième. Corse-
let arrondi, inégal, anguleux près du bord antérieur, com-
primé près de la tête et de la base, avec trois côtes trans-
verses contiguës, une forte dépression dorsale de chaque
côté, entre laquelle existe une ligne cruciforme verte, qui
est ponctuée. Épine latérale épaisse et obtuse, à peu près
lisse et n'offrant que quelques points. Écusson triangulaire,
déprimé et ponctué. Elylres de la largeur du corselet, ar-
rondies sur l'épaule (une petite dépression longitudinale
en dedans) et plus étroitement sur le sommet de l'étui,
d'un vert lisse et plus brillant à l'extrémité avec la suture
bleuâtre et déprimée au milieu dans sa moitié postérieure.
Pattes lisses, d'un noir d'ébène, les quatre cuisses anté-
rieures brusquement renflées, postérieures allongées et en
massue. Jambes postérieures plus longues, aplaties. Tar-
ses noirâtres, gris en dessous, postérieurs d'un cendré
argenté. Le commencement des segments abdominaux est
noirâtre. — Collection de M. Andrew Murray.
[La suite au prochain numéro.)
II. SOCIETES SAVANTES.
Académie des sciences de Pabis.
Séance du 25 août 1856. — S. A. le prince Charles
Bonaparte adresse le commencement d'un travail plein
d'érudition et d'observations d'un haut intérêt scientifique
intitulé : Excursions dans les divers musées d'Allemagne, de
Hollande et de Belgique, et tableaux paralléliques de l'ordre
des Echassiers.
« Depuis plus de deux mois que je suis privé de l'hon-
neur de siéger dans cette enceinte, mon temps n'a pas été
SOCIÉTÉS SAVANTES. 439
entièrement perdu pour la science. Je n'ai pas seulement
parcouru, mais étudié à fond les principaux musées d'Eu-
rope, et surtout ceux de Berlin, Dresde, Leipzig, Franc-
fort, Brème, Leyde, Bruxelles, Strasbourg, etc. Les nom-
breuses espèces nouvelles , ou prétendues telles , qui sont
indiquées dans le fameux Nomenclator du musée de Berlin,
menaçaient de replonger pour quelque temps encore la
science ornithologique dans le chaos. Je les ai toutes exa-
minées et comparées attentivement, et je sais maintenant
à quoi m'en tenir sur chacune d'elles. Cet important ré-
sultat a été obtenu par une étude non interrompue et pro-
longée pendant des journées entières dans les galeries de
ce magnifique établissement, et grâce aussi à la cordiale
réception de son érudit directeur, le célèbre Lichtenstein,
et à la puissante coopération de son ornithologiste par
excellence, M. Cabanis. »
Ce court extrait fait suffisamment connaître l'objet du
travail du prince, travail très-élendu et que les ornitholo-
gistes étudieront avec le plus grand fruit. Dans cette pre-
mière partie il passe en revue , avec cette critique serrée
qui le caractérise, un grand nombre d'oiseaux qu'il a étu-
diés dans les musées qu'il vient de visiter, et il termine
par un de ces excellents tableaux qu'il sait si bien faire ,
et qui présente l'ensemble de la tribu des Cursores dans
l'ordre des Grallœ.
M. Brown-Séquard lit des Recherches expérimentales sur
la physiologie et la pathologie d<s capsules surrénales, travail
qui est renvoyé à l'examen de MM. Flourens, Bayer et
Cl. Bernard.
M. Ch. Lespès donne lecture de Recherches sur l'organi-
sation et les mœurs du Termite lucifage.
(( Les Termites, connus vulgairement sous le nom de
Fourmis blanches, vivent en sociétés nombreuses comme
les Fourmis, les Abeilles et plusieurs autres Hyménop-
tères. Ces insectes, répandus surtout dans les pays chauds,
se trouvent aussi dans le midi de la France. Depuis quel-
HO rev. et mag. de zoologie. (Septembre 1856.)
ques années, une espèce de ces Névroptères a attiré l'at-
tention par les nombreux dégâts qu'elle a occasionnés à
la Rochelle, Rochefort et plusieurs villes de la Charente-
Inférieure. Une espèce, probablement différente, est com-
mune aux environs de Bordeaux, où je l'ai étudiée.
« Chaque société se compose d'un nombre considérable
d'individus de formes différentes : 1° les ouvriers, 2° les
soldats, 3° les larves et les nymphes, 4° les individus par-
faits qui peuvent se reproduire.
« Les ouvriers et les soldats sont des individus neutres,
ou plutôt leurs organes reproducteurs sont atrophiés, mais
j'ai pu toujours en trouver des rudiments ; les uns et les
autres présentent des traces d'ovaires ou de testicules, de
sorte qu'ils ressemblent aux neutres des Hyménoptères
seulement par l'impossibilité de se reproduire ; chez ces
derniers, les neutres étant toujours des femelles incom-
plètes. Toujours privés d'yeux, les ouvriers et les soldats
sont chargés de tous les soins de la communauté : les pre-
miers creusent les nids, construisent les galeries et soi-
gnent les jeunes; les seconds sont uniquement chargés de
la défense de la société, fonction dont ils s'acquittent
avec le plus grand courage. Ces deux formes de neutres,
dont j'ai étudié l'organisation en détail, ne diffèrent que
par le volume de la tête et surtout des mandibules. Jamais
ces insectes ne sortent de leur nid. Ils sont aptères pen-
dant toute leur vie.
« Les larves subissent trois mues. Dans le premier âge,
il est impossible de distinguer celles qui deviendront des
neutres de celles qui acquerront un développement com-
plet; mais, dès le deuxième, ces dernières commencent à
montrer des rudiments d'ailes qui s'accroissent au troi-
sième. Celles de neutres, au contraire , ressemblent , sauf
la taille, aux ouvriers. On les trouve en grand nombre
pendant l'hiver et le printemps.
« Les nymphes de neutres, ai-je dit, ne diffèrent de
l'ouvrier que par la taille; celles des individus sexués
SOCIÉTÉS SAVANTES. 4-41
offrent deux formes différentes qui correspondent à deux
époques d'émigration de ces derniers : les unes ont des
fourreaux d'ailes longs, elles subissent leur dernière trans-
formation en mai ; les autres ont ces mêmes organes courts
et étroits, elles prennent leurs ailes en août.
« Les individus ailés ont seuls des yeux. Ceux qui émi-
grent au printemps sont les uns des mâles, les autres des
femelles; ils proviennent de la première forme de nym-
phes. Leurs organes reproducteurs, dont j'ai suivi l'évolu-
tion, sont peu développés; un petit nombre de gaines
ovigères est fécond dans chaque ovaire. Ces individus se
réunissent par couples qui rentrent dans un nid après la
chute des ailes. Le mâle et la femelle vivent ensemble
dans ce nid jusqu'à l'état suivant, époque de la ponte,
par conséquent plus d'un an. J'ai donné à ces insectes
peu féconds les noms de petits rois et de petites reines.
Quelquefois il paraît en exister plusieurs couples dans un
même nid.
« A l'automne, les nymphes de la seconde forme su-
bissent leur dernière mue : les individus qui en résultent
sont les uns mâles, les autres femelles ; mais leurs organes
reproducteurs, dont j'ai suivi l'évolution, sont infiniment
plus développés dans les précédents, et cela dans les deux
sexes. Ces insectes se réunissent aussi par couples qui
n'émigrent pas, et dont il y a un seul dans chaque nid et
seulement dans les sociétés nombreuses. Ils vivent à côté
l'un de l'autre sans être renfermés dans une cellule spé-
ciale, et on peut les trouver jusqu'au mois de juillet,
époque de la ponte. L'abdomen de la femelle acquiert un
très-grand volume , qui n'est pourtant pas comparable à
ce que l'on voit chez les Termites exotiques. Cet accrois-
sement est en rapport avec le développement des œufs
dans d'énormes ovaires.
« J'ai étudié avec soin l'organisation des divers insectes
que je viens d'énumérer, car j'ai pensé que mon travail
devait surtout s'appuyer sur ranatomie. J'ai suivi aussi
442 rev. et mâg. de zoologie. (Septembre 1856.)
l'évolution des principaux appareils et surtout des organes
reproducteurs qui offrent les faits si remarquables d'une
atrophie presque complète chez les neutres , d'un déve-
loppement incomplet dans les petits rois et dans les petites
reines, et, au contraire, d'un volume considérable et
d'une organisation très-complexe dans les rois et les reines.
De nombreux dessins accompagnent cette partie de mon
travail.
« Pendant mes dissections, j'ai trouvé plusieurs ani-
maux parasites des Termites : ce sont deux Acariens ; un
nématoïde dont les migrations ressemblent à celles que
M. Von Sieboldt a décrites chez les Mermis ; et enfin quel-
ques infusoires. Dans un Mémoire que j'aurai l'honneur
de présenter plus tard à l'Académie, je reviendrai sur ces
petits êtres.
« En résumé, chaque société de Termites se compose
d'un couple fécond (roi et reine) dans les sociétés nom-
breuses, d'un ou de deux couples demi-féconds dans les
jeunes colonies , d'un grand nombre de neutres affectant
les formes des ouvriers et des soldats, et enfin d'individus
jeunes à divers états de développement, suivant la saison
où on les examine.
« Les faits que je considère comme nouveaux sont 1° la
détermination de la nature des ouvriers, que presque tous
les observateurs, Latreille entre autres, prenaient pour
des larves ; 2° l'existence de neutres mâles et femelles ;
3° l'existence des petits rois et des petites reines : on ne
connaissait que les rois et les reines; 4° la série des méta-
morphoses des différents individus, que l'on ne connais-
sait que d'une manière très imparfaite , et l'évolution des
principaux organes, que personne n'avait étudiée. »
M. Gratiolet lit un Mémoire sur le développement de la
forme du crâne de l'homme et sur quelques variations qu'on
observe dans la marche de l'ossification de ses sutures. — Ce
beau travail est renvoyé à l'examen de MM. Velpeau et
Cl. Bernard. *
SOCIÉTÉS SAVANTES. 443
Séance du 1er septembre 1856. — M. J. Geoffroy Saint-
Hilaire, en prosentant le remarquable ouvrage qu'il vient
de publier sous le titre de Lettres sur (es substances alimen-
taires, et particulièrement siir la viande de Cheval , donne
verbalement une idée de l'objet de ce livre. Nous l'avons
lu avec un vif intérêt, et nous devons dire qu'il est aussi
remarquable par la forme que par le fond. Nous donne-
rions ici en entier l'analyse qui en a paru dans les Comptes
rendus de V Académie si elle n'avait pas été reproduite im-
médiatement o'ans tous les journaux de Paris , des dépar-
tements et de l'étranger, et si le livre lui-même n'était pas
dans les mains des savants et des gens du monde, qui
s'empressent de le lire comme une œuvre hors ligne et
toute d'actualité. Qu'il nous soit permis , cependant , de
reproduire la fin de cette communication :
« La viande de Cheval, parfaitement saine, incontesta-
blement bonne (sans valoir cependant celle du bœuf ou du
mouton engraissé), est, en outre, abondante, et peut fournir
des ressources importantes pour l'alimentation des classes
laborieuses des villes et des campagnes. Cette troisième
partie de la démonstration exigerait des calculs dans les-
quels je ne puis entrer ici, mais dont je donnerai du moins
les résultats. En combinant les éléments fournis par nos
statistiques officielles et par d'autres documents sur le
nombre des chevaux en France, la durée de leur vie et le
rendement en viande d'un grand nombre de chevaux, on
trouve que la viande des chevaux morts naturellement ou
abattus chaque année en France est équivalente à environ
« 1/6 de la viande de Bœuf ou de Cochon ,
« 2/3 des viandes réunies de Mouton et de Chèvre,
« 1/14 de toutes les viandes réunies de boucherie et de
charcuterie ,
« Ou, ce qui revient au même, à plus de deux millions
et demi de nos rations moyennes actuelles en viande (si
inférieures, il est vrai, au besoin des populations!).
« Kn présence de tels chiffres , et quelques réductions
444 rev. et mag. de zoologie. (Septembre 1856.)
que l'on doive faire subir à ces nombres pour tenir compte
des chevaux impropres à la consommation, comment mé-
connaître ce résultat, d'une si grande valeur pratique :
« Il y a dans l'emploi de la viande de Cheval une res-
source importante, la plus importante même (quoiqu'elle
soit loin de suffire encore) à laquelle nous puissions re-
courir pour donner aux populations laborieuses l'aliment
qui leur manque le plus, la viande.
« Singulière anomalie sociale, et qu'on s'étonnera un
jour d'avoir subie si longtemps ! Des millions de Français
sont privés de viande; ils en mangent six fois, deux fois,
une fois par an! Et, en présence de cette misère, des
millions de kilogrammes de bonne viande sont , chaque
mois, abandonnés à l'industrie pour des usages secon-
daires, livrés aux cochons et aux chiens, ou même jetés à
la voirie !
« Voilà ce que la science elle-même a autorisé jusqu'à
ce jour, du moins par son silence, comme si elle avait
craint, elle aussi, de se heurter contre un préjugé popu-
laire, et, quand elle avait dans la main des vérités utiles,
de l'ouvrir et de les répandre ! »
S. A. le prince Ch. Bonaparte fait hommage d'un exem-
plaire d'un premier Essai synoptique sur les Psittaci.
M. P. Gratiolet adresse une Note sur les effets de l'abla-
tion des capsules surrénales.
M. Poortmun adresse un travail sur une disposition par-
ticulière des vertèbres chez les Pérodictiques, et sur le nombre
des mamelles chez les Mammifères.
M. Kœlliker adresse deux opuscules sur le développe-
ment des spermatozoaires, sur leur forme et leur compo-
sition chimique.
M. Zeizing, en faisant hommage de deux ouvrages
qu'il a publiés sur les proportions du corps humain et sur
les rapports des dimensions des diverses parties articulées
du corps des vertébrés, indique la principale des lois
qu'il a déduites de ces observations. Le mode de division
SOCIÉTÉS SAVANTES. 445
que les géomètres nomment division en moyenne et ex-
trême raison préside, suivant lui, non-seulement à ces rap-
ports de grandeur des parties chez les animaux, mais à la
disposition des feuilles, des inflorescences, et même à
certains rapports qui se présentent dans l'étude de la
nature inorganique.
Séance du 8 septembre 1856. — M. J. Geoffroy Saint-
Hilaire présente, au nom de MM. Eudes Deslongchamps
père et fils, une traduction de l'introduction à l'histoire
naturelle des Brachiopodes vivants et fossiles, par M. Da-
vidson. — Cette traduction offre d'autant plus d'intérêt ,
dit l'illustre président de l'Académie, qu'elle renferme,
soit dans le texte, soit dans les planches, plusieurs addi-
tions nouvelles.
M. de Quatrefages lit un Rapport sur un mémoire de
M. Jacquart intitulé : De la mensuration de l'angle facial,
des goniomètres faciaux et d'un nouveau goniomètre fa-
cial inventé par l'auteur.
Séance du 15 septembre 1856. — M. Cl. Bernard lit des
Recherches expérimentales sur la température animale.
S. A. le prince Ch. Bonaparte donne lecture de la suite
de son Excursion dans les divers musées d'Allemagne , de
Hollande et de Belgique, et tableaux paralléliques de l'ordre
des Echassiers.
M. Poinsot présente un travail sur un second conduit
pancréatique chez le Bœuf.
Séance du 22 septembre 1856. — S. A. le prince Ch. Bo-
naparte termine la lecture de son travail intitulé : Excur-
sion dans les divers musées d'Allemagne, de Hollande et de
Belgique,
M. Milne-Edwards présente, de la part de M. Th. E.
Von Sieboldt , une brochure ayant pour titre : la Parthé-
nogenèse proprement dite chez les Lépidoptères et les Abeilles ,
et rend sommairement compte des observations de l'au-
teur sur la reproduction sans fécondation chez les Psychés,
les Abeilles et les Vers à soie.
446 rev. et mag. de zoolooie. (Septembre 1856.)
III. MÉLANGES ET NOUVELLES.
M. J. F. Bonnafoux, bibliothécaire de la ville de Gué-
ret, nous écrit, le 8 juillet 1856, la lettre suivante :
Monsieur le directeur, je crois devoir vous faire part
de quelques observations qui ne sont pas sans analogie
avec les remarques faites, dans ces derniers temps, au
sujet de certains Mollusques terrestres, et particulière-
ment de X Hélix aspersa , auxquels on attribue la propriété
de perforer des pierres.
A la suite des dernières inondations du mois de mai, on
apporta à M. le docteur Desgenets un nid de Fauvette
tête noire qui contenait seulement trois œufs arrivés à
peu près aux trois quarts du terme nécessaire à l'incuba-
tion complète. Sur l'un des œufs était fortement fixé un
individu de l'espèce Hélix hortensis , et en opérant la sé-
paration de ces deux corps étrangers nous nous aper-
çûmes que la coque était rongée jusqu'à la membrane
molle qui touche à l'albumine, de sorte que le Limaçon
n'avait plus qu'un pas à faire pour se jeter sur sa proie.
Il est évident que Y Hélix avait été attirée par l'odeur pro-
duite par un commencement de décomposition organique,
car le nid avait été abandonné depuis plusieurs jours , et
les œufs avaient eu à souffrir de l'inclémence de la saison.
Deuxième observation. — On nous indiqua un autre nid
(il était de Bouvreuil), également abandonné , où nous
trouvâmes encore une Hélix des jardins occupée à per-
forer la coque de l'un des quatre œufs qu'il contenait ;
malheureusement nous ne pûmes suivre nos observations
jusqu'au bout, le nid ayant été enlevé quelques jours
après.
Troisième observation. — Un nid de Pie-Grièche grise ,
placé dans les mêmes conditions, nous a offert trois œufs
vides et envahis par des forficules. Les découvertes pré-
MÉLANGES ET NOUVELLES. 447
cédentes nous autorisent à penser que ces œufs ont été
dévorés par des Hélix.
Ne connaissant pas d'autres exemples, depuis que je
m'occupe de malacologie, d'œufs perforés par des Lima-
çons, j'ai pensé, monsieur le directeur, que je vous devais
cette courte communication ; en histoire naturelle , tout
s'enchaîne et se lie, et les plus petites remarques peuvent
conduire à de grands résultats.
Agréez, etc.
J. F. BONNAFOUX.
M. J. Thomson nous adresse la lettre suivante :
Monsieur le rédacteur, vous n'ignorez point , sans
doute, que madame Ida Pfeiffer vient de passer quelques
jours à Paris. La célèbre et intrépide voyageuse est sur le
point d'entreprendre un nouveau voyage qui promet
d'être aussi intéressant sous le rapport de la science en
général que de l'entomologie en particulier. Madame
Pfeiffer s'attachera à récolter le plus d'Insectes qu'elle
pourra, et j'espère que l'ordre des Coléoptères lui offrira
surtout un vaste champ de recherches.
Elle ira à Timor, à Batavia , à la Nouvelle-Guinée , aux
îles Philippines, au Japon et ensuite à Madagascar, cette
riche mine d'Insectes que Goudot nous a fait entrevoir,
et que madame Pfeiffer, elle, tâchera de nous faire con-
naître. Quelles félicitations adresser à celle qui entreprend
un tel voyage ? Il est impossible d'apprécier dignement
un courage aussi grand ou un dévouement à la science
aussi persévérant. Le plus bel éloge qu'on puisse faire de
cette femme remarquable, c'est de rappeler que Humboldt
l'appelle « son amie. »
J'étais en Allemagne quand une lettre du savant géo-
graphe M. le baron de la Roquette m'annonça que ma-
dame Pfeiffer était à Paris et venait d'être nommée mem-
448 rev. et mag. de zoologie. [Septembre 1856.)
bre honoraire de la Société de géographie. J'y revins im-
médiatement pour avoir l'avantage de la voir, et elle
voulut bien venir jeter un coup d'oeil sur ma collection de
Coléoptères et me donner plusieurs Insectes pris par elle
à Célèbes , et parmi lesquels se trouvait YEumorphus
Pfeifferii.
Puisse le succès du nouveau voyage de madame Ida
Pfeiffer dépasser les espérances de ses plus fervents amis !
Les sympathies de la science l'accompagneront au delà
des mers et jusque dans les contrées les plus reculées!
Veuillez, etc.
James Thomson.
Paris, le 12 août 1856.
Nous nous faisons un devoir de recommander à nos
lecteurs le journal la Science, si bien dirigé, aujourd'hui,
par M. Alfred de Gondrecourt. Ce journal paraît, le jeudi
et le dimanche, format grand in-4° de 8 pages à 2 co-
lonnes. Prix de l'abonnement annuel, 18 fr. Rue Coq-
Héron, 5.
TABLE DES MATIERES.
Pages.
S. A. le prince Ch. Bonaparte. — Nouveau genre d'oiseaux de
l'ordre des Pigeons. 401
Jaubert. — Quatorzième et dernière Lettre sur l'Ornithologie. 403
Duméril (Aug.). — Note sur les Reptiles du Gabon. 417
Bodrguignat. — Aménités malacologiques. 424
Chevrolat. — Description de quatre Longicornes européens. 435
Id. — Description de Longicornes nouveaux. 436
Académie des sciences. 438
Mélanges et nouvelles. 446
PARIS. — IMP. DE Mme Ve BOUCHARD -HUZARD , RUE DE L'ÉPERON , 5.
SIX-NEUVIÈME ANNÉE. — OCTOBRE 1856.
I. TRAVAUX INÉDITS.
Notices mammalogiques, par M. le Dr Pucheran.
(Voir 1856, p. 145, 315, 362.)
C'est M. Schlegel qui a le premier, si nos souvenirs
sont exacts , émis cette idée. La cause initiale de ce rap-
prochement réside dans la persuasion où se trouve l'il-
lustre zoologiste du musée de Leyde que le D. plumbeus
et le D. malayanus sont une seule et même espèce. Qu'il
en soit ainsi pour ce dernier type et le D. dubius, c'est ce
que je ne puis ni démentir ni affirmer, privé que je suis
d'une tète osseuse de la première, et ne connaissant , ni
dans notre musée, ni dans aucun musée d'Europe, d'exem-
plaire monté du D. dubius. Mais ce que je puis assurer,
ayant soumis leurs crânes à une comparaison suivie, c'est
que le Delphinus dubius est bien différent du D. plumbeus.
Le crâne du D. dubius, en effet, est moins allongé : sa
longueur du trou occipital au bout du museau ne dépasse
pas 42 centimètres. Son bec est doué d'une forme plus
régulièrement conique; aussi est-il moins comprimé à la
pointe. Ses intermaxillaires sont plus saillants; le plan des
maxillaires est, par conséquent, situé plus en arrière. Par
la disposition arrondie de sa crête occipitale , par la pe-
titesse de sa fosse temporale, par l'excavation de ses maxil-
laires en dehors des évents, cette tête osseuse offre beau-
coup de ressemblance avec celle du Delphinus dclphis,
tandis qu'elle est très-différente de celle du Delphinus
plumbeus.
2e série, t. vm. Année 1856. 29
450 rev. et mag. de zoologie. (Octobre 1856.)
Cette série d'observations comparatives que nous ve-
nons d'exposer nous semble de nature à justifier l'isole-
ment, comme type spécifique, du Dauphin plombé. Nous
pensons que la caractéristique peut en être donnée de la
manière suivante :
Delphinus plumbeus, Duss. — Adulte : Taille grande;
couleur du corps, gris plombé; extrémité et dessous de la mâ-
choire inférieure blanchâtres. Nageoire dorsale peu élevée,
mais allongée; nageoires pectorales et caudale bien étalées et
bien développées. Formule dentaire : „9 ^ ^, q^.
Jeune : bord de la mâchoire supérieure, mâchoire inférieure
et dessous du corps, jusquà la moitié de la queue, de couleur
blanchâtre.
Ce Cétacé est originaire de la côte du Malabar. Tout ce
que nous savons de ses mœurs, nous le devons aux notes
fournies par M. Dussumier à M. Frédéric Cuvier, notes
transcrites par ce dernier zoologiste. Ce sont ces notes
qui nous ont appris que « cette espèce se tient près • du
ce rivage, où elle poursuit les bancs de Sardines. Ses mou-
ce vements n'ont pas la vélocité de ceux des Dauphins
« qu'on rencontre dans les hautes mers. Ces animaux se
(( prennent dans les filets, mais difficilement; ils se dé-
« fient des préparatifs qu'ils voient faire aux pêcheurs, et
« savent éviter les pièges qu'on leur tend. Le bruit du
« fusil les effraye; ils fuient en plongeant, et on les voit
« reparaître à quelque distance dans une direction con-
« traire à celle qu'ils avaient prise (1). »
2. Delphinus longirostris.
Sous ce nom, M. Gray a décrit, en 1828 (2), une espèce
de Dauphin basée sur la connaissance d'un seul crâne
(1) Frédéric Cuvier, Histoire naturelle des Cétacés, p. 152.
(2) Spicilegia zoologica, fasc. I, p. 1.
TRAVAUX INÉDITS. 451
faisant partie de la collection de M. Brookes, et dont il
ignorait le lieu d'origine. Voici cette description :
I). longirostris. — Os.se palatino carinnto, postice conve.ro;
rostro longissimo attcnuato, supra dcpresso, linca média ele-
, ., . 48—50
vata; dentibus parvis utrwque „ .
Le bec, ajoute M. Gray, est plus effilé et plus déprimé
que celui du D. delphis; les os palatins sont plus forte-
ment carénés, et l'élévation centrale de la surface supé-
rieure du bec est large et convexe. Longueur de la tête ,
6 pouces; du bec, 11 pouces 1/2 : sa largeur est de 3 pou-
ces à la base.
Plus tard, sous cette même dénomination donnée par
M. Dussumier, M. Cuvier a parlé (1) d'une tête osseuse, de
la collection du musée de Paris, originaire de la côte du
Malabar. Ce Dauphin « surpasse même, » dit-il, « le Dau-
« phin commun par le nombre de ses dents ; il en a par-
ce tout de cinquante-cinq à soixante. »
Dans un travail de date plus récente que ceux dont il
vient d'être question , M. Schlegel $) a réuni ces deux
espèces en leur rattachant, en second lieu, le Dauphin du
Capr dont la découverte est due à M. Gray lui-même (3).
M. Schlegel se trompe cependant en disant que le Delph.
longirostris, Dussumier, est originaire de Ceylan. L'asser-
tion de M. Cuvier, les notes que nous avons recueillies
dans les catalogues du Muséum , sont d'accord pour éta-
blir que ce crâne a été rapporté de la côte du Malabar.
Dans le cours de sa description, M. Schlegel nous ap-
prend que le crâne type de If. Gray fait présentement
partie du musée de Leyde; qu'il est un peu mutilé à sa
partie antérieure, et que , ayant perdu quelques-unes de
ses dents, il en est résulté que M. Gray n'en a compté que
(1) Règne animal, 2e édit., vol. I, p. 288.
(2) Fauna japonica, Mai»., p. 13 et 14.
(3) Loc. cit., p. 2.
452 rev. et mag. de zoologie. {Octobre 1856.)
quarante-huit à cinquante de chaque côté, quoique ce
crâne même en offre cinquante-cinq. Le même zoologiste
ajoute ensuite que le crâne de cette espèce est plus
étroit, plus allongé que celui du Dauphin commun, et dé-
pourvu des deux profonds sillons palatins qui caracté-
risent le crâne de l'espèce de nos mers d'Europe (1).
Or M. Gray, dont nous avons plus haut cité textuelle-
ment la description, nous dit, au contraire, que l'os pa-
latin, dans son Belph. longirostris, est doué d'une carène,
ce qui suppose naturellement l'existence des deux sillons
palatins. Quel est celui des deux zoologistes qui, dans
cette circonstance, a mal observé? C'est une question que
nous ne pouvons élucider : contentons-nous seulement de
faire observer qu'il y a désaccord , sous un point de vue
d'importance majeure, entre les deux diagnoses.
Quant à notre crâne type de M. Dussumier, il est plus
étroit que celui du D. delphis, mais bien pourvu d'une
carène palatine et des deux sillons latéraux. La formule
55 55
dentaire est ^ — ^r» et des deux côtés, soit en bas, soit
53—54
en haut, il y a un vide assez étendu depuis les dents les
plus antérieures jusqu'au bout du bec. M. Gray (2) a
observé sur la tête osseuse de notre collection nationale
les caractères que nous venons de signaler : les mesures
qu'il donne de certaines de ses dimensions sont même
différentes de celles attribuées par lui au crâne qu'il a
initialement décrit.
Évidemment, il y a dans tous ces faits matière à de
nouvelles investigations. Nous nous permettrons de les
recommander au savant zoologiste de Leyde , dont per-
sonne plus que nous n'admire le talent hors ligne, soit
comme observateur, soit comme homme de synthèse.
(1) Faunajaponica, Mam., p. 14.
(2) Zool. Ercbus et Terror, p. 42; et Cat. of Mam. of Drit. mus,
Cetacea, p. 125.
TRAVAUX INÉDITS. 453
Convenablement placé pour porter de nouveau son atten-
tion soit sur le type de M. Gray, soit sur ceux qui lui ont
servi de base pour son travail, il peut seul nous apprendre
d'une manière définitive si ce sont deux ou trois espèces
qui ont été confondues sous ce nom commun de Delphi-
nus longirostris. Les différences que nous avons signalées
sont trop importantes pour ne pas donner lieu de croire
que les opinions actuellement régnantes à ce sujet en zoo-
logie doivent être modifiées.
3. Dauphin véloce [Delphinus velox), Dussumier.
Cette espèce, ainsi que les deux suivantes, a été plus
nettement admise que les deux précédentes; mais, no-
nobstant cette circonstance, nous croyons devoir exposer
tous les détails la concernant. Voici ce qu'en a initiale-
ment dit M. Frédéric Cuvier :
« M. Dussumier s'est emparé de ce Dauphin entre l'île
« de Ceylan et l'équateur. Il faisait partie d'une troupe
« innombrable qui disparut aussitôt que l'individu dont
« il est ici question fut blessé. La rapidité de ces Dau-
« phins dans leurs mouvements était extrême et surpas-
« sait celle des autres Dauphins , ce qui a déterminé
« M. Dussumier à lui donner le nom latin de velox. Ses
« dents sont au nombre de quarante et une de chaque
« côté des deux mâchoires. Il est noir en dessus et d'une
« teinte verdàtre très -foncée en dessous, avec des mar-
te brures noires.
« Sa longueur totale est de 4 pieds 9 pouces, et la hau-
te teur du corps à la dorsale six fois un tiers dans la lon-
« gueur : son épaisseur n'en est que le sixième. La dis-
« tance du bout du museau à l'œil est environ un tin-
te quième de la longueur de l'animal. Le front s'élève sur
ee le bec presque au tiers de cette même distance.
« L'évent est sur l'aplomb de l'œil, dont le diamètre est
ee le douzième de la distance du bout du museau à l'œil.
454 rev. et mag. de zoologie. (Octobre 1856.)
« La dorsale est placée sur le milieu du corps, de façon
« que son bord antérieur s'élève en avant de cette moitié
« par un angle un peu plus petit que 45° ; la base est six
« fois un tiers dans la longueur du corps. Sa hauteur égale
« sa longueur : son bord antérieur, légèrement sinueux ,
<( présente la figure d'un S peu ventru ; son angle supé-
« rieur est assez aigu, et le bord postérieur est très-échan-
« cré : il se prolonge à peine en carène sur le dos.
« La queue a une carène courte et peu élevée ; sa lar-
« geur est contenue trois fois et quatre cinquièmes dans
« la longueur totale du corps : sa hauteur est trois fois et
« deux tiers dans la largeur : ses deux lobes aigus sont sé-
« parés par une échancrure assez ouverte ; ils sont eux-
« mêmes peu échancrés.
« La longueur de la pectorale n'égale pas le septième
« de la longueur totale; sa hauteur, un tiers : ses deux
« bords sont très-arquésf et elle est pointue (1). »
Plus récemment , M. Frédéric Cuvier a un peu modifié
sa description primitive. Ainsi, suivant lui, la couleur est
entièrement noire, et non marbrée de noir sur un fond
verdàtre (2). « Je fais, dit-il, cette rectification d'après les
« renseignements nouveaux que je dois à la complaisance
« de M. Dussumier (3). » Il ajoute ensuite que la hauteur,
vis-à-vis de la dorsale, est de dix pouces, et son épaisseur
un peu moindre : la hauteur de la dorsale est égale à sa base
et de 5 pouces d'étendue. La nageoire caudale, dit égale-
ment M. Fr. Cuvier, a plus de 1 pied de largeur, et la lon-
gueur des pectorales est de 9 pouces sur 3 dans leur partie
la plus large. Cette dernière rectification est d'autant plus
importante que, d'après les indications fournies dans le
texte de la 60e livraison de la Ménagerie du Muséum, on
aurait pu croire que la hauteur de la pectorale était le tiers
(1) Mamniifères de la Ménagerie du Muséum, 57e livraison.
(2) Histoire naturelle des Côtaeés, p. 154.
(3) Ibidem, id.
TRAVAUX INÉDITS. 455
de la longueur totale, tandis qu'il s'agit seulement du tiers
de la longueur de cette nageoire, .ainsi que.le prouvent ces
dimensions respectives de 3 pouces de largeur sur 9 de lon-
gueur.
J'ai pu parfaitement retrouver, dans notre exemplaire
du musée de Paris, tous les caractères mentionnés dans
les descriptions que nous venons de citer. Ainsi je ne suis
point étonné que M. Frédéric Cuvier ait avancé que, dans
les parties inférieures de cette espèce, la coloration était
d'une teinte verdàtre très-foncée avec des marbrures noi-
res, car j'ai pu constater qu'il en est à peu près de même
maintenant. La nageoire dorsale présente bien, dans son
bord antérieur, la disposition sinueuse signalée par le
même zoologiste. Ajoutons que, comparé au Delphinus
plumbeus, le Delphinus velox s'en distingue par une taille
moindre et par des différences de forme dans certaines de
ses parties. Ainsi la dorsale , plus élevée proportionnelle-
ment, est, au contraire, moins allongée; elle est plus
échancrée au bord postérieur. La carène qui suit cet ap-
pendice est moins saillante : il en est de même de la ci été
qui va s'arc-bouter sur la queue. Les pectorales sont plus
grêles, plus élancées : la caudale, largement étalée de
droite à gauche, l'est fort peu, en revanche, d'avant en
arrière.
Voici les dimensions de notre individu :
Longueur totale (du bout de la mâchoire supérieure
au bord inférieur dé la caudale, le lien passant sur le
dOS) jm^cm^mm
du bout de la mâchoire
supérieure à la dorsale. GG 8
du point d insertion de
Distance. . .(la dorsale en arrière,
sur le corps, jusqu'au
bord inférieur de la
\ caudale 63 8
Longueur du bord adhérent de la dorsale jusqu'au
456 rev. et mag. de zoologie. (Octobre 1856.)
point où elle se confond, en arrière, avec la carène du
dos 24cm,0mm
Longueur du bec 11 0
du bout de la mâchoire su-
périeure à l'évent. ... 28 2
du bout de la mâchoire su-
Distance. . . périeure à l'œil. ... 27 4
du bout de la mâchoire su-
périeure au point d'émer-
gence de la pectorale. . 36 0
Longueur du bord extérieur de la pectorale. 25 0
d'un côté à l'autre (mesure
prise au-dessus du bord
libre) 38 3
Étendue de la) d'avant en arrière (depuis le
caudale. . . .\ point où elle se sépare du
corps jusqu'au bord infé-
rieur, à côté de l'échan-
crure) 10 9
MM. Cuvier (1) donnent à cette espèce quarante et une
dents de chaque côté et à chaque mâchoire. N'ayant pu
encore observer le crâne de notre type, il m'est malheu-
reusement impossible de donner aucun détail sur ses
formes.
4. Delphinus frœnatus, Duss., et Delpliinus frontalis, Duss.
Ainsi que les espèces précédentes, celles-ci ont été
rapportées par M. Dussumier, mais elles sont originaires
de l'océan Atlantique. L'une [D. frontalis) a été harponnée
(1) Frédéric Cuvier, Ménagerie du Muséum et Hist. nat. des Cé-
tacés, p. 154. — Cuvier, Règne animal, 2B édit., I,p. 288.— J'iguore
à quelle source M. Gray {Ereb. et Terr., p. 44; et Cal. of the Brit.
Mus., p. 132) a puisé la formule deutaire -f? qu'il attribue à cette
espèce, d'après M. Frédéric Cuvier.
TRAVAUX INÉDITS.
457
à la hauteur des îles du cap Vert, l'autre à 30 lieues au
sud de ces îles : l'une et l'autre ont été figurées et décrites
par M. Frédéric Cuvier (1). Les deux types étaient fort
semblables par leur taille, ainsi que nous l'apprend ce
dernier zoologiste ; mais , nonobstant cette similitude ,
c'est à regret que nous nous voyons forcé de ne donner
actuellement que les dimensions du D. frontalis. Voici les
mesures :
Longueur totale (du bout de la mâchoire supérieure
à l'échancrure médio - caudale , le lien passant sur le
dos) |ft,4Nfr%*W
du bout de la mâchoire
supérieure à la dorsale. 66 8
du point d'insertion de
la dorsale , en arrière ,
sur le corps, jusqu'à l'é-
chancrure médio-cau-
dale 58 7
du bout de la mâchoire
supérieure à l'évent. . 28 7
du bout de la mâchoire
supérieure à l'œil. . .. 27 0
du bout de la mâchoire
supérieure à l'émer -
gence de la pectorale. 38 0
du bec 11 4
du bord extérieur de la
pectorale
Longueur. . .( du bord adhérent de la
dorsale (jusqu'au point
où elle se confond avec
la carène du dos). . .
Largeur d'un côté à l'autre, au bord
libre de la caudale 38 0
Distance.
25 6
24 0
(1) Mammifères de la Ménagerie, 58e et 59e livraisons.
458 rev. et mag. de zoologie. (Octobre 1856.)
Les différences de ces deux espèces, sous le point de
vue de la coloration, ont été parfaitement établies par
M. Frédéric Cuvier (1) ; aussi ne pensons-nous pas qu'il
soit nécessaire d'insister. Il n'en est pas de même des
caractères de forme fournis par les nageoires dorsale
et caudale, caractères déjà fort saisissables dans les
figures données par M. Frédéric Cuvier, et que nous
avons pu constater de nouveau sur le type du Delphinus
frontalis.
C'est ainsi que le bord antérieur de la nageoire dorsale
est plus droit, moins courbé dans le Delphinus frœnatus
que dans le Delphinus frontalis. Au bord postérieur, l'échan-
crure est, de même, moins incurvée, plus verticale. Le
bord adhérent de ce même appendice se trouve, au con-
traire, plus étendu, plus allongé d'avant en arrière. La
crête qui précède la carène caudale est plus saillante , et
plus saillante aussi est cette dernière. Quant à la nageoire
caudale, moins étalée de droite à gauche, elle l'est, au
contraire, davantage, surtout proportionnellement, d'avant
en arrière. Mais, nous devons le redire encore, c'est d'a-
près les figures que les zoologistes pourront se faire une
idée de toutes ces dissemblances. Un instant nous avons
cru, en effet, avoir retrouvé (2) le type du Delphinus frœ-
natus; mais, après que la tête osseuse a été extraite, nous
avons pu constater qu'elle était totalement semblable à
celle du Delphinus delphis.
Exposons maintenant les observations que nous avons
eu occasion de faire sur les têtes osseuses. Dans les deux
espèces, la région palatine est aplatie , de même que dans
le Delphinus dubius; mais, dans le Delphinus frontalis , le
bec est plus long que dans le Delphinus dubius, et le sillon
antérieur des intermaxillaires est plus ouvert, plus sail-
(1) Ménagerie du Muséum, id.
[2) Comptes rendus de V Académie des sciences de V Institut de
France, vol. XLII, p. 446.
TRAVAUX INÉDITS. 459
lant. Les intermaxillaires sont plus convexes, les maxil-
laires situés dans un plan plus postérieur. Au niveau de
la fente antérieure du bec, les intermaxillaires se déjettent
en dehors et sont plus relevés. Les maxillaires intérieurs
sont plus forts, plus développés. La portion crânienne
proprement dite est plus étendue, soit d'avant en arrière,
soit de droite à gauche. La fosse temporale est plus large :
il en est de même de la lame qui se trouve en dehors de
la bordure extérieure des évents. Les dents sont moins
grêles, plus obtuses. A la mâchoire supérieure, le nom-
bre des dents, et il est encore incomplet, est de trente-
cinq de chaque côté. Le nombre en est incomplet égale-
ment à la mâchoire inférieure ; il est de trente-huit d'un
côté, de trente-six de l'autre (1). Le crâne du D. dubius
atteint seulement (de la crête occipitale au bout du mu-
seau, en longueur directe) plus de 30 centimètres : il dé-
passe, chez le D. frontalis> 33 centimètres.
Nous avons pu examiner deux crânes de D. frœnatus,
l'un ayant, sans nul doute, appartenu au type de l'espèce,
l'autre à un individu pris près des Açores et donné, par
M. Dussumier, en 1836. L'un et l'autre, ce dernier sur-
tout, ressemblent au Delphinus duhtus par la longueur de
leur portion rostrale. Ce même crâne n'en diffère pas non
plus par l'état de forme de ses fosses temporales, mais le
premier a cette région plus étendue de haut en bas et
moins allongée d'arrière en avant ; en outre, ses inter-
(1) M. Cuvier dit de cette espèce de Dauphin (Règne animal,
2e édit., vol. I, p. 288) qu'elle offre treute-quatre dents partout et
qu'elle est un peu autrement colorée que le D. dubius. M. Frédéric
Cuvier, dans le texte de la Ménagerie du Muséum, lui accorde trente-
six dents de chaque côté et à chaque mâchoire; mais il est évident
qu'à cette époque M. Frédéric Cuvier pensait qu'il s'agissait du D.
dubius. Les nombres donnés par M. Gray {Zool. of Erebus and Ter-
rory p. 40) concordent plus avec les nôtres; la formule dentaire est,
„ , . 37-37
d après cet observateur, .
37 — 36
460 rev. et mag. de zoologie. [Octobre 1856.)
maxillaires sont plus saillants, à la base du bec surtout, et
de là la position des maxillaires sur un plan plus posté-
rieur : l'échancrure de la pointe du bec est disposée
comme dans l'espèce précédente. Ajoutons que les maxil-
laires inférieurs sont plus forts. Le nombre des dents,
encore incomplet, est de 37 — 33 en haut , et de 34 — 34 en
bas.
Nous conclurons , de ces diverses observations ostéolo-
giques, que le Delpkinus frontalis est encore plus diffé-
rent du Delpkinus dubius que le Delphinus frœnatus lui-
même, quoique ce dernier ait été pris dans des parages
plus éloignés. Mais ce type ne pourra être définitivement
bien isolé que lorsque nous connaîtrons les formes exté-
rieures et le mode de coloration du Delphinus dubius.
L'assertion de M. Cuvier (1), que ce dernier ressemble au
D. delphis par les couleurs, ne nous paraît pas avoir été
confirmée par des observations ultérieures, et , par cela
même, ne doit être que provisoirement acceptée.
(La suite au prochain numéro.)
Note sur les reptiles du Gabon, par M. le docteur Aug.
Duméril, aide-naturaliste au muséum d'histoire natu-
relle, professeur agrégé à la faculté de médecine de
Paris. (Voir 1856, p. 369,417.)
Ordre des Ophidiens. — I. Sous-ordre des Opotérodon-
tes ou Serpents ver mif ormes. — Famille des Épanodontiens.
Genre Onychocéphale , Onycoeephalus, Dum. et Bib.
Ce genre est très -nettement caractérisé par la confor-
mation remarquable de la plaque rostrale, dont la forme,
ainsi que le rappelle la dénomination proposée par mon
père et par Bibron , a quelque analogie avec celle des
ongles de l'homme. De plus, les narines s'ouvrent à la ré-
(1) Règne animal , 2e édit., vol. I, p. 288.
TRAVAUX INÉDITS. 461
gion inférieure du museau. Il faut donc, nécessairement,
y rapporter tous les Serpents Opotérodontes (voir, pour
la classification de ce sous-ordre d'Ophidiens, Erpét. gê-
ner., t. VII, lre partie, p. 17) à dents sus-maxillaires ou
Épanodontiens , qui ont la plaque rostrale conformée
comme il vient d'être dit, et dont les ouvertures nasales
sont dirigées en bas.
Les espèces sont maintenant assez nombreuses. On en
trouve cinq décrites dans l'ouvrage que je viens de citer
(0. Deîalandiiy multi-lineatus, uni-lineatus, acutus, congés-
tus) et trois par M. A. Smith [Illustr. zool. S. Africà,
pi. li etLiv, 0. Bibronii, capensis, verticalis). M. Hallowell
en a fait connaître deux autres reçues de Libéria. L'une,
qu'il a nommée 0. liberiemis et dont il a adressé un beau
spécimen au musée de Paris , s'est trouvée parmi les en-
vois de M. Aubry ; la seconde a reçu du zoologiste amé-
ricain le nom d'O. nigro-lineatus. Elles sont, l'une et
l'autre, figurées soit en totalité, soit en partie (Proceed.
Acad. Philad.). M. Peters, de même que les deux zoolo-
gistes précédents, adopte le genre Onychocéph. comme il
est caractérisé dans Y Erpét. gêner., et y rapporte [Monats-
bcr. der Kon. preuss. Akad. der Wissenschaften zu Berl.,
1854, p. 620) les quatre espèces suivantes : O. dinga, mu-
cruso, mossambicus, trilobus. Considérant la situation des
narines en dessous comme un caractère tout à fait dis-
tinctif entre ce genre et celui des Typhlops , où elles sont
latérales, il nomme Typhlops capensis Y Onychocephalus ca-
pensis de M. Smith (1).
(1) Je dois rappeler ici que M. Gray [Cal. of Liz., p. 132), à une
époque antérieure à la publication de YErpét. génër., puisqu'il n'a
pas cité cet ouvrage, a rapproché du Typhlops de Delalande, sous le
nom d'Onychophis, plusieurs espèces dont une seule nous est connue,
c'est le T. Eschrichlii, Schlegel (Ophlhalmidion Eschr., Dura, et
Bib., Erpét. gmer., t. VI, p. 265). Les bases de la division des Ty-
phlopiens en divers genres n'étant pas les mêmes dans l'ouvrage du
zoologiste auglais que dans YErpét. génér., je ne puis pas, avec cer-
462 REV. et mag. de zoologie. (Octobre 1856.)
, Tous ces Onychocéphaies ont les yeux plus ou moins
apparents. Or deux Serpents recueillis au Gabon par
M. Aubry, et qui sont les types d'une espèce non encore
décrite, appartiennent évidemment au genre dont il s'agit
par la conformation si caractéristique de la plaque ros-
trale et par la position des narines. Ils en diffèrent cepen-
dant par cette particularité que les yeux sont complète-
ment invisibles. En raison de l'importance du caractère
tiré de la forme du museau, il me semble impossible d'é-
loigner de ce groupe notre nouvelle espèce, mais il devient
nécessaire de le diviser en deux sous-genres, l'un réunis-
sant les espèces dont les yeux sont visibles, et l'autre, qui
n'en comprend encore qu'une seule, celles où ces organes
sont cachés par les plaques qui les recouvrent.
Je nomme ce premier type de la deuxième division du
genre :
Owchocéphale aveugle, Onyehocephalus cœcus , A.
Dum. Espèce nouvelle. (PI. xxi, fig. 4, 4«, 4 6, 4c.)
Yeux invisibles. Queue conique, courbée, d'une longueur
à peine égale à la largeur de la tête, armée d'une petite épine;
bord tranchant de la plaque rostrale occupant toute la lar-
geur du museau et formant une légère saillie dans son milieu;
portion supérieure de cette plaque très-grande et régulièrement
ovalaire; teinte générale d'un brun clair.
La forme générale de cet Onychocéph. est analogue à
ceile des autres Serpents de cette famille, mais il se rap-
proche surtout des espèces qui sont le plus effilées.
L'extrême exactitude des figures de la pi. xxi me dis-
pense d'entrer dans de longs détails descriptifs relati-
vement à la conformation des plaques de la tète. La ros-
trale est très-grande et bordée, de chaque côté, par une
titude, rapporter au genre Ouychoeéphale les espèces du musée de
Londres qui nous sont inconnues, et dont nous ne possédons aucune
représentation analogue à celles qui sont jointes aux descriptions
données par MM.Schlegel,A.Smith et Hallowell.
TRAVAUX INÉDITS. 463
fronto-nasale qui se prolonge, en arrière, aussi loin que
la rostrale , et qui se replie sous le museau , où l'on voit ,
entre elle et la portion inférieure de la rostrale, une très-
petite plaque nasale commençant en pointe, au niveau de
la lèvre supérieure, et se terminant à la narine. En raison
de l'absence des yeux, il est difficile d'assigner aux pla-
ques, d'ailleurs plus petites que dans les autres espèces,
les dénominations de plaques préoculaires, oculaires et
sur-oculaires. Le long du bord postérieur de la rostrale,
on voit une assez grande pièce squammeuse plus large que
longue : c'est la frontale antérieure ; mais l'analogie des
écailles environnantes avec celles du reste du corps ne
permet pas de distinguer les plaques dites, dans les autres
espèces, frontale, pariétale et inter-pariétales. La lèvre
supérieure porte, comme d'ordinaire, quatre paires de
plaques sus-labiales séparées , sur la ligne médiane , par
un petit prolongement de la rostrale qui complète le re-
vêtement squammeux de la lèvre. — La fig. 4 c montre la
brièveté et l'incurvation de la queue. Elle est seulement
la soixante-seizième partie de la longueur tptale, qui est
de 0m,38, car elle ne dépasse pas 0^,005.
Le système dentaire est semblable à celui des autres
Épanodontiens, c'est-à-dire que la mâchoire inférieure
manque de dents et qu'il y en a trois ou quatre seulement
sur chacun des os sus-maxillaires, dont la forme et la dis-
position sont très-exactement représentées sur la pi. lxxv
de YErpét. génér., fig. 1. — Nos deux exemplaires ne
présentent entre eux aucune différence; ils sont, l'un et
l'autre, d'une teinte brun-clair uniforme.
II. Sous - ordre des Aglyphodontes ou Serpents colu -
briformes non venimeux (1). — Famille des Lycodon-
(1) Le Python de Scba a été plusieurs fois adressé du Sénégal au
Muséum, où l'on a reçu, en outre, par les soin£ de M. D'Arnaud, un
individu recueilli pendant l'expédition vers le Nil Blanc; il fait
aussi partie des collections formées dans le Gabon par M. Aubry. —
464 rev. et mag. de zoologie. (Octobre 1856.)
tiens. — Tribu des Boœdoniens (1). — Sous-genre Bojedon,
Dum. et Bib. — Dans ce groupe, caractérisé par la lon-
gueur proportionnelle des crochets antérieurs, dont la
disposition est analogue à celle qu'on remarque chez les
Boas, il y a une espèce, nommée Boœdon capense (Erpét.
gêner. y t. VII, p. 364) (2), qui ne vit pas seulement dans
l'Afrique du sud, elle se rencontre également au Gabon ;
M. Aubry nous en a fait parvenir un sujet adulte. Cet
Ophidien, d'ailleurs, avait été déjà observé sur la côte
occidentale d'Afrique. J'en ai acquis la certitude par
l'examen comparatif d'un spécimen originaire de Libéria,
et donné par l'Acad. de Philadelphie sous le nom de Cœ-
lopeltis virgata, Hallowell (Proceed. Àcad. Philad., juin
1854), et chez lequel on ne trouve ni la particularité no-
table d'une légère concavité de la région frontale, ni les
Un autre Serpent que M. Hallowell avait d'abord nommé Python li~
beriensis (Proceed. Acad. P/iiJ., 1845, t. II, p. 249), et qu'il a, plus
tard, rapporté au genre Boa (/d., juin 1854), nous est inconnu. Il
est, en effet, caractérisé comme Boa, ainsi qu'on le voit dans la
diagnose, par la présence de quelques plaques seulement sur la par-
tie antérieure de la tête et par l'absence de division des urostéges ou
plaques sous-caudales, qui forment un seul rang.
(1) Cette tribu ne comprend, dans V Erpét. génêr., que le groupe
des Boaedons, formant un sous-genre jusqu'alors unique, mais il
faut maintenant en rapprocher un autre que je nomme Holuropholis.
H est caractérisé par une disposition spéciale des plaques sous-
caudales ou urostéges, car au lieu d'être doubles, comme chez les
Boaedons, elles sont simples, au contraire, et placées sur un seul
rang, dans le sous-genre nouveau; On trouve donc ici la même dif-
férence que celle qui a motivé parmi les Opisthoglyphes, dans la fa-
mille des Scytaliens , la distinction des genres Rhinosime et Rhino-
slome (Erpét. génér., t. VII, 2e partie, p. 991 et 992).
(2) Le Boœdon du Cap, décrit pour la première fois dans cet ou-
vrage, est distinct du Lycodon capense, A. Smith, ou Lyc. Horstokii,
Schl., espèce dont les noms ont été placés par erreur à la page 3G4,
en tête de l'histoire du Boœdon capense. Cette synonymie ne doit,
en effet, se rapporter qu'au Lycophidion Horsl., Fitz, signalé dans
V Erpét. génér., t. VII, p. 412.
TRAVAUX INEDITS. 465
dents postérieures sillonnées. Il y a identité parfaite, au
contraire, entre cet individu de Libéria et le Boaedon du
Cap. — M. le professeur J. G. Fischer a récemment décrit
(Neue schlangcn des Hamburg. naturhistor. Mus. in Ab-
handl. aus dem Gcbiete der naturviss. Hamb., t. III , 1856,
p. 91) une espèce nouvelle de ce genre, Boœdon nigrum,
pi. m, fig. % a, 6, c, originaire de Saint-Thomé (Afr.
occid.). Elle est distincte de celles que l'on connaissait
déjà , mais le musée de Paris ne la possède pas.
Holuropholis, Holuropholis (1), A. Dum. Genre nou-
veau. — Les cinq ou siœ premières dents sus-maxillaires plus
longues que les autres, dont elles sont séparées par un petit in-
tervalle; les premières dents palatines et sous-maxillaires éga-
lement plus longues que celles qui les suivent ; scutelles sous-
caudales ou urostèges non divisées.
Ces caractères montrent les analogies de ce genre et du
genre Boœdon relativement à la disposition du système
dentaire, et la différence importante qui se remarque dans
l'arrangement des urostèges, dont il y a un seul rang, tan-
dis qu'elles sont divisées chez toutes les espèces de cette
famille.
La diagnose peut être complétée par l'indication des
particularités suivantes : narines ouvertes dans une seule
plaque, contrairement à ce qui se voit chez les Boaedons,
qui ont deux nasales , l'une antérieure et l'autre posté-
rieure ; une frênaie, une préoculaire, deux post- oculaires;
troisième et quatrième sous-labiales bordant l'œil en des-
sous ; écailles du tronc lisses; gastrostéges à peine relevées
vers les flancs. — Premières dents de la mâchoire supé-
rieure longues, et séparées par un intervalle des dents
plus courtes et plus nombreuses qui les suivent ; les pre-
mières sous-maxillaires également plus allongées que les
autres ; les palatines de dimensions plus considérables
que les ptérygoïdiennes.
(1) De ohoç, entier, non divisé; ovpa,, queue, et qohU, écaille.
2e sérib. t. yiii. Aunée 1856. 30
466 rev. et Mag. de zoologie. (Octobre 1856.)
Espèce unique. Holuropholis olivâtre , Holuropholis
olivnceus, A. Dum. - — Itégions supérieures d'une teinte oli-
vâtre uniforme; régions inférieures plus claires, irrégulière-
ment nuancées de brun obscur.
Ce Serpent a beaucoup de rapports dans sa conforma-
tion générale avec le Boœdon du Cap ; il est même plus
trapu que ce dernier ; sa queue, sans être plus courte, est
plus confondue à sa base avec le tronc. — La tête, peu
élargie en arrière, est recouverte de neuf plaques , qui
n'offrent rien de spécial à noter; mais les pariétales sont
courtes et ne dépassent pas le niveau de l'articulation de
la mâchoire inférieure. — La plaque nasale unique est
allongée et percée par l'orifice de la narine, qui est irré-
gulièrement triangulaire et un peu dirigé en haut. La
plaque frênaie a la forme d'un triangle à sommet supé-
rieur. — Les écailles du tronc sont losangiques , de mé-
diocres dimensions, lisses et disposées sur vingt-sept ran-
gées longitudinales. — La longueur totale est de 0m,65,
ainsi répartis : tête et tronc, 0m,5'î ; queue, Om,ll. — Au-
cun détail sur le système de coloration n'est à ajouter à
ceux que renferme la diagnose. — Le spécimen type de
ce genre nouveau provient du Gabon, et il est le seul que
M. Aubry ait pu se procurer.
Il faut encore signaler, parmi les Serpents non veni-
meux de cette contrée, une élégante espèce arboricole
appartenant aux Syncrantériens , famille dont le nom
rappelle que les deux dernières dents sus-maxillaires, plus
longues que les autres, forment avec celles-ci une série
continue, au lieu d'en être séparées par un intervalle li-
bre, comme chez les Diacrantériens. Cette couleuvre, dé-
crite par M. Schlegel, d'après Boie, sous la dénomina-
tion de Dendrophis smaragdina, est placée dans YErpét.
génér., t. VII, p. 537, parmi les Leptophides [L. smarag-
dinus), et l'on y trouve cité le spécimen donné par M. Au-
bry, qui a, depuis cette époque, fait parvenir un autre
échantillon.
TRAVAUX 1NKD1TS. 467
Sous le nom de Meizodon, de y.i((:o\\ plus grand, et de
\M\\ dent, M. Fischer [lor. cit., p. 112, pi m, hg. 3, a,
b, c) fait connaître, comme type de ce genre, une espèce
de Péki (Air. occid.) inconnue au musée de Paris, et qu'il
nomme M. régulons. En raison de l'accroissement pro-
gressif en longueur des dents de la mâchoire supérieure
d'avant en arrière, d'où est tirée la dénomination géné-
rique, ce zoologiste place le Serpent dont il s'agit dans
la famille des Coryphodontiens , Dum. Par sa conforma-
tion générale cependant, l'espèce ressemble surtout aux
Abhbes, Dum. ( Isodontietss , du groupe des Àglypho-
dontes). De la réunion de ces deux ordres de caractère»
est née la nécessité dune nouvelle coupe générique. —
Je pense néanmoins, en considérant, d'après les figures,
l'analogie qui se remarque dans l'aspect général entre cet
Ophidien et les Coronclles, qu'il devrait plutôt prendre
rang dans le genre qui renferme, sous ce dernier nom,
les Coronellcs des auteurs où les dents, peu différentes de
celles des Coryphodontes, offrent les caractères propres
aux Syncràntériens (1).
III. Sous -ordre des Opisthoglyphes ou Serpents colubri-
formes venimeux à dents sillonnées postérieures. — Dans la
première famille de ce vaste groupe, celle des Oxycépiu-
liens, qui comprend des Ophidiens appelés, par leurs
formes élancées, à vivre sur les arbres et à y chercher
leur proie, je dois signaler une belle espèce, recueillie au
Gabon par M. Aubry-Lecomte. Considérée comme nou-
velle à l'époque de la rédaction du t. VII de YErpét. gê-
ner., elle y a été décrite (IIe partie, p. 821) et nommée
Oœybelis Lecomtei. Cette désignation spécifique ne doit
(1) Pour n'omettre aucun des Serpents Aglyphodontes de l'Afrique
occidentale récemment décrits par M. Fischer, je mentionne ici les
deux espèces qu'il nomme Hapsidophrys lineafus et cœruleus ,
types d'un nouveau genre de Serpents d'arbre voisin des llerpeto-
dryas {toc. cit., p. 110 et suiv., pi. u, iig. 5 a, b, 6 a, b). Ces Ophi-
diens manquent à nos collections.
468 rev. et MAfr. de zoologie. (Octobre 1856.)
cependant pas être conservée, car M. le docteur Hallo-
well avait déjà fait connaître le même Serpent, d'abord
comme Leptophis Kirtlandi (Procced. Acad. Philad., t. II,
p. 62, 1844), puis ensuite comme Dryophis Kirtl. (id.,
1854). Un exemplaire, recueilli à Libéria et envoyé par
l'Acad. de Philadelph. sous cette dernière dénomination,
montre qu'il y a identité avec notre Ox. de Lecomte, qui
devient, dès maintenant, dans nos collections, Ox. de
Kirtland, et non pas Dryophis, car ce nom générique n'est
pas adopté au musée de Paris. — Nous ne connaissons
pas Ox. violacea, Fisch. [loc. cit., p. 91 , pi. n, fig. 7 a,
b, c), d'Édina, dans le Grand-Bassam (Afr. occid.). Cette
espèce, très-analogue à celle dont je viens de parler, en
diffère cependant , comme l'indique ce zoologiste , en ce
qu'elle est d'un violet gris irrégulièrement marbré de
noir, au lieu de présenter la teinte verte habituelle de
YOx. de Kirtland. Cette dernière, en outre, a deux pla-
ques frênaies, et l'on n'en voit qu'une dans YOx. violacé.
Sténocéphaliens. — Élapomorphe du Gabon (Elapo-
morphus gabonensis), A. Dum. Espèce nouv. (1).
(1 ) C'est avec un peu d'hésitation que je rapporte cette espèce afri-
caine au genre Elapomorphe, qui ne comprend que des Serpents
américains. L'analogie entre ce nouvel Ophidien et ceux dont je le
rapproche est telle cependant, qu'il semble préférable de ne pas
considérer ce spécimen unique comme le type d'un genre nouveau,
malgré cette différence d'origine que le nom spécifique est destiné à
rappeler, et malgré les petites dissemblances suivantes : ainsi 1° ou
compte deux dents sus-maxillaires seulement de chaque côté, au lieu
de cinq, au devant des dents sillonnées, et, par suite, la mâchoire
supérieure est plus courte encore; 2° il y a une plaque sus-labiale
de plus, c'est-à-dire sept, dout la troisième et la quatrième bordent
l'œil en dessous ; 3° enfin les narines s'ouvrent dans deux plaques et
non pas dans une seule. Si ces particularités se rencontrent plus
tard chez d autres Opisthoglyphesfecueillis en Afrique comme celui-
ci, peut-être alors sera-t-il convenable de les réunir sous une déno-
mination générique particulière, eu les laissant auprès des Elavo-
morphes.
TRAVAUX INÉDITS. fc69
Régions supérieures d'un vert olive, pointillées de blanc et
parcourues , dans toute leur longueur, par trois raies paral-
lèles d'un vert plus foncé; un collier de cette dernière nuance;
régions inférieures d'une teinte jaunâtre claire et uniforme.
Neuf plaques sus-céphaiiques; préoculaire unique; deux
pott-oculaires ; deux temporales entre les pariétales et les cin-
quième, sixième et septième sus- labiales ; queue courte, termi-
née par une squame pointue.
Par tout l'ensemble de sa conformation, ce Serpent se
rapproche beaucoup de ses congénères. La tête est con-
fondue avec le tronc, qui est arrondi et de la même gros-
seur, dans toute son étendue, jusqu'au milieu de la queue ;
celle-ci est courte, car elle ne représente guère que le
treizième de la longueur totale , et elle se termine en
pointe. La tète est plate, confondue, en arrière, avec le
tronc, et large en avant par suite de la forme arrondie du
museau. Les yeux, dirigés obliquement en dehors et en
haut, sont très-petits et à pupille circulaire. Les narines
sont ouvertes à la région supérieure du museau dans le
point de réunion des plaques nasale et post-nasale. — La
plaque rostrale, large et basse, se replie à peine sur le
museau et son angle supérieur, très-obtus, touche à l'ex-
trémité antérieure de la ligne médiane de jonction des
plaques fronto-nasales ou internasales, qui sont à peu près
carrées. Les frontales antérieures, un peu plus grandes,
présentent chacune, en arrière, deux pans, dont l'un est
en contact avec l'extrémité antérieure de la sus-oculaire,
et dont l'autre longe un des bords antérieurs de la frontale
moyenne. Celle-ci, qui a six côtés, est courte et dépasse à
peine, en arrière, les sus-oculaires. Les pariétales sont
grandes et bordées l'une et l'autre, en dehors, par deux
temporales. La post-oculaire inférieure touche, en bas et
en arrière, les quatrième et cinquième sus-labiales, ainsi que
la première pariétale, dont l'angle inférieur pénètre entre
les cinquième et sixième plaques de la lèvre supérieure. A
l'inférieure, on en compte six. — Les écailles du tronc,
470 rev. et mag. de zoologie. [Octobre 1856.)
comme chez les autres Elapomorphes, sont lisses, quadri-
latérales et également disposées sur quinze rangées longi-
tudinales ; celles de la queue forment huit rangs. Les gas-
trostéges sont étroites et ne remontent pas sur les flancs.
La plaque anale est double, ainsi que les urostéges.
Les os maxillaires supérieurs sont très-courts et ne por-
tent que deux dents au-devant des crochets sillonnés.
Le système de coloration est très-simple; toutes les
écailles des régions supérieure et latérales sont d'un vert
olive assez foncé ; elles portent chacune , et particulière-
ment vers leur extrémité antérieure, un pointillé clair, à
l'exception de celles qui forment la région médiane et de
celles qui occupent, de chaque côté, le cinquième rang
longitudinal , à partir des gastrostéges. De cette unifor-
mité de teinte des trois rangées que je viens de signaler,
il résulte une apparence trifasciée. Par suite de l'absence
du pointillé sur les écailles qui suivent la tète, il y a une
sorte de demi-collier de la même nuance que les bandes
du tronc. Les lèvres supérieure et inférieure sont, comme
le dessous du ventre et de la queue, d'un jaune verdàtre
clair, sans aucune tache.
La longueur totale est de 0m,55, ainsi répartis : tête et
tronc, 0m,51 ; queue, 0m,04. — Le Muséum n'a reçu de
M. Àubry qu'un sujet de l'espèce dont il s'agit.
[La suite au prochain numéro.)
Description de trois coquilles nouvelles ou peu connues ;
par M. E. G. Lorois et Hupé.
Cakdium Loroisii , Hupé. — Testa subtrapeziaturgida tenui longi-
tudiualiler obsolete-suloata luteo auraatiaca umbonibus tumidis
iucurvis lcvibus violacesce.utibus lunula auoque striis minutissimis
eouceutricis vix improbsis; auo cordato elato pallido tribus sulcis
majoribus ciucto; rima crenulata intus alba. (Pi. xix, tig. 1.)
Coquille subtrapézoïde, enflée, mince, ayant des sillons
longitudinaux peu profonds, d'un jaune orangé ; crochets
TRAVAUX INÉDITS. 471
arrondis, infléchis l'un vers l'autre, lisses, violacés ; lu-
nule élevée, bords crénelés, blanche a l'intérieur.
Ce Cardium , parfaitement distinct de tous ses congé-
nères, a quelques rapports de couleur avec le Cardium
elatum; il est cependant d'un jaune plus foncé, et ses cro-
chets sont d'un rose violacé. Il diffère, en outre, de Yela-
tum par sa forme ; il est beaucoup plus transverse et un
peu trapézoïde. Nous ne connaissons qu'un individu de
cette belle espèce, et nous le dédions à M. Lorois , qui a
bien voulu nous le communiquer et qui ignore sa prove-
i
nance.
Cytherea Valenciennesi, Lorois. — Testa ovali trigoua , 6ubinae-
quilatera, tumida, ponderosa, lœvi anterius subrostrata, et radiatim
violacesceute postcrius rotundata et Iuteo-alba aoo violaceo planius-
culo lunula ovali umbonibus recurvis, minimis proximis epidermide
viridescente-riraa edentata alba posterius incrassata intus alba.
(PI. xix,fig.2.)
Cette coquille se rapproche du groupe des Meretriœ ;
mais elle en est très-distincte par sa forme plus allongée
et par sa vulve, qui n'est point carénée. Ses crochets sont
disposés comme ceux de Iz-Cyth. cnstanea; la lunule est
étroite; les derniers accroissements forment de larges
sillons irréguliers très-peu élevés et. blanchâtres.
Mactra proxima, Lorois. — Vix aiquilatera testa trigona turgida
umbouibus acutis iucurvis distantibus transversiui tenuissime
striatis violaceo grisea anterius obtusa postcrius subangulata vulva
inferius elata caréna circumdata. (PI. mx, fig. 3.)
Cette coquille a de grands rapports avec le Mcwgulatn
de Gray; mais, dans la nôtre, les crochets sont un peu
plus écartés et la couleur est d'un gris violàtre plus pro-
noncé sur les crochets.
Description d'une coquille nouvelle ou peu connue ; par
M. MÔNTROUZIER.
Pvrula Penardi. — Testa ventricosa, licoidea, ampuliacea, tenui,
472 rev. et mag. de zoologie. (Octobre 1856.)
basi striata transversim scabriuscula, squalide alba, subumbilicata ;
anfractibus turgidis ; spira exsertiuscula ; cauda brevi ; columella
excavata, refleva, foliata. Caaali subrostrato, auterius reflexo ; aper-
tura ovato-oblonga, intus alba, basi rosea. — L., 60 mill.; 1.,
43 mill. (PI. xix, fig. 4.)
Espèce bien distincte de toutes celles décrites par La-
marck et M. Deshayes, et qui, même, offre assez de carac-
tères pour constituer un genre. Elle est ventrue, ficoïde,
a le test assez mince , des stries transverses sur la moitié
inférieure du dernier tour. Ces stries sont irrégulièrement
traversées par des lamelles longitudinales, crénelées et
tranchantes qui la rendent rugueuse. Ce dernier tour est
bombé, très-finement strié sur sa partie supérieure. La
spire est médiocre. La columelle est arquée, sinueuse,
réfléchie, et offre plusieurs feuillets qui couvrent en partie
l'ombilic. Le canal n'est pas échancré ni même droit,
mais il se recourbe légèrement en avant en forme de bec.
Toute la coquille est d'un blanc sale. La base du canal
est d'un rose pâle.
L'opercule ne bouche pas l'ouverture de la coquille.
Cette coquille, rarissime, a été trouvée à Balade, Nou-
velle-Calédonie ; elle a 6 centimètres de long et 44 milli-
mètres de large.
L'opercule a 20 millimètres de long et 11 de large.
J'ai dédié cette belle espèce à M. Penard, docteur dis-
tingué de la marine impériale, qui joint à toutes les con-
naissances de sa profession un grand talent artistique , et
à qui je suis redevable d'excellents dessins.
Description de dix-sept Coléoptères; par M. James
Thomson.
Les entomologistes qui ont bien voulu perdre leur temps
à lire les descriptions de Coléoptères que j'ai fait paraître
dans le numéro de mars dernier de la Revue me pardon-
neront de leur présenter aujourd'hui celles de la série sui-
TRAVAUX INÉDITS. 473
vante, qui se compose, comme la précédente, d'Insectes
nouveaux choisis dans ma collection.
Iphis moktuus. — Brun tacheté de noir, avec deux
grandes taches noires sur les élytres. (Patrie, Bornéo. —
L.,40;l., 13 M. —P. xxm, f. 1.)
Tête avancée; chaperon fortement excavé au milieu.
Yeux d'un brun foncé. Antennes brunes, le premier ar-
ticle moins foncé. Mandibules et labre noirs. Palpes d'un
brun ferrugineux. Prothorax convexe, prolongé au milieu
du bord antérieur en deux petites pointes, très-déprimé
postérieurement où l'on aperçoit une petite crête trans-
versale; couvert de petits points noirs; les pointes laté-
rales postérieures grandes, tournées en dehors, embras-
sant la naissance des élytres. Écusson en forme de langue.
Élytres plus larges aux épaules, déprimées antérieure-
ment où elles sont légèrement carénées , brusquement
convexes immédiatement après , fortement échancrées
postérieurement , l'échancrure remontant obliquement
vers la suture ; couvertes de petites taches noires formant
des séries de points et de stries ; deux grandes taches laté-
rales noires en forme de demi-lune , situées un peu au-
dessous du milieu des élytres ; partie réfléchie non ponc-
tuée. Dessous de la tête, du corps et de l'abdomen fine-
ment ponctué sur les côtés. Une grosse tache noire sub-cir-
culaire sur le pénultième et l'antépénultième segment
de l'abdomen. Jambes finement ponctuées de noir. Tarses
velus.
Iphis lymphaticus. — Sur les bords , d'une couleur
blanchâtre, pubescente; au milieu, brun tacheté de noir.
Deux taches noires sur les élytres. (Patr., Bornéo. — L.,
27 à 28 ; 1., 10 à 11 M. — P. xxm, f. 2.)
Tête avancée. Chaperon excavé au milieu. Yeux d'un
brun foncé. Antennes brunes, le premier article clair.
Mandibules noires. Labre grisâtre. Palpes de la couleur
des antennes ; deux touffes de poils clairs, roussâtres dans
l'ouverture de la bouche.. Prothorax très-convexe, fine-
474 rev. et mag. de zoologie. (Octobre 1856.)
meut ponctué de noir, avec quatre taches de même cou-
leur, les deux supérieures plus éloignées entre elles et
situées au milieu , les deux inférieures plus rapprochées
entre elles et situées au tiers postérieur. Entre ces deux
dernières commence une petite carène longitudinale élevée
qui est prolongée un peu au delà du bord postérieur. Les
pointes latérales postérieures triangulaires. Écusson
échancré antérieurement. Élytres courtes, déprimées an-
térieurement et très-convexes immédiatement après, cou-
pées droites postérieurement, avec une multitude de pe-
tites taches noires irrégulières et deux grandes taches
rondes, noires, situées vers le bord latéral, un peu plus
bas que le milieu. Partie réfléchie des élytres poileuse.
Dessous du corps et abdomen gris, poileux. Jambes de
même couleur, avec une teinte roussâtre ; les antérieures
et les intermédiaires finement ponctuées. Tarses velus,
grisâtres.
Elater Chabrillacii. (Patr., Brésil. — L., 28 à 29;
1., 7 à 8 M. — P. xxm, f. 3.)
Tête avancée, noirâtre, garnie de poils, creusée au mi-
lieu. Chaperon arrondi antérieurement. Yeux noirâtres.
Antennes noires , les neuf derniers articles garnis , en
dessous , de petites brosses de poils fauves moins visibles
à l'extrémité. Mandibules noires. Labre velu. Palpes
roussâtres. Prothorax peu convexe, fortement élargi pos-
térieurement, et prolongé en deux pointes qui embrassent
les élytres ; noir, garni de poils ; ligne longitudinale très-
marquée et très-profonde postérieurement. Écusson al-
longé, garni de poils, Élytres diminuant graduellement
jusqu'à l'extrémité, qui est arrondie ; d'un brun foncé,
avec plusieurs bandes brunes longitudinales peu tran-
chées, formées par des séries de points enfoncés ; entre
ces bandes, des espaces garnis de petits poils jaunâtres
très-fins. Dessous du corps et abdomen d'un brun foncé ;
ce dernier est garni d'une pubescence jaune à travers
laquelle percent de gros espaces de la couleur originale
TRAVAUX DÉDITS. 475
situés au, milieu des segments, et (Je petits espaces de la
même couleur situés sur \p* côtés de ces derniers. Jambes
et tarses d'un brun foncé.
Cette espèce m'a été donnée par M. de Chabrillac, au-
quel j'ai le plaisir de la dédier. Elle formera peut-être un
genre nouveau.
Euca>ii>tus fuhlsteu. (Pair., Costa-Kica. — L.? 20;
l.,9àlOM.-l\ xxiii, f. 4.)
Tète très-finement ponctuée, d'un bronzé métallique.
Veux d'un fcrun rougeàtre. Antennes d'iiq l)ru,n métalli-
que, sauf les derniers articles, qui sont d'un noir mat.
Mandibules d'un noir brillant. Labre de la couleur de la
tête, criblé de petits points irréguliers, veju antérieure-
ment. Palpes noirs. Prothorax sub-quadrangulaire, un
peu arrondi sur les côtés et conyexe , couvert de fort
petits points noirs presque invisibles, verdatre et maj;.
Éousson de même couleur, mais brillant. Élytres très-
convexes, élevées de 6 millimètres au milieu de leur lon-
gueur ; dix stries élevées sur chaque élytre, qui est d'un
vert bronzé métallique brillant. Dessous du corps , abdo-
men, jambes et tarses de la même couleur, non ponctués.
1rs xacarilla. — Entièrement d'un noir brillant, avec
quatre taches fauves sur les élytres. (Patr., Chili. — L.,
14; 1., 6 M.— P. xxin, f. 5.)
Cet Insecte possède tous les caractères génériques que
Lacordaire accorde aux Jps (Gen. des Col, vol. 1J, p. 327),
sauf celui des mandibules bifides à leur extréniité ; celles
de mon espèce sont terminées en, pointe. Ce seul carac-
tère différentiel ne suffit pas pour en faire un genre nou-
veau.
Tète très-avancée et très- finement ponctuée. Épistome
avec un enfoncement circulaire antérieur. Yeux gris. An-
tennes de onze articles, le premier très-gros. Mandibules
non bifides. Prothorax très-grand, plus large au milieu
que les élytres, subcirculaire, fortement bordé, très-lisse
et très-brillant, un peu convexe, presque coupé droit pos-
476 rev. et mag. de zoologie. (Octobre 1856.)
térieurement. Écusson triangulaire. Élytres aussi larges
que le prothorax aux épaules , ovalaires , plus convexes à
leur naissance, très-lisses et très-brillantes, avec quatre
taches transversales fauves : deux partant des épaules et
ne rejoignant pas la suture ; deux situées au tiers posté-
rieur, partant du bord latéral et rejoignant la suture. Les
dernières sont plus ondulées que les premières. Abdo-
men, pattes et tarses, sauf les tibias qui sont ponctués,
lisses et brillants.
Eumorphus satanas. — Entièrement d'un violet foncé
avec des reflets métalliques brillants, sauf les épines et les
jambes, qui sont d'un bleu obscur brillant. (Patr., Bornéo.
— L., 9;1., 5 M. —P. xxiii, f. 6.)
Tête avancée, très-finement ponctuée, un peu granu-
leuse au-dessus des yeux et bombée au-dessous. Yeux et
les trois derniers articles des antennes noirs. Mandibules
et labre de même couleur. Palpes pâles. Prothorax ru-
gueux, armé de deux épines latérales. Élytres très-ru-
gueuses, très-convexes au milieu , plus larges que le pro-
thorax à leur naissance, prolongées, à leur extrémité, en
deux épines dirigées un peu en dehors; bordées; une
saillie sur chaque épaule, qui s'étend et projette un peu
plus bas une longue épine ; vis-à-vis de celle-ci et auprès
de la suture, une corne droite et arrondie à l'extrémité ;
vers le milieu de la longueur de chaque élytre, sur le côté,
une saillie projetant deux grandes épines ; au quart pos-
térieur, deux gros tubercules ronds. Dessous du corps,
abdomen et jambes unis, sauf le premier segment de
l'abdomen, qui est ponctué. Tarses noirs.
Erotylus spectrum. — Entièrement d'un noir brillant.
(Patr., région de l'Amazone. — L., 24; L, 16 M. —
P. xxiii, f. 7.)
Tête un peu creusée entre les yeux, unie sur le front.
Yeux médiocres. Antennes, les trois derniers articles d'un
noir mat. Mandibules, labre et palpes noirs. Prothorax
arrondi sur les cotés, bordé, Un gros point enfoncé au
TRAVAUX INÉDITS. 477
milieu, et deux autres points moins apparents situés à
droite et à gauche du premier; ce dernier est le plus pro-
fond; plusieurs gros points peu profonds sur les bords la-
téraux et postérieurs. Écusson sub-circulaire. Élytres ar-
rondies, très-convexes, élevées au tiers de leur longueur
d'environ 7 mill., et vers leur extrémité, où elles sont
relevées, de 2 mill.; criblées de gros points enfoncés irré-
guliers. Partie réfléchie inégale, mais non ponctuée, em-
brassant entièrement l'abdomen. Dessous du corps, abdo-
men, pattes et tarses non ponctués.
Ptychodes le Contei. (Patr., Costa-Rica. — L., 25;
1., 7 M. — P. xxiv, f. 1.)
Tête noire, avec quatre petites taches blanches pubes-
centes , deux situées entre les yeux et deux à leur partie
supérieure. Six bandes blanches pubescentes, deux par-
tant du bord inférieur des yeux , deux partant de leur
bord latéral supérieur, et deux, très-régulières, courant
au milieu jusqu'à la base du prothorax. Yeux, antennes,
mandibules , labre et palpes noirs ; le premier article des
seconds est très-ponctué. Prothorax allongé, d'un noir
luisant, avec quatre bandes blanches pubescentes, deux
latérales et deux, assez régulières, courant au milieu jus-
qu'à l'écusson ; ce dernier recouvert d'une pubescence
blanche. Élytres épineuses à l'extrémité, d'un noir luisant
avec six bandes ; deux latérales et deux suturales , tantôt
régulières, tantôt déchiquetées, et deux numérales ne
dépassant guère le tiers antérieur et ayant quelquefois
à leur suite des petites taches ovales. Dessous du corps et
abdomen noirs, avec une bordure blanche pubescente qui
va, en mourant, vers l'extrémité de ce dernier. Pattes et
tarses noirs.
J'ai l'honneur de dédier cette espèce à mon ami, M. le
docteur le Conte de Philadelphie, qui, s'occupant exclu-
sivement de Coléoptères des États-Unis , sera peut-être
bientôt forcé de comprendre parmi ces derniers ceux de
Costa- Kica.
478 rev. et mag. de zoologie. (Octobre 1856.)
Amphionycha Knotvnothitvg. (Patr., Costa-Rica. — L.,
15 à 17; 1., 5à6M. — P. xxiv, f. 2.)
Tête d'un noir velouté, avec une tache jaune cordiforme
entre les yeux ; front d'un noir brillant, glabre, fortement
ponctué, ainsi que le chaperon. Yeux d'un brun rougeâtre.
Antennes, mandibules et labre noirs. Palpes d'un brun
foncé ou couleur de cendre, avec l'extrémité de tous un peu
jaunâtre. Menton fauve. Prothorax d'un jaune velouté écla-
tant, avec trois taches noires, une médiane et deux laté-
rales postérieures. Écusson couleur de cendre. Élytres
ayant l'angle humerai très-saillant; tronquées à leur ex-
trémité, de la même couleur que l'écusson à leur nais-
sance , et pointillées sur cette partie ; noirâtres depuis le
tiers de leur longueur jusqu'à l'extrémité. Deux bandes
jaunes, une située au tiers antérieur, et l'autre au tiers
postérieur ; cette dernière remonte vers les bords latéraux
d'une manière plus oblique que la première. Dessous du
corps, abdomen, jambes et tarses noirs.
Chez la femelle, la partie jaune de la tête, du prothorax,
et les bandes des élytres, sont beaucoup moins éclatantes
que chez le mâle. La tache médiane du prothorax est plus
grande, et ainsi que le fond des élytres, d'un gris couleur
de cendre. Ces derniers offrent à l'extrémité une petite
épine latérale.
Sceloenopla ARiSTocjRATicA. (Patr., Cayenne. — L., 18;
1., 7 à 8 M. — P. xxiv, f. 3.)
Tête fauve, avec une impression sur le front. Yeux noirs.
Antennes, premier article fauve, les suivants noirs, les der-
niers grisâtres. Mandibules d'un noir brillant. Labre fauve.
Palpes d'un jaune pâle, sauf le dernier article de tous, qui
est noirâtre. Menton fauve. Prothorax de même couleur,
assez long, avec une excavation vers le centre du bord pos-
térieur, qui est boursouflé. Écusson de même couleur. Ély-
tres sub-épineuses aux épaules, très-rétrécies au tiers anté-
rieur et très-dilatées postérieurement, noires, alvéolées ; les
carènes et les alvéoles plus fortes antérieurement, et ne sont
TRAVAUX INÉDITS. 479
plus que de gros points enfoncés à l'extrémité. Dix taches
jaunes sur chaque élytre, et une tache suturale au-dessous
de l'écusson, commune aux deux élytres. Les taches situées
au tiers antérieur et à l'extrémité , les plus grandes ; les
premières irrégulièrement déchiquetées , les dernières
ovales ; celles situées au tiers postérieur remontent obli-
quement vers la suture. Dessous du corps, pattes et tarses
fauves; les segments de l'abdomen d'un rouge brillant.
Acexthroptkra basilica. (Patr., Brésil. — L., 12; 1.,
5 M.— P. xxiv, f. 4.)
Tête fauve, avec une très-petite bosse entre les yeux et
sous les antennes. Yeux noirs. Antennes fauves, sauf les
quatre derniers articles, qui sont noirâtres. Mandibules
et labre noirs. Palpes et menton d'un rouge fauve. Pro-
thorax un peu épineux aux angles latéraux antérieurs,
plus large postérieurement, d'un fauve pâle bordé de
noir latéralement; une ligne brune médiane courant au
milieu ; très-granulé sur les côtés, grossièrement ponctué,
avec quelques boursouflements sur le disque. Écusson
noir. Élytres plus larges postérieurement, 6ub-arrondies
aux épaules, avec quatre carènes élevées sur chacune;
entre les carènes, des alvéoles assez profondes, de la
même couleur que le prothorax; entièrement bordées de
noir, sauf les pointes apicales; deux taches sur les angles
huméraux ; un dessin tacheté au tiers antérieur ; deux
bandes naissant à la suture vers le quart postérieur et s'é-
lançant obliquement vers les bords latéraux; et deux ta-
ches postérieures, larges, transversales. Dessous du corps,
abdomen, pattes et tarses d'un rouge vif terreux.
Acenthroptera alapista. (Patr., Brésil. — L., 12 à 13;
1., 5àGM. — P. xxiv, f. 5.)
Tête fauve entre les yeux, avec une très-petite bosse an
milieu; front verdâtre, très-granuleux. Yeux d'un brun
foncé. Antennes brunâtres. Mandibules d'un noir brillant.
Labre noir. Palpes et menton d'un jaune sale, sauf l'extré-
mité des premiers, qui est noirâtre. Prothorax fauve bordé
480 rev. et mag. de ZOOLOGIE. (Octobre 1856.)
de vert, avec une ligne médiane de même couleur, s'élar-
gissant au bord antérieur; la partie verte est fortement,
et le disque finement, ponctués. Écusson vert. Élytres
moins élargies postérieurement que dans VA. basilica, ver-
tes, avec une grande bande d'un jaune pâle située aux
trois quarts de leur longueur ; quatre carènes sur chaque
élytre, avec des séries de gros points enfoncés qui de-
viennent presque des alvéoles sur les bords latéraux. Des-
sous du corps et abdomen d'un rouge vif terreux. Cuisses
de même couleur ; reste des pattes et tarses noirs.
Gen. Octocladiscus, Thomson. (o*t«, huit; xh&Jif&ç,
petit rameau.)
Car. gén. Tête petite. Yeux gros, pourvus d'un orbite.
Antennes de onze articles, les trois premiers petits, courts,
les huit derniers prolongés en huit petits rameaux, dont
le dernier est le plus épais. Dernier article des palpes ob-
tus. Menton fortement transversal. Prothorax très-large
au milieu, arrondi latéralement. Écusson subtriangulaire.
Élytres beaucoup plus larges que le prothorax ; descen-
dant un peu vers les épaules, en carré un peu allongé, ar-
rondies postérieurement. Le pénultième et l'antépénul-
tième segment de l'abdomen plus petits que les autres.
Jambes courtes.
Ce genre existe dans le Catalogue Dejean, 3e édition,
p. 390, sous le nom de Cladophora. ; mais, outre que ce
nom n'a jamais été livré à l'impression par le comte De-
jean, M. Guérin-Méneville a publié un genre de Lycites
sous le nom de Cladophorus. [Voyage de la Coquille, p. 72.)
Octocladiscus flabellatus, Thomson. (Patr.,Cayenne.
— L., 10 ; 1., 5 M. — P. xxiv, f. 6.)
Tête fauve. Yeux noirâtres. Les trois premiers articles
des antennes fauves, les autres bruns. Organes de la bou-
che fauves. Prothorax de la même couleur, brillant, forte-
ment ponctué sur les côtes, lisse au milieu. Écusson lisse,
fauve. Élytres saillantes aux épaules , avec des stries lon-
gitudinales assez fines, qui se transforment en points verS
TRAVAUX INÉDITS. 481
l'extrémité; bordées. Dessous du corps, abdomen, pattes
et tarses fauves et très-tinement pointillés.
En publiant cet Insecte, je conserve le nom spécifique
que lui avait donné le comte Dejean.
Alurnus elysianus. (Patr., région de l'Amazone. — L.,
24 à 25; 1., 11 à 12 M.— P. xxiv, f. 7.)
Tête noire, finement pointillée sur le front. Yeux d'un
brun foncé un peu rougeàtre. Antennes finement ponc-
tuées, noires, sauf les derniers articles, qui sont un peu
grisâtres. Mandibules, labre, palpes et menton noirs. Pro-
thorax plus large au milieu, arrondi , très-finement ponc-
tué. Élytres sub-parallèles , arrondies postérieurement,
beaucoup plus larges que le prothorax, assez convexes au
tiers de leur longueur, un peu déprimées au milieu, ayant
une petite élevure ou bosse à chaque épaule ; d'un jaune
orange pâle jusqu'aux deux tiers de leur longueur, ensuite
noires ; le noir remonte obliquement et inégalement vers
les bords latéraux. Partie réfléchie lisse. Dessous du corps,
abdomen et jambes noirs, très-finement ponctués. Tar-
ses noirs en dessus, garnis de poils jaunes épais en des-
sous.
Craspedophorus jEgualitas. — Entièrement d'un bleu
très-foncé presque noir. (Patr., Natal. — L., 25 ; 1., 11 M.
— P. xxiv, f. 8.)
Tête courte, très-rugueuse, bombée au milieu. An-
tennes, premier article très-allongé et ponctué. Protho-
rax comparativement petit, très-rugueux, relevé latérale-
ment en gouttière, échancré vers les bords latéraux posté-
rieurs ; la ligne médiane assez faible. Écusson petit, trian-
gulaire. Élytres beaucoup plus larges que le prothorax,
très-convexes, bombées sur la suture, plus larges au mi-
lieu de leur longueur, avec neuf stries ou élevures sail-
lantes sur chaque élytre : bordure un peu relevée en gout-
tière, sauf aux épaules. Partie réfléchie finement rugueuse.
Dessous du corps et abdomen fortement ponctués latéra-
lement. Jambes finement ponctuées, surtout les cuisses.
2* série, t. vm. Aunée 1856. 31
482 rev. et màg. de zoologie. (Octobre 1856.)
Myrmecoptera Bertolomi (1). — Entièrement noir,
avec quelques reflets métalliques derrière les yeux. (Patr.,
Mozambique. — L., 18 à 23; 1., 5 à 7 M. — Cinq indivi-
dus. Coll. de l'auteur.)
, fête moins large postérieurement, avec une bosse entre
les yeux , finement sillonnée sur les côtés et sur le front,
qui est très-convexe. Yeux très gros, d'un brun foncé.
Antennes dilatées à partir du cinquième article. Mandi-
bules noires. Labre noir, bordé de blanc , avancé , con-
vexe, avec trois dents antérieurement. Palpes fauves. Pro-
thorax moins large et rétréci postérieurement, déprimé en
avant et en arrière, finement sillonné. Êcusson triangu-
laire. Élytres très-dilatées au milieu de leur longueur,
très-étroites antérieurement et postérieurement, très-con-
vexes au milieu , très-déprimées au tiers postérieur et re-
levées en deux petites pointes tournées en dehors à l'extré-
mité jusque vers où elles sont excessivement rugueuses ;
ponctuées postérieurement ; bordées ; la bordure d'un beau
violet en dessous. Dessous du corps avec quelques reflets
métalliques. Abdomen très-lisse et brillant. Jambes très-
longues, garnies de quelques poils.
J'ai l'honneur de dédier cette remarquable espèce à
M. le professeur Bertoloni, duquel j'en ai acquis cinq in-
dividus. Elle sera figurée dans ma Monographie des Cicin-
délètes.
PnoEDmjs Coemeterii. — Entièrement noir; les élytres
et l'abdomen très-brillants. (Patr., Chili.— L., 24; l.,8M.)
Tète un peu rugueuse, avec une excavation circulaire
entre les yeux et une ligne médiane profonde qui n'arrive
pas jusqu'au prothorax. Yeux d'un brun foncé. Antennes
plus fortes chez le mâle. Mandibules et labre noirs. Palpes
d'un brun rougeâtre foncé. Prothorax avec une épine au
»
(1) Voir la description du genre Myrmecoptera daus le Gênera des
Col. de Lacordaire, vol. I,p. 25. Le M. Berlolonii sera prochainement
figuré dans cet ouvrage.
TRAVAUX INÉDITS. 483
milieu de chaque bord latéral, peu rugueux chez le mâle,
très-rugueux chez la femelle. Vu de profil , il est très-con-
vexe vers le milieu de sa longueur et brusquement dé-
primé en arrière; vu de face, on aperçoit, vers l'extré-
mité, deux bosses formant saillie séparées par une ligne
longitudinale médiane peu apparente. Écusson triangu-
laire. Élytrcs lisses, très-larges aux épaules, qui sont sail-
lantes et arrondies ; boursouflées sur le bord et un peu
resserrées sur le tiers antérieurs ; quadriépineuses à leur
extrémité; avec deux crêtes assez saillantes courant sur
chaque élytre, dont l'une fait paraître la suture déprimée.
Abdomen, jambes et tarses lisses.
Coleoptera chilensia a Germain détecta et a Léon
Fairmaire descripta.
1. Oryctomorphus parum striatus. — L., 12 milL wr
Niger, nitidus, capite ruguloso, antice impresso, bilobo,
basi unituberculato; prothorace punctis grossis sparsuto,
basi média laevi ; antice laeviter impresso; niger, vittis
duabus lateralibus et altéra média, saepe obsoleta aut dé-
ficiente, flavis; scutello hevi, flavo, nigro marginato ; ely-
tris flavo-testaceis, subnitidis, punctorum lineis parum
impressis ; abdomine supra flavo ; pedibus nigris, femo-
ribus flavo-maculatis.
2. Bolboceras tubericeps. — L., 15 à 17mill. — Cras-
sus, fuscus, sat nitidus; à capite rugoso, antice trituber-
culato, medio, inter oculos, unituberculato ; basi laevi ;
prothorace antice late excavalo, laevissimo, hac excava-
tione supra acute marginata ; lateribus grosse sed sparsim
punctatis; scutello laevi; elytris fortiter punctato-striatis;
f capite rugoso, breviore, antice truncato, margine ele-
vato ; medio, inter oculos, tuberculo brevi armato ; pro-
thorace convexo, antice laeviter impresso et sulcato; elytris
minus punctato-striatis; subtusbrunneo-rufus,rufo-pilosus.
3. Bolboceras LjESicollis. — L., 13mill. — <$ Crassus,
484 rev. et mag. de zoologie. (Octobre 1856.)
fuscus, parum nitidus ; capite rugoso, basi excavato, laevi ;
disco elevato, breviter 4 tuberculato, his tuberculis cari-
nis conjunctis; margine antico utrinque elevato ; mandi-
bula dextra apice profunde emarginata; prothorace sub-
opaco, grosse et sat dense punctato ; antice medio lœviore,
paulo truncato, infra excavato, supra sulcato; scutello
tenuiter punctato ; elytris quadrato-subglobosis, nitidiori-
bus, profunde striato-punctatis ; infra cum pedibus rufus,
rufo-piiosus.
4. Polycesta rubro-picta. — L., 19 mill. — Viridi-cya-
nea, metallica, elytris rubro-signatis ; prothorace punctis
grossis rugoso, medio postice late impresso, lateribus for-
tius rugosis, a medio antice convergentibus ; elytris utrin-
que quadricarinatis, secunda et quarta carinis apice junc-
tis, tertia postice abbreviata, interstitiis biseriatim foveo-
latis ; apice laeviter denticulato ; subtus cyanea, subnitida,
punctatissima.
5. Pithiscus sagittarius. — L., 15 mill. — Elongatus,
subparailelus, viridi-metallicus, nitidus; capite rugoso;
prothorace sparsim sed grosse punctato, disco fere laevi ;
lateribus rugosis, basi rectis, antice tantum arcuatis ; disco
convexo, cupreo-aeneo, lateribus viridibus; basi média
late l'oveata, hac fovea medio carinata, lateribus basi im-
pressis ; scutello aurato ; elytris flavis , sutura , macula
apicali sagittaeformi, vitta média transversali , et utrinque
ab humeris vitta longitudinali abbreviata, nigris ; pedibus
viridi-metallicis.
6. CONOGNATHA SPLENDIDICOLLIS. — L., 18 mill. —
Oblonga, subdepressa, viridi-metallica ; capite rugoso,
prothorace brevi, antice attenuato, grosse sed sparsim
punctato, lateribus rugosis, depressis; basi média late sed
vix impressa ; antice medio foveola minuta ; scutello vi-
ridi-metallico , impresso ; elytris flavo-testaceis , sutura
anguste, utrinque vitta humerali abbreviata, et vittis dua-
bus latis, prima média, altéra ante apicem, cyaneis ; sub-
tus griseo-pilosa.
TRAVAUX INÉDITS. 485
7. Latipalpis metallica. — L., 18 mill. — Oblonga,
supra depressa, fere parallela, apice valde attenuata ;
cyaneo-viridis, metallica, sat nitida; prothorace transver-
sim subquadrato, rugoso, medio late impresso, lateribus
late impressis, inaequalibus, fere rectis, antice tantum ar-
cuatis; elytris apice bidentatis, utrinque costis tribus ele-
vatis, obscuris, fere laevibus ; interstitiis biseriatim foveo-
latis; ad scutellum, utrinque carinula brevi; ante apicem,
carina submarginali, saepe interrupta, ad médium ascen-
dente ; subtus nitidior, valde punctata.
Description de longicornes nouveaux du vieux Calabar,
côte occidentale d'Afrique; par M. A. Chevrolat.
(Suite. —Voir 1855, p. 183, 282, 513; 1856, p. 340,
436.)
49. Temnoscelis biemarginata vage et miuute punctata , griseo-
fuscoque variegata ; capite magno, cinereo, postice attenuato, fusco,
longitudine anguste sulcato , notula fusca inter anteunas signato ;
mandibulis oculisque nigris ; antennis brunneis, cinereo annulatis,
basique villosis secundo articulo brevi tertioque longo cincreis ; tho-
race antice recto dein siuuose sulcato, in medio disci depresso, no-
dulis septom inaequalibus instructo, postice bisinuato ; fusco, cum
lateribus cinereis. Spina laterali valida acuta; scutello rotundato,
fusco, longitudine cinereo; elytris planiusculis, thorace latioribus,
in huraero rotuude rectangulis, parallelis ad apicem truoeatis et bi-
emarginatis, cinereis, sed fuscisvel fusco-liueatis prope scutellum et
prope marginem usque versus suturam a medio ad apicem ; seriebus
abbreviatis tribus tuberculorum basi ; pedibus inermibus, femoribus
brunneis, tibiis cinereis, posticis extus paululum ampliatis et bre-
viter pilosis; corpore infra cinereo; in abdominc vittis tribus fuscis,
mediana latiore. — Long., 23 mill.; lat., 7 1/2 mill.
Vaguement et finement ponctuée, cendrée et variée de
brun. Te te cendrée, large, arrondie et aplatie en avant,
brune et atténuée en arrière, étroitement sillonnée et mar-
quée, entre les yeux, d'une impression oblongue brune.
Mandibules coniques sur le côté, noires. Yeux noirs, pro-
486 rev. et mag. de zoologie. (Octobre 1856.)
fondement échancrés en dessus par la base des antennes,
qui est presque carrée et évasée à son sommet. Corselet
presque aussi haut que large, droit en avant, offrant au
delà un sillon transversal sinueux et profond, bisinueux à
la base avec un autre sillon droit qui vient inciser la base
de l'épine latérale. Celle-ci est robuste et aiguë. Le disque
est triangulairement déprimé et présente, de chaque côté,
trois tubercules inégaux. Celui extérieur est le plus petit et
le plus central , et l'antérieur est élevé, grand et obtus ; sa
couleur est brune avec les côtés gris. Ecusson grand, ar-
rondi, brun, cendré au milieu. Èlytres aplaties, allongées,
parallèles, tronquées et bi-échancrées à l'extrémité ; elles
sont cendrées, veinées d'obscur au-dessous de l'écusson,
sur la suture et sur le côté , à partir de la marge jusqu'aux
deux tiers de leur largeur et ce, avant le milieu, jusque
près de l'extrémité ; leur base présente trois courtes séries
longitudinales de tubercules, ceux de la série interne sont
plus gros. Corps cendré. Abdomen marqué de trois li-
gnes longitudinales brunes ; la médiane est plus large.
Cuisses brunes, jambes et tarses cendrés, jambes posté-
rieures un peu élargies extérieurement et poilues. — De la
collection de M. Andrew Murray.
50. Temnoscelis fuscicornis obseura, nigro-variegata infra leuco-
phaea, âutennis (primo articule» infuscato) tarsisque pallidis; capite
truncato eonvexiusculo, infuscato, longitudine costulato et sulcato,
macula cruciformi lincolisque duabus flavidis ad verticem; mandi-
bulis, oculisque nigris; thorace trausverso, antice recto, postice mo-
dice bisinuato, ibique constricto, tuberculis quatuor dorsalibus acu-
tis et nigris, lineolis duabus intcgris,suhangulatim ferrugineis Spina
laterali valida, acuta; scutcllo nigro, litteram Y cineream emittente;
elytris thorace latioribus, iutra basim sinuosis, in humero rectangule
productis et elevatis, ad latera modice attenuatis et breviter rotun-
datis apice, ici dimidia parte anteriore foveato-pnucfatis, externe tu-
berculato-dentatis, vitta communi circurnlleva ultra médium, traus-
verse ducta infra , dein obliqua in margine , ultraque lineolis obsoletis
duabus albis et undatis. —Long., 18 mill.; lat., 7mill.
Obscure, variée de brun, de roux, de blanc, et surchar-
TRAVAUX INÉDITS. 487
gée de points et taches noirs. Tête coupée droit, quoique
convexe, offrant sur l'occiput deux lignes jaunâtres réu-
nies sur \v liont et prolongées au delà en forme de croix,
deux autres petites lignes de môme couleur, en arrière des
yeux, côte réunie au sillon longitudinal. Antennes modéré-
ment épaisses, un peu plus longues que le corps, d'un fer-
rugineux terne, de onze articles, le premier mélangé et
maculé d'obscur, suivants allongés, égaux, dernier acu-
miné. Corselet transverse, droit, relevé et de la largeur de
la tête en avant, légèrement bisjnueux en arrière , mar-
qué de deux sillons transversaux près des bords et sur le
disque de quatre à six tubercules noirs, la plupart aigus,
et dont deux sur le milieu longitudinal. Un dessin jaunâtre
et tiqueté d'obscur part du milieu du bord antérieur, se di-
rige presque anguleusement sur le côté et redescend sur
le milieu du bord postérieur. Épine latérale forte et aiguë.
Ecusson plus que moyen, arrondi en arrière, noirâtre et
représentant une sorte d'Y cendré. Élytres plus larges que
le corselet, épaisses et sinueuses sur la base, avancées rec-
ta ngulai rement sur l'épaule, diminuant de largeur vers le
sommet : celui-ci est étroitement arrondi; leur moitié an-
térieure est couverte de points fovéolés , dentelés et tu-
berculeux du côté extérieur. Leur fond est d'un brun noi-
râtre maculé et tiqueté de noir et de roux. Sur le milieu
de la suture existe un trait circonflexe jaunâtre, suivi
dune ligne transverse et d'une autre ligne marginale obli-
que également jaune. Une tache noire oblongue reparaît
sur la ligne transverse ; au-dessous sont deux petites li-
gnes ondées, obsolètes et blanchâtres. Pattes inermes,
moyennes, nébuleuses, mélangées de noir et de gris, les
quatre jambes postérieures d'un gris de souris (avec an-
neau blanc), légèrement élargies extérieurement et cam-
brées à cet endroit ; tarses de forme conique ou triangulaire
cendrés et à pénultième article antérieur noir. Corps, en
dessous, d'un gris noirâtre. Abdomen de cinq segments,
premier très-grand , avec deux séries de points blanchâ-
kSS rev. et mag. de zoologie. (Octobre 1856.)
très vers le côté. — De la collection de M. Andrew Murray.
Pterotragus , &T£pbv, plumet; rpcLycçy bouc (genus novum).
Caput latum, transverse subquadratum , antice et recte truncatum ;
mandibulis mediocribus, latiusculis, conicis, in apice oblique acutis
intusque incisis ; palpis elougatis articulo ultimo majore, subulato ;
labio magno, crasso, rotuude quadrato; clypeo augustissime recto;
oculis lateralibus sat distautibus, supra profunde emarginatis; an-
tennis corporis longitudine undecim articulis, primo clavato, tertio
majore semi-fasciculato, quarto paululum breviore et curvato, se-
quentibus prœcedenti dimidio brevioribus et inter se œqualibus. —
Thorax elongatus, antice posticeque rectus, prope oculos latitudine
capitis, sed ad médium et basim latior, dentibus ditobus lateralibus :
prima iufra versus angulum anteriorem, secunda ultra médium. —
Scutelluw médiocre, semi-rotundatum, antice depressum. — Elylrœ
quam thorax duplo latiores et sesquiduplo longiores, ad humerum
rotundatim rectangulœ, in lateribus parallclae, attarnen subsinuosae
et ad summum regulariter rotundatai cum sulco costulaque prope
apicem suîurae. — Pedes brèves, validiusculi, inermes, sat appro\i-
mati. — Slernum planum subquadratum, antice rotundatim et mo-
dice productum. — Abdomen quinque segmenlorum, primo et ultimo
intermediis longioribus.
Ce genre , qui ressemble aux Tragomorpha , me semble
devoir être placé dans le voisinage des Mesosa.
51. Pterotragus lugens punctatus , pube brevi griseo-virescenti
indutus ; in capite macula trigona occipitali, in thorace lineis tribus
latis (prima dorsali secunda in utroque latere infra) in elytro macula
transversali post médium alteraque parva apicali, nigris; mandibu-
lis, palpis, oculis antennisque (griseo annulatis) nigris. — Long.
15 l/2;lat.,5 1/2à6mill.
Noir finement ponctué, couvert d'un duvet gris verdà-
tre. Tête large, avancée et coupée carrément sur les côtés,
étroitement sillonnée, marquée d'une tache triangulaire
noire sur le vertex. Palpes châtain roux sur le bout des
articles. Lèvre, chaperon et ijcux noirs. Antennes noires, an-
nelées de cendré, le troisième article est long et à moitié
fourni de poils noirs en brosse, quatrième également long
et cambré, suivants moyens égaux. Corselet offrant trois
larges lignes longitudinales noires, dont une dorsale et une
TRAVAUX INÉDITS. 489
latérale de chaque côté en dessous; il est armé de deux
dents : la première est située près du bord antérieur, en
dessous, et la seconde latérale au delà du milieu. Ecusson
à demi arrondi. Elytres marquées d'une grande tache trans-
versale noire qui est située après le milieu, liée à la marge,
et se limite près d'une petite côte largement sillonnée jus-
qu'à l'extrémité de la suture; cette tache est anguleuse en
dessus et échancrée en dessous. Extrémité de la suture éga-
lement noire. Corps, en dessous, d'un cendré verdàtre. Ab-
domen à dernier segment noirâtre sillonné et déprimé.
Femelle. — De la collection de M. Murray et de celle de
l'auteur.
52. Asfynomus l ineo la tus alatus, griseus, supra fuscns ; capite
inflexo, suleo longitudinali; antennis ad apicem articulorum nigro-
signatis; thoraee latitudine et longitudine aequali, antice posticeque
recto, lateribus obtuse et modice spinoso; elytris punctatis, thoraee
multo latioribus, in humero obtuse productis, subparallelis et iu
apice oblique truncatis evterneque angulatis, singulatim tricostatis,
fusco-griseo bifaseiatis cum lineolis lougitudinalibus cervinis trans-
verse dispositis; pedibus inermibus, tibiis ferrugineis iu apice, tar-
sisque uigris. — Long., 9, 11 mill.; lat., 3 1/2, 4 1/5 mill. cT£.
A peu près de la taille de Y As. obwletus, 01. [lœcicoUis,~D].)t
mais un peu moins grand et un peu plus large; d'un gris
cendré. Tête d'un gris foncé tomenteux et luisant, incli-
née, aussi haute que large, arrondie en arrière; sillon
longitudinal limité au sillon transversal. Chaperon coupé
droit. Lèvre pâle. Antennes cendrées , guère plus longues
que le corps, annelées de noir au sommet des articles.
Corselet un peu plus large que haut, presque droit aux
extrémités, d'un brun obscur, luisant et muni, de chaque
côté, d'une épine obtuse. Ecusson moyen, semi-arrondi.
Elytres une fois et demie aussi larges que le corselet,
avancées presque rectangulairement sur l'épaule, subpa-
rallèles, brièvement tronquées au sommet et subanguleuses
vers l'extérieur; elles sont ponctuées, légèrement con-
vexes, et offrent chacune trois côtes Longitudinales; leur
490 rev. et mag. de zoologie. (Octobre 1856.)
fond est d'un brun noirâtre (avec deux bandes ondées et
transverses, dont l'une est située vers le tiers antérieur et
l'autre au delà du milieu) et d'un gris cendré sur le milieu,
en travers ; chaque étui offre une dizaine de petites lignes
d'un gris fauve. Corps, en dessous, d'un gris uniforme.
Abdomen de cinq segments, le dernier est le plus grand.
Pattes inermes, cuisses modérément et régulièrement ren-
flées ; jambes ferrugineuses à la base , noires au sommet ;
tarses noirâtres. L'oviducte de la femelle est peu déve-
loppé, subconique, large et arrondi à l'extrémité. — Du
vieux Calabar. — De la collection de M. Andrew Murray
et de la mienne.
53. Monohammus oculifrons vage punctatus, fuscus ; mandibulis,
oculis et iii vertice capitis quatuor maculis sericcis nigris ; thorace
autice uni et postice bistricto, tuberculis duobus dorsalibus, spina
laterali sat valida; el j tris fasciis duabus obscuris : prima latissiuia
e basi ad médium sed secuuda ultra médium. — Long., 21 mil!.;
lat., 7 mill. 1/4.
Il est d'un cendré brunâtre et marqué de petits points
espacés. Tète forte, avancée, tronquée, fortement sillonnée
dans sa longueur, offrant en arrière des yeux, sur le bord
du corselet, quatre taches ocellées réunies postérieurement
entre elles ; elles sont d'un noir velouté. Lèvre grande,
carrée. Chaperon transverse d'un cendré pâle. Antennes
entièrement brunes, guère plus longues que le corps ; pre-
mier article allongé , renflé et noduleux au sommet. Cor-
selet aussi haut que large, droit aux extrémités, pourvu de
trois sillons transverses, dont l'antérieur est flexueux et les
deux de la base droits ; il est bituberculé vers le disque,
près des côtés antérieurs, déprimé au centre et muni d'une
petite carène longitudinale. Ecusson plus que moyen,
semi-arrondi. Élytres largement rectangulaires, élevées
sur l'épaule (avec quelques petits tubercules lisses), étroi-
tement arrondies sur chaque extrémité , deux bandes ob-
scures, dont la première s'étend de ia base jusqu'au milieu,
et la seconde, étroite, au delà. Jambes intermédiaires mu-
SOCIÉTÉS SAVANTES. 491
nies, extérieurement, d'une dentéchancrée qui est garnie,
jusqu'au sommet, d'un duvet jaunâtre. Cinq segments
abdominaux, premier et cinquième grands. — De la col-
lection de M. Andrew Murray.
54. Monohummus cordifer parvus, minute et ordine punctatus,
jjriseus; mandibulis apicc, oculis, maculaque subscutellari et cordi-
formi io elytris nijçris; antcnnis longis, fuscis ; elytris anguste trun-
catis, fasciola fusca uJlra médium signatis. — Long., 8 niill.; lat.,
3 5/6 mill.
Petit, régulièrement et finement ponctué, d'un gris
cendré obscur. Tête coupée verticalement, légèrement in-
clinée et sillonnée en longueur. Pulpes bruns, jaunâtres
au sommet. Mandibules et yeux noirs. Antennes une fois
et demie aussi longues que le corps ; le premier article est
gris et les suivants sont ferrugineux , avec leur sommet
extrême d'un foncé brillant. Corselet droit en avant et en
arrière, sillonné sur le bord antérieur, en dessous, jusqu'à
la hauteur des yeux, et sur la base, en dessus, assez lar-
gement comprimé près de là. Épine latérale sise au milieu,
assez forte et aiguë. Ecusson semi-arrondi, d'un cendré
soyeux. Elylres plus larges que le corselet, coupées droit
sur la base, rectangulaires sur l'épaule, parallèles, étroi-
tement tronquées au sommet, marquées d'une tache noire
soyeuse, subcordiforme , au-dessous de l'écusson : une
bande transversale obsolète, obscure, qui remonte vers la
marge, est placée au delà du milieu ; quelques petites taches
de même couleur sont dispersées cà et là. Pattes et corps,
en dessous, d'un gris cendré uniforme; jambes intermé-
diaires échancrées extérieurement et revêtues d'une villo-
sité pâle. — De la collection de M. Andrew Murray.
(La suite prochainement.)
II. SOCIÉTÉS SAVANTES.
Académie des sciences de Paris.
Séance du 28 septembre 1856. — M. Duméfil, après la
492 rev. et mag. de zoologie. (Octobre 1856.)
lecture du procès-verbal et à l'occasion de la partie rela-
tive à la reproduction de certaines espèces d'Insectes sans
le concours des mâles, dont il est question dans l'ouvrage
de M. Sieboldt, rappelle qu'il a consigné dans l'article
Araignée du Dictionnaire des sciences naturelles , t. II , que
feu Audebert , auteur de Y Histoire des Singes, nourrissait,
dans des cages en verre, une Araignée femelle qui a pro-
duit des œufs féconds, lesquels donnèrent deux autres
femelles ; celles-ci ayant été isolées ont également pondu
des œufs qui étaient fécondés sans le rapprochement d'un
mâle. C'est un fait à joindre à celui du Puceron.
M. Flourens lit une Note sur la sensibilité des tendons.
S. A. le prince Ch. Bonaparte donne lecture de la fin
d'un beau travail intitulé Excursion dans les divers musées
d' Allemagne, de Hollande et de Belgique , et tableaux parai-
léliques de l'ordre des Palmipèdes.
M. Remak lit une Note additionnelle au Mémoire sur
V action phgsiologique et thérapeutique du courant galvanique
constant sur les nerfs et les muscles de ï homme. — Renvoyé
à l'examen de MM. Andral, Rayer et Velpeau.
M. Waller présente des Observations microscopiques sur
la circulation du sang dans les vaisseaux de l'œil, vu en trans-
parence sur le vivant. — Renvoi à MM. de Quatrefages et
Cl. Bernard.
M. Chrestien adresse une Note sur l'emploi d'une poudre
inerte en place du soufre pour préserver les vignes de l'oï-
dium. — Dans ce travail , il démontre que le soufre n'a
aucune vertu spécifique contre la maladie, qu'il n'agit
qu'en vertu de la ténuité de la poudre en laquelle il est
réduit; il lui a substitué la poussière des grands chemins,
et est arrivé aux mêmes résultats.
Je pense que les observations de M. Chrestien méritent
toute la confiance des agriculteurs, car elles sont la répé-
tition de celles que M. Eugène Robert, de Paris, a faites
depuis trois ans, et dont il a donné connaissance aux
Sociétés impériales d'agriculture et d'horticulture, comme
SOCIETES SAVANTES. 493
on peut le voir imprimé dans les recueils publiés par ces
Sociétés.
M. Rojas soumet au jugement de l'Académie un mémoire
ayant pour titre : « De certains phénomènes 'physiques ob-
servés dans la vie des Insectes. » — Renvoyé à l'examen de
MM. Duméril, Milne-Edwards et Babinet.
M. le secrétaire perpétuel signale, parmi les pièces im-
primées de la correspondance, un Éloge d'Etienne Geof-
froy Saint-Hilaire lu par M. Joly à l'Académie des sciences
de Toulouse le 12 juin 1856.
Séance du 6 octobre 1856. — M. Rossignon lit un Mé-
moire sur la composition d'un liquide coloré qui se forme
dans une grotte du village de la Virtud, et donne naissance
à un petit filet d'eau connu sous le nom de rivière du Sang
(Rio de Sangre), près de Choluteca (Amérique centrale).
« Le liquide sort d'une grotte formée de pierres tra-
chytiques. Il est, au moment de sa formation, d'un rouge
vif analogue au sang des Mammifères. Il n'a pas d'odeur;
sa saveur est presque nulle; sa densité est de 2,75. A
quelques pas de la grotte, il commence à se décomposer,
exhalant une odeur de chair pourrie et donnant lieu à un
dégagement de gaz où l'acide carbonique domine. C'est
dans cet état qu'il attire les Vautours noirs [Catharles,
Vieill.) et les animaux carnassiers, qui en mangent de
grandes quantités. La prompte altération de ce liquide
est surtout due à la chaleur qu'il fait dans ces climats. Ce
liquide est coagulé par les acides, et le coagulum se re-
dissout dans les alcalis. Évaporé , il commence à se coa-
guler à 80 degrés centigrades ; plus tard il se boursoufle
et forme une masse spongieuse d'un rouge noirâtre. Dis-
tillé en vase clos, il se comporte comme toutes les sub-
stances animales, laisse un charbon poreux et friable très-
azoté, et produit une huile empyreumatique infecte. Mes
observations m'ont conduit à penser que ce liquide doit
sa coloration et ses propriétés à la présence d'une foule
d'animalcules infusoires.
« A l'appui de cette dernière assertion, je cite, dans le
494 REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE. (Octobre 1856.)
Mémoire que j'ai l'honneur de soumettre au jugement de
l'Académie, plusieurs autres exemples. Ainsi les ruisseaux
de la ville de Guatemala sont remplis de myriades d'infu-
soires vermiformes très-longs, visibles à l'œil nu et doués
d'un mouvement excessivement rapide. Quand l'eau dans
laquelle vivent ces animaux est devenue stagnante, leur
mouvement s'arrête; ils entrent en décomposition; l'eau
devient rougeâtre et infecte, et attire bientôt les oiseaux
qui vivent de charognes. D'autres eaux stagnantes obser-
vées dans le même pays et colorées en rouge ont égale-
ment présenté les mêmes infusoires, et, soumises à l'ana-
lyse, ont donné des résultats analogues à ceux fournis par
le liquide du Rio de Sangre. J'espère me procurer bientôt
des échantillons de cette matière pour les remettre à
l'Académie. »
Le phénomène dont parle M. Rossignon avait déjà été
observé à Guatemala par Squier, qui l'a mentionné dans
la publication de ses voyages, et M. Ehremberg a prouvé
que cette apparence sanguine de l'eau était due à des ani-
malcules infusoires.
Séance du 13 octobre 1836. — M. Hiffelsheim lit un tra-
vail sur les mouvements du cœur. Troisième mémoire : in-
fluence de la ligature des gros vaisseaux du cœur sur le bat-
tement ou choc précordial. — Ce mémoire est renvoyé à
l'examen de MM. Andral, Rayer et Cl. Rernard.
Séance du 20 octobre 1856. — M. Henry Mûller, de
Wurtzbourg, lit des Observations sur la structure de la ré-
tine de certains animaux. — Travail renvoyé à l'examen
de MM. Flourens, Milne-Edwards et Yaleneicnnes.
Séance du %2 octobre 1856. — S. A. Monseigneur le
prince Ch. Bonaparte donne lecture d'un grand travail
intitulé Ornithologie fossile servant d'introduction au ta-
bleau comparatif des Ineptes et des Autruches.
Voilà encore un magnifique travail, dans lequel le prince
naturaliste montre sa vaste érudition et des connaissances
aussi profondes qu'étendues et variées.
Après avoir établi que la science de Y ornithologie fossile
SOCIÉTÉS SAVANTES. 495
est encore à fonder et que les Oiseaux fossiles n'ont pas
encore trouvé leur Cuvier, comme les Poissons fossiles
leur Agassiz, le savant prince passe en revue les erreurs
qui ont été commises par les savants au sujet de la déter-
mination des restes d'Oiseaux trouvés dans divers ter-
rains, puis il arrive à montrer à quoi nos connaissances
positives et incontestables sur ce point se réduisent, en
passant en revue tout ce qui a été publié sur les groupes
des Perroquets, sur le Lithomis vulturinus, sur les Passe-
reaux, les (ialliMicés , les Echassiers, les Palmipèdes et les
Ptiloptères. Il cite ensuite tous les auteurs qui ont fait
connaître des restes fossiles d'Oiseaux, les localités où l'on
en a observé jusqu'à présent, et termine ainsi : « Il ré-
sulte, de ce que nous venons d'exposer aussi succinctement
que possible, que presque tous les Oiseaux dits vulgaire-
ment antédiluviens paraissent avoir appartenu aux deux
ordres Ineptes et Rudipennes, qui nous semblent se re-
présenter chacun dans sa série, le premier faisant partie
des Altrices ou Sitistœ, le second des Précoces ou Auto-
phagœ. Il y a cependant entre eux une telle analogie, nous
sommes le premier à le reconnaître, qu'on ne saurait
s'étonner que les plus grands et les plus clairvoyants zoo-
logistes de notre époque les regardent comme ne formant
qu'un seul et même ordre.
« Par ces raisons, nous avons réuni ces deux ordres
(des Ineptes et des Rudipennes) dans un seul tableau com-
paratif et parallélique, oomme la puissante loi de l'ana-
logie nous a déjà décidé à le faire pour les Hirondelles,
les Martinets et les Engoulevents , qui offrent des rapports
parfaitement identiques, laissant, comme à l'ordinaire,
au lecteur studieux et réfléchi le chapitre sans fin des
commentaires. »
M. Kolliker lit une Note sur Vaction du curare sur le
système nerveux, sur la terminaison des nerfs dans V organe
électrique de la torpille et sur des mouvements particuliers et
quasi spontanés des cellules plastiques de certains animaux.
496 rev. et mag. de zoologie. (Octobre 1856.)
Ces trois mémoires sont renvoyés à l'examen de
MM. Flourens, Milne-Edwards et Cl. Bernard.
M. H. Hollard présente une Monographie des Ostra-
cionides. « En continuant, » dit l'auteur, « par la famille
des Coffres ou Ostracions l'étude des Branchiostéges d'Ar-
tedi, j'ai reconnu, en ce qui concerne les affinités naturelles
et la place de ces poissons dans la série ichthyologique :
« 1° Qu'ils se rattachent bien réellement par l'ensemble
de leur organisation, et plus particulièrement par leur
squelette et leur appareil branchial, d'une part auxBalis-
tides, de l'autre aux Gymnodontes de G. Cuvier, et qu'ils
forment, avec les uns et les autres, une petite série par-
faitement distincte ;
« 2° Que leur place, dans cette série, se trouve marquée
entre les Balistides, dont les rapprochent leur écaillure,
composée de plaques osseuses tuberculées, et leur système
dentaire ; et les Gymnodontes, dont ils ont les nageoires,
mais dont ils sont éloignés par les caractères précédents;
« 3° Que, tout en demeurant près des Balistides, les Os-
tracions ne sauraient former avec ceux-ci une seule et
même famille, et qu'il suffit des différences importantes
qu'offre l'écaillure de ces deux groupes pour en faire deux
familles distinctes et bien caractérisées. »
M. Marcel de Serres adresse une Note sur la nature de
Vhumeur à l'aide de laquelle les Mollusques allèrent leurs
coquilles pendant quils les habitent.
TABLE DES MATIERES.
Pages.
Pucheran. — Notices mammalogiques. 449
Dumkril (Aug.). — Note sur les Reptiles du Gabon. 400
Hupé et Lorois (E. G). — Descriptiou de coquilles nouvelles. 470
Montrouzier. — Description d'une coquille nouvelle. 471
Thomson (James). — Descriptiou de dix-sept Coléoptères. 472
Fairmaire (Léon). — Coleoptera chilensia. 483
Chevrolat. — Description de Longicornes nouveaux. 485
Académie des sciences. 491
PARIS. — IMP. DE Mme Ve BOUCHARD-HOZARD , RUE DE i/ÉPERON , 5.
DIX-NEUVIÈME ANNÉE. — NOVEMBRE 1856.
I. TRAVAUX INEDITS.
Description d'une nouvelle espèce de Zorille ; par M. le
capitaine Loche.
Parmi les Mammifères que nous avons eu occasion d'ob-
server en Algérie , se trouve un Zorille qui nous paraît
constituer une espèce parfaitement distincte de celle que
Linné désigne sous le nom de Viverra zorilla. Ne la
trouvant mentionnée dans aucun des auteurs que nous
avons consultés, nous croyons devoir la décrire comme
nouvelle et la dédier, sous le nom de Zorilla Vaillantii ,
à S. E. M. le maréchal Vaillant, ministre de la guerre,
auquel nous devons d'avoir été à même de la capturer.
Zorilla Vaillantii, Loche. — Pelage épais, long, très-
doux, varié de bandes noires et blanches, comme dans le
Viverra zorilla, mais différemment disposées. Un masque
d'un brun noir, qui couvre la région nasale, une partie
des joues, des régions orbitales et la commissure des
lèvres, est encadré par une bande blanche formant un
cercle complet en passant au-dessus du front, derrière les
yeux, au devant des oreilles, où elle s'élargit en se prolon-
geant en arrière, et sur le devant de la gorge. De ce point
part, de chaque côté, une petite bande qui couvre la lèvre
inférieure et isole du menton un espace triangulaire noi-
râtre. La lèvre supérieure, jusqu'à la naissance des vi-
brisses, est également blanche. A la bande qui enveloppe
la tête succède un espace d'un brun noir qui entame le
blanc du front, recouvre les oreilles et gagne les côtés du
2* sérib. t. vhi. Aunée 1856. 32
498 rev. et mag. de zoologie. {Novembre 1856.)
cou, qui, ainsi que la gorge, la poitrine, toutes les parties
inférieures jusqu'au delà de l'anus, et la face externe et
interne des membres, sont également d'un brun noir. De
l'occiput naissent deux larges bandes d'un blanc nuancé
de jaunâtre qui gagnent les côtés du corps et s'étendent
jusqu'à la queue, en passant sur les épaules, les flancs et
les cuisses. Deux autres bandes de même couleur, plus
étroites, nées sur le cou, en dedans des premières, se pro-
longent parallèlement à celles-ci jusqu'à la croupe, où
elles s'élargissent. Enfin un grand espace ovalaire blanc
jaunâtre, varié de noirâtre, occupe le milieu du dos. Toutes
ces bandes sont ou séparées ou coupées par d'autres d'un
brun noir. La queue est blanchâtre en dessus dans toute
son étendue, avec la fine pointe noire ; en dessous elle est
noirâtre à la base , blanchâtre vers le milieu , puis noire
jusqu'au bout sur une longueur d'environ 9 centimètres.
Les poils qui la composent , longs, plus rudes au tou-
cher que ceux du dos, sont , en général , blanchâtres à la
base, d'un brun cendré au milieu et jaunâtres dans le reste
de leur étendue»
Oreilles légèrement bordées de blanc au bout.
Longueur du museau à l'anus, . * . . . 0m,260
— de l'anus à l'extrémité de la queue. 0m,180
— du pied postérieur 0m,0i0
— du museau à l'occiput 0m,065
Hauteur des oreilles 0m,015
Largeur des oreilles 0m,011
Les différences qui existent entre le Viverra zorilla et
le Zorilla Vaillantii sont faciles à saisir. En premier lieu
la différence de taille : notre Zorille n'a que 44 centi-
mètres de longueur totale depuis le museau jusqu'à l'ex-
trémité de la queue, tandis que l'espèce anciennement
connue en a de 55 à 60.
Chez le Z. Vaillantii, le pelage est plus soyeux, plus doux ;
le blanc du front forme un bandeau qui enveloppe toute
la tête, tandis que chez le V. zorilla il n'existe qu'une
THAVAl'X 1NKIMTS. VOO
tache blanche oblongue d'arrière en avant entre les yeux;
de plus, celle-ci a les lèvres noires et notre Zorille les a
blanches. Enfin le V. zorilla a la queue noire en dessus,
blanche à son extrémité ; le Z. YaillnntU l'a blanchâtre en
dessus, noire seulement en dessous, dans sa moitié posté-
rieure et à la pointe. Ces différences nous paraissent assez
tranchées pour motiver la distinction spécifique que nous
faisons du Zorilla Vaillantii que nous avons rencontré en
Algérie, et dont nous avons vu un individu exactement
semblable qui avait été rapporté de Tunis.
AMENITES MALACOLOGIQUES;
par M. J. R. Bourguignàt.
S LI.
Du genre Zospeum.
Il existe en Europe une contrée montueuse, la Carniole,
qui, de tout temps, a su attirer, moins par la beauté ma-
gique de ses paysages que par l'aspect grandiose de ses
immenses souterrains, l'attention des touristes, et surtout
des naturalistes.
Dans ces vastes cavernes, en effet, où s'engloutissent
des rivières considérables, telles que le Poik, par exemple,
se trouvent de gigantesques excavations, d'interminables
couloirs, de sombres lacs où la nature, dans sa merveil-
leuse fécondité, a placé les êtres les plus singuliers.
Là, sur tes parois des rochers, végètent de tristes cryp-
togames, le désespoir des botanistes ; sous les pierres hu-
mides se cachent des insectes aux formes bizarres et anor-
males; dans les endroits fangeux se tapissent d'étranges
crustacés, tandis que dans les sombres cours d'eair: nage
un être moitié reptile, moitié poisson , le Protée au corps
sans écaille.
500 rev. et mag. de zoologie. (Novembre 1856.)
Ces animaux condamnés à vivre dans les ténèbres, et
auxquels la nature, dans sa sage prévoyance, a refusé
l'organe de la vue , ont été , dans ces derniers temps , un
sujet sur lequel les naturalistes ont aimé à déployer la
plus profonde érudition.
Ces êtres anormaux ont tous été reconnus , non-seule-
ment pour des espèces spéciales , mais encore pour des
types de genres nouveaux ; tous ont été regardés comme
des animaux non dégénérés, mais créés essentiellement
pour vivre dans l'obscurité et les couloirs humides des
souterrains.
Tandis que les erpétologistes, les entomologues , etc.,
sans s'être donné le mot, arrivaient tous à cette sage con-
clusion, les conchyliologues, en la personne de Ross-
massler, protestaient par un résultat tout à fait opposé.
Voici le fait :
Dans ces mêmes cavernes où des êtres aveugles de
Tordre des reptiles, des insectes, des crustacés, etc.,
avaient été trouvés, l'on y découvrit également quelques
petits mollusques.
Or, ces petits mollusques furent classés par Rossmassler
parmi les Carychium (genre de la famille des Auricules),
et chez lesquels l'organe visuel est parfaitement développé.
11 résulte de cette appréciation zoologique de Rossmass-
ler, qu'il y a contradiction évidente entre les résultats
fournis par la malacologie avec ceux donnés par l'erpé-
tologie, l'entomologie, etc..
Reste à savoir
1° Si l'appréciation de Rossmassler est bonne , et si la
nature n'a point fait exception , en faveur de ce mollus-
que, aux lois de cécité qu'elle semble avoir imposées aux
autres animaux de ces cavernes:
2° Ou bien si ces mollusques ne doivent point être éga-
lement aveugles, et par conséquent être regardés comme
des types d'un genre nouveau , et venir, par ce résultat ,
corroborer ceux déjà fournis par les autres êtres.
TRAVAUX INÉDITS. 501
Lorsque Rossmassler publia, dans son Iconographie, la
description de ces coquilles sous l'appellation de Cary-
chium spdœum, il n'en connaissait que l'enveloppe exté-
rieure ; il lui fut donc impossible d'appuyer son opinion
par des laits an atomiques.
Depuis cet auteur, l'on a trouvé, à l'état vivant , un
grand nombre de ces mollusques ; mais, soit extrême dif-
ficulté à soumettre au scalpel des êtres aussi petits, soit
ignorance de la part des naturalistes allemands, aucune
étude anatomique n'est venue faire connaître les organes
de ces animaux. Aussi allons-nous être obligé de nous
servir des preuves que peuvent nous fournir le test et le
mode d'habitat.
Mais auparavant, nous croyons convenable de révéler
notre pensée sur la valeur des auteurs dont nous n'adop-
tons point les idées; car, pourrait-on nous dire : Croyez-
vous que des savants tels que L. Pfeiffer, Kiister, Schmidt,
Freyer et Frauenfeld, qui tous ont professé la même opi-
nion que Rossmassler, soient des naturalistes faciles à
tomber dans l'erreur?
C'est notre conviction.
A notre époque, en effet, où les conchyliologues sont
si pauvres d'idées, et où ils croient avoir rendu un grand
service à la science lorsqu'ils ont copié les travaux de
leurs confrères, il suffit qu'un auteur ait émis une opinion
pour qu'immédiatement cette opinion soit servilement ad-
mise à l'unanimité.
Ce que nous disons en ce moment peut, à première vue,
sembler injuste à l'égard d'un savant tel que L. Pfeiffer,
cependant il n'en est rien.
L. Pfeiffer, il faut le reconnaître, est de tous les con-
chyliologues l'homme qui saisit le mieux les caractères
d'une espèce, et qui sait le mieux traduire sa pensée en
terme diagnostique. En un mot, L. Pfeiffer est la diagnose
incarnée. Mais comme idée, comme appréciation philo-
sophique, quelle pauvreté!
502 rev. et mag. de zoologie. (Novembre 1856.)
On en a la preuve dans ses méthodes artificielles, dans
l'agencement factice de ses genres, dans le faux groupe-
ment de ses espèces, que vingt fois il a recommencé, et
que vingt fois encore il reproduira sous une autre forme,
sans jamais pouvoir une seule fois approcher d'une mé-
thode naturelle et philosophique.
L. Pfeiffer ne pouvait donc avoir une pensée différente
de celle de Rossmassler ; il a suivi servilement sa méthode,
et voilà tout. Il en est de même des autres naturalistes
dont nous venons de citer les noms : ils peuvent être de
bons monograpiies, ils peuvent faire d'excellentes des-
criptions; mats, en définitive, ce sont des auteurs sans
idées neuves et auxquels manquent la saine intelligence ,
la profondeur des pensées que possédaient les Lamarck
et les Cuvier.
Nous ne croyons donc point à la juste appréciation de
ces auteurs; nous aimons mieux nous en rapporter à la
sage prévoyance de la nature , qui sait fournir à chaque
être les organes nécessaires aux milieux où elle les
place.
Les petits mollusques en question , ainsi que les autres
êtres de ces cavernes, n'ont jamais été recueillis près de
l'ouverture des souterrains, mais bien dans les couloirs
les plus reculés à plusieurs lieues sous terre ; et cela n'a
rien d'extraordinaire quand l'on saura qu'une de ces ex-
cavations, celle d'Adelsberg, par exemple, a de 15 à
20 lieues d'étendue. Ces mollusques ont donc été créés
pour vivre dans les ténèbres, et doivent être, par consé-
quent, aveugles; car il est raisonnable de penser que, si la
nature a enlevé, comme une superfluité, l'organe de la vue
chez les autres êtres de ces cavernes, elle l'ait ôté, pour la
même raison, à ces mollusques.
Un fait qui, tout en corroborant cette opinion, nous
montre que la nature ne fait rien à la légère, est celui que
l'on remarque chez les Cœcitiamlla : ces petites coquilles
vivent sous terre, à l'instar des Lombrics; aussi avons-
TRAVAUX INÉDITS. 503
nous constaté, dans ces Aménités malacotogiquet , qu'il y a
chez elles absence complète d'organe visuel.
La nature en a donc agi de même pour les coquille*
de ces souterrains Klles ont été créées pour vivre dans
les ténèbres, elles n'ont point besoin de voir. S'il en était
autrement, il y aurait une inconséquence notable dans
ses lois.
On ne peut donc classer ces mollusques dans le genre
Cari/vhiumy dont les animaux possèdent des yeux situés à
la base interne des tentacules,
Nous dirons même plus , l'enveloppe extérieure de ces
êtres ne présente presque aucun des caractères dos Ca-
ry'chium.
Nous avons étudié en conscience toutes les descrip-
tions, et examiné avec soin toutes les espèces si bien figu-^
rées dans Freyer et Frauenfeld , et nous devons avouer
que toutes ces coquilles ressemblent plutôt à de petits
Vertigos qu'à des Carychies.
Nous avons constaté chez ces mollusques la dextrorsité
et la sinistrorsité du test; l'obésité constante de la spire ;
une perforation ombilicale analogue, et même la fré-
quence de la déviation rectiligne du dernier tour de
spire, qui, chez les Pupas et les Vertigos, est si commune;
enfin des denticulations lamelliformes identiques.
Chez les Carychium . au contraire , la sinistrorsité
n'existe point ; l'ombilic est à peine accusé par une légère
fente; la spire est toujours allongée, lancéolée; les denti-
culations sont simplement aperturales, etc..
Telles sont les différences que nous avons cru recon-
naître entre ces mollusques des cavernes, classés à tort
dans les C'arychium, avec les véritables Carychiu », qui
habitent , à l'air libre , au pied des arbres , dans les
mousses ou sur les bords des ruisseaux.
Et lorsqu'un naturaliste consciencieux pourra étudier
l'animal, ce qui n'a point encore été fait jusqu'à ce
jour, nous ne doutons point que l'anatomie ne vienne
504 rev. et mag. de zoologie. [Novembre 1856.)
confirmer les différences que nous venons de signaler.
Il résulte, de ce que nous venons de dire , que les
mollusques découverts jusqu'à ce jour dans les cavernes
de Carniole sont , pour nous , des animaux devant servir
de type à un genre spécial voisin des Carychium, et auquel
nous donnons le nom de Zospeum.
Nous avons tiré cette appellation générique de deux
mots grecs (Çwov, animal; riréoç, caverne), afin de rappeler,
par le nom du genre, le mode singulier d'habitation des
mollusques qui le composent.
Les Zospés ont été trouvés pour la première fois par
Rossmassler, en octobre 1835, dans la caverne d'Adcls-
berg.
Depuis cette époque, ils ont été recueillis dans diffé-
rents souterrains par MM. H. F. Schmidt, de Laibach ,
H. A. Schmidt, d'Ascherleben , enfin par le comte Franz
Erjavec.
Les principaux naturalistes qui se sont occupés de ces
coquilles sont d'abord Rossmassler, en 1839 ; — Kûstér,
en 1844; — Schmidt, en 1854; Frauenfeld, en 1854 et
1856; — Freyer, en 1855; — enfin L. Pfeiffer, en 1856.
Passons maintenant aux descriptions de ces mollus-
ques, qui sont au nombre de treize.
Zospeum speljEum.
Carychium spelaeum, Rossmassler, Iconogr., X, p. 36,
taf. xlix, f. 661. 1839.
— — Kuster, Syst. conch., Cab.; Auricul., p. 6, n° 2,
taf. i, f. 11-12. 1844.
— — Em. Cornalia, Dei gaster. ter. dell. valle dell'
isonzo, dell' altipiano d'Adelsberg..., etc.. Extrait
de« Giorn.instit. Lombardo di scienze, etc., t. III,»
p. 35. 1852.
Auricula spelaea, Schmidt, in Malak. Blatter..., p. 47.
1853.
TRAVAUX INÉDITS. 505
Carychium spelaeum, Frauenfeld, Uber neu entd. Hohlen-
thiere,... in Verh. zool. vereins in Wien., taf. i, f. 3.
1854.
— — H. et À. Âdams, A Monogr..., in Proceed. zool.
soc..., p. 34. 1854.
— — L. Pfeiffer, Synops. auricul..., in Malak. Blat-
ter..., p. 152, n° 176. 1854.
— — H. et À. Adams, The gen. of rec. Moll., vol. II,
p. 242. 1855.
— — Frauenfeld , in Sitzungsb. kais. akad. Wis-
sensch..., p. 14. (Janv.) 1856.
— — L. Pfeifter, Monogr. auric., p. 164 et 198. 1856.
Testa rimato-subumbilicata, ovato-conica, sublaevigata, alba, hya-
lioa; spira coûica, obtusa; anfractibusô convexis; ultimo dimidiani
longitudinis non œquante; apertura parum obliqua, lunari; pariete
aperturali denticulis duobus (altero sat crasso prope columdlam,
altero vix perspicuo mediano), munito; plica columellari lœvi ; peri-
stomate sublabiato, breviter expanso; margine columellari dilatato,
patente.
Coquille subperforée, ovale, conique, presque lisse,
transparente, blanchâtre ; spire conique, à sommet obtus.
Six tours convexes, dont le dernier n'égale point la moitié
de la hauteur totale. Ouverture lunaire, peu oblique, mu-
nie, sur la convexité aperturale de l'avant-dernier tour,
de deux denticulations , dont la première , située près de
la columelle, est assez forte, et dont la deuxième, à peine
sensible, se trouve placée vers le milieu de la convexité.
Columelle offrant une petite inflexion. Péristome un peu
bordé, réfléchi, surtout du côté columellaire.
Haut., 1 mill. 1/2. — Diam., 1 mill.
Le Zospeum spelœum a été recueilli , en octobre 1835,
par Rossmassler, dans la caverne d'Adelsberg. C'est sur-
tout près d'une immense salle souterraine, nommée dans
le pays Tansplatz (place de la danse), que cette espèce se
trouve le plus communément. (Voyez, à ce sujet, Schmidt,
in Malak. Blatter, p. 48, 1853.)
§Q6 REV. et mag. de zoologie. (Novembre 1856.)
Zospeuiïi LAUTUM.
Carychium lautum (1), Fraucnfeld, Uber neu entd. Hoh-
lenthiere, etc., in Verh. zoolog. Vereins in Wien...,
p. 33, pi. i, f. 4, 1854.
— — L. Pfeiffer, Syn. Auriçul., in Malak. Blatter.,
p. 152, n° 175. 1854.
— — H. et A. Adams, The gen. of. rec. Mol!., vol. IF,
p. 242. 1855.
— — Frauenfeld , in Sitzungsb. kais. akad. Wis-
sensch, p. 22, f. 2. 1856.
— — L. Pfeiffer, Monogr. Auric, p. 163 et 198.
1856.
Testa subrimata, ovato-conica, teuera, hyalina, glabra ; spira co-
nica, apice obtuso ; anfraetibus 5-G mqdice convexis ; ultimo spiram
superante, ad suturam turgidp; apertura luuavi , obliqua, basi subr
dilatata; pariete aperturali denticulis duobus (altero alto prope cp-
lumellam, ac altero minore, mediano), mimito ; lica columellari
dentiformi; peristomate expanso, reflexiusculo ; margine dextro me-
dio repando, nec incrassato.
Coquille à peine perforée, ovale, conique, transparente?
lisse et fragile; spire conique-obèse, à sommet obtus.
Cinq à six tours de spire convexes, dont le dernier, un peu
gonflé vers la suture, dépasse la moitié de la hauteur
totale. Ouverture oblique, rétrécie à sa partie supérieure,
élargie à sa partie inférieure. Columelle petite, munie
d'une petite dent très-saillante. Convexité de l' avant-der-
nier tour offrant deux autres çlenticulations; la première,
assez forte, est située près de la columelle ; la seconde,
qui est très-faible, se trouve sur le milieu de la convexité.
Péristome un peu bordé et réfléchi. Bord droit faible-
ment infléchi au milieu, sans présenter pour cela un
épaississement plus considérable.
(1) Non Carychium lautum de Freyer, qui est une espèce distincte
que nous décrivons sous le nom d» ZospQum aglcnum.
TRAVAUX INKDITS. $07
Haut., 1,7 de mill. — Diam., 1,35 de mill.
Habite la caverne de Krimberg, et çà et là dans les au-
tres souterrains de la Carniole.
ZOSPEUM AGLENUM.
Carychium lautum (1), Freyer, Uber neu entd. conch....,
in Sitzungsb. kais. akad. Wissensch, p. 21, taf. i,
f. 7. 1855.
Testa rimata, laevigata, subdiaphana, albidula ; spira conica; apice
obtuso; anfractibus C convexis, sutura impressa separatis ; ultimo
dimidiam longitudinis non attingente; apertura obliqua, rotuudato-
luoari, ad basim dilatata ; pariete aperturali dent icu lis duobus (al-
tero propo columellam compresso, altero mediano parvulo ac remoto),
munito; plica columellari distincta ac acuta; peristomate retlexo ;
margine devtro arcuato.
Coquille lisse, subdiaphane, blanchâtre, pourvue d'une
fente ombilicale rectiligne. Spire conique, à sommet obtus.
Six tours de spire convexes, séparés par une suture bien
marquée- Dernier tour n'atteignant point la moitié de la
hauteur totale. Ouverture oblique, arrondie, lunaire, assez
dilatée a la base. Convexité de l'avant-dernier tour pos-
sédant deux denticulations, dont la première, comprimée,
se trouve située près de la columelle , tandis que la se-
conde, plus enfoncée, oecupe la partie médiane. Pli colu-
mellaire saillant et aigu. Péristome réfléchi. Bord droit
assez arqué.
Hauteur, 2 1/5 mill. — Diam., 1 1/4 mill.
Habite la caverne de Pasiza, en Carniole.
Nous avons créé un nom nouveau pour cette espèce,
parce qu'elle ne peut être assimilée au lautum, ainsi que
l'avait fait Frauenfeld , et qu'il devenait urgent de lui ap-
pliquer un vocable spécial.
C'est également par erreur , nous le pensons , que
: 1) Non Carychium lautum de Frauenfeld.
508 rev. et mag. de zoologie. (Novembre 1856.)
L. Pfeiffer (1) a cité cette espèce parmi les synonymes du
Sehmidtu.
ZOSPEUM OBESUM.
Carychium obesum (2), Schmidt, mss.
— — Frauenfeld, Uber neu entd. Hohlenthiere,... in
Verh. zool. vereins in Wien..., p. 12, taf. i, f. 6.
1854.
— — L. Pfeiffer, Synops. auricul , in Malak. Blat-
ter..., p. 152, n° 178. 1854.
— — H. et À. Adams, The gêner, of récents moll...,
vol. II, p. 242. 1855.
— — Frauenfeld, in Sitzungsb. kais. akad. Wis-
sensch..., p. 22, f. 3. (janv.). 1856.
— — L. Pfeiffer, Monogr. auricul , p. 165 et 198.
1856.
Testa rimata, globoso-conica, tenui, lœvigata, subdiaphana, albida ;
spira eonvexiusculo-couica, acutiuscula; sutura mediocri; anfracii-
1ms 5-Ci modice convexis; ultimo dimidiam longitudinis non attin-
gcnte; apertura obliqua, rotundato-lunari; pariete aperturali denti-
culo uno compresso, prope columellam, raunito; plica columellari
obseleta; peristomate expauso, reflexiusculo ; margine dextro ar-
cuato ; columellari subverticali.
Coquille globuleuse, conique, fragile, grêle, lisse, sub-
diaphane, blanchâtre, munie d'une fente ombilicale. Spire
conique, à sommet un peu aigu. Cinq à six tours peu con-
vexes, séparés par une suture peu profonde. Dernier tour
n'atteignant point la moitié de la longueur totale. Ouver-
ture oblique, lunaire-arrondie, convexité de l'avant-der-
nier tour munie, près de la columelle, d'une petite denti-
culation comprimée. Pli collumellaire presque nul, Colu-
(1) Monogr. auricul., p. 198.
(2) Non Carychium- obesum de Freyer, qui est uue espèce distincte
que nous décrivons sous le nom do Zospeum nyeteum.
TRAVAUX INÉDITS. 509
melle presque droite. Péristome réfléchi. Bord droit un
peu arqué.
Haut., 2 mill. — Diam., 1 mill.
Habite la caverne d'Obergurk, en Carniole.
ZOSPEUM NYCTEUM.
Carychium obesum (1), Freyer, Uber neu entd. conch., in
Sitzungsb. kais. akad. Wissensch, p. 21, taf. i, fig. 6,
1855.
Testa rimata, globoso-conica, fragili, laivigata, diaphana, albidula;
spira convexiusculo-conica, apice paululum obtuso ; aufraetibus 6 cou-
vexiusculis; sutura paululum impressa; ultimo dimidiam longitu-
dinis non attingente ; apertura obliqua, rotundato-lunari; pariete
aperturali deuticulis duobus (altero prope columellam compresso,
satalto; altero remoto, parvo, m mediano convexitate), munilo; plica
columellari obsoleta; peristomate reflexiusculo ; margine dextro vix
arcuato.
Coquille pourvue d'une fente ombilicale, globuleuse,
conique, fragile, lisse, diaphane, blanchâtre. Spire co-
nique, à sommet un peu obtus. Six tours peu convexes,
séparés par une suture peu profonde. Dernier tour n'at-
teignant point la moitié de la hauteur totale. Ouverture
oblique, arrondie, lunaire, offrant, sur la convexité de
l'avant-dernier tour, deux denticulations, dont la pre-
mière, située près de la columelle, est comprimée, quoique
assez forte , tandis que la seconde, beaucoup plus petite,
se trouve placée très-profondément vers le milieu de la
convexité. Pli columellaire presque nul. Péristome réflé-
chi. Bord droit à peine arqué.
Haut., 2 mill. — Diam., 1 1/4 mill.
Habite la caverne de Pasiza, en C irniole.
C'est à tort que Freyer a rapporté cette espèce à Yobe-
sum de Schmidt et de Frauenfeld, et L. Pfeiffer (2) n'est
(1) Non Carychium obesum d« Schmidt et de Frauenfeld.
(2) Monogr. auricul., p. 198.
810 REV. et mag. de Zoologie. [N membre 1856.)
pas moins tombé clans l'erreur en la plaçant parmi les sy-
nonymes du Schmidtii de Frauenfeld. Aussi avons-nous
été obligé, pour distinguer désormais Cette coquille des
autres espèces avec lesquelles on lavait faussement assi-
milée, de lui attribuer l'appellation spéciale de nycteum.
Zospeum Schmidtii.
darychium Carniolicum, ScKmidt, mss.
Carychium Schmidtii, Frauenfeld, Uber neu entd. Hoh-
lenthiere..., in Verh. zooL yereins in Wien, p. 12,
taf. i, f. 5. 1854.
— — L. Pfeiffer, Syn. auricul..., in Malak. Blatter...,
p. 152, n° 177. 1854.
— — H. et A. Adam*, The gêner, of récents moll...,
vol. II, p. 242. 1855.
— — Frauenfeld, in Sitzungsb. kais. akad. wissensch. . . ,
p. 18, fig.4. (janv.). 1856.
-u — L. Pfeiffer, Monogr. auricul..., p. 164 et 198
(pars). 1856.
Testa subrimata, o\ato-conica, teuera, subtilissime et regulariter
costulata, hyalina; spira conica; apice obtuso; sutura profuuda; an-
fractibus 5-6 percouvexis , lente acerrscentibus; ultimo diniidiam
non superante ; apertura oblique lunari , ad basim parum dilatata;
pariete aperturali denticulis duobus a5qualibus (altero prope colu-
mellam, altero prope iusertionem labri)> remotis inuâ.ito; pliea colu-
raellari obsoleta; peristomate undique diiatato , expanso; iiiargine
dextro subimpresso.
Coquille à peine fournie d'une fente ombilicale, ovale,
conique, fragile, transparente, blanchâtre, très-régulière-
ment et très-finement sillonnée de stries assez fortes. Spire
conique, à sommet obtus. Cinq à six tours très-convexes,
s' accroissant régulièrement, et séparés par une suture
profonde. Dernier tour n'atteignant point la moitié de la
longueur totale. Ouverture lunaire, oblique, un peu dila-
tée à sa partie inférieure. Convexité de l'avant-dernier
TRAVAUX INÉDITS» 511
tour munie de deux deuticulations d'égale taille et très-
enfoncées, la première vers la columelle, la seconde pro-
che de l'insertion du labre extérieur. Pli columellaire pres-
que nul. Péristome dilaté et réfléchi. Bord droit un peu
arqué.
Haut, 2 miïl. — Diam., 1 1/5 mill.
. Habite la caverne de Pasiza, en Carniole.
L. Pfeiffer a réuni à tort à cette espèce les Cttrythium
pulchellum, costalumy obesum (1), lautum (2), de Freyer,
et le Carychium Freyeri de Schniidt.
ZOSPEUM PtlLCttELLUM.
Carychium pulchellum, Freyer, lîber neu entd. conch...,
in Sitzungsb. kais. akad. Wissensch, p. 20, pi. i,
%. 4. 1855.
Testa rima ta, globoso-conica, subdiapbana albidula, elegantissittte
sub lente striatula ; spira conica; apice obtuso; anfraetibus H con-
vexiusculis, regulariter crescentibus, sutura impressa scparatis ; ul-
timo dimidiam longitudinis non attingente ; apertura obliqua, fere
rotundata ; pariete aperturali denticulo uno compresso, prope colu-
nn'llam, munito; plica columellari obsoleta; peristomate refléxo, prœ-
sertim ad columellam; marginibus callo junctis.
Coquille globuleuse conique, subdiaphahe, très-fine-
ment striée, blanchâtre et pourvue d'une fente ombilicale.
Spire conique à sommet obtus. Six tours convexes, s'ac-
croissant avec régularité , et séparés par une suture bien
marquée. Dernier tour n'atteignant point la moitié de la
hauteur totale. Ouverture oblique, presque ronde, offrant
sur la convexité de l'avant-deruier tour et près de la co-
lumelle une dent comprimée. Pli columellaire obsolète.
Péristome réfléchi, surtout sur la columelle. Bords mar-
ginaux réunis par une callosité sensible.
(1) Non Frauenfeld et Schmidt.
(2) IN on Frauenfeld.
512 rev. et mag. de ZOOLOGIE. (Novembre 1856.)
Haut., 2 mill. — Diam., 1 mill.
Habite la caverne de Krimberg, en Carniole.
ZOSPEUM COSTATUM.
Garychium costatum, Freyer, Uber neu entd. conch., in
Sitzungsb. kais. akad. Wissensch, p. 20, pi. i, f. 5.
1855.
Testa valde rimata, globoso-conica, subdiaphana, albidula, striato-
costata ; spira conica, apice obtuso ; anfractibus 6 convexis, sutura
impressa separatis; ultimo dimidiam longitudinis non œquante;
apertura obliqua, lunari-subovata, ad basim dilatata; pariete aper-
turali denticulis duobus (altero valido, compresso prope columel-
lam; altero parvulo, remoto, mediano), munito; plica columellari
nulla ; peristomate parum reflexo ; margine dextro valde inflexo.
Coquille globuleuse conique, subdiaphane, blanchâtre,
pourvue d'une fente ombilicale très-allongée et presque
rectiligne. Test orné, de la manière la plus gracieuse, de
fortes côtes espacées régulièrement. Spire conique, à som-
met obtus. Six tours convexes, séparés par une suture
bien marquée Dernier tour n'égalant point la moitié de
la hauteur totale. Ouverture oblique, lunaire, subovalaire.
Convexité de l'avant- dernier tour munie de deux denti-
culations, dont la première, qui est forte et comprimée,
se trouve près de la columelle, et la seconde, plus petite
et plus enfoncée, vers le milieu de la convexité. Pli eolu-
mellaire nul. Péristome peu réfléchi. Bord droit fortement
arqué.
Haut., 2 1/8 mill. — Diam., 1 1/3 mill.
Habite un souterrain près de Goricane, en Carniole.
ZOSPEUM ALPESTRE.
Carychium alpestre (pars), Freyer, Uber neu entd. conch.. ,
in Sitzungsb. der kais. akad. Wissensch, p. 19, taf. i,
fig. 2Aet2C. 1855.
TRAVAUX INEDITS. 513
— — Fraiienfeldy in Silzungsb. kais. akad. Wissensch,
p. 21. 1856.
— — L. Pfeifl'er, Monogr. auricul., p. 198. 1856.
Testa valdc rimata, lœvigata, albidula, subdiaphana; spira bre-
vit r conica; apice acutiusculo; anfractibus 5 convexiusculis; ultimo
ventrieosiore, dimidiam longitudinis aequante; apertura rotundato-
lunari; paricte aperturali prope collumellam unidentata; plica colu-
mellari uulla; peristomate refleio ; marginibus callo exacte circulare
junctis.
Coquille lisse, subdiaphane, blanchâtre, pourvue d'une
fente ombilicale très-allongée et presque rectiligne. Spire
courte,, conique, à sommet un peu aigu. Cinq tours con-
vexes Dernier tour plus ventru et égalant la moitié de la
hauteur totale. Ouverture lunaire arrondie. Convexité de
l'avant-dernier tour munie, près de la columelle, d'une
dent assez forte. Pli columellaire nul. Péristome réfléchi.
Bords marginaux réunis par une callosité circulaire.
Haut., 1 mill. 1/2. — Diam., 1 mill.
Habite la caverne de Dioja-Grica, de Veternica, en Car-
niole.
ZOSPEUM NYCTOZOILUM.
Carychium alpestre (altéra pars), Freyer, Uber neu entd.
conch..., in Sitzungsb. kais. akad. Wissensch, pi. i,
fig. 2Bet2D1855.
Testa vix rimata , lœvigata , subdiaphana , albidula ; spira conica ;
apice obtusiusculo ; anfractibus 6 convexiusculis ; ultimo ventrico-
sioie, dimidiam longiludinis aequante. Apertura obliqua, anguloso-
rotundata, ad basim paululum dilatata ; pariete aperturali denticulo
prope collumellam munito ; plica columellari nulla ; peristomate re-
flexo; margiue dextro iuflcxo, rectoque; marginibus callo junctis.
Coquille lisse, subdiaphane, blanchâtre, à peine pour-
vue d'une fente ombilicale. Spire conique, à sommet un
peu obtus Six tours convexes, dont le dernier est plus
ventru et égale la moitié de la hauteur totale. Ouverture
2° série, t. vin. Année 1856. 33
811 rev. et mac;, de zooeogie. (Novembre 1856.)
oblique, anguleuse, arrondie, un peu dilatée à la base.
Convexité de l'avant dernier tour munie, près de la colu-
melle, d'une dent comprimée. Pli columellaire nul. Péri-
stome réfléchi. Bord droit infléchi et rectiligne Bords
marginaux réunis par une callosité sensible.
Haut., lmill. 1/2. — 1 mil!
Habite les cavernes de Dioja-Cmca et de Veternica, en
Carriiole.
Cette espèce diffère du véritable alpestre par son ouver-
ture anguleuse, par son bord droit rectiligne, par sa fente
ombilicale, qui est presque mille, par son sommet ob-
tus, etc.
rr
ZOSPEUM ÏRAUENFELDII.
Carychium Frauenfeldii , Freijer^ Uber neu entd. conch.,
in Sitzungsb. kais, akad. Wissensch, p. 19, fig 3.
1&55,
— — FrflwewfeM, in Sitzungsb. kais. akad. Wissensch...,
p. 16. 1856.
— - — L. Pfeiffer, Monogr. auricul., p. 499. 1856.
Testa valide rimata, globoso-couica, snhdiaphana, albidula, obli-
que striatula ; spira eonica ; apice aeutiusculo ; anfractibus 6 convexis,
gïadafcis, ac ad suluram profundam paululuin plauatis ; duobus
prioribus lamgatis, tertio angustion> , tandem ultirno ventricoso ac
dimidîam loagitudinis non attingeote; apertura lata, extrorsum ro-
tundata; pariete aperturali denticulo valido prope columellam mu-
nito; plica coiumellari obsoleta; peristomate reflexo; marginibus
callo sat valido junctis.
Coquille globuleuse conique, subdiaphane, blanchâtre,
obliquement striée et pourvue d'une fente ombilicale as-
sez forte. Spire conique, à sommet un peu aigu. Six tours
de spire convexes, un peu plans vers la suture, qui est
profonde. Les deux premiers tours sont lisses, le troisième
est un peu plus petit que le second, ce qui donne au som-
met une apparence un peu mamelonnée ; enfin le dernier
tour est ventru et n'atteint point la moitié de la hauteur
TRAVAUX INÉDITS. > I .')
totale. Ouverture arrondie, largement développée, munie,
sur la convexité de l'avant-dernier tour et près de la co-
lumelle, d'une forte lamelle. Pli columellaire obsolète.
Péristome réfléchi. Bords marginaux réunis par une cal-
losité assez sensible.
Haut., 2 mill. — Diam., 1 mill. 1/3.
Habite la caverne de Podpec, près de Guttenreld, et <;à
et là dans quelques autres souterrains de la Carniole.
ZOSPEUM AWOENUM.
Carychium amœnum, Frauenfeld, in Sitzungsb. kais. akad.
Wissensch, p. 15, fig. 1. 1856.
— — L. Pfeiffer, Monogr. auricul., p. 199. 1836.
Testa minima, globoso-cyliudrica, pupoidea, laevigata, alba, oleoso-
micante ; rima valida, in apertura prominente ; anfractibus 5 per-
convexis ; superioribus lente accresceutibus ; ultimo permagno ; aper-
tura lunari-ovata, edeutula ; columella cum anfractu ultimo angulum
praebente; peristomate late reflexo, minime iucrassato; margine
dextro rotundato, non impresso.
Coquille très-petite, globuleuse-cylindrique, delà forme
d'un petit vertigo. Test lisse, transparent, très-brillant.
Fente ombilicale considérable, se prolongeant jusque dans
l'ouverture, ce qui est dû à la columelle, qui forme un
angle avec le dernier tour de spire. Cinq tours très-con-
vexes, dont les premiers s'accroissent très-lentement. Der-
nier tour très-grand. Ouverture lunaire-ovale, sans denti-
culations. Péristome largement réfléchi, non épaissi. Bord
droit arrondi, non infléchi.
Haut., 1 mill. — Diam., 1/2 mill.
Habite la caverne de Pasiza, en Carniole.
Zospeum Fkkyeki.
Pupa Freyeri, F. Schmidt, in Besuch der sele'er (îrotte,
in Zeitschr. fur malak., p. 166. 18V9.
516 bev. et ma<;. de zoologie. (Novembre 1856.)
Carychium Freyeri , Freycr, Uber neu entd. conch., in
Sitzungsb. kais. akac.l. Wissensch, p. 18, iig. 1. 1855.
Testa sinistrorsa, minima, subperforato-rimata, albidula siibdia-
phana, laevigata: spira conica; apice acutiusculo ; anfractibus 6 con-
vexis; ultimo maguo, ventricoso; apertura obliqua, lunari-ovata;
pariete aperturali denticulo, parvulo, remotissimo prope columellam,
munito; columella recta; peristomate rellcxo; margine devtro non
inflexo.
Coquille sénestre, très-pelite, blanchâtre, subdiaphane,
lisse, munie d'une simple dépression ombilicale assez pe-
tite. Spire conique, à sommet un peu aigu. Six tours con-
vexes, dont le dernier est ventru et assez développé. Ou-
verture oblique, lunaire-ovale, offrant, sur la convexité de
l' avant-dernier tour et près de la columelle, une petite
denticulation très-enfoncée. Columelle droite, sans pli.
Péristome réfléchi. Bord droit non infléchi.
Haut., 1 mill. — Diam., 1/2 mill.
Habite la caverne de Bratenea, ainsi que divers autres
souterrains de la Carniole.
Description de quatre Lucanides nouveaux de ma collec-
tion, précédée du catalogue des Coléoptères lucanoïdes
de H ope (1845), et de l'arrangement méthodique adopté
par Lacordaire pour sa famille des Pectinicornes (Gén.
des CoL, vol. III , 1856 ; par M. James Thomson) (1).
J'aurais pu présenter au public entomologique le cata-
logue de ma collection de Lucanides , qui renferme près
de cent cinquante espèces, sans y inclure les Passales ;
mais il me semble que la tache de publier un catalogue
de cette famille doit revenir tout naturellement au comte
V.
(1) Nous nous faisons un devoir d'annoncer que M. Thomson fait
les frais de ce mémoire, et qu'ainsi, à l'exemple de plusieurs de nos
collaborateurs, il en fait don à notre Revue. (G. M.)
TRAVAUX INÉDITS. 517
de Mniszech ou au capitaine Parry, les plus riches pos-
sesseurs des espèces qui la composent. Une monographie
des Lucanides faite consciencieusement, serait encore
plus désirable dans l'état actuel de la science. Je me
borne aujourd'hui à faire précéder mes descriptions par
le catalogue des Coléoptères lucanoïdes de Hope, ou-
vrage excessivement rare , qui n'existe plus dans le com-
merce et qui a été publié isolément en 1845. Je reproduis
également l'arrangement méthodique adoptç récemment,
par Lacordaire, pour la famille des Pectinicornes.
Catalogue des Coléoptères lucanoïdes dans la collection du Rev. F.
W. Hope, F. R. S., etc. (1) (1845).
coleopïera lucanoidea, Hope. (Genus lucanus, Linrueus.)
Fam. I. LAMPRIMID^E, Mac Leay.
PHOLIDOTUS, M. L.
Chalcimon, Dalman.
1. Humboldtii, Schonh. Brasilia.
Lcpidosus, M. L. (mas).
Geotrupoïdes, M. L. (fœm.).
2. Spixii, Perty. Brasilia.
scorti/.is, Westw.
1. Maculatus, Klug., Spec. Brasilia.
Irroratus, Hope. Z. Tr.
RYSSONOTUS, M. L.
1. Nebulosus, Kirby.
lamimuma, Latr.
1. /Enea, Fab. Van Diemen.
Aurata, Latr.
Cuprea, Latr. Var.
2. Latreillei, M. L. Nov. Holl.
Caerulea, Don. Swan-River.
3. Subrugosa, Hope. Nov. Holl.
4. Schreibersii, Hope. Van Diemen.
iïneus, Schreibers.
5. Tasmaniae, Hope, Van Diemen.
6. Micardi, Reiche. P. Adélaïde.
Insularis, Hope. Swan-River.
Purpurascens (var.?). Hope. Austr.
a us.
Fam. II. .$SALUME, M. L.
■
.«salus, Fab.
1. Scarabœoïdes, Fab. Europe.
Fam. III. SYNDESID^, M. L.
SYNDKSUS, M. L.
1. Cornutus, Fab. Van Diemen.
Lucanus parvus Donov.
(1) On a réuni par des accolades les espèces qui font double emploi, suivant
M. Reiche.
518
REV. ET MAC. DE ZOOLOGIE.
Hexap-hyllum, Gray.
Psilodon, Perty.
1. Brasiliense, Gray. Brasilia.
Schuberti, Perty.
2. iEquinoxiale, Buquet. Nov. Gren.
Westwoodii, Hope.
Fam. IV. LUCANID/E, M. L.
CIHASOGNATllUS, StepllCllS.
Tetrophthalmus , Lessou.
1. Grantii, Step. In. Chiloc.
(Tetr. de Chiloe, Lesson.)
ORTHOGNATHUS, Dej.
Sphœnognalhus, Buquet.
I. Priouidcs, Dej. Colorabia.
lucanus, Linn.
A. Tibiae 4 posticae 3-yel 2-dentatae.
a. Antenuarum elava 4-partita.
* Caput maris supraangulato-elcvatum.
(Subg. Lucanus propr.)
1. Cervus, Linn. Europe.
2. Lusilauieus, Hope. Portugal.
3. Hircus, Herbst. Europe.
Capreolus, Fabr. (nec Linu.).
Capra, Oliv.
» Dorcas, Panz.
4. Barba rossa, Fabr.? Portugal.
5. Lunifer, Hope tRoyle's Himal.). Hi-
malaya, Mahvah.
Rugifrons, Hope (fœm.).
6. Cantori, Hope (Ami., N. H., 12). Ka-
syah Hills.
il. Mearesii , Hope (Ann., N. IL, 12).
Sylhet, Assam.
8. Nigripes, Hope (fœm.). Assam.
9. Wcst!,rmaaii, Hope. Assam.
10. Vicinus, Hope. Poonah.
II. Americanus, Hope. N. America.
12. Elaphus, Fabr. N. America.
13.
22
(Novembre 1856.)
** Caput (mas) supra haud angu-
lato-elevatum.
f Prothorax (mas) angulis posti-
cis inermibus.
Capreolus, Linn. (nec Fabr.). N.
America.
Dama, Fabr. N. America.
Trigomes, Thunberg? N. America.
Muticus? Thunberg (fœm.). N.
America.
Lentus, Say. N. America.
Rupicapra, Dej. N. America.
Atratus, Hope. Ncpaul.
ff Prothorax (mas) angulis pos-
ticis spinosis.
(Subg. Mesotopus, Burm., MS.)
Tarandus, Swederus. Sierra-Leone.
b. Anteunarum clava 6 - partita
(caput supra plauum).
(Subg. Hexaphyllus, Mulsant.)
Tetraodou, Thunberg. Ital.
Serraticollis, Dalh. Ital.
B. (Mas.) Tibiae 4 posticae inermes
vel l-dentatae.
a. Antenuarum clava 6-partita.
Tibiae iutermediae (mas et fœm.)
l-dentatae, posticae (mas) sim-
plices (fœm.) l-dentatae (caput
supra planum).
(Subg. Hexarthrius, Burm., MS.)
. Rhinocéros, Oliv. Java.
. Longipennis, Hope. Java.
Rhinocéros (fœm.?). Assam.
. Falciger, Hope. Java.
. Serricollis, Hope, Linn., Trans. As-
sam.
V. 18. Assam.
Forsteri, Hope, Linn., Trans. As-
sam.
V. 18. Assam.
Calauus, Hope, olim. Assam.
b. Antenuarum clava 3-pattita.
" Tibiae 2 posticae inermes in utro-
TRAVAUX
que sexu vel saltem in maribus.
f Tibia* 4 postica: (l'uni.) 1-den-
tatd;.
a) Caput (mas) antice bimucro-
natuni ; prothorax lateribus
haudspinosis; mandibuhe(mas)
iiiaviime. Insecta lutea , fulva ,
s: u brunnea.
(Subu'. Metopodontus, Hope.)
0 Tibia* 4-poslica; .nias! inermes.
23. Downesji, Hope, Zool. Trans. V. 1.
Fernando-Po.
24. Savagei, Hope, Anu. N. 11. V. 9.
Cape Palinas.
25. Aogulatus, Hope , Anu. N. H. V. 9.
Cape Palinas.
/26. Cinuamomeus, Guériu. Java.
| Pallidipeunis, Hope, L. Tr., 18.
j Java.
\27. Castaneus, Hope. Tndia.
oo Tibia) 2 interniedia' (nias) deu-
ticulo minimo arma ta? , posticœ
2 inermes.
28. Omissus, Hope, L. Tr. V. 18. Assam.
29. Fovtatus. Hope, L. Tr. Y. 18. ka-
s\ah Hills.
Confusus, Hope olim. Java.
30. Astacoides, Hope, L. Tr. V. 18. As-
sam.
31. Fraternus, Hope. — ?
32. Maceleliandi, ljppe , Auu. N. H.
Y. 18 kasyah Hills.
33. Fulvipes, Hope. Assara, etc.
(,v Caput (nias) antice planum
hypostomate excavato.
o Tibiiiiint(M'iiie(lia'(nias) inermes.
(Subg. Piosopocoilus, Hope.)
34. Cavifroos, Burin., MSS. Manilla.
Dursalis, Krichs. (fœni.). Manilla.
35. Lateralis, Hope, Philip, ins.
30. Oceipitalis, Hope. Philip, ins.
37. Quadrideus, Hope. Sierra-Leoue.
38. Sa\ersii, Hope. Sierra-Leoue.
41.
i:>.
mitons. 519
39. Seuegaleusis, fclug., Laporte. Séné-
gal.
40. Speculifer, Hope. Cape Palmap.
41. Picipennis, Hope, Aun. N. H. Sierra-
Lconc, cape Palinas.
oo Tibia) intermedia; (mas) denti-
culo medio instructa;.
b) Caput ineime, antonna; brèves.
42. Sei ricornis, I.atr. Madagascar.
43. Martini, Hope. Sierra-Leoue.
Antilopus , Swederus? Sierra -
Leone.
bb) Caput pone ocuios tuberculo
armatum.
S Caput médiocre, autennae bre-
viores.
Oweni, Hope. Assain.
§§ Caput maximum, antenna; lon-
gissimae.
Bucephalus, Klug. Brazil merid.
Longicornis, Biirm. MS.
j-f Tibiae 2-iutermefjiee ( fœm.)
1-deutata', postica1 2 ir.ennes.
,Caput (mas) subquadratum su-
pra planum, clypeo semieircu-
lariter cmargmato.)
Tibiœ antice (mas) niultidentatw,
4 postic* simplices (Insecta bra-
silichsia.)
(Subg. Leptinopterus, Hope.)
(Psalicerus, Dej.)
Feraoratus, Fabr. lirazil.
Bufifemoratus, Hope (ftem.). Bra-
zil.
Mj lanarius, Hope. Brazil.
Funereus, Hop >. Brazil.
Sarcorhainphus, Laporte. Brazil.
Complauatus, Dej. Brazil.
Multidf>utatus, Hop?. Brazil.
Wilsoui, Hope, Brazil.
Ibex, Sturm. Brazil.
Aries, Dej Brazil.
Politus, Hope (var. fœm.). Braiil.
40.
50.
520
51
rev. et mag. de zoologie. {Novembre 1856.)
Tibialis, Esch. Brazil. inter.
Ochropterus, Hope. Brazil.
Ochraceus, Hope. Brazil.
52. Poljodontus, Dej. Brazil.
53. Y. Niger, Hope. Brazil.
tff Tibiae 4 posticae in u troque
sexu inermes.
a) Oculi rotundati integri. Tarsi
subtus setosi. Hujus sectionis
mares tantum in museo nostro
adsunt.
(Subg. Cyclophthalmus, Hope.)
o Mandibulae brèves apiee pal-
matae , mentum transversum
oblongo-quadratum ; prothorax
autice angustior.
54. Platycephalus, Hope, Ann. nat. Hist.,
vol. XII. Kasyah Hills.
oo Mandibulae elongatae apice den-
ticulatae, mentum transverso-
triaûgulare , prothorax antiee
latior.
55. Metallifer, Boisduval. Java.
Tarandus, Thunb., 1811 (nec Swe-
derus, 1787). Java.
Rangifer, Schônh., Syn. Ins., I, 3,
322. Java.
De Haanii, Westwood (Ann. n. H.),
var.? Java.
aa) Oculi septo in duas partes di-
visi; prothorax angulis posticis
emarginatis.
o Corpus mttallicum, tibiae et tarsi
subtus setosi.
(Subg. Calcodes, Westw.)
56. Eratus, Hope, Zool. Tr., V. 1. Te-
nasserim, Kasyah Hills.
oo Corpus obscurum, elytris ni-
gris vel fulvis.
b) Tibiae anticae inermes, posticse
ad apicem extus haud spini -
ferae.
(Subg. Anoplocnemiis, Hope.)
57. Burmeisteri, Hope, Tr. eut. Soc.,
V. 3. Mysore.
bb) Tibia; anticae dentatae; posticae
ad apicem extus spinosae.
(Subg. Odontolabis, Hope.)
§ Caput pone oculos in (mas) tu-
berculo utrinquo armatum.
58. Delessertii, Guérin. Assam.
Saundersii, Hope, L. Tr., XIX.
Kasyah Hills.
Bicolor, Saunders, Ent. Tr.
59. Prinseppii, Hope. Kasyah Hills.
60. Siva, Hope. Sylhet, Kasyah Hills.
Wishnu, Hope (An. L. Gazella, mas,
Fabr.). Java.
Cumingii, Hope (mas). Manilla.
Alces ^fcem.), Oliv. Manilla.
Serrifer, Hope. Java.
Dalmanni, Hope. Tenasserim.
§§ Caput poneoculosiiKniasiinerrae.
65. Baladeva, Hope, L. Tr,, XIX. Ka-
syah Hills.
Lama, Oliv.? (fœm.?) Sijhet, etc.
66. Latipennis, Hope. P. W. Isl.
67. Angulatus, Hope. Kasyah Hills.
68. Glabratus, de Haan. Assam, etc.
69. Platynotus, Hope. East Indies.
70. Tenuipes, Hope. Philipp. Ins.
71. Castanopterus , Hope, Zool. Mise.
Nepaul.
** Tibiae 4 posticae utriusque sexus
in medio 1 -dentatae.
j- Prothorax angulis anticis prorai-
nentibus acutis , mandibula»
(mas) maximae , dente reflexo
versus basin marginis interni
armatae , caput pone oculos tu-
berculo instructum.
a) Tibiae anticae (fœm.) rectae.
(Subg. Macrognathus, Burm. MS.)
72. Giraffa, Oliv. Siam.
73. Confucius, Hope. Chusan.
74. Downesii, Hope. Bombay.
TRAVAUX INÉDITS.
521
aa) Tibia; anticae (mas) extus cur-
vataj.
75. Taurus, Fabr. Java, etc.
Opacus, de Haan.
76. Squalidus, ïïope. Java.
Vestitus, de Haan.
Tomeutosus, Dejean.
f -f- Prothorav augulis anticis haud
promineutibus ; mandibulae
(mas) ad basin marginis interni
dente reflexo haud armatae.
a) Corpus subconvexum; pedes
sublongiores.
Rafflesii, Hope, Lion., Trans., V.
xviii. Bengal, Kasyah Hills.
Macleayi, Hope. Assam.
Nopalensis, Hope. East Ind.
Similis, Hope. Var.
Chevrolatii, Chenu.
Spencii, Hope, Linn., Tr., xviii. As-
sam.
Parryii, Hope. Assam.
Bulbosus, Hope, Linn., Tr., xviii.
Assam.
aa) Corpus plus miuusve depla-
natum, pedes breviores.
o Corpus (prœsertim antice) latis-
simum.
b) Prothorax lateribus in medio
aut ante médium spina instruc-
tus, clypeus transversus.
(Subg. Platyprosopus, Hope.)
83. Titan, Boiad. India or.
j Bueephalus, Perty?
(84. Briareus, Hope. Java.
85. Antaeus, Hope, Ann. N. H., xii,
p. 364. Kasyah Hills.
86. Chevrolatii, Hope, Ann. N. H., xii,
p. 364. Kasyah Hills.
/87. Falco, Laporte. Kasyah Hills, Java.
j88. Saiga, Fabr Java.
j Vultur, Lap. Kasyah Hills.
I Pygargus, Dej. Kasyah Hills.
77.
78.
7!>.
80.
81.
82.
xii,
«>7
1)8
89. Reichei, Hope, Ann. N. H., xii
p. 364. Kasyah Hills.
90. Moloschus, de H. Manill«.
91. Punctilabris, Hope, Ann. N. H.
p. 364. Kasyah Hills.
92. Blanchardi, Hope, Ann. N. H., xii,
p. 364. Kasyah Hills.
93. Dubius, Hope. Java.
94. Incerlus, Hope. Java, Manilla.
95. Indetermiuatus, Hope. Java.
bb) Prothorax lateribus integris
rectis; clypeus indistinctus.
(Subg. ^Sgus, Mac L.)
96. Acuminatus, Fabr. Java.
Fronticornis, Hope. Kandy.
Cornutus, Thuub. Kandy.
Cicatricosus, Wied. Java.
Kandiensis, Hope. Var.? Kandy.
Striatus, Hope. Kandy.
Lunatus, Fabr. Kandy.
Punctatus, Fabr. Kandy.
(Mas) Porcellus, Dejean. Kandy.
oo Corpus latitudine mediocri, ca-
pite et prothorace mediocribus ,
vel saltem elytris haud mani-
feste latioribus.
(Subg. Dorcus, Auct.)
b) Corpus lateribus subparallelis,
mandibule ( mas ) subbreves
deute erecto vel auricula versus
basin annula:.
99. Parallelepipedus, Linn. Europe.
100. Musimon, Gène. Sardinia.
101. Aper, Dejean. N. Amer.
102. Bengalensis, Hope. Bengal.
103. Curvideus, Hope, Linn., Tr., xviii.
Assam.
104. Parallelus, Hope. P. Wales I., Ka-
syah Hills.
105. Eschschollzii, Hope. Tenasserim.
106. De Huanii, Hope, Linn., Tr., xix.
Assam.
107. Lineato-punctatus, Hope, In. zool.
322
rev. et mag. de ZOOLOGIE. (Novembre 1856,
Mise. Nepaul , Kasyah Hills.
bb) Corpus lateribus minus paral-
lelis, mandibule (nias) naud
supra auriculata\
§ Insecta asiatica.
108. Laleralis, Dej, Java.
Javanus, Hope. Java.
Laticpllis, Thunb.? (Mas) Java.
101). Submolans, Hope. Assam.
110. Sinister, Hope. Molucca, P. Wales
Isl.
111. Hydrophiloides, Hope. Melville Isl.
Obs. Speeies 8 sequentes sunt
feminœ bujus seetionis vel
Platyprosopi.
112. Rugifrous, Hope. Java.
Subcostatus, de Haan. Java.
113. Iucrinis, Fabr. Java.
114. Passaloides, Hope. Java.
115. Puuctfger, Hope, Liun., Tr., xviii.
Kasyah Hills.
116. Searitoides, Hope. Kasyah Hills.
117. Subaugulatus, Hope. Kasyah Hills.
118. Curvipe?, Hope. Poonah.
119. Parvulus, Hope. Mauilla.
§S Insecta Australasice.
120 Obtusatus, Westw. V. Diemen ,
Land.
121. Novae Zealandiae, Hope. N. Zea-
land.
>SS Insecta americana.
122. Variolosus, Hope. N. Zealand.
Cumingii, Hope olira. Chiloe.
123. Rubripes, Hope. Magellan.
124. Darwinii , Hope , Trans. ent. Soc. ,
V. 3. Chili.
Lessonii, Buq., Ann. Soc. ent.
Tr., xi, 283? Chili.
125. Bacchus, Hope. Chiloe.
colophon, Westw.
1. Westwoodii, Gray. S. Africa.
Lethroides, Hope.
ceruciius, Mac Leay.
Tarandus, Megerle.
1. Tenebrioides, Fabr. Germany.
2. Piceus, Fabr. N. Amer.
Americanus, Dej. N. Amer.
Balbi, Laporte. N. Amer.
Quercus, Knoch? N. Amer.
platycerus, Geoffroy.
1. Caraboides, Fabr. Europe.
2. Rutipes, Fabr. Europe.
3. Quercus, Knoch. N. Amer.
Sccuridens, Say. N. Amer.
Scaritoides, Thunb. N. Amer.
xjphodontus , Westw.
Corypluis, Dej.
Cephax, Lap.
1. Antilope, Westwood, in Ent. Mag.,
5, 260(1838). Cape G. liope.
Reichej, Laporte (1840). Cape G.
Hope.
Capensis, Dej., Cat. Cape G. Hope.
Cribratus, Gory. MSS. Cape G.
Hope.
3-cornis, Hope. MSS. Cape G. Hope.
CERATOGNATHCS, WeStW.
1. Niger, Westw., in Ent. Mag. (1838^.
Van Diciueii, Land.
Furcatus, Lap. (1840). Van Diemen,
Land.
sclerognathus, Burm. MSS.
1. Costatus, Burm. Brazil.
mitophïllus, Parry, Tr. ent. Soc, V. 4.
1. Irroratus, Parry. Kew-Zealand.
TMVAUX
SINODfcNDRQN, i-'altl .
1. Cyliudricuin, Fabr. Europe.
NiGiDiis, Mac Leay.
Eudora, sect. 1, Laporte.
1. Lœvicollis, Westw., Eût, Mag., 5,
264. Manilla.
Forcipatus, Esch. MSS. Manilla.
2. Bucephalus, Dupont. MSS. Manilla.
3. Auriculatus , Guérin (nec Klug.).
Sierra-Loone.
4. Vervox, Dej. Sénégal.
5. Graudis, Hope. Sierra-JLeone.
FiouLus, Mac Leay.
Eudora, sect. 2, Laporte.
1. Regularis, Westw., Ann. se. uat,,
2e sér., vol. i, p. 120. New-Holland.
Australasiae, Hope. MS.
2. Sulcicellis , Hope. Port Essington ,
Mclville Ins.
3. Striatus, Oliv. Mauritius.
4. Subcastaneus, Westw., Ent. Mag., 5,
263. Java.
5. Manillarum, Hope. Manilla.
6. Ebenus, Klug., Westw., Eut. Mag.,
5,261. Madag.
Anthraeiuus, Klug., Col. Madag.,
p. 85? Madag.
Cernensis, Hope. Madag.
7. Nigritus, Westw., Ent. Mag., 5, 261.
Sénégal.
Ovis, Dej. Sénégal.
aitDAM's, WestW.
Syndenes, Griflith, Au. Kiugd.
1. Sulcatus , Westw. , Ann. se. nat.,
2e sér., I, pi. va, fig. 3. Java.
Cornutus, Griff., An. Kingd. Java.
Cylindricus, Dej. MS. Java.
Asper., de Haan. MS. Java.
INÉDITS. $$i
Fam. Y. PASSALID^ , Mac Leay.
chiron, Mac Leay (1).
Diasomus, Daim.
Scapanates, Hoifmansegg. MS.
1. Grandis, Gor\, Guér., Règne an.
2. Gambianus, Hope. Gambia.
3. Cylindrus, Fabr., Ent. syst., suppl.
Eabt India.
Digilatuin, Fabr., Syst. East India.
Eleuth, Mac Leay, etc. East India.
4. Assamensis, Hope. Assain.
5. Capensis, Hope. Cape G. Hope.
6. Senegalensis, Hope. Sépéçal.
Digitatum, Dej., Catal. Sénégal.
passàujs, Fabricius, Mac Leay.
Paxillus, Mac Leay.
1. Emarginatus, Weber. Java.
2. Pilifer, Perch. China, Singapore, Ka-
syah Hills, etc.
Indicus, Hope. MS. Olira. China,
Singapore, Kasyah Hills, etc.
3. Naviculator, Perch. China, Singapore,
Kasyah Hills, etc.
Yauikoreusis, Dupont, Ins. Oc. Pac.
4. Neelghcriensis, Guériii. Melville Isl.
Insularis, Hope.MS. Olim. Melville
Ins.
Malabariensis, Perc)i. MS.
(An distinctus?) Melville Ins.
5. Cantori, Hope. Malwa, Ipd. or.
6. Tridens Wiederaann. Java.
Orieutalis, Doj. Java.
Lateriseulptus, Perty. Java.
7. Chevrolatii, Perch. New-Holl.
8. Australasicus, Perch. New-Holl.
9. 6-dentatus, Eschs. New-Holl.
Polyphyllus, Mac Leay.
(1) Ce genre a été placé par Lacor-
daire , et à juste titre , parmi les Apho-
diideg.
524
REV. ET MAG. DE ZOOLOGIE.
10.
11.
12.
13.
14.
13.
16.
17.
18.
19.
20.
SI.
22.
2:\.
21
25.
20.
27.
28.
20.
»,
Cancrus, Perch. New-Holl.
Latipennis, Dupont, Perch. Manilla.
Barbatus, Fabr. Guinea.
Savagei, Hope, Perch. Sierra-Leone.
Leachii, MacLeay (Paxillus). Brazil.
Brasiliensis, Lep. et Serv., Guér.
Brazil.
Depressus, Drapiez. Brazil.
Crenatus, Mac Leay. Central Amer.
Puncticollis, Lep. et Serv. Central
Amer.
Hopei, Perch. Cayenne.
Nigritus, Dej. Cayenne.
Palinii, Hope. Cape Palmas.
Interruptus, Linn. America.
Spectabilis, Perty. America.
Tlascala, Perch. Mexico.
Punctiger, Lep. et Serv., Perch.
Demerara.
Striolatus, Esch. Demerara.
Punctatissimus, Esch., Perch. Bra-
zil.
Quadricollis, Esch., Perch. Brazil.
Exaratus, Klug. Madagascar.
Mauouffi, Perch. Madagascar.
Approximatus, Klug. Madagascar.
Morbillosus, Klug. Madagascar.
Africanus, Hope. Sierra-Leone.
Dentatus, Fabr. Java, Manilla.
Bicolor, Fabr. Manilla, Mysore.
Vicanus, Hope, Perch. Manilla, My-
sore?
Interstitialis, Esch. S. Amer.
Acuminatus, Esch. S. Amer.
Barbatus, Schônh. S. Amer.
, Binominatus, Perch. Havannah.
. Sobriuus, Dej., Cat. S. Vincent's.
. Glaberrimus, Perch. Brazil.
34.
35.
36.
37.
38.
30.
40.
(Novembre 1856.)
Affinis, Latr. Brazil.
Planiceps, Esch. Guinea.
Punctato-striatus , Chevr. Mexico,
Columbia.
Morio, Dej. Brazil.
Angulatus, Perch. Valparaiso.
Furcilabris, Esch. Cayenne.
Transversus, Daim. Brazil.
Cephalotes, Lep. et Serv. Brazil.
Sinuatus, Esch. Brazil.
Triluberculatus, Esch. Brazil.
Simiosus, Drapiez. Brazil.
Unicornis, Lep. et Serv., Perch.
Guadel.
Striato-punctatus, Chevr. Mexico.
Distinctus, Weber. N. Amer.
Cornutus, Fabr. N. Amer.
Edeutulus, Mac Leay. N. Amer.
Cylindraceus, Perch. (nec Perty).
N. Amer.
Teres, Perch. N. Amer. .
Cylindraceus, Perty. Manilla.
Fronticornis, Westw. (Anri. N. H.,
1842). Thibet, Népaul.
Bicanthatus, Percheron (1844).
Thibet, Népaul.
Tridens, Burmeister. MS. Thibet ,
Népaul.
Bihastatus, Guérin. MS. Thibet,
Népaul.
Haworthii, Hope, MS. Thibet, Né-
paul.
. Platyrhinus, Reiche. MS. Venezuela.
. Punctifroos, Hope. MS. Singapore.
. Tetragonus, Perch. MS. Brazil.
. Subcornutus, Sturm. MS. Mexico.
. Rugiceps, Reiche. MS. N. Holl.
Famille des PECTINICORNES, Lacordaire, Gcn. des Col., vol. HT, p. 1.
I. Languette située derrière le menton ou à son sommet : Lucanides.
II. Languette située dans une échancrure du menton : Passalides.
TRAVAUX liNÉDITS. 525
Tribu I. Lucanides.
I. Languette située à la face interne du menton.
A. Prothorax non contigu aux élytrcs.
a. Menton recouvrant la base des palpes.
6. Lobe interne des mâchoires inerme ou formant uu crochet corné chez les
femelles seules.
c. Prosternum étroit, souvent enfonce entre les hanches antérieures.
Mandibules des mâles très-grandes : Chiasogyialhid.es.
Mandibules des mâles médiocres : Lamprimides.
ce. Prosternum plus ou moins large : Lucanides vrais.
66. Lobe int. des mâch. en crochet, corné dans les deux sexes : tigulides.
aa. Meuton laissant les palpes à découvert : Syndésides.
B. Prothorax exactement appliqué contre la base des élytres : JEsalides.
II. Languette située au sommet du menton : Sinodendrides.
Sous-tribu I. Chiasognathides.
I. Massue antennaire de trois articles : Pholidolus, Mac Leay.
II. Massue antennaire de six articles.
Bord antérieur de la tête épineux : Cliiasognalhus, Steph.
Bord antérieur de la tête inerme : Sphœnognalhus, Buqt.
Sous-tribu II. Lamprimides.
I. Éperous des jambes postérieures lamelliformes : Dendroblax, White.
II. Éperons des jambes postérieures grêles.
A. Yeux complètement divisés : Ryssonolus, Mac Leay.
B. Yeux entiers.
Massue antennaire de trois articles : Lamprima, Latr.
Massue antennaire de quatre articles : Streptocerus, Fairm.
Sous-tribu III. Lucanides vrais.
1. Sixième arceau ventral invisible ; languette bilobée.
A. Lobe interne des mâchoires inerme dans les deux sexes.
Corps très-court : Colophon, West.
Corps plus ou moins oblong : Lucanus, Scopoli.
B. Lobe interne des mâchoires corné et crochu chez les femelles : Dorcus, Mac
Leay.
H. Sixième arceau ventral distinct; languette cordiforme : Plalycerus, Geoft'r.
Sous-tribu IV. Figumdks.
I. Yeux incomplètement divisés : Xiphodonlus, West.
II. Yeux complètement divisés.
Les quatre jambes postérieures pluri-épineuses : Nigidius, Figulus, Mac Leay.
Les quatre jambes postérieures uni-épineuses : Agnus, Burm.
5â6 REv. et mag. de zoologie. (N&vembre 1856.)
Sous-Tribu V. Syndêsidks.
I. Massue auteunaire de sept articles : Syndesus, Mac Leay.
Massue de six articles : Hexaphyllum, Gray.
Sous-Tribu VÏ. ./Esalidks.
I. Saillie prosternale libre en arrière.
Massue antennaire à articles courts et obtus : Ceruchus, Mac Leay.
Massue auteunaire à articles longs et filiformes : Ceralognathus, West.
II. Saillie prosternale reçue dans une excavation du mésosternum : JEsalus , Fab.
Sous-tribu VII. Sinodendrides.
Genre Sinodendron, Hellw.
Tribu H. Passalides.
Genre Passalus, Fab.
Cyclophthalmus Mxiszechïi. (Patr., Bornéo. — L.,46,
inclus les mandibules; — 1., 11 M. au-dessous de l'œil;
10 M. au-dessous des épaules.)
Voisin du C. rangifer, Schonh. [Tarandus , Swedeij.
Comme chez ce dernier la couleur générale est brune;
quelques reflets métalliques sur les mandibules et la tête.
Palpes d'un noir brillant. Bordure antérieure du prothorax
d'un vert foncé métallique ; en arrière, bordure de même
couleur, mais plus étroite. Écusson d'un vert métallique
brillant. Bordure des élytres très-mince, de même couleur.
Poitrine et abdomen d'un brun foncé ; les lignes de divi-
sion de la première d'un vert métallique brillant. Pattes
d'un jaune d'ocre en dessus, verdàtres en dessous. Tarses
noirs, garnis, en dessous, de touffes de poils jaunes.
Mandibules comparativement courtes , denticulées à
l'extrémité seulement, ayant deux dents peu longues au
cinquième de leur longueur; très-finement pointillées.
Tête avec une prolongation au-dessus de chaque œil, non
aiguë ou en pointe, mais affectant une forme quadran-
gulaire; deux crêtes élevées commençant en regard de
l'œil , courtes, convergeant en dedans ; la tête fortement
TRAVAUX INEDITS. 527
excavée et finement pointillée entre ces crêtes; les bords
iln peu rugueux. Prothorax avec des petits points assez
distancés. Élytres très-faiblement ponctuées , surtout sur
la suture, avec quelques séries très-fines de points; partie
réfléchie un peu rugueuse. Abdomen et dessus des cuisses
lisses ; tibias finement ponctués.
Je dédie avec plaisir cette remarquable espèce à M. le
comte de Mriiszech, qui possède la plus belle collection
de Lucanides en Europe.
Dorcus (Cladognathus) forfïclla. (Patr. , Chine boréale.
— L., 60, inclus les mandibules; 1., 16 M. au prothorax.)
Tient le milieu, pour la grandeur, entre le développement
moyen du C. giraffa et le C. Mac-Leayana. Entièrement
d'un brun très-foncé presque noir, luisant sur les élytres.
Tête avec une fossette assez marquée au milieu du front,
très-fortement échancrée circulairement entre les yeux,
prolongée en une pointe au-dessus de l'œil , un peu dilatée
au milieu et rétrécie en arrière, très-finement ponctuée;
épistome caverneux , très-profond , lisse et brillant vers
l'extrémité. Mandibules régulièrement arrondies, très-fine-
ment pointillées, sauf à la base, qui est lisse et brillante;
dents de l'extrémité comparativement petites , celles de la
base de grandeur très-variable et inégale. Menton granu-
leux. Palpes brunâtres. Même ponctuation pour le protho-
rax que chez là tête; une petite pointe au bord latéral
postérieur du premier. Élytres presque lisses ou très-fai-
blement pointillées, un peu atténuées après le milieu de
leur longueur; bordure et partie réfléchie un peu granu-
leuses. Dessous du corps et jambes lisses, sauf les tibias,
qui ont quelques points enfoncés et dont l'extrémité est
rougeâtre.
jEgus malaccus. (Patrie, Malacca et Bornéo. — L., 15;
1., 6 M. au prothorax.)
Entièrement noir en dessus: d'un brun foncé en des-
sous.
Tête très-éch ancrée entre les yeux, avec des points en-
528 rev. et mag. de zooroGiE. (Novembre 1856.)
foncés assez distancés ; mandibules avec deux dents à la base
et deux dents au milieu de leur longueur. Menton avec
des gros points enfoncés. Prothorax ponctué comme la
tête, arrondi et plus large sur les bords latéraux anté-
rieurs; écusson lisse. Élytres fortement striées ; six stries
non ponctuées sur chaque élytre à partir de la suture ;
ensuite quelques stries fortement ponctuées sur les bords.
Dernier segment de l'abdomen criblé de gros points en-
foncés; jambes lisses.
La femelle (?) a la tête et le prothorax criblés de gros
points enfoncés.
JEgvs myrmidon. (Patr., Malacca. — L., 12; 1., 4 à 5 M.
au prothorax.)
Ne diffère de YE. malaccus que par les caractères sui-
vants : mandibules plus allongées, avec quatre dents inté-
rieures, les deux premières aiguës, les deux autres arron-
dies. Ponctuation de la tête et du prothorax plus forte ; ce
dernier coupé carrément aux bords latéraux antérieurs.
Dernier segment de l'abdomen lisse.
Description d'une Cicindela et de deux Longicornes ;
par M. J. Thomson.
Cicindela Craverii. (Patr., Mexique. — L., 17 M.; L,
7 M.
Cet insecte m'a été communiqué par M. E. ïruqui;
il a été pris par M. Craverï , auquel j'ai le plaisir de le
dédier.
En dessus, d'un vert mat ; en dessous, d'un vert bril-
lant.
Parties de la bouche noires, sauf les mandibules, qui
sont blanches à leur naissance. Antennes noires. Labre
blanc. Prothorax et élytres lisses; huit taches jaunes sur
ces dernières, savoir : deux humérales, deux situées au
quart antérieur, deux près du milieu de leur longueur, des-
TRAVAUX INÉDITS. 529
cendant obliquement vers la suture, et deux postérieures
en forme de parenthèse. Dessous du corps lisse. Tarses
noirs.
Cette espèce sera figurée dans ma Monographie des Ci-
rindclides.
Cerosterna voluptuosa. (Patr., Chine boréale. — L.,
35 à 36 M.; 1., 15 M.
Couleur générale noire, avec de grandes et nombreuses
taches d'un jaune clair pubescent. Les trois premiers ar-
ticles des antennes noirs ; les autres d'un blanc farineux,
avec l'extrémité noire. Ressemble, pour la forme, à la
C. reticulator.
Six taches sur la tête : deux sur le crâne, derrière les
yeux; deux sur le front, et deux autres sur les joues.
Quatre taches sur le prothorax : deux longitudinales en
dessus au milieu, et deux en dessous. Elytres ayant les
épaules descendantes, à peine échancrées à l'extrémité
et terminées par deux très-petites pointes; quatorze taches,
dont deux très-petites au quart postérieur. Quatre taches
sur la poitrine et deux taches sur chaque segment de
l'abdomen , allant en décroissant. Jambes noires. Tarses
couverts, en dessus, d'une pubescence d'un bleu pâle.
Batocera Victoriana. (Patr., Bornéo. — L., 62 M.;
l.,19 à 20 M.
Diffère de la B. Ajax par sa forme moins allongée et
comparativement plus large. Couleur générale des élytres
d'un brun parfois luisant; ces dernières recouvertes le plus
souvent, surtout chez le mâle, d'une pubescence jaunâtre,
avec de nombreuses taches de même couleur.
Chez le mâle, les cinquième et dixième articles des an-
tennes avec des excroissances convexes en dehors et con-
caves en dedans ; chez les sixième, septième, huitième et
neuvième articles, cette excroissance est rudimentaire ;
elle n'existe plus dans les onzième et douzième articles.
Deux taches blanches sur les joues, qui se prolongent
en dessous du prothorax jusqu'à la poitrine ; deux taches
2e série, t. vin. Année 1856. 34
530 rev. et mag. de zoologie. (Novembre 1856.)
jaunes en dessus, au milieu de ce dernier. Écusson blanc.
La naissance des élytres avec des granulations moins
prononcées que chez les autres espèces du genre ; taches
très-irrégulières, grandes et affectant des formes plus ou
moins bizarres, suivant les individus. Poitrine blanche
sur les côtés, avec deux grandes taches d'un brun soyeux
au milieu. Abdomen et pattes bruns, sauf les antérieures,
qui sont noirâtres.
Coleoptera maroccana a Léon Fairmaire descripta.
1. Palssus olvesh. — L., 6 mill. 1/2.— Castaneo-brun-
neus, sat nitidus, capite opaco, medio sulcato; antennis
opacis, articulo 1° subquadrato, 2° compresso, elongato,
parallelo, intus denticulato, baseos angulo interno pro-
ducto ; prothorace oblongo, antice inflato, postea con-
stricto, ante basim tuberculato; elytris laevigatis; pedibus
posticis brevibus, compressis.
2. Geotrupes hoffmawnseggi. — L., 28 mill. — Oblon-
gus, fere quadrangularis, parum convexus ; niger, nitidus ;
capite mas cornu leviter armato, basi subcompresso, ru-
goso; mandibulis latis, trilobis; prothorace transverso,
lateribus antice valde rotundatis, antice rugoso punctato,
mas medio cornu horizontali acuto , fœmina antice bi-
dentato; elytris parallelis, apice rotundatis, striatis, striis
latis, leviter punctatis.
3. Ancylocheira flavo-angulata. — L. , 17 mill. —
A. ruslicœ proxima-oblonga, leviter-convexa, viridi-me-
tallica, capite flavo-maculato, prothorace sat convexo,
fortiter sed parum dense punctato, linea média laivi, mar-
gine antico anguste flavo, medio interrupto, angulis pos-
ticis late llavis ; elytris imniaculatis, punctato striatis, vage
impressis; subtus aenea, punctata, abdomine apice et
sterno lateribus flavo-maculatis.
'ÏKAVAUX INKD1TS. 531
4. Cekrio maculicollis. — L., 15 à 16 mill. — Elon-
gatus, testaceo-rufus ; capite nigro, valde punctato, anten-
nis fuscis; prothorace sat dense punctato, angulis posticis
productis, acutis, utrinque, macula oblonga obscura ;
elytris sat dense et sat fortiter punctatis ; vix perpicue
lineatis; subtus piceus, abdomine rufopiceus, pedibus
testaceis, tibiis basi infuscatis.
5. Clytus nigrosignatus. — L., 15 à 17 mill. —
C. 4 punctato affinis, eodem colore sed paulo obscuriore;
thorace longiore, antice angustiore, ante basim nigro tri-
signato; elytris ad basim utrinque 2 aut 3 maculis minu-
tis, medio macula majore transversa et altéra marginali
oblonga , subtus cum pedibus grisescens.
6. Cassida limratirollis. — L., 7 mill. — Ovata, pa-
rum convexa, viridis, infra nigra, nitida; prothorace
hemisphaerieo, margine antico anguste ttavo, medio latius,
disco flavo sparsuto ; angulis posticis acutiusculis ; elytris
basi prothorace nonnihil latioribus, apicem versus atte-
nuatis, irregulariter, sat fortiter punctatis, utrinque costu-
lis 4 vix elevatis ; abdominis segmentis ultimis anguste flavo-
marginatis, pedibus ttavis, femoribus ultra médium nigris.
Description de longicornes nouveaux du vieux Calabar,
côte occidentale d'Afrique; par M. A. Chevrolat.
(Suite. —Voir 1855, p. 183, 282, 513; 1856, p. 340,
436, 485.)
55. Pachyslola? decussala bruunea; vittis duabus in thorace
(prima laterali secunda iufra lata post oculos) in elytris vittis duabus
decussatis, magnani litteram X formantibus, tertiaque parte apicali
suturœ, femoribus posticis ad apicem maculis duabus, corporeque
infra (medio excepto) albidis ; maudibulis, clypeo, oculisque amplis,
nigris; antennis validis, corpore brevioribus, articulo ultimo acuto.
— Long., 35 mill.; lat., 11 mill. 1/2.
Brune. Tète convexe sur le front, tronquée obliquement
532 rev. et mag. de zooeogie. (Novembre 1856.)
en dessous, marquée, en arrière, de cinq lignes et d'un
trait qui longe les yeux, sillon longitudinal étroit. Mandi-
bules d'un noir brillant. Lèvre veine, carrée. Chaperon
très-étroit, transverse. Yeux amples, peu échancrés en
dessus, noirs. Antennes n'atteignant guère que les deux
tiers de la longueur du corps, assez épaisses, à dernier
article acuminé. Corselet droit aux extrémités, marqué de
trois sillons transversaux, de quatre tubercules dorsaux et
de deux lignes longitudinales blanches, la première sur le
côté et la deuxième en dessous, en regard de l'œil. Épine
latérale très-robuste et aiguë. Écusson semi-arrondi. Ély-
tres plus larges que le corselet , élevées sur l'épaule et dé-
primées intérieurement, parallèles, arrondies jusque sur
le sommet de la suture, qui est un peu anguleux; elles
présentent deux bandes blanches croisées en forme d'X,
et dont chacune part obliquement de l'épaule vers le
milieu de la suture et se dirige toujours obliquement sur
la marge, à la hauteur du sommet de la cuisse postérieure :
en cet endroit , elle se recourbe en demi-cercle vers l'ex-
trémité et remonte sur la suture, où elle se limite au-des-
sous de la jonction des lignes. Pattes et milieu du corps
d'un brun cendré. Poitrine et abdomen largement mar-
ginés de blanc; cuisses postérieures avec deux taches éga-
lement blanches au sommet ; cinq segments abdominaux,
le dernier grand, largement tronqué en dessus, échancré
au milieu et longitudinalemcnt sillonné en dessous.
Cette magnifique espèce, qui fait partie de la belle col-
lection de M. Andrew Murray, devra probablement con-
stituer une nouvelle coupe générique voisine des Pachys-
tola; les P. annulicornis et arcuata (nos 5 et 6), nobis,
devront en faire partie. Par leurs yeux , très-développés ,
ces insectes ont aussi des rapports avec le genre Eury-
sops.
56. Phymasterna? flavosignata elongata cinnamomea , ambitu
oculorum, maculis in thorace quinquc et in elytris tredecim, scutel-
TRAVAUX INÉDITS. 533
loque luteis; antenuis pcdibusque pallidis. — Long., 15 mill.; lat.,
5 mill. 1/4.
D'un cannelle pâle. Tête large, convexe , obliquement
inclinée en devant et marquée d'une côte longitudi-
nale qui est sillonnée sur l'occiput, jaune à l'entour des
\eux. Chaperon droit. Lèvre rougâtre, en carré long. Man-
dibules plates, larges, d'un noir luisant. Yeux étroits, oblongs,
rapprochés vers le front, échancrés aux deux tiers anté-
rieurs. Antennes ferrugineuses, plus longues que le corps,
espacées, de onze articles, deuxième très-court, troisième
fort long, suivants presque égaux entre eux, derniers un
peu obscurs. Corselet inerme régulièrement arrondi sur
le milieu latéral, un peu plus large que haut, droit, en
avant et en arrière, largement atténué près de là sur les
côtés et transversalement convexe ; il est marqué de cinq
taches jaunes, ainsi disposées : trois sur le disque (une en
avant et deux en arrière situées sur les sillons) et deux la-
térales allongées. Écusson carré. Èlytres plus larges que le
corselet, avancées et subrectangulaires sur le dehors de la
base, étroitement arrondies sur l'extrémité ; elles sont fine-
ment ponctuées et offrent chacune six taches d'un jaune
pâle (de plus une septième commune se remarque au-des-
sous de l'écusson) ; la première est située au milieu de la
base, la deuxième au-dessous, près de la suture ; la troi-
sième est latérale, grande, oblique et dentée au bord infé-
rieur et interne; la quatrième aux deux tiers de la lon-
gueur, assez grande» en carré irrégulier; la cinquième et
la sixième au-dessous, disposées transversalement. Pattes
inermes, pâles. Abdomen de cinq segments; le premier et
le cinquième sont les plus grands. Pygidium échancré sub-
anguleusement à l'extrémité. — Du vieux Calabar. — Col-
lection de M. Andrew Murray. Cette espèce se retrouve
aussi au Gabon ; mais, chez les individus qui en provien-
nent, les trois taches dorsales du corselet étant réunies, ce
corselet paraît jaunâtre et offre, de chaque côté, une ligne
longitudinale arquée, de couleur cannelle.
534 kfv. et mag. de zoologie. (Novembre 1856.)
57. Crossotus rollaris breviusculus , uiger, thoracis laterihus ,
'nelytris maculis duabus (prima basali tuberculata, secunda laterali
circumflem poue médium) albis. Capite brunneo albidoque varie-
gato, longitudine sulcato ; au tennis albo-annulatis, quarto articulo
curvato ; thoraco quadrispinoso, basi transverse sulcato ; elytris sin-
gulis fasciculis quatuor brunneis et erectis, in dimidia parte ante-
riore foveato-punctatis et in apiee breviter truncatis ; tibiis in apice
tarsisque partim nigris, albo siguatis. — Long., 10 mill.; lat., 5 mill.
Ponctué, noir, mélangé de brun et de blanc. Tête
moyenne, arrondie, faiblement bicornue entre les antennes
et sillonnée longitudinalement. Antennes longues de la moi-
tié du corps, noires, annelées de blanc, de onze articles ; le
troisième est long , le quatrième un peu plus court et légè-
rement cambré pour s'emboîter sur l'angle humerai, sui-
vants moyens , et diminuant de longueur et de grosseur.
Corselet en carré transverse, transversalement sillonné près
de la base, droit en avant et en arrière, muni, près de l'an-
gle antérieur, en dessous, d'une dent obtuse qui se dirige
vers la tête, et d'une épine latérale médiane régulière ; le
milieu et l'angle antérieur seulement sont noirs et ponctués,
et les côtés sont blancs. Ecusson assez grand, allongé, ar-
rondi. Elytrcs plus larges que le corselet, arrondies rec-
tangulairement sur l'épaule, presque parallèles, brièvement
et obliquement tronquées au sommet; noires, variées de
brun, ayant chacune deux taches blanches, dont la première
repose, au milieu de la base, sur un fort tubercule, et la
seconde est circonflexe, appuyée à la marge et située au
delà du milieu longitudinal. On voit en plus trois ou quatre
faisceaux de poils bruns élevés et un peu dirigés en ar-
rière , dont trois sur une ligne parallèle et le quatrième
sur l'épaule. Corps, en dessous, et pattes mélangés de noir,
de brun et de blanc. Sommet des jambes noir; tarses noirs
et blancs. Prosternum carré, brièvement bicornu en avant.
— De la collection de M. Andrew Murray et de celle de
l'auteur.
58. Apomecyna ^ammpnnclatn rugulosfl , grosse puncUta, ni
SOCIÉTÉS SAVANTES. 535
gra, mtida; thoraeo inormi antiee in medio paululum protenso pos-
ticeque recto et augustissime stricto; seutello lato, semi-rotnndato,
longitudine impresso ; elytris punctato-striatis, subcostatis alboque
gultulatis. — Long., 10 mill. 1/2; lat., i mill.
Ruguleuse , noire , brillante , couverte de très - gros
points. Tête convexe, moyenne, sillonnée longitudinale-
ment. Antennes épaisses, un peu plus longues que la moi-
tié da corps, à troisième et quatrième articles grands, à
cinquième de moitié plus court que les précédents. Corse-
let allongé, coupé droit en avant, un peu avancé sur le mi-
lieu vers la tête, étroitement sillonné en dessous jusqu'à la
hauteur des yeux, droit en arrière et étroitement sillonné
dans sa largeur. Ecusson grand, presque carré et arrondi
en arrière, sillonné au milieu. Elytres un peu plus larges
que le corselet, avancées et arrondies sur l'épaule, subpa-
rallèles, plus étroitement sur le sommet, et marquées de neuf
stries ponctuées et de gouttelettes blanches inégalement
réparties, qui apparaissent quelquefois au nombre de vingt-
huit à trente par étui ; quelques gros points seulement en
dessous sur les côtés de la poitrine. Pattes courtes, assez
épaisses; cuisses renflées; jambes antérieures légèrement
échancrées en dessous, cendrées et émoussées à l'extré-
mité. — De la collection de M. Andrew Murray et de celle
de l'auteur.
{La suite prochainement.)
II. SOCIETES SAVANTES.
Académie des sciences de Paris.
Séance du 3 novembre 1856. — S. A. Monseigneur le
prince Ch. Bonaparte lit des Additions et corrections au
Coup dml eut L'ordre des Pigeons et à la partie correspond
536 rev. et mag. de zoologie. (Novembre 1856.)
dante du Conspectus avium. Voici la Note qui précède ces
additions remplies de détails synonymiques et d'observa-
tions critiques de la plus haute importance pour les orni-
thologistes :
« J'ai attendu, pour publier les additions et rectifica-
tions à l'ordre des Pigeons, de pouvoir profiter de la se-
conde édition du catalogue rédigé par M. G. R. Gray pour
les espèces du Muséum britannique. Mais, je le dis à re-
gret, cet opuscule est loin d'avoir rempli mon attente;
l'auteur n'a pas su ou n'a pas toujours voulu profiter des
travaux faits de ce côté du détroit, et je me vois contraint
de protester derechef contre sa synonymie des vraies Ptilo-
podes (Ptilinopes!), et particulièrement contre sa repu-
gnance à adopter l'excellente espèce de Lesson (Pt. rosei-
capilla), qu'il dédouble sans raison, pour substituer son
propre nom de purpureicinctus. Le Pt. Mercieri est tout à
fait distinct. Je maintiens donc, même en cela, cette partie
ardue de mon travail, dans lequel la part que j'ai faite à
mon savant ami d'outre-Manche est certainement assez
be »
A la suite de ces additions, qui occupent sept pages des
comptes rendus, le prince a donné un grand tableau inti-
tulé, Conspectus ineptorum et struthionum aves.
M. le président Geoffroy Saint-Hilaire met sous les yeux
de l'Académie un Papillon vivant d'un ver à soie du chêne
(bombyx mylitta), et donne lecture de la lettre suivante
qui accompagnait cet envoi :
« Monsieur le président, j'ai l'honneur de vous prier de
vouloir bien communiquer à l'Académie des sciences un
fait très-curieux d'histoire naturelle qui se rattache à une
question importante, à nos tentatives d'acclimatation du
ver à soie de l'Inde (bombyx mylitta), qui vit des feuilles
de divers arbres, et particulièrement de celles de plusieurs
de nos chênes les plus communs.
« J'ai commencé, l'année dernière, l'introduction de ce
SOCIÉTÉS SAVANTES. 537
ver à soie, qui donne la fameuse soie tussah, si belle et si
solide, et j'ai aujourd'hui la satisfaction de pouvoir annon-
cer que, grâce à la puissante intervention de la Société
impériale d'acclimatation dont on vous doit l'idée et la
fondation à laquelle je me suis empressé de faire hommage,
au nom de M. Perrottet, des premiers cocons qu'il m'avait
envoyés de Pondichéry, l'acclimatation de cette utile es-
pèce est en pleine voie de succès.
« En effet, l'année dernière, j'ai obtenu assez d'oeufs de
ce ver à soie pour faire élever à Paris et à Lausanne un
bon nombre de chenilles qui ont tissé leurs cocons. Ces
cocons ont produit, cette année, des papillons vigoureux
dont la ponte a donné lieu à une très-heureuse éducation,
surtout à Lausanne, où mon savant ami, M. le docteur Cha-
vannes, est parvenu à obtenir plusieurs centaines de co-
cons, espoir de la génération de l'année prochaine. J'at-
tends de M. Chavannes, pour la Société d'acclimatation
dont il est membre, un rapport détaillé sur cette éduca-
tion, et j'y joindrai les observations que j'ai faites sur l'é-
ducation de Paris. Aujourd'hui je désire seulement appeler
l'attention sur une anomalie remarquable, sur l'éclosion
prématurée de l'un des cocons obtenus à Paris. Cette appa-
rition, en plein hiver, d'un papillon qui ne doit se montrer
que l'été prochain s'observe quelquefois chez nos bom-
byx d'Europe: heureusement c'est un cas rare et excep-
tionnel, car si tous les cocons donnaient ainsi les papillons
quand il n'y a plus de feuilles pour nourrir leur progé-
niture, et si les œufs de ces papillons éclosaient huit jours
après avoir été pondus , ce qui est le cas ordinaire chez le
bombyx mylitta en question, l'espèce périrait infaillible-
ment.
« Je ne pourrais trop le répéter, l'introduction d'espèces
susceptibles de transformer les feuilles inutiles de nos
chênes en une soie très-belle et très-forte ne saurait me
détourner des travaux relatifs à l'amélioration de nos belles
races de vers à soie ordinaires, surtout aujourd'hui qu'une
538 rev. et mag. de zoologie. (Novembre 1856.)
terrible épidémie (la gattine) sévit sur elles dans presque
toute l'Europe. Dans une prochaine communication, j'au-
rai l'honneur d'entretenir l'Académie de mes observations
sur cette grave maladie des vers à soie, qui fait manquer
la récolte presque partout, et qui est devenue, pour les
populations de plusieurs de nos départements du midi,
une calamité aussi désastreuse que les inondations du
Rhône et de la Loire.
« J'ai l'honneur, etc. Guérin -Ménevillë. »
Séance du 10 novembre. — M. Moquin-Tandon présente,
de la part de S. A. le prince Ch. Bonaparte, le Catalogue
des Oiseaux d'Europe offert en 1856, aux ornithologistes ,
par M. Emile Parzudaki, suivi d'une énumération supplé-
mentaire des espèces algériennes non européennes, d'une liste
des espèces acclimatées, et d'une autre de celles données à tort
comme d'Europe, rédigé d'après les dernières classifications
de S. A. Monseigneur le prince Bonaparte. In-4°. Paris,
Parzudaki, 1856.
M. Paul Gervais adresse une Note sur les prétendus oiseaux
fossiles du terrain wealdûn de Tilgate. Cette note a pour
objet de protester contre un passage du travail que le
prince Ch. Bonaparte a publié, dans les Comptes rendus
(t. XLI1I, p. 775), sur l'ornithologie fossile, dans lequel le
savant prince dit que M. Gervais a pris le crâne d'un pois-
son pour celui d'un oiseau.
M. de Par aveu écrit que de nouvelles recherches lui per-
mettent d'établir que i'Epyprnis a existé non-seulement à
Madagascar, mais sur le continent de l'Afrique : en Cafre-
rie et dans le royaume de Magodoxo spécialement. Ces re-
cherches lui permettront aussi de faire connaître le nom
qu'il portait en Afrique et de confirmer encore, d'une nou-
velle manière, les conjectures savantes de M. I. Geoffroy
Saint-Hilaire.
Séance du 17 novembre. — S. A. Monseigneur le prince
Ci». Bonaparte présente la fin de ses Addition» et correction*
SOCIÉTÉS SAVANTES. 539
au Coup a" ml sur l'ordre des Pigeons et à (a partie corres-
pondant? du Conspectus avium. Cotte terminaison d'études,
que tous les ornithologistes liront avec le plus vif intérêt,
occupe encore huit pages des Comptes rendus. En défi-
nitive, et comme conclusion générale, le prince termine
ainsi :
« En tenant compte des diverses suppressions et addi-
tions, depuis la publication de mon Tableau des Pigeons et
de la partie de mon Conspectus avium comprenant cet
ordre, les genres de Pigeons sont portés de quatre-vingt-
trois à quatre-vingt-neuf, et les espèces de deux cent qua-
tre-vingt-huit à trois cents. »
M. Colin adresse la Description de deux Moutons cèloso-
miens. Les deux animaux sont deux veaux mâles nés à
terme. Ils ont été disséqués par M. Colin dans le cours de
cette année, et les squelettes ont été déposés au musée de
l'école vétérinaire d'Alfort. La description est accompa-
gnée de deux figures dessinées avec beaucoup de soin.
M. Pucheran écrit pour réclamer contre quelques inexac-
titudes contenues dans une note annexée à une communi-
cation faite dans la séance du 15 septembre 1856, par le
prince Ch. Bonaparte, note que M. Pucheran pense le con-
cerner quoiqu'il n'y soit pas nommé.
En faisant hommage à l'Académie d'un mémoire de
zoologie appliquée à l'agriculture, nous avons adressé à
son illustre président la lettre suivante :
a Monsieur le président, en démontrant l'insuffisance
de la production animale dans vos Lettres sur les substance*
alimentaires, en faisant voir que des millions de Français
sont presque totalement privés de viande, puisqu'ils n'en
mangent que six fois, deux fois, et même une seule fois par
an, vous avez fixé tous les regards vers la cause première
des souffrances de notre agriculture, et vous avez rendu
un véritable service en appelant de nouveau, et avec l'au-
torité qui s'attache à vos paroles, l'attention de tous MM
c*»i chercheut un rpmè<l<> à ce mal profond)
540 rev. et màg. de zoologie. (Novembre 1856.)
« Tout en rendant hautement justice aux louables efforts
du gouvernement, j'ai toujours pensé qu'il était du devoir
de tous les hommes qui s'occupent du progrès agricole en
France de lui venir en aide, et que la puissance de l'asso-
ciation pouvait seule conduire à ce grand résultat.
« J'ai donc l'honneur de soumettre à l'Académie, en
mon nom et en celui de mon collaborateur, M. de Waro-
quier, le mémoire ci-joint intitulé : Considérations générales
sur l'institution du cheptel. Ce travail, en exposant les im-
menses avantages que le pays est appelé à retirer d'un sage
développement de cette grande institution, démontre qu'a-
vec elle l'on multiplie et améliore le bétail; qu'avec un ac-
croissement de bétail on obtiendra plus d'engrais pour
transformer les bons sols en bonnes terres, et que l'on
doublera ainsi bientôt la production de la viande et celle
du blé.
« L'application réglementée du cheptel est un fait ac-
compli aujourd'hui, car une association de capitalistes et
d'agriculteurs fonctionne déjà depuis près de trois ans et a
montré tout le bien qu'elle peut produire. Appelé à con-
courir à la réorganisation de cette association bienfaisante,
qui avait d'abord été exploitée, comme cela arrive trop sou-
vent, par des mains coupables, j'ai pu, avec l'aide de mon
honorable collaborateur, la transformer complètement.
Nous sommes ainsi parvenus à lui donner un grand déve-
loppement dans plus de la moitié de la France, avec le
caractère d'un vaste enseignement d'agriculture pratique
et celui d'un véritable crédit agricole en nature, en le réu-
nissant à une puissante association, la Caisse franco-suisse
du cheptel et de l'agriculture, que nous venons de fonder
avec M. Hipp. Dussard, fortement appuyé par de grands
capitalistes suisses et français.
« J'ai pensé que l'Académie des sciences, qui rend de si
grands services à l'agriculture, et que vous-même, mon-
sieur le président, qui n'avez cessé de vous occuper des
applications de la zoologie, apprendriez avec intérêt que
SOCIÉTÉS SAVANTES. 541
la puissance de l'association vient aujourd'hui concourir à
répandre les résultats de vos utiles travaux, et je suis enfin
parvenu, avec mes honorables collaborateurs, à régénérer
une institution philanthropique, une oeuvre pratique de
véritable civilisation, remarquable surtout par l'immense
bien qu'elle peut faire au pays, et qui va procurer à tous
ses associés le rare et inappréciable avantage de faire en
même temps une bonne affaire et une bonne action.
« J'ai l'honneur, etc. Guérin-Méneville. »
Séance du 24 novembre. — Après la lecture du procès-
verbal et à l'occasion d'une pièce de la correspondance,
dans laquelle son nom est mentionné, le prince Charles-L.
Bonaparte dépose une Note contenant quelques observa-
tions par lesquelles il répond à la Note présentée par M. le
docteur Pucheran à l'Académie, dans la dernière séance,
et maintient l'exactitude de toutes les remarques consignées
dans le passage cité du Compte rendu de la séance du 15 sep-
tembre dernier.
S. A. Monseigneur le prince Ch. Bonaparte communique
des Additions et corrections aux tableaux paralléliques de
Vordre des Hérons et des Pélagiens ou Gavies, et à la partie
correspondante déjà publiée du Conspectus avium.
Ces notes, qui portent sur des questions de synonymie,
sur des espèces à ajouter ou à retrancher, etc., etc., ne
peuvent donner lieu à aucune analyse. Elles occupent neuf
pages des Comptes rendus, et seront du plus grand intérêt
pour les ornithologistes.
M. Jacquelin du Val lit une Note sur l'organisation du
squelette extérieur des insectes et les lois qui la régissent.
L'introduction de l'extrait donné par l'auteur dans les
Comptes rendus et sa conclusion donneront une idée de ce
travail ; les voici :
« Cette Note est destinée à faire connaître des lois re-
marquables régissant l'organisation externe des insectes,
lois que j'ai découvertes dans le cours de dissections mul-
542 rev. et mag. de zoologie. (Novembre 1856.)
lipliées, de recherches variées et d'observations nombreuses
entreprises en vue de l'introduction du grand Gênera que
je publie sur les Coléoptères d'Europe.
« Dans le mémoire que j'ai l'honneur de soumettre au
jugement de l'Académie, je démontre d'abord qu'avant les
travaux de Savigny, et surtout d'Audoin, l'on n'avait au-
cune idée des lois qui régissent l'organisation du squelette
extérieur des insectes, et je formule de nouveau, ainsi qu'il
suit, les lois générales résultant des travaux déjà faits, pour
mieux faire sentir la différence essentielle qui existe entre
celles-ci et mes propres lois qui sont le complément indis-
pensable des premières, et viennent achever de poser les
bases fixes, simples et entières de l'organisation externe des
insectes.
« Loi fondamentale. — Des lois précédentes découle la
loi fondamentale suivante qui les résume en grande partie :
« Tout anneau du squelette extérieur des insectes est
formé de quatre éléments analogues ou identiques, symé-
triquement disposés et constitués chacun normalement par
quatre pièces et un appendice articulé.
« Conclusion. — De sorte qu'il suffit de bien connaître
un élément, la disposition des pièces qui le forment et celle
des éléments entre eux, pour comprendre et expliquer la
composition entière du squelette extérieur de tous les in-
sectes. »
M. Ebrard adresse, à l'occasion du rapport fait le 3 sep-
tembre 1855 sur un mémoire de M. Lespès, quelques ob-
servations sur les spermatophores des Grillons, des Abeilles et
sur les anses mucipares des Sangsues.
« ... J'ai fait part, en 1852, à la Société de biologie,
d'observations analogues à celles de M. Lespès, et cette
communication a été insérée dans la Gazette médicale, de
Paris, année 1852, page 775. Je n'aurais pas adressé une
réclamation de priorité aussi tardive si je n'avais un autre
but, celui de faire connaître que le même genre de fécon-
dation a lieu chez la femelle ou reine des Abeilles dômes-
MÉLANGES ET NOUVELLES. 543
tiques. Qu'il me soit permis de mettre à profit cette lettre
pour communiquer à l'Académie des sciences une autiv
observation. Les fonctions des anses mucipares chez les
sangsues médicinales ont souvent préoccupé les natura-
listes. J'ai constaté, en disséquant des sangsues avant, pen-
dant et immédiatement après la pose des cocons, que ces
organes sécrètent la sérosité visqueuse au milieu de laquelle
ces annélides déposent leurs œufs, et qui, en se desséchant,
forme l'enveloppe spongieuse du cocon. Les Hirudinées,
dont les ceuis sont entourés d'un tissu spongieux, sont les
seules chez lesquelles les anses mucipares existent ou sont
très-développées. »
M. G. Colin adresse la Description d'un monstre cyclocê-
phale. C'est un fœtus de vache parvenu au septième mois
de la gestation .
M. le président fait hommage, au nom de M. Richard
(du Cantal), d'un exemplaire d'un ouvrage intitulé, Élude
du cheval de service et de guerre, et signale le parti qu'a tiré
l'auteur, pour cette nouvelle publication sur un sujet qui
l'occupe depuis longtemps, des faits observés durant la
campagne de Crimée, faits qui ont été entièrement con-
formes à ses prévisions.
III. MELANGES ET NOUVELLES
Notre collaborateur M. James Thomson nous commu-
nique le prospectus d'un grand travail qu'il va incessam-
ment publier, de la Monographie des Ctcindélides ou ex-
posé méthodique et critique des tribus, genres et espèces de
cette famille.
Après avoir rappelé les grands avantages que les mo-
nographies offrent aux entomologistes, surtout lorsqu'elles
sont accompagnées de bonnes planches, M. Thomson an-
nonce que rien ne sera négligé par lui pour placer son
travail au premier rang des publications iconographiques.
544 rev. et mag. de zoologie. (Novembre 1856.)
Possesseur de la plus riche collection que l'on connaisse
à Paris, maître de son temps, plein de zèle pour les pro-
grès de l'entomologie, M. Thomson se trouve dans les
meilleures conditions pour entreprendre un pareil travail
et le mener à bonne fin. Quant à la partie iconographique,
elle sera digne de notre époque , car elle a été confiée à
M. Nicollet, à la fois entomologiste et peintre habile, ce
qui garantit la beauté artistique des figures et leur exac-
titude scientifique.
L'auteur, dit le prospectus, en publiant ce livre à grands
frais, n'a pas voulu en faire un objet de spéculation ; son
but, au contraire, a été de le livrer aux amateurs à un
prix inférieur aux dépenses qu'il a nécessitées. Il sera
composé de cinq à six livraisons in-4, renfermant de 80 à
100 planches, et le prix a été fixé à 3 fr. par livraison. —
On souscrit chez le trésorier de la Société entomologique,
rue Hautefeuille, 19, à Paris.
TABLE DES MATIERES.
Pages.
Loche (le capitaine). — Nouvelle espèce de Zorille. 497
Bourguignat. — Aménités malacologiques. 499
Thomson (James). — Description de quatre Lucauides nouveaux. 516
• ld. Description d'une Cincidcla et de deux Lon-
gicornes. 528
Fairmaire (Léon). — Coleoptera maroccana. 530
Chevrolat. — Description de Longicornes nouveaux. 531
Académie des sciences. 535
Mélanges et nouvelles. 543
PARIS. — 1MP. DE Mme V° BOUCHARD -HOZARD , RUE DE l'ÉPERON, 5.
DIX-NEUVIÈME ANNÉE. — DÉCEMBRE 1856.
I. TRAVAUX INÉDITS.
Notices majhmalogiques , par M. le Dr Pucheran.
(Voir 1856, p. 145, 315, 362, 449.)
5° Dauphin bordé, Delphinus marginatus, Duvernoy
(pi. xxv).
Cette espèce a été établie par M. Duvernoy d'après
deux individus envoyés au Musée de Paris, en 1854, par
M. le docteur Guiton. Ces deux Cétacés étaient échoués
aux environs de Dieppe. Aussitôt après leur arrivée, un
dessin en fut fait pour la collection des vélins du Mu-
séum : ce dessin a été reproduit par M. E. Desmarets,
dans l'Encyclopédie du docteur Chenu (1).
D'après le vélin, ce Cétacé est noir sur les parties supé-
rieures; cette teinte est moins foncée sur les côtés de la
tête et les flancs, jusqu'au niveau de la région génitale. La
couleur blanche règne en dessous sur la gorge, le thorax
et l'abdomen. Le pourtour de la mâchoire est noirâtre;
mais son extrémité est franchement noire. Le blanc occupe,
au contraire, un espace fort restreint, de la région géni-
tale à la queue.
(1) Encycl. (Thist. nat., Mammifères, vol. V, p. 284, pi. xxix,
fig. 1.
2e série, t. vin. Année 1856. 35
546 rev. et mag. de zoologie. (Décembre 1856.)
Le pourtour de l'œil est noir ; de son angle postérieur
part une bande de même couleur bordée supérieurement
d'une ligne blanche. La première s'étend , en devenant
plus large, jusqu'à la région pénienne , qu'elle dépasse un
peu en arrière, mais en perdant de sa largeur ; la seconde,
au contraire, moins étroite dans sa partie médiane, est
plus amincie à ses extrémités , surtout en avant. Cette
bande noire établit, par conséquent, dans une certaine
limite , une séparation entre la couleur blanche de l'ab-
domen et la teinte plus éclaircie des parties latérales du
corps.
Une seconde bande noire, mais plus large que celle
dont il vient d'être question, est étendue obliquement du
bord inférieur de l'œil à la nageoire pectorale. Cette bande
offre, dans son centre, un trait blanc qui, près du bord in-
férieur de l'œil, communique avec le blanc de la gorge.
Toute la partie de cette bande oblique qui se trouve en
arrière de la ligne blanche centrale se termine, antérieu-
rement et supérieurement , à l'angle postérieur de l'œil ;
dans cette partie de la tête, elle se joint à la bande longi-
tudinale noire des flancs. Ajoutons enfin que de cette
même bande longitudinale des flancs s'en détache une se-
conde, noire comme elle, mais plus étroite, plus oblique,
laquelle, traversant le blanc des parties inférieures, vient
se terminer, à la réunion du tiers antérieur, avec le tiers
moyen de l'espace compris entre la région pénienne et le
large trait oblique étendu de l'œil à la nageoire.
Toutes les nageoires sont noires ; un petit trait de cou-
leur blanche borde , sur toutes , le bord le plus antérieur.
La dorsale est élancée, peu échancrée à son bord posté-
rieur. Les deux lobes de la caudale sont bien formés : elle
est plus étendue dans ses dimensions de droite à gauche
que d'avant en arrière. Les pectorales sont petites.
Observons cependant que dans le plus grand de nos
exemplaires, la dorsale et les pectorales sont moins com-
plètes que dans celui qui a servi pour le dessin que nous
TRAVAUX INÉDITS. o47
venons de décrire. Les dimensions de ce dernier sont les
suivantes :
Longueur totale (le lien passant sur le
dos) 2m,09cm,7mm
Longueur du bec
à l'évent 35 »
. à l'œil.. . 34 »
bout du bec. .( al emergencede la pec-
torale 52 »
à la dorsale 93 2 ^
Largeur de la caudale - 42 »
Longueur du bord extérieur de la pec-
torale ,. . . . 30 5
La tête osseuse de cette espèce de Dauphin , dont un
squelette d'individu mâle fait partie des galeries d'anatomie
comparée du Muséum , mise en présence de celle du Del-
phinus delphis qui nous a déjà servi de terme de compa-
raison, est d'ensemble plus allongée (1). La portion ros-
trale est moins effilée , plus aplatie : les intermaxillaires
sont plus aplatis, les maxillaires situés, par conséquent,
dans un plan moins postérieur. La fente médio-nasale est
plus large en avant. A la face inférieure de cette même
région, le même étalement transversal se reproduit : la
région palatine est aplatie aussi, dépourvue, par consé-
quent, de la crête médiane et des sillons latéraux dont
elle est munie chez le Dauphin vulgaire ; la cavité osseuse
des arrière-narines est plus large de droite à gauche. Les
maxillaires inférieurs sont plus forts. La formule dentaire
, 33—34 . . . A , .
est ,_ , , mais, a la mâchoire supérieure, il y a un très-
Ci) La longueur totale de cette tête, depuis le trou occipital, dé-
passe (le lien passant en dessus) 54 centimètres, et la mâchoire su-
périeure est iucomplète eu avant.
548 kev. et mag. de zoologie. (Décembre 1856.)
grand espace dont les dents sont tombées. Ces dents sont
plus grosses, plus fortes que celles du Delphinus delphis.
Le crâne proprement dit est plus large que dans cette der-
nière espèce : la crête occipitale est , sur les côtés , plus
verticale, moins arrondie ; il y a une excavation très-forte
en dehors de la bordure osseuse des évents.
Le squelette porte quinze paires de côtes. Dans la co-
lonne vertébrale, les trois premières vertèbres cervicales
sont soudées, les quatre autres libres. J'ai compté vingt et
une vertèbres sans os en V inférieurement , vingt-quatre
munies, inférieurement , de ces appendices et neuf termi-
nales.
Je crois que cette espèce était bien nouvelle lorsque ,
en 1854, M. le professeur Duvernoy lui a imposé la déno-
mination que nous lui avons conservée. Par le mode de
coloration de ses flancs, elle se distingue, de prime abord,
du Delphinus delphis, que tous les observateurs s'accor-
dent à caractériser comme étant blanc en dessous, noir
en dessus. La tête osseuse est bien particularisée aussi ,
ainsi que le prouvent les détails dans lesquels nous ve-
nons d'entrer. Nous devons ajouter que c'est vainement
que nous avons essayé de la rattacher à quelqu'une des
espèces dont M. Gray a décrit et figuré les crânes, il y a
qnelques années, dans la partie mammalogique du Voyage
d'Erebus et Terror.
6° Marsouin du Cap, Phocœna capensis.
Je n'ai point de nouveaux renseignements à donner sur
cette espèce, que MM. Schlégel et Gray considèrent comme
constituant un synonyme de Delphinus Heavisidii, asser-
tion qui ne me semble point encore démontrée. Je me
bornerai , pour le moment , à donner les dimensions du
type de M. Dussumier. Voici ces dimensions :
Longueur totale (du bout de la mâchoire supérieure à
TRAVAUX INÉDITS. 549
la fente de la nageoire caudale, le lien passant sur le
dos) l»,61cm,2mm
à la dorsale 75 2
àl'évent 19 6
Distance du
bout de la mà-
. a 1 émergence de la pec-
choire supérieure» , ■ <w, „
v \ torale 36 7
Distance du point d'insertion de la dor-
sale, en arrière sur le corps, jusqu'à la fente
de la nageoire caudale 58 G
du bord adhérent de la
dorsale , jusqu'au mo-
ment où ellese confond,
Longueur. ./ en arrière, avec la ca-
rène dorsale. ... 29 7
du bord extérieur de la
pectorale 23 4
de la dorsale, au point le
plus élevé 12 4
de la caudale, depuis le
Hauteur. . ./ point où elle se sépare
du reste du corps jus-
qu'au haut de la fente
médiane 14 »
Largeur de la caudale d'un côté à l'autre
(au-dessus de l'échancrure) 3(5 7
7° Néoméris phocénoïde , Neomeris phocaenoides, Gray.
Je rattache à cette espèce le Delphinaptère, dont M. Cu-
v ier donne une courte description dans la seconde édition
de son admirable ouvrage sur les ossements fossiles (1).
Yroici cette diagnose :
[i) Vol, V. 1" partie, p. 28S.
550 rev. et mag. de zoologie. [Décembre 1856.)
« Ce Cétacé a le museau obtus , mais déprimé au bout
« et sur les côtés, ce qui lui fait une sorte de commence-
« ment de bec ; les pectorales sont taillées en faux, comme
« dans le Dauphin commun et le Marsouin. Sa caudale est
« grande, pointue aux deux bouts et échancrée au milieu.
« Le dessus de son corps est d'un noir bleuâtre foncé. Le
« dessus de son museau , tout le dessous de son corps et
« les pectorales sont d'un blanc éclatant, excepté le bord
« tranchant des pectorales , qui est noir comme le dos.
« Partout le noir et le blanc sont nettement séparés. »
Après avoir fait connaître les caractères crâniens , qui
nous paraissent être ceux d'une autre espèce , M. Cuvier
ajoute : « Notre individu est long de 5 pieds 1/2 (1). »
Voici les dimensions que nous avons pu prendre sur le
même exemplaire :
Longueur totale (du bout de la mâchoire supé -
rieure à l'échancrure de la caudale, le lien passant sur le
dos) lm,79e,n,7mm
Distance du bout de la mâchoire supé-
rieure à l'émergence de la pectorale. . . 38 4
Longueur du bord externe de la pecto-
rale 31 6
Largeur de la caudale (d'un côté à l'au-
tre, au-dessus du bord libre) 32 2
Il nous paraît fort difficile, pour ne pas dire impossi-
ble, de rapporter à cette peau le crâne que M. Cuvier lui
attribue et dont il donne, dans ce même travail, une fi-
gure. De nouvelles observations sont évidemment néces-
(1) hoc. cit., p. 289. C'est le môme individu qu'a figuré M. Smith
dans la traduction anglaise du Règne animal de Cuvier, vol. IV,
pi. lu, sous le nom de Delphinus fronlalus, Cuv.
TRAVAUX INÉDITS. 551
saires pour résoudre cette question d'une manière défini-
tive. Il nous paraît également impossible de regarder,
comme n'en différant pas spécifiquement , le Neo -
meris mêlas, figuré dans la partie mammalogique de la
Faune du Japon (1). Les deux individus ont trop de dis-
semblance dans leur coloration pour qu'il soit possible de
les assimiler. Convenons, au reste, que M. Gray, qui
d'abord (2) avait émis cette opinion, a fini lui-même par
en douter (3).
Présentement, notre exemplaire est-il le Delphinus leu-
coramphus de Péron? M. Cuvier l'a dit primitivement (4),
mais rien ne prouve qu'il ait persisté dans son opinion.
J'ai cité ailleurs (5) l'assertion de M. Valenciennes, qui
nous a assuré avoir vu entre les mains de M. Lesueur, le
compagnon de Péron dans la mémorable expédition du
capitaine Baudin aux terres australes, un dessin semblable
à celui de notre exemplaire des Galeries ; mais, ce qu'il y
a de positif, c'est que ce dernier Cétacé ne peut, en aucune
façon, être regardé comme étant de la même espèce que
celui figuré dans le voyage de la Coquille (6). Il ne res-
semble pas non plus à la figure donnée plus récemment
par M. Gray (7). Or nous pouvons être affirmatifs à ce
sujet , car nous possédons , dans les galeries de Zoologie,
un Cétacé tellement semblable à ce dernier, sauf en ce qui
concerne la position de l'évent , que nous n'hésitons pas
à dire qu'il appartient à la même espèce. Nous sommes
malheureusement forcés de garder le silence soit sur les
formes de sa tête, soit sur son mode de provenance.
Nous sommes également dans le doute par rapport au
(1) PI. XXY.
(2) Zoology of Ihe voyage ofErcbus and Terror, p. 30.
(3) Calai, of Ihe Mam. of Ihe British muséum, Gelacea, p. 80.
(4) Ossements fossiles, vol. V, lrj partie, p. 289.
(5) Comptes rendus de V Académie des sciences, vol. XLII, p. 446.
(6) PI. ix.
(7) Zoology of the voyage of Erebus and Terror, pi. xv.
552 rev. et mag. de zoologie. (Décembre 1856.)
lieu de provenance de cette espèce. M. Cuvier (1) la
donne comme originaire du cap de Bonne-Espérance;
or nous avons dépouillé, pour la détermination des
Cétacés du musée de Paris, tous les catalogues des di-
vers envois de M. Dussumier, et, sauf pour le Marsouin
du Cap, nous n'avons jamais vu indiquée cette dernière
localité.
Telles sont les diverses observations que nous avons eu
récemment occasion de faire sur diverses espèces de l'ordre
des Cétacés. Nous sommes bien loin de regarder nos ré-
sultats comme étant absolument vrais et hors de toute
contestation ; mais, ainsi que cela nous est déjà arrivé pour
d'autres sujets de nos recherches , nous ne perdrons pas
de vue dorénavant les diverses occasions qui pourront
nous être offertes de perfectionner l'œuvre que nous ve-
nons d'ébaucher.
Description d'une espèce nouvellement connue d'Oiseau-
mouche du genre Pygmornis (Consjjectus Trochilorum,
prince Ch. Bonaparte), famille des Trochilidés, sous-
fam. 175 Phaetorninés ; par M. Jules Bourcier.
Pygmornis amaura, J. Bourcier. — Mâle adulte : bec
arqué, noir, mandibule inférieure jaune à la base jusqu'au
tiers de sa longueur. Tête gris terne ; commissure du bec
prolongée par une ligne blanchâtre entre deux parties
noires. Dessus du corps brun légèrement bronzé. Crou-
pion roux vif. Gorge, devant du cou et thorax gris flammé
de noir. Abdomen roux. Ailes brunes. Queue allongée,
lancéiforme ; rectrices bronzées en dessus et en dessous,
frangées de blanc. Pattes blanches.
(1) Règne animal, 28 édit., vol. I, p. 291.
TRAVAUX INÉDITS. 553
Longueur du bec, 0m,025; ailes, 0m,040; queue : mé-
di; ires, 0-,035; latérales, 0m,030; externes, 0m,015.
Patrie, Nouvelle-Grenade, environs de Bogota.
Celte espèce a beaucoup de ressemblance avec le Phœ~
tornis squalidm , Temm.; elle en diffère par sa taille, qui
est moitié plus petite, et par les rectrices médiaires, qui
n'ont pas le prolongement blanc des autres Phœtornis.
Thalucrania Cœiinay J. Bourcier (s.-fam. 178 Trochili-
nés, Consp. Trochilorum, prince Ch. Bonaparte). — Mâle
adulte : bec presque droit, noir en dessus; mandibule
inférieure blanche à sa base. Tête, ainsi que tout le dessus
du corps, d'un joli vert luisant. Gorge , devant du cou ,
thorax d'un beau bleu brillant, verdissant sur les côtés du
cou. Abdomen vert bronzé. Ailes violacées ; couvertures
caudales vert cuivré; sous-caudales longues, vertes et lé-
gèrement frangées de blanc. Queue fourchue, noir bleu;
rectrices allongées, à barbules un peu courtes, les mé-
diaires plus larges et arrondies à leur extrémité. Pattes
noires, dénudées.
Longueur du bec , 0m,020 ; ailes, 0m,050 ; queue : mé-
diaires, 0m,022; externes, 0m,030.
Patrie, Nouvelle-Grenade, environs de Sainte-Marthe.
Cette espèce se rapproche du Troch. Duchassaingui ,
Bourc; elle en diffère par le dessus de la tête et du corps,
terne et bronzé chez ce dernier, ainsi que par les formes
des rectrices et la coloration des médiaires, qui sont en-
tièrement cuivrées. Cette espèce a la queue presque sem-
blable à celle du Troch. Goudoti, Bourc. et Muls.
Ce charmant Oiseau nous a été donné par M. Ed. Ver-
reaux , qui en avait reçu plusieurs exemplaires venant di-
rectement de Sainte-Marthe.
Note sur les Reptiles du Gabon, par M. le docteur Aug.
DiMÉuiL, aide-naturaliste au Muséum d'histoire natu-
554 rev. et mag. de zoologie. (Décembre 1856.)
relie, professeur agrégé à la faculté de médecine de
Paris. (Voir 1856, p. 369, 417, 460.)
Anisodontiens. — Je trouve parmi des serpents du
Grand-Bassam (Côte-d'Ivoire ) donnés par M. Blouet le
Psammophis irregu laris , Fischer (loc. cit., p. 92, pi. n,
fîg. 4 a et k b).
Dipsadiens. — Une petite collection de Reptiles du Ga-
bon vendus à notre établissement renferme le Triglypho-
donte brun, Dum. Bib., décrit en appendice (Erpét. génér.,
t. VII , IIe partie, p. 1101) , et dont les types avaient été
précédemment recueillis par M. Blouet. L'examen du
nouvel individu a confirmé la nécessité , signalée dans cet
ouvrage, de séparer ces Serpents africains du Tr. anomal
de l'archipel Indien, espèce la moins éloignée du Tr. brun.
— M. Fischer (loc. cit., p. 81-90, pi. m, fîg. 1, 5, 4 et 6)
décrit, sous les noms de Dipsas pulverulenta, fasciata (peut-
être identique au Triglyphodon Forsteni, Dum. Bib.), wz-
lida et globiceps , quatre Serpents Opisthoglyphes , de la
côte occidentale d'Afrique , à tête courte , renflée en ar-
rière et à museau arrondi. Ils sont inconnus au musée de
Paris, mais les descriptions et les figures démontrent qu'ils
diffèrent des Dipsas et de nos collections.
IV. Sous -ordre des Protêroylyphes ou Serpents colu-
br if or mes venimeux à dents sillonnées antérieures. —
Famille des Conocerques , genre Naja. Des deux espèces
jusqu'ici connues du genre Naja, l'une, comme on le sait
(N. Iripudians), est propre au Continent indien, tandis que
l'autre (N. haje) habite diverses régions de l'Afrique. Cette
dernière espèce offre, dans son système de coloration, des
différences fort tranchées reproduites avec une grande
vérité par M. A. Smith in Illustr. of the zool. of S. Afr.,
pi. xvni , xix , xx et xxi. On doit , malgré ces dissem-
blances, admettre que les individus recueillis en Egypte,
dans le Maroc, au cap de B. Espér. ou sur la côte occident.
d'Afr., ne représentent que des variétés. Ceux-ci, qu'ils
TRAVAUX INÉDITS. 555
soient originaires du Sénégal, de la côte de Guinée ou de celle
du Gabon , ont tous l'œil bordé , inférieurement , par les
plaques sus-labiales. Cette observation, d'ailleurs, ne porte
que sur les sujets de la collection de Paris. Chez un cer-
tain nombre de nos individus égyptiens et sur notre exem-
plaire unique du Maroc, on trouve , au contraire , de pe-
tites plaques sous-oculaires placées au-dessus des labiales.
Cette disposition rappelle celle qui se remarque chez les Cou-
leuvres, types du genre Periops, Wag. En outre, leurs pla-
ques temporales sont plus grandes , plus régulières et seu-
lement au nombre de quatre de chaque côté. Je me borne
à appeler l'attention sur ces particularités, qui pourront
peut-être , ultérieurement , si elles sont observées sur un
plus grand nombre d'individus, motiver la distinction d'une
nouvelle espèce dans ce genre si remarquable par l'exten-
sibilité de la région cervicale (1).
— Des découvertes assez récentes dues aux explora *
tions du sud et de l'ouest de l'Afrique ont fait connaître
de singuliers Protéroglyphes, types remarquables d'une
nouvelle division que je propose de nommer famille
des Dendréchides. Ces Serpents , en effet , offent toutes
les particularités de structure propres aux espèces arbo-
ricoles. Le corps est long et mince, la tête est étroite,
et la queue , dont les dimensions sont considérables , se
termine en une pointe effilée ; les écailles sont grandes et
très-obliques et les gastrostéges remontent sur les flancs.
Enfin la teinte générale est verte et favorise les instincts
destructeurs de ces animaux en laissant à l'oiseau qu'ils
guettent une sécurité trompeuse, car leurs contours se per-
(1) Je crois devoir iodiquer ici un caractère important à noter
pour la séparation des deux espèces types de ce genre : chez le iY.
haje, en effet, la sixième plaque sus-labiale est beaucoup plus haute
que dans l'autre espèce, où elle est séparée de la cinquième par une
des temporales; de plus, son extrémité supérieure se dirige, en haut
et en avant, vers les post-oculaires, ce qui n'a pas Heu chez le Naja
de l'Inde, d'où IV, tripudians»
556 rev. et mag. de zoologie. (Décembre 1856.)
dent au milieu du feuillage qui les abrite. On connaît deux
espèces distinctes l'une de l'autre , mais fort analogues,
qu'il convient de rapporter au même genre. — Le Muséum
les possède toutes les deux, et j'ai pu ainsi vérifier l'exacti-
tude des descriptions qui en ont été données.
La première, celle qui offre les formes les plus caracté-
ristiques des Serpents d'arbres, a été signalée d'abord d'une
façon très-incomplète, mais bien figurée, en 1843, sous les
noms d'Elaps Jamesonii, par M. Trail, dans sa traduction
anglaise de Y Essai sur la phys. des Serp. de M. Schlégel
(p. 179, pi. ii, fig. 19, 20). Ce dernier, dans une réunion
de naturalistes , à Amsterdam , le 13 mars 1848 , l'a men-
tionnée et l'a nommée Dendraspis , voulant indiquer ainsi
et le genre de vie de cet Ophidien et les dents venimeuses
dont il est armé. C'est à peu près la même idée que S. A.
le prince Ch. Bonaparte a exprimée en se servant du mot
Chloroechis dans une longue et intéressante note annexée
à un mémoire sur des Perroquets et dans laquelle il énu-
mère quelques-unes des richesses du musée de Leyde
(Proceed. of the zoolog. society, 1849, p. 145).
En 1852 , ce même Serpent a été décrit par M. le
docteur Hallowell comme Dinophis Hammondii ( Pro-
ceedings Âcad. Philad., t. VI , p. 203 , 1852). C'est sous ce
nom qu'un exemplaire nous a été envoyé par cette
académie, avec le synonyme de viridis, épithète primitive-
ment appliquée par le zoologiste américain à un jeune su-
jet de l'espèce dont il s'agit , mais qu'il avait nommé d'a-
bord Leptophis viridis (Proceed., t. II , p. 172) ; voyez sa
propre correction (Id., juin 1854). Nous avons reçu, en
même temps et par ses soins, une fort belle planche litho-
graphiée encore inédite, où il a fait représenter ce curieux
Reptile avec une grande vérité. Une autre figure, également
très -satisfaisante, vient d'être donnée par M. Fischer (loc.
cit. 9 pi. i), non pas avec la désignation de Dendroechis re-
ticulata, précédemment proposée par lui en 1855, dans un
appendice à sa description des Serpents de mer (Michaeli*
TRAVAUX INÉDITS. 557
Progr. realsch. Eamb.), mais avec celle de Dendraspis Ja-
mesonii. C'est cette dernière que nous adoptons au Musée de
Paris , car elle reproduit le nom générique employé d'a-
bord par M. Schlégel et la dénomination spécifique due à
M. Trail, qui a, le premier, inscrit ce Protéroglyphe arbo-
ricole sur les catalogues de zoologie.
La seconde espèce a été trouvée par M. Smith dans les
environs du Port Natal, Il en a donné une description et
une figure {Illustr. of the zool. of S. Àfr., pi. lxx). Il la
considère comme un Naja et la distingue des autres espè-
ces par la qualification de N. angusticeps. Or l'analogie
dans la conformation générale entre ce Serpent et le pré-
cédent est telle, qu'il est impossible de ne pas les rappor-
ter au même genre. M. Smith lui-même appelle l'atten-
tion sur la structure remarquable de ce Serpent, qui, dit-il,
est mieux organisé que les autres Najas pour vivre sur les
arbres, que ne recherchent point les vrais types de ce
genre, ainsi que le mentionnent les naturalistes qui les ont
vus dans les pays qu'ils habitent. Nos propres observa-
tions confirment ce fait pour les N. haje conservés en cap-
tivité déjà depuis longtemps dans la ménagerie du Mu-
séum, où ils n'ont jamais monté sur les branches suspen-
dues dans leurs cages. Cet Ophidien nouveau ne vit pas
seulement dans l'Àfr. australe, car M. Peters le cite parmi
les Reptiles de Mozambique (loc. cit., p. 625), et nous
l'avons reçu du Gabon par les soins de M. Aubry. Il de-
vient, dans nos collections, le Dendraspis angusticeps.
Diagnoses d'après l'examen de nos deux individus :
Dendraspis Jamesonii , Fischer (Schl. et Trail). — Corps
comprimé ; queue fort allongée , terminée par une squame co-
nique et très-pointue; tête longue, plate, effilée; troisplaques pré-
oculaires; troi< plaques post-oculaires; des huit plaques sus-la-
biales, la quatrième seule touche Vœil et la septième dépasse
toutes les autres par ses dimensions. Pas de petites dents sus-
maxillaires derrière les grands crochets sillonnés. Sur le tronc,
treize rangées a" écailles grandes , lisses et très-obliques; celles
558 rev. et mag. de ZOOLOGIE. (Décembre 1856.)
de la ligne médiane plus grandes, formant une série longitudi-
nale; gastrostéges larges, remontant sur les flancs. Teinte verte
uniforme sur le tronc , plus claire en dessous ; queue d'un
brun jaunâtre, à écailles supérieures et inférieures toutes bor-
dées de noir.
lm,80de long, totale (tête et tronc, lm,33; queue 0m,47).
Afr. occid. Reçu de l'Acad. de Philad. par les soins de
M. le docteur Hallowell.
Dendraspis angusticeps , A. Dum. (Smith). Formes sem-
blables à celles du précédent; tête plus épaisse et quadr angulaire,
mais aussi allongée ; trois plaques pré-oculaires ; quatre post-
oculaires ; même disposition des plaques sus-labiales ( avec
une certaine irrégularité dans la conformation de la sep-
tième) et même système dentaire. Sur le tronc , dix-sept ran-
gées d'écaillés, moins grandes, également très-obliques et dont
les médianes forment une rangée longitudinale bien distincte ;
gastrostéges non différentes. Teinte d'un vert foncé en dessus ,
jaunâtre en dessous; queue tout à fait pareille à celle du pré-
cédent. 2m,02 de long, totale (tête et tronc, lm,51 ; queue,
0m,5rj. Envoyé du Gabon par M. x\ubry.
V. Sous-ordre des Solénoglyphes ou Serpents venimeux à
crochets sus-maxillaires sillonnés et perforés par un canal
dans la longueur de leur base. — Deux espèces très-remar-
quables de ce sous-ordre vivent au Gabon. L'une est
YEchidna nasicornis de Merrem ( Coluber nasicornis ,
Shaw?), décrite et figurée dans ses parties essentielles par
Reinhardt sous le nom de Vipera nasicornis (Beskrivelse af
nogle nue slangearter in Det kong. Danske videnskabernes
selskabs naturvidensk. og mathem. afhandlinger, t. X, n° 13,
1843, pi. m, fig. 8-9). — La disposition singulière des
appendices multiples de l'extrémité du museau est rap-
pelée par la dénomination de Vipère hexacère, Dum. et
Bib., quelle porte dans YErpêt. gêner., dont Y Atlas ren-
ferme, pi. lxxviii, fig. 2, une excellente représentation
de la tête vue de profil. Sa zone d'habitation est assez
étendue, car on l'a recueillie également au cap de Bonne-
TRAVAUX INÉDITS. 559
Espérance. — L'autre espèce n'a encore été trouvée qu'à
Libéria, au Gabon et en Mozambique.
Ignorant, à l'époque de la publication du t. VII de
YErpét. génér., qu'on avait rencontré cette espèce dans la
première de ces deux localités, nous l'avons placée dans
le genre Echidnée avec la désignation spécifique d'2£. ga-
bonica. Elle avait été cependant déjà figurée et décrite
par M. le docteur Hallowell (Proceed. Àcad. nat. sciences
Philad.,18M, t. III, p. 319, pi. sans numéro). Ce zoologiste,
en raison de l'appendice écailleux situé au devant de cha-
que narine , la rapporte au genre Céraste , et , admettant
son identité avec le Serpent que Shaw a nommé Coluber
nasicornis, il l'a inscrite dans son travail comme Céraste
nasicorne. Je dois cependant faire observer que les véri-
tables Cérastes portent les prolongements écailleux qui les
caractérisent au-dessus des yeux et non pas au devant des
narines, ainsi que cela a lieu chez cette Vipère, chez celle
dont je viens de parler plus haut (F. hexacère) et chez la
F. ammodyte, dont le prolongement nasal est unique. En
outre, il est bien difficile de préciser l'espèce que Shaw a
voulu désigner. Il est cependant très-probable que sa des-
cription se rapporte à la Vipère hexacère, déjà signalée
peut-être par Kolbe et par Paterson (1). Enfin la direc-
tion des narines, qui sont ouvertes en dessus au lieu de
l'être latéralement , comme chez les Vipères proprement
dites, démontre que l'espèce dont il s'agit est une Echid-
née. Telle est également l'opinion de M. Schlégel, car en
1851 il lui a imposé la dénomination d'Echidna rhino-
céros, et c'est avec cette épithète que ce Serpent figure
parmi les Reptiles de Mozambique décrits par M. Peters
[Monatsber. der kon. preuss. Akad. zu Berlin, 1854, p. 626).
— J'ajouterai, pour terminer ce qui concerne cette Êchid-
(\) Telle est l'opinion émise dans YErpét. grnér., t. VÏI , 2* par-
tie, p. 1416, où, par erreur, on cite le Cér. nusicorne, Hall., comme
synonyme de la Vipère hexacère, Dum.
560 rev. et mag. de zoologie. (Décembre 1856.)
née du Gabon, que la ménagerie du Muséum en possède,
depuis plusieurs années, un magnifique spécimen dont
les belles teintes carnée, rouge et brune rappellent un
peu, mais avec moins d'éclat, celles du Boa constricteur.
Elles sont disposées sous forme de taches, les unes en pa-
rallélogrammes, les autres en triangles, et présentent un
contraste frappant avec le système de coloration généra-
lement beaucoup plus sombre de la plupart des Vipé-
riens. Cet Ophidien offre d'ailleurs , au plus haut degré ,
l'ensemble des caractères extérieurs qui frappent de
crainte à la vue des Serpents venimeux : je veux parler
de l'aplatissement de la tête , de sa largeur considérable
en arrière, qui offre une disproportion singulière avec le
diamètre de la région antérieure du tronc, enfin de la
brièveté relative et de la grosseur du corps, terminé par
une queue très-courte.
Ordre des Batraciens. — Parmi les espèces sans
membres (sous-ordre des Péromèles, qui ne comprend
qu'une famille, celle des Ophiosomes ou Céciloïdes), je
trouve , dans les collections formées au Gabon , la Cécilie
museau étroit (Cœcilia rostrata, Cuv.). Il est donc positif
que ce Reptile, qui avait été précédemment rapporté des
Seychelles, ne doit pas vivre dans l'Amérique du Sud ;
ainsi se trouve confirmée l'opinion émise à ce sujet par
les auteurs de YErpét. génér., t. VIII, p. 279.
Dans la famille des Raniformes , du sous-ordre des Ba-
traciens anoures, je n'ai à signaler qu'une Grenouille dont
je ne connaisse point de description, et qui est le type
d'une espèce nouvelle. Elle fait partie du groupe caracté-
risé par la présence d'apophyses dentiformes à la mâ-
choire inférieure, et parmi ces espèces en petit nombre,
c'est à la Gr. macrodonte de Java que notre spécimen res-
semble le plus. Outre la différence d'origine, il y a des
dissemblances très-manifestes, comme le prouve la dia-
gnose comparative qui suit :
Grenouille tachetée en dessous, Rana subsigillata, A.
TRAVAUX INÉDITS. 561
Dum. Espèce nouvelle. — Tête moins large; museau plus
allongé; narines plus rapprochées et presque verticales; geux
très-protubérants et peu distants; pas de tubercules sur la
paupière supérieure , qui est plissée en arrière ; pal -
mure des orteils moins étendue ; deux rangs de dents vomé-
viennes en chevron ouvert à son sommet, touchant en avant
aux arrière-narines, qui sont plus grandes que dans Vautre
espèce; apophyses dmtif ormes de la mâchoire inférieure
moins grandes; langue plus arrondie en avant; pas de pli
cutané au-dessus du tympan.
Régions supérieures d'un brun noirâtre ; les inférieures
d'un brun jaunâtre, irrégulièrement parsemées de taches
rondes plus claires, surtout apparentes à la région abdo-
minale, et particulièrement sous les pattes postérieures.
Un seul spécimen très-bien conservé, rapporté du Gabon
par M. Aubry-Lecomte.
D'autres Grenouilles qu'il a données appartiennent à
l'espèce que M. Hallowell nomme Rana Bibronii [Pr.
Ac. Ph., t. II, p. 249, 1846).
Notre Musée a également reçu, par les soins de cet ha-
bile collecteur, deux espèces de Batraciens hylœformes.
L'une appartenant au genre Lymnodyte, Dum. et Bib.
[Hyla-Rana, Tschudi), a reçu du zoologiste américain
dont j'ai eu si souvent à citer dans ce mémoire les inté-
ressants travaux le nom de Rana albo-labris. L'identité
m'a été démontrée par l'examen comparatif que j'ai pu
faire d'un de ses types originaire du Gabon , par suite
d'un envoi récent de Reptiles fait à notre Musée par l'A-
cadémie de Philadelphie. Cette Rainette devient, dans nos
collections, Lymnodytes albo-labris. La description qui en
a sans doute été publiée n'est pas encore parvenue en
France.
L'autre espèce est nouvelle ; je la nomme
Rainette d'Aubry [Hyla Aubryi), A. Dum. Esp. nou-
velle. — Tronc court et ramassé ; tête large, épaisse, à mu-
seau court et arrondi; yeux très-volumineux et protubérants ;
2e série, t. vin. Aunée 1856. 36
562 rev. et mag. de zoologie. (Décembre 1856.)
deux petits groupes obliques de dents vomériennes ne se réunis-
sant pas sur la ligne médiane et ne touchant pas aux arrière-
narines; langue très-large, libre dans presque toute sa moitié
postérieure, où elle est échancréc. Doigts libres; orteils pal-
més seulement à leur base. Régions supérieures à granula-
tions nombreuses, petites et inégales ; celles des régions infé-
rieures beaucoup plus prononcées sous le ventre et sous les
cuisses que partout ailleurs.
Teinte générale d'un brun jaunâtre ou d'une nuance
lie de vin , irrégulièrement marbrée de noir.
Cette diagnose montre que cette nouvelle espèce se rap-
proche surtout de celle que Péron et Lesueur ont rap-
f>ortée d'Australie, et qu'ils ont nommée Hyla citropa
Erpét. génér., t. VIII, p. 600). Indépendamment de l'ori-
gine, il y a des différences dans la forme de la langue et
dans le système de coloration. — Nos types, assez nom-
breux, sont tous parfaitement semblables entre eux.
Enfin nous devons aux recherches de M. Aubry la
connaissance du Batracien pipœforme, décrit par M. Pe-
ters sous le nom de Dactylethra Millleri (Monatsber. der
kon. preuss. Akad. zu Berlin, 1844, p. 37), puis cité plus
tard, par ce professeur, dans le même recueil (1854),
p. 628, parmi les Reptiles de Mozambique. Nos deux
exemplaires présentent les deux caractères essentiels qui
distinguent complètement ce singulier Batracien du D. du
Cap, savoir : la présence d'un tubercule saillant au talon
et celle d'un tentacule cutané au-dessous de chaque œil.
Note sur X Hélix constricta, Boubée; par M. A. Moquin-
Taivdon.
En 1836, M. Pitorre découvrit dans les Basses-Pyré-
nées, à Saint-Martin-d'Albérou, une petite Hélice voisine
de Y Hélix Rangiana, remarquable surtout par l'ouverture
de sa coquille. Il en trouva seulement deux individus,
TRAVAUX INÉDITS. 563
au milieu des ruines d'un moulin bordant une eau cou-
rante, sous des pierres et des tuiles cassées recouvertes de
mousse et de feuilles , dans un fourré très-épais composé
d'orties, de fougères et de ronces.
M. Pitorre communiqua cette curieuse espèce à son ami
M. Nérée-Boubée , lequel s'empressa de la décrire dans
Y Écho du monde savant (1) : il la désigna sous le nom
d'Hélice resserrée [Hélix constricta) (2) ; il en donna trois
figures grossières , plus grandes que nature , représentant
la coquille vue en dessus, de profil et en dessous.
M. l'abbé Dupuy a parlé très-brièvement de cette £Té-
lice, dans son Histoire naturelle des Mollusques, d'abord
sous le nom de Pittorii (3), et plus tard sous son vrai nom
de constricta (4). Ce savant naturaliste déclare qu'il n'a
pas vu la coquille dont il s'agit; il se borne à copier la
description assez incomplète publiée par Y Echo du monde
savant, et à reproduire, en les modifiant un peu, les figu-
res données par ce journal (5).
Un des deux individus recueillis par M. Pitorre a été
égaré on ne sait comment ; le second, celui que possédait
M. Boubée, est passé entre mes mains il y a quelques
années (6). C'est d'après ce dernier échantillon qu'ont
(1) 1836, 17 décembre, u° 50, p. 220.
(2) M. Louis Pfeiffer (Proc. zool. Soc, 1845, p. 39) applique ce
même nom à une Hélice rapportée des lies Philippines par M. Cu-
ming. Cette autre espèce, qu'on pourrait appeler Hélix stenopsis, se
trouve ligurée dans la seconde édition de Chemnitz {Hélix , u° 413,
pi. lxix, fig. 21 et 22).
(3) 1847, p. 98.
(4) 1«49, p. 254 et 303.
(5) Tab. xu, fig. 2, a, b, c, d. — Avec les trois figures de M. Bou-
bée, plus grandes que nature, M. Dupuy en fait quatre disposées et
éclairées différemment, dont trois de grandeur naturelle. En cher-
chant à rendre ses dessins meilleurs que les originaux, l'artiste a
dénaturé le péristome et fait disparaître les petites cotes ; de telle
sorte que les mauvaises figures du Journal sont encore préférables
aux bonnes lithographies de V Histoire naturelle des Mollusques.
(6) Je l'ai acheté 12 francs à M. Elolïe, marchand naturaliste.
564- rev. et mag. de zoologie. (Décembre 1856.)
été faites et la description et les figures de mon ouvrage
sur les Mollusques de la France (1).
Depuis 1836 , plusieurs conchyliologistes français et
étrangers out visité la localité, extrêmement restreinte,
indiquée par M. Pitorre. Toutes leurs recherches ont été
infructueuses ; il n'existe donc , dans les collections ,
qu'un seul exemplaire de ce rare Mollusque.
M. Boutigny, inspecteur des eaux et forêts, vient de le
découvrir de nouveau dans une autre localité des Pyré-
nées, aux environs de Lourdes. 11 m'en a adressé un in-
dividu bien conservé, quoique mort depuis longtemps,
tout à fait conforme à l'échantillon connu. Mais laissons
parler M. Boutigny :
« Avant-hier (19 décembre), j'ai trouvé deux échantil-
lons morts de Y Hélix constricta dans la mousse qui couvre
un mur de soutènement, sur le chemin qui conduit au
bois de Lourdes, à gauche, immédiatement après la mé-
tairie de Pé-de-Goste. Espérant avoir la coquille vivante,
j'ai cherché, encore hier, pendant trois heures, mais inu-
tilement. Je n'ai pu me procurer que trois nouveaux
échantillons également morts.
«. V Hélix constricta paraît avoir les mœurs de Y Hélix
Rangiana. Elle vit à une grande profondeur dans les es-
paces laissés vides par les pierres qui composent le mur.
J'ai vainement soulevé les pierres supérieures et détaché
les moins grosses, je n'ai rien pu découvrir à l'intérieur,
et je dois me résigner à attendre une nuit favorable du
printemps pour faire une chasse fructueuse.
« Les échantillons recueillis étaient en compagnie de
deux espèces de Zonites. »
(Voir le Post-scriptum , page 592.)
(1) Hist. mat. des Moll. de France, II, 1855, p. 113, pi. x, fig. 23,
24 et 25. (Coquille grandeur naturelle, vue de profil, et, grossie, vue
en dessous et en dessus.;
TRAVAUX INÉDITS. 565
Description de deux nouvelles espèces de Coléoptères
provenant de la république de Venezuela ; par le doc-
teur Marco A. Rojas.
Colobogaster Acost.«. — Capite, prothorace, abdominc elytrisque
viridi-praeniteutibus, punctatis; el^ tris truncatis, irregulariter lon-
gitudinaliterque lioeatis; margine abdominis serrato quatuor fasciis
transversal ibus cyaueis una in primo aunulo, altéra in secundo,
tertio et quarto : hac latissima. — L., 34 ; 1., 14 mill.
Tête petite, rugueuse, pointillée d'un vert brillant.
Antennes courtes , d'un vert brillant ; yeux grands, allon-
gés , d'une couleur châtain obscur. Prothoraœ convexe
presque trapézoïdal , formant un angle aigu de chaque
côté externe avec deux découpures semi-circulaires sépa-
rées par une ligne droite sur l'écusson, d'un vert brillant
fortement ponctué dans toute son étendue. Écusson trian-
gulaire , petit, allongé, d'un vert brillant. Élytres tron-
quées , finement pointillées, formant dans la partie supé-
rieure un arc qui s'accorde avec les découpures du pro-
thorax; elles ont des lignes longitudinales, lisses, sail-
lantes, d'un vert beaucoup plus foncé. Abdomen d'un vert
brillant , avec une bande bleue sur chacun des bords in-
férieurs des anneaux ; la dernière est plus large et d'un
bleu plus foncé, avec trois petites échancrures. Le dessous
est d'un vert plus clair.
Cette belle espèce de Buprestide a été prise sur les bois
coupés dans les forêts de l'Orénoque pendant le mois de
juillet. Elle m'a été envoyée par un de mes amis de Ciu-
dad Bolivar. C'est le seul exemplaire que je possède, et je
me fais un vrai plaisir de la dédier, comme un souvenir
d'amitié, à M. le docteur Élisco Acosta, ancien professeur
de chirurgie à l'université de Caracas.
TiBNioTES Pazii. — - Capite flavo, palpis mandibuiis oculisque ni-
gris; prothorace nigro-pubescente , fascia longitudinali in medio
uigra, duabus fasciisque lateralibus uigris ; antennis nigris; elytris
nigro-punctatis albido-pubescentibus , duabus fasciisque longitudi-
nalibu* flayis; abdomine albo-pubescente. — I... 36; 1., 10 mill.
566 rev. et mag. de zoologie. (Décembre 1856.)
Tête petite , arrondie , d'un beau jaune clair. Palpes et
mandibules noirs. Yeux noirs , petits et arrondis. Antennes
noires, pubescentes, le premier article beaucoup plus gros
que les autres. Thorax presque rectangulaire, blanc, avec
une petite épine et une bande noire de chaque côté , une
autre bande de même couleur dans sa partie centrale qui
est traversée par une ligne jaune presque imperceptible ,
finement pointillée de noir et pubescente; le dessous est
blanc avec les côtés jaunes. Écusson très-petit , triangu-
laire, brun. Élytres tronquées et se terminant en une épine
noire , pubescentes, finement pointillées, blanches, avec
quatre larges bandes longitudinales jaunes et de gros
points noirs disposés sans ordre. Une petite échancrure
sur la ligne suturale. Abdomen \mbescent, cendré, avec des
taches jaunes de chaque côté des anneaux, Pattes pubes-
centes de la même couleur que l'abdomen.
Cette nouvelle espèce de longicornes a été prise sur
les fleurs sauvages dans la ville de la Guayra ( terre
chaude), à 6 mètres d'élévation au-dessus du niveau de" la
mer, et à 4 lieues de Caracas , dans le courant de juin.
C'est le seul exemplaire que je possède et j'ai le plaisir
de dédier cette espèce à mon beau-frère, M. Julian B. de
Paz, chargé d'affaires de S. M. C, à la république de l'E-
quateur, et l'un des amis le plus fidèle de mon père.
Description de longicornes nouveaux du vieux Calabar,
côte occidentale d'Afrique; par M. A. Chevrolat.
(Suite. —Voir 1855, p. 183, 282, 513; 1856, p. 340,
436, 485.)
59. Hammaticherus chloropterus , niger, opacus ; palpis , an-
tennis (1° articulo rubido 5-8 ad apicem artieulis angulosis et di-
latatis) pedibusque frrrugineis (geniculis obscuris); thorace trans-
versim et recto plicato, in lateribus anticis nodoso, medioque sat
yalide spiooso; scuteilo lanugine alba vestito; el^ tris thorace latio-
ribus, convexiusculis viridibus, crebre punctatis alboque setosis,
TRAVAUX INÉDITS. 567
apice recte truncatis et externe angulatis; pectore cum abdomine
dense cinereo-villosis. — Long., 20 mill.; lat., 5 mill. 1/2.
D'un noir opaque. Tête carénée entre les yeux (ceux-ci
sont grands et presque réunis), très-finement plissée en
travers à sa partie postérieure. Palpes ferrugineux. An-
tennes ferrugineuses, à premier article rouge, deuxième et
troisième noduleux au sommet, cinquième et huitième
allongés, élargis et anguleux sur le côté, les suivants man-
quent. Corselet un peu plus long que large, muni de onze
nervures droites et entières, deux dépressions vers le mi-
lieu du disque. Un fort tubercule sur chaque côté anté-
rieur, suivi d'une épine médiane qui est courte, large et
assez robuste. Écusson triangulaire blanchâtre. Elytres
plus larges que le corselet, convexes, arrondies subrectan-
gulairement sur le dehors de l'épaule, parallèles sur le
côté, obliques vers le sommet et tronquées à l'extrémité
avec l'angle externe aigu; elles sont grandement dépri-
mées sur la base, vertes, serrement ponctuées (les pointa
sont de médiocre grosseur et émettent, pour la plupart,
de petites soies blanches abaissées). Pattes ferrugineuses,
obscures sur le sommet des genoux. Poitrine et abdo-
men brunâtres revêtus d'une villosité cendrée assez
épaisse.
Cette espèce, qui m'a été offerte par M. Andrew Murray,
paraît être très-voisine de Y H. viridipennis, White ; elle en
diffère, d'après la description, par une taille plus petite
et par ses étuis, qui, au lieu d'être aplatis, sont un peu
convexes.
60. Pacliydissus dilalatus, sericeo-iuteus, palpis, anteuuis» pedi-
busquc fcrrugineis; oculis amplis, nigris; thorace elongato antice
valde, et postico late attenuato, stricto et recto, in lateribtis et in
medio fusco, longitudine inrequali et subplicato ; elytris minute
punctatis, ultra médium infuscatis, subito dilatatis, deiu obliquis, et
apice recte truncatis. — Long., 10 mill. 1/2; lat., 2 mill. 1/2.
Petit, soyeux et de couleur cannelle pâle. Tête forte, ar-
rondie, brièvement velue, rougeàtre et rugueuse, seule-
568 rev. et mag. de zoologie. (Décembre 1856.)
ment sur sa partie postérieure. Yeux grands, noirs, presque
réunis en arrière, profondément échancrés en dessus.
Mandibules obscures, moyennes, arquées, aiguës. Antennes
ferrugineuses, à premier article épais, arrondi, troisième
un peu plus long que le cinquième, sixième égal au troi-
sième. Corselet deux fois, au moins, aussi long que large,
très-atténué, rebordé et droit en avant, plus largement en
arrière, inégal et brièvement plissé en travers sur le mi-
lieu ; sa couleur est d'un brun noirâtre, avec deux lignes
longitudinales, et le milieu antérieur soyeux; une carène
latérale longe la partie soyeuse ; les côtés sont longuement
arrondis. Écusson d'un cendré obscur, en triangle arrondi.
Élytres un peu plus larges que le corselet, près de trois
fois aussi longues, brièvement arrondies sur le dehors de
l'épaule, parallèles jusqu'aux deux tiers, subitement élar-
gies et rentrant ensuite obliquement, puis tronquées sur
l'extrémité ; elles offrent un pointillé espacé et une petite
ligne oblique noirâtre qui est située au milieu de l'étui
près de la dilatation ; la marge elle-même, en cet endroit,
est également obscure. Abdomen d'un gris obscur soyeux,
de cinq segments presque égaux, mais qui diminuent de
grandeur vers l'extrémité.
Cette espèce, l'une des plus petites du genre, m'a été
donnée par M. Hislop.
61. Cerapogon, Dej. (Cerasphorus, Serv.), murinum punctula-
tum, griseo-murinum ; palpis, antennis (villosis, corpore longiori-
bus) pedibusque (geniculis obscuris) pallidis ; tliorace rotundato,
are w 1ms oppositis elevatis duobus elevatis, ad latera angulose spi-
noso; elytris parallelis, angustissime truncatis et fcre emarginatis
(Fœmina). — Long., 20 mill.; lat., 6 mill.
Très-densément velu et finement ponctué, d'un gris
pâle sale. Tête arrondie, allongée postérieurement, profon-
dément sillonnée. Palpes, antennes (longuement velus, plus
longs que le corps ) , et pattes d'un ferrugineux pâle.
Mandibules velues, lisses et noires à l'extrémité. Corselet
arrondi en dessus, coupé droit en avant et en arrière, et
TRAVAUX INÉDITS. 569
sillonné sur la marge même, offrant sur le disque une
sorte de fer à cheval en saillie, et sur le côté, un peu au
delà du milieu, un angle aigu. Ecasson arrondi. Elytres
coupées droit à la base, un peu convexes, parallèles, étroi-
tement tronquées et échancrées au sommet, guère plus
larges et trois fois aussi longues que le corselet. Pattes as-
sez longues, ferrugineuses; cuisses régulièrement renflées
vers le milieu, légèrement aplaties sur le côté antérieur ;
genoux obscurs. Abdomen renflé, composé de cinq seg-
ments (Femelle).
. Cette espèce, qui m'a été envoyée par M. And. Murray,
se distingue du C. hirticomis femelle (Dej.), Serv., par
les caractères suivants : les antennes et les pattes, au lieu
d'être de la couleur générale du corps, sont ferrugineuses;
le corselet, qui, chez la précédente, est muni, sur le disque
du corselet, de quatre tubercules anguleux, n'offre qu'une
sorte de demi-cercle élevé et placé longitudinalement ; en-
fin l'épine latérale est plus courte et moins aiguë.
62. Helerogaster? semifemoratus , ochraceo-fuscus, antenois pe-
dibusiue rufis cum dimidia parte apicali femorum nigro-nitidis;
mandibulis oculisque nigris; thorace brevi, antice subanguloso
et postice recte truncato, basi trinodoso ; scutello rotundalo; elytris
thorace multo latioribus, plauiusculis, antice postieeque rotundatis,
iu sutura aculeatis, costulis duabus longitudinalibus obsoletis. —
Long., 19; lat.,6mill.
Très-finement anguleux, pubescent et d'un fauve rou-
geàtre. Tête arrondie en avant, cylindrique en arrière,
brièvement sillonnée entre les yeux, mais plane, plissée et
sillonnée en dessous. Yeux noirs, saillants, échancrés en
dessus. Palpes brunâtres. Mandibules noires, moyennes,
arquées, aiguës, ponctuées. Antennes ferrugineuses à pre-
mier article épais, cylindrique, de la longueur du cin-
quième, deuxième noduleux, troisième et quatrième égaux,
légèrement renflés au sommet. Corselet aussi haut que large,
avancé en cintre sur la tête et de la largeur de celle-ci à
leur jonction, dro.t en arrière, bisillonné transversalement.
570 rev. et mag. de zoologie. (Décembre 1856.)
obtusément avancé sur le milieu latéral, atténué près de
l'angle postérieur, qui est oblique et qui est coupé droit en
arrière ; trois tubercules en arrière près de la base. Écusson
arrondi. Elytres plus larges que le corselet, planes, élevées
et arrondies sur l'épaule, également arrondies chacune au
sommet, avec une épine à la suture ; deux côtes longitu-
dinales obsolètes. Pattes courtes, les quatre antérieures
assez rapprochées à leur insertion, postérieures plu6 lon-
gues, ferrugineuses, avec les cuisses d'un noir brillant et
seulement ferrugineuses à leur naissance, elles sont un
peu renflées ; les antérieures sont arquées et déprimées en
avant ; crochets simples. Abdomen gonflé, déprimé sur les
bords de cinq segments, ceux-ci sont assez larges et dé-
croissent de grandeur (Femelle).
J'ai reçu cette espèce de M. Andrew Murray.
63. Obrium? fuscatumlmidum, crebre punctatum denseque ci»
nereo-pilosum ; antennis (basi prsetermixta), elytrisque lateribus lato
infuscatis; oculis amplis, nigris; thorace longiore quam latiore,
lateribus medio subangulosis ; abdomine pedibusque pallidis. .—
Long., 8-11 ; lat., 3, 3 1/2 mill.
Obrium fuscatum, Dej., Cat., pag. 353 (mas),
ustulatum, Dej., (fœm.).
D'un jaune livide, fortement et serrement ponctué, re-
vêtu d'une pubescence blonde. Tête arrondie, excavée et
de forme carrée en avant. Yeux grands, arrondis, noirs,
assez espacés, échancrés en dessus. Antennes noirâtres,
avec les deux premiers articles pâles : premier grand
légèrement arqué; deuxième, moitié plus court que le
troisième; troisième et quatrième égaux; suivants, plus
grands, cylindriques. Corselet plus long que large, droit
aux extrémités, anguleux sur le milieu latéral, inégal sur
le disque. Écusson moyen, arrondi. Élytres plus larges que
le corselet, subrectangulaires sur le dehors de l'épaule, ré-
gulièrement arrondies chacune à l'extrémité; elles sont
obscures et nettement jaunâtres le long de la suture. Ab-
domen et pattes d'un jaunâtre livide; cuisses régulièrement
TRAVAUX INEDITS, 571
épaissies au milieu, néanmoins un peu comprimées vues
de haut (Femelle] .
Cette espèce, qui devra, sans doute, constituer un nou-
veau genre voisin des Methia, de New., paraît être à la
fois l'indigène de plusieurs contrées : Sénégal, Guinée
portugaise et vieux Calalar ; à moins que, par suite, on ne
découvre, en examinant un plus grand nombre d'exem-
plaires que je n'en possède, des caractères pouvant servir
à établir plusieurs espèces. Dejean avait fait deux espèces
des deux sexes. En effet, les mâles diffèrent grandement
des femelles par un corselet très-étroit, caréné au milieu
en dessus et' à peine anguleux sur le côté, et, dans les in-
dividus de même sexe, encore de grandes différences de
forme et de coloration. Chez un des mâles de ma collec-
tion, le premier article est arqué, et les suivants sont plus
larges en général et tout à fait différents de ceux des Obrium
d'Europe.
64. Euporus disparilis laete viridis, mandibulis, antennis pedi-
busque nigris, cyaneo-micantibus ; capite creberrime punctato, bre-
viter sulcato; thorace antice recto, plicato, postice constricto, basi
bisinuato, medio globoso et fortiter punctato, lateribus rotundatis ;
scutello triangulari, aurato ; elytris thoracis latitudine, viridi-obscu-
ris, vittis duabus longitudinalibus : mia mediana, altéra suturali ;
pectore abdomineque viridiaureis, glabris, minutissime punctatis ;
ano producto, truncato. Fœmina.
Mas differt feraoribus quatuor aaticis medio rubris, corpore gra-
ciliore antennisque elongatis.
Long., 11, 11 1/2; lat., 2 1/2, 3 mill.
Très-voisin de YE. viridis , Serv. (Madagascariensis ,
Dej.j , mais plus étroit; d'un beau vert doré et cuivreux
en dessous. Tête étroite, sinuée le long des yeux, couverte
d'une ponctuation serrée. Sillon longitudinal limité au
front. Palpes noirs. Mandibules d'un bleu indigo chan-
geant en noirâtre; antennes de même couleur, courtes, en
massue, sillonnées, à troisième article fort long et à demi
noirâtre, du côtéde la base, arqué et anguleux à son som-
met. Corselet droit en avant, transversalement plissé sur
572 rev. et mag. de zoologie. {Décembre 1856.)
le tiers antérieur , resserré en arrière et bisinuex sur la
base, arrondi en dessus et sur les côtés et fortement ponc-
tué. Ecusson triangulaire , doré. Élytres finement cha-
grinées, d'un vert obscur, brillantes sur l'épaule et offrant,
chacune , deux lignes étroites d'un vert plus tendre , dont
une sur le milieu de l'étui et l'autre sur la suture. Poi-
trine et abdomen d'un doré cuivreux poli et peu distincte-
ment ponctués. Pattes d'un bleu indigo changeant en
noirâtre; cuisses brusquement renflées; pelotes des tarses
jaunâtres. Femelle.
Le mâle, qui ressemble à YE. brevicornis, F., diffère de
cette femelle par un corps plus grêle, ses antennes un peu
plus allongées et moins épaisses au sommet, et les quatre
cuisses antérieures rouges au milieu.
J'ai reçu cette espèce de M. Andrew Murray.
(La suite prochainement.)
II. SOCIETES SAVANTES.
Académie des sciences de Paris.
Séance du lundi 1er décembre 1851. — S. A. le prince
Ch. Bonaparte présente des Additions et corrections aux ta-
bleaux paralléliques de la deuxième sous-classe des Oiseaux ,
précoces ou autophages.
Ce travail, qui termine cette série d'études, contient un
grand nombre d'observations d'un haut intérêt qui ne
sauraient être analysées. Elles occupent onze pages des
Comptes rendus.
M. Léon Dufour adresse une note ayant pour titre :
Quelque chose sur les truffes. Dans ce petit travail, le savant
correspondant de l'Académie réfute l'opinion de ceux qui
ont voulu faire de cette production une gale souterraine ,
produite par un insecte.
M. Giraud-Teulon communique un mémoire ayant pour
titre : Bu principe qui préside au mécanisme de la natation
chez les Poissons et du vol chez les Oiseaux.
SOCIÉTÉS SAVANTES. 573
M. Mattei communique un travail intitulé : Constatation
d'une yoche amnio-choriale normale dans l œuf humain pen'
dant toute la durée de la grossesse. Ànatomie de cette poche,
physiologie et pathologie.
M. Antoine de Martini adresse une note sur un cas
d'absence congéniale des capsules surrénales.
M. Matteucci adresse un travail sur les phénomènes phy-
siques de la contraction musculaire.
Séance du 8 décembre. — M. Geoffroy Saint-Hilaire com-
munique l'extrait d'une lettre de M. de Capanema concer-
nant l'exploration qui va être faite , par ordre du gouver-
ment brésilien, des parties les moins connues de ce vaste
Empire.
M. E. Blanchard adresse un mémoire ayant pour titre :
Des caractères ostéologiques chez les Oiseaux de la famille des
Psittacides.
Séance du 15 décembre. — M. Ch. Rouget présente des
Recherches sur les éléments des tissus contractiles.
M. le secrétaire perpétuel présente, au nom de l'auteur,
M. P. Gervais, un mémoire intitulé : Description ostéolo-
gique de l'Hoazin, du Kamichi, du Cariama et du Savacou ,
suivie de quelques remarques sur les affinités des Oiseaux.
L'auteur, dans la lettre d'envoi, appelle l'attention sur une
partie du mémoire dans laquelle il fait ressortir l'impor-
tance des caractères fournis par le sternum et ses annexes
pour asseoir sur des bases stables la classification ornitho-
logique. « On trouvera , dit-il , dans cette partie de mon
travail, quelques faits nouveaux ajoutés à ceux qui avaient
été publiés soit par MM. de Blainville et l'Herminier, soit
par les savants encore trop peu nombreux qui marchent
dans la voie indiquée par eux. »
Séance du 22 décembre. — M. le ministre de l'instruction
publique transmet un mémoire de M. T. Rossignol sur la
pesanteur spécifique de la graine de vers à soie , comme
moyen d'investigation pour reconnaître la bonne ou la
mauvaise qualité de cette graine.
§74 rev. et mag. de zoologie. (Décembre 1856.)
Ce mémoire est renvoyé à l'examen de la commission
nommée pour de précédentes communications concernant
la conservation ou l'amélioration des races des vers à soie;
cette commission se compose de MM. Duméril, Milne-
Edwards , Combes , Peligot , de Quatrefages , maréchal
Vaillant.
M. Milnc-Edwards présente un mémoire sur l'instinct et
les mœurs des Sphégiensy par M. Fabre, professeur au lycée
d'Avignon. Ce travail , qui fait suite aux recherches du
même auteur sur les Cerceris, contient beaucoup d'obser-
vations et d'expériences intéressantes sur la physiologie
du Spheœ flavipennis , et notamment sur le mode de sécré-
tion et d'excrétion de l'acide urique chez cet animal.
M. Fabre a joint à son mémoire une note sur les méta-
morphoses des Sitaris humcralis dont le développement se
fait d'une manière très-anormale.
M. Philipeauœ adresse des observations sur V extirpation
des capsules surrénales chez les rats albinos.
M. Silbermann adresse un mémoire intitulé : Mcsure.s
naturelles du corps humain ( 3e partie ). Loi des longueurs
harmoniques.
M. Greslot présente des réflexions sur la forme la plus
avantageuse à donner à l'extrémité supérieure des ruches.
Le but que l'auteur s'est proposé , dans cette note, est
de faire voir que le moyen de mieux employer la capaci-
té de la ruche, c'est-à-dire d'obtenir que les abeilles con-
struisent avec toute la régularité possible leurs rayons ,
est de substituer aux fonds hémisphériques des ruches
rustiques ou aux fonds plats employés par beaucoup d'a-
piçulteurs un fond en berceau, c'est-à-dire terminé par
une surface demi-cylindrique à axe horizontal ; dans les
ruches présentant cette configuration à leur partie supé-
rieure , les abeilles construiront leur rayon dans une di-
rection connue d'avance ( perpendiculaire à l'axe du cy-
lindre). Ces rayons seront solidement fixés, rigoureuse-
ment parallèles entre eux, et il n'y aura point d'espace
SOCIÉTÉS SAVANTES. 575
perdu ou d'entrave à la libre circulation des abeilles.
M. Demidojf adresse trois notices relatives aux résultats
des essais faits dans ses propriétés de Nijné-Taguilsk (Si-
bérie ) , pour l'élève des sangsues. La première pièce est
un mémoire manuscrit de M. Malische/f, élève en méde-
cine , qui a dirigé ces essais ; les deux autres sont des
opuscules publiés en russe par M. Herodion Riaboff , pro-
fesseur au gymnase de Vouia : on y a joint une traduction
française.
Ces trois notices sont renvoyées, à titre de pièces à con-
sulter , à la commission chargée de faire un rapport sur
différents essais d'hirudiculture , commission qui se com-
pose de MM. M il ne-Edwards, de Quatrefages et Moquin-
Tandon.
M. Paul Gervais adresse un travail sur les mammifères
que Von a recueillis dans le département du Gard.
Séance du 29 décembre. — M. Dumèril père présente, au
nom de son fils, M. Aug. Duméril, un mémoire pour servir
à l'histoire de l'erpétologie de l'Afrique occidentale , et ,
en particulier , de la côte du Gabon , riche au delà de ce
qu'on pourrait dire en Reptiles , dont quelques-uns, sans
analogues dans les autres contrées et vraiment extraordi-
naires , sont restés jusqu'ici inconnus. Quelques instants
avant cette lecture, le secrétaire perpétuel, M. Flourens ,
avait annoncé que M. Duméril père, dont la forte et verte
vieillesse fait l'admiration du monde savant , qui porte ,
sans infirmités et avec une aisance étonnante , ses quatre-
vingt-quatre ans, avait cru devoir résigner sa chair d'ich-
thyologie et d'erpétologie au Muséum d'histoire naturelle,
et que M. Aug. Duméril demandait à compter parmi les
candidats que l'Académie présentera en remplacement de
son père. Le noble vieillard est si généralement aimé , es-
timé, vénéré, il a tant et si bien mérité de la science, que
personne ne songera même à disputer à son fils, qui s'est
courageusement lancé sur ses traces , la place devenue
vacante par la volonté libre de celui qui l'occupait.
576 rev. et mag. de zoologie. (Décembre 1856.)
M. Aug. Duméril sera présenté en première ligne par le
Muséum d'histoire naturelle et l'Académie; jamais nous
n'aurons vu encore une si honorable unanimité. C'est que
M. Duméril père est resté, toute sa vie, dévoué à la science,
et le type du véritable savant.
M. Moquin- Tandon fait hommage à l'Académie des qua-
trième , cinquième et sixième livraisons de son Histoire
naturelle des mollusques terrestres; ces livraisons compren-
nent onze familles, vingt-huit genres, deux cent soixante-
treize espèces et plusieurs milliers d'individus.
M. Guérin-Méneville lit un mémoire ayant pour titre :
Des véritables causes de l'épizootie actuelle des Vers à soie et
moyens pratiques d'en atténuer les désastreux effets. — Ce
travail est reproduit en entier dans ce numéro, p. 583.
III. ANALYSES D'OUVRAGES NOUVEAUX.
Lettres conchyliologiques.
VI.
Monsieur et cher directeur,
Je vous écris de Bordeaux , qu'on peut appeler un
centre malacologique, et où je jouis, en ce moment, des
douceurs de la plus gracieuse hospitalité. On y respire
comme un parfum conchyliologique, si l'on peut dire ; de
tous côtés, je ne vois que collecteurs et collections. Ai-je
besoin de vous citer les noms de MM. Ch. Des Moulins,
de Grateloup, Gassies, Cazenavette, Jaudouin, Souverbie,
Cabrit, Roussel, Desmartis et tant d'autres?... Mais je
m'arrache un instant à la contemplation de tous ces tré-
sors de la terre et de l'onde pour vous donner les titres de
quelques opuscules nouveaux. Ainsi je ne sors pas de mon
sujet et je reste sur mon terrain de prédilection. Voici
mes brochurines :
ANALYSES D OUVRAGES NOUVEAUX. 577
1° Délie lumache ed ostriche delV agro pavese. Pavia (s.
d.), in-8, 32 p. (par P. Strobel). — Déjà les coquilles ter-
restres et fluviatiles des environs de Pavie avaient été
étudiées; vous n'avez point oublié la dissertation inau-
gurale publiée en 1848 par le docteur Amanzio Rezia
sous le titre de : Enumerazione sistemalica dei Gasteropodi
terrestri e fluviali dei dintorni di Pavia. M. Strobel, en
traitant le même sujet, a pensé ne pas faire double em-
ploi ; il ne s'est pas trompé. Son travail est neuf et origi-
nal ; il serait à désirer qu'il eût des imitateurs. Dans son
introduction, il cite les différents titres de la conchylio-
logie à l'intérêt général : les amours des Hélices, la pour-
pre, les perles, le byssus des Pinnes, la Sépia, et le profit
que retirent des coquillages marins les pêcheurs et les ba-
teliers. S' attachant plus spécialement à ses espèces indi-
gènes, il parle du temps peu éloigné où la médecine et la
pharmacie employaient les Limaçons; des espèces édules,
et à ce propos il fait remarquer que c'est à tort qu'on
mange les grosses espèces ; à Venise , où l'on est passé
maître en fait de malaco-gastronomie , on préfère les pe-
tites [Y Hélix Pisana, par exemple) comme plus délicates
et plus savoureuses. Les espèces fluviatiles sont indigestes,
parce qu'elles manquent des sucs salés nécessaires à la
digestion. Ne pourrait-on pas, dit l'auteur, trouver un
condiment, un assaisonnement qui pare à cet inconvé-
nient?... 11 ajoute que, en France, on compose, avec cer-
tains escargots, des pommades, des cosmétiques pour la
peau, et même des mastics estimés. Il touche, en passant,
la question de l'utilité des Mollusques dans l'économie de
la nature, et il montre que plusieurs d'entre eux maintien-
nent la pureté de l'air et de l'eau ; que d'autres dévorent
des animaux nuisibles aux plantes; que plusieurs, enfin,
servent de pâture à d'autres êtres, Oiseaux, Reptiles, Pois-
sons, Insectes. Il définit ensuite les animaux dont il va
parler. Il prévient le lecteur qu'il ne s'est pas attaché à
donner une longue description scientifique, mais seule-
2e série, t. vin. Année 1856. 37
578 rev. et mag. de zoologie. (Décembre 1856.)
ment l'indication des caractères frappants et pratiques à
l'aide desquels les jeunes gens pourront arriver à recon-
naître les espèces. C'est ainsi qu'il passe successivement
en revue les soixante-quatorze espèces rencontrées dans
la province de Pavie, en accompagnant chacune d'elles de
remarques et d'observations pleines d'intérêt. Ce petit
livre va devenir le vade-mecum de l'étudiant à Pavie , et il
trouvera également une place choisie dans la bibliothèque
du savant. Je le trouve touché de main de maître. Son épi-
graphe est curieuse ; je la rapporte à cause de sa singu-
larité :
Viva la çhiocciola , viva la bestia ,
Che unisee il merito alla modestia!...
2° Bépartition géologique des Mollusques vivants dans le
département de l'Aube, par Henri Drouët. Troyes, 1855,
in-8, 39 p. et une carte color. — Je m'abstiendrai, et pour
cause, de toute critique sur le présent factum , que vous
pourrez lire dans les Mémoires de la Société Académique de
l'Aube , t. XIX , et je me contenterai de vous en rapporter
les conclusions, ainsi conçues : 1° la composition minéra-
logique du sol, dans le département de l'Aube, a une in-
fluence sensible , aisément appréciable , sur la répartition
des Mollusques vivants ; 2° voici l'ordre de cette influence
en commençant par les roches dont l'action est plus ma-
nifeste : terrain jurassique , terrain néocomien , terrain
crétacé supérieur; 3° cette influence se fait sentir non-
seulement sur la distribution géographique des espèces,
mais encore sur le test de celles partout répandues, lequel
se trouve, suivant les roches, plus ou moins volumineux,
plus ou moins solide ; 4° le terrain crétacé est plus riche
que le terrain jurassique en Mollusques fluviatiles ; d'un
autre côté, les espèces terrestres, sur ce dernier, ont une
prédominance marquée ; 5° sur cent cinquante espèces
environ que renferme le département de l'Aube, cinq sont
particulières aux étages supérieurs du terrain crétacé , six
aux étages inférieurs de ce même terrain (greensand et
ANALYSES d' OUVRAGES NOUVEAUX. 579
néocomien) et sept au terrain jurassique. \lHel\x arbus-
torum est spéciale à la vallée de l'Aube. Une carte géolo-
gique est jointe à ce mémoire.
3° Mélanges de conchyliologie, par Paul Fischer. Bor-
deaux, 1854-1856, in-8, 69 p. et 6 pi. n. lith. (Extrait des
Actes de la Soc. Linn. de Bordeaux, t. XIX et XX.) — Cette
publication, dont ce cahier, divisé en quatre parties, pa-
raît être le premier fascicule, contient , ainsi que son titre
l'annonce, des matières variées. L'auteur ne suit pas d'autre
ordre que celui de ses observations. C'est ainsi qu'il pu-
blie de fort belles recherches anatomiques et taxonomi-
ques sous les titres suivants : Études sur le Taret noir
(Teredo nigra); Observations relatives au Pholas candida;
Note sur le Pullastra senegalensis. Ces articles, en tant que
conchyliologie marine, ne sont plus de ma compétence.
Mais je vous signale avec une mention spéciale son cha-
pitre sur le sommeil et l'hivernation des Gastéropodes
terrestres. Le jeune auteur a remarqué que le sommeil,
chez ces animaux, se déclare presque tous les jours dès
que le crépuscule paraît et que l'animal a terminé ses
courses nocturnes. La durée du sommeil est variable :
quelques heures si l'air est humide et chargé d'électricité,
deux ou trois jours si le temps est très-sec. Dans la saison
des amours, les Mollusques sont très-é veillés. Ces animaux
entrent en hivernation dès que les premiers froids se font
sentir; pour cela, ils s'enfoncent dans le sol et se con-
struisent un épiphragme. Ils vivent dans cet état deux ou
trois mois, et même davantage. Il est à remarquer que les
Gastéropodes aquatiques diffèrent beaucoup, en cela, des
Gastéropodes terrestres, et qu'ils jouissent, pendant l'hiver,
d'une grande activité. M. Fischer entre, à propos de l'épi-
phragme, dans des détails fort curieux. Vous lirez égale-
ment avec intérêt ses remarques sur le sac buccal des Am-
pullaires, et surtout ses observations sur le Parmacella
Deshayesii et sur le genre Parmacelle en général. Après
avoir donné la description extérieure du P. Deshayesii, des
580 rev. et mag. de zoologie. (Décembre 1856.)
environs d'Oran, l'auteur examine successivement les or-
ganes digestifs, la circulation, les nerfs, le système sexuel.
Passant ensuite au recensement des différentes espèces
du groupe des Parmacellidœ , M. Fischer énumère toutes
celles qui lui sont connues dans les genres Parmacella,
Peltella, et il établit un genre nouveau, Parmarion, pour
les espèces à crypte muqueux caudal et à coquille homo-
gène, mince, cornée, sans apparence de spire, légèrement
convexe en dessus. Cette énumération synonymique ren-
ferme dix-huit espèces. Après cette revue monographique,
l'auteur signale les caractères anatomiques qui différen-
cient les Hélicarions des Vitrines, et fait part de quelques
remarques sur l'animal de Y Hélix Bombay ana. L'ouvrage
est terminé par une note sur les animaux de deux Am-
brettes. Pour la première, Succinea unguis, Fér., il décrit
les systèmes digestif et générateur, et établit la synony-
mie. Pour la seconde, Succinea depressa, Rang, il examine
également les systèmes de la digestion et de la génération,
et il trouve, dans ces organes, des caractères suffisants pour
rétablissement d'un genre nouveau qu'il nomme Pellicula.
De bons dessins accompagnent ces descriptions anatomi-
ques. M. Fischer, vous le voyez , suit un sentier choisi ,
celui des anatomistes. Inutile de l'engager à persévérer
dans cette voie, où il ne peut manquer de se faire un nom.
Avec un observateur de sa trempe, le Journal de conchy-
liologie, dont on m'annonce la résurrection, avec MM. Fis-
cher et Bernardi pour directeurs, offrira de nouveaux
éléments de succès et de durée.
4° Note sur un Mollusque récemment naturalisé en Lor-
raine, par M. Godron. Nancy, 1856, in 8, 6 p. (Extrait
des Mém. de CAcad. de Stanislas.) — Il faut distinguer,
dit l'honorable doyen de la faculté des sciences de Nancy
dans sa note, les naturalisations bien établies, dues aux
efforts persévérants de l'homme, de celles qui se sont pro-
duites à son insu et même malgré lui. Comme exemple de
ces dernières, il cite d'abord des plantes nombreuses,
ANALYSES D'OUVRAGES NOUVEAUX. 581
puis la Blatte orientale, la Blatte américaine, le Rat noir,
le Rat surmulot, qui, fortuitement importés sur notre sol,
s'y sont complètement acclimatés. Le fait de l'introduc-
tion, en Lorraine, du Dreissena polymorpha, Van Bened.,
en est un nouvel, exemple. « Ce Mollusque bivalve, qui
n'avait jamais été vu dans nos rivières, dit M. Godron,
vient d'apparaître dans le canal de la Marne au Rhin, mis
en eau depuis six ans à peine; et, circonstance remar-
quable , il s'y est bien plus multiplié que nos espèces
aquatiques indigènes. On s'explique, du reste, très-facile-
ment son importation dans ce canal par l'effet de la navi-
gation. Ce bivalve possède un byssus au moyen duquel il
s'attache non-seulement aux pierres, mais aussi à la coque
des bateaux , et bien certainement c'est par cette voie de
transport qu'il est venu visiter les eaux de la Lorraine. »
5° Catalogue de* Mollusques vivant* aux environs d'Àlen-
çon> par A. R. de Liesville. Paris, 1856, in-8, 16 p. —
Énumération un peu aride des soixante-deux espèces de
coquilles terrestres et lacustres observées autour d'Alen-
çon. Je dis un peu aride, parce que M. de Liesville a trop
souvent négligé d'indiquer la localité précise et la station
de ses Mollusques. Un catalogue local, pour être utile, ne
doit pas, suivant moi, se contenter de présenter la simple
liste des espèces ; on doit y trouver encore des indications
aussi précises que possible sur l'habitat et la station, sur
la nature du sol, sur les plantes de prédilection, en un
mot tout ce qui peut aider à faire retrouver l'espèce et
tout ce qui peut servir à la géographie zoologique. Sous
ce point de vue, l'essai de M. de Liesville me semble laisser
un peu à désirer. Peut-être a-t-il été composé trop préci-
pitamment. J'y trouve indiqués les Hélix nitidula, Drap.,
et Cyclostoma sulcatum, Drap... Ces deux déterminations
sont-elles bien exactes? La présence des Physa acutaet
Limnœa leucostoma mérite également d'être signalée. Le
jeune auteur nous apprend que Y Hélix potnatia est re-
cherché, dans son pays, pour les maladies de poitrine.
582 rev. et magv de zoologie. [Décembre 1856.)
6° Description des coquilles univalves , terrestres et d'eau
douce, envoyées à la Société Linnéenne de Bordeaux, par M. le
capitaine Mayran , par .T. B. Gassies. Paris , 1856 , in-8 ,
13 p. et 1 pi. n. lith. (Extrait des Actes de la Soc. Linnéen.
de Bord. y t XXI) — Il s'agit, dans cet opuscule, de Mol-
lusques d'Algérie. M. Mayran , capitaine au 54e de ligne ,
à Tlemcen, utilise les loisirs de la vie militaire par l'étude
des coquilles, et dans l'expédition d'Ouargla il a pu en
recueillir un assez grand nombre. Ces coquilles, envoyées
à la Société Linnéenne de Bordeaux, ont été soumises à
M. Gassies , qui publie aujourd'hui le résultat de son exa-
men. Son mémoire comprend l'énumération de dix-neuf
espèces, dont onze terrestres , huit d'eau douce , ainsi
réparties : 8 Hélix , 2 Bulimus , 1 Cyclostoma , 1 Limnœa ,
1 Ancylus, 1 Neritina, 1 Mclania, 4 Melanopsis. JParmi
elles, trois ont paru nouvelles à M. Gassies, qui les donne
comme telles dans son mémoire : 1° Hélix Mayrani, des
hauteurs de Sfisseff, près de Sidi-bel-Abess, du groupe des
H. cariosa et cariosula ; — 2° Melanopsis hammanensis ', de
l'Oued-el-Hamman, du groupe des M. costata et costellata;
— 3° et Melanopsis scalaris , de l'Aïd-Fekan , source ther-
male, entre Mascara et Saïda. Ces espèces que j'ai pu exa-
miner dans le cabinet de M. Gassies, où elles sont représen-
tées par un grand nombre d'individus (comme toutes celles
de l'envoi), me paraissent établies sur de bons caractères.
En présence de pareils résultats, on ne peut qu'applaudir
au zèle de M. Mayran ; les naturalistes lui sauront gré de
ses labeurs, et la science lui tiendra compte de ses décou-
vertes. D'ailleurs, le soin de leur publicité peut-il être
mieux placé qu'aux mains de M. Gassies ?
Au moment de clore cette lettre, il m'arrive une bien
fâcheuse nouvelle. M. Barbie , capitaine en retraite , che-
valier de la Légion d'honneur , membre de plusieurs so-
ciétés savantes et auteur d'un excellent Catalogue des Mol-
lusques de la Côte-d'Or, vient de mourir à Dijon, à l'âge de
61 ans. Ici , à Bordeaux, où l'honorable M. Barbie avait
MÉLANGES ET NOUVELLES. 583
tous les conchyliologues pour amis, cette nouvelle funeste
et inattendue nous a tous plongés dans l'affliction la plus
profonde , et je suis certain que notre deuil sera partagé
par tous ceux qui ont eu , comme moi , le plaisir de cor-
respondre avec ce véritable ami des sciences naturelles.
Je vous réitère , en finissant , l'assurance de mes senti-
ments les plus distingués et les plus dévoués.
Henri Drouet.
Bordeaux, Ie' mai 1856.
Post-scriptum. Depuis que cette lettre est écrite, la ma-
lacologie déplore une perte nouvelle et prématurée ,
M. Ernest Puton , de Remiremont, mort, le :6 août der-
nier, dans la maturité de l'âge (cinquante ans) et du ta-
lent. Ce conchyliologiste, aussi distingué que modeste,
était surtout connu pour son Essai sur les Mollusques des
Vosges, ouvrage qu'on peut citer comme un modèle du
genre. Il laisse, en outre, une Notice sur VUnio ater et une
Lettre sur les Mollusques de Syrie envoyés au musée des Vos-
ges, 14 pages in-8° (Ann. de la Soc. d'émulation des Vosges,
t. IX, 1855) ; mais ce qui distinguait éminemment cet ho-
norable naturaliste, c'était son zèle, sa sagacité et une
obligeance à toute épreuve. Personnellement, je suis
cruellement frappé par ce coup inattendu , qui ouvre un
vide de plus dans les rangs déjà si décimés de mes amis
intimes.
Troyes, décembre 1856.
IV. MÉLANGES ET NOUVELLES
Des véritables causes de Tépizootie actuelle des Vers à
soie et moyens pratiques d'en atténuer les désastreux
effets. Résumé sommaire du journal d'observations
584 rev. et mag. de zoologie. (Décembre 1856.)
faites dans la grande culture, en France et en Italie,
des années 1846 à 1856; par M. F. E. Guérin-Méne-
VILLE.
(Notice lue à la Société impériale d'acclimatation le 26, et à l'Académie
des scieoces le 29 décembre 1856.)
Il est admis par tous les praticiens instruits que l'épi-
zootie qui sévit sur nos Vers à soie, et produit une si grande
émotion dans tous les pays séricicoles, est le résultat de
causes très-diverses dont l'ensemble a amené une véri-
table dégénérescence de ces précieux insectes domestiques ,
c'est-à-dire une plus grande aptitude de nos races à con-
tracter des maladies épidémiques sous l'influence d'un cli-
mat dérangé depuis quelques années.
Ces causes principales sont :
1* Le grand développement de la culture des Vers à
soie dans certaines contrées ;
2° Le soi-disant perfectionnement de cette culture, dans
bien des cas , au moyen d'éducations hâtées artificielle-
ment par une sorte de culture forcée ;
3° L'habitude , de plus en plus répandue, de nourrir
ces insectes avec des feuilles de mûriers greffés, plantés
dans des terrains d'alluvions et trop riches , taillés trop
souvent et donnant, par conséquent, des feuilles grasses ,
aqueuses et moins nutritives ;
4° Celle de faire de grandes éducations dans des locaux
restreints , mal aérés et insuffisants pour une bonne hy-
giène de ces animaux, que l'on réunit en trop grand nom-
bre dans les mêmes lieux ;
5° Celle, enfin, de prendre pour reproducteurs des su-
jets provenant de ces éducations que l'on doit appeler de
produit , au lieu de les chercher dans des éducations que
l'on devrait faire spécialement pour graine , et compara-
bles à ces cultures particulières de végétaux faites par les
agriculteurs et les horticulteurs, qui plantent leurs porlc-
graine isolément et dans des conditions différentes de
MÉLANGES ET NOUVELLES. 585
celles où ils mettent ces plantes lorsqu'elles ne sont pat
destinées à la reproduction.
Cependant cette dégénérescence n'aurait pas amené
les résultats désastreux que l'on déplore aujourd'hui, si une
autre cause plus générale , et que j'ai déterminée le pre-
mier en étudiant, depuis cinq ans, dans la grande culture
la maladie qui sévit sur les végétaux, n'était venue s'y
joindre, pour rendre presque universelle, et surtout épidé-
mique, une maladie, la gattine, que j'ai toujours observée
en cas isolés.
Il résulte des longues études que j'ai faites sur ce grave
sujet, soit pendant des missions qui m'ont été données
par S. E. le ministre de l'agriculture , par l'Académie des
sciences, par les Sociétés d'agriculture et séricicole, soit
avec mes propres ressources, qu'il est évident que l'épi-
zootie de la gattine a été produite chez nos Vers à soie,
presque partout plus ou moins dégénérés, par la même
perturbation climatérique qui a rendu les végétaux ma-
lades. Les œufs de ces Vers à soie débiles ont été sollicités
à un commencement de travail d'incubation par des élé-
vations anormales et momentanées de température pendant
l'hiver, pendant le temps où ils doivent demeurer endormis,
comme les végétaux de nos climats, les Marmottes, les
Loirs, etc., d'où est résultée une aggravation de l'état ma-
ladif des Vers qui en sont provenus. Cette influence fâ-
cheuse de conditions de température qui provoquent avant
le temps un commencement d'incubation , interrompue et
reprise une ou plusieurs fois, est établie par une foule d'ob-
servations faites de tout temps (1). En effet, tous les séri-
(1) Un de nos sériciculteurs les plus distingués, qui a créé une
magnifique race de cocons jaunes par des soins bien entendus et
sans aucun secret, M. d'Arbalestier, de Loriol (Drôme), à qui
j'exposais, il y a deux ou trois ans, le résultat de mes observa-
tions sur la cause de la maladie des vignes, dts mûriers et des Vers
à soie, me dit avoir remarqué que, Tannée de l'apparition de la gat-
tine, il était survenu une chaleur inusitée et extraordinaire pen-
586 rev. et mag. de zoologie. [Décembre 1856.)
ciculteurs reconnaissent que des graines mal conservées,
c'est-à-dire qui ont été imprudemment exposées à une
température assez élevée pour les mettre en incubation ,
pour les émouvoir, comme ils disent, donneront des Vers
à soie maladifs, surtout lorsqu'on les place ensuite dans
un lieu plus frais pour retarder leur éclosion.
De plus, comme la même cause, la même perturbation
dans le climat a altéré également la constitution des mû-
riers, ces Vers à soie, déjà malades par eux-mêmes, nour-
ris avec des feuilles malades, ont été encore plus profon-
dément altérés dans leur constitution, ce qui s'est propagé
et aggravé de génération en génération , surtout depuis
quatre ou cinq ans que durent les perturbations climaté-
riques.
Cette détermination si simple et si naturelle des causes
qui ont amené l'épidémie au degré d'intensité où elle est
aujourd'hui trouve de nombreuses preuves, sauf quelques
exceptions , dans des faite de grande culture qu'il m'a été
possible d'observer par moi-même ou que d'autres ont
observés sans savoir s'en rendre compte, et je les ai con-
signés, à l'appui de mon explication des causes réelles de
l'épidémie, dans plusieurs publications. Il en résulte qu'en
général la maladie des mûriers et des Vers à soie est
moins intense ou n'existe même pas dans certaines loca-
danl le mois de février, ce qui mit en émotion toutes les graines dans
les lieux ordinaires de leur hivernage, et qui fut suivie, dans le mois
de mars, d'un froid vif et prolongé. Il pense, avec raison, que cette
circonstance a avarié la graine, et que cette avarie n'a fait que s'ac-
croître d'année en année sous des conditions analogues, ce qui, dit-il
daDS une récente notice, a donné aux Vers à soie une maladie de fa-
mille.
Je dois ajouter qu'il est évideut pour moi que cette cause de ma-
ladie épidémique pour les Vers à soie s'est étendue sur les insectes
sauvages, car il est reconnu par beaucoup d'entomologistes que cer-
tains de ces insectes sont bien moins abondants depuis deux ou trois
ans.
MÉLANGES ET NOUVELLES. 587
lités soustraites aux perturbations climatériques dont j'ai
parlé par leur position topographique, par leur élévation
ou par leur situation plus au nord. C'est ainsi qu'on doit
expliquer la meilleure réussite de la plupart des éduca-
tions de Vers à soie dans certaines vallées orientées nord
et sud , telles que celles de la Durance et du Rhône , par
exemple, parcourues l'hiver par des vents froids qui re-
tiennent la végétation pendant le temps où elle doit de-
meurer endormie. C'est par la même cause que certaines
localités montagneuses et élevées du midi de la Franct
se trouvent dans le même cas , et ce qui montre encore
plus la justesse de ces vues, c'est qu'il est reconnu aujour-
d'hui que les éducations de Vers à soie faites dans le nord
de la France, dans certaines parties élevées de la Suisse,
en Allemagne, en Prusse, en Pologne et jusqu'en Suède,
n'ont présenté jusqu'à présent aucune trace de l'épidémie,
qui sévit avec d'autant plus d'intensité que l'on s'avance
plus dans le midi de l'Europe (1).
Puisque les faits généraux sont d'accord avec ma théo-
rie , qui n'en est , du reste , que la déduction , on doit les
prendre pour guides dans les tentatives à faire pour as-
surer nos récoltes de cocons. Je persiste donc à penser
que les agriculteurs des pays où sévit l'épizootie des Vers
à soie, localités qui sont en même temps atteintes par
l'épiphytie, ne doivent pas s'obstiner à faire leur graine
et à élever les Vers qui en proviendront. Ma pratique de
ces dernières années m'a démontré que les Vers à soie
provenant de graines non encore atteintes par la maladie,
élevés dans des localités infectées et avec des feuilles ma-
lades, donnent d'abord un résultat plus ou moins satisfai-
(1) Cette espèce de loi naturelle s'applique aussi très-bien à la
maladie de la vigne, sauf quelques exceptions que l'on pourrait cer-
tainement s'expliquer, si Ton étudiait les localités où elles se produi-
sent comme je l'ai fait pour celles où il m'a été possible d'observer
le phénomène dans la grande culture.
588 rev. et mag. de zooroGiE. (Décembre 1856.)
sant. Seulement, tant que durera l'épizootie, il faudra bien
se garder de prendre ces cocons pour reproducteurs, car
les Papillons qui en proviennent m'ont toujours montré
tous les signes d'une mauvaise santé, et n'ont générale-
ment donné que des graines plus ou moins viciées.
Tant que dureront les causes générales de l'épizootie ,
et peut-être assez longtemps après qu'elles auront cessé de
se produire, il sera nécessaire que les éducateurs de Vers
à soie tâchent de se procurer des graines faites dans des
localités placées dans les conditions climatériques suscep-
tibles de les soustraire à ces fâcheuses influences, et sur-
tout dans des pays plus froids que ceux dans lesquels on
fera l'éducation. Il faut que ces localités soient cherchées
et étudiées pendant la prochaine campagne séricicole ,
que de véritables éducations de graines y soient faites ,
non-seulement dans des vues d'amélioration des races,
mais, avant tout , pour avoir des graines saines qui , éle-
vées dans des pays infectés, donneront, au moins la pre-
mière année, des récoltes bonnes ou passables.
Il y a là, pour les éducateurs intelligents de ces localités
privilégiées, une riche mine à exploiter pendant quelques
années au moins, car il est certain qu'ils obtiendront des
résultats très-avantageux de leurs récoltes de cocons con-
vertis en bonnes graines, et qu'en rendant un grand ser-
vice à l'agriculture ils feront aussi une excellente affaire.
En donnant aux sériciculteurs ces avis, résultats d'une
longue pratique, en leur enseignant des choses que d'au-
tres considéreraient comme une méthode, comme un secret
susceptible d'être breveté, je crois remplir simplement un
devoir. ,
J'ose espérer que mes confrères les agriculteurs, que les
élèves qui suivent mes cours gratuits de sériciculture faits,
chaque année, dans le midi en collaboration avec M. Eu-
gène Robert, que les honorables éducateurs de Vers à soie
qui n'ont cessé de m'encourager dans mes recherches
théoriques et pratiques , et qui ont bien voulu en approuver
AVIS DIVERS. 589
les résultats, considéreront ces conseils comme un témoi-
gnage de ma vive gratitude pour les nombreuses preuves
de sympathie dont ils m'ont toujours honoré.
Dans un prochain travail, j'exposerai ce que j'entends
par des éducations de graines.
ANNÉE 1856.
Texte 37 feuilles.
5 planches coloriées, valeur. . 7 1/2
20 planches noires, valeur. . . 20
Total 64 f. 1/2
Pour la régularité du service, il est essentiel que les
personnes qui ne désireraient pas continuer de souscrire
à la Revue et Mayttdn de Zoologie nous en avertissent
{franco) avant le 10 février. Les Abonnés des départements
qui n'écriront pas seront considérés comme continuant de
souscrire, et recevront, avec le premier numéro de 1857,
une traite de 24 francs (23 francs pour l'abonnement et
frais de poste, et 1 franc pour la traite).
TABLE DES MATIERES.
Pages.
Pucheran. — Notices mamma logiques. 545
Sourcier (Jules). — Espèce nouvellement connue du genre
Pygmornis. 552
Dumkril (Aug.). — Note sur les Reptiles du Gabon. 553
Moquin-Tandon. — Note sur l'Hélix constricta. 562
A. Rojas. — Coléoptères nouveaux de Venezuela. 565
Chevrolat. — Description de Longicornes nouveaux. 566
Académie des sciences. 572
Analyses. 576
Mélanges et nouvelles (maladie des Vers à soie). 583
TABLES ALPHABETIQUES
POUR L'ANNÉE 1856.
1. TABLE DES MATIERES.
Académie des sciences. 32, 89,
188, 247, 285, 343, 393, 438,
491, 535, 472.
Aménités malacologiques.— Bour-
guignat. 7, 66, 226, 268, 327,
378, 424, 499.
Ammonites nouvelles. — A. d'Or-
bigny. 105.
Aye-Aye. — Liénard. 312.
Cercopitheeus Erxlebçnii. — Pu-
cheran. 96.
Cochenille des fèves. — Guérin-
Méneville. 347.
Cocons André-Jean. — Guérin-
Ménevilie. 295, 397.
Coquilles nouvelles.— Hupé, Mont-
rousier. 47.
Coquilles nouvelles. — Hupé et
Lorois. 470.
Coleoptera chilensia. — Fairmaire.
483.
Coleoptera maroccana. — Fair-
maire. 530.
Coléoptères du Mexique. — Che-
vrolat. 351.
Coléoptères nouveaux. — Chcvro-
lat. 84. — De Marseul. 47. —
Thomson. 112, 472, 528 —Fair-
maire. 179.
Coléoptères de Venezuela. — A.
Rojas. 565. •
Congrès ornithologique. — Bona-
parte. 292.
CynocephalusDoguera. — Puche-
ran. 96.
Dentition des Cétacés. — E. Rous-
seau. 193, 257, 305, 353.
Dreisseua. — Marcel de Serres. 21.
— Bourguignat. 77.
Eremiaphile. — Brissout. 42.
Gale-Insectes de l'olivier. — Robi-
neau-Desvoidy. 121, 180, 277,
387.
Hélix carnassière. — Bonafoux.
446.
Hélix constricta. — Moquin-Tau-
don. 562.
Lettres conchyliologiques. —
Drouët. 135. 576.
Longicornes européens. — Che-
vrolat. 435.
Longicornes nouveaux. — Chevro-
lat. 340,436, 485, 531, 567.
Lucanides. — Thomson. 516.
Lucanus pentaphyllus. — Beiche.
47, 80.
Mammalogie du continent afri-
cain. — Pucheran. 49.
Moufïlon à manchettes. — Aucapi-
taine. 3.
Muscardine, maladie des Vers à
soie. — Guéri n-Méneville. 26.
Myiopsitta tigrina. — De Souancé.
144.
Notices mammalogiques. — Pu-
cheran. 145, 315,362, 449,546.
Oiseaux-mouches. — .1. Bourcier.
552.
.Ouitis nouveaux. — Reiche. 118.
TABLE DES NOMS I> AUTEURS.
a91
Ornithologie de la France. — Jau-
h.rt. 64, 97, 140, 2f>2, 322,
403.
Oursins perforants. — Caillaud.
158.
Perroquets (Catalogue des). — De
Souancé. 56, la2, 208.
Pourpre. — Griraaud de Caux. 34.
Reptiles du Gabon.
360, 417, 460.
A. Duméril.
Serresius galeatus. — Bonaparte,
401.
Triammatus Saundersii. — Che-
vrolat. 48.
Ver à soie du chêne.— Guérin
Méneville. 536.
Vers à soie (acclimat.). — Guérin -
Méneville. 370.
Vers à soie (épizootie actuelle des).
— Guérin-Méneville. 583.
Vidua hypocherina. — J.etE.Ver-
reaux. 260.
Zorilla Vaillantii. — Loche. 497.
II. TABLE DES NOMS D'AUTEURS.
Aucapitaine. Moufflou à manchet-
tes. 3.
Bonafoux. Hélix carnassière. 446.
Bonaparte. Congrès ornithologi-
que. 202. — Serresius galeatus.
401.
Bourcier (J.). Oiseaux - mouches.
552.
Bourguignat. Aménités malacolo-
giques 7,66, 226, 268, 327, 378,
424, 400.
Brissout. Eremiaphile. 42.
Caillaud. Oursins perforants. 158.
Chevrolat. Triammatus Saunder-
sii. 48.— Coléoptères nouveaux.
84. — Coléoptères du Mexique.
351. — Lougicornes européens.
435. — Longicornes nouveaux.
340, 436, 485, 531, 567.
Drouët. Lettres conchyliologiques.
137, 576.
Duméril (AA Reptiles du Gabon.
369, 417, 400.
Fairmaire. Coléoptères nouveaux
179. — Coleoptera chilensia
483. — Coleoptera maroccana
530.
Grimaud de Caux. Pourpre. 34.
Guérin-Méneville. Accl. des Vers à
soie. 379. — Cochenille des Fè-
ves. 347. — Cocons André-Jean.
295, 397. — Aye-Aye. 312. —
Muscardine. 26. — Ver à soie
du chêne. 536. — Cheptel. 539.
— Maladie des vers à soie. 583.
Hupé. Coquilles nouvelles. 47,
470.
Jaubert. Ornithologie de la France.
64, 97, 149, 262, 322, 403.
Liéuard. Aye-Aye. 312.
Loche. Zorilla Vaillantii. 497.
Marcel de Serres. Dreissena. 21.
Marseul (de). Coléoptères nou-
veaux. 47.
Montrousier. Coquilles nouvelles.
47, 471.
Moquin-Tandon. Hélix constricta.
562.
Orbigny (A. d'). Ammonites nou-
velles. 105.
Pucheran. Cercopithccus Ervlebe-
nii. 06. — Maminalogie du con-
tinent africain. 49. — Notices
mammalogiques. 145, 315, 362,
440, 546.
592 rev. et mag. de zoologie. (Décembre 1856.
Reiche. Lucanus pentaphyllus. 47.
80. — Onitis nouv. 118.
Robiueau-Desvoidy. Gale-Iusectcs
de l'olivier, etc. 121 . 180, 277,
387.
Rojas. Coléoptères de Venezuela.
565.
Rousseau (E.). Dentition des Cé-
tacés. 193, 257, 305, 353.
Souancé (de) Catalogue des Perro-
gu'ts. 56, 152. 208. — Myiop-
sitla tigrina. 144.
Thomson. Coléopt. nouv. 112, 472.
— Lucauides, 516.
Verreaux. Vidua hypocherina. 260.
(Voir la Note sur V Hélix constricta, page 562.)
Post-scriptum. Au moment de mettre ce numéro sous presse, je
reçois de 11. Boutigny de nouveaux renseignements sur l'habitat de
Y Hélice resserrée. Voici les principaux passages de sa lettre :
« J'ai l'honneur de vous adresser deuv échantillons vivants de
Y Hélix constricta. Ces échantillons sont très-frais it très-beaux ;
quand je les ai pris l'ouverture de leur coquille présentait encore
une partie de son épiphragme, lequel était fort mince, comme celui
des Bulimes et des Maillots. L'animal paraît, du reste, à travers la
coquille. J'ai essayé de le réveiller en le mettant dans une soucoupe,
avec un peu d'eau, à une température très-douce. Je n'ai pas réussi.
« Dans la même boite, vous trouverez deux autres individus jeu-
nes, également vivants, et un cinquième adulte, mort, mais en assez
bon état de conservation.
« J'en ai recueilli déjà près de quatre-vingts, parmi lesquels une
quinzaine de très-frais.
« Vous allez me demander comment j'ai réussi dans mes recher-
ches. Je vous dirai que, depuis ma dernière lettre, mes idées se sont
modifiées relativement aux habitudes de notre Mollusque. J'ai bien
vite abandonné le mur, où je n'avais plus l'espoir de trouver grand' -
chosc pour le moment, et j'ai exploré un petit bois qui le domine.
J'y ai rencontré Y Hélice dont il s'agit çà et là sous la mousse, à une
certaine profondeur, dans ce milieu humide et obscur que fréquen-
tent les Vitrines et les Zoniles.
« L'Hélice resserrée doit être assez commune pendant l'été. Pour
avoir des individus vivants, il faut chercher parmi les racines des
bruyères et les rhizomes des fougères, dont la décomposition produit
un terreau noirâtre. Ce Mollusque s'enterre probablement pendant
l'hiver, comme YHelix olivelorum.
« J'ai trouvé , avec YHelix constricta , un certain nombre de
Clausilia Rolphii vivants.
« V Hélice resserrée paraît aimer de préférence les lieux toujours
frais et légèrement humides. Je ne l'ai pas rencontrée dans la partie
inférieure du bois, près de l'eau, ni sur les plateaux secs. Elle est
commune surtout sous la mousse qui recouvre immédiatement la
terre, mais moins sous celle des rochers. En généralisant, je crois
qu'on peut lui donner pour habitat celui que vous indiquez pour le
Zoniles olivelorum.
« VHelix constricta est maintenant une espèce sûrement ac-
quise. »
PARIS. — IMP. DE M™ V° BOCCHARD-HUZARD , RUE DE L ÉPERON, 5.
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